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  • il y a 6 mois
Au-delà du psychodrame politique, dont le scénario semble écrit d’avance, la pire menace c’est l’attentisme généralisé qu’installe pour les entreprises. Faute d’un cap clair, elles vont comme l’an passé, suspendre leurs décisions, geler leurs investissements, différer leurs recrutements. Elles ne misent plus sur l’avenir, elles se mettent en veille. Et c’est peut-être là, dans cette mise en sommeil silencieuse de la machine productive, que se niche le plus grand risque pour le pays. [...]

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00:00Au-delà du psychodrame politique, dont le scénario semble écrit d'avance,
00:15la pire menace, c'est l'attentisme généralisé qui s'installe pour les entreprises.
00:21Faute d'un cap clair, elles vont, comme l'an passé, suspendre leurs décisions,
00:26geler leurs investissements, différer leur recrutement.
00:31Elles ne nous misent plus sur l'avenir, elles se mettent en veille.
00:34Et c'est peut-être là, dans cette mise en sommeil silencieuse de la machine productive,
00:40que se niche le plus grand risque pour le pays.
00:43Une réalité s'impose sans appel.
00:47Postures, promesses ou alléances de circonstances n'y changeront rien.
00:52Le problème des comptes publics est une priorité absolue.
00:56Non pas orthodoxie ou dogmatisme budgétaire, mais parce qu'il conditionne tous les autres.
01:02Cinq dossiers urgents mêlant économie, finance et cohésion sociale attendent le prochain exécutif.
01:10Aucun artifice politique ne changera le fond.
01:14Le redressement urgent des finances publiques est surdéterminant.
01:17Sans lui, les autres débats resteront suspendus dans le vide, rattrapés tout ou tard par la mécanique froide des déficits, des taux d'intérêt et de la dette.
01:29En haut de la pile, donc, le redressement des finances publiques.
01:32Pas de choix.
01:33Il faut mettre un terme à la dérive de 2024 qui a aggravé et prolongé celle de 2023.
01:40Le principal facteur du virapage, l'embardé incontrôlé des dépenses dans un contexte de recettes à taux.
01:46L'objectif est de ramener le déficit à 5,4% du PIB cette année et à 4,6% en 2026.
01:56Atteignable, mais exigeant sur les propos de la ministre des Comptes publics.
02:01Une ambition somme toute relative, car à ce niveau, le déficit français restera le plus élevé de la zone euro.
02:08Et à ce niveau de déficit, la dette n'est pas stabilisée.
02:11Si la cible des 3% affichée pour 2029 est maintenue, elle exigera davantage d'efforts que ceux actuellement demandés.
02:20Un peu comme les poupées russes, les autres dossiers s'emboîtent dans ce premier.
02:27Inutile de passer ici en revue tous les postes de dépenses ministérielles, sources potentielles d'économie.
02:34Le sujet le plus sensible est celui du trou de la sécurité sociale.
02:40Il y a urgence.
02:41Le déficit attendu pour 2025 se rapproche de 22 milliards d'euros, selon le rapport de la Commission des Comptes de la Sécurité sociale.
02:49C'est inédit hors période de crise.
02:51Signe d'une trajectoire actuellement hors de contrôle.
02:55Il y a un peu moins d'un an, à l'automne 2024, le projet de loi déposé par le gouvernement Barnier envisageait un déficit de 16 milliards.
03:04Seulement.
03:06Et la Cour des Comptes doit rappeler que la prévision actuelle du déficit pour 2027 est supérieure d'un tiers à ce qu'elle était en 2024.
03:13Elle est sage d'estimer qu'à cet horizon, une crise de liquidité pourrait se matérialiser.
03:20Comprendre un défaut de paiement.
03:23Le troisième dossier n'est que la conséquence des deux premiers.
03:27C'est l'heure des choix.
03:2944 milliards d'euros sont à trouver pour 2026.
03:32Le partage, tel qu'il est actuellement défini, est de 14 milliards de recettes supplémentaires pour 30 milliards d'euros d'économies.
03:40Là où le sujet devient abrasif, c'est que quelles que soient les mesures prises, elles devront remplir une double condition.
03:48D'abord, être acceptées par la population.
03:51À la vue des réactions des principaux groupes parlementaires, on peut aisément identifier un large fonds du refus.
03:58Mais elles doivent aussi être crédibles aux yeux des investisseurs.
04:01Or, la France est sur haute surveillance des marchés financiers.
04:07L'annonce du vote de confiance a tôt fait de mettre la pression sur la bourse et plus encore sur le marché obligataire.
04:16Fin août, la France empruntait à 10 ans à des taux plus élevés que la quasi-totalité des pays de la zone euro.
04:24Seule Italie paie encore un peu plus cher.
04:26Surtout l'écart avec l'Allemagne s'accroît à nouveau.
04:29La défiance quant à la capacité de la France à se réformer s'installe.
04:34Il faudra donc restaurer la confiance.
04:36Le coût de la dette pourrait très vite devenir sinon explosif.
04:40Et si rien n'est fait, un gendarme extérieur, FMI, 3K, pourrait bien imposer le chemin d'une autorité brutale et douloureuse.
04:50Enfin, il est urgent d'offrir aux entreprises un socle fiscal et social stable.
04:55Car comment s'adapter sans connaître son environnement réglementaire ?
05:00Tout le monde le sait, pour un chef d'entreprise, rien de pire que la certitude.
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