- il y a 4 mois
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00:00A Rabel, il est 19h et on se retrouve pour Entreprendre Aujourd'hui, juste après les infos.
00:17Bonsoir à tous et à toutes et bienvenue sur Entreprendre Aujourd'hui, votre émission dédiée à l'entrepreneuriat.
00:24Je m'appelle Wassima et je suis ravie de vous accueillir.
00:27Si tout comme moi, vous êtes passionné par l'entrepreneuriat ou simplement curieux, cette émission est faite pour vous.
00:33Les invitants et nous partagerons leurs secrets, conseils et parcours avec des thématiques différentes.
00:39Ce soir, nous parlerons d'entrepreneuriat féminin avec notre invitée Sana Afouaz.
00:43Bonsoir Sana, merci d'être là ce soir.
00:46Alors on va te décrire en quelques lignes.
00:48Alors tu es la fondatrice de Womenpreneur Initiative, une organisation qui soutient et accompagne les femmes entrepreneurs en Europe,
00:55mais également dans la région de MENA.
00:58Sous ton ambition, ce réseau a déjà aidé des milliers de femmes à développer leurs projets et leur leadership.
01:05Visionnaire et engagée, tu oeuvres chaque jour pour l'inclusion et l'émancipation économique des femmes à l'échelle internationale.
01:12Est-ce que je t'ai bien décrite ?
01:13Très bien même.
01:15Super.
01:16Alors dans un premier temps, dis-moi un peu, est-ce que tu peux me résumer en quelques lignes ton parcours ?
01:21Waouh, ok. Premièrement, merci pour l'invitation.
01:25Merci à toi, dis-moi, ça me fait plaisir.
01:28Donc, commencer par où ?
01:30Premièrement, j'ai toujours travaillé dans le domaine qui touche les femmes, donc c'est pas un travail pour moi, c'est une mission de vie.
01:36Donc créer des espaces où les femmes peuvent trouver leur voix, trouver aussi leur empowerment.
01:41Donc j'ai commencé comme activiste, déjà au Maroc, parce que je suis née au Maroc, et j'ai lancé plusieurs plateformes.
01:50L'objectif c'est vraiment avancer le leadership des femmes, créer des espaces pour l'émancipation économique.
01:57Et j'ai travaillé pour plusieurs organisations internationales comme consultante, à savoir les Nations Unies, la Commission Européenne.
02:03En même temps, j'étais étudiante quand j'étudiais pour mon master en Sciences Po.
02:11Et puis par la suite, j'ai décidé de créer Womenpreneur.
02:15L'objectif derrière, c'est vraiment de créer des espaces d'émancipation économique, comme tu l'as dit, à travers l'entrepreneuriat et à travers la technologie.
02:23Donc moi, mon objectif, c'est, on va dire, Womenpreneur, le moment où la femme trouve un emploi, ou crée son propre emploi, ça veut dire créer son business,
02:33pour nous, notre mission est la réussite.
02:36Et depuis 2016, on a déjà touché plus de 25 000 femmes.
02:40Effectivement, on est présente ici en Belgique.
02:43On a d'ailleurs notre centre de formation à Skalbek, à la gare du Nord.
02:47Qui est tout nouveau d'ailleurs.
02:48Exactement, donc c'est un espace où on accueille plusieurs femmes chaque jour.
02:54On a plusieurs formations dans cet espace-là pour les demandes d'emploi, comme pour les entrepreneuses.
03:01Et puis, on est actifs dans les pays arabes.
03:03Et l'année dernière, on a lancé Womenpreneur au Ghana et Kenya.
03:06Donc, c'est 25 000 femmes, 25 000 voix, 25 000 vies.
03:10Et chaque jour, l'objectif de Womenpreneur, c'est encore réussir à créer ces espaces-là ailleurs aussi.
03:18Super ! En tout cas, c'est super inspirant.
03:21Et dis-moi, est-ce qu'il y a eu un moment dans ta vie qui a déclenché cet engagement ?
03:24Tu as dit que c'était ta mission de vie, mais est-ce qu'il y a un moment où ça...
03:28Premièrement, je suis née dans une grande famille, une vraie famille marocaine.
03:32On était neuf sœurs, donc le féminin est autour de moi tout le temps.
03:39Et du coup, c'est cliché ce que je veux dire, mais ma mère est ma source d'inspiration.
03:45Elle l'est toujours d'ailleurs.
03:47Je me rappelle quand j'avais 10 ans, mon père a perdu son emploi pendant trois ans.
03:53Et donc, ma mère, elle a dû trouver une solution.
03:56Donc, elle vendait huile d'Argon au Souk.
03:59D'ailleurs, huile d'Argon, elle vient de la région de Sous, à Gadir.
04:03Moi, je suis d'A Gadir, la meilleure ville au Maroc.
04:05Et du coup, j'appris pas seulement la résilience d'elle, mais aussi le courage, la détermination.
04:13Donc, c'est trois mots qui aussi me définissent.
04:19Donc, au quotidien, je ne donne pas en fait une raison de ne pas travailler, de ne pas faire, de ne pas donner, de ne pas être plus que je peux.
04:27Parce que je vois ma mère comme un exemple d'autres femmes que je rencontre au quotidien, qui essayent de casser les normes, de créer des opportunités, premièrement pour elles et pour leur famille.
04:40Donc, pour moi, ma mère était le rôle modèle, si je peux dire.
04:46Et aussi, je viens du Sud, donc en grandissant, je n'ai pas vu beaucoup de rôle modèle des femmes qui ont travaillé, qui ont réussi.
04:57Et qui sont ambitieuses pour avoir des postes.
04:59Ce que j'ai vu plus tôt, c'est des femmes qui se marient très jeunes, qui ont des enfants.
05:04Et du coup, ma mère m'a toujours dit qu'il faut que tu fais tes études, il faut que tu travailles, il faut que tu deviens indépendante.
05:12Et donc, ça, d'un côté, m'a poussée à créer cette image-là.
05:16Et aussi, surtout, je passais beaucoup de temps à la bibliothèque, et donc je lisais beaucoup.
05:21Et je lisais des livres qui sont hyper intéressants, féministes, alors que franchement, je n'avais pas le jargon.
05:29Je ne comprenais pas ce que ça veut dire, le féminisme.
05:31Mais à travers ces livres-là, j'ai pu créer des rôles modèles, et aussi d'imaginer qu'il y a d'autres opportunités.
05:38Et donc, je me rappelle très, très, très, très bien, quand j'étais jeune, je disais que je vais faire des grandes choses.
05:44Je vais faire des projets intéressants, j'aurai une mission plus grande que moi.
05:51Et voilà, je suis là.
05:52C'est génial.
05:53Écoute, on se retrouve juste après ceci.
05:56Bonsoir, et nous sommes de retour sur Entreprendre Aujourd'hui avec Sana Afouaz, avec laquelle on va parler d'entrepreneuriat féminin.
06:12Alors, dis-moi, quelles sont les actions phares de Womenpreneur Initiative aujourd'hui ?
06:18Les initiatives de Womenpreneur, où ?
06:20Beaucoup, hein ?
06:21Je sais, est-ce qu'on aura le temps de tout dire ?
06:23Donc, il faut savoir, comme j'ai expliqué tout à l'heure, qu'on a un centre de formation ici, à Bruxelles, qui est accessible aux demandeuses d'emploi et aux entrepreneurs aussi.
06:35Donc, vraiment, j'invite vivement les gens à checker le site, mais surtout les réseaux sociaux, parce qu'on partage les informations qui concernent les formations.
06:44Donc, en fait, on a les formations dans la tech, c'est pour les demandeuses d'emploi.
06:49Chaque année, on travaille sur notre catalogue de formations.
06:51Les formations toujours matchent les besoins sur le marché belge, parce que l'objectif, c'est de créer des opportunités pour les femmes dans la tech.
06:59Elles vont investir six mois de formation, mais après, elles vont trouver un emploi facilement.
07:04Donc, pour l'instant, 70% des femmes qui suivent des formations chez nous trouvent un emploi après six mois.
07:09Super !
07:10Donc, les formations qu'on a, on a une formation de cybersécurité, les inscriptions sont toujours ouvertes pour celles qui sont intéressées.
07:17Je pense que c'est vraiment, vraiment d'actualité.
07:20Quand on entend les infos maintenant, je pense que...
07:22C'est hyper demandé sur le marché du travail.
07:25Et c'est une formation de six mois, par la suite, il y a un stage de trois mois.
07:28Et ce qui est intéressant, c'est que l'entreprise avec qui on collabore pour cette formation recrute en CDI une à deux personnes.
07:36Et puis, pour le reste, on a déjà plusieurs entreprises qui cherchent à recruter.
07:42Donc, vous avez des partenariats avec plusieurs entreprises, ça c'est génial.
07:44Donc, après, il y a encore plus de possibilités de trouver un emploi.
07:48Il y a une procédure de sélection qui est importante, c'est vrai, mais pour garantir que la personne va suivre la formation jusqu'à la fin.
07:56Donc, là, on a reçu beaucoup, beaucoup de demandes.
07:58On a communiqué la semaine dernière.
08:00On est à presque 20 personnes déjà qui ont postulé.
08:02Super !
08:03Donc, les places se remplissent très rapidement.
08:06Et c'est maximum combien de personnes qui peuvent s'inscrire ?
08:09C'est dix femmes.
08:09Ah, c'est dix femmes maximum et ils sont déjà à vente.
08:11Exactement.
08:12Aïe, aïe, aïe, aïe.
08:13Donc, il faut postuler et déposer son dossier.
08:17On a une formation de réparation de téléphone et tablette.
08:21C'est une formation qu'on fait depuis cinq ans maintenant.
08:24C'est une formation surtout pour les femmes qui n'ont pas fait d'études, qui n'ont pas, on va dire, qui n'ont pas fait un parcours académique.
08:31Ou des femmes immigrées qui viennent et leurs diplômes ne sont pas reconnues au Belgique.
08:35Ça reste une grande problématique, comme tu le sais.
08:37Donc, c'est une formation pour elles.
08:38Elles sont dans la tech.
08:39C'est une formation qui demande vraiment la patience et l'attention.
08:44Donc, il faut être assumptif parce que ça reste manuel.
08:47Et c'est une formation de quatre mois qui commence déjà la semaine prochaine.
08:50Donc, sorry, il n'y a plus de place.
08:53Et puis, on a une formation de 3D, l'impression 3D.
08:57C'est une formation très intéressante parce qu'on a collaboré avec une entreprise qui s'appelle Fancy Energy.
09:01Et dans le cadre de cette collaboration, qu'est-ce qu'on a fait ?
09:04En fait, la formation se passe en deux parties.
09:07Une partie chez l'entreprise.
09:09Super.
09:09Et la deuxième partie chez nous, au centre.
09:12Et après ça, c'est une formation qui est limitée en nombre aussi.
09:16Et une partie des femmes formées seront recrutées directement au CDI.
09:20Ok.
09:21Chez l'entreprise.
09:21Et quand tu parles d'impression en 3D, quel type d'objet elles vont pouvoir imprimer ?
09:26C'est surtout les bâtiments.
09:27Ok.
09:27Donc, tout ce qui est HVSC.
09:29Ok.
09:30Voilà.
09:30Donc, tu peux nous dire ce que c'est un HVSC pour les personnes qui ne connaissent pas ?
09:33Donc, c'est tout ce qui concerne en fait les gros bâtiments.
09:37Ok.
09:39Donc, il faut savoir que Fancy Energy travaille dans tout ce qui est construction.
09:44Oui.
09:45Et donc, dans le cadre de cette formation, ils ont plutôt des hommes.
09:48Donc, ils n'arrivent pas à trouver des profils féminins, à prendre des positions au sein de ce groupe, de département qui concerne les 3D.
10:00Et du coup, avec Oumont Preneur, on a décidé de lancer cette collaboration.
10:05Et la formation en soi concerne surtout les femmes qui ont fait l'architecture ou qui ont fait le graphisme, par exemple.
10:13Parce qu'elles peuvent facilement trouver leur place dans le domaine de 3D.
10:17Et puis, ils vont travailler dans des chantiers, tout simplement.
10:21Voilà.
10:22Et là, j'aimerais rebondir sur toute notre formation, donc, par rapport à la réparation des Delfens.
10:29Est-ce qu'après, les femmes trouvent directement de l'emploi chez un employeur ?
10:32Ou alors, c'est plutôt la direction vers l'entrepreneuriat ou indépendant de comment ça fonctionne ?
10:37Très, très bonne question.
10:38Donc, pour cette formation spécifiquement, il y a aussi deux sorties.
10:43Donc, déjà, elles doivent faire un stage.
10:45Donc, un stage de 3 mois.
10:46Et donc, nous, on les met en contact avec des entreprises avec qui on collabore.
10:50D'ailleurs, on collabore avec Orange, par exemple.
10:52Cool.
10:53Donc, pour celles qui veulent travailler comme réparatrices, nous, on leur crée cet espace-là de rencontre avec des entreprises.
11:03Deuxième niveau, c'est l'entrepreneuriat.
11:06Et donc, dans le cadre de la formation, les vendredis, il y a tout un atelier qui concerne comment créer une entreprise de réparation en Belgique.
11:15Ah, OK.
11:15Et donc, là, moi, mon objectif, c'est de voir des shops de réparation par des femmes.
11:20Super.
11:21Dans les quartiers.
11:22Parce que, pas seulement ça aide à cette femme-là de devenir indépendante et tout ce qu'on veut,
11:28mais aussi, pour moi, c'est la petite fille, le petit garçon qui va passer la voir, voir une femme avec des machines, avec des téléphones.
11:38Ça change la façon dans laquelle on voit les femmes.
11:39Oui.
11:40Ça change aussi, ça crée des rôles modèles pour les filles.
11:43Complètement.
11:43Et aussi, les garçons, ils voient les femmes différemment.
11:46Donc, à travers ça, tu changes la culture du quartier.
11:49Donc, ça, c'est l'objectif avec cette formation.
11:52Il faut savoir aussi que ce qui est intéressant dans la formation, c'est que les personnes qui ont des téléphones cassés,
11:58d'ailleurs, je fais un appel à tout le monde, peuvent déposer leur téléphone chez nous.
12:02Et à la fin de la formation, ces femmes-là réparent les téléphones.
12:06Ah, super.
12:06Et en fait, on organise une journée client.
12:09Les clients viennent pour récupérer leur téléphone.
12:11Mais aussi, c'est l'occasion d'échanger avec les réparatrices.
12:15Et ça crée, en fait, un lien avec des clients, soi-disant.
12:19Et aussi, ça permet à ces femmes-là de développer cette capacité d'enfance, d'échange.
12:24Et voilà.
12:25Super.
12:26On se retrouve tout de suite après.
12:27Et on est de retour sur Entreprendre Aujourd'hui, avec Sana Afouès, qui nous parlera d'entrepreneuriat féminin.
12:39Alors, juste tout à l'heure, on parlait des différentes formations et notamment de l'impact et de la mission, finalement, de Womenpreneur.
12:46Dis-moi, quels ont été les challenges que tu as rencontrées ou que tu rencontres encore aujourd'hui ?
12:55Ah, les challenges.
12:59Je pense qu'on vit une année très particulière.
13:04Que ce soit pour les femmes et les ASBL, spécifiquement en Belgique.
13:08Le manque de gouvernement, le fait qu'on n'a pas de gouvernement, ça impacte au quotidien le travail des ASOS.
13:16Je vois qu'il y a un recul sur les droits de femmes.
13:20Malheureusement, l'actualité aussi politique internationale fait qu'aujourd'hui, on doute de tout ce qui est diversité, égalité.
13:27Ça devient des notions de menace, soi-disant.
13:30Et du coup, ça me rappelle exactement ce que Simon Desbeauvoir avait dit avant.
13:35C'est qu'il suffit qu'il y ait une crise économique, politique, religieuse, pour que nos droits soient remis en question.
13:43Et du coup, il faut toujours se battre.
13:45Et ça, je sais très bien que ça fait partie de ma mission.
13:49Je ne pense pas que je vais voir l'égalité totale à mon vivant.
13:52Je pense que je ne fais que participer à créer des espaces pour les femmes et d'aider vers cette égalité.
14:00Et du coup, ça c'est, je vais dire, un peu l'environnement politique et actuel qui touche notre travail au quotidien.
14:13Donc, je dois toujours continuer à convaincre.
14:16C'est ça.
14:16Donc, pas convaincre à pitcher pour lever des financements pour tel, tel, tel projet,
14:23mais plutôt de pitcher pourquoi il faut former les femmes dans la tech et l'entrepreneuriat.
14:26Ok.
14:26Et je trouve ça triste pour 2025.
14:28J'imagine.
14:29Parce qu'on pose beaucoup de questions autour des femmes.
14:32Pourquoi ? Pourquoi les femmes dans la tech ?
14:34Les femmes, elles ne veulent pas la tech.
14:35Ce n'est pas pour elles peut-être.
14:37Elles sont bien dans d'autres domaines.
14:38Moi, je trouve que les femmes représentent plus que 50% de la population mondiale.
14:45Aujourd'hui, avec la transformation digitale et technologique, des emplois disparaissent au quotidien.
14:51Mais il y a d'autres emplois qui se créent.
14:53Donc, pourquoi pas former une partie principale de la population mondiale dans des domaines qui sont hyper demandés sur le marché du travail.
15:03Et du coup, il faut toujours passer par ce canal de vraiment convaincre tout le temps.
15:08Et comme je t'avais dit, je suis déterminée.
15:11Donc, on peut me challenger là-dessus.
15:13Mais je continue.
15:14Donc, ça ne me casse pas.
15:16Et puis, je pense aussi au quotidien, il faut savoir que le travail qu'on fait, ce n'est pas seulement la formation.
15:24C'est aussi la sensibilisation.
15:26Pas seulement sensibiliser les femmes à venir vers un domaine qui, depuis très longtemps, était labelled comme un domaine pour les hommes.
15:33Mais aussi, moi, je passe parfois mon temps à parler avec le papa, avec le frère, avec le mari.
15:39Pour laisser sa femme, sa fille, sa soeur faire une formation.
15:43Oui.
15:44Et du coup, juste pour imaginer à quel point on n'est pas un centre de formation normal.
15:49Non.
15:50C'est qu'au-delà de la formation, on fait beaucoup de choses autour.
15:53Il y a aussi un suivi.
15:54Et dis-moi, tu dis qu'il faut sensibiliser les femmes à être plus dans la tech.
15:59Est-ce que tu penses que ça passe aussi, finalement, par une sensibilisation, déjà dès le plus jeune âge ?
16:05Bien sûr.
16:05Parce que, finalement, c'est un peu ça.
16:07Parce que nous, on nous forme directement dans...
16:10Et tu parles directement avec les réseaux de formation, voire même aussi directement l'enseignement.
16:15Comment ça se passe à ce niveau-là ?
16:16Tout à fait.
16:17L'orientation ou l'intérêt vers la tech, ça doit être vraiment inséré dans les écoles.
16:24Et vraiment quelque chose sur laquelle on travaille avec les garçons, les filles des jeunes âges.
16:29Parce que ça ne concerne pas seulement de dire aux filles, ah, il faut étudier la tech, mais aussi aux garçons de comprendre que c'est un domaine mélangé, qui est mixte en vrai.
16:38Donc, nous, on travaille avec les écoles primaires et secondaires.
16:42Ce qu'on fait, c'est qu'on envoie des femmes, mécaniciens, techniciens, en tenue.
16:47Et l'idée, c'est qu'elles parlent de son parcours.
16:51On ne fait pas, en fait, des ateliers de sensibilisation dans le sens, ah, tu es une fille, tu dois faire comme moi.
16:56Mais plutôt, c'est juste une femme qui vient en tenue, c'est une femme qui parle.
17:02Et en fait, chez les jeunes, en fait, les petits, ça crée des images.
17:06Et donc, la petite, il va se rappeler, ah, il y a une mécanicienne.
17:09Et le jour où on va lui poser la question, tu veux devenir quoi ? Il va dire mécanicienne.
17:13Et donc, mais ça, ça prend, shift the mindset, c'est quelque chose qui prend du temps.
17:17Et du coup, c'est un investissement à long terme qu'on fait.
17:21Et ce qui est bien, c'est que les écoles avec qui on a collaboré, ils sont très sensibles à cette question.
17:26Donc, c'est encourageant.
17:29On collabore aussi avec des universités comme Kiloven University.
17:33Chaque année, on organise une grande conférence sur Women in Tech.
17:38Et il y a un intérêt.
17:40Et donc, ça, ça fait plaisir parce qu'on voit que la question des qualités au sein de la sphère académique est importante.
17:49Maintenant, ça doit se passer aussi, pas seulement à l'école, mais aussi à la maison, les médias, les réseaux sociaux.
17:55C'est pour cela aussi.
17:56On utilise les réseaux sociaux comme un moyen pour communiquer, pas seulement de ce qu'on fait, mais aussi des messages qu'on passe.
18:02Au centre, on a des écrans.
18:05Et du coup, on passe des messages aussi pour les gens qui passent.
18:08On est à la Gare du Nord, donc il y a des centaines de personnes qui passent au quotidien.
18:12Et du coup, c'est un travail à long terme.
18:14Mais la mission de Womenpreneur, c'est de créer le plus grand pôle de talent féminin dans la tech d'ici dix ans.
18:20Donc, on fait tout pour arriver à cet objectif.
18:23Super.
18:23On se retrouve tout de suite après.
18:24Bonsoir et nous sommes de retour sur Entreprendre aujourd'hui avec Sana Fouaise.
18:34On parle d'entrepreneuriat féminin.
18:36Alors, Sana, est-ce que tu peux nous parler du Marketplace ?
18:40Super, Wassima.
18:41Tout à l'heure, j'ai parlé de nos formations tech.
18:43Je n'ai pas mentionné ce qu'on fait au niveau d'entrepreneuriat.
18:46Donc, effectivement, au Market, ça fait partie.
18:48Mais avant d'en parler, je vais juste expliquer un peu ce qu'on fait au niveau d'entrepreneuriat.
18:52On a plusieurs formations.
18:54On a une formation sur comment lancer un business pour les femmes débutantes qui veulent lancer un projet.
19:02On a une formation sur tout ce qui touche l'éducation financière.
19:06On a aussi une formation sur la transformation digitale au sein de ton business.
19:10D'ailleurs, suite à ça, on a envoyé une délégation belge à San Francisco.
19:14Ah, super.
19:15Pour rencontrer les grandes entreprises tech et aussi rencontrer des entrepreneurs qui utilisent la technologie au quotidien.
19:21Aussi, on fait beaucoup de sensibilisation.
19:24Donc, on donne la visibilité aux femmes aussi.
19:26Donc, on a une série de vidéos qu'on fait qui s'appelle Women Who Dare.
19:30Et donc, on met en avant les réussites des femmes entrepreneuses belges.
19:34Super.
19:35Et on a le Market, le Women Prenner Market.
19:38C'est la quatrième édition cette année.
19:41L'année dernière, on avait plus que 22 000 clients qui sont passés à la place de la monnaie.
19:48Donc, chaque année, on célèbre les femmes entrepreneuses à travers ce marché.
19:53C'est quoi ?
19:53Tout simplement, c'est un vrai marché avant Noël qui permet à 30 femmes d'avoir une tente, d'avoir un espace au sein de la place de la monnaie.
20:02Ça leur permet de vendre.
20:05Et puis, tout ce qu'elles vendent, c'est pour elles.
20:07Et aussi, à la fois, on leur donne la visibilité parce qu'il y a plusieurs personnalités qui viennent visiter.
20:12Il y a les médias et il y a le grand public.
20:15Donc, cette année, on vise 30 000 personnes.
20:17Ah oui.
20:18Donc, c'est une très belle opportunité.
20:20Malheureusement, les candidatures sont déjà terminées.
20:22Fermées, oui.
20:23On a reçu beaucoup de demandes.
20:24Mais ce qui est intéressant, c'est qu'on incite aussi les Belges d'aller acheter chez des femmes et acheter Belges.
20:31Donc, ça, c'est l'objectif aussi de cette initiative.
20:34Et suite à ça, il y a aussi un event qu'on organise chaque année qui s'appelle Womenpreneur Award.
20:40Oui.
20:40Qui est une célébration des femmes entrepreneuses qu'on ne voit pas peut-être dans les médias.
20:44Qui sont invisibles médiatiquement, mais qui sont très, très, très visibles au niveau quotidien de leur travail dans leur quartier.
20:53qui font des projets hyper intéressants, qui mettent en place des entreprises, des projets qui, pas seulement font vivre l'économie locale, mais aussi, ils créent de l'impact.
21:03Donc, il y a quatre prix.
21:05Il y a le prix tech, prix social, prix innovation et puis il y a le prix public.
21:11Donc là, je pense qu'on a reçu plus que 200 candidatures.
21:14On a reçu plus que 200 candidatures, donc c'est énorme.
21:17Mais ça nous fait plaisir à chaque fois qu'on reçoit autant de demandes, autant de candidatures.
21:24Donc, voilà.
21:25C'est super.
21:26Et dis-moi, moi je voudrais répondre sur les formations que tu as données aux entrepreneurs, aux futurs entrepreneurs.
21:33Est-ce que tu as une idée du nombre de personnes que tu as pu suivre ?
21:37Ce n'est pas moi qui est dans les formations, je ne suis pas pour le vaccine.
21:40Non, j'imagine.
21:40Donc, en Belgique, on a touché plus que 5 000 femmes.
21:45Donc, une partie, c'est les demandeuses d'emploi et une autre, c'est les entrepreneuses.
21:52Et je ne peux pas donner les chiffres exacts de combien d'entrepreneuses on a touché.
21:57Ça, on a un rapport par contre, donc les gens peuvent le dire.
22:01Mais ces 5 000 femmes, plus que 5 000 femmes qu'on a touchées, on n'a pas compté cette année non plus.
22:07Donc, les chiffres vont être actualisés pour l'année prochaine.
22:12Du coup, on reçoit beaucoup de demandes.
22:15Parfois, on arrive à répondre.
22:16Parfois, on n'arrive pas parce que les formations aussi sont limitées au niveau de nombre.
22:21Parce que notre objectif, c'est toujours de donner une formation de qualité,
22:24d'assurer que la personne va apprendre quelque chose en fin de compte.
22:29Du coup, on met des critères.
22:30Il y a toujours un dossier à déposer.
22:31Mais de toute façon, comme tu l'as dit, si jamais ces femmes n'arrivent pas à accéder au dossier,
22:37il y a toujours des formations en ligne qui sont données.
22:39Donc ça, ça permet toujours de...
22:40Et à part ça, s'ils n'arrivent pas à...
22:42Voilà, ils ne sont pas acceptés, par exemple, à une formation.
22:45Ce qui est intéressant, c'est qu'on a une série d'event chaque mois.
22:48Autour de l'entrepreneuriat, chaque mois, on a une thématique.
22:51Ça va de la comptabilité à l'aspect administratif, levé des financements, le leadership, la santé mentale.
22:59Donc il y a une série d'event qu'on organise et peuvent assister à ça.
23:03C'est gratuit, c'est un réseau, on développe des contacts.
23:08Et comme ça, en fait, ça nous permet d'avancer avec nos projets.
23:11Et dis-moi, dans toutes les femmes qui viennent, est-ce que tu as pu relever des difficultés en commun ?
23:17C'est quoi les plus grosses difficultés en tant qu'entrepreneur femme ou homme ?
23:20Est-ce que ce sont les mêmes, finalement ? Tu vois vraiment une différence entre les deux ?
23:23C'est intéressant d'en faire part.
23:26Écoute, il y a des défis qui sont en commun entre les femmes et les hommes.
23:31Surtout avec l'actualité politique aujourd'hui.
23:34Ce n'est pas évident pour les entrepreneurs en général.
23:38Le manque de leadership politique, ça ne fait que d'aggraver la situation pour les indépendants au quotidien.
23:45Et les indépendantes, on voit que beaucoup d'entreprises quittent Bruxelles aussi.
23:48Donc, ça, c'est malheureusement, c'est très triste, la situation actuelle.
23:54Et du coup, directement, ça impacte les entrepreneurs et les entrepreneurs.
23:58Maintenant, en plus de ça, les entrepreneurs, ils ont, et je déteste de le dire, ce terme-là, c'est l'équilibre entre famille et travail.
24:05Comme si c'était les femmes et font les enfants toutes seules, alors que c'est une chaire de responsabilité entre les hommes et les femmes.
24:13Partagée, tout à fait.
24:13Et du coup, il y a ce travail invisible qu'on ne réalise pas.
24:18Imagine, c'est quelqu'un qui fait ce travail invisible au quotidien, il faut le payer, cette personne.
24:22On est d'accord.
24:23Et du coup, cette charge mentale, cette charge familiale sur la femme, elle est lourde.
24:29Elle est énorme.
24:29Et du coup, effectivement, ça impacte par la suite son travail au quotidien.
24:33Et c'est pour cela que beaucoup de femmes travaillent en part-time.
24:37Oui.
24:38Et du coup, ça impacte aussi leur pension, parce que la pension, elle n'est pas la même qu'un parent à un homme.
24:42Quand on dit part-time, donc c'est bien en mi-temps.
24:45Exactement.
24:45Donc, juste pour...
24:46Et du coup, ça impacte leur pension et du coup, la volonté les suit jusqu'à la fin de leur vie.
24:52Ça, je comprends.
24:53Est-ce qu'il y a des choses qui ont été mises en place pour essayer d'aider ?
24:55Est-ce que tu penses qu'il y a possibilité de mettre en place quelque chose pour aider, soit être la femme à prendre des enfants ?
25:01Qu'est-ce qui est possible de mettre en place ?
25:02Écoute, nous, de notre part, on parle de ces problématiques.
25:06On crée ces espaces où les femmes, déjà, premièrement, parlent de ces problématiques.
25:13Comme ça, en fait, on identifie la source et on essaie de mettre en place des solutions aussi mises en relation avec des partenaires ou des organismes qui travaillent sur ces questions-là.
25:25Il y a une association que je connais qui fait un travail extraordinaire sur la question mentale.
25:31J'ai oublié le nom.
25:33C'est Touche-Passe.
25:34Je ne sais pas si tu connais.
25:35Touche-Passe ? Non, je connais.
25:36Un pas dans la pèse, mais pas Touche-Passe.
25:37Oui, c'est un pas dans la pèse.
25:39Voilà, c'est ça.
25:40Un pas dans la pèse, c'est-à-fait.
25:41Thomas, tu me pardonnes.
25:42Et du coup, qui travaillent sur ces questions-ci.
25:45La charge mentale, notamment.
25:47La charge mentale, elle est énorme.
25:50On ne réalise pas, vraiment.
25:53Et aussi, par exemple, là, pour notre event, Women Prone Awards, on a dédié toute une table ronde sur la question de la santé mentale.
26:03Et du coup, on essaie de sensibiliser de plus en plus, mais on a besoin d'autres solutions qui viennent du côté public.
26:13Aussi, la législation, les lois.
26:16Si on veut vraiment faire face à ça, il faut mettre en place des lois qui vont soulager les femmes sur cette question.
26:23Ok, merci en tout cas.
26:25Et dis-moi, au niveau, on a parlé un petit peu des difficultés que des femmes rencontrent.
26:31Il y a également, j'avais entendu aussi la partie financement.
26:34Pour trouver un financement, une femme a moins de mal, enfin plus de mal, plutôt à se mettre en avant.
26:39Est-ce que c'est vrai ça ? Est-ce que tu le remarques ?
26:43C'est une réalité, parce qu'aujourd'hui, quand on voit l'accès au financement, en général, on a éduqué les femmes à toujours faire attention, de ne pas prendre le risque.
26:54Les crédits, c'est dangereux.
26:56Et du coup, les femmes, en général, quand elles cherchent des financements, elles demandent des financements via ce qu'on appelle « the three fools ».
27:03C'est-à-dire en français ?
27:05« The three F ».
27:06Exactement. Donc, la famille, les « friends », les amis, et « fools », qui, tout simplement, elles « fools ».
27:14Et du coup, en fait, c'est la source de financement.
27:18Et moi, je dis tout le temps aux femmes, si tu veux lancer un business, n'utilise pas ton argent.
27:22N'utilise pas tes épargnes.
27:24L'argent, il est là. Le financement, il est là. Va chercher-le.
27:27Oui, d'abord.
27:27Il y a les investisseurs, il y a les banques, il y a les microfinances.
27:31Pourquoi tu vas utiliser tes économies pour lancer un business ?
27:34Pourquoi ne pas faire collaboration, chercher des associés qui vont mettre de financement dans le projet ?
27:41Et du coup, je pense qu'il y a un manque d'éducation financière.
27:43Ok.
27:44Qui doit commencer déjà, encore une fois, à l'école, très jeune.
27:48La valeur de l'argent, comment dépenser l'argent, comment investir dans l'argent, comment gérer son argent,
27:53la différence entre une dépense personnelle et une dépense professionnelle.
27:56Tout ça, nous, on a des femmes qui ne savent pas encore la différence entre les deux et qui gèrent des entreprises, des projets.
28:03Et du coup, tout ça, ça vient, encore une fois, de très jeune âge.
28:07Et du coup, effectivement, tout ça, ça impacte l'accès des femmes à avoir des crédits.
28:12Il faut savoir aussi que les banques ne sont pas toutes accessibles sur cette question.
28:17Donc, je pense que les banques doivent aussi faire un travail sur le nombre des services et des produits bancaires
28:23qu'ils mettent en avant ou en place pour les femmes.
28:28Je pense que ça nécessite un gender mainstream.
28:32Tu peux dire ce que ça veut dire ?
28:34C'est vraiment de développer des produits qui prennent en considération les besoins de différents genres.
28:39De différents genres, tout à fait.
28:40Donc, voilà.
28:42Donc, si on voit aujourd'hui, les femmes, elles vont aller plutôt vers le microfinance,
28:46mais c'est des petits financements avec un intérêt très important.
28:49Et du coup, c'est surtout quand je vois la plupart des femmes qui vont aller chercher un microfinance,
28:55et en général, pour survivre.
28:57Oui.
28:57Et alors qu'on a besoin des femmes...
29:00Quand tu es entrepreneuse, en général, c'est quoi ?
29:02C'est vraiment de créer, de scale-up, de grandir, de multiplier.
29:06Ça, c'est l'objectif.
29:07Ça, c'est l'entrepreneuriat, normalement.
29:09Oui, tout à fait.
29:09Mais ce qu'on vit ici en Belgique, c'est surtout ce que je vois, c'est l'entrepreneuriat de survie.
29:13Et tu vois ça qu'en Belgique ou dans d'autres pays aussi ?
29:15Je le vois dans d'autres pays, effectivement, aussi.
29:17Parce que l'accès au financement, il faut savoir, c'est une problématique globale.
29:20Uniquement 2% des femmes, globalement, ont accès à un venture capital,
29:24donc tout ce qui concerne l'investissement.
29:26Exactement.
29:26On en parle juste après ça.
29:28A tout de suite.
29:32Bonsoir, et on est de retour sur Entreprendre aujourd'hui avec Asana Afouez,
29:38avec qui on parle d'entrepreneuriat féminin.
29:41Alors, on a discuté de pas mal de sujets.
29:43Un des sujets qui me vient en tête, c'est...
29:47Donc, on a vu que tu as expliqué que pour pouvoir faire bouger les choses,
29:51il faut venir, il faut pouvoir prendre la parole.
29:56Et tu voyages pour ça un peu à travers le monde.
29:59Est-ce que tu peux nous dire, donc j'ai vu que tu étais en Turquie récemment,
30:02quelle était la thématique ?
30:04Et après, quels sont les enjeux ?
30:06Oui, effectivement, une partie de mon travail, c'est de voyager dans différents pays.
30:11Donc, j'ai cette opportunité-là, même si c'est beaucoup de travail.
30:15Il faut savoir que c'est pas juste des voyages touristiques.
30:17C'est vraiment de boulot.
30:20Et du coup, là, j'étais en Turquie, j'étais intervenante lors d'un event organisé par l'Union de la Méditerranée.
30:27Et là, en fait, j'ai parlé surtout sur l'économie informelle chez les femmes dans le monde arabe.
30:33Donc, il faut savoir que 70% des femmes dans le monde arabe travaillent dans l'économie informelle.
30:40D'accord.
30:40Quand tu parles de l'économie informelle, c'est quoi, par exemple, l'économie informelle ?
30:44C'est tout simplement un travail qui n'est pas...
30:48Il n'y a pas de contrat, il n'y a pas des conditions de travail correctes.
30:53Tu travailles pour toi-même.
30:54Tu sais, cette culture de l'entrepreneur qui travaille pour soi,
31:00qui n'a pas une représentation juridique,
31:03qui ne paye pas de taxes ni d'impôts parce que, voilà,
31:07le processus administratif, on ne le connaît pas, on ne sait pas comment ça se passe.
31:10Et du coup, les gens, ils sont tentés d'être indépendants, de travailler pour eux-mêmes.
31:15Et du coup, ce qui se passe, c'est qu'il n'y a pas de pension à la fin de leur vie.
31:19Ils ne peuvent pas prendre un crédit parce qu'ils sont chômeurs pour les banques.
31:24Ils ne peuvent pas leur donner un crédit.
31:26Ils ne peuvent pas, bien sûr, pitcher chez un investisseur ou une investisseuse.
31:30Du coup, ce qui fait que ça impacte leurs opportunités pour scale-up,
31:34pour mettre en place des business qui fonctionnent,
31:38où ils peuvent recruter des personnes.
31:39Et en général, on trouve que c'est les femmes qui travaillent dans l'économie informelle.
31:43Tu peux nous donner quelques exemples ?
31:45Parce que ça peut être, j'imagine que ce n'est pas un commerce, ça peut être dans...
31:48Ça peut être un commerce.
31:50Oui, c'est vrai.
31:51La femme dans le quartier qui va vendre l'hompson, c'est une entrepreneuse.
31:54C'est une activité économique, mais qui est informelle.
31:58Ça, c'est l'économie informelle, par exemple.
32:01Mais ce qui est étonnant, c'est que dans cette région,
32:03plus que 50% des femmes qui ont des diplômes,
32:05donc on parle de master et PhD,
32:11c'est des femmes qui font des études dans l'ESSEM,
32:13donc les sciences, l'ingénierie, tout ce qui est technique.
32:19Et malheureusement, on les trouve invisibles sur le marché de travail.
32:23Et du coup, ce n'est pas comme s'il n'y a pas de talons,
32:28mais le problème, c'est qu'il n'y a pas un système qui stimule les talons.
32:32Et ça, c'est la réalité de la région.
32:34Mais il faut savoir aussi qu'on parle d'une région
32:36où il y a le contexte économique et politique qui est très compliqué.
32:40Il n'y a pas la stabilité qu'on a ici, en Europe, par exemple.
32:43Donc, tu ne sais pas ce qui va arriver le lendemain.
32:45On travaille beaucoup au Liban, par exemple.
32:48Et je me rappelle qu'après la crise financière,
32:53l'explosion du port de Beyrouth,
32:56on s'est dit qu'on va mettre en place un projet,
32:59une formation pour les femmes entrepreneuses au Liban.
33:02L'objectif, c'est quoi ?
33:03C'est vraiment de les aider à développer leur éducation financière,
33:07mais surtout afin d'être prêtes pour recevoir des financements
33:13de la part des VCs et différentes institutions financières.
33:18Et on a fait une enquête.
33:20Et 90% de ces femmes-là, ils ont dit non,
33:22on ne veut pas une formation sur l'éducation financière.
33:25On ne veut pas une formation sur comment lever les financements.
33:28Ce qu'on veut, c'est une formation sur comment on va vendre.
33:31Et c'est vrai.
33:32Et on a changé tout le projet.
33:33Et on a fait une formation sur comment vendre.
33:36Et surtout, vendre pour le marché régional.
33:39Parce que tu es à côté de Dubaï, tu es à l'Arabie Saoudite,
33:42tu es à Qatar,
33:43qui sont des bons marchés pour les entreprises libanaises
33:49ou qui sont dans la région.
33:50Et du coup, pour nous, c'était hyper intéressant.
33:53C'est que ces femmes-là,
33:54elles ne veulent pas apprendre à lever des financements
33:57parce qu'elles ne font plus confiance aux institutions bancaires.
34:02Oui, mais avec ce genre de...
34:03Pour grandir, pour faire mon projet, je vais vendre.
34:06Et c'était hyper intéressant comme projet.
34:10Et dans les pays où tu as parlé du Liban,
34:12tu peux citer d'autres pays dans lesquels tu as pu également aider des femmes à s'émanciper ?
34:18Ah oui, dans différents pays.
34:21Ghana et Kenya, comme je vous en saisit tout à l'heure.
34:23Au Maroc, bien sûr.
34:24La Tunisie.
34:25L'Algérie, la Jordanie, l'Égypte.
34:29On a une équipe en Égypte.
34:31Donc, plusieurs pays.
34:32Là, par exemple, en Belgique, on a cette formation de réparation.
34:36On a tellement réussi cette formation,
34:38il cartonne ici,
34:39qu'on l'a développée au Maroc.
34:41Et maintenant, on va la lancer en Égypte.
34:42Super.
34:44Donc, c'est un très chouette projet.
34:46Et moi, personnellement, à chaque fois qu'on voyage
34:48pour les différents projets qu'on a dans ces pays-là,
34:53moi, ça m'inspire parce que, premièrement, je vois à quel point on a de la chance ici
34:59et qu'on ne réalise pas les opportunités qu'on a ici, qu'on n'a pas ailleurs.
35:04Tu sais, ici, par exemple, on fait une formation, on a par exemple 100, 150 demandes.
35:10Tu sais, là-bas, on fait une formation, on reçoit des milliers de demandes.
35:14Tellement, people are hungry.
35:16Ils veulent apprendre, ils veulent faire.
35:18Ils ont faim, quoi.
35:20Et c'est hyper inspirant, hyper intéressant.
35:23Et je vois à quel point ils sont tellement reconnaissants
35:26pour les projets qu'on met en place,
35:27pour les opportunités qu'on met en place.
35:30Du coup, et quand je reviens, ça m'inspire pour les projets ici en Belgique aussi.
35:33Complètement, oui.
35:34Donc, c'est vrai, c'est deux régions différentes,
35:36mais c'est deux régions qui, d'une façon ou d'une autre,
35:38inspirent le travail qu'on fait.
35:40Super.
35:41Bon, on se retrouve tout de suite après.
35:50Bonsoir à tous et à toutes.
35:52Et on est de retour sur Entreprendre aujourd'hui
35:54pour parler d'entrepreneuriat féminin avec Sana Afouaz.
35:59Dis-moi, Sana, quels sont les projets pour Monopreneur ?
36:02On a plusieurs projets.
36:05Il y a des projets que je ne peux pas annoncer, sorry.
36:08Confidentiels, mais bon, par contre, on continue nos formations.
36:10Donc, j'insiste encore une fois pour les gens,
36:13les personnes qui sont intéressées de s'inscrire à l'avance,
36:16parce qu'on reçoit beaucoup de monde.
36:19On va développer Homeopreneur dans d'autres pays.
36:21Je ne vais pas dire lesquels, mais ça arrive.
36:24Et on a une grande, grande surprise,
36:27parce que l'année prochaine, c'est une grande, grande année pour Homeopreneur.
36:31On va fêter une grande célébration.
36:37Suivre Homeopreneur pour savoir c'est quoi.
36:40Ok, il faut en suivre alors.
36:41Il faudra qu'on puisse savoir.
36:42Et alors, pour conclure,
36:45est-ce que tu pourrais nous donner deux, trois conseils ?
36:48Deux, trois conseils.
36:49Le conseil que je donne, et tout le temps,
36:55c'est que pour n'importe quelle personne
36:57qui veut réussir, qui veut créer un projet,
37:01qui veut se donner trois choses.
37:07La patience.
37:08Parce que la réussite prend du temps.
37:10Tu ne vas pas réussir ton projet demain.
37:13Ça prend du temps.
37:14Et tu vas échouer, ce n'est pas grave.
37:17La détermination.
37:19Je ne pense pas qu'avoir le talent, ça suffit.
37:23Il faut être vraiment déterminé pour réussir.
37:26Et je pense que j'ai beaucoup de respect
37:27pour les personnes qui sont déterminées,
37:29qui travaillent,
37:30qui vraiment achèvent leurs objectifs.
37:34Et puis, vraiment, respecter le travail.
37:38Je trouve que c'est très triste
37:39pour les gens qui ne réalisent pas
37:40que le travail, ce n'est pas
37:41« Ah oui, je vais travailler de 9h à 5h
37:44pour avoir un salaire ».
37:46Je trouve ça tellement triste
37:47parce qu'on passe plus de temps à travailler
37:49que d'être chez nous.
37:50Et pour moi, le travail,
37:52c'est ta façon d'exprimer ton art.
37:55C'est ton legacy,
37:56ce que tu vas laisser derrière toi.
37:58C'est aussi l'impact que tu crées autour de toi.
38:01Et aussi, tu deviens un rôle modèle.
38:02Tu n'as pas besoin d'être Oprah Winfrey
38:04pour être un rôle modèle
38:05ou être Michelle Obama.
38:08Moi, les rôles modèles les plus inspirants,
38:10c'est vraiment les femmes
38:11que je vois autour de moi.
38:12Donc, la première personne
38:14qui m'a inspirée,
38:15mon premier rôle modèle,
38:15c'est ma mère.
38:16Et du coup, je pense qu'on ne réalise pas
38:18à quel point qu'on peut être des rôles modèles
38:21et qu'on peut changer des vies autour de nous.
38:23Ça va ?
38:24Un tout grand merci, en tout cas, Sanna,
38:25d'avoir été là avec nous.
38:27Vous pouvez retrouver l'émission
38:29sur arabelle.fm.
38:30Et puis, on se retrouve la semaine prochaine.
38:34Bonne soirée et au revoir.
38:35La sécheresse a anéanti les récoltes,
38:39décimé le bétail.
38:41Les gens fuient.
38:42Des familles entières d'Afrique de l'Est
38:44sont touchées par ce drame.
38:45Leur cloveur.
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