00:00La fête est finie.
00:11Les cadres ne sont plus maîtres du jeu.
00:14Côté volumétrie, les intentions d'embauche reculent et redescendent à leur plus bas niveau depuis près de 5 ans.
00:21Grandes entreprises, ETI, PME, toutes lèvent le pied,
00:25si bien que la réduction du nombre de recrutements des cadres ne fait même plus débat.
00:30Pire, rien ne laisse entrevoir un retournement rapide.
00:34À l'international, les attaques et volte-face de Donald Trump déstabilisent l'économie mondiale.
00:40En France, la crise politique plonge le milieu des affaires dans l'incertitude.
00:46Résultat, les entreprises avancent à tâtons, reportent ou gèlent leurs projets de recrutement.
00:50Moins de 293 000 postes de cadres seront finalement proposés cette année.
00:57Soit 38 000 de moins par rapport au pic de 2023.
01:01Et 2026 s'annonce sous de mauvais auspices.
01:05Trois indicateurs clés viennent en effet confirmer le passage à vide actuel.
01:09Le premier, la diminution du nombre d'emplois vacants dans les secteurs à haute valeur ajoutée.
01:15Finances, conseils, informations, communications.
01:19Quelques à-coups persistent, mais la tendance est très nette.
01:22Les besoins des entreprises sont plus facilement couverts.
01:26Les tensions s'apaisent, voire disparaissent.
01:30Deuxième indice, recruter un cadre redevient plus simple.
01:34Les employeurs sont ainsi de moins en moins nombreux à rencontrer des difficultés pour finaliser leurs embauches.
01:40Seuls 65 % en font état.
01:43Un chiffre en chute de 17 points sur un an, au plus bas depuis 2021.
01:50Enfin, il y a la trajectoire des offres collectées d'emplois cadres durables,
01:54c'est-à-dire pour une durée supérieure à 6 mois, par France Travail, qui poursuit son mouvement de repli.
02:00Si la dégradation est générale, le ralentissement frappe d'abord les publics les plus fragiles, notamment les jeunes diplômés.
02:07Les embauches de cadres débutants ne devraient pas dépasser la barre des 41 000 selon l'APEC, un recul de 31 % en deux ans.
02:16Si les jeunes trinquent, c'est que les entreprises misent désormais sur des profils expérimentés, capables d'être opérationnels immédiatement.
02:23Le coût des freins des embauches, dont les secteurs à forte valeur ajoutée, informatique, ingénierie, R&D conseil, juridique, comptabilité,
02:32aggravent la situation car ce sont autant de viviers traditionnels pour les jeunes diplômés qui tournent au ralenti.
02:39Le rapport de force s'est inversé.
02:42C'est dans ce sens qu'il faut analyser ces deux signaux forts.
02:44Le premier, les cadres ont intégré la dégradation du marché de l'emploi.
02:49Ils sont de plus en plus nombreux à estimer qu'il serait difficile de retrouver un poste équivalent en cas de départ ou de licenciement.
02:57Le second, côté entreprises, l'heure n'est plus aux concessions, notamment salariale.
03:02Une chose est sûre, les budgets de rémunération sont serrés.
03:06Pour les cadres déjà en poste, la progression des rémunérations est un intersection de quatre forces.
03:11La première, la hausse du salaire mensuel de base va continuer de ralentir avec la désinflation en cours.
03:18L'écart entre la hausse des prix et celle des salaires reste favorable au cadre, mais il tend à se réduire.
03:24Surtout, il ne s'agit que d'une partie de la rémunération qui n'intègre ni les primes ni les heures supplémentaires.
03:30Or, compte tenu de la conjoncture, atteindre les objectifs fixés devient plus difficile et le volume d'heures supplémentaires se réduit.
03:37Quant à la prime de partage de la valeur, la pression sur les résultats des entreprises pèsera sur les montants versés.
03:46Les opportunités de mobilité interne vont également se réduire, alors même qu'il s'agit de la voie royale pour obtenir une augmentation.
03:55Pour les nouveaux entrants, la pression s'exerce sur les salaires à l'embauche et elle n'est pas prête de se ralâcher.
04:01Bref, l'âge d'or des cadres est bel et bien terminé.
04:07Sous-titrage Société Radio-Canada
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