00:00Et cette image, on va l'adresser avec Christopher Demby, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet Asset Management.
00:07Merci d'être avec nous, Christopher. La donnée de la nuit, c'est ce chiffre en Chine.
00:12Alors, il n'y a plus d'inflation, mais au point même que vous avez une déflation qui est plus forte qu'anticipée,
00:18avec notamment des prix à la consommation qui ont reculé de 0,4%, Christopher, au mois d'août.
00:24Là, le consensus attendait à une baisse de 0,2%, assez dingue, alors qu'on parle à longueur de journée sur cette antenne d'inflation.
00:29La Chine, elle, qui n'a plus d'inflation.
00:32Complètement. Bonjour, Étienne. On est vraiment sur ce scénario.
00:35Alors, on a bien sûr les prix à la consommation qui sont problématiques,
00:39mais de mon point de vue, ce qui va être le plus problématique, ce sont vraiment les prix à la production.
00:44Vous avez une baisse sur le mois d'août, sur un an, de moins 2,9%.
00:48Qu'est-ce que ça veut nous dire de l'économie chinoise ?
00:51On a une économie chinoise qui, a priori, continue d'avoir des surcapacités.
00:56Elle était sortie de cette déflation juste après la Covid, parce que vous aviez eu un boom de la demande.
01:01Elle renoue avec ses travers d'antan, à savoir des surcapacités.
01:04Et le problème des surcapacités, c'est que vous avez des pans économiques entiers,
01:08y compris des pans innovants, je penserais aux semi-conducteurs,
01:11où vous avez des taux de rentabilité qui, en l'espace de 2, 3 ans, se sont vraiment effondrés.
01:15Et pour vous donner un ordre de grandeur, notamment sur les semi-conducteurs,
01:19on sait quand même que la Chine a un peu un temps d'avance par rapport à d'autres pays.
01:23Vous êtes sur une baisse du taux de rentabilité moyen de ces entreprises,
01:26qui était d'il y a 2, 3 ans, autour de 14% de rentabilité, ce qui était tout à fait honorable.
01:31Aujourd'hui, on se rapproche plus de 5 à 6% de rentabilité.
01:34Et ça, c'est justement une des conséquences de cette déflation que vous mentionnez.
01:38Bien sûr, la déflation chinoise, on l'a subie aussi en Europe indirectement.
01:43C'est moins problématique de notre côté, parce qu'on a des niveaux d'inflation autour de 2%.
01:47On sait que la BCE ne va pas bouger ses taux, donc ce n'est pas un vrai sujet.
01:51Mais en tout cas, pour la Chine, c'est effectivement un signal qui est très négatif.
01:55Même s'il y a un aspect qui est positif, c'est que la Chine relance son crédit.
01:58On voit bien dans les données du crédit.
02:00Mais avant qu'on arrive à sortir des surcapacités, je pense qu'il faudra attendre plusieurs années.
02:04Et c'est la réalité chinoise, malheureusement.
02:06La Banque centrale chinoise, justement, qui achète beaucoup d'or.
02:10Et on voit une nouvelle fois ce matin un nouveau record sur l'once d'or qui tutoie les 3 700 dollars.
02:15La performance en dollars frôle les 40% depuis le début de l'année, Christopher.
02:19L'or, je pense que c'est la seule matière première où on peut se risquer à faire des objectifs de prix sans trop se tromper.
02:27Pour être très clair, je pense que les 4 000 dollars l'once seront rapidement atteints.
02:32Moi, c'est un objectif que j'ai plutôt pour début 2026.
02:35À mon avis, il peut être atteint beaucoup plus rapidement.
02:38La réalité, vous l'avez mentionné, c'est qui achète de l'or aujourd'hui.
02:42Vous êtes sur un marché qui est contraint en termes d'offres.
02:44Donc, il y a peu d'offres.
02:45En revanche, une forte demande.
02:47Et cette forte demande, elle vient de la part des banques centrales.
02:49Vous avez bien sur la Chine, comme vous l'avez dit, qui en achète énormément.
02:53Alors, elle, c'est dans une stratégie de dédollarisation.
02:55En revanche, vous avez aussi tout un pan de banques centrales des pays émergents qui en achètent beaucoup.
03:02Elle, c'est plus dans une stratégie tout simplement comptable, purement comptable.
03:06Pour vous donner deux chiffres qui sont importants, en moyenne, les banques centrales des pays émergents ont à peu près 15 % de leur réserve en or.
03:13Elles souhaitent atteindre plutôt les niveaux des pays développés qui sont proches de 25 %.
03:17On en a beaucoup qui sont dans ce processus-là.
03:20Donc, ça veut dire que vous avez quand même une ligne directrice haussière pour l'or qui est assez claire.
03:25Et à très court terme, les tout petits mouvements qu'on a eus qui ont permis justement d'atteindre des records ces derniers jours,
03:30c'est lié au fait que vous avez eu beaucoup d'acheteurs institutionnels, des fonds spéculatifs qui ont acheté de l'argent au cours de l'été.
03:37Parce qu'on sait qu'il y a une corrélation, même s'il y a un décalage temporel, lorsque le cours de l'or augmente durablement, l'argent généralement se fuit.
03:44Et là, on a vu que ces acheteurs qui étaient présents sur l'argent,
03:46ils ont décidé de quitter ce marché, de revenir sur l'or.
03:50C'est donc ce qui explique vraiment la tendance haussière des quelques derniers jours avec les records qu'on a atteints sur l'or.
03:553 645 dollars ce matin pour ces 31 petits grammes d'or.
03:59Bon, par contre, il y a une matière première qui piétine.
04:02Alors, c'est une bonne nouvelle et une mauvaise nouvelle, ça dépend comment on voit l'échelose.
04:05C'est les cours du pétrole, avec notamment un baril de Brent qui tergiverse depuis trois mois à la porte des 70 dollars.
04:12La tendance, elle sera vraisemblablement baissière à court terme.
04:15On a eu, il y a deux jours de cela, l'OPEP+, qui a très clairement donné des lignes directrices.
04:22On va accroître la production au mois d'octobre, dès le 1er octobre.
04:25L'objectif est assez simple, c'est notamment porté par l'Arabie Saoudite.
04:29Ils savent très bien qu'ils ne peuvent pas avoir aujourd'hui des prix qui soient très élevés,
04:33à priori, tout simplement parce que vous avez une demande qui est faible, notamment de la Chine.
04:36En revanche, ce qu'ils vont essayer, c'est d'inonder le marché, vendant beaucoup plus de volume,
04:42essayer de gagner de l'argent sur ça.
04:43Alors, l'OPEP+, régulièrement, ont eu ce type de stratégie sur quelques mois.
04:48On sait que ça fonctionne plus ou moins bien.
04:50Mais effectivement, ils n'ont pas d'autre choix que de tenter d'accroître les volumes vendus à des prix au rabais,
04:55ce qui leur permettra éventuellement d'engranger un peu plus de bénéfices.
04:59Mais c'est une stratégie de court terme.
05:01Et surtout, effectivement, la baisse du prix du pétrole, elle est quand même assez bien ancrée.
05:06Elle devrait durer au moins une partie de l'année prochaine.
05:08Comme vous le disiez, c'est une bonne nouvelle, en tout cas, pour les consommateurs.
05:11En revanche, pour les pays exportateurs, on le voit, c'est compliqué.
05:15Et notamment, si on regarde Saudi Aramco, qui est coté en bourse,
05:18les conséquences, c'est un effondrement du cours de bourse de Saudi Aramco, par exemple.
05:2367 dollars ce matin pour un baril de Brent.
05:25Bon, puisque je suis avec vous, Christopher Dembic,
05:27nouveau rendez-vous sur BFM Business, on va vous retrouver tous les vendredis, désormais à 11h.
05:32Oui, exactement, pour la masterclass.
05:35Alors l'idée, c'est de continuer l'exemple que vous faites toutes déjà chez BFM
05:39et d'avoir une approche pédagogique,
05:42essayer d'expliquer, notamment avec quelques échanges avec des experts,
05:45expliquer un peu comment va évoluer l'épargne,
05:48d'inistifier un peu l'économie.
05:50Donc on va essayer de faire d'autres minutes.
05:51On a un très, très bon invité ce vendredi.
05:54On va y changer sur les marchés, sur bien sûr l'émission de la dette.
05:58Est-ce qu'il faut s'inquiéter sur la dette française qui est détenue par beaucoup d'épargnants ?
06:02A priori, ça nous permettra d'avoir quelques éléments.
06:05Et donc, ravi de rejoindre toute l'équipe.
06:07Et voilà, nouveau rendez-vous avec vous, donc, Christopher,
06:10chaque vendredi sur BFM Business à partir de 11h.
06:13Merci beaucoup, Christopher Dembig, de nous avoir accompagné ce matin,
06:16conseiller en stratégie d'investissement chez PICT Asset Management,
06:19pour faire donc un petit point sur les matières premières
06:21et surtout donc sur cette déflation qui s'accélère du côté de la Chine.
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