- il y a 5 mois
Ce jeudi 4 septembre, François Sorel a reçu Frédéric Simottel, journaliste BFM Business, Yves Maître, operating partner chez Jolt capital et ancien président de HTC, et Thomas Serval, PDG de Baracoda. Ils se sont penchés sur les conséquences dramatiques de la guerre des prix sur BYD, et le consortium de 3 opérateurs pour acheter SFR, dans l'émission Tech & Co, la quotidienne, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez la en podcast.
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00:00Tech & Co, la quotidienne, le débrief de la tech.
00:05Voilà, 20h01, le retour de Tech & Co, la quotidienne, avec ce soir sur le plateau de Tech & Co,
00:10pour des échanges passionnants.
00:11Je vous invite, si vous venez de nous rejoindre, de réécouter le replay de la première demi-heure,
00:15c'était super, concernant sur le devenir d'Apple et la stratégie qu'Apple pourrait prendre dans l'intelligence artificielle.
00:22Frédéric Simotel, donjonaliste à BFM Business,
00:24Yves Maître, Operating Partner chez Joel Capital, ancien président de HTC,
00:28et Thomas Serval, PDG de Baracoda.
00:31Tu étais en Chine cet été, Thomas.
00:34On va en parler dans un instant de la Chine, puisqu'on va évoquer BYD.
00:37Mais auparavant, on va commencer par BYD, après on évoquera Huawei.
00:42Parce que ce qui se passe, c'est qu'on l'évoque régulièrement dans Tech & Co, la quotidienne.
00:48BYD est un peu le surdoué du véhicule électrique chinois.
00:53Ils ont aussi une attitude qui est très agressive envers l'Europe.
00:58Ils investissent tous les salons européens.
01:00Ils présentent leurs nouveautés.
01:02Fred, au salon de l'auto, on y était, nous.
01:04Oui, on y était, on l'a vu.
01:05On a vu le stand BYD.
01:07C'était impressionnant.
01:08On a pu rencontrer leurs dirigeants, etc.
01:10Et puis rappelons qu'au départ, ce n'est pas un fabricant de voitures.
01:12Non.
01:13C'est un fabricant de composants, de batteries, de puces.
01:16Et aujourd'hui, je crois qu'ils ont cinq sous-traitants.
01:19C'est vrai, c'est eux qui font.
01:20Voilà, c'est eux qui font.
01:21Sauf que, eh bien, BYD, là, gros trou d'air, là, il y a un petit problème.
01:29Le numéro un chinois d'automobile a baisse de 16% ses objectifs de vente en 2025.
01:35Et alors, c'est la guerre des prix.
01:38Parce qu'en ce moment, en Chine, tout le monde se bat sur les prix des véhicules.
01:42Yves, et après Thomas.
01:45Alors, je ne sais pas par quoi on peut commencer.
01:46Parce que c'est un sujet qui est absolument passionnant.
01:49Aussi bien d'un point de vue technologique que d'un point de vue stratégique.
01:53Stratégique d'une marque.
01:55Mais stratégique au niveau géopolitique et des droits de douane, etc.
01:59Alors, BYD, en effet, c'est une toute petite entreprise.
02:02J'ai eu la chance de rencontrer, je crois que c'était 2005 ou 2006, un des deux confondateurs.
02:08Je me souviens très bien.
02:09C'était à l'Intercontinental à Shenzhen, sur le fauteuil de l'entrée.
02:13Le mec ne parlait pas un mot d'anglais.
02:14Il ne parle toujours pas d'ailleurs, parce que je continue à le voir de temps en temps.
02:17Et il me racontait, en fait, il m'avait été présenté par le CEO de TCL
02:24qui venait de racheter la partie mobile d'Alcatel parce qu'il faisait ses batteries de téléphone.
02:30Et donc, moi, poliment, avec le traducteur entre nous, je lui dis,
02:33mais quelle est votre vision d'avenir ?
02:36Vous faites des batteries de téléphone pour un fournisseur, d'un fournisseur, d'un fournisseur.
02:40Et le gars me dit, tranquillement, en chinois, donc le traducteur traduit,
02:43on va faire des voitures électriques.
02:44Et je me souviens d'être sur le fauteuil.
02:472005.
02:472006, on va dire, d'être sur le fauteuil en me disant, oh là, là, là, là, là, là.
02:52Alors, lui, il est où ? Soit il est fou, soit il est hyper visionnaire.
02:56Bref, ok, soit il est hyper visionnaire.
02:57Il était hyper visionnaire.
02:58Donc ça, c'était pour la petite taille d'aujourd'hui.
03:00Qu'est-ce qui se passe sur le marché chinois de l'automobile ?
03:03Il se passe qu'en effet, il y a une guerre des prix,
03:06mais il y a aussi une guerre de l'offre, au sens qu'il y a énormément de constructeurs.
03:09Il y a plus de la vingtaine de constructeurs.
03:10Trop de constructeurs ?
03:11Trop de constructeurs.
03:12Et que parmi eux, chacun d'eux a une gamme pléthorique.
03:16Donc, quand on va en Chine, on n'arrive même plus à se souvenir
03:19de toutes les marques, de tous les modèles.
03:21Enfin, il faut avoir fait des jeux de je ne sais pas quoi.
03:26Oui, mais après, c'est un pays qui est immense.
03:29Est-ce que, finalement, le nombre de…
03:30Un milliard trois.
03:31Est-ce que ce n'est pas dimensionné, justement, par rapport à la population du pays ?
03:35Ce qui se passe, et c'est exactement ce qui s'est fait sur le smartphone,
03:37sur les télévisions, sur les VCD, sur tout ça,
03:41dans le compte Super Product en Chine.
03:43C'est-à-dire qu'au début, on lâche les chiens.
03:46Les chiens se mangent entre eux.
03:47C'est l'histoire des loups.
03:49Et puis, à la fin, il en reste quatre ou cinq.
03:50Et les quatre ou cinq, c'est les plus forts.
03:52Et c'est piloté par le gouvernement.
03:54Et les quatre ou cinq, c'est les plus forts.
03:56Ils ont la tech.
03:57Ils ont racheté les petits concurrents qui leur manquaient, etc.
03:59Ils ont assaini le marché.
04:01Et à ce moment-là, on commence à remonter tout ça.
04:04Ça marche toujours comme ça en Chine.
04:06Ce n'est pas une surprise.
04:08Et là, on en est où, alors ?
04:09C'est-à-dire que là…
04:10Non, là, on est au milieu de la guerre.
04:11OK.
04:12Alors, on voit quelques gros.
04:13OK ?
04:13On voit quelques gros.
04:15On pense bien que BYD, qui est quand même le sixième constructeur mondial,
04:18et c'est le premier constructeur mondial en voiture électrique et hybride.
04:21Et c'est le premier chinois, BYD ?
04:23C'est le premier chinois et c'est le sixième mondial en nombre de voitures.
04:28Donc, eux n'ont pas de soucis à se faire, en fait.
04:30Ils ne vont pas être mangés par les autres.
04:31Ils sont déjà dans les gagnants.
04:33OK.
04:34Alors, ça, c'est une première lecture.
04:35On pourra en premier moment.
04:36Après, de nouveau, il faut regarder le coup suivant.
04:40Parce que ça, ça pourrait être considéré comme une bonne nouvelle,
04:42de voir que BYD a un coup de faiblesse.
04:45En fait, c'est une très mauvaise nouvelle pour les muscles européens.
04:47Pourquoi ?
04:48Parce que quand vous ne pouvez plus croître votre marché chez vous,
04:52vous êtes obligés de faire l'export.
04:53Parce que de toute façon, on ne peut pas ne pas croître,
04:55parce que sinon, le vélo tombe.
04:57Quand on arrête de pédaler, le vélo se casse la figure.
04:59Donc, de toute façon, BYD, d'une manière ou d'une autre,
05:02va prendre le taureau par les cordes et va se dire,
05:05il faut que j'aille à l'export.
05:06Et quand on va à l'export en électrique,
05:09l'Europe, les États-Unis, c'est bloqué.
05:11Enfin, on a bien compris.
05:11Donc, il reste le Japon.
05:14Avant qu'on vende beaucoup de BYD au Japon,
05:16ou Toyota, le premier constructeur mondial,
05:18ce n'est pas gagné.
05:19Donc, l'Europe est là.
05:20Donc, l'Europe.
05:21Alors, on va dire, oui.
05:22Il y a l'Inde.
05:23Est-ce que l'Inde est un marché intéressant ?
05:24Mais non, pas sur les voitures électriques et pas à ce prix-là.
05:27Pas assez d'infrastructure.
05:28Un Indien qui veut acheter une voiture,
05:29aujourd'hui, il va continuer à acheter une Mercedes ou une BMW.
05:31Donc, il y a une voiture à essence.
05:33Une voiture à essence.
05:35Donc, l'Europe.
05:35Alors, on se dit, l'Europe.
05:37On se dit, ah, génial, nous avons mis les barrières douanières.
05:41OK ?
05:41Sauf que les barrières douanières s'appliquent aux voitures électriques.
05:45Mais eux, ils ne vont pas venir avec des voitures électriques.
05:47Ils vont venir avec des voitures hybrides.
05:49Ce qu'ils appellent les extension range.
05:51OK ?
05:52Ça veut dire quoi ?
05:52On a vu ça, ça veut dire qu'ils ont un tout petit moteur.
05:55C'est une voiture électrique.
05:56Et ils ont un tout petit moteur,
05:57qui est en gros un gros alternateur,
05:59qui fait que quand on a pu suffisamment électricité dans sa batterie,
06:02c'est-à-dire au bout de 500 ou 600 kilomètres,
06:04on a le petit moteur.
06:05C'est un groupe électrogène, en fait.
06:06C'est un groupe électrogène qui vient, quelque part,
06:09se substituer à la batterie.
06:10Et qui recharge la batterie.
06:11Qui recharge la batterie ou qui va directement sur les roues.
06:14Mais qu'un point.
06:14C'est le même concept que BMW avait sorti avec sa première i3.
06:17On s'en souvient.
06:18C'est ça.
06:19Moi, j'adorais ce qui était une voiture bien sympa.
06:22Sauf que ces voitures-là ne tombent pas sur le coup des douanes.
06:25Donc, elles peuvent rentrer sans problème.
06:26Donc, elles peuvent rentrer sans problème.
06:27Premièrement.
06:29Européens, tous, on a abandonné l'i3 pour ne faire que de l'électrique.
06:34Donc là, ils vont rentrer comme dans du beurre, sans droit de douane.
06:37Et sans concurrent.
06:39Avec un produit qui est au point, puisque c'est 80% du marché chinois
06:43qui est de l'extended range.
06:45Et là, où on avait mis des barrières,
06:48ils rentrent par la fenêtre.
06:49Et on va se retrouver.
06:51Je ne vois pas comment on va pouvoir régler ce problème.
06:54On va avoir une bonne nouvelle quand même.
06:55Toutes les BYD, c'est des clients à nous.
06:56Ils ont mis du Radio Line, qui est le produit qu'on a créé ensemble.
06:58Il y a 20 ans, pour Orange, qu'on mette de la radio dans les objets connectés.
07:02Et donc...
07:02Comme tu vas gagner beaucoup de l'argent.
07:04Tout est content en chinois.
07:05Et donc, en fait, par rapport à ça, je t'ai interrompu, mais...
07:08Non, non, je t'ai interrompu.
07:11Déjà, tout est piloté.
07:12Ce qu'il faut bien comprendre dans l'industrie chinoise,
07:14c'est qu'il n'y a jamais d'aléa.
07:16C'est piloté comme nous, on a piloté le nucléaire.
07:19Le plan, c'est on passe à l'électrique.
07:21Je vous donne un exemple.
07:21En 2006, l'EDF chinois vient nous voir une petite filiale de Hong Kong.
07:25Il nous dit qu'on a besoin de 3 000 stations de recharge.
07:28On sait qu'en France, vous êtes bons en électrique, en infrastructures électriques.
07:31Est-ce que vous savez faire ça ?
07:32On ne nous savait pas.
07:33Mais c'est pour vous dire qu'en 2006,
07:35pendant que le patron de BYD...
07:38Imaginez le futur de sa boîte.
07:40L'EDF chinois était déjà en train de se demander
07:42comment il allait construire des stations de recharge.
07:46Parce qu'on parlait de l'Inde.
07:47L'Inde n'a pas eu cette idée.
07:49Et donc, ça a été déjà planifié, mais...
07:52Il y a 20 ans.
07:52Il y a 20 ans.
07:54Ce que tu as expliqué sur les loups qui se mangent entre eux,
07:56c'est totalement fait.
07:57Alors, comment le gouvernement l'a organisé ?
07:58C'est simple.
07:59Il donne l'équivalent de BPI.
08:01Si vous voulez, il donne des primes.
08:03Si vous atteignez certains seuils.
08:04La DARPA fait la même chose.
08:05Je ne sais pas si vous vous souvenez,
08:06mais le self-driving car a été initié après chez Google,
08:10après un concours de la DARPA,
08:12où il fallait traverser le désert de Moyave avec des voitures autonomes.
08:15Et si vous y arrivez,
08:16vous touchez 1 million de dollars, 5 millions de dollars.
08:18Les Chinois, ils ont fait la même chose.
08:19Ils ont dit,
08:20si vous faites plus de 200 kilomètres d'autonomie,
08:22vous touchez whatever.
08:25Et ils ont continué à faire ça chaque année en augmentant le seuil.
08:27Et comme ça, ils ont éliminé les...
08:29Et donc, les boîtes qui n'avaient pas le plus de l'argent public sont mortes.
08:32Donc, en fait, non seulement le fait de s'entretuer a été fait.
08:35Alors, il s'est passé une autre chose.
08:37Et c'est pour ça que c'est totalement un épiphénomène.
08:39Les moins 15%, c'est...
08:41C'est anecdotique.
08:43C'est totalement anecdotique.
08:44Ce qui n'est pas du tout anecdotique, c'est deux choses.
08:46C'est que, un, vous avez peut-être constaté que...
08:49Enfin, si vous...
08:49Moi, je reviens de Chine, donc j'ai vu toutes les marques.
08:52La manière de les caractériser, ce n'est pas par rapport à leurs marques.
08:54C'est plutôt, ah tiens, ça ressemble à une Cayenne.
08:56Ça ressemble à une...
08:56En fait, il y a trois marques qui copient Tesla,
08:59trois marques qui copient Porsche.
09:00Donc, on ne connaît pas le nom de la marque.
09:01On se souvient, pour les Européens et puis pour les Chinois,
09:04de ça ressemble à une Toyota ou autre.
09:08C'est-à-dire qu'on n'achète pas une marque,
09:09on achète un look, un design de véhicule.
09:12En tout cas, moi, ce que j'ai vu...
09:13Je ne sais pas quelles sont les marques, mais par contre, je vois les designs de molécules.
09:16Il y a à peu près trois catégories.
09:17Il y a les MeToo des Tesla, les MeToo des Porsche,
09:20et puis il y a les MeToo des Range Rover++,
09:22et avec quatre marques, parce que ça fait...
09:25Parce qu'en Chine, on achète un statut, d'accord ?
09:27Plus c'est gros, plus ça fait cher.
09:29Vous n'aurez jamais la MeToo d'à deux chevaux, pour résumer le...
09:32OK.
09:32Il n'y a pas de marché.
09:34Et donc, j'ai...
09:35Donc, vous avez peut-être remarqué que Huawei, c'était complètement...
09:38Alors, je ne sais pas...
09:39Toi, tu n'as pas le droit d'en parler, mais moi, oui.
09:40Huawei s'était retiré un peu du grand public,
09:44mais il a gardé un savoir-faire de vendre à l'international.
09:47Le gouvernement chinois a demandé à Huawei de faire la chose suivante.
09:50Tous les fabricants automobiles, il faut qu'ils fassent de l'export.
09:52C'est devenu une obligation absolue pour l'ensemble des industriels chinois d'exporter.
09:56Et maintenant, il semblerait que le gouvernement chinois,
09:58un peu comme il fait pour les 200 kilomètres,
10:00doit donner un incentive si vous allez à l'export.
10:03Donc, où est-ce qu'ils vont ?
10:04Ils vont d'abord en Afrique quand ils peuvent,
10:07Afrique Moyen-Orient qui est ouverte,
10:08ils vont en Amérique du Sud comme des fous.
10:10Et puis, ils arrêtent les États-Unis parce qu'ils savent qu'ils vont se faire taper.
10:13Et en Europe, ils n'ont pas encore complètement trouvé la solution.
10:16C'est une conversation qu'on a avec eux en ce moment.
10:18Et alors, comment ils font ?
10:19On va demander à Huawei de nous aider à fabriquer des voitures.
10:23Pas à fabriquer des voitures parce qu'ils savent déjà,
10:25parce qu'ils étaient déjà à la chaîne de sous-traitance.
10:26Mais comment je fais une interface utilisateur
10:29qu'un consommateur européen comprend ?
10:30Parce qu'on ne lit pas dans le même sens.
10:32Et comment je fais du marketing pour que le consommateur européen me désigne ?
10:35Oui, parce que c'est vrai que Huawei a été fortement occidentalisé
10:38ces 20 dernières années.
10:39Et donc, aujourd'hui, Huawei a deux divisions.
10:41Une division qui fait l'OS des bagnoles
10:42pour aider les voitures à être plus...
10:44Et une division qui fait le marketing et le go-to-market des OS.
10:48Et Huawei n'apparaît pas.
10:49On va mettre un nom dessus.
10:50L'un s'appelle Ying Wang et l'autre s'appelle Ima.
10:52Voilà, comme ça.
10:53Mais Huawei n'apparaît pas, en fait.
10:54Oui, il n'apparaît pas.
10:55C'est vraiment là en sous-main, tout ça.
10:57Et donc, quand vous allez maintenant dans un magasin Huawei qui ressemble à un Apple Store,
11:02ils vendent maintenant les voitures comme on vend des smartphones.
11:05Et qui achète ces voitures ? Le même mec qui achetait les smartphones.
11:08Donc, moi, j'ai été essayer la voiture à 400 000 euros dans le Ouest,
11:11qui est la super Mercedes Maybach avec tous les gadgets possibles.
11:15Et alors, c'est intéressant.
11:16Quand on parle avec les Chinois,
11:18en fait, ils ne pensent pas tout à fait que leurs voitures sont aussi bien que les occidentales.
11:21Pour un point, notamment les gens un peu âgés,
11:24ils disent oui, en fait, c'est des batteries avec...
11:27Enfin, c'est du logiciel, c'est du smartphone avec des roues.
11:29Sauf qu'en termes de safety, et alors ça, c'est pas public...
11:32Ou de sécurité, tu veux dire ?
11:33En termes de sécurité, on n'y est pas du tout.
11:35C'est-à-dire que quelque part, il y a des sites chinois sur les réseaux sociaux
11:38qui montrent à quel point...
11:40Pour tous ces crash tests, etc.
11:41Les crash tests, c'est pas joli, joli.
11:43Alors, pas ceux de BYD qui est au standard européen parce que c'est leader.
11:46Parce qu'ils sont prêts, et puis parce qu'ils sont prêts.
11:48Mais les Xiaomi qui vendent maintenant des bagnoles, etc.
11:52Alors là...
11:53Ah, tu veux dire par là que Xiaomi risque de se retrouver
11:55bloqué à l'entraide de l'Europe
11:57parce que leur voiture n'est pas au niveau de la sécurité escomptée ?
12:01Je donne des idées
12:02à éventuellement un régulateur européen
12:04qui, maintenant, a compris qu'ils allaient se faire bypasser
12:06par le truc. Aujourd'hui, sur les réseaux sociaux chinois,
12:09ce qu'on se rend compte,
12:10c'est que maintenant, une voiture, elle est super désirable
12:12parce qu'on l'achète maintenant comme on l'achète d'un smartphone.
12:14Elles se vendent au même endroit que les smartphones.
12:17Et, par contre,
12:19en safety, il y a encore des choses
12:20que Mercedes, Peugeot, etc. peuvent apporter.
12:23Est-ce que c'est pas une décision
12:24de choix pour les Chinois ? C'est ça qui est intéressant.
12:27Visiblement, ils n'ont pas peur.
12:28Mais c'est une décision. Et puis, le dernier point que je voulais
12:30avancer, c'est le sel d'arriver une carte.
12:33Donc, en fait, à chaque fois que...
12:34Donc, la conduite autonome.
12:36À chaque fois que je venais ici, je vous expliquais que le problème n'est pas très résolu
12:38parce qu'il faut à la fois contrôler la route,
12:41les cartes, le logiciel.
12:42Enfin, j'avais déjà expliqué ça dans plusieurs émissions.
12:45En fait, là, j'étais en Chine.
12:46J'étais avec le patron du numéro 1 mondial de la Brosse à dents.
12:51Et il m'a montré sa voiture, une X-Peng.
12:53C'est une des marques chinoises qui est peut-être la numéro 2 ou la numéro 3.
12:56Ils ont même un modèle volant.
12:58Oui.
12:58Ah oui, ils ont un modèle volant.
13:00Et ils ont même un modèle, une espèce de gros 4x4 à l'intérieur,
13:03un petit hélico.
13:04Un petit hélico, oui.
13:05On l'avait vu, je crois qu'on l'avait vu à Las Vegas.
13:07Je suis allé dans le gros 4x4.
13:09Il a appuyé sur un bouton.
13:10Et on est allé dans sa résidence, dans une route de montagne,
13:12en croisant tous les obstacles que je ne pensais pas être résolus,
13:15sans jamais toucher le volant.
13:17Donc, ce qu'il faut vraiment...
13:18Une vraie, presque du niveau 5.
13:20Ah non, peut-être, pas presque du niveau 5.
13:23Moi, j'étais au bord de la crise cardiaque.
13:25Non, ils ne sont pas au niveau 5.
13:27En tout cas, il n'a pas touché le volant pendant 4 minutes.
13:29Le niveau 5, c'est un peu plus que ça.
13:31Mais c'est quoi ? C'est du 3-4 ?
13:32Aujourd'hui, les meilleurs chinois sont à 3-3+,
13:35beaucoup sont à 2-5.
13:38Enfin, c'est les tests, je veux dire, aujourd'hui.
13:40Et, objectivement, c'était le même niveau...
13:43C'est peut-être une impression.
13:43Oui, mais après, Thomas, c'est déjà remarquable.
13:45Après, tu prends une Tesla aux Etats-Unis,
13:47elle part d'un point A à un point B,
13:50sans intervention humaine.
13:51Absolument, absolument.
13:51Non, mais j'ai fait la même chose en Tesla.
13:52Je n'étais pas du tout au même niveau de confort.
13:56Et puis surtout, quand je suis sur une autoroute,
13:59on n'en parle pas.
13:59Là, on parle de petites routes de montagne
14:01avec des obstacles qui...
14:02Quand moi, j'étais chez Google et qu'on parlait de ces trucs-là,
14:05on me disait, ça, on ne pourra jamais...
14:06On n'y arrivera jamais.
14:07On n'y arrivera jamais.
14:08C'est impressionnant, je suis d'accord avec toi.
14:10Je suis d'accord avec toi, c'est impressionnant.
14:12Donc, et ça, je n'avais pas vu ça il y a 3 mois,
14:14pour être clair, c'était vraiment des progrès.
14:16Et moi, je disais là, cet après-midi,
14:17quand je voyais aussi la baisse de 16% de BYD,
14:21par rapport à ce que vous disiez,
14:22je disais un papier, c'était un papier chinois traduit,
14:25qui disait aussi que sur les 1 milliard de chinois,
14:31le marché n'est pas encore fait.
14:33C'est-à-dire qu'aujourd'hui, nous, en France,
14:34il y a des gens qui sont Peugeot.
14:35Il y a des gens qui sont...
14:36Complètement envers.
14:37Il y a des gens qui sont voitures allemandes.
14:39Là, on a des générations de gens,
14:41mais même des quinquains,
14:42qui n'ont jamais acheté de voiture,
14:43donc, allez bien, celle-là, elle ressemble.
14:45Ils ne sont pas encore attachés à une marque.
14:47Il y a ce souci-là aussi.
14:48Il y a un marché très fluide.
14:49Et donc, si une autre plaît,
14:52on va changer de voiture.
14:54On n'est pas encore comme chez nous.
14:55Tout le monde a connu le pro Citroën,
14:58le pro Peugeot, le pro Renault.
14:59Si je lui permets, tu as absolument, absolument raison.
15:02Par contre, il y a un grand changement,
15:03c'est qu'ils ne se sont pas attachés à une marque,
15:05mais ils se sont détachés des marques européennes.
15:08C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
15:09avoir une Mercedes, une BMW ou une Audi,
15:12ça n'a plus de sens pour eux.
15:14Ils sont en train de faire ça avec les avions aussi,
15:17puisqu'ils ont créé leur propre...
15:19Non, mais c'est vrai.
15:21Je pense que pour le moment,
15:23leurs avions n'ont pas toutes les certifications
15:25pour voler à l'intérieur de la Chine.
15:27En Chine ?
15:28Oui, en Chine, en vol intérieur.
15:29Ils ont leurs Airbus,
15:32qui sont d'ailleurs des copies d'Airbus.
15:34Peut-être sur ces sujets-là, de safety, des trucs...
15:37En fait, on a discuté de...
15:39Thomas, rapidement, parce que j'aimerais qu'on passe à SFR,
15:41il nous reste 10 minutes,
15:42j'aimerais qu'on prenne le temps sur SFR.
15:43C'est beaucoup moins coûteux pour une boîte chinoise
15:46de développer son AI en Chine,
15:49parce que le gouvernement contribue énormément
15:51et leur donne accès à énormément de données
15:52qu'ils seraient totalement incapables de récupérer en Europe.
15:54et donc, ça crée un avantage concurrentiel très important.
15:57Donc, ils avancent plus vite.
15:58Ils avancent plus vite, tout simplement.
16:00Passionnant.
16:01Franchement, ça me donne des idées d'émissions entières
16:03avec ces deux garçons, là.
16:05C'est top.
16:06Et on n'a même pas parlé...
16:07Enfin, à peine parlé de tout ce qui est la data.
16:10Oui, c'est un vrai, vrai, vrai sujet.
16:12Mais vous savez quoi ?
16:13Et heureusement...
16:14Vous entendez bien tous les deux, ça va ?
16:15Ça va.
16:16Vous allez revenir.
16:17On va essayer de trouver une place dans votre agenda
16:18pour faire une émission spéciale.
16:20N'oublions pas que Huawei Cloud était présent
16:22au dernier salon de l'auto.
16:23Absolument.
16:24C'était dans un petit stand, mais il était là.
16:26Absolument.
16:27Les amis, il nous reste 10 minutes.
16:27J'aimerais qu'on évoque aussi l'un des sujets chauds du moment.
16:30C'est que va devenir SFR ?
16:32On en parle de temps en temps dans Tech & Co.
16:34On voit que, petit à petit,
16:36il y a des checkpoints qui se passent.
16:39Et il semblerait que maintenant,
16:42le démantèlement, en tout cas la vente d'SFR,
16:46soit inéluctable.
16:47Et la question qu'on se pose, c'est qu'est-ce que ça va devenir ?
16:49Il y a une news qui est tombée aujourd'hui
16:51qui évoque en fait un consortium des opérateurs télécoms,
16:56donc Orange, Bouygues et Free,
16:59qui pourraient donc s'associer pour démanteler et racheter en fait en bout SFR.
17:06Qu'est-ce que vous en pensez, messieurs ?
17:08Alors, tous les deux, vous avez en plus une vision des télécoms.
17:11Toi, Yves, tu as travaillé chez Orange,
17:13tu connais ces sujets-là par cœur.
17:15Thomas aussi, bien sûr.
17:16Qu'est-ce que tu en penses, Yves ?
17:19Le plus concentré possible, pour laisser la parole après Thomas et Fred.
17:23Ce que je pense, c'est qu'il y a un sujet économique et un sujet politique.
17:29Le sujet économique, c'est que SFR ne va pas bien,
17:32que SFR ne peut pas continuer financièrement dans l'État où il est,
17:36et donc il faut racheter SFR.
17:39Donc au départ, Drahi a commencé à vendre en appartement.
17:42Mais il a renegotié sa dette, là, Drahi.
17:44Il a négocié ses dettes, etc.
17:45Non, ça ne suffit pas.
17:46Et donc maintenant, il faut revendre SFR.
17:49Il gardera probablement d'autres choses, mais SFR, il faut le revendre.
17:52Donc il y a deux options.
17:53Soit on le revend à des Français,
17:57soit on le revend à des non-Français, c'est-à-dire des étrangers.
18:01Ça, c'est le premier sujet.
18:02C'est le bruit qui a couru à un moment.
18:04Ils disent qu'ils n'ont pas eu d'offres,
18:06mais on entendait le bruit de fond, notamment du Moyen-Orient.
18:10Mais a priori, ils n'auraient pas eu reçu d'offres fermes.
18:14Donc ça, c'est la partie économique.
18:15Il y a un problème économique, il faut le régler, il faut vendre.
18:17À qui on vend ? Il y a des Français, il y a des étrangers.
18:19Et puis, où est-ce qu'il y a des Français, où est-ce qu'il y a des étrangers ?
18:22Aïe veut en tirer le maximum.
18:24Et ses créanciers veulent en tirer le maximum.
18:28La boîte appartient aux créanciers, même si Drahi garde la main.
18:31Donc ça, c'est la première chose.
18:32La deuxième chose, c'est du droit de la consommation.
18:36Est-ce qu'il faut trois opérateurs ou quatre ?
18:40S'il y en a quatre, il y a plus de concurrence,
18:42donc théoriquement, et d'ailleurs pratiquement,
18:45on a vu Free rentrer, les prix ont baissé.
18:47Si on rédit à trois, est-ce que les prix vont monter ou pas ?
18:51Ça, c'est une question d'ordre d'économie pour le citoyen français.
18:56C'est mathématique.
18:57Si on passe à trois opérateurs, les prix vont augmenter, ça c'est clair.
18:59Et le régulateur, ce qu'il a imposé en Espagne, impose un contrôle des prix,
19:03et c'est des engagements que les opérateurs sont prêts à prendre.
19:05Mais après, s'il y en a quatre, évidemment, chaque opérateur a une part de gâteau plus petite.
19:11Comme les coûts d'investissement, que ce soit dans la fibre, que ce soit dans la 5G, etc.,
19:15sont tels, et dans les technologies à venir, sont tellement importants,
19:20que moins il y a d'opérateurs, plus les opérateurs vont être forts,
19:24et plus on va pouvoir dire qu'on a une vraie politique de télécommunication.
19:29Or, une politique de télécommunication, on le voit bien à Starlink,
19:32on le voit bien avec la guerre en Ukraine, ça devient un objet de souveraineté.
19:36Donc, le gouvernement...
19:37Ce qui était moins avant.
19:38Ce qui était moins avant.
19:39Donc, le gouvernement est un peu déchiré ou écartelé entre une partie qui dit
19:45« je préfère quatre parce que c'est le pouvoir d'achat des Français »,
19:48et une partie qui dit « je préfère trois »,
19:51ce qui a toujours été les propos des opérateurs, évidemment,
19:54qui préfèrent, eux, gagner un peu plus d'argent pour leur investir,
19:57en disant « à trois, on a plus de chances de garder notre souveraineté ».
20:01Et ce, d'autant plus que si le quatrième est un étranger.
20:03Et sachant qu'il est actionnaire de l'un des trois.
20:06Sachant qu'il est actionnaire de l'un des trois qui est Orange.
20:08C'est public et voilà.
20:10Parce qu'historiquement, Orange, c'était France Télécom,
20:12et il y a toujours des fonctionnaires qui travaillent chez Orange.
20:15Et c'est très bien comme ça, ils font un boulot absolument remarquable.
20:19Donc, on est dans cette situation...
20:21– C'est un peu beaucoup.
20:23– Non, il y a eu...
20:24– On n'a pas dit qu'ils étaient beaucoup quand Orange a fait un énorme succès aux Jeux olympiques.
20:31On a dit qu'ils ont super bien travaillé parce que c'est vrai.
20:33Donc, je m'excuse, il ne faut pas tomber dans la polémique de dire
20:36« les fonctionnaires, ils sont trop nombreux ».
20:38Dans le cas d'Orange que je connais, ce n'est pas vrai.
20:40Voilà, c'est comme ça.
20:41En tout cas, moi j'assume en tout cas ce propos que je viens de dénoncer un peu fortement.
20:46Je m'en excuse.
20:46– Non, mais ils ne sont pas trop, mais il y en a assez.
20:50Ce n'est pas la peine d'embaucher encore plus chez Orange.
20:52– Je ne suis plus chez Orange, je n'ai pas ces chiffres-là.
20:55– Grosso modo, par rapport au modèle économique de la fibre,
20:59en fait, le dimensionnement d'Orange a été pensé pour le monde du cuivre.
21:04Et donc, en fait, l'avantage qu'a la fibre, c'est que son taux de panne
21:07est 1% de ce qu'était le taux de panne.
21:11Donc, pour maintenir le réseau, il faut moins de personnes.
21:14– Mais c'est pour ça qu'ils ont sorti vers des distributeurs extérieurs et tout ça.
21:17Ça ne veut pas dire qu'on ne peut pas redéployer ces personnels vers d'autres fonctions.
21:21Et après, la pyramide des âges d'Orange a été largement enflée au début des années 80
21:28sur la partie fonctionnaire, puisque quand la gauche a eu besoin de faire baisser le chômage,
21:33elle a artificiellement fait embaucher par France Télécom et d'autres grandes sociétés publiques
21:40des fonctionnaires dont on n'avait pas vraiment besoin à l'époque
21:43et qui sont encore sur le payroll des opérateurs jusqu'à la fin.
21:47– Non, mais qu'ils sont en fin de carrière, là.
21:48– Absolument, jusqu'à la fin de leur carrière.
21:49Donc, ça veut dire que ce problème n'est plus un problème.
21:52– Ok, on referme la parenthèse parce qu'on se repositionne sur SFR.
21:55– Et juste un dernier point avant de laisser la parole,
21:58c'est que s'il y en a quatre et que SFR est racheté par un étranger,
22:01qu'est-ce qui va arriver pour les trois autres ?
22:04Et qui ? Parce que quatre, c'est quand même beaucoup pour un petit marché.
22:09Et s'il y en a un autre qui venait d'être en difficulté,
22:11qui ce serait entre Buig, Free et Orange ?
22:14C'est une vraie interrogation.
22:16Donc, les trois ont intérêt à s'allier, ont intérêt à s'associer
22:20pour mille et une raisons qu'on vient d'expliciter,
22:22pour ensemble reprendre SFR.
22:24– Thomas, ton point de vue là-dessus ?
22:26– La problématique des télécoms en Europe,
22:28parce qu'il ne faut pas le regarder avec le prix du franc-confort.
22:30– C'est ce que j'allais dire.
22:31– Ah, désolé.
22:32– Non, non, vas-y, vas-y.
22:33– Il y a 60 opérateurs qui sont contre trois aux États-Unis
22:36et on voit bien que c'est l'Europe qui est contre Poutine,
22:38et c'est vrai que la problématique de la souveraineté
22:40ne doit pas se penser à l'échelle française.
22:41Donc, si on pense que la problématique de la souveraineté
22:44se pense à l'échelle européenne,
22:46toutes les manières, il faut qu'en Europe,
22:49il y ait une consolidation.
22:50Pour qu'il y ait une consolidation,
22:51il faut qu'il y ait des acteurs qui soient suffisamment puissants
22:52pour consolider les autres,
22:54qu'il y ait des plateformes technologiques qui émergent
22:55avec suffisamment d'utilisateurs
22:57pour que les coûts qui sont incrémentaux
22:59dans la partie logicielle,
23:00qui n'est pas l'expertise historique des opérateurs,
23:03puissent être couverts par le nombre de consommateurs.
23:05– Oui, mais ça, ça serait un Big Bang commercial,
23:07ça c'est impossible, non ?
23:08– C'est aujourd'hui ce qui est en train de se passer.
23:09– On pourrait imaginer un Orange et un Deutsche Telekom, par exemple,
23:12c'est ça que tu imagines.
23:13– Non, mais c'est pas ça, c'est ce qui s'est…
23:15– Il y a eu des essais au cours des…
23:17– Voilà, c'est ce qui est en train de se passer,
23:18le seul qui est arrivé, c'est Deutsche Telekom.
23:21– Le KPN, oui.
23:23– La plupart des gens qui ont essayé de le faire pour le moment
23:25se sont heurtés à la régulation européenne
23:26qui est pensée par pays.
23:28Donc en fait, il y a deux couches de régulation.
23:29Il y a une couche de régulation des télécoms pays
23:34et une couche européenne.
23:37Et puis après, il y a la couche de la concurrence.
23:39Et en fait, là, la problématique,
23:40c'est qu'on a un régulateur qui a comme objectif
23:44de la qualité de service pour le consommateur, d'accord ?
23:46Ce qui lui apporte, c'est est-ce que le consommateur,
23:49donc l'ARCEP, pour être très clair,
23:50et eux, aujourd'hui, qu'il y en ait quatre ou trois,
23:52ils peuvent vivre avec si la qualité de service est garantie.
23:55Et on voit que quand SFR ne va pas bien,
23:56il n'investit pas assez dans le réseau,
23:57la qualité est merdique, etc.
23:59Donc, il y a un intérêt pour le consommateur.
24:02Bon, ça va, c'est pas gentil de dire merdique
24:03parce que c'est quand même une très bonne qualité à l'échelle.
24:05La qualité est consommateur.
24:07Et donc, quelque part, il y a un besoin d'un investissement
24:09dans ce domaine-là.
24:10Aujourd'hui, ce qu'on sait au niveau économique,
24:12au niveau macro, c'est que dans tous les pays,
24:14quand il y a quatre opérateurs,
24:16le premier gagne pas mal d'argent,
24:18le deuxième gagne un peu d'argent,
24:20le troisième est juste à l'équilibre,
24:21le quatrième perd de l'argent.
24:22Ce qui veut dire, et ça reprend ce que dit Yves,
24:24que quand on a un quatrième qui est imposé par la régulation
24:26et que celui-ci, il va perdre de l'argent,
24:29il faut voir d'où vient l'argent.
24:31Et donc, quand Free a été créé,
24:34il a été largement aidé par Huawei,
24:36qui lui a fourni des équipements.
24:38Donc, on a pris de l'argent chinois pour être...
24:40Ça, c'était avant tout le scandale Huawei.
24:43Mais c'était super bien joué de la part de Xavier.
24:45Mais maintenant, si on recrée ou on permet
24:47à un autre opérateur qui ne sera pas profitable d'arriver,
24:50le système va fuir.
24:51Et jusqu'à présent, tant qu'il fuyait
24:53et qu'on était dans un cadre européen
24:55parce que l'équipementier, il était européen,
24:57c'est pas grave.
24:57Mais maintenant, il n'y a plus d'équipementier.
24:59Il ne reste plus que deux
25:00qui sont presque plus au niveau international.
25:02Ericsson et Nokia.
25:03Ericsson et Nokia.
25:04On a un problème de fuite générale
25:06de l'écosystème des télécoms
25:08qui était une des forces de l'Europe jusqu'à présent.
25:10Et puis, le souci que l'on a aujourd'hui,
25:11c'est qu'on a, je reprends l'exemple de la France,
25:13qu'on a un premier qui est assez puissant
25:15et que ce n'est pas en...
25:17Même si le 2, 3, 4 s'alliaient,
25:20il ne pourrait pas être aussi puissant.
25:22Pour que le 2, le 3 remontent au niveau du 1,
25:25il faut qu'il y en ait un qui soit en forte croissance.
25:27Or, aujourd'hui, on ne peut pas en...
25:29Et c'est pour ça que ce que tu disais était important.
25:31Moi, je pense qu'il faut vraiment réfléchir
25:33à l'échelle européenne.
25:34Mais il est temps aussi d'abattre un peu ces frontières
25:37parce que ce n'est pas normal
25:38qu'un Orange pour acheter un opérateur
25:41espagnol, ça prenne des lustres.
25:43Il y a plein de contraintes réglementaires et tout ça.
25:45Il faut que ça aille beaucoup plus vite,
25:46ce genre de choses.
25:47Mais enfin, je parle d'Orange,
25:48mais je parle de Free aussi.
25:49Free sur l'Italie.
25:50Il y a...
25:50Il y a...
25:50Il y a...
25:51Il y a des acquisitions à l'international.
25:52Il y a...
25:53Aujourd'hui, il y a...
25:55Il y a celui qui a la stratégie européenne
25:56la plus crédible technologiquement.
25:59Et donc, c'est vrai qu'on a quand même intérêt,
26:01si on pense que la France doit encore jouer
26:02un rôle en Europe,
26:03à favoriser l'émergence de champions pan-européens.
26:05Il y en a deux qui peuvent jouer,
26:07Free et Orange.
26:11Il regarde un peu tout ce jeu de domino...
26:13Enfin, ce jeu d'échec, là, entre les quatre.
26:15Il va regarder ça...
26:16Enfin, pour moi, il va faire l'erreur
26:18de regarder ça encore une fois
26:19à un niveau français,
26:20penser consommateur français,
26:21ce qui est bien.
26:22Ça évolue.
26:22Mais voilà, il faudrait que ça évolue.
26:24Non, ça évolue.
26:24Ça a été dit par la Commission.
26:26Ça évolue au regard de la guerre en Ukraine
26:28qui catalyse quand même un certain nombre de choses.
26:30Qui accélère peut-être...
26:30Qui accélère énormément ces choses-là.
26:32Et c'est la souveraineté qui probablement sauvera
26:33le fait qu'on peut mettre la souveraineté
26:35avant le consommateur.
26:36Bon, écoutez, on va suivre quand même
26:39l'épisode SFR de près.
26:40Et on verra bien ce qui va se passer.
26:42Merci beaucoup à tous les trois.
26:44C'était top.
26:44Et franchement, il va falloir qu'on prenne le temps
26:47et peut-être moins évoquer de sujets
26:49dans une heure pour rentrer dans les détails.
26:52Parce que c'est ce que vous racontez passionnant.
26:54Et j'en doutez pas une seule seconde
26:55en vous réunissant tous les deux.
26:57Merci, Thomas.
26:57Merci, merci.
26:58A très bientôt.
26:59Thomas Serval, donc PLG de Baracoda.
27:00Yves, à très vite.
27:02Merci à vous.
27:02Operating Partner chez Joel Capital
27:04et ancien président de HTC, Fred.
27:06On ne se retrouve pas lundi.
27:08On ne se retrouve pas lundi, non.
27:09puisqu'il y aura une soirée spéciale politique.
27:12Puisque, vous le savez, François Bérot
27:14joue l'avenir du gouvernement lundi.
27:17Et BFM Business casse sa grille
27:19pour justement accompagner
27:21toutes ces décisions politiques lundi.
27:24On sera là mardi, en revanche.
27:25Ah oui, on sera là mardi.
27:26Et tout le week-end en rediffusion.
27:28Évidemment, les replays, les podcasts.
27:29De quoi je me maile,
27:31qui vous attendra aussi.
27:32Tech & Co Business, bien sûr.
27:34Donc, il y a plein de choses
27:35à se mettre sous la dent, comme on dit.
27:37Sous-titrage Société Radio-Canada
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