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  • il y a 4 mois
« Les Experts sans frontières », c’est le rendez-vous qui nous fait sortir de notre bulle. Chaque vendredi de 18h à 19h sur BFM Business, des experts étrangers installés en France analysent les grands débats de la semaine avec un œil neuf, détaché des prismes franco-français. Finances publiques, réformes, réarmement de l’Europe, choix politiques, international… Leur regard extérieur éclaire, questionne et parfois secoue. Un décryptage sans frontières pour mieux comprendre les grands enjeux du moment.

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00:00Femme Business présente
00:01Les Experts Sans Frontières
00:06Mathieu Jolivet
00:09Bonjour et bienvenue, très heureux de vous retrouver dans Les Experts Sans Frontières, ils sont autour de moi.
00:16Aujourd'hui, ils sont d'origine américaine, ils sont ukrainiens, roumains, espagnols.
00:21On sera même à Reykjavik, à Yaoundé au Cameroun.
00:24C'est leur regard extérieur qui nous intéresse pour analyser l'actualité.
00:27Avec eux, on va voir comment est-ce qu'en ce moment, la doctrine trumpiste est en train d'infuser aux Etats-Unis, mais aussi en Europe.
00:35On va aussi voir quelle place peut trouver l'Europe dans ce nouvel ordre mondial qui est en train de se dessiner sous nos yeux et qui ne nous attend pas.
00:42Et puis, à trois jours du vote de confiance qui devrait acter la chute de François Bayrou,
00:47on a décidé dans Les Experts Sans Frontières de donner la parole aux Français de l'étranger.
00:52On sera donc à Yaoundé au Cameroun, à Reykjavik en Islande.
00:54On verra quel regard ces Français de l'étranger portent sur la crise politique et budgétaire que traversent la France.
01:00Les Experts Sans Frontières, c'est parti.
01:02Mais avant, le journal avec Stéphanie Collot.
01:05BFM Business présente
01:08Les Experts Sans Frontières
01:13Mathieu Jolivet
01:16Ils sont autour de moi, nos Experts Sans Frontières.
01:21Romuald Skiora vient de nous retrouver, franco-américain, chercheur associé à l'IRIS,
01:25directeur de l'Observatoire politique et géostratégique des Etats-Unis,
01:28auteur de L'Amérique éclatée, aux éditions Armand Collin.
01:32Bonjour Romuald. Bonjour. Je crois que vous vivez à New York.
01:35Vous êtes de passage à Paris pour un colloque au ministère des Affaires étrangères.
01:37Exactement. Bienvenue parmi nous.
01:39Nous sommes aussi avec Violetta Moskalou, franco-ukrainienne, avec des origines roumaines aussi, je crois.
01:45Oui. Bienvenue parmi nous.
01:46Vous êtes présidente de Global Ukraine, professeur associé à l'Université de Lorraine.
01:50Et vous avez créé, vous nous en parlerez tout à l'heure, une fintech qui est très active,
01:54notamment auprès de la diaspora ukrainienne.
01:57Et puis, je ne vous le présente pas, Juan Rosé Dorado, correspondant en France pour la presse espagnole.
02:01Très heureux de vous retrouver avec nous.
02:03Buenas tardes.
02:05Aussi, bien sûr, Damien DeGeorge qui est avec nous, consultant français basé à Reykjavik.
02:10C'est un spécialiste des pays nordiques.
02:12On le retrouvera tout à l'heure. Il va nous parler des ingérences américaines au Groenland en ce moment.
02:19Bonjour, Damien. Bienvenue dans les Experts sans frontières.
02:22Bonjour.
02:23Pour se mettre dans l'audience, je voulais qu'on commence cette émission avec cette grande messe des conservateurs américains.
02:30Ils étaient réunis toute la semaine à Washington pendant trois jours, réunis par la fondation Edmund Burke.
02:35Une centaine d'intellectuels, il y avait des chefs d'entreprise, des politiques. Ils ont tous planché sur le trumpisme. Écoutez la bande-annonce des conservateurs.
02:44Les conservateurs sont en train de gagner la bataille des idées.
03:01Nous avons dépensé quoi ? 6 500 milliards de dollars dans des guerres sans fin ?
03:11Et au final, tout ça pour presque rien !
03:14Cette crise à la frontière est la plus grande vulnérabilité sécuritaire que ce pays n'ait jamais connue.
03:22– Romuald, vous êtes un observateur assidu de la société américaine.
03:26Vous êtes franco-américain, vous vivez à New York.
03:29Là, on entendait dans cette bande-annonce des conservateurs le vice-président J.D. Evans dire
03:34en galvanisant ses troupes, nous avons remporté la bataille des idées.
03:38Est-ce qu'au sein de la société américaine, c'est vrai ?
03:41– Oui, en partie, en grande partie, c'est vrai.
03:44Il faut avoir toujours en tête que nous parlons beaucoup trop de Donald Trump depuis le 20 janvier.
03:50À la différence de 2017, ce n'est pas un homme seul, isolé, sans colonne politique vertébrale,
03:56qui a accédé à la Maison-Blanche. C'est un homme très entouré.
03:58Entouré des membres issus de cette droite ultra, de cette extrême droite,
04:04qui porte véritablement bien son nom aux États-Unis, qui a accédé avec lui au pouvoir.
04:09Et les figures principales de cette ultra-droite sont bien évidemment J.D. Evans, le vice-président,
04:14mais aussi Suzy Wills, la secrétaire générale de la Maison-Blanche, le bras droit de Trump,
04:20est l'instigatrice de la contre-révolution culturelle, donc de cette guerre des idées dont nous parlons,
04:25en Floride, avec le fameux gouverneur de Floride, Ron De Santis.
04:29Donc oui, la bataille des idées est en partie gagnée.
04:32Les Américains, qu'ils soient républicains modérés, nation maga,
04:37ou même une partie du centre, des démocrates, la droite du parti démocrate,
04:43adhèrent, si ce n'est en totalité en tout cas, à une partie de la rhétorique conservatrice
04:49que l'on entend de plus en plus à travers les médias américains.
04:52Et Romuald, ce qu'il y aura pour bien comprendre ce qui est en train de se passer aux États-Unis
04:56et pour essayer de décoder si tant bien on fuisse les décisions ou les allers-retours de Donald Trump,
05:04là je parle sur la scène intérieure là-bas, il est crucial d'avoir en tête l'agenda de Donald Trump
05:10avec en ligne de mire ce qui va se passer le 4 juillet prochain aux États-Unis.
05:14Oui écoutez, le 2026 est une grande année pour Donald Trump et pour les États-Unis.
05:19Une année inquiétante également.
05:21Il faut bien avoir à l'esprit également que cette administration,
05:26Donald Trump le premier, ont un agenda très précis.
05:30Ils l'ont pour l'international, on en parlera sans doute ensuite,
05:32mais aussi pour l'intérieur, qui pourrait se résumer en deux objectifs.
05:361. Faire des États-Unis un pays semi-autoritaire sur le modèle de Viktor Orban,
05:45et on y est déjà, plus si c'est possible,
05:48et mener cette contre-révolution woke,
05:51cette contre-révolution ultra-conservatrice
05:54qui elle effectivement regroupe des tendances diverses,
05:57que ce soit différents mouvements ultra-religieux.
06:00Et je vous parlais du 4 juillet parce que le 4 juillet, c'est…
06:04Le 250e anniversaire des États-Unis.
06:06Et donc dans toutes ces petites convergences des luttes réactionnaires,
06:09les ultra-religieux dont je parlais, la droite morale, etc.,
06:13il y a les révisionnistes,
06:15et Trump est là, en l'occurrence, le leader du révisionnisme
06:19puisqu'il est celui qui veut absolument que pour le 250e anniversaire des États-Unis,
06:25dont les célébrations ont commencé en avril avec le fameux défilé militaire
06:31pour les 250 ans de l'armée américaine,
06:34réécrire l'histoire…
06:36Qui a été d'ailleurs assez critiqué au sein même des États-Unis,
06:39par des vétérans qui disaient que ce n'était pas dans la culture américaine
06:44de se mettre en avant comme ça.
06:46Le défilé n'était quand même pas très bon, ça a coûté beaucoup.
06:49Mais bref, l'objectif de Donald Trump est effectivement
06:52de proposer une autre vision de l'histoire américaine,
06:55et cela donc à travers réécriture des manuels scolaires,
06:58attaque contre les musées, c'est pour ça que l'on parle de révisionnisme.
07:02C'est ça, et il y a toute une machine qui se met en branle autour de lui.
07:05Je découvre par exemple qu'il y a un jeune
07:08qu'il a nommé, je crois, directeur exécutif d'une commission
07:11qui s'appelle America 250, un jeune de 25 ans,
07:16un ancien producteur de Fox News qui s'appelle Ariel Abergel,
07:21et lui en fait son job c'est de travailler sur la narration patriotique.
07:26Tout à fait.
07:27Donc là on a l'impression d'être à Hollywood
07:30où on est en train de préparer un grand show,
07:33c'est l'entertainment pour les 250 ans
07:36de la déclaration d'indépendance au service de Donald Trump.
07:40On appelle ça American 250 Project, le projet America 250.
07:44Et effectivement, comme je le disais, cela concerne bien évidemment les écoles,
07:49les musées, le cinéma, la télévision, etc.
07:52Et l'objectif est, comme le dit Donald Trump,
07:55de mettre enfin en avant les grands moments glorieux de l'Amérique.
07:58Et il y en a eu et c'est bien de les mettre en avant,
08:00mais aussi de passer sous silence les zones d'ombre,
08:04et elles sont nombreuses, qui selon Donald Trump font tâche sur le tableau.
08:09Il veut par exemple qu'on arrête de trop mettre en avant le génocide amérindien,
08:13l'esclavage.
08:14Et pour conclure, je prendrai juste une de ses formules,
08:17il y en a quand même assez d'entendre dire que tout était affreux dans l'esclavage.
08:21Verbatim, Donald Trump.
08:22C'est dingue ça.
08:23Donc en fait, on gomme vraiment tout ce qui peut fâcher dans l'histoire,
08:26tout ce qui peut faire une tâche d'ombre lors de ces cérémonies patriotiques.
08:30J'aimerais bien qu'on puisse voir aussi un décret qui illustre tout ce que vous nous racontez,
08:34Romuald Skiora.
08:35C'était un décret qui était signé en mars dernier.
08:38Je le cite, c'est noir sur blanc, un décret de la Maison Blanche,
08:41signé de la main de Donald Trump,
08:43pour restaurer la vérité dans l'histoire américaine.
08:48Ça Violetta, je voulais avoir quand même,
08:50avec vos lunettes de franco-ukrainiennes et vos lunettes européennes,
08:55quand on voit cette mise en place d'un narratif patriotique,
09:00qu'est-ce que ça vous inspire d'ici ?
09:02Je pense que nous sommes vraiment en pleine crise,
09:06parce que ces logiques prédatrices, en fait,
09:08qui sont sous-jacentes par rapport à ces narratifs patriotiques,
09:13sont malheureusement très similaires,
09:16qu'on parle de Washington ou qu'on parle de Moscou ou qu'on parle de Pékin
09:19ou d'autres régimes ou États un peu autoritaires,
09:24qui, malheureusement, ont une approche très prédatrice et très menaçante
09:28pour les démocraties qui sont assez fragiles.
09:30Et donc moi, quand j'entends parler de tous ces narratifs
09:33américains ou russes ou autres,
09:36j'ai envie de poser la question, où sont non narratifs en nous, en fait, européens ?
09:40Parce qu'on a l'impression qu'on pêche, en fait, par trop de timidité.
09:45L'Europe, je pense qu'il faut quand même poser les chiffres sur la table.
09:48C'est 20% de l'économie mondiale et on se comporte comme si on ne faisait que 2%.
09:53Et à l'inverse ?
09:55Les Russes, à l'inverse, 2% de PIB mondial, mais moins en dessous,
10:00ils se comportent comme s'ils avaient 20% et que c'était…
10:03On est encore au temps de la guerre froide,
10:05où tu as la Russie d'un côté et les États-Unis de l'autre côté.
10:09Donc, malheureusement, c'est un temps d'électrochoc.
10:12Et en fait, bon, du point de vue du management, dès qu'on parle de crise,
10:15c'est une opportunité pour se réinventer, pour rebooster, pour se mobiliser.
10:20On n'a pas dit le dernier mot, je pense, mais il faut quand même qu'on s'interroge très sérieusement.
10:27Surtout dans ce narratif patriotique, on voit bien que cette manipulation du passé,
10:31comme celle-là qui est pratiquée en ce moment par Poutine, par Donald Trump,
10:36c'est des choses qui peuvent avoir des conséquences directes,
10:40concrètes sur la réalité des conflits.
10:42C'est quelque chose qui peut même…
10:44Alors, je ne sais pas si en Russie, ça galvanise les troupes,
10:46si ça trouve un écho en Russie, ce récit…
10:49Oui, excusez-moi l'expression, ils sont complètement zombifiés par la propagande médiatique
10:54que le Kremlin disent-ils depuis l'arrivée de Poutine au pouvoir, en fait, depuis 2000.
11:00Il va oser dire…
11:01Je ne sais pas mettre en question la légitimité du président ukrainien, Vladimir Zelensky, par exemple,
11:05pour dire oui, son mandat est arrivé à la fin, il faudrait qu'il y ait quelqu'un d'autre.
11:09Sauf qu'aujourd'hui, permettez-moi de rappeler qu'il y a toute une génération des Russes aujourd'hui
11:14qui n'ont jamais vu un autre président, en fait, parce qu'il est là depuis 25 ans.
11:18La petite parenthèse de Medvedev, Premier ministre, ils ont fait un jeu de chasse musicale, ça ne comptait pas.
11:23Donc, effectivement, c'est très, très inquiétant.
11:26Et encore une fois, on n'a pas le choix, parce que je ne peux pas imaginer le 21ème siècle
11:30avec les régimes autoritaristes qui gagnent, en fait, et qu'on vive sur un temps de terreur et qu'on a peur…
11:37Et ça, on sent qu'il y a des empires qui sont en train de se construire avec des ressorts qui sont les mêmes un peu partout dans le monde.
11:43Que ce soit l'Europe qui empoisonne des gens en Europe ou en Grande-Bretagne et autres,
11:48ou que ce soit les Américains qui se permettent des commentaires,
11:52Elon Musk, j'ai dévance pour ne pas les nommer,
11:54qui voient qu'ils sont énervés parce qu'en Europe, il y a un minimum de régulation
11:58et qu'ils ne peuvent pas faire ce qu'ils veulent avec leurs plateformes technologiques et autres.
12:02C'est quand même super.
12:03On reviendra d'ailleurs sur ces volontés belliqueuses ou d'ingérence américaine dans le monde un petit peu plus tard.
12:11J'aimerais vous montrer un autre décret que j'ai trouvé assez hallucinant aussi,
12:15parce que celui-là, il a été signé il y a seulement quelques jours,
12:18c'était fin août, par Donald Trump.
12:20Regardez, c'est un décret signé qui est de la Maison-Blanche
12:25pour dire qu'il faut rendre l'architecture belle.
12:30« Making federal architecture beautiful again »
12:34Romuald.
12:35C'est quelque chose qui a été commenté aux États-Unis ?
12:37Oui, mais je vais vous surprendre.
12:40Le président, pour une fois, n'a pas totalement tort.
12:43C'est-à-dire…
12:44Alors évidemment, il y a le côté Trump, de l'or partout.
12:48Vous savez, il veut rénover la Maison-Blanche, un grand salon tout doré,
12:51un style casino années 70.
12:54Donc, il y a du mauvais goût, évidemment.
12:57Le débat n'est pas de savoir si on est plus Le Corbusier ou Garcia.
13:01Mais néanmoins, l'objectif est quand même d'arrêter de bâtir…
13:06Vous savez qu'il n'y a vraiment aucune harmonie dans l'architecture.
13:08Baladez-vous dans certains quartiers de New York,
13:10vous avez un building ultra-moderne à côté d'une maison…
13:13Enfin bref, on a détruit des gares magnifiques
13:16comme la fameuse gare centrale de New York, Penn Station, etc.
13:19Donc, ce que souhaiterait l'administration, c'est qu'il y ait à chaque fois une étude,
13:24lorsque l'on construit un nouveau monument, un nouveau building,
13:27que celui-ci soit plus accordé à l'espace qui l'entoure.
13:33Donc, je dirais que ce décret est un peu évidemment théâtral toujours,
13:37il l'a signé avec, etc.
13:39Mais il y a quand même dans le fond l'ambition
13:42de mettre un peu plus de cohérence dans les approches architecturales aux États-Unis.
13:46D'accord, je comprends mieux.
13:48Juan Rosé, qu'est-ce que ça vous inspire, vous,
13:51tous ces récits, tous ces rôles des récits dans les constructions nationales en ce moment,
13:58qu'on voit surtout aux États-Unis et en Russie aussi ?
14:01Le cas des États-Unis, on le connaissait depuis longtemps
14:03puisque Donald Trump avait déjà annoncé la couleur de son premier mandat.
14:07Donc, tout simplement, comme vous l'avez dit cette fois-ci,
14:09à son deuxième mandat, il n'est pas tout seul
14:11comme il l'était au début de son premier mandat.
14:13Donc, on savait à quoi s'attendre, d'ailleurs, lors de la campagne.
14:17Il l'a annoncé, il l'a dit.
14:19Donc, on n'est pas surpris.
14:20Par contre, effectivement, là où je veux en venir,
14:23vous avez parlé effectivement des Verts des États-Unis,
14:26une espèce de pays semi-autoritaire à l'estile de l'Hongrie d'Urban.
14:32Mais c'est vrai que quand vous regardez quels sont ses grands rivaux aujourd'hui,
14:35c'est notamment la Chine.
14:37Il a plutôt la Chine comme exemple.
14:40Il veut une Amérique forte.
14:41Il sait que pour avoir une Amérique forte,
14:43la démocratie, il n'en a rien à faire.
14:45Je crois qu'il n'en a jamais eu à faire de la démocratie.
14:47Et donc, pour les Européens, vous disiez, on est timide, on est naïf.
14:52On est extrêmement naïf.
14:53On croit toujours que la vérité est de notre côté.
14:56On croit toujours que la démocratie va gagner.
14:58Peut-être, mais face à Xi Jinping, face à Poutine, face à Donald Trump,
15:03l'Europe, effectivement, elle pèse énormément dans l'économie mondiale.
15:08Mais la réalité est que politiquement, on est des nains à côté de ces trois pays.
15:12C'est ça, avec cet appel à l'électrochoc,
15:14qui pour l'instant est un véritable coup d'épée dans l'eau.
15:17J'aimerais qu'on profite aussi d'avoir la présence de Romuald,
15:20qui est de passage en France,
15:21pour comprendre quel est le profil de cet électorat trumpiste.
15:27On sait que parmi ces électeurs trumpistes, il y a tous ceux qu'on appelle les techno-libertariens.
15:33Alors, on connaît un peu Elon Musk, ici en France,
15:36où certains ont entendu parler de Peter Thiel.
15:39Je dis ça parce que lors de cette grande messe des conservateurs
15:42qui était cette semaine à Washington,
15:44il y avait beaucoup de conférences qui étaient consacrées à la technologie, à l'IA,
15:48avec des anciens de Palantir.
15:50Palantir, qui est un mastodonte de la tech,
15:54qui travaille pour la NSA, pour la CIA,
15:56qui est fondée par Peter Thiel, qui a fait des études de philosophie,
15:59qui est un gourou de la Silicon Valley.
16:01C'est une star de la tech.
16:02J'aimerais qu'on écoute Peter Thiel.
16:04C'était en 2012, depuis le campus de Stanford.
16:07Il nous donne un peu sa vision du pouvoir et du rôle d'un État, selon lui.
16:13J'ai grandi dans les années 70 et 80, à une époque où planait le spectre du communisme, du totalitarisme.
16:24Et d'une certaine manière, le libertarisme était à l'opposé de l'État totalitaire.
16:28Il s'agissait donc de relever le défi du totalitarisme et de défendre l'idée qu'il fallait réduire le pouvoir
16:38parce que le pouvoir corrompt et le pouvoir absolu corrompt tout.
16:43Violletta, qu'est-ce que ça vous inspire ?
16:46Parce que ce que nous dit Peter Thiel, là, finalement,
16:49ça illustre toute une partie de l'électorat de Trump hyper technophile
16:53qui rêve d'un monde qui serait gouverné par un État digital
16:57et où les citoyens seraient libérés des chaînes démocratiques.
17:02Ils n'aiment pas les démocraties telles qu'on l'a connues jusqu'à aujourd'hui.
17:05Aucune régulation, aucun impôt, État digital.
17:09Vous qui avez une âme de chercheuse et d'entrepreneuse.
17:11Les nouvelles technologies peuvent être effectivement source de développement
17:15mais pas sans aucune régulation, ça c'est sûr,
17:18parce qu'on se retrouve dans des situations où, comme aujourd'hui, des réseaux sociaux,
17:22parce qu'on cherche de montrer des chiffres gonflés de moins à autre pour la bourse
17:28et pour montrer qu'il y a une croissance, par exemple.
17:30Du coup, on tolère, par exemple, tous les trolls sur les réseaux sociaux
17:33et ça crée tout un tas de problématiques aujourd'hui extrêmement graves, en fait.
17:38Donc, de miner la confiance et on voit que ce scepticisme qui gagne nos sociétés
17:44est en train de détruire, en fait, les fondamentaux de notre modèle démocratique.
17:49Donc, c'est sûr.
17:50Moi, il y a autre chose aussi qui m'interpelle quand on les voit, comme ça,
17:53vouloir quelque chose sans loi, en fait.
17:57De facto, ce sont ces gourous de la tech qui feraient la loi et la foi.
18:01Et la foi, ça me dérange la conflictualité qui est là aussi, derrière cette logique prédatrice.
18:08Et je me demande, est-ce que le manque de parité dans ces sociétés et dans ces entreprises technologiques
18:16n'est pas aussi une problématique, en fait ?
18:19Parce qu'on a aujourd'hui des recherches qui montrent que les sociétés avec plus de parité
18:24du point de vue des organes de prise de décision, gouvernance, qu'il s'agisse de l'administration publique
18:30ou bien dans les sociétés de la tech et autres, la parité diminue la conflictualité
18:36parce qu'on a un peu plus de chances qu'on aille chercher des compromis,
18:40qu'on soit un peu plus sur la coopération, collaboration.
18:42Et à mon avis, j'arrête là, il y a eu une grande avancée pour la cause féminine, en fait,
18:49après la Deuxième Guerre mondiale, parce qu'au final, on a vu le droit de vote
18:54qui a été adopté dans certains pays, même très tard, en fait,
18:58les années 45, je pense en France, 73, carrément en Suisse.
19:01Et maintenant, il me semble qu'au XXIe siècle, à un moment donné,
19:05il faudra aussi s'interroger sur cette parité qui est vraiment un maillon faible,
19:09est-ce qu'il faut qu'on y avance de façon normative ?
19:15Parce qu'il ne se fait pas tout seul.
19:17Mais cette conflictualité, cette logique prédatrice,
19:19ce sont des éléments de destruction et qui minent vraiment nos systèmes,
19:24nos modèles démocratiques.
19:25Et derrière ces technolibétariens où, effectivement,
19:27il y a peut-être un problème paritaire que vous évoquez là,
19:31ils font aussi le chantre du pouvoir vertical, quoi.
19:36pouvoir absolu au digital et on ne va avec un monopole,
19:40un monopole tech et en dessous tout le monde aux ordres.
19:43Est-ce que ce courant technolibétarien, c'est un courant qui prend de l'ampleur
19:47ou il reste marginal aux États-Unis, Romuald ?
19:49Oui, ce courant prend beaucoup d'ampleur.
19:52Et je me permettrai de rebondir sur deux choses qui ont été dites et très justes
19:56quand vous dites que la situation est inquiétante.
19:59Je ne suis pas certain que la démocratie libérale gagne la bataille.
20:05Nous sommes dans une fin de cycle.
20:08Et comme vous le savez, même en Occident, l'idée de démocratie
20:11ne parle plus vraiment aux jeunes générations.
20:13Je ne parle pas d'autres pays à travers le monde qui sont de plus en plus séduits
20:16par les modernes alternatifs russes et chinois.
20:20Et ça rejoint donc justement votre question
20:22et également ce que vous disiez à propos de la parité.
20:24Effectivement, les géants de la tech se contrefichent aujourd'hui
20:28de l'idée de démocratie.
20:30Un petit peu comme cette ultra-droite qui est arrivée au pouvoir
20:32et qui entoure le président.
20:35Essentiellement G.D. Vance, le premier qui fait fi de la démocratie.
20:39Il a été très clair dans plusieurs articles qu'il a écrits auparavant.
20:42Bref, pour ces géants de la tech,
20:44oui, verticalité, dérégulation à tout prix et liberté.
20:51C'est l'esprit du libertarisme.
20:53Quand on parle des libertariens américains,
20:55on ne sait pas trop en France de quoi il s'agit.
20:57Mais c'est vraiment une dérégulation générale
21:00de tout ce qui fait le vivre ensemble,
21:04de tout ce qui permet à une société de se construire,
21:07d'avoir une colonne vertébrale.
21:09Et donc, c'est effectivement très dangereux
21:11car on est dans la verticalité
21:13et donc le boss agit en autocrate.
21:17Et je me permets juste de revenir sur ce que vous disiez
21:19à propos de la parité.
21:20Et c'est très juste.
21:21On est dans un pays aux États-Unis
21:23où la parité est également en grand danger.
21:25Rappelez-vous, enfin vous savez ce qui arrive aujourd'hui
21:27de plus en plus, la situation des femmes.
21:29Ce que le secrétaire à la Défense lui-même a publié
21:31en disant, oui, ça pourrait être quand même pas mal
21:33que les femmes restent à la maison.
21:34Et les géants de la tech entretiennent ce masculinisme.
21:38Il y a un masculinisme rampant aux États-Unis
21:40qui est de plus en plus fort.
21:42On va marquer une courte pause.
21:43Vous parliez tout à l'heure, Romuald Skiora,
21:45de cette convergence finalement des forces réactionnaires
21:48un peu dans le monde.
21:49On va marquer une courte pause
21:50et on verra après comment est-ce que cette doctrine trumpiste
21:52est en train d'infuser un peu partout en Europe.
21:55On va voir ça avec nos experts sans frontières
21:56juste après une courte pause.
21:58FM Business présente
22:04Les experts sans frontières
22:06Mathieu Jolivet
22:08Bienvenue si vous nous retrouvez dans les experts sans frontières.
22:12Autour de moi, Romuald Skiora, chercheur franco-américain
22:14associé à l'IRIS,
22:16la Moskalu franco-ukrainienne présidente de Global Ukraine.
22:19Et puis, Juan Rosé Dorado correspondant en France pour la presse espagnole.
22:23Et enfin, depuis Reykjavik, Damien De Georges,
22:25consultant basé en Islande, spécialiste des pays nordiques.
22:29J'aimerais qu'on voit ensemble comment le trumpisme
22:31est en train d'infuser en Europe.
22:33Pour ça, je vous propose de remonter en mai dernier
22:35quand vous aviez deux candidats à la présidentielle,
22:38Georges Simion pour la Roumanie et Karol Navroki pour la Pologne.
22:42Ils faisaient meeting commun en Pologne.
22:45C'était en mai dernier.
22:47Regardez ça.
22:49Nous nous opposons à l'immigration illégale.
22:53Nous nous opposons au sentiment anti-américain en Europe.
22:58Donald Trump n'est pas simplement un homme.
23:06Il est le symbole de la liberté qui doit couvrir l'ensemble du monde.
23:12Donald Trump n'est pas simplement un homme.
23:18Il est le symbole de la liberté qui doit couvrir l'ensemble du monde.
23:22Le monde libre.
23:24Voilà, donc là nous sommes en Pologne en mai dernier.
23:27Vous voyez les candidats qui font leur campagne avec le label Donald Trump
23:32qui galvanise les gens venus les écouter.
23:35En Europe de l'Est, le trumpisme a un écho véritable, Violetta.
23:40Je crois même que la Hongrie est une tête de pont des idées ou de la doctrine Trump en Europe.
23:48Malheureusement, effectivement, on voit que cette tendance vers l'autoritarisme
23:53et donc tout ce qui est nourri par l'image même de Donald Trump,
23:56on peut se souvenir qu'il n'a pas vraiment les grandes vertus démocratiques en janvier 2020.
24:02Il ne voulait pas rendre les clés du capital.
24:04Donc on a vu qu'on a frôlé de peu le pire en fait.
24:09Et effectivement, on voit cette tendance et ça c'est super inquiétant.
24:13La Roumanie où il y a eu des élections qui ont été annulées
24:16parce qu'il y a eu des ingérences et des falsifications massives
24:19en utilisant les réseaux sociaux, le TikTok notamment,
24:22où une personne qui était absolument inconnue par le grand public en l'espace de trois mois
24:25est devenue candidat favori pour des élections présidentielles et tout.
24:29Donc ça, je pense que ça nous amène, on est forcé de poser sur la table
24:33la question de la régulation des réseaux sociaux.
24:35Et moi, j'ai envie d'amener juste un petit exemple.
24:37Moi, dans la FinTech, le régulateur m'impose de faire une vérification
24:41de la personne qui veut commencer à utiliser des services financiers
24:45et comme ça d'être sûr qui est en face
24:48et qu'est-ce qui va faire la personne avec ses ressources financières.
24:51Et je ne comprends pas pourquoi maintenant,
24:53quand l'information et les réseaux sociaux sont devenus maintenant un bien public
24:57qui est une arme qui peut détruire en fait, qui est vraiment utilisée
25:01de façon très dangereuse par autant de...
25:03Pourquoi on ne peut pas imaginer que sur les réseaux sociaux,
25:06on ait une identification et qu'il y a un compte qui correspond à une personne
25:10et qu'il y a une responsabilité pour les propos qui sont portés.
25:13Et là, par exemple, quelqu'un comme Elon Musk...
25:16Pour éviter les armées de troll et les tentatives de déstabilisation...
25:19Il peut quand même continuer à faire après ses propos et tout,
25:22sauf qu'il va payer très vite le prix.
25:24Parce que quand il a vu les ventes chuter énormément de sa Tesla en Europe,
25:28quand il était parti comme une torpède en fait,
25:32avec ses commentaires qu'il faisait par rapport à...
25:35pour qu'il voulait soutenir en fait les courants très extrêmes droite en fait,
25:39en Allemagne et tout,
25:41ça l'a vite remis à sa place en fait.
25:43Donc il y a une responsabilité, je pense qu'il faut quand même qu'on soit...
25:46On a été les premiers au niveau de la Commission Européenne
25:48d'avoir imposé le GDPR en fait,
25:50donc la régulation par rapport au traitement des données personnelles et tout,
25:54et ensuite ça a été repris par d'autres pays effectivement.
25:57Donc je pense qu'on doit être aussi pionnier,
25:59il ne faut pas avoir peur...
26:00Vous avez raison de dire que les réseaux sociaux et le digital
26:03est une arme puissante notamment pour les tentatives de déstabilisation,
26:06ce qui nous amène aussi peut-être à Reykjavik
26:09où nous attend Damien De Georges
26:11qui est un consultant français basé en Islande.
26:14Vous êtes aussi un spécialiste des pays nordiques.
26:16On voulait faire un point avec vous sur cette histoire
26:18qui a eu un écho international assez fort
26:21où on s'est rendu compte c'était une enquête choc
26:24d'un média néerlandais, RD,
26:27où on voit trois agents, à priori infiltrés,
26:31américains, en train d'essayer de s'activer
26:34pour faire émerger un mouvement sécessionniste au Groenland
26:38de manière à ce que le Groenland puisse demain
26:41s'arrimer aux États-Unis.
26:44Cette histoire est complètement dingue.
26:46Où est-ce qu'on en est encore aujourd'hui ?
26:48Comment est-ce que c'est commenté dans les pays nordiques ?
26:51Alors c'est un reportage de la télévision publique danoise DR.
26:55Et donc effectivement ça a fait beaucoup de bruit au Danemark,
27:00au Groenland et au-delà.
27:02Le Groenland c'est 56 000 habitants.
27:05Donc c'est un territoire avec une élite en nombre très faible
27:09qui est donc facilement influençable.
27:13Et c'est tout l'enjeu de l'avenir du Groenland.
27:16Et le Groenland aussi est un endroit géostratégique majeur
27:20sur le plan économique dont les ressources,
27:23dont les sous-sols regorgent de ressources
27:26qui aujourd'hui sont convoitées par le monde entier,
27:29notamment pour accompagner les transitions énergétiques,
27:32les batteries, etc.
27:33Ça, il y a les matériaux dont on a besoin pour ces transitions
27:36dans les sous-sols groenlandais.
27:38Le Groenland a tout pour attirer n'importe quelle puissance.
27:41Et demain on parlera aussi des réserves d'eau douce du Groenland accessoirement.
27:45Le Groenland, c'est un territoire grand comme quatre fois la France
27:49qui voulait voguer vers l'indépendance.
27:51Et puis finalement Donald Trump l'a rattrapé
27:55en lui montrant finalement qu'est-ce que ce serait d'être indépendant.
27:58Donc du coup là on n'en entend plus parler.
28:01Au contraire on est en train d'entendre parler plus d'un rapprochement
28:04avec l'Union Européenne.
28:06Ça rappelle l'époque où Poutine a envahi l'Ukraine
28:09et où la Suède et la Finlande se sont tournés vers l'OTAN.
28:13La France d'ailleurs ne veut pas laisser ce terrain libre aux Américains.
28:17Jean-Noël Barros s'est empressé, notre ministre des Affaires étrangères,
28:20de faire un déplacement au Groenland.
28:22C'était le week-end dernier, écoutez-le.
28:25Le Groenland n'est pas à prendre.
28:30Le Groenland n'est pas à vendre.
28:32Et comme l'ont rappelé les autorités danoises et groenlandaises,
28:36les manœuvres récentes sont inacceptables et irrespectueuses.
28:40On ne construit pas la grandeur d'une nation
28:43sur la servitude de ses voisins et de ses alliés.
28:47Ni sur la projection d'une domination continentale ou hémisphérique.
28:51C'est une voie sans issue.
28:53Ni en Europe, ni ailleurs.
28:57Ni en Arctique, ni ailleurs.
28:59La force doit l'emporter sur le droit.
29:02Voilà, la force ne doit pas l'emporter sur le droit.
29:05Quand vous entendez ça, Juan Rosé Dorado,
29:08finalement tout à l'heure on parlait d'une Europe qui était un peu naïve.
29:11Mais est-ce qu'il n'y a pas une forme de naïveté à plaider ça face à Trump ?
29:17Mais restons naïfs quand même un tout petit peu.
29:20Puisqu'on est Européens et on n'est pas Américains, ni Chinois, ni Russes.
29:24Mais c'est vrai que ce déplacement et d'autres qui vont venir,
29:28d'autres leaders européens sont importants parce qu'effectivement, comme vous l'avez dit,
29:31ça va rapprocher effectivement le Groenland de l'Union Européenne
29:35et ça va rapprocher aussi le Groenland de son pays d'adoption, le Danemark.
29:39Parce qu'effectivement, peut-être que le Groenland avait à un moment donné
29:43ce sentiment d'être abandonné ou isolé par rapport à d'autres territoires,
29:48la démarche américaine va se rapprocher de nous.
29:53Un signal de plus que l'Europe doit se montrer un petit peu soudée
29:57quand les autres se posent un peu moins de questions surtout.
30:00Voilà, parce que ce n'est pas le premier exemple.
30:02L'ingérence américaine est historique, d'abord en Amérique latine,
30:05maintenant elle arrive en Europe.
30:08Mais rappelons-nous tout simplement que c'est la même chose
30:10qu'a fait l'Union soviétique à l'époque.
30:13Aujourd'hui, la Russie, pas plus loin que 2017
30:17où ils avaient prêté main forte aux indépendantistes catalans
30:20pour organiser la sécession de la Catalogne de l'Espagne.
30:23L'ingérence américaine en Amérique du Sud, vous faites bien d'en parler.
30:26Il y a les tensions qui sont en train de monter d'un cran en ce moment
30:30entre les États-Unis et le Venezuela,
30:32qui est une véritable bête noire pour les Américains.
30:35Une force navale américaine qui s'approche des côtes vénézuéliennes.
30:39Écoutez, c'était le 1er septembre, le président vénézuélien,
30:42Nicolas Maduro, qui met en garde Donald Trump.
30:46Donald Trump, faites attention.
30:55Marco Rubio veut salir vos mains de sang avec du sang sud-américain.
31:01Il veut vous entraîner dans un pain de sang
31:03et que votre nom, Trump, soit marqué de sang pour des siècles et des siècles.
31:08Et que son appel, Trump, se mange de sang pour des siècles.
31:13Bon, je rappelle qu'au lendemain de cette menace,
31:16Donald Trump a fait savoir sur Trousse Social qu'ils avaient désingué une embarcation vénézuélienne
31:20avec 11 morts en disant que c'était 11 narcotrafiquants,
31:24que Nicolas Maduro, ils ont mis 50 millions de dollars pour qui le capturerait.
31:30C'est du jamais vu dans l'histoire au niveau d'un chef d'État.
31:35Romuald Skiora, là, on sent que l'étau est en train de se resserrer sur le Venezuela,
31:41qui est au-delà de l'historique, le passé, du chavisme, etc.
31:45On sent que Donald Trump, là, ne veut plus perdre de temps
31:48pour essayer de remettre dans le giron américain
31:51une terre qui a des ressources pétrolières monumentales.
31:55Tout à fait. Et je reviens brièvement sur le Groenland.
31:58Oui.
31:59Ces deux ingérences sont très différentes.
32:01Le Groenland nous a fait rentrer dans une ère tout à fait nouvelle.
32:05C'est-à-dire, pour la première fois de leur histoire...
32:08Oui, je crois qu'on a un petit problème de micro, Romuald.
32:11Donc, je pense qu'on va régler tout de suite votre micro.
32:17On va régler ça, peut-être.
32:19Sur certains gérants sur Venezuela,
32:22est-ce que c'est quelque chose qui nous en dit long
32:27sur l'histoire aussi du chavisme et de l'anti-impérialisme
32:30qui s'est construit face aux Américains depuis des décennies maintenant ?
32:35C'est une réalité parce que ça a été...
32:37La basse-cour des États-Unis a toujours été l'Amérique latine.
32:40Il faut aller juste quelques années en arrière.
32:43On va se rappeler le Panama des Noriegas et l'intervention américaine.
32:47Donc, effectivement, là, aujourd'hui, c'est le Venezuela.
32:50C'est vrai que le Venezuela est un pays autoritaire ou une dictature.
32:54Vous allez l'appeler comme vous voulez.
32:56Ça dépend de quel côté vous êtes.
32:58Mais la réalité, c'est une réalité aussi économique
33:01et ce sont les ressources pétrolières qui sont énormes du côté du Venezuela.
33:05On sait aussi que les relations avec le Mexique et le Mexique sont assez compliquées
33:12par rapport, effectivement, à l'immigration à la frontière entre les deux pays.
33:15Mais Donald Trump a toujours besoin, même s'il a voulu sortir ses soldats du Moyen-Orient,
33:21il a toujours besoin d'avoir l'arme militaire quelque part.
33:24Aujourd'hui, c'est le Venezuela.
33:25Demain, ça sera certainement un autre pays.
33:27Mais c'est aussi une façon de tenir les Américains en haleine, en quelque sorte,
33:31parce qu'on est en état de guerre, entre guillemets.
33:34Allez, on va marquer une courte pause et ensuite, on verra avec vous, quand même,
33:38quelle place peut trouver l'Europe face à ces nouveaux empereurs qui s'affirment autour de nous.
33:43Et puis, j'aimerais bien avoir aussi votre regard sur la crise politique et budgétaire
33:48que traverse la France.
33:49On filera d'ailleurs à Yaoundé au Cameroun.
33:51On donnera la parole aux Français de l'étranger.
33:54A tout de suite.
33:55BFM Business présente
34:01Les Experts Sans Frontières
34:04Mathieu Joliet
34:07À trois jours du vote de confiance qui devrait acter, sauf miracle,
34:12la chute de François Béroux et de son gouvernement,
34:14on voulait dans Les Experts Sans Frontières donner la parole à ces Français de l'étranger
34:20pour savoir comment est-ce qu'eux regardaient, vivaient, si c'était un sujet ou pas pour eux,
34:24ce qui se passe aujourd'hui en métropole.
34:27On va retrouver tout de suite Olivier Lelousse qui est chef d'entreprise,
34:31conseiller des Français de l'étranger.
34:33Vous êtes installé, Olivier, depuis plus de vingt ans à Yaoundé, au Cameroun.
34:40J'ai regardé, c'est à 5068 kilomètres de Paris, à Vol d'Oiseau.
34:45Comment est-ce que vous, avec votre casquette de chef d'entreprise,
34:48vous avez travaillé depuis vingt ans dans les telcos, dans la cyber,
34:51comment, depuis le Cameroun, vous vivez cette crise politique et budgétaire ?
34:57Est-ce que c'est un sujet ?
35:00Pour être très honnête, effectivement, ce n'est pas vraiment un sujet.
35:06On vit ça un petit peu de loin.
35:09On est plus intéressé à l'image, en fait, que la France peut donner, en fait, vue de l'extérieur.
35:19Vous savez, ici au Cameroun, on a une relation très particulière avec la France.
35:24Et les Camerounais regardent avec énormément d'attention ce qui se passe.
35:31Et tous les ans, par exemple, personne ne le sait, mais on a une croix de Lorraine.
35:37Et tous les ans, on fête, en fait, le départ de la colonne Leclerc depuis le Cameroun.
35:45Vous voyez, donc, cette relation est très, très forte.
35:48Et nous, ce qui nous fait un petit peu peur et ce qui nous inquiète,
35:52c'est quelle est l'image que la France donne de cette grande démocratie,
35:56de cette grande puissance aux amis Camerounais ?
36:02Olivier Leloust, avec votre autre casquette que vous avez,
36:05qui est celle des conseillers des Français de l'étranger,
36:08là, pour le coup, le sujet d'une éventuelle crise budgétaire,
36:13si on devait aller dans la durée, dans une crise politique,
36:17avec un emballement de la dette, etc.
36:19Ça, c'est quelque chose que vous surveillez quand même,
36:23qui peut impacter des projets pour les Français de l'étranger.
36:28Ah oui, oui. Alors là, c'est effectivement, on change de casquette.
36:32Je me suis engagé pour me soucier du quotidien des Français de l'étranger
36:37depuis quelques années, ici au Cameroun.
36:42La France, en fait, aide nos compatriotes en difficulté,
36:46que ce soit au niveau des allocations sociales,
36:50au niveau des bourses scolaires.
36:53Et donc, effectivement, on est très, très inquiet de savoir
36:56si tous ces budgets ne seront pas réduits.
37:00À titre personnel, je me suis lancé dans la construction
37:03d'une école internationale à Cribi.
37:08Et effectivement, je compte beaucoup sur les soutiens
37:13du tissu associatif français, donc des budgets,
37:17pour pouvoir pérenniser ce projet.
37:20– Merci beaucoup, Olivier Leloustre.
37:22Je rappelle, vous êtes chef d'entreprise installé
37:24depuis plus de 20 ans à Yaoundé, au Cameroun.
37:26On file maintenant à Reykjavik avec vous, Damien De Georges.
37:29Vous êtes un spécialiste des pays nordiques.
37:31Comment est-ce que c'est commenté depuis les pays nordiques,
37:34cette crise politique et budgétaire que traverse la France ?
37:37– Très clairement, on voit ça d'une manière pas très drôle à la fin.
37:44C'est-à-dire qu'on voit aussi qu'il y a une élection présidentielle
37:48à l'horizon de 2027.
37:50Et on peut se dire, au fond, que dans le débat français,
37:54il y a une partie immergée de l'iceberg qui n'est pas très présente,
37:59à savoir que vous avez d'une part la partie, bien sûr, financière,
38:03économique de la dette, mais il y a la partie géopolitique.
38:06Alors, vous vous rappelez peut-être de l'épisode des frugos
38:10au sein de l'Europe avec ces pays du Nord
38:12qui ne voulaient pas d'endettement commun au niveau européen.
38:15Et puis, finalement, ils ont lâché du laisse sur la défense.
38:18Oui, on peut monter à 5% de dépenses sur PIB.
38:23– Acté à la haie, effectivement, en mai dernier, oui.
38:26– Voilà, quand la Suède le dit, pays triple A sans problème d'endettement,
38:29ça devient crédible.
38:31Quand la France le dit, on se pose des questions.
38:33Et le vrai sujet géopolitique, c'est 2027.
38:37si la France bascule sur un changement géopolitique,
38:41si, pour dire les choses, les Français élisaient un président
38:45ou une présidente, comment dire mon français,
38:47« put in friendly », et bien là, brusquement,
38:50je pense que les Nordiques et les Balques
38:52pourraient être beaucoup plus exigeants vis-à-vis de la France
38:56par rapport à son point faible, qui est la dette souveraine.
38:59– Merci beaucoup pour votre analyse et commentaire
39:01depuis Reykjavik en Islande, Damien De Georges.
39:04Juan Rosé Dorado, quand vous entendez ces réactions des Français de l'étranger,
39:09vous, comment ?
39:10Est-ce qu'il n'y a pas une forme de lassitude en Espagne,
39:14qui est un pays voisin, qui a fait les efforts qu'il devait faire,
39:17qui a relevé la tête de l'eau et de voir les Français,
39:21ce village gaulois, s'écharper autour des jours fériés
39:25et voir leurs dettes s'accumuler ?
39:27– C'est vrai, notre intervenant depuis Reykjavik
39:31parlait des pays frugaux.
39:32Rappelez-vous, l'Espagne était parmi les pigs qu'on avait appelés,
39:35ces pays latins, entre autres, qui dépensaient sans compter.
39:39L'Espagne, effectivement…
39:41– Ça, c'était avant la remontada.
39:42– Avant la remontada, effectivement.
39:44L'Espagne a beaucoup souffert parce que ce qui est proposé aujourd'hui en France,
39:48le Portugal, l'Espagne, l'Italie et la Grèce l'ont déjà vécu il y a quelques années.
39:54On sait que c'est nécessaire.
39:56On a la sensation qu'effectivement, en France,
39:58les Français ne sont pas du tout au fait de ce que peut arriver
40:02si effectivement cette dette n'est pas ressorbée.
40:06La réalité, c'est qu'aujourd'hui, si l'Espagne va mieux que d'autres pays,
40:11que d'autres pays, c'est aussi parce que des efforts ont été faits.
40:14Et la France doit retrouver quand même sa place en Europe.
40:16Et donc, on a un regard triste d'un côté parce qu'effectivement,
40:20on est déjà passé par là.
40:21Mais c'est aussi surpris parce qu'on n'arrive pas à comprendre
40:24pourquoi la France n'arrive pas à se décider à prendre les mesures.
40:28Une incompréhension.
40:29En tout cas, ça fait parler un peu partout en Europe,
40:33cette crise politique et budgétaire française.
40:35Regardez, par exemple, cette une de Die Welt
40:38qui nous dit qu'en Allemagne,
40:40que l'Allemagne ne doit surtout pas suivre la France
40:44dans le bourbier de la dette.
40:47Je voulais vous montrer une autre une aussi.
40:49Ça, c'est le Financial Times
40:52qui nous dit que les options d'Emmanuel Macron
40:55sont en train de se réduire
40:57alors que son premier ministre est au bord du gouffre.
41:00Et puis, une dernière une qu'on a sélectionnée pour vous,
41:05celle du Télégraphe
41:07qui, cette fois, titre sur
41:10« Voici le plan de Marine Le Pen pour empêcher la France de se ruiner ».
41:15Donc là, on a le sentiment, d'ailleurs,
41:19on va rebondir peut-être sur ce dernier titre du Télégraphe.
41:23On a un peu le sentiment qu'en ce moment,
41:25si on élargit en Europe,
41:27il y a l'Europe qui est en train de se méloniser,
41:29si je peux me permettre ce mot-là, Violetta Moscalo.
41:31Il y a un gros problème derrière ces difficultés
41:35de trouver des solutions à la problématique de la dette,
41:39en fait, de la France.
41:40Tout ce qui est la crise de confiance des citoyens
41:42envers les institutions démocratiques,
41:46envers la représentativité de l'Assemblée nationale
41:49et le fait qu'on se tourne du coup
41:51vers les extrêmes droite ou gauche
41:53parce qu'on n'a plus vraiment confiance
41:55que le système actuel peut être juste, en fait.
41:58Je voudrais quand même souligner
41:59cette problématique du pouvoir d'achat aussi
42:01qui est très présente et très importante et très grave.
42:05Moi, je suis choquée quand même
42:06quand je regarde les chiffres qu'on nous montre
42:08que presque 10 millions de Français sont aujourd'hui
42:10en dessous du seuil de la pauvreté en France
42:13sachant que ce sont des Français qui travaillent, en fait,
42:15pour la grande partie.
42:16Donc ça, je pense que c'est quand même
42:17quelque chose de très compliqué.
42:19Et moi, ça me fait peur quand vous dites
42:21oui, on pourrait avoir, tout à l'heure à distance,
42:24on pourrait avoir en 2027 un président et une présidente
42:27put in friendly.
42:28Je n'ai pas envie de ce scénario, mais c'est grave, en fait,
42:31de dire que la France, le pays des droits de l'homme,
42:34le pays quand même qui a amené dans la démocratie
42:37toutes ces valeurs, liberté, égalité, fraternité,
42:40pour nous, ce ne sont pas des vaines paroles.
42:41Et je pense qu'il faut qu'on cherche des solutions
42:44intelligentes, en fait, pour montrer aux citoyens
42:46qui sont aujourd'hui en difficulté une grande partie des Français
42:49qu'on peut trouver des façons quand même
42:52de rééquilibrer un petit peu et que ces écarts
42:54entre les revenus et dans le pouvoir d'achat,
42:57le mode de vie puissent être réétablis.
42:59Par exemple, pourquoi pas...
43:00C'est un sujet qui vous est cher.
43:01Je crois que vous avez fait votre thèse
43:02sur l'actionnariat salarié.
43:03Je voulais juste parler sur le partage de la valeur.
43:05C'est ça, c'est ça.
43:06Le juste partage des richesses.
43:07Je pense que les Français comprendraient mieux
43:08si les grandes entreprises, au moment où on gagne quand même,
43:11quand on crée de la valeur, on serait un peu plus équilibrés
43:14dans la façon de distribuer et que ça ne soit pas
43:17les trois quarts ou les 80% qui sont distribués au capital,
43:20mais qu'on essaye quand même aussi de récompenser.
43:22Surtout que les études montrent que les entreprises
43:24qui font de l'actionnariat salarié une stratégie
43:26ont un meilleur rendement, une meilleure performance
43:29et ainsi de suite.
43:30On voit aussi l'exemple d'autres pays.
43:32Je pense que ça peut être une solution aussi
43:34à mettre au centre des débats chez nous, en France.
43:37Juan Rosé.
43:38Juste rappeler quand même,
43:39si on regarde la situation politique en Europe,
43:41on voit que la plupart des pays ont tourné à droite.
43:44C'est une réalité.
43:45Aujourd'hui, en Italie, droite et extrême droite,
43:49si vous voulez, mais on voit aussi les Pays-Vas,
43:51on voit aussi la plupart des grands pays qui sont tournés à droite.
43:55Vous avez parlé tout à l'heure des Pays de l'Est.
43:57Bien sûr, il y a l'Hongrie des Orbanes.
44:00Mais la réalité aujourd'hui, c'est ça.
44:02C'est que la population européenne
44:04regarde plutôt à droite qu'à gauche.
44:06Et ça, c'est une réalité à laquelle il faut assumer.
44:08Allez, on arrive à la dernière partie de notre émission.
44:11Il ne nous reste plus que trois minutes.
44:12Donc, je vous demanderai vraiment de pitcher très, très rapidement.
44:15On demande maintenant chaque semaine à chacun d'entre vous
44:17de sélectionner un article de votre pays respectif,
44:20de nous dire pourquoi vous l'avez choisi.
44:22Donc là, c'est vraiment une minute chacun, si ça vous va.
44:25Je commence avec vous, Violetta Moskalou.
44:27C'est votre carte blanche.
44:29Je trouve ça génial.
44:31Votre article que vous avez choisi en Ukraine
44:33sur une histoire de labels testés en Ukraine.
44:37Testés en Ukraine, effectivement.
44:38Donc, j'ai pris Kiv Post, qui est un média ukrainien anglophone
44:41pour que ça puisse être compréhensible par la rédaction aussi.
44:44Qu'est-ce qui se passe derrière le test d'une Ukraine sur les drones,
44:48en fait, sur les certifications.
44:49Et on nous montre vraiment de façon très claire
44:52que l'Ukraine apporte beaucoup par l'innovation du terrain,
44:56par toutes les données que les fabricants,
45:00les industriels étrangers peuvent avoir
45:03sans être obligés de dépenser beaucoup sur la recherche et développement
45:07pour faire tester les innovations pour les drones
45:10avec des cycles ultra rapides aussi et tout.
45:13Sauf que les Ukrainiens ne reçoivent pas forcément la contrepartie,
45:17en fait, parce que souvent,
45:18ils ont l'impression qu'on les a utilisés
45:20pour qu'ils fassent ces tests hyper rapides
45:23et les industriels, ensuite, vont aller générer de la valeur.
45:25Ils s'attendraient peut-être qu'on reverse un peu plus
45:28ou qu'on renvoie une partie de la production.
45:29En tout cas, ça met en avant le testé en Ukraine.
45:31Vous avez aujourd'hui le made by China
45:33et puis le testé en Ukraine.
45:35Juan Rosé Dorado, vous, c'est un article d'El País
45:38sur les chiffres du tourisme qui vous interpellez.
45:40Tout à fait. Parce que cette semaine,
45:41les chiffres du tourisme en Espagne pour les sept premiers de l'année
45:44et sept mois de l'année ont été présentés.
45:45Donc l'Espagne se félicite du fait d'avoir reçu
45:48plus de 55 millions de visiteurs étrangers
45:52tout au long de janvier à juillet,
45:55ce qui a rapporté en dépenses 76 milliards d'euros,
45:59ce qui est quand même énorme.
46:01Par contre, ce qu'on a remarqué, c'est qu'il y a une certaine stagnation au niveau des visiteurs.
46:07Et pourquoi je vous dis ça ?
46:08Parce que vous savez, pratiquement 16% du PIB espagnol dépend du tourisme,
46:12c'est-à-dire 15,6%, c'est-à-dire pratiquement 16%.
46:16Voilà. Donc cet article d'El País, ça nous montre qu'il y a un pilier de l'économie espagnole
46:20qui est en train de se fragiliser.
46:21Tout à fait, et ça c'est important.
46:23Romuald Ciara, votre article du New York Mag,
46:25vous c'est sur les enfants bonbons de New York.
46:28Oui, il y en a des grands scandales du moment.
46:30Depuis plusieurs années, 5-6 ans,
46:32nous voyons chaque jour des dizaines d'enfants,
46:353 ans, 4 ans, 5 ans, bien souvent seuls,
46:388 ans, 10 ans, 12 ans, vendre des bonbons,
46:41se déplacer de wagon en wagon pour vous vendre des NMS,
46:45des chewing-gums, etc.
46:47Ce sont des enfants d'immigrés illégaux
46:49qui n'ont pas d'autres revenus.
46:51Le plus dramatique, c'est que ces enfants ne vont plus à l'école depuis des années.
46:55Donc toute une génération qui aura grandi en vendant des bonbons dans le métro.
47:00Et on termine ce tour de carte blanche avec Damien De Georges.
47:03Vous, vous avez sélectionné un article groenlandais sur l'aide européenne.
47:06Vous avez 20 secondes.
47:08Oui, donc la Commission européenne propose de plus que doubler
47:11l'aide de l'Union européenne au Groenland pour la période 2028-2034.
47:15C'est un enjeu géopolitique
47:17et d'ailleurs le Parlement groenlandais parlera cet automne
47:23d'une éventuelle étude sur les plus et les moins d'un retour du Groenland
47:27dans l'Union européenne.
47:28Donc le débat européen en Groenland ne fait que commencer.
47:30Merci à nos experts sans frontières de nous avoir éclairé un regard extérieur précieux
47:35pour nous aider à prendre un peu de hauteur.
47:36autour de moi, il y avait Romuald Skiora, chercheur franco-américain social Iris,
47:40Violetta Moskalou, franco-ukrainienne, présidente de Global Ukraine,
47:44Juan Rosé Dorado correspondant en France pour la presse espagnole
47:47et Damien De Georges qui habite à Reykjavik et qui est un spécialiste des pays nordiques.
47:53Les experts sans frontières, c'est fini.
47:55Je vous retrouve la semaine prochaine.
47:57Très bon week-end à tous.
47:59Bon, les infos, ce sera avec Stéphane Nicolo.
48:03Les experts sans frontières sur BFM Business.
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