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  • il y a 11 mois

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00:00Interview Europe 1 CNews, Romain Desarbes.
00:058h13, merci d'être avec nous.
00:06La grande interview CNews Europe 1 avec ce matin Maître Christophe Ingrin.
00:10Bonjour Maître.
00:11Bonjour Romain Desarbes.
00:12Avocat de Nicolas Sarkozy.
00:14C'est un séisme qui s'est produit hier matin.
00:16La terre a tremblé sous vos pieds.
00:17Séisme judiciaire, séisme politique.
00:20A l'annonce de la condamnation de votre client Nicolas Sarkozy à 5 ans de prison
00:23avec mandat de dépôt différé et exécution provisoire.
00:27Déjà une question personnelle à vous l'avocat.
00:29Qu'est-ce que vous vous êtes dit à l'instant même où la peine a été prononcée ?
00:33Alors c'est évidemment un choc personnel.
00:36Et puis on ne comprend pas cette peine, la gravité, la lourdeur de cette peine
00:41quand on la rapporte au fait que sur trois délits
00:45pour lesquels Nicolas Sarkozy avait été renvoyé devant le tribunal,
00:49sur quatre délits on a trois relax et trois relax sur des délits qui sont très importants.
00:55C'est des délits qu'on lui reproche devant les juridictions,
00:58devant cette juridiction mais aussi dans les journaux, dans certains journaux en tout cas depuis très longtemps.
01:03Le financement par la Libye de sa campagne électorale, ça fait 12 ans, 13 ans qu'on entend cette fable.
01:10Au cours de l'audience, on nous dit non, il n'y a pas eu de financement de la campagne électorale.
01:14Non, il n'y a pas eu de corruption par la Libye.
01:18Et au total, en dépit de tout ça, on a quand même une condamnation à cinq années d'emprisonnement.
01:24Il y a quelque chose qui est contradictoire, qui est d'une immense violence.
01:27Vous évoquiez le mandat de dépôt à effet différé.
01:30Ça ajoute encore à la violence du prononcé de la peine une volonté d'humilier
01:37qui était insupportable et qui est insupportable pour ses avocats.
01:41Vous êtes en contact évidemment avec votre client depuis hier matin.
01:45Dans quel état d'esprit est-il ?
01:47Alors, il a la force de ceux qui savent être innocents.
01:51Il est déterminé à démontrer son innocence et à l'obtenir.
01:55Démontrer, c'est ce qu'on a tenté de faire, mais à obtenir que son innocence soit reconnue par une juridiction.
02:01Vous savez, il nous dit souvent, ça prendra le temps qu'il faut, mais on réussira.
02:05Moi, j'en suis persuadé.
02:07Il est innocent.
02:07Il n'y avait pas de financement par la Libye de sa campagne électorale.
02:12On est quand même dans un monde où on reconnaît qu'il n'y a pas eu de financement.
02:16On reconnaît qu'il n'y a pas eu de contrepartie diplomatique, économique à un quelconque financement.
02:21Et malgré tout, on le condamne en utilisant une infraction qui est une infraction d'association de malfaiteurs,
02:27une sorte de voiture balai, une infraction attrape-tout qui est, quand on n'a plus rien, on a toujours ça.
02:34Il y a quelque chose qui ne fonctionne pas bien.
02:35Hier matin, c'est Nicolas Sarkozy qui a pris la parole.
02:38On va réécouter un extrait de ce qu'il a dit.
02:42Pourquoi est-ce qu'il a décidé de parler lui et de ne pas vous laisser parler, de ne pas laisser parler ses avocats ?
02:47Je pense que l'attaque était tellement forte et tellement frontale et Nicolas Sarkozy, ancien président de la République, élu par plusieurs millions de Français,
03:01il reste redevable aux Français qui lui ont fait confiance et qui lui font toujours confiance aujourd'hui.
03:07Et il avait besoin, face à cette attaque qu'il subit, de s'exprimer directement et de parler directement au français.
03:15Ce qui frappe dans cette prise de parole, c'est sa force.
03:18On sent, on entend une colère, on entend une rage, j'allais dire une rage contenue.
03:24Je voudrais qu'on écoute cet extrait.
03:25La haine n'a donc décidément aucune limite.
03:34J'assumerai mes responsabilités.
03:38Je déférerai aux convocations de la justice.
03:42Et s'ils veulent absolument que je dorme en prison, je dormirai en prison.
03:48Mais la tête haute.
03:49La haine n'a donc décidément aucune limite.
03:53Et s'ils veulent absolument que je dorme en prison, je dormirai en prison.
03:56Qui sont ceux qui font preuve d'assez de haine envers Nicolas Sarkozy pour vouloir absolument qu'il dorme en prison ?
04:02Là, en l'occurrence, c'est lié à la décision qu'il venait d'entendre.
04:06On a d'une part un dossier qui s'effondre, des accusations qui s'effondrent.
04:10Et en parallèle, une condamnation à de l'emprisonnement ferme.
04:14Et surtout, le fait que le même tribunal, il y a moins d'un an, relaxe François Bayrou au motif qu'une hypothèse,
04:24c'est ce qu'écrit le tribunal correctionnel, le même tribunal correctionnel,
04:27une hypothèse ne peut pas fonder une culpabilité.
04:30Ici, Nicolas Sarkozy est condamné sur le fondement d'une hypothèse.
04:34Et là, c'est le contraire.
04:35C'est exactement le fond de la culpabilité.
04:37Je comprends que Nicolas Sarkozy puisse se demander s'il bénéficie d'un traitement spécial.
04:43Comment vous expliquez alors que la juge ait décidé l'exécution provisoire pour les 5 ans de prison avec le mandat de dépôt ?
04:51Elle voulait être certaine que Nicolas Sarkozy aille en prison ?
04:54En effet, le tribunal a pris cette décision.
04:57Il y a deux aspects.
04:58Il y a un aspect d'humiliation, il faut dire ce qui est.
05:02C'était extrêmement violent hier au cours de l'audience.
05:05De voir petit à petit dans le fond de la salle des policiers arriver.
05:09On sait tous, quand on est avocat, qu'une dizaine de policiers qui arrivent, ça signifie qu'on va attraper des gens et les mettre en prison tout de suite.
05:19Et ça a été le cas pour certains d'entre eux.
05:21Il y avait vraiment cette volonté d'humilier.
05:23Vous savez, qui peut imaginer que Nicolas Sarkozy, qui a répondu toujours à toutes les convocations,
05:30qui ne s'est soustrait à rien, qui a participé, qui était présent aux audiences,
05:33enfin bref, qui pouvait imaginer qu'il prenne la fuite ?
05:37Mais c'est du délire.
05:39Qui peut imaginer qu'il renouvelle les faits qui lui sont reprochés, qu'il n'a pas commis, qu'il n'a jamais commis,
05:46mais qu'il se mette en contact avec une autorité étrangère pour financer une campagne électorale ?
05:50Puisque c'est ça ce qui lui est reproché.
05:52C'est totalement délirant.
05:54En réalité, il y a une volonté d'humilier.
05:57Et surtout, et ça c'est beaucoup plus grave, il y a une volonté que, quelle que soit la décision que prendra demain une cour d'appel,
06:06puisqu'on a fait appel, et puisqu'une cour d'appel réexaminera le dossier,
06:10il ait commencé à purger sa peine.
06:12Il est fait de la prison.
06:14C'est-à-dire que même si demain, la cour d'appel de Paris dit
06:17vous êtes relaxé, pas des trois faites, mais des quatre infractions,
06:22eh bien c'est pas grave, ou en tout cas, vous aurez déjà fait de la prison.
06:26Ça, c'est très très grave.
06:27Vous diriez que c'est une décision politique ?
06:30Je ne crois pas que ce soit une décision politique dans un sens idéologique.
06:34Je pense qu'il y a une volonté de se, pardonnez-moi l'expression,
06:40mais de se payer Nicolas Sarkozy, entre guillemets.
06:43Je comprends qu'on s'interroge quand on voit, encore une fois,
06:47la contradiction entre les relaxs sur des faits essentiels,
06:53des infractions essentielles, et la gravité de la peine.
06:56Je comprends qu'on se pose la question.
06:58Maître Christophe Ingrain, avocat de Nicolas Sarkozy,
07:00invité de la grande interview CNews Europe 1 ce matin.
07:02Est-ce que vous imaginez que la justice ait condamné Nicolas Sarkozy
07:06pour ne pas contredire les enquêteurs,
07:08pour ne pas contredire tous ceux qui ont travaillé sur ce dossier
07:12pendant plusieurs années ?
07:13Ça, c'est un vrai sujet.
07:16On avait demandé au tribunal d'avoir le courage de revenir sur cette doxa
07:21qui était celle à la fois des juges d'instruction, du parquet national financier
07:25et puis de certains médias depuis 13 ans qui étaient admises,
07:29pour tous ceux qui voulaient bien l'entendre,
07:31qui est la Libye aurait financé la campagne électorale.
07:34Il fallait beaucoup de courage pour revenir sur cette thèse
07:38et puis pour dire aux juges qui ont enquêté
07:41« Vous vous êtes trompés ».
07:43Et non seulement ça, mais leur dire
07:44« Tout cet argent qui a été dépensé,
07:46ces milliers ou ces millions d'euros qui ont été dépensés
07:48pour voyager dans le monde entier,
07:51ça ne l'a été pour rien.
07:52Ces policiers qui ont travaillé sur le dossier,
07:54ils ne l'ont fait pour rien.
07:55Il fallait beaucoup de courage et en effet,
07:57malheureusement, parfois, la justice a une sorte de processus autoréalisateur
08:02qui fait que plus ça dure, plus ça coûte cher,
08:05plus il y a de monde impliqué,
08:07plus c'est difficile de désavouer en fin de course
08:10ceux qui ont préparé le dossier.
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