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Avec Pierre Chasseray, délégué général de 40 millions d’automobilistes
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##C_EST_QUOI_LE_PROBLEME-2025-09-03##

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Transcription
00:00Mais tout d'abord, c'est quoi le problème ?
00:05Notre nouvelle chronique quotidienne dans la vérité en face.
00:07Bonjour Félix Mathieu.
00:09Bonjour Jean-François, bonjour tout le monde.
00:10Ça c'est un sujet qui énerve aussi beaucoup.
00:12Pourquoi l'État veut renouveler des concessions autoroutières ?
00:15Les autoroutes, qui sont chères, s'y décriaient ces concessions.
00:18Oui, les contrats actuels des concessions d'autoroutes,
00:21c'est-à-dire la privatisation finalement de leur exploitation.
00:24Eh bien ces contrats devraient arriver à terme dans les années 2030.
00:27La prochaine décennie, le gouvernement a annoncé vouloir les renouveler,
00:31il y a quelques semaines, après une trentaine d'années d'autoroutes gérées par le privé.
00:35Mais le ministre des Transports promet un cadre plus exigeant.
00:38Les nouvelles concessions devront être plus restreintes, de durées plus courtes,
00:42mais aussi avec, je cite, un système d'encadrement de la rentabilité.
00:46Une manière de devancer les critiques, l'Inspection générale des finances
00:49avait estimé que ces concessionnaires autoroutiers dégageaient 12% de rentabilité,
00:54bien au-delà de ce qui était anticipé au moment des privatisations en 2006.
00:58Un rapport sénatorial avait aussi parlé de super profits colossaux.
01:02Les dividendes des actionnaires devraient atteindre un total de 76 milliards d'euros
01:06à l'issue de ces trois décennies de privatisation,
01:09c'est-à-dire cinq fois la somme versée par ces concessionnaires à l'État
01:12quand il leur a confié le réseau à l'époque du gouvernement Villepin en 2006.
01:17De quoi faire grincer forcément les dents des automobilistes
01:20qui voient les tarifs grimper régulièrement au péage ?
01:22Des automobilistes qui plus est, qui sont aussi contribuables
01:25et qui ont donc financé la construction de ces autoroutes par leurs impôts.
01:29Nationaliser les dépenses et privatiser les bénéfices, finalement, c'est un peu la critique.
01:33C'est un vieux sujet.
01:34Mais dans un contexte de dette, en même temps que comme toute privatisation,
01:38ça rapporte aussi beaucoup d'argent frais d'un seul coup,
01:41quitte à se priver d'une rente à plus long terme.
01:43D'autres aussi font valoir que le privé, quelque part, gérerait mieux que l'État.
01:47En tout cas, le gouvernement promet d'imposer ses conditions strictes
01:50lors du renouvellement pour les prochaines décennies.
01:53Car une fois passés, ces contrats sont quasiment impossibles à renégocier.
01:57Alors, pour nous en parler, nous sommes avec vous.
01:59Nous vous retrouvons.
02:00Pierre Chasseret, bonjour.
02:02Bonjour Pierre.
02:02Bonjour Pierre.
02:04Délégué général de 40 millions d'automobilistes.
02:07Pierre, est-ce que les automobilistes ont été lésés lors de ces premières concessions ?
02:12Alors, attention, parce que là, je vais aller à l'encontre des idées reçues.
02:15On va faire un peu de victoire, on va revenir sur le départ.
02:18Le point de départ, c'est quoi ?
02:19C'est un État qui dit, vous allez payer pour construire les autoroutes.
02:22Une fois que ce sera payé, on ne paiera plus, ce sera gratuit.
02:25Évidemment, ce n'est pas possible.
02:27Derrière, il y a des frais d'entretien.
02:29Tout ça a un coût sociétal.
02:31Et puis, l'État a commencé à augmenter les tarifs autoroutiers chaque année.
02:35Un jour, ils ont décidé la concession.
02:38Et les concessions autoroutières ont été basées sur un modèle
02:40où les prix augmentaient chaque année.
02:42Alors, j'ai regardé un petit peu, et je me suis rendu compte que lorsque les autoroutes sont concédées,
02:47ça augmente moins fort que l'inflation.
02:50C'est-à-dire que depuis qu'on a confié les autoroutes à des sociétés privées,
02:57ça augmente moins vite que l'inflation.
03:00Ça, c'est le premier point, parce qu'on entend toujours systématiquement
03:03l'argument selon lequel les sociétés feraient des soi-disant super profits.
03:08Alors, c'est vrai. C'est vrai que les sociétés font du profit.
03:11C'est un scoop ? Est-ce que c'est un scoop qu'une société fasse du profit ?
03:14Ce qui me gêne, c'est que lorsque l'État gérait le réseau autoroutier,
03:19il était en défi.
03:21C'est ça qui est incroyable.
03:22Vous dites que ça va mieux depuis qu'on a confié les clés à ces sociétés privées
03:26dont nous voyons les marques chaque fois que nous prenons l'autoroute.
03:29Ça va mieux sur l'entretien.
03:30Ça augmente moins vite que quand c'était entre les mains de l'État.
03:33Et pire, le grand gagnant, l'extra-gagnant des concessions autoroutières,
03:39qui c'est l'État.
03:40Parce que chacun d'entre nous doit savoir,
03:43mais oui, chacun d'entre nous doit savoir que l'État fonctionne plus de 40%,
03:5041% du prix du péage aux sociétés d'autoroutes.
03:54Quand vous mettez 10 balles, il y a 4 euros de vie,
03:56qui s'y partent directement dans les caisses de l'État à ne rien faire.
04:01Donc, aujourd'hui, la stratégie de l'État était de dire
04:04« Regardez les méchantes sociétés d'autoroutes qui vont ponctionner,
04:07chers automobilistes.
04:08Au final, on a quoi ?
04:09Soyons pragmatiques.
04:11Essayons de casser l'idée reçue.
04:13On a des autoroutes de qualité,
04:14qui sont très bien entretenues.
04:16Peut-être même mieux que lorsque c'était l'État qui gérait.
04:19En tout cas, mieux que les autoroutes gérées par l'État aujourd'hui.
04:22Donc, les autoroutes sont bien entretenues.
04:24Elles augmentent moins vite qu'à l'époque où c'était
04:26entre les mains de l'État.
04:27L'État se goinfre sur les concessions autoroutières.
04:31En fait, on est en train de prendre le problème à l'envers.
04:34Le problème n'est pas la concession autoroutière.
04:36Parce qu'en fait, quand vous avez un État qui gère quelque chose,
04:40on le voit bien à l'échelle plus large,
04:42l'État est en faillite.
04:43Mais d'ailleurs, là, il promet d'encadrer la rentabilité.
04:47L'État, lors du renouvellement de ses concessions,
04:50c'est de la com' ou il y a un vrai sujet sur la possibilité
04:52de plus encadrer la rentabilité tout de même ?
04:55C'est-à-dire que l'État a découvert que les concessions autoroutières
04:58étaient capables de transformer un système
05:01en le rendant avec la même politique tarifaire
05:04qu'avait l'État avant.
05:05Ils l'ont rendu extrêmement rentable.
05:08C'est une dynamique d'entreprise.
05:09Confier les rênes de l'État à une entreprise,
05:12ça se trouve, on ne sera pas en faillite.
05:13C'est peut-être ça la clé du système.
05:14C'est qu'aujourd'hui, on se rend compte que les sociétés d'autoroutes
05:17ont réussi à irriguer l'État 41% de taxes.
05:21Mais moi, ça me rend dingue d'entendre ça,
05:23que l'État prenne 41% du montant de mon péage.
05:26Il faut arrêter de croire que, d'un côté,
05:28on a une méchante société d'autoroutes qui fonctionne,
05:31et que de l'autre, il y a le gentil État qui voudrait récupérer.
05:33Qu'est-ce que vous dites, Pierre Chasserez,
05:36ce matin, concernant ces concessions autoroutières ?
05:39D'ailleurs, si ça vous fait réagir,
05:40vous nous appelez tout de suite au 0826 300 300.
05:43Vous avez encore le temps d'intervenir.
05:44Pierre, qu'est-ce que ça signifie ?
05:46Ça veut dire quoi ?
05:47Ok, vous voulez qu'on reste sur le même système,
05:50on arrête de raisonner, comme vous dites, à l'envers.
05:53Mais quoi ?
05:53Il faudrait faire baisser la part qui est versée à l'État
05:56pour faire baisser le prix des payages ?
05:59C'est ça l'idée ?
06:00Il y a deux parts de fiscalité
06:02qui doivent être posées sur la table à un moment donné,
06:05et qu'on ait le courage d'arrêter de financer des conneries,
06:08pardonnez-moi l'expression,
06:09sur le lot d'automobilistes et de citoyens français.
06:11Quelles conneries, Pierre ?
06:13Je ne sais pas, mais quand j'entends, par exemple,
06:15qu'on fait un tramway à Besançon,
06:17moi, ça me fait dresser les cheveux sur la tête.
06:19On a des lignes de bus qui auraient tout à fait fait le boulot
06:22sans mettre de l'argent public pour des conneries telles que celles-ci.
06:25Le financement, aujourd'hui, déraisonnable
06:27que l'on met entre les mains
06:29de la suivante transition écologique
06:31qui n'a absolument rien de concrète,
06:33ce n'est pas concret dans la vie des Français,
06:35est totalement secondaire par rapport aux priorités
06:37et aux taux de fiscalité que l'on a.
06:39Un, sur les carburants.
06:40Deux, sur les péages.
06:42Regardez la formule gagnante.
06:4360% de taxes sur les carburants,
06:4540% de taxes sur les péages.
06:47Moi, j'appelle ça la formule 100% raquette des automobilistes.
06:49100% raquette, vous y allez fort.
06:51Félix Mathieu ?
06:52Donc, vous attendez, Pierre,
06:54à ce que, en réalité,
06:55lors de la prochaine décennie,
06:56ces concessions soient renouvelées
06:58sur un principe à peu près similaire
07:00à ce qui avait été fait en 2006.
07:02C'est évident, et vous savez pourquoi, Félix ?
07:04Parce que l'État, en fait,
07:05ne pourra pas faire autrement.
07:06L'État sait pertinemment
07:07qu'il ne sait pas gérer une concession autoroutière.
07:10Regardez l'état de délabrement
07:12de nos autoroutes
07:13qui ne sont pas concédées en France.
07:15Est-ce que vous avez vu l'État
07:16et le niveau d'entretien de ces autoroutes
07:18où l'on baisse systématiquement
07:20les limitations de vitesse
07:21parce que la route est tellement pourrie
07:22qu'on ne peut plus admettre
07:24des véhicules qui roulent
07:25à 120 km par an ?
07:26Sans parler des aires d'arrêt
07:28qui ne sont pas...
07:30C'est-à-dire des coupes gorges ?
07:31Pardon ?
07:32Oui.
07:32C'est-à-dire des coupes gorges
07:33qui ne sont pas entretenues, oui.
07:34Mais non, et ou alors...
07:36Non, franchement,
07:37ça n'a ni que ni tête.
07:38Donc, l'État est dans un système
07:39où, de toute façon,
07:39il sera dans l'obligation
07:40de renouveler la concession
07:41et où, aujourd'hui,
07:43l'État ne veut pas dire,
07:45parce que vous comprenez bien
07:45que c'est difficile d'arriver à la télé
07:47et dire,
07:47chers automobilistes, en fait,
07:48on vous ponctionne 41%
07:50du prix du péage
07:51en toute gentillesse
07:52et avec le sourire
07:53en remettant ça
07:54sur les concessions autoroutières.
07:56Les concessions sont bien sympas
07:57de ce terme.
07:58Moi, je vous le dis,
07:59parce qu'objectivement,
08:00si j'étais la tête
08:00d'une société comme celle-là,
08:02je me dirais,
08:03bon, au bout d'un moment,
08:03on va rétablir la vérité quand même.
08:05La vérité, c'est que
08:06le citoyen français
08:07est ultra ponctionné,
08:09y compris sur le péage.
08:10Même si l'État, c'est nous.
08:12Encore une question,
08:13Félix Mathieu.
08:13Parce que, Pierre, quand même,
08:14quand l'État dit
08:16que les actionnaires
08:18de ces concessionnaires
08:19auront gagné, au final,
08:21cinq fois la somme
08:22de ce qui a été versé à l'État
08:23lors de la privatisation,
08:24c'est vrai que c'est un chiffre
08:25qui peut interpeller ?
08:26Oui, bien sûr, bien sûr.
08:27Mais on peut aussi regarder
08:28le problème d'une autre façon
08:30en disant, en fait,
08:30ils ont respecté
08:31le contrat initial
08:32et avec ce contrat initial
08:34qui était la formule mathématique
08:35qu'appliquait le gouvernement français
08:38sans faire de bénéfice,
08:39je sais où le bien,
08:40eh bien, les concessions
08:41ont réussi à reverser
08:4241% de taxes
08:43et par-dessus ça,
08:44elles ont réussi à faire du bénéfice.
08:46Eh bien, franchement,
08:47moi, je me dis que c'est l'exemple
08:48peut-être d'une bonne gestion.
08:50Alors, est-ce que le prix du péage
08:51est trop cher ?
08:51Ça, c'est une autre question.
08:52Et c'est la bonne question.
08:54Eh bien, moi, je rejoins
08:55à la Cour des comptes.
08:56C'est la grande question.
08:56Je rejoins à la Cour des comptes
08:57et j'estime qu'aujourd'hui,
09:00les tarifs des péages
09:01pourraient baisser de 20%
09:03si l'État revenait
09:04à un système de fiscalité acceptable.
09:07C'est-à-dire que l'État
09:08doit être le premier
09:09à faire l'effort
09:10pour l'automobilier,
09:12parce que j'estime que déjà
09:13prendre 20% du prix des péages
09:15à ne strictement rien faire,
09:16c'est déjà pas mal.
09:17Voilà.
09:18Allez, c'est dit.
09:19Merci à vous, Pierre Chasserey.
09:21Je rappelle, délégué général
09:22de 40 millions d'automobilistes
09:24que nous retrouvons tous les matins
09:26dans le Grand Matin
09:27de Sud Radio.
09:28à suivre.
09:29Sous-titrage Société Radio-Canada
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