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  • il y a 5 mois
En 1980, Bruno Sulak, légionnaire parachutiste déserteur, est arrêté pour avoir cambriolé un supermarché. Un an plus tard, il s'évade de prison. Epris d'action et d'aventure, le braqueur au sourire ravageur enchaîne les exploits à visage découvert.

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Transcription
00:00:30Bruno Sulac. Il était jeune, il était beau, il avait un sourire ravageur et de l'audace à revendre.
00:00:44C'est un visage découvert qu'il opérait. Il s'est d'abord attaqué aux caisses des supermarchés, puis entre deux évasions, aux bijouteries de luxe.
00:00:53Une course au record. C'est déguisé en tennisman qu'il a dévalisé la bijouterie quartier. Son butin, 40 millions de francs.
00:01:03Ses pieds de nez ont fait de lui l'ennemi public numéro un. Un ennemi qui a su séduire pourtant policier, magistrat, un gardien de prison
00:01:12et même un sous-directeur de Fleury-Mérogis. Bruno Sulac avait un principe, ne jamais faire usage de la violence.
00:01:21Pourtant, le sang a fini par couler sur son chemin.
00:01:2640 millions de francs de bijoux. C'est l'un des plus importants vols de bijoux jamais commis en France.
00:01:32C'est un des premiers qui va braquer à visage découvert. Il est gonflé le mec.
00:01:37Il fait un braquage. Il y a une dame dans une bijouterie qui était en train d'essayer une bague.
00:01:43Il lui refile la bague en douce pour qu'elle ait sa bague.
00:01:46C'est un garçon assez grand, très brun. Il est beau. Il a beaucoup de charme.
00:01:51Il fascinait la médinette. Il fascinait la ménagère de plus de 50 ans.
00:01:57Il est gentil avec les gens. Il est tout de même. C'est en gros, je te braque, mais j'aimerais bien que tu m'aimes quand même.
00:02:02Je suis un petit lutin.
00:02:03Il a mis le ministère de l'Intérieur en émoi. Il faut arrêter ce mec-là.
00:02:09D'engranger autant d'argent avec autant de sympathie.
00:02:12Il est devenu un mythe, quelqu'un de plus intéressant que de détestable.
00:02:2118 mai 78. Le soleil est à peine levé quand les paras du 2e régiment de Calvi en Corse sautent sur Colvésie, aux Aïrnes.
00:02:31Ils viennent libérer des milliers d'Européens et de Zaïrois, retenus en otages par des rebelles.
00:02:37Plus de 600 hommes participent à cette mission secrète, tous sauf un.
00:02:45Ce matin-là, un légionnaire manque à l'appel.
00:02:485 mois plus tard, le samedi 14 octobre 78 dans le Tarn.
00:02:55Le supermarché Mammouth d'Albi ouvre ses portes.
00:03:02Claudine s'affaire à la caisse centrale avec le directeur de la banque chargé du magasin.
00:03:07Il faut compter et recompter.
00:03:13Après la nocturne du vendredi, les fonds sont importants.
00:03:17Quand tout à coup...
00:03:18J'ai vu ma collègue de travail arriver avec une personne dans le dos qui a braqué.
00:03:31Un 2e homme s'engouffre à sa suite et dégaine son arme.
00:03:35Le banquier avait un pistolet sur la tempe.
00:03:39Nous, il nous a maîtrisés avec ma collègue, avec un autre revolver.
00:03:45On leur a demandé de ne pas nous tuer,
00:03:47de...
00:03:48qu'on leur donnerait tout ce qu'on avait,
00:03:53surtout de ne pas nous faire mal.
00:03:58Les 2 hommes font main basse sur la recette.
00:04:01Claudine perd ses moyens.
00:04:02Je ne me sens pas bien.
00:04:06J'ai lâché prise et bon, je me suis évanouie.
00:04:12Les braqueurs agissent à visage découvert,
00:04:15comme s'ils n'avaient rien à perdre.
00:04:17L'un d'eux a un morceau de scotch bleu collé au-dessus de la bouche.
00:04:24Celui qui avait le scotch sur la bouche était brun.
00:04:28Bon, on ne me voyait pas trop...
00:04:29trop son visage, quoi.
00:04:33Effectivement, le scotch...
00:04:35cache une partie, quoi.
00:04:38Mais par contre, le second,
00:04:40c'était un très bel homme,
00:04:42avec des yeux très clairs,
00:04:44blanc, et c'était vraiment...
00:04:48c'est un beau mec.
00:04:49Un beau mec, qui plus est bien élevé.
00:04:55Le blond et le brun se montrent rassurants.
00:04:58On n'est pas là pour vous faire du mal,
00:04:59on est là pour prendre l'argent, c'est tout.
00:05:01Ne vous inquiétez pas, tout va bien se passer.
00:05:04Et puis voilà, nous avons pris l'argent,
00:05:06nous sommes repartis,
00:05:08et puis on était bien contents d'avoir réussi ça.
00:05:11Ça permet de passer un bon dimanche,
00:05:14ensuite, quand on part avec les poches pleines.
00:05:17Une Simca attend les deux hommes sur le parking.
00:05:23Mais quelques centaines de mètres plus loin,
00:05:25ils l'abandonnent pour une voiture relais.
00:05:30Une fois à l'abri,
00:05:31les braqueurs font le bilan.
00:05:33293 000 francs,
00:05:35et un gros tas de chèques
00:05:36à l'ordre du supermarché.
00:05:38Des chèques qu'ils déchirent aussitôt.
00:05:42On était très très heureux
00:05:44pour les familles, par exemple,
00:05:46qui étaient nécessiteuses ou autres,
00:05:47qui venaient faire leurs courses,
00:05:48et on était convaincus
00:05:50d'avoir fait un cadeau à ces gens-là,
00:05:51et c'était une bonne satisfaction supplémentaire.
00:06:04Jean-Luc Doms, à l'époque,
00:06:05vous êtes le juge d'instruction
00:06:07chargé du braquage du mammouth d'Albi.
00:06:11Les caissières sont entendues.
00:06:12Comment décrivent-elles les deux braqueurs ?
00:06:15Les descriptions étaient très précises.
00:06:18Très précises,
00:06:19et manifestement,
00:06:20un des deux braqueurs
00:06:21avait attiré leur attention.
00:06:24Pour faire moderne et vulgaire,
00:06:25je dirais que c'était un beau gosse.
00:06:28Et que donc,
00:06:29ces caissières,
00:06:31eh bien,
00:06:31avaient eu l'œil attiré
00:06:32par cet individu
00:06:33un peu barraqué,
00:06:36un peu 85,
00:06:38les cheveux clairs,
00:06:40l'œil bleu,
00:06:41et qui, manifestement,
00:06:43ne passait pas inaperçu.
00:06:45– Et le brun ?
00:06:46– Alors le brun,
00:06:48il avait une attirance esthétique moindre,
00:06:51mais enfin,
00:06:51il avait quand même un sparadrap
00:06:52sur la lèvre.
00:06:55Et ça, bien sûr,
00:06:56il y a forcément une raison.
00:06:56La mode n'était pas
00:06:58à se porter
00:06:58des rubros adhésifs bleus,
00:07:01comme on peut mettre un persigne,
00:07:02ça pourrait peut-être
00:07:03un jour devenir la mode,
00:07:04ce n'était pas le cas.
00:07:05Et le peu de mots
00:07:06qu'il a prononcés
00:07:07pour donner des ordres
00:07:08aux détenteurs des fonds,
00:07:11on a repéré
00:07:12qu'il l'avait allégé bégaiement.
00:07:14– D'autres témoins
00:07:15vous rapportent
00:07:15des éléments intéressants ?
00:07:17– Une personne
00:07:18qui a vu
00:07:19s'enfuir des individus
00:07:22volant d'un véhicule
00:07:24dont il donne la marque,
00:07:25la couleur,
00:07:26et une immatriculation partielle
00:07:28qui estime
00:07:29qu'en sang verte
00:07:30qui avait été volée
00:07:31quelques jours auparavant
00:07:32qu'on a retrouvée
00:07:33un kilomètre plus loin.
00:07:36– J'imagine
00:07:36que vous faites
00:07:37analyser cette voiture.
00:07:40Qu'est-ce qu'on y trouve
00:07:40à l'intérieur ?
00:07:42– Un morceau
00:07:43de papier adhésif
00:07:44qui manifestement,
00:07:46d'après les témoins,
00:07:46était celui
00:07:47qui était sur la lèvre
00:07:48d'un des auteurs supposés
00:07:51et surtout un blouson.
00:07:53– Les deux hommes
00:07:54agissent à visage découvert,
00:07:55c'est quand même assez exceptionnel.
00:07:57Qu'est-ce que ça raconte d'eux ?
00:07:59– Soit c'est quelqu'un
00:08:00qui n'en a rien à faire
00:08:01d'être reconnu.
00:08:03Et là, on a deux hypothèses,
00:08:05c'est quelqu'un
00:08:05qui n'est pas du coin,
00:08:07qui est sûr
00:08:07de ne jamais être reconnu.
00:08:09Soit c'est un illuminé
00:08:12qui a fait un geste compulsif,
00:08:15non préparé,
00:08:16je fais un braquage,
00:08:17j'y pense cinq minutes avant,
00:08:18je pars, je me…
00:08:20et troisième hypothèse,
00:08:21c'est l'individu
00:08:21qui dit
00:08:22« de toute façon,
00:08:23je ne serai pas pris ».
00:08:24– Quelques mois plus tard,
00:08:28les policiers de Bordeaux
00:08:29prennent contact
00:08:30avec leurs collègues
00:08:32de Toulouse.
00:08:33Un braquage
00:08:33vient d'être commis
00:08:34dans un supermarché mammouth
00:08:36à Lalloubert,
00:08:37près de Tarbes.
00:08:38Là aussi,
00:08:40les malfaiteurs
00:08:40ont agi
00:08:41à visage découvert
00:08:42et l'un d'eux
00:08:43avait un morceau
00:08:44de scotch bleu
00:08:45au-dessus de la bouche.
00:08:45Malgré ces détails,
00:08:48la police n'arrive
00:08:49toujours pas
00:08:49à identifier les braqueurs.
00:08:5524 février 79.
00:08:58Ce jour-là,
00:08:59c'est Jour de Noce
00:08:59à Boulazac
00:09:01en Dordogne.
00:09:03Il a 22 ans,
00:09:04elle,
00:09:05elle est enceinte
00:09:05de six mois.
00:09:07Il s'appelle
00:09:07Bruno Sulac,
00:09:09elle,
00:09:09Patricia.
00:09:11Elles portent
00:09:11leur premier enfant,
00:09:12ils sont heureux,
00:09:14ils viennent de se dire
00:09:15oui
00:09:15pour la vie.
00:09:17Pourtant,
00:09:17le jeune marié
00:09:18n'est pas aussi tranquille
00:09:19qu'il en a l'air.
00:09:20En fait,
00:09:21cela fait des mois
00:09:21qu'il se cache
00:09:22sous une fausse identité.
00:09:26Depuis qu'il a déserté
00:09:27de la Légion
00:09:28et loupé
00:09:29une opération
00:09:30d'envergure.
00:09:34Il a d'ailleurs
00:09:35de bonnes raisons
00:09:36d'être inquiet
00:09:37car Bruno Sulac
00:09:38est activement recherché
00:09:40pour cette désertion.
00:09:42La police de Périgueux
00:09:43l'a même à l'œil.
00:09:45On va quand même
00:09:48essayer
00:09:49de faire
00:09:50un environnemental
00:09:51de Bruno Sulac
00:09:53et on s'aperçoit
00:09:55qu'il fréquente
00:09:56régulièrement
00:09:57un nommé
00:09:58Cario
00:09:59Cario Yves
00:10:00qui est connu
00:10:01de nos services
00:10:02et ces deux personnes
00:10:03fréquentent régulièrement
00:10:04les boîtes de nuit,
00:10:05vraisemblablement
00:10:06dépensent beaucoup d'argent,
00:10:08ils ne travaillent
00:10:09ni l'un
00:10:09ni l'autre,
00:10:11ils louent des maisons,
00:10:12ils voyagent beaucoup,
00:10:13enfin ils mettent
00:10:13un grand train de vie
00:10:15et tous deux sont
00:10:16disons
00:10:17roulés mécaniques
00:10:19dans les boîtes de nuit,
00:10:20sont bagarreurs
00:10:21et autres.
00:10:24Ce train de vie
00:10:25de blousons dorés
00:10:26intrigue
00:10:27les policiers.
00:10:29Alors le 28 février
00:10:30au soir,
00:10:30quatre jours
00:10:31après son mariage,
00:10:33il monte une planque
00:10:33devant chez Sulac.
00:10:37Les policiers
00:10:38savent que le déserteur
00:10:39a loué une voiture
00:10:40sous une fausse identité,
00:10:42il finira bien
00:10:42par se montrer.
00:10:44Nous n'oublions pas
00:10:45que c'est un légionnaire,
00:10:46donc il est aguerri
00:10:47au sport de combat,
00:10:48il est aguerri
00:10:49aux armes
00:10:50et autres.
00:10:50Donc comme on ne sait
00:10:51pas très bien
00:10:52sur quoi on va tomber,
00:10:54on a pris
00:10:54toutes les précautions.
00:10:55à 23h30,
00:11:00on voit arriver
00:11:00la Renault 30,
00:11:02on laisse garer,
00:11:04on laisse descendre
00:11:04le conducteur
00:11:05et armes au poing.
00:11:10On ne lui a pas laissé
00:11:11le temps.
00:11:11Dès qu'elle était dehors,
00:11:12on lui a sauté dessus.
00:11:14On l'a braqué.
00:11:18Bruno Sulac
00:11:18n'oppose aucune résistance.
00:11:21Il est avec sa jeune femme,
00:11:22Patricia.
00:11:25Yves Cariot,
00:11:26son beau-frère,
00:11:27n'est pas du voyage.
00:11:30Patricia était enceinte
00:11:31de plusieurs mois.
00:11:34On dit qu'elle se sent mal,
00:11:36qu'elle aimerait bien
00:11:37qu'on la reconduise
00:11:38chez ses parents.
00:11:40On l'appelle une patrouille
00:11:41et effectivement,
00:11:42on fait reconduire Patricia.
00:11:44En fait,
00:11:44on n'a rien contre elle.
00:11:45Donc on l'a fait reconduire
00:11:46chez ses parents.
00:11:49Les policiers
00:11:50embarquent donc Sulac.
00:11:52Ils font aussi
00:11:52le tour de la voiture
00:11:54et là,
00:11:55surprise.
00:11:56Dans le coffre
00:11:57de la voiture,
00:11:58une valise.
00:11:59Dans cette valise,
00:12:00trois calibres,
00:12:02deux revolvers
00:12:03et un pistolet automatique,
00:12:05des cagoules.
00:12:06Une somme d'argent,
00:12:07à l'époque,
00:12:08il me semblait
00:12:08qu'il y avait à peu près
00:12:09entre 150 000
00:12:10et 200 000 francs.
00:12:12et également des menottes.
00:12:17Donc à boule,
00:12:18arme,
00:12:18menottes,
00:12:19argent.
00:12:20C'est manifeste.
00:12:22Il rentre d'abord
00:12:23certainement
00:12:24d'un braquage.
00:12:26Cette fois,
00:12:26Jean-Pierre Moura
00:12:27et ses hommes
00:12:28changent de braquets.
00:12:30Ils pisent tête
00:12:30un déserteur,
00:12:32ils viennent de tomber
00:12:32sur un gangster.
00:12:34La garde à vue
00:12:35du légionnaire
00:12:36prend une toute autre tournure.
00:12:39On remonte la valise
00:12:39et on la présente
00:12:41à Sulac.
00:12:43Là,
00:12:43il est décomposé.
00:12:46Il se met à bégayer
00:12:46parce qu'il a un bégayement.
00:12:49Il n'arrive plus
00:12:49à placer deux mots
00:12:50l'un après l'autre.
00:12:52Il met très peu de temps
00:12:53à reconnaître,
00:12:54enfin,
00:12:54devant l'évidence,
00:12:55les calibres et autres.
00:12:57Il reconnaît
00:12:57qu'il rentre
00:12:58à Molde.
00:12:59Et c'est lui-même
00:13:00qui nous indique l'endroit.
00:13:01Il nous dit
00:13:01qu'il rentre
00:13:02d'avoir braqué
00:13:02le Mont-Lors
00:13:04à côté de Montpellier.
00:13:07Le Mont-Lors
00:13:08de Latte
00:13:08dans l'Hérault
00:13:09à 500 kilomètres de là.
00:13:15Les policiers vérifient.
00:13:17Tout est vrai.
00:13:19Il y a trois cas de boule,
00:13:20il y a trois cas libres,
00:13:21il y a trois auteurs,
00:13:22au moins.
00:13:23On essaie d'en savoir plus
00:13:24sur ses éventuels complices.
00:13:28Et là,
00:13:28il nous montre
00:13:28un scénario.
00:13:29Alors, il y a
00:13:30Ange le Corse,
00:13:32Jacques le Marseillais.
00:13:33Il nous les décrit
00:13:34en ce qu'on aurait projeté
00:13:36dans le Borsalino
00:13:36avec des bagues,
00:13:39des grosses chaînes en or,
00:13:41l'archétype
00:13:43du Truand, etc.
00:13:47Ces salades
00:13:48à la Borsalino,
00:13:49les policiers
00:13:50n'y croient pas une seconde.
00:13:52Bruno Sulac
00:13:52ne fait pas un pas
00:13:53sans son beau-frère,
00:13:54Yves Carillot
00:13:55est forcément dans le coup.
00:13:57Mais il est sans doute
00:13:58déjà au courant
00:13:59de l'arrestation.
00:14:00Les policiers réalisent
00:14:01qu'ils ont fait une bourde
00:14:02en relâchant Patricia.
00:14:05La jeune mariée
00:14:06a déjà dû prévenir
00:14:08Yves Carillot.
00:14:10Elle a pu me téléphoner
00:14:12en disant
00:14:12qu'ils viennent d'arrêter Bruno.
00:14:13J'ai sauté dans la voiture,
00:14:15j'ai dit à mon épouse
00:14:15que je m'en vais.
00:14:17Je suis descendu
00:14:18vers le commissariat
00:14:19en imaginant
00:14:20que je pourrais rentrer
00:14:20dans le garage
00:14:21où ils stockent les voitures
00:14:23pour prendre cette valise
00:14:25à minima.
00:14:27Et en partant
00:14:28de chez moi,
00:14:29je vois
00:14:30tout un tas de policiers
00:14:32en voiture,
00:14:33en moto, etc.
00:14:34Qui prenaient la direction
00:14:35de ce petit village
00:14:36où j'habitais auparavant.
00:14:38Et là,
00:14:38j'ai changé de route directement
00:14:39et je suis parti
00:14:40directement à Marseille.
00:14:43L'oiseau s'est envolé,
00:14:44il a quitté le domicile,
00:14:45il est parti en cavale
00:14:46et on ne va pas
00:14:48le récupérer.
00:14:51Monsieur le juge,
00:14:52deux semaines plus tard,
00:14:53le 10 mars 79,
00:14:55Yves Carillot
00:14:56se constitue prisonnier
00:14:58à la gendarmerie
00:14:59de Montpellier.
00:15:00C'est exceptionnel,
00:15:00ça, non ?
00:15:02Lorsqu'un individu
00:15:03se sent traqué,
00:15:06un individu intelligent
00:15:07qui sait très bien
00:15:08les traces
00:15:09qu'il a laissées
00:15:10derrière lui,
00:15:11qui sait très bien
00:15:11la situation difficile
00:15:13dans laquelle il est,
00:15:14qui sait très bien
00:15:15que son comparse
00:15:16a été interpellé
00:15:17et qu'il est passé
00:15:18à des demi-aveux
00:15:19et qui analyse
00:15:21avec intelligence
00:15:22la situation
00:15:23comme pouvait le faire
00:15:23M. Carillot,
00:15:25que lui reste-t-il
00:15:26pour sa défense ?
00:15:28Je montre que je me
00:15:29constitue prisonnier,
00:15:30donc je coopère,
00:15:32donc je vais au-devant
00:15:33de l'enquête.
00:15:34Quand une mongolfière
00:15:35veut s'élever,
00:15:36elle lâche du lest.
00:15:37Le blouson et le scotch
00:15:38qu'on a retrouvé
00:15:39dans la Simca,
00:15:41est-ce que vous parvenez
00:15:42à les leur attribuer ?
00:15:45Alors,
00:15:46le blouson,
00:15:47oui,
00:15:48par le raisonnement
00:15:49qui consiste
00:15:51à retrouver
00:15:52le fabricant,
00:15:53retrouver la vente,
00:15:54retrouver la boutique
00:15:56et on arrive
00:15:57à Périgueux
00:15:58où effectivement
00:15:59on voit que
00:16:00Mme Carillot
00:16:00a acheté ce blouson
00:16:02à cet endroit
00:16:03pour son mari
00:16:04et qu'on retrouve
00:16:05dans la voiture.
00:16:06Quant au scotch,
00:16:07on ne peut pas
00:16:07l'attribuer
00:16:08mais on a l'explication
00:16:10de la rationalité
00:16:12de ça.
00:16:13Parce que M. Sulac
00:16:14avait un petit nebus
00:16:16sur la lèvre.
00:16:18Un petit grain de beauté,
00:16:19c'est ça ?
00:16:19Un grain de beauté
00:16:19qui avait été opéré
00:16:20donc il lui faisait
00:16:21une petite malformation
00:16:22et qui le rendait
00:16:24très reconnaissable.
00:16:27Mais j'aimerais dire
00:16:27avec l'adhésif bleu
00:16:28il était encore
00:16:28plus reconnaissable.
00:16:30Vous les entendez
00:16:30tous les deux ?
00:16:31Oui.
00:16:32Ils avouent ?
00:16:33Non, jamais.
00:16:34Jamais ?
00:16:35Jamais.
00:16:36Pour vous,
00:16:36il n'y a pas de doute ?
00:16:37Vous les inculpez pour ?
00:16:39Pour voir la main armée.
00:16:46Marie-Christine Hettelin,
00:16:47vous êtes l'avocate
00:16:48de Bruno Sulac.
00:16:49D'où vient-il ?
00:16:50Qui est-il en fait ?
00:16:52C'est un garçon
00:16:53qui est issu
00:16:54d'une famille très simple.
00:16:56Son père était
00:16:57un ancien légionnaire
00:16:59qui avait subi
00:17:03un accident extrêmement grave
00:17:05en Indochine,
00:17:07au Vietnam
00:17:08et qui avait été
00:17:09amputé du bras gauche.
00:17:10Il était donc pensionné
00:17:11de la Légion étrangère
00:17:12mais il tenait un café
00:17:15à Marseille.
00:17:18Bruno avait des frères et sœurs
00:17:19et c'est le frère aîné.
00:17:21et en fait,
00:17:23il s'ennuyait à l'école.
00:17:24Il décroche
00:17:24à partir de la première.
00:17:26Il décroche
00:17:27et il s'accroquine
00:17:30avec des petites bandes
00:17:30de quartiers.
00:17:31Ce n'est pas bien grave
00:17:32mais il vole un jour
00:17:34une mobilette
00:17:34et la sanction
00:17:36tombe assez terrible.
00:17:38C'est-à-dire ?
00:17:39Il a été incarcéré
00:17:40et le tribunal
00:17:41a prononcé
00:17:43une peine de 4 mois
00:17:44d'emprisonnement
00:17:45ferme.
00:17:46Ce qui était rare
00:17:47quand même déjà
00:17:47à l'époque.
00:17:48Pour un vol de mobilette ?
00:17:49Pour un vol de mobilette.
00:17:51Et là,
00:17:52ne sachant pas trop
00:17:52quoi faire,
00:17:54il s'engage dans la Légion,
00:17:55il part en Corse,
00:17:57il est bien noté.
00:17:59Pourquoi est-il déserté ?
00:18:00Un jour,
00:18:01il bénéficie
00:18:02d'une permission
00:18:03de 5 jours
00:18:03mais avec interdiction
00:18:04de se rendre
00:18:06sur le continent.
00:18:07Pour lui,
00:18:08se rendre sur le continent
00:18:09c'est aller voir sa famille.
00:18:10Donc là,
00:18:11il part à Marseille
00:18:13pour voir,
00:18:14embrasser sa famille,
00:18:14il passe 3 jours,
00:18:15il veut rentrer,
00:18:18il ne se donne pas
00:18:18les moyens bien sûr
00:18:19de rentrer,
00:18:20pas de bateau,
00:18:21pas d'avion,
00:18:22il est considéré
00:18:25comme ayant,
00:18:26si vous voulez,
00:18:27échappé
00:18:28déserteur
00:18:30immédiatement.
00:18:31En fait,
00:18:31il a loupé l'occasion
00:18:32de prouver
00:18:33qu'il pouvait être
00:18:34un héros
00:18:34comme son père.
00:18:35Tout à fait.
00:18:36A 24 ans,
00:18:44Bruno Sulac rêve
00:18:45d'évasion
00:18:46et 15 mois
00:18:47après son arrestation,
00:18:48le 24 juin 1980,
00:18:51il joue
00:18:51les filles de l'air.
00:18:54De la prison
00:18:55de Montpellier,
00:18:56Bruno Sulac
00:18:57et Yves Cario
00:18:58sont transférés
00:18:58à la maison d'arrêt
00:18:59d'Albi
00:18:59où leur procès
00:19:01pour le braquage
00:19:02du mammouth
00:19:02doit bientôt commencer.
00:19:04Un procès
00:19:06auquel les deux hommes
00:19:07n'ont pas du tout
00:19:08l'intention d'assister.
00:19:12La prison
00:19:13était violable.
00:19:16Oui,
00:19:16violable.
00:19:17Alors,
00:19:18Bruno a eu cette idée
00:19:19de faire rentrer
00:19:22du matériel.
00:19:23Alors,
00:19:23il y avait 4 lames de scie,
00:19:24c'était pas énorme,
00:19:254 lames de scie
00:19:26et 2 tolky-walkies.
00:19:31Équipés grâce
00:19:32à des complicités extérieures,
00:19:34chacun se prépare
00:19:35dans sa cellule.
00:19:38À partir de 9h le soir,
00:19:39quand les cellules
00:19:40sont fermées définitivement,
00:19:42on a commencé
00:19:42à scier nos barreaux
00:19:43parce que ça prend du temps
00:19:44et puis les lames
00:19:45de scie cassent.
00:19:48On a réussi à sortir,
00:19:50on avait un top.
00:19:52Moi,
00:19:52je l'entendais,
00:19:53j'entendais nos amis
00:19:54qui étaient de l'autre côté
00:19:54en disant,
00:19:55bon,
00:19:55c'est bon,
00:19:56on est en place,
00:19:56nous.
00:19:57Et là,
00:19:57Bruno a lancé le top
00:19:58en disant,
00:19:59bon,
00:19:59envoyez,
00:20:00ils ont envoyé la corde,
00:20:02on est sortis
00:20:02de nos cellules,
00:20:03on est parti en courant
00:20:04dans les chemins de ronde.
00:20:07Les deux prisonniers foncent
00:20:08vers le mur d'enceinte
00:20:10quand tout à coup...
00:20:12Les surveillants étaient
00:20:15rentrés dans la cour,
00:20:16on les avait entendus
00:20:17rentrer dans la cour courir
00:20:18en criant,
00:20:19arrêtez-vous,
00:20:19arrêtez-vous,
00:20:20arrêtez-vous.
00:20:21Et à un moment donné,
00:20:22ils ne disaient plus rien.
00:20:24Moi,
00:20:24je me suis tourné comme ça,
00:20:26j'étais en train de pousser
00:20:26Bruno,
00:20:27il avait les pieds sur ma tête
00:20:28et j'ai vu qu'il s'est arrêté
00:20:31et il y en avait un qui a mis
00:20:32le genou à terre
00:20:32et qu'il me visait.
00:20:34Bruno a fait le choix
00:20:40de basculer tête la première,
00:20:42il est retombé 4 mètres plus bas
00:20:43sur nos amis qui étaient là
00:20:45et moi,
00:20:46j'ai lâché,
00:20:47je suis resté dans la partie
00:20:48de l'enceinte de la prison
00:20:50et donc,
00:20:52j'ai été repris.
00:20:55Et Bruno est parti,
00:20:56quoi.
00:20:56Yves Cariot va payer cher
00:21:00sa tentative d'évasion,
00:21:0245 jours de mitard.
00:21:06Quant à Bruno Sulac,
00:21:08il vient de réussir
00:21:09sa première évasion
00:21:10à 24 ans.
00:21:13Bruno Sulac est en cavale,
00:21:16mais une cavale,
00:21:17ça coûte cher.
00:21:18Les braquages du supermarché
00:21:19reprennent donc de plus belles,
00:21:21les braquages,
00:21:21mais pas seulement.
00:21:23En prison,
00:21:24Sulac avait fait une promesse,
00:21:25celle de libérer
00:21:27un de ses co-détenus.
00:21:29Deux mois seulement
00:21:30après son évasion,
00:21:31le 24 août 1980,
00:21:34il tient parole.
00:21:38Ce jour-là,
00:21:39c'est jour de parloir
00:21:41à la maison d'arrêt
00:21:42de Montpellier.
00:21:44La foule se presse
00:21:45devant les portes
00:21:46sans savoir
00:21:47qu'elle compte
00:21:48deux visiteurs
00:21:49très motivés.
00:21:53Dès qu'ils arrivent
00:21:54à l'intérieur,
00:21:54au moment de
00:21:55où on leur demande
00:21:56leur papier,
00:21:56ils sortent
00:21:57des gros revolvers.
00:21:59Ils braquent
00:22:00les gardiens
00:22:00qui sont là.
00:22:02L'un des surveillants
00:22:03est retenu en otage
00:22:04devant la porte
00:22:05par un homme brun,
00:22:07costaud,
00:22:07le visage découvert.
00:22:10Son complice,
00:22:10Cagoulé,
00:22:11menace un autre gardien
00:22:12et se fait ouvrir
00:22:13une à une
00:22:14les portes
00:22:15de la prison
00:22:16jusqu'au parloir
00:22:17où se trouve
00:22:18un truand marseillais,
00:22:19un certain
00:22:20Jean-Louis.
00:22:21celui qui vient
00:22:23faire libérer
00:22:23Jean-Louis
00:22:24dit
00:22:24« Et Yves,
00:22:25il est où ? »
00:22:26On lui répond
00:22:27qu'il est au Mithar.
00:22:29Le Mithar,
00:22:30mission impossible.
00:22:32L'homme Cagoulé
00:22:32semble très contrarié
00:22:34qu'il ne soit pas
00:22:35du voyage.
00:22:38Il propose
00:22:38à tous les détenus
00:22:39qui sont là
00:22:39de sortir
00:22:40pour en profiter
00:22:42puisque les portes
00:22:43sont ouvertes
00:22:43et que les gardiens
00:22:44sont tenus en respect.
00:22:45Pas un seul détenu
00:22:47ne sort,
00:22:48il n'y a que Jean-Louis.
00:22:49Ils descendent
00:22:50de la prison
00:22:50sans avoir donné
00:22:51un coup
00:22:51à qui que ce soit.
00:22:53Ils montent
00:22:53sur une moto
00:22:54et ils s'en vont.
00:22:58Une évasion
00:22:59sans dégâts,
00:23:00sans blessés
00:23:01et par la grande porte.
00:23:04La police identifie
00:23:05très vite
00:23:05l'auteur
00:23:06de cette opération.
00:23:08L'homme Cagoulé,
00:23:09c'est Bruno Sulac.
00:23:11Sa déception
00:23:11l'a trahi
00:23:12car le Yves du Mithar
00:23:14c'est évidemment
00:23:15Yves Carillot,
00:23:17son beau-frère
00:23:17contre qui
00:23:19le mauvais sort
00:23:20s'acharne.
00:23:22Je n'ai pas pu
00:23:23me retrouver
00:23:24au parloir
00:23:25comme prévu
00:23:26à ce moment-là
00:23:26en même temps
00:23:27que Jean-Louis
00:23:28parce que je m'étais
00:23:29retrouvé au cachot
00:23:30la veille
00:23:30au soir
00:23:31parce que
00:23:33un atom
00:23:33m'avait écrasé
00:23:34ma souris
00:23:34blanche apprivoisée
00:23:35que j'avais fait rentrer
00:23:36par le parloir
00:23:37et j'avais pété un plomb
00:23:40j'avais bousculé
00:23:43le surveillant
00:23:44on va dire
00:23:44et puis je m'étonne
00:23:45au Mithar
00:23:45tout de suite
00:23:46et voilà quoi.
00:23:52Bruno Sulac
00:23:53identifié
00:23:53il est très vite
00:23:55rapproché
00:23:55de son complice
00:23:56le grand brun
00:23:57qui a agi
00:23:58à visage découvert.
00:24:01Il ressemble
00:24:01à l'un de ses copains
00:24:02de la Légion
00:24:03un Yougoslave
00:24:04un certain
00:24:05Dragan Rancic
00:24:06surnommé Drago.
00:24:08Georges Moréas
00:24:18Georges Moréas
00:24:18à l'époque
00:24:18vous êtes le patron
00:24:19de l'OCRB
00:24:20l'office central
00:24:20de répression
00:24:21du banditisme
00:24:22les braquages
00:24:23de supermarchés
00:24:24reprennent
00:24:25de plus belle
00:24:25aux quatre coins
00:24:26de France
00:24:26et c'est à votre service
00:24:28qu'on confie l'enquête.
00:24:29Il était difficile
00:24:30à localiser
00:24:31celui-là
00:24:32parce que
00:24:33d'abord
00:24:33au départ
00:24:34il naviguait
00:24:34sur toute la France
00:24:35on avait
00:24:35plein de services
00:24:37de police
00:24:37et de gendarmerie
00:24:38saisis
00:24:38il n'y avait
00:24:39aucune coordination
00:24:40chacun tient son os
00:24:42et il le garde
00:24:42il ne veut pas le donner
00:24:43c'est une bonne guerre
00:24:44c'est comme ça
00:24:45donc on a eu
00:24:46un peu de mal
00:24:46et après
00:24:47on a réussi
00:24:48au départ
00:24:50centraliser
00:24:51un peu
00:24:51ou chapeauter
00:24:52vous avez le sentiment
00:24:54qu'il vous ridiculise
00:24:55en faisant
00:24:56comme ça
00:24:57en multipliant
00:24:57les hold-up
00:24:58non il s'amuse
00:25:00je crois
00:25:00c'est ça
00:25:01qui fait
00:25:02la particularité
00:25:03du personnage
00:25:03c'est que
00:25:03c'est pas
00:25:04un truant
00:25:04c'est un aventurier
00:25:05au vrai sens
00:25:06du mot
00:25:07c'est à dire
00:25:08comme un pirate
00:25:09c'est à dire
00:25:10qu'il prend de l'argent
00:25:11mais en même temps
00:25:12il prend son plaisir
00:25:13la traque d'un voyou
00:25:19c'est de la cuisine
00:25:20famille
00:25:22amis
00:25:23lieu
00:25:25de repos
00:25:26ou de fréquentation
00:25:27comme bistrot
00:25:28hôtel
00:25:29et campagne
00:25:30donc à partir du moment
00:25:31où on met sous surveillance
00:25:32l'ensemble du panel
00:25:34il y a toujours une lumière
00:25:36qui clignote
00:25:37à un moment ou à un autre
00:25:38les policiers le savent
00:25:41Bruno Sulac
00:25:42a un point faible
00:25:43sa famille
00:25:44c'est pour elle
00:25:45qu'il a déserté
00:25:46parce qu'elle lui manquait trop
00:25:48ils mettent donc
00:25:51le paquet
00:25:51sur ses proches
00:25:52à un moment donné
00:25:54on reçoit
00:25:56une information
00:25:57des collègues
00:25:57de province
00:25:58qui nous disent
00:25:58la soeur
00:26:00de Bruno Sulac
00:26:02Pauline Sulac
00:26:02s'installe à Paris
00:26:04c'était la fin
00:26:05de l'année 81
00:26:06à partir de là
00:26:08on met
00:26:09la soeur
00:26:10de Bruno Sulac
00:26:11sous surveillance
00:26:12on exerçait
00:26:14des surveillances physiques
00:26:15puisque la surveillance
00:26:16téléphonique
00:26:17ne suffisait pas
00:26:17Bruno Sulac
00:26:18était quand même méfiant
00:26:19comme c'était prévisible
00:26:23je veux dire
00:26:24il apparaît
00:26:25dans les radars
00:26:25donc
00:26:27surveillance
00:26:28il sort
00:26:29et on le suit
00:26:31les policiers
00:26:33repèrent sa planque
00:26:34le 25 janvier 82
00:26:36vers midi
00:26:37Moréas
00:26:38donne le top
00:26:39on l'a laissé marcher
00:26:44un petit peu
00:26:44sur le trottoir
00:26:45deux collègues
00:26:46ont embrouillé le parc
00:26:48et puis deux autres
00:26:49sont venus
00:26:49à la rencontre
00:26:50et puis à un moment donné
00:26:51tout le monde s'est rencontré
00:26:52et il a été plaqué au sol
00:26:55il me notait
00:26:57et là
00:26:58l'un d'entre nous
00:26:59s'est penché sur lui
00:27:00il lui a dit
00:27:01c'est toi Sulac
00:27:02et on a entendu la réponse
00:27:05dans un souffle
00:27:06oui
00:27:07là c'était la fin
00:27:10de la première série
00:27:11d'aventure
00:27:12de Bruno Sulac
00:27:13fin de l'aventure
00:27:16c'est l'heure
00:27:17c'est l'heure de perquisitionner
00:27:18la planque de Sulac
00:27:19et la première surprise
00:27:21une femme
00:27:23une nouvelle compagne
00:27:25Thalie
00:27:26les policiers
00:27:27l'arrêtent aussitôt
00:27:28dans l'appartement
00:27:31les enquêteurs
00:27:32trouvent leur bonheur
00:27:33une balance de diamantaires
00:27:34des armes
00:27:36des munitions
00:27:37et tout ce qu'il faut
00:27:38pour fabriquer
00:27:39des faux papiers
00:27:39il s'appelait
00:27:42Bruno Dibon
00:27:43Christophe De Bourges
00:27:44Christophe De Lagrange
00:27:45Bernard Antonini
00:27:47et Eric Lambert
00:27:48c'était toutes
00:27:49ces différentes identités
00:27:50les policiers
00:27:52font encore
00:27:52une autre découverte
00:27:53un brevet d'hélicoptère
00:27:55que Bruno Sulac
00:27:57a obtenu
00:27:57sous un faux nom
00:27:58pendant sa cavale
00:27:59un bon sujet
00:28:03de discussion
00:28:04avec le patron
00:28:05de l'OCRB
00:28:06je venais
00:28:08de terminer
00:28:09mon brevet
00:28:10d'hélico
00:28:10et quand on a fait
00:28:12la perquisition
00:28:13les inspecteurs
00:28:14ont ramené
00:28:14beaucoup de choses
00:28:15et il y avait
00:28:16un bouquin
00:28:16d'instructions
00:28:19de pilotage
00:28:20d'hélico
00:28:20et il m'a dit
00:28:21tiens
00:28:21je te le donne
00:28:22de toute façon
00:28:22là où je vais
00:28:23j'en aurai plus besoin
00:28:24on avait tous
00:28:29autour de la trentaine
00:28:30et il s'est mis
00:28:31à raconter
00:28:31ces histoires
00:28:32de légion
00:28:33ceci
00:28:34cela
00:28:34toujours avec
00:28:35le sourire
00:28:36et malgré tout
00:28:38on ne perdait pas
00:28:38de vue
00:28:38que c'était
00:28:39un individu
00:28:40qui pouvait
00:28:41saisir une occasion
00:28:42et on avait remarqué
00:28:43quand il rentrait
00:28:45dans les bureaux
00:28:45la première chose
00:28:46qu'il regardait
00:28:47c'était la fenêtre
00:28:47et donc on avait
00:28:49pris des mesures
00:28:50on l'avait attaché
00:28:51comme dans les films
00:28:52de série noire
00:28:53au radiateur
00:28:54chaque fois
00:28:55il était menotté
00:28:56au radiateur
00:28:56parce qu'effectivement
00:28:57on se doutait bien
00:28:58que s'il y avait
00:28:58une occasion
00:28:59qui se présentait
00:28:59il l'aurait saisi
00:29:00d'emblée
00:29:02commissaire Moréas
00:29:13comment se déroule
00:29:14cette garde à vue
00:29:15de Sulac
00:29:16ça c'est
00:29:18un des plus beaux
00:29:19souvenirs
00:29:19de ma carrière
00:29:20je veux dire
00:29:20la prise de contact
00:29:21avec Bruno Sulac
00:29:22on a dans le bureau
00:29:23un type qui sent
00:29:24comme chez lui
00:29:25c'est vraiment
00:29:26tout le monde
00:29:27venait dans le bureau
00:29:29pour voir la tronche
00:29:30qu'il avait
00:29:30d'abord parce qu'on avait
00:29:31beaucoup travaillé dessus
00:29:32ça c'était le premier point
00:29:33puis en plus
00:29:34parce qu'il était sympa
00:29:35il était à l'aise
00:29:36il était à l'aise
00:29:37voilà
00:29:39chapeau les gars
00:29:39vous m'avez eu
00:29:40ensuite du genre
00:29:42raconte-moi
00:29:44je voulais être flic
00:29:44quand j'étais jeune
00:29:45enfin etc
00:29:45des choses comme ça
00:29:46donc on était
00:29:47dans cette ambiance
00:29:50un peu
00:29:51quasi amical
00:29:53et on n'avait pas
00:29:55de budget
00:29:55par exemple
00:29:56ne serait-ce que
00:29:56pour les casse-croûtes
00:29:57donc souvent
00:29:58avec le garde à vue
00:30:00on allait au resto du coin
00:30:00casser la croûte
00:30:01là comme on était nombreux
00:30:03j'ai fait venir des trucs
00:30:05on s'est assis autour
00:30:05d'un bureau
00:30:06et puis on a tous
00:30:07cassé la croûte
00:30:07on a saucissonné
00:30:08autour d'un bureau
00:30:09en parlant
00:30:10comme s'il avait été
00:30:11des nôtres
00:30:11en quelque sorte
00:30:12voilà
00:30:12il a reconnu le braquage ?
00:30:14au début
00:30:15non
00:30:15et puis
00:30:16pour faciliter les choses
00:30:19on lui a
00:30:20fait quelques arrangements
00:30:21il y a eu un deal
00:30:23quoi entre vous
00:30:23ouais
00:30:24un petit peu
00:30:24on n'a pas trop chargé
00:30:26Thalie
00:30:26pour pas qu'il y ait
00:30:27des problèmes
00:30:28il y avait des armes
00:30:29tout ça chez lui
00:30:29il les a pris à son compte
00:30:31entièrement
00:30:32alors qu'on aurait pu faire
00:30:32une procédure incidente
00:30:34etc
00:30:34donc on a été cool
00:30:36il a été correct
00:30:37il en a reconnu
00:30:38et il a reconnu
00:30:41on va avoir une douzaine
00:30:42une quinzaine de braquages
00:30:43je me souviens plus
00:30:44les autres services
00:30:46qui arrivaient derrière
00:30:47pour l'entendre
00:30:47avec leurs dossiers
00:30:48eux ils n'ont rien eu
00:30:50en fait il n'y a qu'à vous
00:30:51qu'il accepte de parler
00:30:52oui il n'y a qu'à la CRB
00:30:53en tout cas
00:30:54et alors vous avez négocié
00:30:56je crois qu'à un moment donné
00:30:56il avait une montre
00:30:57qu'il voulait garder
00:30:58une montre piagée
00:30:59il avait une super montre
00:31:00qui valait un fric fou
00:31:01donc le principe
00:31:04c'est qu'on saisit
00:31:05dans le doute
00:31:06mais enfin on avait fait
00:31:06des recherches
00:31:07elle n'était pas volée
00:31:07donc
00:31:08en tout cas
00:31:09elle n'apparaissait pas
00:31:10comme volée
00:31:10voilà
00:31:11donc on pouvait penser
00:31:12qu'il l'avait achetée
00:31:13d'une certaine manière
00:31:13mais probablement
00:31:14avec l'argent du vol
00:31:15en tout cas
00:31:15donc on aurait dû la saisir
00:31:17puis il insistait beaucoup
00:31:18j'ai bien compris
00:31:19que c'était un moyen
00:31:20pour lui de
00:31:22en prison en quelque sorte
00:31:23c'est-à-dire qu'à avoir
00:31:24un moyen d'échange
00:31:25une fois qu'il serait
00:31:26derrière les barreaux
00:31:27on lui a laissé
00:31:28sa montre
00:31:29il est parti avec
00:31:30en fait dès le début
00:31:32une relation particulière
00:31:34s'instaure entre vous deux
00:31:36non ?
00:31:37oui
00:31:37là j'ai fait
00:31:39les psychiatres
00:31:40devraient avoir un nom
00:31:41pour sa psychanalyse
00:31:41en tout cas
00:31:42j'ai fait une sorte
00:31:42de rapprochement
00:31:43avec ma vie d'enfant
00:31:45où j'ai été un peu perturbé
00:31:46moi quand j'étais jeune
00:31:48j'ai fait quelques conneries
00:31:49et si j'avais pas eu
00:31:50en face de moi
00:31:51un flic compréhensif
00:31:54peut-être j'aurais suivi
00:31:56le même chemin
00:31:56je veux dire
00:31:56si je m'étais retrouvé
00:31:57en prison
00:31:59à 16 ans
00:32:01je sais pas ce que je serais devenu
00:32:03je veux dire
00:32:04c'est aussi bête que ça
00:32:05donc finalement
00:32:06il aurait pu être là
00:32:08moi j'aurais pu être là
00:32:09c'était pareil
00:32:09il y avait
00:32:10ce contact
00:32:15en quelque sorte
00:32:15voilà
00:32:16le 21 juillet 82
00:32:25six mois
00:32:27après son arrestation
00:32:28à avenue de Suffren
00:32:28Bruno Sulac
00:32:30est comparé
00:32:30pour la première fois
00:32:31il est jugé
00:32:33à Montpellier
00:32:33pour l'évasion
00:32:35de son ami
00:32:35Jean-Louis
00:32:36mais Sulac
00:32:37n'a pas dit
00:32:38son dernier mot
00:32:39au tribunal
00:32:42Bruno Sulac
00:32:43retrouve son ancien copain
00:32:45de Légion
00:32:45Dragan Rancic
00:32:46qui lui
00:32:47avait préféré se rendre
00:32:48sa compagne Thalie
00:32:50elle
00:32:51compare et libre
00:32:52comme Bruno Sulac
00:32:53elle jure
00:32:54qu'elle n'a pas participé
00:32:55à cette évasion
00:32:56la justice
00:33:00ne fait pas de jaloux
00:33:01Sulac
00:33:01et Rancic
00:33:02sont condamnés
00:33:03à trois ans
00:33:03de prison
00:33:04Thalie
00:33:05elle
00:33:05prend 18 mois
00:33:07avec sursis
00:33:08à l'issue
00:33:11de l'audience
00:33:12Sulac
00:33:13et Drago
00:33:13sont transférés
00:33:14à Lyon
00:33:15où plusieurs procès
00:33:16les attendent
00:33:17pour des hold-up
00:33:18de supermarchés
00:33:19un voyage en train
00:33:21sous la garde
00:33:22de cinq gendarmes
00:33:23départ du corail
00:33:2619h30
00:33:28mais quelques minutes
00:33:33plus tard
00:33:34deux individus
00:33:36qui voyageaient
00:33:37dans un compartiment
00:33:37un peu plus loin
00:33:39sont arrivés
00:33:40ont braqué
00:33:40les gendarmes
00:33:41les deux agresseurs
00:33:44sont lourdement armés
00:33:46et déterminés
00:33:47ils tirent partout
00:33:49en l'air
00:33:50ils vont faire peur
00:33:50et ils réussissent
00:33:51tous les deux
00:33:52à neutraliser
00:33:53cinq gendarmes
00:33:55ils vont ouvrir
00:33:56les menottes de Bruno
00:33:57ils prennent
00:33:57les revolvers
00:33:58des gendarmes
00:33:59ce sont des pistolets
00:34:00Mach 50
00:34:00par chance
00:34:06personne n'est touché
00:34:07le signal d'alarme
00:34:12est tiré
00:34:12le train s'arrête
00:34:13mais contre toute attente
00:34:15Drago
00:34:15renonce à s'évader
00:34:17Bruno Sulac
00:34:19et les deux complices
00:34:20qui l'ont libéré
00:34:21détalent
00:34:22à travers champ
00:34:23quelques centaines
00:34:26de mètres plus loin
00:34:27les malfaiteurs
00:34:28aperçoivent
00:34:29deux hommes
00:34:29en train de discuter
00:34:31près d'une voiture
00:34:32ils ont de suite
00:34:33demandé les clés
00:34:34de la voiture
00:34:35et ils étaient
00:34:37visiblement
00:34:37très énervés
00:34:38très pressés
00:34:39j'ai regardé
00:34:43mon ami
00:34:43machine allemand
00:34:45ils ont compris
00:34:45que c'était lui
00:34:46qui avait les clés
00:34:47donc ils lui ont donné
00:34:51un coup de crosse
00:34:53de revolver
00:34:54sur la tête
00:34:54et il s'est avachi
00:34:55dans le fossé
00:34:58et il a sorti
00:34:59les clés
00:34:59et il y en a un
00:35:01qui m'a dit
00:35:02toi tu viens avec nous
00:35:03ils étaient très énervés
00:35:13très speed
00:35:13et celui qui était derrière
00:35:15il avait un revolver
00:35:16dans chaque main
00:35:17il me menaçait
00:35:18avec des revolvers
00:35:19il me touchait
00:35:19à la tête
00:35:20au corps
00:35:21visiblement
00:35:23il était très
00:35:24menaçant
00:35:25l'homme s'empare
00:35:28d'un manteau
00:35:29et lui en couvre
00:35:30la tête
00:35:31j'ai vu la mort
00:35:33en face
00:35:34j'ai vu vraiment
00:35:35ma mort
00:35:35et j'ai pensé
00:35:37à ma fille
00:35:38qui avait 4 ans
00:35:39j'ai pensé
00:35:40à ma femme
00:35:40je me suis dit
00:35:42c'est fini
00:35:42Alain Rousset
00:35:45réalise que la voiture
00:35:46tourne en rond
00:35:47jusqu'à ce qu'elle tombe
00:35:49en panne sèche
00:35:50il comprend alors
00:35:53que ses ravisseurs
00:35:54barrent la route
00:35:55à un autre automobiliste
00:35:57j'ai entendu crier
00:35:59des ordres
00:36:00sort de là
00:36:02ou des trucs comme ça
00:36:03j'ai entendu
00:36:04un coup de feu
00:36:05j'ai senti
00:36:06l'odeur de la poudre
00:36:08ce qui n'est pas
00:36:09très rassurant
00:36:10en fait
00:36:10et de suite après
00:36:12j'ai vu arriver
00:36:13un gars
00:36:14un des gars
00:36:16avec un revolver
00:36:17et j'ai cru
00:36:17qu'il venait
00:36:18m'achever
00:36:19en fait
00:36:20il venait chercher
00:36:22son sac
00:36:23donc il a pris
00:36:24le sac
00:36:25il est parti
00:36:25j'ai entendu
00:36:26la voiture
00:36:26démarrer
00:36:27et je me suis dit
00:36:30c'est fini
00:36:31d'énormes moyens
00:36:39sont déployés
00:36:40pour retrouver
00:36:41le fuyard
00:36:42et ses complices
00:36:43barrage
00:36:46hélico
00:36:48en vain
00:36:50six mois seulement
00:36:52après son arrestation
00:36:53à Paris
00:36:53Bruno Sulac
00:36:55vient de réussir
00:36:56sa deuxième évasion
00:36:57il a 26 ans
00:36:59Bruno Sulac
00:37:03nargue décidément
00:37:04toutes les polices
00:37:05de France
00:37:06des policiers
00:37:07qui s'attendent
00:37:08à ce que les braquages
00:37:09de supermarchés
00:37:10reprennent
00:37:10mais monsieur
00:37:12a pris des coups
00:37:13de luxe
00:37:142 décembre 82
00:37:19les policiers
00:37:21niçois
00:37:21sont sur les dents
00:37:22deux hommes
00:37:24viennent de braquer
00:37:25la bijouterie ferrée
00:37:27à Cannes
00:37:27le premier
00:37:29est entré
00:37:30parce que la porte
00:37:31était munie
00:37:31d'une cache électrique
00:37:32et comme il présentait
00:37:33bien comme un client
00:37:34potentiel
00:37:35l'ouverture
00:37:36de la porte
00:37:37a été faite
00:37:37une fois à l'intérieur
00:37:39il a commencé
00:37:40à demander
00:37:41à avoir
00:37:42les bijoux
00:37:43qui étaient
00:37:43sur les présents d'Ouart
00:37:44dans les minutes
00:37:51qui ont suivi
00:37:52son complice
00:37:53est arrivé également
00:37:54ils ont sorti
00:37:55des armes de poing
00:37:56et ont menacé
00:37:57les deux employés
00:37:57qui étaient là
00:37:58ne faites pas
00:38:02les malins
00:38:03laissez-nous faire
00:38:04et vous serez tranquille
00:38:05mais si vous faites
00:38:06les malins
00:38:06ça ira en mal
00:38:07voilà
00:38:09alors
00:38:09moi je vous dis
00:38:11franchement
00:38:11c'est pas la peine
00:38:13de faire l'idiot
00:38:14sinon ça fait
00:38:18des histoires
00:38:19on sait pas
00:38:21c'est des gens
00:38:22un peu bizarres
00:38:23ils ont pris
00:38:29tout ce qu'ils pouvaient
00:38:30surtout des montres
00:38:31et les bijoux
00:38:32les plus importants
00:38:34c'est facile à voir
00:38:35quand on voit
00:38:36les brillants
00:38:37ils ont pris
00:38:38à peu près
00:38:39tout ce qui était
00:38:40gros et beau
00:38:42pour moi
00:38:42juste avant de repartir
00:38:46l'un des deux
00:38:47a tiré sur la caméra
00:38:49de surveillance
00:38:49de l'établissement
00:38:51et ils sont ressortis
00:38:53en se noyant
00:38:53dans la foule
00:38:54les deux hommes
00:38:57ont agi
00:38:58à visage découvert
00:38:59grâce aux fichiers
00:39:00des personnes recherchées
00:39:01l'un d'eux
00:39:02est très vite identifié
00:39:04c'est
00:39:05Bruno Sulac
00:39:06visiblement
00:39:11le fugitif
00:39:12préfère désormais
00:39:13l'or
00:39:14des bijouteries
00:39:15à l'argent
00:39:16des supermarchés
00:39:17son complice
00:39:19en revanche
00:39:19est plus difficile
00:39:21à identifier
00:39:22un grand brin
00:39:23barraqué
00:39:24il y en a plus d'un
00:39:25dans les cartons
00:39:26de la police
00:39:27mais la chance
00:39:28est du côté
00:39:29des policiers
00:39:30quand les braqueurs
00:39:31ont tiré
00:39:32sur le système
00:39:33de surveillance
00:39:33ils ont cassé
00:39:34la caméra
00:39:35mais pas la cassette
00:39:37on a pu récupérer
00:39:40cette bande
00:39:41qui nous a servi
00:39:42par la suite
00:39:42car nous avons
00:39:43fait tirer
00:39:44des clichés
00:39:45du film
00:39:46sur lesquels
00:39:47apparaissait
00:39:47physiquement
00:39:49l'un des deux
00:39:50malfaiteurs
00:39:50coup de bol
00:39:53c'est bien celui
00:39:54qui leur manque
00:39:55le complice
00:39:56de Sulac
00:39:57mais pour l'instant
00:39:59cette photo
00:39:59n'apporte rien
00:40:00aux policiers
00:40:01impossible
00:40:03de mettre un nom
00:40:04sur ce visage
00:40:05l'enquête
00:40:07est au point mort
00:40:08quand la PJ de Nice
00:40:09reçoit un coup de fil
00:40:11de la BRB
00:40:11quelques semaines plus tôt
00:40:13deux bijouteries
00:40:14de luxe
00:40:15ont été dévalisées
00:40:16dans le très chic
00:40:17quartier du Faubourg
00:40:18Saint-Honoré
00:40:19à Paris
00:40:19butin
00:40:205 millions de francs
00:40:22dans l'une
00:40:228 millions 3 dans l'autre
00:40:24les policiers
00:40:25de Nice
00:40:26et de Paris
00:40:26courent après
00:40:27les mêmes cambrioleurs
00:40:28ils décident donc
00:40:30d'unir leurs efforts
00:40:31peu avant Noël
00:40:32nous avons été avisés
00:40:34par la brigade de répression
00:40:36du banditisme
00:40:36de la préfecture
00:40:37de police de Paris
00:40:38qu'un individu
00:40:40avait été interpellé
00:40:42dans le cadre
00:40:43d'une affaire annexe
00:40:44et qu'il avait été
00:40:46trouvé en possession
00:40:47de plusieurs bijoux
00:40:49qui provenaient
00:40:50de la bijouterie ferrée
00:40:51les policiers
00:40:54niçois font se l'entendre
00:40:55en garde à vue
00:40:59l'homme jure
00:41:00comme un diable
00:41:01qu'il n'est que
00:41:02recéleur
00:41:03pas le complice
00:41:04de Sulac
00:41:04et pour prouver
00:41:06sa bonne foi
00:41:07il file un tuyau
00:41:09au policier
00:41:10au cours
00:41:11de la conversation
00:41:12sans vouloir
00:41:13nous dévoiler
00:41:13l'identité
00:41:14des malfaiteurs
00:41:16et en aparté
00:41:16il nous a laissé
00:41:17entendre
00:41:17que l'un des deux
00:41:18avait des relations
00:41:19dans le milieu
00:41:20du cinéma
00:41:21et qu'il avait tourné
00:41:23un an auparavant
00:41:25dans le film
00:41:26Le Professionnel
00:41:28avec Jean-Paul Belmondo
00:41:29le Professionnel
00:41:31rien que ça
00:41:32les policiers
00:41:34vérifient quand même
00:41:35et ils tombent
00:41:37des nus
00:41:37l'un des figurants
00:41:40du film
00:41:40de Georges Lautner
00:41:41est bien l'homme
00:41:42qui apparaît
00:41:43sur les images
00:41:44de la bijouterie ferrée
00:41:45le braqueur
00:41:46il joue le rôle
00:41:47d'un policier
00:41:49il y a deux scènes
00:41:50assez marquantes
00:41:51il y a une scène
00:41:51où ils sont
00:41:53donc c'est une équipe
00:41:55de policiers
00:41:55autour d'une table
00:41:56lui ne parle pas
00:41:57ni rien
00:41:57mais on le voit
00:41:58il a une énorme
00:41:59Rolex en or
00:42:00au poignet
00:42:00qu'il a dû voler
00:42:02la semaine d'avant
00:42:03et puis
00:42:04il y a une autre scène
00:42:06la scène finale
00:42:06très célèbre
00:42:07du film
00:42:08quand Jean-Paul Belmondo
00:42:09s'éloigne vers l'hélicoptère
00:42:09et se fait tirer dans le dos
00:42:10et donc il est là
00:42:11on le voit derrière
00:42:12il écarte son costume
00:42:13de policier
00:42:14pour montrer
00:42:14il a un pistolet
00:42:15c'est assez amusant
00:42:17de se dire qu'au moment
00:42:18où il tournait ça
00:42:19il était recherché
00:42:20par tous les flics de France
00:42:21on a pu faire la relation
00:42:24avec cet individu
00:42:26et l'identifier
00:42:27formellement
00:42:28comme étant
00:42:28le nommé
00:42:29Jovanovic
00:42:30Radiza
00:42:31Radiza
00:42:33Jovanovic
00:42:34un faux nom
00:42:35en fait
00:42:37le yougoslave
00:42:38est plus connu
00:42:38dans le milieu
00:42:39sous le surnom de Steve
00:42:40le mystérieux complice
00:42:44de Bruno Sulac
00:42:45dans les attaques
00:42:46de bijouterie
00:42:47sort enfin de l'ombre
00:42:49Steve était un type
00:42:52extraordinaire
00:42:53tout à fait différent
00:42:54du milieu yougoslave
00:42:55tel qu'il existait
00:42:56à l'époque
00:42:57c'était un ancien
00:42:58boxeur professionnel
00:42:59un type
00:43:00très très costaud
00:43:02très barraqué
00:43:02qui en imposait
00:43:04et il y avait
00:43:05un lien entre eux
00:43:06qui était unique
00:43:07et vraiment
00:43:08très fort
00:43:09en fait
00:43:12Steve
00:43:12figurait déjà
00:43:14dans les fichiers
00:43:14de la police
00:43:15il est connu
00:43:17du côté
00:43:18du Faubourg Montmartre
00:43:19à Paris
00:43:19où il a assuré
00:43:21la sécurité
00:43:21d'un cinéma
00:43:22avant de devenir
00:43:24l'un des gardes
00:43:24du corps
00:43:25de Jean-Paul Belmondo
00:43:26et le bras droit
00:43:28de Sulac
00:43:28Alors que toutes
00:43:36les polices de France
00:43:37sont à leur trousse
00:43:38Steve et Bruno Sulac
00:43:40continuent
00:43:41leurs provocations
00:43:41coup sur coup
00:43:43ils remettent ça
00:43:44deux braquages
00:43:45spectaculaires
00:43:46à Paris
00:43:46en moins d'un mois
00:43:48le premier
00:43:49a lieu
00:43:50lors d'une journée
00:43:51historique
00:43:52Ce matin-là
00:43:56le président
00:43:57François Mitterrand
00:43:58reçoit le chancelier
00:43:59Helmut Kohl
00:44:00les deux hommes
00:44:01sont réunis
00:44:02à Paris
00:44:02pour célébrer
00:44:03le 20e anniversaire
00:44:05du traité
00:44:05franco-allemand
00:44:06Les Champs-Elysées
00:44:09sont bouclés
00:44:10les policiers
00:44:11sont partout
00:44:11C'est ce jour-là
00:44:16dans ce quartier
00:44:17sous haute surveillance
00:44:18que Steve
00:44:20et Bruno Sulac
00:44:21passent à l'action
00:44:22Leur cible
00:44:24la luxueuse bijouterie
00:44:26Van Gold
00:44:26au nez
00:44:27et à la barre
00:44:28de l'imposant dispositif
00:44:30de sécurité déployé
00:44:31Il faut quand même
00:44:33avoir le courage
00:44:33de le faire
00:44:34et avoir l'audace
00:44:36Il avait de l'audace
00:44:37ça a payé
00:44:39il a eu une audace
00:44:40qui a payé
00:44:40comme en sport
00:44:41et il a pris ça
00:44:42un peu comme du sport
00:44:43Un culot qui paye
00:44:47Pendant que
00:44:49François Mitterrand
00:44:50et Helmut Kohl
00:44:51se congratulent
00:44:52Steve et Bruno Sulac
00:44:54en poche
00:44:5513 millions de francs
00:44:58Et ce n'est pas terminé
00:44:59La semaine suivante
00:45:00ils remettent ça
00:45:01toujours à Paris
00:45:02toujours sur les Champs-Elysées
00:45:04Cette fois-ci
00:45:06ils s'en prennent
00:45:07au numéro 1 mondial
00:45:09de la haute joaillerie
00:45:10la maison Cartier
00:45:12Ils ont dévalisé le coffre
00:45:17plus de vitrine latérale
00:45:20et on évalue sûrement
00:45:21plus d'un milliard de centimes
00:45:23jusqu'à maintenant
00:45:24Je suis arrivée
00:45:25dans un chantier épouvantable
00:45:27toute la boutique
00:45:29enfin la joaillerie
00:45:30Cartier
00:45:31qui était avenue Montaigne
00:45:32étaient toutes
00:45:34sans dessus dessous
00:45:35et surtout
00:45:36il y avait des gens
00:45:37qui étaient dans un état émotionnel
00:45:39terriblement
00:45:40difficile
00:45:42Difficile pour les employés
00:45:46mais aussi pour les policiers
00:45:48Encore une fois
00:45:49ils arrivent trop tard
00:45:50et encore une fois
00:45:51ils n'ont plus qu'à présenter
00:45:53les photos de Steve
00:45:54et de Bruno Sulac
00:45:56Il est reconnaissable en plus
00:45:59parce qu'il est beau
00:46:00il a beaucoup de charme
00:46:01il a une certaine prestance
00:46:03c'est un garçon assez grand
00:46:05très brun
00:46:06et qui a beaucoup de
00:46:08beaucoup d'entregenres
00:46:09beaucoup de facilité d'élocution
00:46:12donc
00:46:14il a été identifié
00:46:18très rapidement
00:46:18C'est ça
00:46:20visage découvert
00:46:21bah ouais
00:46:21c'est moi Sulac
00:46:22je vous emmerde
00:46:22en gros
00:46:23il est gonflé le mec
00:46:25il est formidable
00:46:27à ce niveau là
00:46:28parce que c'est un des premiers
00:46:29un des seuls d'ailleurs
00:46:30qui va braquer
00:46:31à multiples reprises
00:46:32à visage découvert
00:46:34Après ces deux coups spectaculaires
00:46:37la presse se déchaîne
00:46:39en quelques minutes
00:46:40Bruno Sulac
00:46:41a raflé plus de 10 millions de francs
00:46:43chez Cartier
00:46:44et 13 millions
00:46:45chez Van Gold
00:46:46Le fugitif fait la une des journaux
00:46:49et devient la bête noire
00:46:50de la haute joaillerie française
00:46:52C'est un peu
00:46:55Arsène Lupin
00:46:57qui nargue
00:46:58les services de police
00:46:59en disant
00:47:00regardez moi je suis capable
00:47:01de le faire
00:47:01je le fais sans violence
00:47:02même sans haine
00:47:05et puis vous ne m'attraperez pas
00:47:06Ça devient un peu une star
00:47:08surtout
00:47:09par ce mot d'opératoire
00:47:11où jamais
00:47:11aucun coup de feu
00:47:13n'a été tiré
00:47:14ils sont passés
00:47:16également
00:47:16d'anciens militaires
00:47:17anciens légionnaires
00:47:19parachutistes
00:47:20tout cela faisait
00:47:21qu'il apparaissait
00:47:22comme sympathique
00:47:23on le présentait
00:47:26comme le gentleman
00:47:27de Braqueur
00:47:29ou l'as
00:47:29de la cambriole
00:47:30Il fascinait
00:47:33la Médinette
00:47:35il fascinait
00:47:35la ménagère
00:47:36de plus de 50 ans
00:47:37il fascinait
00:47:38peut-être
00:47:39quelques personnes
00:47:41mais il fascinait
00:47:41pas tout le monde
00:47:42il fascinait pas
00:47:43les flics
00:47:44il les interpellait
00:47:46par justement
00:47:47sa réussite
00:47:48mais il les fascinait pas
00:47:49Commissaire Moréas
00:47:57une demi-heure seulement
00:47:58après le braquage
00:47:59de la bijouterie quartier
00:48:00Sulac
00:48:01vous téléphone
00:48:02En fait
00:48:03au départ
00:48:04je me suis dit
00:48:04il vient aux nouvelles
00:48:05ce qui est souvent
00:48:06souvent d'ailleurs
00:48:08une faiblesse
00:48:09chez les délinquants
00:48:10pas seulement
00:48:11chez les braqueurs
00:48:12d'essayer de savoir
00:48:13ce que c'est la police
00:48:14sur leur affaire
00:48:15donc je me suis dit
00:48:16il vient aux nouvelles
00:48:17en fait c'était pas ça
00:48:19il s'en fichait complètement
00:48:20j'ai pas compris
00:48:21très bien ce qu'il voulait
00:48:22si ce n'est parler
00:48:24ou retrouver l'ambiance
00:48:25qu'il avait connue
00:48:26durant sa garde à vue
00:48:27comme un vieux combattant
00:48:28je ne sais pas
00:48:29sauf qu'il vous
00:48:31donne un rendez-vous
00:48:32quand même
00:48:32il m'a donné un rendez-vous
00:48:33une fois
00:48:34il a dit
00:48:34écoute faut qu'on s'explique
00:48:35tu me promènes
00:48:37tu viens tout seul
00:48:39tu me promènes
00:48:40je lui dis oui
00:48:41oui je te promets
00:48:42tout ce que tu veux
00:48:42bon c'est évident
00:48:44que j'étais persuadé
00:48:46qu'il ne viendrait pas
00:48:46honnêtement
00:48:47j'avais mis ce qu'il fallait
00:48:48pour l'arrêter
00:48:49un flic c'est un flic
00:48:51on ne va pas se refaire
00:48:51donc
00:48:52mais il n'est pas venu
00:48:54le fait qu'il soit
00:48:55une vedette
00:48:56est-ce que ça compliquait
00:48:57votre tâche ?
00:48:59comme il avait une vie sociale
00:49:00il avait des faux papiers
00:49:02il avait des contemporains
00:49:03qui jouaient au tennis
00:49:04il avait une boîte de nuit
00:49:05il fréquentait un peu
00:49:06le showbiz
00:49:07donc il avait besoin de ça
00:49:10mais d'un seul coup
00:49:10le fait que sa bobine
00:49:11paraisse partout
00:49:12ça le gênait beaucoup
00:49:14dans sa vie de tous les jours
00:49:16ça lui a fait prendre
00:49:17des risques
00:49:17d'une certaine manière
00:49:18il a été obligé
00:49:18de changer de mode de vie
00:49:19donc je crois
00:49:21que ça nous a aidé
00:49:21Dominique
00:49:29deux jours plus tard
00:49:30l'affaire Sulac
00:49:31rebondit de façon
00:49:32tout à fait inattendue
00:49:33oui Frédéric
00:49:34ça se passe dans les Yvelines
00:49:35aux Mureaux
00:49:35on est le 29 janvier
00:49:361983
00:49:37et on contrôle
00:49:38une voiture volée
00:49:39une grosse BMW
00:49:40conduite par un jeune homme
00:49:41beau garçon
00:49:4218 ans
00:49:43c'est le fils d'Alain Delon
00:49:45Anthony Delon
00:49:45et à côté de lui
00:49:47un copain
00:49:4731 ans
00:49:48qui s'appelle Marc
00:49:49donc voiture volée
00:49:51on ouvre la boîte à gants
00:49:52et dans la boîte à gants
00:49:53qu'est-ce qu'on trouve ?
00:49:54un pistolet automatique
00:49:55Mach 50
00:49:56calibre 9 mm
00:49:57numéro limé
00:49:59et cette arme
00:50:00c'est pas n'importe quelle arme
00:50:01parce qu'on va réussir
00:50:03à la remonter
00:50:03c'est l'un des 5 pistolets automatiques
00:50:06qui ont été volés aux gendarmes
00:50:08dans le train
00:50:09à Montpellier
00:50:10lors de l'évasion
00:50:11de Bruno Sulac
00:50:12donc ça fait les gros titres
00:50:14évidemment
00:50:15ça fait la une
00:50:16la presse des chaînes
00:50:17et évidemment
00:50:18on pose la question
00:50:19à Anthony Delon
00:50:20d'où vient cette arme
00:50:21donc trois versions différentes
00:50:23la première il va dire
00:50:24l'arme elle était dans la boîte à gants
00:50:26de cette voiture
00:50:26quand on l'a volée
00:50:27deuxième version
00:50:28je l'ai acheté à un voyou
00:50:30à Pigalle
00:50:30en avril 1982
00:50:32mais ça correspond pas
00:50:34puisque avril 1982
00:50:35c'est trois mois
00:50:37avant l'attaque du train
00:50:39donc c'est pas la bonne version
00:50:41il est incarcéré à Bois d'Arcy
00:50:43et c'est pendant sa détention
00:50:44qu'il va donner sa troisième version
00:50:46il dit cette arme
00:50:47elle appartient à mon copain
00:50:48qui se trouvait dans la voiture
00:50:49elle appartient à Marc
00:50:50un mois plus tard
00:50:52Anthony Delon est libéré
00:50:54sous les projecteurs
00:50:55c'est son père Alain Delon
00:50:56qui vient le chercher
00:50:57au volant de sa voiture
00:50:58il y aura une photo
00:50:59qui fera la une de tous les journaux
00:51:01et il va être condamné ?
00:51:02oui il va être condamné
00:51:02à huit mois de prison avec sursis
00:51:04pour vol de voiture
00:51:05transport d'une arme
00:51:07et conduite sans permis
00:51:08mais on ne saura jamais
00:51:10comment cette arme là
00:51:11a atterri
00:51:12dans la boîte à gants
00:51:13d'une voiture volée
00:51:14que conduisait Anthony Delon
00:51:15pendant ce temps là
00:51:19toutes les polices de France
00:51:20continuent de se creuser la cervelle
00:51:22pour mettre la main sur Sulac
00:51:24le butin était considérable
00:51:29c'était des bijoux
00:51:30de très très grande valeur
00:51:32forcément Sulac
00:51:33était obligé
00:51:34de passer par des recéleurs
00:51:36pour négocier le butin
00:51:37les policiers secouent donc
00:51:41une fois de plus leurs indiques
00:51:42jusqu'à ce que l'un d'eux
00:51:44un recéleur parle enfin
00:51:46cet indicateur
00:51:49a téléphoné
00:51:50pour dire
00:51:51écoute
00:51:51j'ai actuellement
00:51:54des montres
00:51:55de marque
00:51:56en l'occurrence Cartier
00:51:57qui viennent de m'être
00:51:58à portée
00:51:59par deux personnes
00:52:00vraisemblablement
00:52:02ça vient
00:52:03des braquages
00:52:04des bijouteries Cartier
00:52:06à Paris
00:52:06les policiers de la BRB
00:52:11sont sur le pont
00:52:11ce recéleur
00:52:13va peut-être
00:52:13les mener à Steve
00:52:14et à Bruno Sulac
00:52:16le gars doit justement
00:52:18restituer la marchandise
00:52:20aux hommes
00:52:21qu'il a lui avait confié
00:52:22pour qu'il trouve un acheteur
00:52:23ils se sont donnés rendez-vous
00:52:26le jour même
00:52:26près de la porte
00:52:27de Montreuil
00:52:28les policiers
00:52:30n'ont que quelques heures
00:52:31pour monter la filature
00:52:33il est environ
00:52:3616h
00:52:3730
00:52:3817h
00:52:38de l'après-midi
00:52:39on voit effectivement
00:52:40ces deux ou trois malfaiteurs
00:52:42prendre une grosse voiture
00:52:43de grosse cylindrée
00:52:44mettre des gros sacs
00:52:45dans le coffre
00:52:46de ce véhicule
00:52:47rentrer dans ce véhicule
00:52:48et partir
00:52:48en direction
00:52:49de la porte
00:52:50de Montreuil
00:52:51et dans les 500
00:52:57ou 600 mètres
00:52:58un peu plus loin
00:52:59nous interpellons
00:52:59ces deux ou trois individus
00:53:01avec effectivement
00:53:02un chargement
00:53:03de plusieurs millions
00:53:05à l'époque
00:53:07de centimes
00:53:08de marchandises
00:53:10dont
00:53:10bien évidemment
00:53:11une majorité de montres
00:53:13à peu près 80-90%
00:53:14et le reste
00:53:15des parures
00:53:16parures qui viennent
00:53:18souvent
00:53:19de chez
00:53:20Cofet
00:53:20Van Gold
00:53:20la pêche est bonne
00:53:23mais ce ne sont que
00:53:24des petits poissons
00:53:25pas de Steve
00:53:26et surtout pas
00:53:28de Bruno Sulac
00:53:29est-ce que
00:53:32il s'est méfié
00:53:33de la formateur
00:53:34est-ce qu'il a eu
00:53:35autre chose à faire
00:53:36pendant ce temps-là
00:53:37ou est-ce qu'il était
00:53:37beaucoup plus loin
00:53:38pour voir ce qu'il en était
00:53:39on ne sait pas
00:53:41ça personne ne le saura
00:53:42Monsieur Moreas
00:53:48à l'OCRB
00:53:49vous êtes toujours
00:53:50aux trousses
00:53:51de Sulac
00:53:51et il vous appelle
00:53:52encore une fois
00:53:53il y a un coup de fil
00:53:54qui m'a marqué
00:53:55c'est
00:53:55après
00:53:56un braquage
00:53:57de bijouterie
00:53:58à Thionville
00:53:59une patrouille
00:54:01de police
00:54:01s'est passée
00:54:01donc tout de suite
00:54:02il a pris d'abord
00:54:03une employée
00:54:04en otage
00:54:05en menaçant
00:54:06il disait
00:54:07qu'il avait
00:54:07une grenade
00:54:08à la main
00:54:08décompillée
00:54:09il y a
00:54:10un inspecteur
00:54:11de police
00:54:12qui a courageusement
00:54:13qui a dit
00:54:13laisse tomber
00:54:14je vais à sa place
00:54:15il a dit d'accord
00:54:16donc il est parti
00:54:17avec le flic
00:54:18en otage
00:54:19il avait une vraie grenade
00:54:20puisqu'après
00:54:20quand il s'en est
00:54:21débarrassé
00:54:22à l'exposé
00:54:22donc il s'est aperçu
00:54:24qu'il pouvait tuer
00:54:24ce que je lui avais
00:54:25déjà dit plusieurs fois
00:54:26qu'à partir du moment
00:54:27on prend une arme
00:54:28on prend le risque
00:54:29de s'en servir
00:54:30qu'on soit flic
00:54:31ou truant
00:54:31c'est pareil
00:54:32je veux dire
00:54:32donc
00:54:34il a conscience
00:54:35à ce moment-là
00:54:35que ce qu'il fait
00:54:36peut être dangereux
00:54:37pour les autres
00:54:37complètement
00:54:38son image
00:54:38s'était dégradée
00:54:39à ses yeux
00:54:40ça prend pour image
00:54:41j'ai eu cette impression
00:54:43et qu'est-ce qu'il cherche
00:54:44avec ses coups de fil ?
00:54:46pour la première fois
00:54:46peut-être
00:54:47j'ai eu aussi le sentiment
00:54:48qu'il cherchait
00:54:49une issue de secours
00:54:50comment arrêter
00:54:52comment m'en sortir
00:54:53comment
00:54:53là je ne pouvais pas
00:54:55le conseiller
00:54:56moi j'ai des petits flics
00:54:57dans mon coin
00:54:58seule chose
00:54:58que je pouvais lui dire
00:54:59c'est rends-toi
00:55:00viens
00:55:00on fera au mieux
00:55:02mais tu vas aller en prison
00:55:03il n'y a pas
00:55:04de négociation possible
00:55:05il n'y a pas de sortie
00:55:06il n'y a pas de porte de sortie
00:55:07c'est une voie sans issue
00:55:08donc
00:55:09donc là je l'ai senti
00:55:12découragé
00:55:12vraiment découragé
00:55:14moi j'ai eu l'impression
00:55:15à ce moment-là
00:55:16qu'il avait envie
00:55:16de changer de vie
00:55:17vraiment j'ai eu cette impression
00:55:19j'avais rien à lui proposer
00:55:21c'est aussi con que ça
00:55:22mais j'avais
00:55:22vous ne pouviez pas négocier
00:55:24et quoi que c'est ça
00:55:24non c'était pas possible
00:55:25donc
00:55:26c'est ce que je lui ai expliqué
00:55:28et notre système judiciaire
00:55:31est ainsi fait
00:55:32qu'il n'y a aucun intérêt
00:55:33à être repentant
00:55:35je veux dire
00:55:35puisque de toute manière
00:55:36si on passe aux aveux
00:55:38on passe aux assises
00:55:39si on passe aux assises
00:55:40on est condamné
00:55:40donc il n'y a rien
00:55:41rien à gagner
00:55:43je ne pouvais rien lui proposer
00:55:44les policiers
00:55:50sont plus que jamais
00:55:51sur les dents
00:55:52mais pour Sulac
00:55:53pas question
00:55:54de rester sur le cafouillage
00:55:55de Thionville
00:55:56il se lance
00:55:57dans un nouveau défi
00:55:59encore plus gros
00:56:00encore plus fort
00:56:01à l'été 83
00:56:03il réalise son coup
00:56:04le plus spectaculaire
00:56:06celui qui le fait
00:56:07entrer dans la légende
00:56:08Cannes
00:56:14sa croisette
00:56:15ses touristes
00:56:16ses magasins de luxe
00:56:18le nouveau terrain de jeu
00:56:20de Bruno Sulac
00:56:21Bruno Sulac
00:56:23est donc venu
00:56:25pendant un ou deux mois
00:56:26régulièrement
00:56:27après soi-disant
00:56:30son cours de tennis
00:56:32avec un sac de sport
00:56:35soit accompagné
00:56:37soit seul
00:56:38et a déployé
00:56:40donc tout son charme
00:56:41et son charisme
00:56:42pour faire ami
00:56:43ami avec
00:56:44tout le personnel
00:56:45de la joaillerie
00:56:46en achetant des objets
00:56:48en s'extasiant
00:56:49évidemment
00:56:50devant le briquet quartier
00:56:51qui était un briquet
00:56:52exceptionnel
00:56:54et qui était l'objet
00:56:55de tous ses désirs
00:56:56puisque c'était
00:56:57un briquet
00:56:58entièrement pavé
00:56:59de diamants
00:57:00et cet homme
00:57:01était fasciné
00:57:03par cet objet
00:57:04il le voulait absolument
00:57:06il décide de braquer
00:57:08cette bijouterie
00:57:09presque uniquement
00:57:10pour avoir cette panthère
00:57:11et donc
00:57:13avec Steve
00:57:14Bruno se déguise
00:57:15en tennisman
00:57:16il a une passion
00:57:17pour Bjornborg
00:57:17il prend soin même
00:57:18de prendre le même t-shirt
00:57:20je ne sais plus la marque
00:57:21mais le t-shirt de Bjornborg
00:57:22les mêmes chaussettes
00:57:23les mêmes chaussures
00:57:23la même raquette
00:57:24il met des lunettes
00:57:27de soleil quartier
00:57:27pour rendre hommage
00:57:28quand même
00:57:28à son hôte du jour
00:57:30le 19 août 83
00:57:35le tennisman
00:57:37tombe le masque
00:57:38il va neutraliser
00:57:41tout le monde
00:57:41et il va repartir
00:57:42avec tous les bijoux
00:57:43un maximum de bijoux
00:57:44de quartier
00:57:45en plein après-midi
00:57:46et ils vont repartir
00:57:47comme ils sont venus
00:57:48c'est à dire
00:57:48on ne sait pas comment
00:57:49il a dit d'ailleurs
00:57:51je suis rentré
00:57:52en tennisman du dimanche
00:57:53et je suis ressorti
00:57:54avec la fortune de Bjornborg
00:57:5540 millions de francs
00:57:56de bijoux
00:57:57c'est le montant
00:57:58du hold-up
00:57:58de la bijouterie quartier
00:57:59à Cannes
00:58:00hier
00:58:00c'est l'un des plus importants
00:58:02vols de bijoux
00:58:03jamais commis en France
00:58:04c'était du jamais vu
00:58:06et c'était la catastrophe
00:58:08chez nous
00:58:09on l'a vécu
00:58:10comme une catastrophe
00:58:11la saison
00:58:13était fichue
00:58:14catastrophe pour quartier
00:58:17succès
00:58:18pour Bruno Sulac
00:58:19qui empoche au passage
00:58:21le fameux briquet panthère
00:58:22avec l'élégance
00:58:24d'un gentleman cambrioleur
00:58:25il n'avait pas une mentalité de voyou
00:58:29il est gentil avec les gens
00:58:30même
00:58:31c'est en gros
00:58:32je te braque
00:58:33mais j'aimerais bien
00:58:33que tu m'aimes quand même
00:58:34je suis un petit lutin
00:58:35je le fais de passer
00:58:36comme ça
00:58:37et ça marche
00:58:38d'engranger autant d'argent
00:58:43avec autant de sympathie
00:58:45moi je trouve ça admirable
00:58:46donc il est devenu un mythe
00:58:49il est devenu une star
00:58:51on peut dire ça comme ça
00:58:53c'est vraiment pas habituel
00:58:56mais à côté de ça
00:58:57je me disais
00:58:57ça finira mal
00:58:58ça finira mal
00:58:59parce que quand ils ont commencé
00:59:01à l'appeler
00:59:01ennemi public numéro 1
00:59:02alors qu'il n'a jamais fait
00:59:03de mal à personne
00:59:04ennemi public numéro 1
00:59:06si ils commencent à lui mettre
00:59:07cette étiquette là
00:59:08c'est dangereux
00:59:08parce qu'ils vont lui tirer dessus
00:59:10ils vont le considérer
00:59:11comme quelqu'un de très dangereux
00:59:12il a mis
00:59:19le ministère de l'intérieur
00:59:20les directeurs
00:59:22PJ etc
00:59:23en émoi
00:59:24il faut arrêter ce mec là
00:59:25parce qu'il se fiche finalement
00:59:28de la police nationale
00:59:29celui-là commençait
00:59:30à faire un peu trop
00:59:31Robin Desbois
00:59:32et
00:59:33c'était pas Robin Desbois
00:59:36Sulak
00:59:37c'était quelqu'un
00:59:38qui avait une
00:59:39j'allais dire
00:59:41une vision personnelle
00:59:42de la vie
00:59:42qui s'était marginalisé
00:59:44petit à petit
00:59:45qui trouvait un peu
00:59:48que
00:59:48tout ce qui était autour de lui
00:59:51c'était banal
00:59:52et c'est jamais bon
00:59:54pour la police
00:59:55quand un voyou
00:59:56intéresse les médias
00:59:57parce que
00:59:58il peut ne pas être pris
01:00:01et à ce moment-là
01:00:02mais que fait la police
01:00:03pourquoi n'arrête-t-on pas Sulak
01:00:05Sulak part se mettre au vert
01:00:12au Brésil
01:00:13mais en février 1984
01:00:15la France
01:00:16lui manque trop
01:00:17il se présente
01:00:18à la frontière
01:00:19franco-espagnole
01:00:20avec de faux papiers
01:00:22Durant des mois
01:00:26les policiers
01:00:27surveillent les milieux
01:00:28de la boxe
01:00:29que fréquente Estive
01:00:30et placent les proches
01:00:31de Sulak
01:00:32sur écoute
01:00:33jusqu'au jour
01:00:37où les policiers
01:00:38de l'OCRB
01:00:39tombent sur une conversation
01:00:41intéressante
01:00:42Au mois de février 1984
01:00:46on remarque
01:00:49que la famille s'inquiète
01:00:50la famille s'inquiète
01:00:51elle n'a plus de nouvelles
01:00:52de Bruno
01:00:53ça apparaît même clairement
01:00:55et là on se dit
01:00:57soit
01:00:58soit il s'est fait arrêter
01:00:59sous une fausse identité
01:01:01soit il est à l'hôpital
01:01:02ou mort
01:01:03donc on s'est penché
01:01:06sur les télégrammes
01:01:07qui étaient diffusés
01:01:08chaque jour
01:01:09et qui nous parvenaient
01:01:10avec un certain retard
01:01:12Ces télégrammes
01:01:15ce sont les fiches
01:01:16d'interpellation
01:01:17de malfaiteurs
01:01:18aux quatre coins du pays
01:01:19les policiers
01:01:21les vérifient
01:01:21et tombent sur les photos
01:01:23d'un homme
01:01:23arrêté au poste
01:01:24de frontière
01:01:25de Birriatu
01:01:26entre la France
01:01:27et l'Espagne
01:01:28une tête
01:01:29qui leur dit
01:01:30quelque chose
01:01:31C'est un collègue
01:01:33qui est entré dans le bureau
01:01:34peu après
01:01:34qui a dit
01:01:37mais c'est celui-là
01:01:37que c'est celui-là
01:01:39et là
01:01:41tout le monde
01:01:41s'est précipité
01:01:42dans le bureau
01:01:42et effectivement
01:01:45on voyait bien
01:01:46notre ami
01:01:47photo de phase
01:01:49de profil
01:01:50et on était très
01:01:52surpris
01:01:53en même temps
01:01:53Sans le savoir
01:01:56la police des frontières
01:01:58a mis la main
01:01:58sur l'homme
01:01:59le plus recherché
01:02:00de France
01:02:00C'était deux semaines
01:02:03plus tôt
01:02:04le 9 février 1984
01:02:06Un banal contrôle
01:02:08d'identité
01:02:09qui a mal tourné
01:02:10pour Sulac
01:02:11lorsque le douanier
01:02:12s'est aperçu
01:02:13que ses papiers
01:02:14étaient des faux
01:02:15Le douanier
01:02:18qui quand même
01:02:18l'a arrêté
01:02:19pour les faux papiers
01:02:20entre temps
01:02:21a repéré
01:02:21que la voiture
01:02:22avait été volée
01:02:23la Mercedes
01:02:23que Bruno avait
01:02:24a été volée
01:02:25ce que Bruno
01:02:27ne savait pas
01:02:27une des seules choses
01:02:28qu'il n'a pas volé
01:02:29dans sa vie
01:02:29et on l'arrête
01:02:30pour ça
01:02:30Il s'était fait avoir
01:02:32en fait
01:02:32on lui avait revendu
01:02:33une voiture volée
01:02:33et donc il est mis
01:02:35en prison
01:02:35à Bayonne
01:02:36Bruno Sulac
01:02:38a passé 15 jours
01:02:39derrière les barreaux
01:02:39sous sa fausse identité
01:02:41jusqu'à ce qu'à l'autre bout
01:02:43de la France
01:02:44les policiers tombent
01:02:46sur le télégramme
01:02:47qui a causé sa perte
01:02:49et là c'est l'explosion
01:02:51dans la presse
01:02:53et la joie
01:02:53dans la police
01:02:54à juste titre
01:02:55On était passé pas loin
01:03:00d'une erreur importante
01:03:03puisqu'il a failli
01:03:04être libéré
01:03:05sous versement
01:03:06d'une caution
01:03:07pour faux documents
01:03:07administratifs
01:03:08deux jours après
01:03:09il était libre
01:03:10De la maison d'arrêt
01:03:13de Bayonne
01:03:14Bruno Sulac
01:03:15est aussitôt transféré
01:03:16à la prison
01:03:18de Gradignan
01:03:19jugé beaucoup plus sûr
01:03:20Mais Bruno Sulac
01:03:23lui
01:03:23ne voit pas
01:03:24les choses comme ça
01:03:24Il n'a toujours
01:03:25qu'une idée en tête
01:03:26c'est Valet
01:03:27Seulement cette fois
01:03:29la chance va tourner
01:03:30Bordeaux
01:03:349 mars 84
01:03:36Ce vendredi matin
01:03:38le PDG
01:03:39d'une société
01:03:39de location d'hélicoptères
01:03:41reçoit un coup de téléphone
01:03:43C'est une femme
01:03:44qui veut le rencontrer
01:03:46immédiatement
01:03:47Elle m'a dit
01:03:49voilà mon boss
01:03:51voudrait un hélicoptère
01:03:53pour son week-end
01:03:53il a besoin de faire
01:03:54des prises de vue
01:03:55et je me dis
01:03:57Madame
01:03:58c'est notre métier
01:03:59il n'y a aucun problème
01:03:59Le boss s'approche
01:04:03étant au PDG
01:04:05un accompte
01:04:06un billet de 100 dollars
01:04:08Un paiement comptant
01:04:10c'est très rare
01:04:11chez nous
01:04:11non pas pris d'un doute
01:04:13mais quand même curieux
01:04:15j'ai pris le billet
01:04:16de 100 dollars
01:04:17je l'ai porté
01:04:18à la police de l'air
01:04:18alors disant
01:04:20voilà j'ai ce billet
01:04:21vérifié
01:04:23s'il est correct
01:04:25et le billet
01:04:28était bon
01:04:28puisqu'on me l'a rendu
01:04:29très peu de temps après
01:04:31en disant
01:04:32non c'est un billet
01:04:33un bon billet
01:04:33il n'y a pas de problème
01:04:34Mais les inspecteurs
01:04:38de la police de l'air
01:04:39trouvent cette histoire
01:04:40de prise de vue
01:04:41et de dollars
01:04:42assez louches
01:04:42ils alertent
01:04:44leurs collègues
01:04:44de la PJ
01:04:45l'homme qui avait laissé
01:04:48l'homme qui avait laissé
01:04:48le billet de 100 dollars
01:04:50s'était présenté sous
01:04:51l'identité de Grégory
01:04:53Fanelli
01:04:53une nationalité belge
01:04:55bon individu
01:04:56dont
01:04:57pour nous policièrement
01:04:59après passage aux archives
01:05:01était totalement inconnu
01:05:02un inconnu
01:05:06un plan de vol
01:05:07qui passe
01:05:08au dessus
01:05:09de l'enceinte
01:05:09d'une prison
01:05:10sur la base
01:05:11d'une intuition
01:05:12et non pas
01:05:14une certitude
01:05:14on décide quand même
01:05:16de procéder au contrôle
01:05:17de ces individus
01:05:18avant
01:05:19le
01:05:20embarquement
01:05:21à bord de l'hélicoptère
01:05:22pour s'assurer
01:05:23que ma foi
01:05:24on n'a pas
01:05:26à faire
01:05:26des individus
01:05:27dangereux
01:05:27deux jours plus tard
01:05:33le dimanche matin
01:05:34lorsque Michel Lecolen
01:05:36vient accueillir
01:05:37l'équipe de tournage
01:05:38pour le vol
01:05:38il y a déjà du monde
01:05:40des policiers
01:05:41j'ai eu la surprise
01:05:45de voir arriver
01:05:46trois ou quatre personnes
01:05:47pour le débrouiller
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