Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 6 mois
Votre rendez-vous 100% direct, décryptage, débats. Pour tout savoir mais aussi tout comprendre de l’actualité. Aux côtés de Valentin Doyen et Marion Russell : les meilleurs experts et tous les acteurs qui font l’info

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00C'est donc parti pour Newsbox. Nous sommes ensemble durant deux heures et là pendant une demi-heure, nous allons revenir en détail sur la situation en Ukraine et cette nouvelle escalade des tensions entre Donald Trump et Vladimir Poutine.
00:18On va faire le point dans un instant et puis on a des invités, des experts également en plateau. Il y a Emmanuel Galichier qui est à distance, Ulrich Bounat qui est avec nous en planeau, Mariana Pérez-Bénéciouk également ou encore Romain Miel-Karek.
00:32On arrive à vous dans quelques instants. Avant cela, donc que se passe-t-il ? C'est une nouvelle escalade de tensions entre Donald Trump et Vladimir Poutine.
00:41Le président des Etats-Unis a donc ordonné hier soir le déploiement de deux sous-marins nucléaires. Décision prise après les menaces de Dmitri Medvedev, l'ancien président russe.
00:50Oui, il reste deux inconnus à ce stade. On ne sait pas exactement où seront positionnés ces sous-marins et Donald Trump n'a pas non plus précisé s'il s'agit de submersibles à propulsion nucléaire ou s'ils sont porteurs d'ogives atomiques.
01:02Les précisions de Fanny Regnaud et Mathilde Kouvillers-Flornois.
01:05Point de départ de ces nouvelles tensions, des commentaires de l'ancien président russe Dmitri Medvedev, jugé provocateur par Donald Trump.
01:15Medvedev a dit des choses très graves concernant le nucléaire.
01:19Je me dis qu'il vaut mieux être prudent parce que c'est une menace automatique de sa part et il l'a déjà fait auparavant.
01:26Et j'ai donc envoyé dans la région deux sous-marins nucléaires juste pour m'assurer que ces mots ne sont que des mots et rien de plus que cela.
01:35Ils sont près de la Russie, je présume ?
01:38Oui, ils sont près de la Russie.
01:41Depuis le début de la semaine, l'ancien président russe enchaîne les pics sur les réseaux sociaux.
01:46Le poste de trop date de jeudi.
01:48Dmitri Medvedev répond alors à Donald Trump qui qualifie de morte les économies russes et indiennes.
01:53Qu'il se souvienne de ses films préférés, Walking Dead, et du danger que peut représenter la légendaire main morte.
02:01La main morte, une référence à un programme de l'Union soviétique datant de la Seconde Guerre mondiale.
02:07En cas de destruction de la chaîne de commandement russe, le système pouvait déclencher semi-automatiquement l'arsenal nucléaire.
02:14Le président américain exige toujours la fin du conflit d'ici le 8 août.
02:19De son côté, le Kremlin n'a pas réagi à cette escalade.
02:22Hier, Vladimir Poutine a assuré vouloir une paix durable, mais maintient des conditions toujours inacceptables pour Kiev.
02:28– Mariana Pérebénessieux, que je me tourne vers vous, vous êtes journaliste indépendante franco-ukrainienne.
02:35Bonsoir et merci d'être avec nous sur le plateau de BFM TV.
02:39Est-ce que vous pensez qu'avec le sujet que l'on vient de voir, est-ce que nous sommes dans la posture de dissuasion
02:44ou est-ce qu'on est face à une véritable escalade militaire ? Qu'est-ce que vous en pensez ?
02:48– Alors ça c'est typiquement le langage de dissuasion, on n'est pas à un stade avancé, on n'est pas à la veille d'un conflit.
02:58C'est tout à fait normal. Par ailleurs, on s'est tellement habitué au discours grotesque de Dimitri Medvedev
03:04qu'on oublie presque que c'est le vice-président du Conseil de sécurité de la Fédération de Russie.
03:09Donc venant d'une personne qui occupe un tel poste, quand il s'agit de menaces sur la sécurité des États-Unis
03:16ou d'autres pays, ce n'est pas anodin.
03:20Et donc en fait, je trouve ça plutôt sain que de commenter et de dire que de telles déclarations
03:28sont inacceptables venant d'une personne qui préside sur le Conseil de sécurité d'un pays hostile, on va dire.
03:37Donc pour l'instant, nous sommes réellement dans la dissuasion ou plutôt dans un échange.
03:44Parce que ce qu'il faut comprendre, c'est que la Russie, tout comme l'Union soviétique avant,
03:50est toujours gourmande de petites provocations que nous ne voyons absolument pas.
03:55Il s'agit des passages un peu trop près des avions ou des bateaux, par exemple.
04:02Et que d'habitude, il y a des échanges, des signaux un tout petit peu comme ça,
04:07que nous ne voyons jamais.
04:09Ce qui a changé cette fois, c'est qu'il y a eu un échange verbal qui a accompagné ces signaux.
04:17Ludric Bona, une petite question aussi.
04:19On a eu beaucoup de commentaires sur les déclarations de Donald Trump.
04:22Les mots aussi employés par Dmitri Medvedev sont choisis.
04:26Il évoque la main morte.
04:27Alors ça fait référence à des choses d'avant.
04:30On parle aussi de théorie du fou.
04:32C'était quelque chose qui avait été un peu théorisé par Nixon en 68 pour mettre fin à la guerre du Vietnam.
04:36Qu'est-ce que ça veut dire ?
04:37Et est-ce que c'est ce à quoi on fait face ?
04:39Alors, l'idée déjà peut-être de la théorie du fou, c'était effectivement de laisser penser à l'adversaire
04:45qu'on est capable de tout, voire du pire, quitte à utiliser l'arme atomique.
04:49Ce qui a effectivement, paradoxalement, conduit à une désescalade
04:52puisque l'autre ne veut pas arriver à le locus nucléaire.
04:55Là, on n'est quand même pas tout à fait vraiment, en mon sens, dans la même perspective.
04:59On est plutôt dans une situation où, effectivement, il y a eu cette espèce d'escalade un petit peu invraisemblable sur Twitter,
05:06enfin, en tout cas par message interposé entre les deux hommes.
05:09Et effectivement, Donald Trump a estimé nécessaire de répondre.
05:11Mais je pense que c'est peut-être un peu moins par rapport à ce que dit Dmitri Medvedev
05:16que par rapport à un contexte plus global où, finalement, Donald Trump essaie de faire passer le message à Vladimir Poutine.
05:22Parce que Dmitri Medvedev, ce n'est pas véritablement quelqu'un d'important dans le système russe.
05:26Donc, le message adressable à Vladimir Poutine, c'est plutôt de dire, je te laisse une dernière chance.
05:32Il y a une semaine qui reste dans le délai.
05:35J'envoie Steve Wittkopf sur place.
05:36Il faut que ça avance parce que je m'impatiente.
05:38Ça ne veut pas dire que dans 7 jours ou dans 8 jours, ça va déboucher sur un conflit.
05:42Mais c'est aussi un signalement, en fait.
05:44C'est de faire passer le message que les États-Unis restent une grande puissance nucléaire
05:48et une grande puissance militaire.
05:49Et donc, effectivement, il faut enfin avancer sur le dossier de l'Ukraine
05:54et arriver à un cessez-le-feu et pas simplement, juste de la part de Vladimir Poutine,
05:59simplement, à chaque fois, éviter de répondre aux sollicitations.
06:02Nous sommes en ligne aussi avec Emmanuel Galiché, enseignante chercheuse en physique nucléaire.
06:08Bonsoir, Madame Galiché.
06:09Merci d'être avec nous à distance.
06:12Alors, justement, le nucléaire, l'envoi de deux sous-marins nucléaires.
06:16On n'en sait pas beaucoup plus pour l'instant sur ces engins.
06:19Est-ce que ce sont des sous-marins à propulsion nucléaire qui peuvent envoyer des missiles simples ?
06:23Ou est-ce que ce sont des sous-marins capables d'envoyer des missiles nucléaires ?
06:27Ni vous, ni moi, n'en savons quelque chose.
06:29Est-ce que vous pouvez nous expliquer la différence, déjà, entre les deux ?
06:33Oui, tout à fait.
06:34Alors, vous avez deux types de sous-marins nucléaires.
06:37Ceux qui ont un réacteur qui leur permet d'avancer, d'être propulsés par l'énergie nucléaire.
06:43On appelle ça des SNA en français.
06:47Les autres, ils ont également un cœur pour être propulsés.
06:50Donc, c'est ce qu'on appelle la propulsion nucléaire.
06:53Mais en plus, ils ont l'arme nucléaire à bord.
06:56C'est-à-dire qu'ils vont avoir des missiles qui peuvent tirer en général,
07:00qui ont une portée de plus de 10 000 kilomètres,
07:03et qu'ils peuvent lancer sur l'ensemble des capitales
07:07ou sur des sites industriels ou militaires, si on leur donne l'ordre.
07:11Et donc, c'est ce qu'on appelle des lanceurs d'engin, des sous-marins lanceurs d'engin.
07:16Et dans ces sous-marins, il est probable, peut-être,
07:19que ce soit ce genre de sous-marins qui ont été lancés en mer par Donald Trump.
07:25Mais effectivement, vous avez totalement raison.
07:27Nous ne savons pas si ce sont des SNA ou des SNLE.
07:32Une autre interrogation, ce n'est pas le type de sous-marins,
07:35mais où est-ce qu'ils sont situés à ce propos ?
07:37Le président Trump a aussi eu un mot là-dessus à la télévision américaine.
07:42Je vous propose de l'écouter.
07:43Il est assez clair sur le positionnement.
07:47Medvedev a dit des choses très graves concernant le nucléaire.
07:51Et vous savez, quand vous mentionnez le nucléaire,
07:54mon sang ne fait qu'un tour.
07:55Et je me dis qu'il vaut mieux être prudent,
07:57parce que c'est une menace automatique de sa part,
08:00et il l'a déjà fait auparavant.
08:01Donc nous serons toujours préparés.
08:04Et j'ai donc envoyé dans la région deux sous-marins nucléaires,
08:07juste pour m'assurer que ces mots ne sont que des mots,
08:10et rien de plus que cela.
08:12Ils sont près de la Russie, je présume ?
08:14Oui, ils sont près de la Russie.
08:17Emmanuel Galiché, alors on comprend bien que Donald Trump
08:18ne peut pas nous dire exactement où se situent ces sous-marins,
08:22mais leur positionnement, est-ce qu'il est particulièrement important ?
08:25Qu'est-ce qu'on peut en dire aujourd'hui ?
08:28Alors pas tant que ça, effectivement, parce que comme je vous le disais,
08:31les missiles qu'ils ont à bord ont une portée très longue.
08:34Et finalement, quel que soit l'endroit où ils sont dans les océans,
08:39ils peuvent atteindre à peu près toutes les capitales
08:42de l'ensemble des pays sur la planète.
08:46Et il faut savoir bien sûr que les États-Unis,
08:48comme la France d'ailleurs, a toujours entre 4 et 6 sous-marins.
08:53Alors la France n'en a que 2 ou 1 dans les mers quelque part,
08:56mais les États-Unis, comme ils sont effectivement
08:59la première puissance nucléaire mondiale,
09:02ils ont un certain nombre de sous-marins
09:03qu'ils le sont tout le temps en fait, en mer quelque part.
09:08Et donc, de toute manière, je dirais que la Russie
09:13n'est pas hors d'atteinte évidemment de n'importe quel sous-marin
09:17qu'il soit américain, voire même européen, français.
09:20Il faut le savoir ça.
09:21Romain Mielkarek, je me tourne vers vous.
09:23Vous êtes journaliste défense pour BFM TV.
09:26Quels sont les risques à venir ?
09:27Est-ce que la Russie peut aussi répondre en déplaçant
09:30elle-même des sous-marins nucléaires dans des zones stratégiques ?
09:35Alors les Russes comme les Américains ont en toute logique
09:37déjà des sous-marins dans des zones stratégiques.
09:41Ce qu'il faut comprendre dans cette déclaration,
09:42c'est qu'elle vise à faire comprendre aux Russes
09:48quelles sont les limites de ce que peuvent accepter les Américains.
09:53C'est un signalement stratégique.
09:55Un signalement stratégique, l'objectif c'est que
09:57pour que la dissuasion fonctionne,
09:59l'autre en face comprenne bien jusqu'où il peut aller
10:02et jusqu'où il ne doit pas aller.
10:04Ça peut prendre deux formes.
10:05La première, c'est de montrer ce que techniquement
10:07on est capable de faire, donc de faire la démonstration
10:09de sa capacité à faire naviguer des sous-marins en permanence,
10:12à envoyer des avions à une certaine distance,
10:14à avoir des missiles qui fonctionnent, etc.
10:17Et donc ça, c'est fait en permanence par les puissances nucléaires.
10:19Les Français, par exemple, de temps en temps,
10:21ils attendent qu'un satellite russe ou chinois
10:23passe au-dessus de la France,
10:24ils sortent un rafale et ils installent une arme nucléaire dessus.
10:27Ils savent qu'on va les regarder.
10:28Les Russes l'ont fait à l'été dernier, en 2024,
10:31en faisant sortir un sous-marin à Cuba,
10:33pour dire aux Américains, vous voyez,
10:34nous on peut avoir un sous-marin à Cuba,
10:36on fait ce qu'on veut.
10:37Donc premier type de signalement stratégique,
10:38on montre ce qu'on est capable de faire.
10:40Deuxième type de signalement stratégique,
10:42on dit où sont les limites.
10:44C'est ce que fait, par exemple, Emmanuel Macron
10:46quand il dit
10:46les intérêts vitaux de la France, c'est l'Europe.
10:50Sous-entendu, si à un moment,
10:51quelqu'un touchait à un pays de l'Union européenne ou de l'OTAN,
10:55on est déjà en train de mobiliser le feu nucléaire français.
10:59Et donc là, on est un petit peu sur ce genre de choses.
11:00Il nous dit, la limite, elle est là.
11:02Le problème de son signalement stratégique,
11:05c'est qu'il n'est pas clair.
11:05On ne comprend pas ce qu'il dit.
11:06On ne comprend pas de quel type de sous-marin
11:09il est en train de parler.
11:10Et surtout, quelle est la limite
11:12qu'il est en train d'essayer d'arrêter ?
11:13Est-ce que la limite pour les Américains,
11:15c'est des messages sur les réseaux sociaux
11:17de M. Medvedev,
11:18qui certes est une personne relativement influente,
11:21mais qui n'a pas le pouvoir exécutif,
11:23qui n'a pas de responsabilité,
11:24qui n'a pas la main sur le feu nucléaire ?
11:26Alors, est-ce que ça, c'est une limite ?
11:28En réalité, ça n'a pas beaucoup de sens.
11:29Et ça, tout le monde le sait,
11:31et notamment les Russes.
11:31– Vous évoquiez les alliés aussi,
11:34notamment de la Russie,
11:35parce qu'en plus de l'envoi de deux sous-marins nucléaires,
11:37Donald Trump promet aussi des sanctions secondaires
11:40en pénalisant les pays qui seraient alliés de la Russie,
11:42ceux qui lui achètent, par exemple,
11:44son pétrole comme la Chine ou l'Inde.
11:45– Exactement.
11:46Antoine Hollard, bonsoir.
11:47Vous êtes le correspondant de BFM TV aux États-Unis.
11:49L'ultimatum de Donald Trump
11:51concernant la fin du conflit en Ukraine
11:53arrive à expiration dans six jours maintenant.
11:56Est-ce que l'on sait ce que réserve le président américain
11:59à la Russie et à ses alliés ?
12:03– Oui, vous l'avez dit,
12:05l'idée de Donald Trump,
12:06c'est d'aller punir les pays
12:07qui font du commerce d'hydrocarbures avec Moscou,
12:10ceux qui achètent le pétrole russe
12:13et qui, du coup, indirectement,
12:15financent la machine de guerre du Kremlin.
12:17Concrètement, Trump pourrait imposer à ces pays
12:20des droits de douane punitifs.
12:22On parle de droits de douane à 500%.
12:24Est-ce qu'il leur fermerait totalement l'accès au marché américain ?
12:28En fait, l'idée, derrière tout ça,
12:30c'est de faire peur à ces pays
12:32pour les dissuader d'acheter du pétrole russe,
12:34ce qui, du coup, permettrait totalement
12:35d'assécher les finances de Moscou.
12:38Voilà, en tout cas, pour la théorie.
12:39Dans la pratique, c'est évidemment bien plus compliqué
12:42à mettre en œuvre.
12:42D'abord parce que, vous l'avez rappelé,
12:44ça voudrait dire sanctionner la Chine et l'Inde
12:47qui sont les deux plus gros consommateurs,
12:50les plus gros acheteurs de pétrole russe.
12:52Et puis aussi, le pétrole russe,
12:53il faut bien voir qu'il est vendu sur le marché noir.
12:56C'est de la contrebande avec des navires fantômes, etc.
12:58Donc très dur à contrôler.
13:01Trump, lui-même, avant-hier,
13:02s'est montré d'ailleurs assez sceptique
13:04sur l'efficacité de ces mesures.
13:06Il explique globalement que Poutine s'en moque.
13:09Une déclaration qui montre à l'évidence
13:11la frustration grandissante de Donald Trump
13:13face à ce conflit qui s'enlise
13:15et qu'il n'arrive pas à régler.
13:16Pour l'instant, d'ailleurs,
13:17son ultimatum n'a eu aucun effet sur le terrain.
13:20Au contraire, les bombardements se sont intensifiés,
13:23ce qui alimente encore un peu plus
13:24l'impatience de Donald Trump face à la Russie.
13:28Merci beaucoup, Antoine Hollard,
13:30correspondant BFM TV à Washington.
13:32Alors, on parle des sanctions
13:34envers la Russie et ses alliés.
13:36Le Rigounat,
13:38est-ce que Trump est en train de jouer un peu son va-tout ?
13:40Il agite la menace,
13:42en tout cas, la question nucléaire,
13:43il la remet sur la table.
13:44Il parle de sanctions,
13:45en parle des histoires de droits de douane.
13:47On a l'impression qu'il est en train de renverser la table.
13:48Est-ce qu'il va risquer de tout renverser ?
13:51En tous les cas,
13:52il essaie de faire passer un certain nombre de messages
13:55à la Russie en disant que tout est à peu près sur la table
13:57pour essayer de forcer Vladimir Poutine
14:00à s'asseoir à la table des négociations
14:01et à arriver au moins à cesser le feu.
14:02La vraie question,
14:03c'est que va-t-il se passer le 8 ?
14:05Est-ce que Donald Trump va véritablement
14:06mettre ses menaces à exécution
14:07de droits de douane secondaire contre la Chine ?
14:10C'est quand même très peu probable.
14:12On est plutôt dans une phase de détente
14:13avec la Chine,
14:14notamment en termes de négociations tarifaires
14:16sur les droits de douane.
14:18Sur l'Inde,
14:19il a effectivement parlé de le faire,
14:20mais il a été extrêmement fou.
14:21Il a parlé de pénalité sur l'Inde,
14:23mais sans le chiffrer,
14:24sans véritablement rentrer dans les détails.
14:26Mais ça peut suffire,
14:27éventuellement peut-être
14:27qu'est-ce que l'Inde,
14:28ou en tout cas les importateurs
14:30de pétrole indien,
14:31décident de rediversifier,
14:33revenir à la situation d'avant 2022
14:35et de racheter un peu plus de pétrole
14:36dans les pays du Golfe.
14:37Mais ce n'est pas ça
14:38qui va faire s'effondrer
14:39l'économie russe non plus.
14:40Donc en fait,
14:41c'est ça finalement la vraie question
14:42et je pense que c'est aussi
14:43l'une des raisons qui fait
14:43que Vladimir Poutine,
14:44pour l'instant,
14:45ne répond pas trop
14:46à toutes ces pressions
14:47un peu tous azimuts.
14:48C'est que Vladimir Poutine
14:49attend de voir en fait
14:50qu'est-ce qui va se passer lui.
14:50Est-ce que Donald Trump
14:57pétrole russe,
14:58sanctionner éventuellement
14:58les pays acheteurs
14:59de ce pétrole russe
15:01ou au contraire,
15:02est-ce qu'il va faire
15:02une espèce de demi-mesure
15:04et renvoyer le dossier à plus tard
15:05et c'est ça finalement
15:06en fait la vraie question.
15:07Emmanuel Galiché,
15:08vous qui avez de l'expérience
15:10sur le sujet,
15:12quelle est la nouvelle stratégie
15:13de Trump selon vous ?
15:15En se sentant menacé,
15:16est-ce qu'il montre les muscles
15:17en se servant un peu du nucléaire,
15:19en employant ce mot
15:20et en le balançant
15:20sur son raison sociale ?
15:22Oui, effectivement,
15:23vous avez raison,
15:24c'est sûrement ce qu'il a envie de faire
15:25et le dit de lui-même d'ailleurs.
15:26Quand on parle de nucléaire,
15:28je suis attentif
15:30et je me mets sur la défense,
15:32je protège mon pays,
15:33je protège les intérêts
15:34de mon pays.
15:35Donc en fait,
15:36il est probable
15:37qu'il essaye d'utiliser
15:39effectivement la rhétorique
15:41de la dissuasion nucléaire
15:43pour montrer un petit peu
15:45les muscles un peu plus
15:47qu'il ne le faisait jusqu'à présent
15:48auprès de Vladimir Poutine
15:50parce que jusqu'à présent,
15:51effectivement,
15:52il a essayé de faire ami avec lui,
15:53ça n'a pas vraiment marché
15:55et donc il utilise le nucléaire
15:58pour essayer d'aller
15:59un peu plus loin
16:00dans ce conflit
16:02et essayer de régler le problème.
16:05Mariana Pérez-Bénédic,
16:06vous me disiez,
16:07c'est un sujet sensible
16:08pour Trump,
16:08le nucléaire.
16:09Exactement,
16:10souvenons-vous,
16:11depuis,
16:12pendant la première présidence
16:14de Donald Trump déjà,
16:16il essayait d'établir le dialogue
16:19et de nouer l'amitié
16:20avec le dictateur nord-coréen
16:22pour prévenir
16:24l'accession de la Corée du Nord
16:27à l'arme nucléaire.
16:29Si Trump a finalement
16:31ordonné le bombardement
16:34des sites en Iran,
16:36c'était pour rétarder
16:38le programme nucléaire
16:39ou la fabrication
16:41de bombes nucléaires.
16:42Par ailleurs,
16:42les États-Unis
16:43n'ont bombardé
16:44que des sites
16:45liés au nucléaire.
16:46Rien d'autre à Iran.
16:47Alors que vraiment,
16:48c'était un grand tabou,
16:50une grande crainte
16:50dans la société américaine,
16:52y compris dans la base des Trump.
16:54Donald Trump
16:55est extrêmement sensible
16:56au sujet du nucléaire.
16:58Par ailleurs,
16:59avant même
17:00de son inauguration,
17:02il partageait
17:04les projets
17:05assez optimistes
17:06de rétablir
17:09les liens
17:09avec la Russie
17:10pour arriver ensemble
17:12à la dénucléarisation.
17:15Je ne sais pas
17:15si vous vous souvenez
17:16de ces déclarations-là.
17:18Donc apparemment,
17:19il y a quelque chose
17:20dans le comportement
17:20de Vladimir Poutine
17:21qui le faisait croire
17:23que c'est possible.
17:24Donc il ne faut pas
17:24sous-estimer
17:25que Donald Trump
17:26est très sensible
17:27à la question
17:27et je pense que ça répond
17:28à la question
17:28que se posait Romain
17:30et nous tous.
17:32Qu'est-ce qu'on signale finalement ?
17:33Qu'est-ce que Trump signale ?
17:34Où est la limite ?
17:35Il me semble que
17:37c'est possible
17:38que ce soit
17:38les limites personnelles
17:39de Donald Trump
17:40qui a une sorte
17:41d'aversion
17:42contre la prolifération
17:44nucléaire
17:45et qui prend le sujet
17:47à un effet
17:47très au sérieux.
17:48Ulrich Bounas
17:49sur ce sujet,
17:49après je viens
17:50vers Romain
17:51pour la main morte.
17:52Le parallèle
17:53avec la Corée du Nord
17:54est assez intéressant
17:54parce qu'avant
17:56de s'asseoir
17:56à la table
17:57des discussions
17:58avec Kim Jong-un,
17:59il avait eu
18:00exactement la même stratégie.
18:01Il avait positionné
18:02deux sous-marins nucléaires.
18:03En tout cas,
18:04il avait envoyé le message
18:05à la Corée du Nord
18:05qu'il y avait des sous-marins
18:06nucléaires américains
18:07qui traînaient dans la zone.
18:08Il avait dit
18:09qu'il avait un plus gros bouton
18:10que celui de Kim Jong-un
18:11donc il y avait un petit peu
18:12enfin non mais
18:13malheureusement
18:14c'est comme ça
18:15que ça avait été formulé
18:16et donc en fait
18:17il y avait toujours
18:17un petit peu
18:18cette espèce d'escalade
18:19rhétorique
18:19sur le nucléaire
18:21pour finalement
18:22pousser l'autre
18:22à venir s'asseoir
18:23à la table des négociations.
18:24Ça n'a rien donné
18:25mais finalement
18:26il y a un espèce
18:27de parallèle
18:27entre les deux situations.
18:28Autre bouton
18:29ce qui provoque
18:30la réaction de Trump
18:31qui lui donne des boutons
18:32c'est la sortie
18:33donc de l'ancien président russe
18:34sur Télégraph
18:35Medmedev
18:35notamment une référence
18:37à la main morte.
18:38C'est un système
18:40l'Union soviétique
18:40pendant la guerre froide.
18:42Alors Romain Mielkarek
18:43qu'est-ce que cette main morte
18:44et surtout
18:45est-ce qu'elle existe
18:46toujours ?
18:48On n'a pas le détail
18:49de ce qui fonctionne
18:50ou de ce qui ne fonctionne pas
18:51ce sont évidemment
18:52des infrastructures
18:53extrêmement sensibles.
18:56L'idée de la main morte
18:57c'est que
18:58si les centres de décision
19:00soviétiques puis russes
19:02étaient détruits
19:02par une frappe nucléaire
19:04notamment
19:04et que donc
19:05le chef de l'État
19:06et les dirigeants militaires
19:08n'étaient plus
19:08dans mesure
19:09de déclencher une riposte
19:11il y aurait un déclenchement
19:13automatique
19:14qui détecte
19:15des secousses
19:17dans le sol
19:17et un certain nombre
19:18de signaux
19:19qui voudraient dire
19:19que la Russie
19:20a été frappée
19:21par une bombe atomique
19:22et que donc
19:22automatiquement
19:23on déclenche le feu
19:24en riposte
19:25sur un certain nombre
19:26de cibles.
19:27On est là-dedans
19:28en plein dans la logique
19:29de la dissuasion nucléaire.
19:30Le principe
19:30de la dissuasion nucléaire
19:31c'est de dire
19:32moi j'ai un arsenal énorme
19:34toi tu as un arsenal énorme
19:35si l'un de nous deux
19:36ouvre le feu
19:37nos deux pays sont rasés
19:38il n'y a plus rien.
19:40Parmi les cibles
19:41il y a
19:41toutes les infrastructures stratégiques
19:43les centres de décision
19:44politique et militaire
19:45mais il y a aussi
19:46les plus grosses villes
19:46de chacun des deux pays
19:47pour dire
19:48le lendemain
19:49d'un affrontement nucléaire
19:51comme celui-là
19:52il n'y a plus d'économie
19:53il n'y a plus de population
19:54il n'y a plus rien.
19:55Pour s'assurer
19:56si ça fonctionne
19:57que ça n'arrive jamais
19:59et que donc jamais
20:00les États-Unis
20:01n'attaqueront la Russie
20:02et jamais la Russie
20:03n'attaquera les États-Unis.
20:05Et c'est là
20:05où des menaces
20:06comme celle-ci
20:06c'est quand même
20:08difficile à prendre
20:09en considération
20:10parce que
20:11les Américains
20:12comme les Russes
20:12savent qu'ils ne peuvent
20:13pas rentrer là-dedans.
20:15S'ils rentrent là-dedans
20:15alors à moins
20:16que d'un des deux côtés
20:18ça dysfonctionne totalement
20:19mais ce serait quand même
20:20un pari un peu risqué
20:21mais si on en arrivait là
20:23les deux pays
20:24sont totalement rasés.
20:27Ulrich Bonin
20:27vous m'arrêtez
20:27si je me trompe
20:28mais dans la Russie de Poutine
20:29c'est Medvedev
20:30qui met ça sur Telegram
20:31on a du mal à penser
20:32que l'ancien président russe
20:35toujours très proche
20:36du Kremlin
20:36toujours aux parties
20:38prenantes
20:38dans le gouvernement
20:40puisse dire ça
20:42sans l'aval
20:42de Vladimir Poutine
20:44ou en tout cas
20:44sans qu'il soit au courant
20:44est-ce que c'est possible
20:45et pourquoi
20:46Donald Trump
20:47réagit à la provocation
20:48de Medvedev
20:49mais ne rentre pas
20:50en relation avec Poutine
20:51à ce moment-là ?
20:52Je pense qu'en fait
20:52ce qu'il faut comprendre
20:53c'est que Dmitri Medvedev
20:54il a beaucoup changé
20:55depuis 2022.
20:56En fait
20:57c'était un président
20:58qui se positionnait
20:59comme un jeune réformateur
21:00pendant son mandat
21:01entre 2008 et 2012
21:02il est probable
21:04que depuis 2022
21:05il essaye d'un petit peu
21:06et on lui a beaucoup reproché
21:07cette attitude en interne
21:09notamment les faucons
21:10du régime
21:10ont dit que grosso modo
21:11c'était un vendu
21:12à l'Occident
21:12et donc depuis 2022
21:14à mesure que finalement
21:15la Russie
21:16en tout cas le régime russe
21:18se braquait de plus en plus
21:19contre les Occidentaux
21:19tous ceux qui avaient
21:20un petit peu
21:21dans le passé
21:22fait preuve d'ouverture
21:23vis-à-vis des Occidentaux
21:24ils ont dû se justifier
21:25a posteriori
21:26et une partie
21:27de cette rhétorique
21:28complètement absurde
21:29de Dmitri Medvedev
21:30sur l'envoi
21:31de missiles nucléaires
21:32sur à peu près
21:33l'ensemble de l'Occident
21:34Paris, Berlin
21:35etc.
21:36En fait
21:37c'est aussi une façon
21:37de donner des gages
21:39en fait
21:39pour dire regardez
21:40je suis finalement
21:40plus turbopatriote
21:42que les turbopatriotes
21:43et donc c'est ça
21:44qui se joue
21:44et il ne faut pas
21:45enfin Dmitri Medvedev
21:46s'exprime en son nom propre
21:47alors certes
21:47il est secrétaire adjoint
21:49du conseil de sécurité russe
21:51c'est d'ailleurs un poste
21:51qui a été créé
21:52spécifiquement pour lui
21:53mais donc
21:54il n'a pas vraiment
21:55ce n'est pas lui
21:55qui contrôle
21:56le conseil de sécurité
21:56en Russie
21:57et donc finalement
21:59il s'exprime en son nom propre
22:00il a déjà été repris
22:01une à deux fois
22:02en interne
22:02justement quand ça allait
22:03trop loin
22:04en gros le régime
22:06enfin le régime
22:07oui il se dissocie
22:07un petit peu
22:08de ce que raconte
22:08Dmitri Medvedev
22:09donc il ne faut pas
22:10en conclure
22:10que lorsqu'il s'exprime
22:11c'est une espèce
22:13de marionnette
22:13de Vladimir Poutine
22:14non il s'exprime
22:15en son nom propre
22:15mais qui répond
22:16à des contraintes
22:17on va dire
22:17politiques en interne
22:18où lui doit justifier
22:20finalement
22:20sa propre proposition
22:21je voudrais juste
22:25rappeler à tout le monde
22:26qu'on ne sait pas
22:26qu'il s'exprime
22:27parce que ce ne sont
22:28pas des entretiens
22:29de Dmitri Medvedev
22:31ce ne sont pas ses paroles
22:32c'est le compte officiel
22:34de Dmitri Medvedev
22:35et par ailleurs
22:35qui est une sorte
22:37de création
22:37assez mystérieuse
22:38parce que ça a changé
22:40de style
22:41et des rhétoriques
22:42plusieurs fois
22:43depuis qu'il avait
22:43été président
22:44et en fait
22:46nous n'en savons rien
22:48sur quel est type
22:49et dans quel but
22:50mène cette communication
22:52adossée
22:53au nom
22:54de Dmitri Medvedev
22:55bien réel
22:55après ça correspond
22:56quand même
22:56à des prises
22:57de position publique
22:57de Dmitri Medvedev
22:58depuis trois ans
22:59voilà
22:59et juste aussi
23:00pour ajouter
23:01la Russie
23:02elle fonctionne
23:03rapidement
23:03et on va sur le terrain
23:03on va directement
23:05sur le terrain
23:05et on vous redonne
23:06la parole
23:07juste après
23:07promis
23:07merci
Commentaires

Recommandations