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  • il y a 4 mois
Ce jeudi 11 septembre, Yannick Lopez, directeur des gestions Taux et Solutions de Trésorerie chez OFI Invest, Kevin Le Nouail, directeur associé, gestion de fortune chez Avant-Garde Family Office, se sont penchés sur les annonces de la BCE lors de sa conférence de presse, et les bonnes performances des indices de l'Europe du Sud, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00Kévin Lenoil est avec nous. Bonjour Kévin.
00:01Bonjour Guillaume.
00:02Pour Avant-Garde Family Office, Yannick Lopez aussi au téléphone depuis Offi Invest.
00:06Bonjour Yannick.
00:07Bonjour, j'ai envie de vous retrouver.
00:09Bon, statu quo de la BCE, ça Yannick, ce n'est pas une surprise.
00:11Qu'est-ce que vous retenez de chaud dans la conférence de presse les propos de Christine Lagarde aujourd'hui ?
00:18En vrai, assez peu d'évolution par rapport à ce qu'elle avait dit en juillet.
00:23Évidemment, aujourd'hui, il y a eu la mise à jour des projections macroéconomiques sur la croissance, sur l'inflation.
00:29On y reviendra peut-être, même si les changements sont à moyen terme relativement mineurs.
00:34Mais sinon, sur le ton, moi ce que je retiens, c'est qu'on est dans la lignée de juillet.
00:39Il y a de la confiance sur la résilience de l'économie en zone euro.
00:44Elle a souligné ça à plusieurs moments.
00:46Elle s'est donc exprimée sur le fait que les risques sur la croissance étaient maintenant plus équilibrés,
00:51alors qu'avant, ils penchaient plutôt vers la baisse.
00:55Et puis, qu'ils étaient assez confiants sur leur politique monétaire, la situation où ils sont actuellement,
01:02au regard de l'inflation qui se trouve être autour de 2%, ce qui est leur target.
01:07Donc moi, je trouve que dans la continuité de juillet, la barre est très haute pour qu'il y ait une nouvelle baisse de taux.
01:16Elle n'est pas en dehors de la table, c'est possible, en cas de dégradation à nouveau sur les tarifs douaniers par exemple,
01:23puisque ce n'est pas dans le marbre, mais qu'il va vraiment falloir que ça se dégrade pour qu'il y ait une baisse supplémentaire.
01:28Sinon, ce sera un statu quo.
01:29Oui, sachant que le marché, Yannick, attend encore à 60% une baisse de taux d'ici la fin d'année.
01:35C'est-à-dire que là-dessus, il risque d'y avoir une déception dans les prochains mois quand même, de point de vue des marchés ?
01:39Ça reste effectivement pour l'instant la probabilité majoritaire vue par les investisseurs,
01:45c'est-à-dire que la BCE refasse encore une baisse un peu plus tard dans l'année.
01:51C'est quelque chose qui ne s'est pas annoncé dans le central.
01:55Je pense qu'effectivement, elle a atteint son bas de cycle.
01:59Elle a évoqué d'ailleurs une mention très intéressante, très importante.
02:03Elle a évoqué un processus de désinflation qui est maintenant terminé dans la zone euro.
02:09Je trouve que c'est beaucoup mouillé d'ailleurs à s'avancer sur ce sujet
02:13parce qu'on peut aussi importer de la désinflation, voire de la déflation de Chine par exemple,
02:18qui est en déflation elle-même.
02:20Donc c'était un message qui était quand même assez fort.
02:24En tout cas, ça montre qu'elle est confiante.
02:26Et donc, il va vraiment falloir que ça se dégrade, soit sur l'inflation, soit sur la croissance,
02:31pour que la BCE fasse ce que le marché, effectivement, tente à attendre un peu, c'est-à-dire une nouvelle baisse.
02:38Antoine, comment le marché réagit ?
02:39Alors, on voit les actions, elles sont en nette hausse aujourd'hui,
02:41même si on n'a pas de nouvelle baisse de taux de la BCE, c'était attendu.
02:43Le CAC gagne 0,9%.
02:44Sur le front obligataire, comment le marché réagit-il ?
02:47En fait, c'est diamétralement l'opposé de la situation de marché à laquelle on assiste depuis quelques semaines.
02:54C'est-à-dire qu'il y avait beaucoup d'agitation sur les taux, il y a eu des marchés qui ne faisaient rien.
02:57Là, au contraire, on a une vraie grosse dynamique sur le CAC 40 qui gagne pas loin d'un pourcent.
03:02Je ne sais pas si vous avez vu, on est à plus 0,95%.
03:04Ça s'accélère, alors que sur les marchés de taux, il ne se passe plus rien.
03:08On s'est vraiment arrêté à 3,46% pour la dette française dix ans.
03:14Le dix ans italien est repassé très légèrement au-dessus à 3,47%.
03:17Enfin, on reste vraiment à touche-touche.
03:192,67% pour le dix ans allemand.
03:22Donc voilà, le cas de figure, diamètre allemand inverse.
03:24Kevin Lenoaille avec nous également pour Avant-Garde Family Office.
03:28Qu'est-ce que vous retenez de particulier de cette conférence ?
03:30Le statu quo, il a été attendu, mais il y a d'autres points qui attirent votre attention dans ce qu'a dit Christine Lagarde ?
03:35Le statu quo, il a été effectivement attendu.
03:36Je pense que c'est une surprise pour personne.
03:38Ça aurait été surprenant à l'inverse, effectivement.
03:39Donc il n'y a pas de grande décision ici.
03:41Ce n'est pas une réunion qui sera un épiphénomène, mais disons que c'est plutôt une réunion technique.
03:46Moi, ce que je retiens, c'est un peu le jeu d'équilibriste auquel j'ai l'impression qu'elle joue.
03:50On a quand même eu des données qui ont été corrigées.
03:52Les inflations, encore une fois, rappelons-le, sur 2025 ont été rehaussées.
03:56Donc ça, c'est assez intéressant.
03:57C'est une manière, comme une autre, de fermer la porte, effectivement, potentiellement, à une nouvelle baisse de taux au mois de décembre.
04:02Donc ça donne un premier courant de ce point de vue-là.
04:04Et rehaussé à peine, c'est vraiment pour le symbole.
04:06Exactement.
04:07Tout le symbole et tout le symbole est également trouvable, je trouve, sur 2027, sur lequel, là, pour le coup, on a une décélération.
04:13On l'a vu d'ailleurs dans le communiqué, avant même la conférence de presse, sur ce communiqué-là,
04:16quelques commentateurs se sont un peu engouffrés, le marché sûrement a tenté de le faire, sur potentiellement, justement, là, une baisse des taux potentielle à terme.
04:24Donc c'est assez intéressant parce qu'elle imprime, effectivement, j'entends ce que disait Yannick, une vraie confiance quand elle dit que le processus de désinflation est terminé.
04:31Mais derrière, elle retire finalement ce petit biscuit en nous disant très clairement, non, nous sommes data-dependent, nous allons le rester et nous verrons meeting par meeting.
04:41Elle a dit quelque chose sur la situation des dettes souveraines et de la France, notamment, qui demain verra peut-être, on verra sa note dégradée par Fitch.
04:48Elle a parlé de moins réduire le bilan, par exemple, aujourd'hui, Christine Lagarde, Yannick ?
04:53Non, enfin, elle a dit dans le communiqué de presse la phrase, elle a répété dans le communiqué de presse la phrase qui est en place depuis maintenant Belle-Durette,
05:04qui est qu'ils peuvent ajuster leur programme si besoin.
05:10Ce sera, je me mouille un peu, mais pour moi, un sujet de 2026.
05:13C'est-à-dire que là, pour l'instant, elle est dans un programme de réduction du bilan.
05:21Juste pour avoir un ordre d'idée, ces programmes de quantitative easing qu'elle avait mis en place à partir de 2015 n'ont été réduits que de 20% pour l'instant.
05:31Donc, c'est en train de baisser.
05:34Ça a représenté environ 300 milliards cette année de besoin d'absorption supplémentaire par le marché obligataire parce que la BCE ne rachetait plus.
05:43L'année prochaine, ça va accélérer puisque les dettes viennent à maturité.
05:49Je pense qu'effectivement, l'année prochaine, il y aura des discussions sur un ralentissement du quantitatif tightening.
05:54Mais pour l'instant, c'est trop tôt.
05:56Et puis, de toute façon, elle a dit une chose.
05:57Elle a dit que pour elle, le marché obligataire et notamment les spreads souverains fonctionnaient très très bien.
06:02Et d'ailleurs, effectivement, on voit bien que la France, on est loin du grand soir post-chute de M. Bayot.
06:09On est à 71 de spread avec l'Allemagne.
06:11C'est très contenu.
06:11Oui, tout à fait. Mais vous diriez que la Fed a beaucoup plus de marge de manœuvre pour moins réduire son bilan que la BCE.
06:16La Fed est beaucoup plus avancée.
06:17Les Américains aussi ont un énorme problème de dettes et de déficits.
06:20Là-dessus, la Fed a plus de marge de manœuvre et des baisses de taux et une réduction peut-être plus rapide, un ralentissement à la réduction du bilan.
06:28Elle est déjà en marche sur le ralentissement.
06:31Elle a déjà réduit le rythme de son quantitatif tightening.
06:36Alors que pour l'instant, la BCE, elle ne réinvestit plus rien.
06:39Donc là, elle est vraiment en mode, je laisse tomber chaque tombée de dette.
06:45Je ne remets plus rien en pot.
06:46Je pense qu'en 2026, ça va discuter pour justement ralentir ce quantitatif tightening.
06:53Et après, oui, sur les baisses de taux, vous avez tout à fait raison.
06:56Le potentiel de baisse aux Etats-Unis est bien supérieur.
06:59Enfin, ça va sans dire.
07:00Je pense qu'on partage tous cela.
07:02Je pense que la Fed a quelque chose comme un bon 100 points de base de baisse de taux possible devant elle.
07:08Alors que la BCE, moi, je suis convaincu qu'elle est arrivée à son bas de cycle.
07:11– Merci beaucoup de nous avoir accompagnés aujourd'hui.
07:14Yannick Lopez pour Ofi Invest.
07:16Si la Fed baisse encore ses taux et pas la BCE, ça pourrait creuser l'écart davantage encore entre l'euro et le dollar.
07:21On a actuellement un euro qui a bien progressé depuis le début de l'année déjà face au dollar.
07:25Ce n'est pas très bon pour nos exportateurs.
07:26D'ailleurs, elle le dit, ça contraint la croissance, cette hausse de l'euro.
07:28Elle l'a dit tout à l'heure, Christine Lagarde.
07:30Ce n'est peut-être pas fini.
07:32Si la Fed se met à baisser ses taux, le dollar pourrait encore baisser l'euro 20,17, 30 en ce moment.
07:37Si bien qu'on le serait, c'est sur des plus hauts historiques, Kevin.
07:39Des plus hauts historiques.
07:41À nouveau, pour le S&P 500 également, certains marchés européens aussi sont sur des plus hauts.
07:45Et quand on regarde le MSCI World, même hors Wall Street, on est aussi en moyenne sur des plus hauts historiques.
07:50Les indices actions sont au plus haut.
07:53Est-ce que c'est une donnée fondamentale à prendre en compte quand même quand on choisit d'investir aujourd'hui ?
07:59Alors oui, le constat est tout à fait vrai.
08:00Les indices sont effectivement au plus haut.
08:02Vous avez raison de le dire.
08:03Si on retient notamment effectivement S&P 500 et même si on s'exclut d'un Eurostock 50 pour prendre plus large avec un MSCI Europe,
08:10on est clairement sur des niveaux hauts.
08:11On ne peut pas sortir cela de l'équation, effectivement, mais ça reste selon nous pas du tout l'alpha et l'oméga de l'investissement
08:17puisque lorsque l'on regarde en fait ce niveau d'indice, qui est un niveau d'indice, je vais vous dire graphique, si vous me permettez l'expression,
08:23de ce point de vue-là, on a effectivement la représentation psychologique assez classique que d'imaginer la chute.
08:27En réalité, ce qui nous intéresse plutôt dans la partie investissement, ce n'est pas le niveau absolu de l'indice, mais c'est plutôt sa valorisation.
08:33Et pour ça, on a des outils effectivement à disposition qui sont les ratios de valorisation.
08:37On a pléthore effectivement sur lesquels on pourrait débattre, même si ce n'est pas l'enjeu ici.
08:40Et le sujet, c'est que ces ratios de valorisation, justement, ils ne nous disent pas la même histoire de ce point de vue-là
08:44par rapport justement à ces niveaux de marché en absolu, tel que vous l'avez donné tout à l'heure.
08:48Oui, il y a les niveaux en absolu, et puis, est-ce qu'en termes de valorisation aussi, on est sur une valorisation historiquement élevée ?
08:53Vous dites, la réponse est non, en fait.
08:55Absolument. On arrive effectivement sur des hauts plateaux.
08:58Ça, on ne peut pas dire l'inverse.
08:59Pour vous donner quelques peu les métriques, aujourd'hui, un S&P 500, si on retient un PER, aussi imparfait soit-il,
09:05on est sur un S&P 500, 24 fois les bénéfices anticipés sur 12 mois, ce qui n'est pas du tout le plus haut,
09:11même si effectivement, on est en zone, disons, statistiquement haute.
09:14Ça, c'est certain.
09:14La moyenne historiquement d'un S&P 500, c'est entre 17 et 20 fois.
09:18Donc, effectivement, on a passé les épaules, très largement.
09:21Par contre, les pics, de ce point de vue-là, de valorisation d'un S&P 500, c'est jusqu'à 29 fois,
09:26si on remonte, effectivement, pré-Covid, et même jusqu'aux années 90.
09:30Donc, oui, ça nous donne une autre histoire.
09:32Ça nous donne une histoire, effectivement, de valorisation, là aussi élevée, chère, bien entendu.
09:35Je ne dis absolument pas l'inverse, mais ça laisse beaucoup plus de place, effectivement, à l'investissement
09:39que ça n'en donnerait si on se focalisait uniquement sur le niveau technique.
09:43C'est exactement la même chose en Europe, voire beaucoup mieux.
09:45Oui, c'est ça. On n'est pas encore assez haut en termes de valorisation pour dire qu'il n'y a plus d'opportunités.
09:50Au contraire, il en reste un certain nombre.
09:51Exactement. Je vous donne le parallèle avant de parler des opportunités.
09:55Reprenons, par exemple, en comparaison à Messia Europe, dont je parlais tout à l'heure.
09:58J'exclue le UK, bien entendu. On est à 16,5 fois sur la même valorisation PER anticipée.
10:04Là aussi, en moyenne, on se situe à 15 fois, mais en réalité, sur les deux indices,
10:07on a plutôt une trajectoire assez inflationniste, donc c'est assez crédible.
10:11Et puis surtout, les pics, là aussi, c'est plutôt 29-30 fois.
10:14De là à dire, effectivement, que c'est l'opportunité du siècle d'achat, très loin de là, bien entendu.
10:18Il faut être très sélectif, mais effectivement, ça ne raconte pas la même histoire.
10:22Et puis ensuite, on peut voir des opportunités, soit sur les indices, justement, de manière géographique,
10:26c'est ce que l'on vient de se dire.
10:27Il y a effectivement une composante naturelle, j'allais dire à moins de valorisation en Europe, certes,
10:32mais ensuite, on peut également aller voir à l'intérieur de l'indice.
10:34Quand bien même, on regarde les composantes, aujourd'hui, de ces indices-là,
10:37si on pense, effectivement, aux top positions de ces indices-là,
10:39on a toujours, je suppose, une image de chère valorisation, ce qui n'est là non plus pas le cas.
10:44Prenons du Amazon, aujourd'hui, vous êtes sur un bas de valorisation historique.
10:48On regarde en Europe, regardons du ASML, aujourd'hui,
10:50avec, effectivement, tous les défauts que cela peut comporter, bas de valorisation.
10:53Je ne parle pas du luxe et d'autres valeurs de la sorte.
10:55Donc oui, il y a des choses à faire, bien entendu.
10:57Oui, il y a des choses à faire, et vous avez cité ces quelques opportunités
10:59que vous voyez aujourd'hui dans le marché.
11:01À vos yeux, il y a presque autant de risques, aujourd'hui,
11:03à ne pas vouloir investir qu'à vouloir y investir.
11:06C'est-à-dire qu'on est à la fois assez cher,
11:07mais pas assez pour se dire qu'il est trop tard.
11:09Absolument.
11:12Inutile, peut-être, ici, je ne suis pas de chartiste,
11:13mais de rappeler, effectivement, l'adage.
11:14Lorsqu'un marché touche son point haut,
11:16c'est statistiquement une très bonne raison de se positionner
11:19avec une continuation de la dynamique haussière.
11:21Et puis, derrière, si on avait plus de temps,
11:23on pourrait parler des hypothèses, justement,
11:24qu'il y a, effectivement, vous vous en doutez,
11:26derrière ces valorisations.
11:27On en a parlé avec la BCE,
11:28mais si on reste sur le marché américain, encore une fois,
11:31ces hypothèses de valorisation, aujourd'hui,
11:33sur le S&P 500,
11:35c'est des hausses de bénéfices par action attendues sur 12 mois
11:37ou de la baisse des taux, et ou de la baisse des taux.
11:40Si vous prenez ces deux facteurs-là dans l'équation,
11:41c'est assez simple.
11:42Si vous vous dites qu'il n'y a que des hausses de bénéfices
11:44et pas de baisse de taux,
11:45on attend 30% d'hausses des bénéfices sur 12 mois.
11:48C'est tout à fait irréaliste,
11:49je ne m'alignerai pas là-dessus.
11:51Si vous prenez uniquement le facteur baisse des taux,
11:53et pareil, vous le surpondérez à 1,
11:54là aussi, la baisse des taux,
11:56c'est 8 baisses de taux attendues sur 12 mois.
11:57Le marché n'en price que 5.
11:59Donc là, effectivement, on s'entend en se disant
12:01que ça ne fonctionne pas,
12:02mais c'est bien le mix qui est acheté par le marché.
12:04Et ce que l'on voit, c'est que sur les dernières publications,
12:06les révisions américaines,
12:07elles ont été plutôt très bonnes,
12:09si on exclut certaines composantes,
12:10notamment consommation type distributeur,
12:12mais les surprises, elles ont été plutôt positives,
12:14donc ça continue de porter ces BPA à la hausse,
12:17et puis Jackson Hole a ouvert une porte,
12:19c'est assez ancien pour ne pas en reparler,
12:20mais sur la baisse des taux.
12:21Donc le marché parvient à trouver une hypothèse crédible,
12:24rien n'est irréalisable,
12:25même si effectivement, la conclusion,
12:27c'est que c'est haut, mais c'est exigeant, surtout.
12:29Antoine ?
12:30Là, on voit que le CAC 40 revient sur ses plus hauts de...
12:33Je parle du CAC 40,
12:34et revenu sur ses plus hauts qui datent de fin août,
12:38à peu près,
12:39à une époque où la situation politique
12:42était peut-être quand même bien moins embrouillée
12:44qu'elle ne l'est maintenant.
12:47Est-ce que finalement, le marché arrive à passer outre
12:52toute l'agitation politique,
12:53comme ça, d'un coup ?
12:55Je vous dirais oui, dans l'absolu.
12:58Aujourd'hui, il faut être assez binaire,
13:00on va le dire ainsi.
13:01Oui, aujourd'hui, factuellement,
13:02le marché parvient à passer outre.
13:03On le voit aujourd'hui dans les résultats.
13:05Pourquoi il passe outre surtout ?
13:07C'est qu'aujourd'hui, le bruit est très important,
13:09et j'aime beaucoup ce mot, effectivement, Antoine.
13:11Par contre, le bruit, il n'est pas assez important
13:13pour devenir structurel.
13:14Aujourd'hui, ce que regarde le marché,
13:15ce n'est pas un changement de Premier ministre.
13:17Ce qui nous importe aujourd'hui dans le politique,
13:18on pourrait regarder ça aux États-Unis également,
13:20c'est l'implication économique du politique qu'il va y avoir.
13:23Or, aujourd'hui, ce que constate le marché,
13:25c'est que le programme est inchangé.
13:26On parlerait sûrement, bien entendu, différemment
13:28s'il y avait une dissolution,
13:29s'il y avait de nouvelles élections.
13:31Là, le marché est de nature, effectivement,
13:32non pas à paniquer,
13:33mais à réagir beaucoup plus amplement.
13:35Sur un changement de gouvernement,
13:36aujourd'hui, le marché ne réagit pas.
13:38Si vous me permettez simplement l'expression,
13:40quand je dis, oui, mais il ne faut pas être trop binaire,
13:43le CAC 40 ne réagit pas,
13:44mais on pourrait le voir malgré tout différemment,
13:46c'est qu'il réagit malgré tout vis-à-vis des marchés européens,
13:48parce qu'on accuse quand même maintenant
13:50un vrai retard depuis la dernière dissolution.
13:52Et cela, globalement, ce n'est pas une réaction baissière,
13:53mais c'est un encéphalogramme plat.
13:55Oui, mais c'est aussi lié beaucoup à sa dépendance
13:57au secteur du luxe qui a souffert.
13:58Et aux États-Unis, la dépendance, c'est envers la tech,
14:00cette concentration du S&P.
14:02Je crois qu'on est sur un record de concentration,
14:04de pondération de la tech aujourd'hui au sein du S&P 500.
14:07La tech qui, pareil, pas Amazon,
14:09mais certaines valeurs sont sur des plus hauts.
14:12Est-ce que cette concentration-là
14:13est de plus de nature à vous inquiéter pour la suite ?
14:15Oui, dans l'absolu, la concentration nous inquiète,
14:18mais d'une part, c'est oublier effectivement
14:19que tous les marchés, tous ces types de bullruns,
14:22effectivement, ont connu de la concentration.
14:24C'est le premier élément.
14:25Et puis surtout, on a le sentiment aujourd'hui
14:28que derrière ce mot technologique,
14:30on englobe en réalité une variété de secteurs
14:33qui est tout à fait différencié
14:34et de business tout à fait différencié.
14:36Si aujourd'hui, vous êtes porteur d'Amazon,
14:39vous n'avez pas la même position
14:40quand vous vous détenez du ASML,
14:42vous n'avez pas encore la même position
14:43quand vous vous détenez, que sais-je, du méta.
14:46Tout est effectivement secteur technologique,
14:48mais encore une fois, on ne parle pas des mêmes activités.
14:50Je vous répondrais totalement différemment
14:51si vous me disiez la dépendance au secteur automobile.
14:53Là, il y a beaucoup moins de disparités entre les acteurs.
14:55Sur la technologie, oui, ça nous inquiète.
14:57En tout cas, c'est quelque chose que l'on doit surveiller.
14:59Mais encore une fois, ce terme est bien trop vague,
15:01selon nous, effectivement,
15:02pour ne pas rentrer ensuite un peu dans le détail.
15:05Et puis en plus, il y a une grande agilité
15:06entre acteurs dans les hiérarchies tech.
15:08On a vu hier Oracle, d'un coup,
15:09en une séance, gagner 40%.
15:11Absolument.
15:12Kevin Lenouaille, merci.
15:14Directeur associé de Avant-Garde Familiers Office
15:16et désormais dans la bande de BFM Bourse.
15:18Merci de nous avoir accompagnés.
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