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  • il y a 6 mois
Deux heures pour vivre l’info. Julie Hammett donne les clés aux téléspectateurs pour mieux comprendre les grands enjeux de la journée.

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Transcription
00:00Ça ne passera jamais à l'Assemblée nationale, Amandine Azalaya ?
00:02C'est compliqué en fait, tout va reposer sur les socialistes.
00:06Il va y avoir toute une négociation en essayant de les convaincre
00:09de ne pas s'associer à la France insoumise pour voter la censure
00:12parce qu'il n'y a aucun suspens sur le fait que le Rassemblement national
00:15va être en faveur d'une motion de censure et la France insoumise aussi.
00:20Et il reste un suspens pour le Parti socialiste ?
00:22Parce que quand j'entendais Olivier Faure hier, il avait l'air assez clair.
00:25Quand on leur parle, ils sont quand même plus ouverts que ça.
00:27C'est-à-dire qu'ils disent qu'en l'État, on censure si François Bayrou ne change rien.
00:31Mais il est évident que François Bayrou va changer des choses.
00:33Par exemple, quand on part de deux jours fériés supprimés,
00:36il est probable, possible que François Bayrou n'en retienne qu'un des deux.
00:40C'est en général comme ça qu'on commence une négociation.
00:43C'est a priori en mettant sur la table le plus dur ce qu'a semblé ferrière François Bayrou.
00:47Et puis finalement, en reculant, c'est pareil pour les retraités.
00:50On a du mal à imaginer qu'il y a à la fois la suppression de l'abattement
00:53et en plus la non-indexation des pensions sur l'inflation,
00:57ce qui charge quand même beaucoup la barre.
00:59Mais donc pardon, on renoncerait aux 43 milliards d'euros d'économie ?
01:02Non, mais on pourrait se diriger, et je vais donner la parole à mon voisin,
01:05vers quelque chose plus proche des 30, 35, voire même peut-être moins.
01:10Vous savez, Michel Barnier, à la toute fin, quand il négocie pour essayer de sauver sa tête,
01:14il lâche énormément.
01:15Il lâche plein de mesures à 5 ou 6 milliards,
01:18comme précisément sur les retraités, sur les médicaments.
01:21Et finalement, il tombe.
01:22Donc, on a vu large, mais il est possible qu'on soit plutôt sur environ 35 milliards d'euros d'économie ?
01:29Et peut-être même encore moins en réalité, effectivement.
01:31Alors le principe d'une négociation, c'est qu'on commence très fort
01:33pour, en toute fin de course, faire des concessions.
01:36C'est ça qui va se passer à l'Assemblée nationale à l'automne.
01:39Et on a en réalité le chiffre d'atterrissage de ces négociations.
01:44Il est dans ce document qui a été envoyé cette nuit aux parlementaires.
01:49Chez les budgétaires, on appelle ça le tiré à part.
01:51Ça donne les lettres plafond de tous les ministères.
01:53Mais il y a quelques paragraphes très intéressants
01:56qui nous donnent enfin l'augmentation naturelle des dépenses.
01:59Bercy nous explique dans ses documents que si on ne fait rien, c'est 60 milliards,
02:03mais que l'objectif est de faire 30 milliards d'économies.
02:09La dépense publique augmentera de 30 milliards l'année prochaine.
02:12C'est l'objectif de Bercy.
02:14Elle aurait augmenté de 60 milliards naturellement si on ne faisait rien.
02:17Donc, c'est 30 milliards d'économies qu'il va falloir faire et non pas les 44.
02:2214 milliards d'euros de grains à moudre avec les différents partis politiques,
02:27ça n'est pas une...
02:27Pour éviter la censure.
02:28C'est important, François Bayrou s'est donné les coups des franches
02:32pour éviter la censure à l'automne.
02:33Mais on peut se permettre de ne faire entre guillemets
02:35que 30 milliards d'euros d'économies vu la gravité de la situation ?
02:39C'est ce qui permettra effectivement de tenir l'objectif de déficit
02:43qui doit être amené de 5,4% du PIB cette année
02:46à 4,6% l'année prochaine.
02:49La marche est haute.
02:50Il suffira de faire en réalité 30 milliards d'économies.
02:54C'est ce qu'on vient d'apprendre avec la publication de ce document cette nuit.
02:57Il peut y avoir réellement une sorte de pacte de non-censure avec le PS ?
03:02Sur quel point est-ce qu'il pourrait se mettre d'accord avec le gouvernement ?
03:05Le Parti Socialiste va vouloir que les classes populaires ou moyennes
03:10ou les retraités soient moins touchés.
03:13Donc, ça veut dire épargner par exemple de façon certaine
03:16les retraités les plus modestes.
03:18Ça veut dire une année blanche qui ne concernerait pas tout le monde.
03:21C'est possible.
03:22A priori, il a fait quelque chose qui n'a jamais été fait, François Bayrou,
03:25en disant que l'année blanche va toucher toutes les prestations sociales.
03:28Ça ne sera certainement pas ça à la fin.
03:31Le jour férié, un seul jour, ça pourrait être un compromis acceptable aussi.
03:34Donc franchement, il n'est pas exclu à ce stade
03:36que le Parti Socialiste puisse finalement entendre aussi
03:39qu'une motion de censure, c'est un grand choc
03:43en termes de responsabilité prise pour le pays.
03:46Parce que tous les entrepreneurs vous disent aujourd'hui
03:48qu'ils ont besoin de stabilité sur le long terme,
03:50qu'ils ont beaucoup souffert avec la censure précédente.
03:54Qui dit motion de censure dit une probable possible,
03:56en tout cas, dissolution d'Emmanuel Macron.
03:58Est-ce que les députés ont franchement envie de revivre ça
04:02et les Français aussi ?
04:03Elle va peser plus lourd, en gros, cette deuxième motion de censure
04:06que la première si elle a lieu.
04:08Puis vous savez, il y a aussi des considérations
04:10beaucoup plus politico-politiques, voire un peu cyniques.
04:12Par exemple, est-ce que les socialistes ont envie d'avoir une dissolution
04:16avant les municipales ?
04:17Est-ce qu'ils ont envie de se refaire toute une campagne législative
04:20en risquant en plus de le payer aux élections municipales
04:23où ils sont assez forts ?
04:24Donc vous voyez, il y a beaucoup de considérations
04:25qui vont se mélanger à l'automne.
04:27Cyril Chabagné, sur quel point êtes-vous prêt à discuter
04:30parmi les mesures énoncées par François Bayrou ?
04:33Le premier problème, c'est que ça devait être un effort
04:36qui devait être juste et partagé.
04:38Et la problématique, c'est qu'il n'est pas partagé.
04:41D'abord, il n'y a pas un mot sur les entreprises.
04:44Alors non pas pour aller forcément taxer encore plus les entreprises,
04:49mais on est quand même, la semaine dernière, le rapport du Sénat
04:53avec les 211 milliards d'aides publiques aux entreprises.
04:57Une centaine, on sait que c'est pour les exonérations de charges.
05:00On pourrait discuter, mais au moins, on sait ce que c'est.
05:02Les 111 autres milliards d'euros, c'est très vague.
05:07C'est plus de 1150 aides différentes qu'on n'est même pas capable d'évaluer.
05:12Donc nous, on avait demandé qu'il y ait une évaluation de ces aides,
05:15qui est un audit, pour qu'on puisse regarder celles qui sont efficaces,
05:17celles qui ne sont pas, qu'on puisse en transformer certaines
05:20et sûrement faire quelques économies.
05:22Sur les 211 milliards, je pense que quelques milliards d'économies
05:25sur des aides inutiles auraient aussi montré l'exemple
05:28et ça faisait quelques milliards de plus.
05:30Donc ça, c'est un premier problème.
05:31Sur les retraités et sur l'année blanche, par exemple,
05:35à la CFTC, j'avais proposé au ministre la semaine dernière
05:37que pour alléger cette année blanche,
05:40alors on sait qu'on va avoir une inflation a priori aux alentours de 1%,
05:43ce qui est déjà assez faible, c'est une première bonne nouvelle.
05:47La deuxième chose, c'était au moins en contrepartie
05:50de geler l'indice des loyers.
05:53En gelant l'indice des loyers, ça faisait un petit effort
05:55au niveau des propriétaires très légers.
05:57Si le loyer n'augmente pas de 10 ou 15 euros,
05:59je ne crois pas que ça va tuer les propriétaires.
06:00et dans un budget aujourd'hui des plus modestes
06:03dont le logement représente entre 30 et 40 %,
06:06geler l'indice des loyers,
06:09ça faisait que l'effort était quasiment nul
06:11pour tous les locataires
06:13et ça faisait un effort partagé
06:15avec une petite participation des propriétaires.
06:18Vous voyez ?
06:18Et ça n'a pas été retenu.
06:19C'est là où ce n'est pas juste.
06:21Sur les jours fériés, encore une fois,
06:22je pense que ce n'est pas très efficace
06:24parce qu'il y a une baisse de la consommation
06:25qui n'est pas chiffrée dans les 2 à 3 milliards
06:27qui ont été donnés.
06:31Sur les retraités,
06:32et sur le fameux abattement de 10 %,
06:37j'ai un regard un peu différent du vote
06:38parce que transformer l'abattement
06:40par un forfait
06:42n'est pas forcément une mauvaise idée
06:44et en particulier le transformer en forfait,
06:47ça permet même d'avoir un effet positif
06:49pour tous ceux qui ont une retraite
06:50jusqu'à 1 700 euros.
06:53Donc en fait, on préserve les retraités
06:55qui ont les plus basses pensions
06:56et on demande un effort.
06:58Alors c'est à peu près nul
06:59entre 1 700 et 2 300 à peu près
07:01et ça demande un effort
07:03aux pensions qui sont les plus élevées.
07:05Donc là-dessus, vous êtes plutôt court ?
07:07Je trouve que c'est assez...
07:09En tout cas, on peut discuter,
07:10mais il y a au moins une certaine forme
07:12de justice sociale
07:13où on aide les plus petites pensions
07:15et on fait participer les plus fortes.
07:16Donc sur ça, je suis prêt à discuter.
07:18Mais par exemple, l'idée de bloquer
07:20l'indice des loyers,
07:22c'est la moindre des choses
07:23quand on fait une année blanche.
07:24Ça ne coûte rien à l'État
07:25et ça demande une participation
07:27des propriétaires,
07:30participation aussi des entreprises
07:32pour que ce soit...
07:33Nous, à la CFTC, on a toujours dit
07:34qu'on a conscience de la dette
07:35et qu'on a conscience
07:36qu'il fallait faire un effort.
07:37Mais il faut que l'effort soit juste et équitable.
07:38Et dans les annonces,
07:39il n'est pas juste et équitable.
07:41Mais Cyril Chabagné,
07:41les entreprises ont été mobilisées
07:42dans le budget 2025 déjà
07:44à hauteur de 8 milliards d'euros
07:46avec une surtaxe d'impôts
07:47sur les sociétés et sur le logement.
07:49On est en pleine crise actuellement.
07:52Donc peut-être qu'il faut faire attention
07:53aux signaux qu'on envoie aussi.
07:54Tout à fait.
07:54Et je ne demande pas
07:55l'augmentation des taxes des entreprises.
07:57Je demande juste que l'argent public
07:59et notre argent
08:00doivent avoir une efficacité.
08:02Quand on n'est même pas capable
08:03d'évaluer l'efficacité
08:05de la dépense publique,
08:06ça pose problème.
08:07Vous en avez parlé d'ailleurs tout à l'heure.
08:09Sous-titrage Société Radio-Canada
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