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  • il y a 1 an
La cheffe d'entreprise Dominique Carlac’h, membre du conseil exécutif du Médef, et Pascal Demurger, directeur général de la Maif, étaient les invités du Grand entretien de France Inter, vendredi 29 août. Face à la menace d'une nouvelle chute du gouvernement après l'annonce d'un vote de confiance le 8 septembre, les entreprises françaises sont plongées dans l'incertitude.

Retrouvez tous les entretiens de 8h20 sur https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-du-week-end

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Transcription
00:00France Inter, Alibadou, Marion Lourdes, le 6-9
00:07Grand entretien ce matin avec Marion Lourdes, nous recevons deux acteurs du monde économique pour faire un état des lieux de la situation économique de la France.
00:17Une chef d'entreprise française, elle est dirigeante d'une entreprise de taille intermédiaire, elle est membre du conseil exécutif du Medef
00:25et le directeur général de la Maïf, coprésident du mouvement d'économie solidaire Impact France, un réseau de 15 000 entreprises.
00:34Bonjour Dominique Carlac et Pascal Demurgé, bonjour à tous les deux.
00:39Bonjour à tous les deux.
00:40Les questions, les réactions de nos auditeurs au 01 45 24 7000 dans quelques minutes ou sur l'application Radio France
00:47et ils sont déjà nombreux à vouloir vous interroger, à vouloir se mettre dans la peau d'un patron ou d'une patronne.
00:54Comment l'un et l'autre vous qualifiez la situation actuelle ?
00:58Dominique Carlac, vous étiez hier aux rencontres économiques organisées par le Medef.
01:03Vous dites que tous les intervenants étaient dépités, qu'il y avait une forme de sentiment de lassitude.
01:09Oui, parce qu'en fait on s'est réunis pendant deux jours, c'était une édition record.
01:13Il y avait 15 000 participants à cette rencontre des entrepreneurs de France.
01:16Donc je considère que c'était un bon sondage d'avoir 15 000 et de faire du mitra au trottoir et de discuter avec les collègues chefs d'entreprise.
01:22Et en fait, pour la deuxième année consécutive, c'est quand même hallucinant de se retrouver dans le même désordre qu'il y a un an.
01:29On avait l'impression d'être dans la REF d'il y a un an où il y avait eu la dissolution et où tout le monde était un peu dans la sidération.
01:34La sidération, normalement, c'est un temps court.
01:36En fait, ça fait un an, on se retrouvait dans la même situation.
01:38Et l'incertitude, elle pèse vraiment déjà lourdement sur le moral, non seulement des chefs d'entreprise, mais je crois sur le moral des Français qui se disent dans l'incertitude.
01:48Qu'est-ce que je fais des projets que j'avais éventuellement en tête pour les semaines, les mois qui viennent ?
01:53Pascal Demurgé, même question.
01:55Est-ce que vous partagez ce sentiment d'épitement ou de lassitude ?
02:01Vous venez de publier une tribune dans laquelle il y a beaucoup d'éléments sur lesquels on va revenir.
02:06Mais d'abord, sur la manière dont vous percevez la situation économique avec François Bayrou et Éric Lombard qui agitent le spectre de la faillite d'un gouvernement acculé.
02:17Deux choses à la fois.
02:19Oui, bien sûr, il y a cette incertitude et ça, c'est ce qu'il y a de pire, j'allais dire.
02:23Parce qu'investir quand il y a cette incertitude, c'est quand même extrêmement compliqué.
02:28On a besoin de visibilité.
02:30Il y a l'incertitude, bien sûr, ou plutôt d'ailleurs des certitudes, malheureusement, mais négatives, sur la situation des finances publiques, l'endettement du pays.
02:40Mais surtout, il y a une défaite absolue du long terme sur le court terme.
02:46Et il y a une gestion...
02:47Expliquez-nous ça.
02:49On est depuis, alors a fortiori, depuis les dissolutions de l'Assemblée nationale, on est dans une gestion extrêmement court-termiste.
02:59Des affaires de l'État.
03:03On le voit d'ailleurs dans le projet de budget, j'imagine que l'on en reparlera.
03:08Et on a complètement oublié la nécessité du long terme sur la transition écologique, sur l'apaisement social.
03:16On a un projet de budget qui a mis le feu aux poudres.
03:19Et évidemment, c'est quelque chose d'extrêmement négatif.
03:25Et moi, mon inquiétude principale, c'est de voir que l'État qui devrait incarner cette boussole du long terme l'a complètement perdue.
03:33Alors, Dominique Carlac, vous, vous êtes membre du Medef.
03:36Vous étiez à ces rencontres, vous avez entendu les ministres qui se sont succédés, etc., qui ont essayé de vous rassurer.
03:41Et malgré tout, votre président, en clôture des rencontres, dit que les hommes politiques sont dans un monde parallèle,
03:49qu'ils ne voient pas ce qui se passe sur la planète économique.
03:52Mais complètement.
03:53En fait, moi, ça fait deux ans que je ne cesse de le dire.
03:55Face à la fragmentation de la société, en fait, le logiciel shakespearien de Macbeth, de bruit et de fureur, ça ne marche plus.
04:01Mais ils ne parlent que de l'économie.
04:03En fait, le politique, c'est totalement désencastré de la société.
04:07On reprochait aux entreprises d'être désencastrées de la société, de ne jouer que pour le profit
04:11et d'être complètement déconnectées des intérêts de la société, de l'intérêt général.
04:16Mais c'est quoi ce cinéma et ce cirque dans le cirque, actuellement, où on a un débat pour clôturer,
04:21où on sent que tout le monde est en train d'aiguiser ses couteaux pour préparer 2027 ?
04:25Mais ce n'est pas ça qu'attendent les Français.
04:27Ce n'est pas ça qu'attendent ni les chefs d'entreprise, ni les salariés, ni ce qu'on appelle le capital humain,
04:31dans les entreprises.
04:32Donc c'est ce que dit Pascal Demurger, là-dessus on est aligné, on a oublié le temps long.
04:36C'est quoi le projet pour la France en fait ?
04:38Mais Pascal Demurger, il y a quand même un objectif qui est présenté, c'est celui de réduire le déficit,
04:43de réduire la dette de 3300 milliards d'euros.
04:44Celui-là, vous le partagez ?
04:45Alors moi, je partage complètement cet objectif, c'est absolument indispensable.
04:49Nous sommes effectivement dans une situation dans laquelle le coût de la dette devient quasi insoutenable.
04:5660 milliards d'euros simplement d'intérêt versés chaque année, demain 80 milliards d'euros,
05:01c'est complètement insoutenable.
05:03En revanche, là où je ne suis pas du tout, c'est sur les modalités.
05:08On a un projet de budget aujourd'hui qui fait reposer l'effort exclusivement sur finalement les classes sociales les plus modestes.
05:18Il existe des solutions alternatives.
05:19Moi, je partage la nécessité de réduction, y compris pourquoi pas à 43 milliards d'euros du déficit budgétaire,
05:26mais pas de cette manière.
05:28Et d'ailleurs, de toute façon, s'il n'y a pas plus de justice sociale dans le projet de budget,
05:33ce projet ne sera pas voté.
05:34Donc de toute façon, on va dans le mur.
05:36Avant de rejoindre Marc au Standard, qui a une question justement sur la dette,
05:40le projet de réduction des déficits et de l'endettement de la France, Dominique Carlac,
05:44c'est assez frappant.
05:46Quand on a écouté les patrons au MEDEF, il y avait au moins une forme de consensus.
05:50C'est que, bon, savoir si ça doit peser ou non sur les plus modestes, c'est une chose.
05:54En revanche, pas question que ça pèse sur les entreprises et sur la compétitivité des entreprises françaises.
05:59Oui, pourquoi ? Parce qu'en fait, on dit quoi ?
06:01On dit que le déficit est colossal, le coût de la dette.
06:05C'est-à-dire comme quand vous empruntez pour votre maison,
06:07quand vous calculez ce que vous allez donner aux banquiers, ça vous choque toujours.
06:10Là, si on calcule ce que l'on doit aux banquiers de la France,
06:13c'est plus que le budget de l'éducation pour nos enfants et nos adolescents,
06:17c'est plus que le budget de l'armée pour défendre nos concitoyens.
06:19Donc, c'est quand même un petit peu choquant.
06:21Donc, là, on dit qu'il faut faire quelque chose.
06:23Alors, où est-ce qu'on tape ?
06:25Où est-ce qu'on tape ? C'est vraiment la vraie question.
06:26Et on dit, pourquoi on veut réduire ce déficit ?
06:29C'est parce qu'on veut maintenir le modèle social à la française.
06:31On veut maintenir la protection sociale.
06:34Donc, si on veut maintenir la protection sociale,
06:35il faut créer de la richesse pour pouvoir se dire,
06:38je redistribue, je continue à être dans un système redistributif
06:41parce que j'ai quelque chose à redistribuer.
06:44Donc, je ne charge pas les entreprises qui le sont déjà,
06:46parce qu'en 2025, je le rappelle,
06:48les entreprises ont payé un surcroît de 13 milliards.
06:51Je ne parle pas de 13 euros, 13 milliards
06:53pour justement soutenir ce modèle social à la française.
06:57Une surtaxe.
06:58Mais il y a une forme de paradoxe.
07:00Tout le monde est d'accord pour réduire la dette
07:01et considérer qu'elle est absolument colossale
07:03et qu'elle écrase les Français en général
07:07et le modèle social français qu'elle met en péril.
07:10Et pourtant, ça doit toujours peser sur l'autre.
07:13Ça ne doit surtout pas peser ni sur les entreprises,
07:16ni sur les plus riches, ni sur les classes moyennes.
07:19Ça, c'est quelque chose que vous connaissez bien,
07:21Pascal Demurgé.
07:22Alors, je connais bien.
07:23Je suis dirigeant d'entreprise.
07:25Ça fait 15 ans que je dirige mon entreprise.
07:28La Maïf.
07:29La Maïf.
07:30Une très grande société d'assurance.
07:31Exactement.
07:33Et donc, je suis parfaitement conscient, évidemment,
07:37des sujets de compétitivité,
07:38de la nécessité de la compétitivité.
07:40Ceci étant, je pense aujourd'hui
07:44que oui, les entreprises peuvent contribuer à cet effort.
07:47Depuis 2017, on a eu quand même à peu près 110 milliards
07:52de charges sur les entreprises en moins annuellement.
07:5630 milliards sur les impôts, impôts sur les sociétés,
07:59impôts sur la production,
08:0080 milliards de réduction des cotisations sociales.
08:05Il y a eu effectivement cette politique de l'offre
08:07qui a produit des résultats.
08:08Et tant mieux, je pense qu'aujourd'hui,
08:11le moment est venu que les entreprises contribuent aussi un petit peu.
08:15Je donnerai juste un exemple.
08:16Et je ne parle pas d'augmentation de la fiscalité.
08:17J'aimerais que vous d'allioguiez entre vous,
08:19parce que Dominique Arlac, vous êtes contre, vous,
08:21l'idée que les entreprises soient soumises
08:23à contributions supplémentaires.
08:24En fait, moi, mon point, c'est de dire
08:26qu'il faut retrouver des leviers de croissance.
08:28Et ça n'est pas en taxant et en imposant davantage les entreprises
08:31qu'on retrouve des leviers de croissance.
08:33Vous êtes vice-présidente d'ABGI France,
08:35qui est une entreprise qui fait 35 milliards de chiffres d'affaires en France.
08:38Non, non, pas 35 milliards de chiffres d'affaires.
08:40Pour une ETI, ça serait beaucoup.
08:41Ça serait 30 millions, pardon.
08:43J'ai le délire des chiffres.
08:45Puisque quand on parle de dette,
08:46je veux bien, mais on reste beaucoup plus modeste.
08:4876 dans le monde, mais en l'occurrence,
08:49vous avez 240 collaborateurs en France,
08:51530 dans le monde.
08:52Et c'est une entreprise qui est très largement tournée vers l'international.
08:55Et du coup, c'est une bonne rampe d'observation.
08:57Quand vous avez la moitié de vos salariés en France et l'autre moitié,
08:59vous voyez les politiques publiques des pays où vous êtes implanté.
09:02Et en l'occurrence, nous, on a 4 bureaux au Brésil.
09:06Je peux vous dire que c'est très incitatif pour relever le pays,
09:09justement, d'aider les entreprises à...
09:10Alors, qu'est-ce que vous dites à Pascal Demurgé
09:12quand il dit non, il ne faut pas exclure certaines entreprises
09:14ou en tout cas, toutes les entreprises...
09:16En fait, moi, ce que je dis, c'est qu'on a largement produit notre effort.
09:19Mais je dis surtout autre chose,
09:21et c'est peut-être là-dessus qu'on peut converger.
09:22Je dis, en fait, dans le projet de budget
09:25et dans le projet de politique
09:26que a présenté l'actuel encore Premier ministre,
09:30il y a des sujets qui sont adressés aux partenaires sociaux.
09:32Il y a les fameux jours fériés,
09:34il y a la rénovation du marché du travail,
09:36il y a l'assurance chômage.
09:37Ça, c'est des choses sur lesquelles on peut trouver
09:40des points de convergence, de dialogue,
09:42dès lors qu'on discute avec les parties prenantes
09:44qui sont dans les entreprises.
09:46Et en fait, en réalité, le vice caché de tout ça,
09:49c'est l'État lui-même.
09:50L'État lui-même.
09:51Si on se met sur...
09:52Entre guillemets, je sais qu'il y a beaucoup d'auditeurs.
09:55Si on se met sur la gueule
09:55parce que l'État est en faillite,
09:59c'est quand même dommage
10:00parce que dans les entreprises,
10:01on a, grâce au dialogue social, des solutions.
10:03Pendant les deux jours au MEDEF,
10:04à la rencontre des entreprises en France,
10:06il y avait des syndicalistes.
10:08On était à peu près alignés sur les constats
10:10et sur le fait qu'on pouvait régler des choses ensemble.
10:12Mais juste, Pascal Demurgé,
10:13vous dites que les entreprises
10:15pourraient être mises à contribution.
10:16Elles l'ont d'ailleurs déjà été,
10:17Dominique Carlac le disait.
10:18Mais qu'est-ce qui est acceptable ?
10:20Est-ce que, par exemple,
10:21un taux d'imposition minimum
10:23pour les entreprises
10:25ou pour les plus riches, d'ailleurs,
10:26serait une solution acceptable
10:28puisque c'est ça que laissait
10:29miroiter le Premier ministre
10:31dans son intervention ?
10:32Lorsque l'on dit mis à contribution,
10:34il y a des choses intelligentes à faire.
10:35Je ne parle pas d'une augmentation
10:36de la fiscalité en général.
10:38Il va falloir de l'argent quand même.
10:39Il va falloir de l'argent.
10:40Je vais vous donner juste deux exemples.
10:42On sait aujourd'hui,
10:43un rapport sénatorial qui est paru
10:45il y a quelques semaines,
10:47que l'on distribue chaque année
10:49210 milliards d'aides publiques aux entreprises.
10:53Ces aides publiques sont distribuées
10:56sans que des conditions soient fixées
10:59à leur distribution,
11:00sans qu'on demande des contreparties,
11:02en quelque sorte,
11:03sociales, écologiques, aux entreprises.
11:04Dominique Carlac dit non, non, non,
11:05parce que l'estimation est variable.
11:07C'est entre 100 et 200.
11:08Le rapport sénatorial disait 210 milliards.
11:11Et d'ailleurs, le fait qu'il y ait
11:13un débat sur les chiffres
11:14montre bien qu'il y a un énorme problème
11:16de gestion de ces aides publiques.
11:19C'est un budget considérable
11:20qui n'est pas conditionné,
11:22qui n'est pas suivi,
11:22qui n'est pas piloté.
11:24Ça, ça n'est pas de la bonne gestion.
11:25Oui, là-dessus.
11:26Et on se parle de 210 milliards.
11:28François Bayrou veut aller chercher
11:3043 milliards de réduction du déficit.
11:32On voit bien que là,
11:33il y a quelque chose à faire.
11:35Deuxième sujet.
11:38La question de la fiscalité.
11:40On a aujourd'hui un impôt sur les sociétés
11:41dont le taux d'ailleurs a historiquement
11:44considérablement diminué.
11:46Il est de 25%.
11:47Très bien.
11:48Pourquoi il n'y a pas de modulation
11:50de cet impôt sur les sociétés
11:51en fonction du comportement des entreprises
11:54et en fonction notamment
11:55de la destination des résultats de l'entreprise ?
11:58Ce qui est versé sous forme de dividendes
12:00aux actionnaires
12:01pourrait être taxé un petit peu plus.
12:03Ce qui est réinvesti dans l'entreprise
12:05devrait être taxé un peu moins.
12:07Bonjour Marc et bienvenue sur France Inter.
12:09Bienvenue dans le grand entretien.
12:11Vous avez une question pour nos invités,
12:13Pascal Demurgé et Dominique Carlac.
12:16Merci d'avoir sélectionné ma question.
12:18Ma question est très simple.
12:19Depuis 1981, donc depuis Raymond Barre,
12:22c'est-à-dire il y a 44 ans,
12:24la France est dans un processus d'endettement.
12:28Comment en est-on arrivé là ?
12:30Regardons quand même le passé.
12:31qui nous gouverne depuis 44 ans
12:34et qui nous met progressivement
12:36dans une telle situation
12:37alors qu'à titre individuel,
12:39je n'ai personnellement aucun prêt.
12:41Et si j'avais un prêt,
12:43et bien ça serait un prêt raisonnable.
12:46Comment peut-on faire confiance
12:48dans l'avenir à ces gens-là ?
12:50Excusez-moi.
12:52Alors merci pour votre question.
12:53Il faut indiquer que le thème
12:54des rencontres d'Impact France
12:56c'est retour vers le futur.
12:58Mais d'abord Dominique Carlac
12:59parce que vous avez l'air étonné par la question.
13:01Non, je ne suis pas du tout étonné par la question.
13:03Franchement, pas étonné.
13:04En fait, je ne vais pas faire
13:05un développement très complet
13:06mais comment en est-on arrivé là ?
13:08C'est qu'on n'a pas changé le modèle
13:09alors que la démographie a changé.
13:10Quand on a mis en place
13:11la sécurité sociale après la guerre,
13:14il y avait beaucoup d'actifs
13:16qui pouvaient financer
13:17cette sécurité sociale
13:18par exemple sur la retraite des inactifs.
13:20Aujourd'hui, on a 1,7 actif
13:23qui va financer la retraite
13:24et puis bientôt ça sera moins.
13:25Donc c'est aussi une des raisons
13:27c'est qu'on n'a pas changé le modèle
13:28alors que la démographie
13:29a considérablement changé.
13:31Pascal Demurgé,
13:32retour vers le futur ?
13:34Retour vers le futur,
13:35c'est effectivement le thème
13:36des universités d'Impact France.
13:38Juste un mot sur Impact France,
13:39c'est un mouvement patronal
13:41mais qui réunit des entreprises
13:43qui ont conscience
13:44de leurs responsabilités sociétales,
13:46sociales, environnementales.
13:48Il y a aujourd'hui 30 000 entreprises.
13:50Moi, j'en ai pris la présidence,
13:52la coprésidence il y a deux ans.
13:54Il y avait 8 000 entreprises,
13:55aujourd'hui 30 000.
13:56Ça veut dire quoi ?
13:57Ça veut dire que les entreprises
13:58sont de plus en plus conscientes
14:00de la nécessité de contribuer
14:03aux sujets sociaux et environnementaux
14:05parce que demain, de toute façon,
14:06il n'y aura pas de business dans le chaos.
14:08Mais parole aux auditeurs.
14:10Laurence, Xavier, Corinne,
14:11tous sur la même ligne,
14:13vous interroge sur l'enrichissement
14:15des banques sur notre dette.
14:17Ça, c'est Laurence.
14:18Xavier qui se demande
14:19si les entreprises françaises
14:20ne sont pas paradoxalement
14:22trop biberonnées aux aides publiques
14:25et l'éléphant dans la pièce
14:27quid de l'évasion fiscale
14:28des multinationales ?
14:30Se demande Corinne.
14:31Alors, sur les entreprises
14:33qui seraient biberonnées aux aides
14:34et c'est le point qu'a soulevé
14:36Pascal Demurgé à l'instant.
14:38Ce rapport sédentorial,
14:39il pose vraiment problème,
14:40mais en même temps,
14:40il nous dit une chose,
14:41il écrit noir sur blanc
14:43que nette de toutes ces aides
14:45qu'on compte selon la police
14:46ou selon les syndicats
14:47de 110 milliards
14:49ou 110 milliards,
14:51il y a des aides.
14:52Elles sont sous forme
14:53de prêt à taux zéro
14:54par BPI,
14:55elles sont sous forme
14:55d'économie d'impôt
14:56quand vous faites de la recherche,
14:58elles sont sous forme
14:58d'allègements de charges
15:00quand vous ne pouvez plus recruter.
15:02Donc, toutes ces aides,
15:03en fait, ne sont pas des cadeaux
15:04parce que nette des aides,
15:07les entreprises françaises
15:08payent encore le plus
15:09de charges au monde.
15:10Même quand vous enlevez
15:12toutes ces aides
15:13et ces supposés cadeaux,
15:14de toute façon,
15:14les entreprises françaises,
15:16ce ne sont pas des cadeaux,
15:17c'est simplement des allègements
15:18qui permettent de rester
15:19à peu près dans la course
15:20face à deux capitalismes d'État
15:22que sont le capitalisme
15:23d'État américain,
15:24le capitalisme d'État chinois.
15:27Donc, la conditionnalité des aides,
15:29en réalité,
15:30elle existe déjà.
15:31Pourquoi on donnerait
15:32des aides aux entreprises ?
15:33C'est parce qu'elles font
15:34en échange un effort de guerre.
15:36Quand on fait du crédit
15:37impôt recherche,
15:38admettons qu'on économise
15:3930% de son effort de recherche,
15:41mais on a encore mis 70%
15:43et c'est ça la conditionnalité.
15:44On a encore mis 70%.
15:46Alors, on peut aller plus loin,
15:47on peut aller plus loin,
15:48mais il faut aller plus loin
15:49à échelle européenne.
15:50Par exemple,
15:51moi, je suis pour
15:52la préférence européenne.
15:53Je suis pour que
15:54dans les marchés publics
15:55ou dans les grands appels d'offres,
15:57on dise,
15:58si on veut être en concurrence,
15:59si on veut être gagnant,
16:00il faut des conditions sociales,
16:02des conditions environnementales
16:03pour obtenir les marchés.
16:04Mais ça, il faut que
16:05tout le monde joue le jeu.
16:06Il faut que nos copains allemands,
16:07nos copains de l'Union européenne
16:08jouent le jeu.
16:09Et c'est comme ça
16:10qu'on aura une forme
16:10de souveraineté,
16:11de compétitivité.
16:12Alors, Pascal Demurgé,
16:13puisqu'on parle de l'échelle
16:14internationale,
16:15dans cette incertitude
16:16dont on a parlé
16:17et qui fait souffrir
16:18aussi les entreprises,
16:20il y a Donald Trump
16:21et sa politique
16:22de droit de douane.
16:23Vous, vous signez
16:24une tribune aujourd'hui
16:25dans les Échos,
16:25qui parle d'environnement,
16:26mais qui parle aussi
16:27de reconstruire
16:28notre souveraineté européenne.
16:30Et on a appris hier soir
16:31que Bruxelles proposait
16:32des droits de douane
16:33à zéro
16:34pour les biens industriels américains.
16:36Donc, l'espoir,
16:37bien sûr, c'est de faire baisser
16:38en retour nos droits de douane
16:39de produits industriels
16:41exportés vers les États-Unis.
16:43Est-ce que les instances européennes,
16:44elles ont raison
16:45de transiger de cette façon
16:47ou est-ce qu'on renonce
16:48à notre souveraineté
16:49en faisant ça ?
16:49Je pense qu'on a largement
16:51renoncé à notre souveraineté.
16:53C'est un accord
16:53qui est complètement déséquilibré,
16:55totalement asymétrique.
16:5715% de droits de douane
16:58qui nous sont imposés,
17:00j'allais dire,
17:01du jour au lendemain.
17:01Et en contrepartie,
17:03on s'engage à acheter
17:05pour 750 milliards
17:07de pétrole américain
17:10sur quelques années.
17:12C'est totalement déséquilibré.
17:13Et là, on dit
17:14« Droits de douane zéro »
17:15quand ça se produit.
17:15Et ça ne règle pas le sujet
17:17parce que, de toute façon,
17:19Trump est insatiable.
17:20Et à chaque fois
17:21que l'Europe voudra prendre
17:23une mesure
17:23ou fera une déclaration,
17:25il agitera le spectre
17:28de droits de douane
17:29encore supérieur.
17:30Donc non,
17:31il faut réagir.
17:32Oui, le sujet
17:33de la souveraineté européenne
17:34est essentiel.
17:35Dominique Carlac
17:36a parlé de la question
17:38des marchés publics.
17:39J'adhère complètement.
17:40Mais il faut aller au-delà.
17:41Il faut protéger
17:42le marché européen.
17:44Il y a un outil pour ça
17:45qui s'appelle
17:45la taxe carbone aux frontières.
17:47Simplement,
17:47la taxe carbone aux frontières
17:48aujourd'hui,
17:49elle est sur un nombre
17:50extrêmement réduit
17:51de matières premières.
17:53Il faut un élargissement
17:54de ces taxes carbone
17:58aux frontières
17:58qui nous protègent
18:00et qui impose
18:01aux importations
18:02extra-européennes
18:03les mêmes exigences
18:05sociales et écologiques
18:07d'ailleurs
18:07que ce que nous produisons
18:09en Europe.
18:09Il faut nous protéger
18:10si nous voulons retrouver
18:12notre souveraineté.
18:13Un exemple très parlant,
18:15l'industrie textile.
18:16Il y a aujourd'hui
18:17un projet de loi
18:18en discussion au Parlement
18:19sur la taxation
18:21de ce qu'on appelle
18:22la fast fashion,
18:23c'est-à-dire
18:23les Chines, etc.,
18:26qui produisent
18:28dans des conditions
18:28sociales et écologiques
18:29épouvantables
18:30au Bangladesh
18:31ou ailleurs
18:33des produits
18:35qui viennent inonder
18:36le marché européen.
18:37Il y a aujourd'hui
18:39ce projet de loi,
18:39il faut impérativement
18:41le voter
18:41pour taxer
18:43cet excès
18:45et essayer
18:46de sauver
18:47et de réindustrialiser
18:49en réalité
18:49la France et l'Europe
18:50sur le textile.
18:51Si on l'avait fait avant,
18:53des camélieux,
18:54des coucailles,
18:55des princesses tam-tam
18:56seraient encore en vie.
18:57Donc un grand nombre
18:58d'entreprises françaises
18:59d'un mot avant
19:00de retrouver Christophe
19:01au standard
19:02Dominique Arlac.
19:03C'était frappant
19:04de voir les représentants
19:07des partis politiques
19:08du lapsus
19:08hier au MEDEF.
19:10Ils étaient tous d'accord
19:11pour dire qu'il y avait
19:12trop de réglementations,
19:13en tout cas à droite
19:14et à l'extrême droite,
19:15trop de réglementations
19:16et notamment européennes.
19:19C'est aussi
19:20une autre question
19:21qui s'était posée
19:22et là pour le coup
19:23qui a été moins débattue,
19:24le confort des boomers.
19:25Est-ce que c'est la raison
19:26pour laquelle
19:26on en est arrivé là ?
19:28Le confort des boomers,
19:29l'expression
19:29elle est évidemment
19:30de François Bayrou,
19:32les boomers doivent être
19:33à ses côtés,
19:34les premiers
19:34pour que l'on baisse
19:35la dette.
19:36Est-ce que c'est
19:36la guerre des générations
19:38qui explique la situation
19:39dans laquelle
19:39est la France aujourd'hui ?
19:40Non, je ne pense pas
19:41qu'elle l'explique.
19:42Je pense que c'est
19:43stigmatiser
19:44une classe générationnelle
19:46donc je ne suis pas
19:46trop d'accord
19:47avec cette expression.
19:48Donc effectivement,
19:49je vous ai expliqué
19:50tout à l'heure
19:51que les boomers,
19:52oui,
19:53bénéficient du modèle
19:55qui,
19:56quand il y avait
19:57une démographie
19:58qui pouvait se le permettre,
19:59on pouvait avoir
20:00tranquillement sa retraite
20:01et on était sûr
20:02de l'avoir.
20:03Moi, je ne suis pas sûr
20:03que mes enfants
20:04auront la retraite
20:05qu'ont mes parents.
20:06Pour autant,
20:07je ne suis pas sûr
20:08qu'il faille stigmatiser
20:09une classe.
20:09Je pense que c'est
20:10un effort qu'on a.
20:11Enfin, je ne sais pas
20:12si on est premier ministre
20:13ou membre d'un gouvernement,
20:14on a charge d'âme
20:15comme nous,
20:15on a charge d'âme
20:16dans les entreprises.
20:17Donc je pense
20:17que notre vertu,
20:19de dire maintenant
20:20ça suffit,
20:21il faut qu'on aille chercher
20:22dans toutes les classes
20:23de la société,
20:24ne pas stigmatiser
20:25une génération en particulier.
20:27C'est l'un des paradoxes français,
20:29la dette d'un côté
20:30et l'épargne
20:31des Français de l'autre.
20:32Bonjour Christophe.
20:34Oui, bonjour.
20:35Et justement,
20:36vous vouliez nous parler
20:38de l'épargne.
20:39On parle toujours
20:40de la dette
20:41sans parler de l'épargne.
20:42Oui, absolument.
20:44Je vous remercie
20:44de prendre mon appel.
20:45Je voulais juste signaler
20:46qu'entre 2019 et 2023,
20:48la dette a augmenté
20:50d'environ 426 milliards d'euros,
20:52mais que de l'autre côté,
20:53en fait,
20:54en contrepartie,
20:55l'épargne des Français
20:55et des entreprises,
20:57uniquement sur les comptes bancaires,
20:59quand on regarde
20:59les chiffres de l'INSEE,
21:00ça a augmenté
21:01de plus de 600 milliards.
21:03Autrement dit,
21:03en fait,
21:03une partie de la dette
21:05et du déficit
21:06va en fait financer l'épargne
21:07et l'épargne elle-même
21:09est réinvestie ensuite
21:10en dette d'État.
21:11Donc, en gros,
21:12quand M. Béroudi
21:13dit qu'en effet,
21:14il parle des boomers,
21:14il a un peu raison.
21:16C'est-à-dire que les Français
21:16eux-mêmes,
21:17ceux qui ont de l'épargne,
21:18bénéficient des intérêts
21:19de la dette.
21:20Voilà.
21:20Merci en tout cas
21:21pour cette intervention
21:22et ce paradoxe.
21:24Juste peut-être deux choses
21:25sur le sujet.
21:26D'abord,
21:26puisque c'est la fin
21:27de notre entretien.
21:28Bien sûr,
21:28effectivement,
21:29l'épargne est à un niveau
21:30très élevé.
21:30C'est quand même le signe
21:32de cette incertitude
21:33et de cette inquiétude
21:34des Français.
21:36Et ça n'est pas
21:36un bon signe.
21:38Et par ailleurs,
21:39sur la question des boomers,
21:40je ne crois pas
21:40que ce soit un sujet
21:41générationnel.
21:43Simplement,
21:43nous sommes dans un moment
21:44où effectivement
21:45la France est en crise.
21:46Il faut que chacun contribue
21:48et que chacun contribue
21:49à hauteur
21:50de ses possibilités.
21:52Dominique Caralac,
21:52l'épargne ?
21:53L'épargne,
21:54il n'y a jamais eu
21:54un taux d'épargne
21:55aussi élevé.
21:56La Fédération des banques
21:58nous l'a dit lundi,
22:00il y a la surépargne.
22:01Les entreprises
22:02retiennent leurs investissements
22:04et tout ça,
22:05c'est le même ressort
22:06psychologique.
22:07C'est que l'incertitude
22:08politique et budgétaire
22:09pèse lourdement
22:10sur les décisions
22:11de dépense
22:13des Français,
22:14qu'ils soient
22:14particuliers
22:15ou entreprises.
22:16Merci infiniment
22:17en tout cas
22:18à tous les deux
22:18d'avoir été les invités
22:19du grand entretien
22:20de France Inter.
22:21Très belle journée.
22:22C'est parti.
22:22C'est parti.
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