- il y a 7 mois
Les Vraies Voix qui font bouger la France avec Dr Isabelle Sarfati, co-fondatrice de l’institut du sein / Thomas Levet, président de l'association "Pour l’histoire des Caisse d'Epargne" / Olivia Cattan Fondatrice, présidente des associations SOS Autisme France et Paroles de femmes.
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NewsTranscription
00:00Les Vraies Voix Sud Radio, 17h-20h, Judith Beller.
00:04L'accès aux soins, c'est souvent le premier terrain où l'inégalité frappe les femmes.
00:08Il y a 50 ans aussi, autre chose importante, les femmes gagnent enfin le droit d'ouvrir un compte sans l'accord de leur mari.
00:13Deux sujets d'importance, quand on sait que la précarité ou la dépendance financière s'en mêlent.
00:19C'est tout un droit fondamental qui vacille pour parler de ces deux sujets.
00:22Ce soir, nous serons en première partie avec le docteur Nous Somme, d'ailleurs, avec le docteur Isabelle Sarfatik et cofondatrice de l'Institut du Sein.
00:28Et puis, en deuxième partie, on sera avec Thomas Levesque, président de l'association pour l'histoire des caisses d'épargne.
00:34Alors, Isabelle Sarfatik, on commence avec vous.
00:36Chaque été, des femmes ayant surmonté un cancer du sein se retrouvent face à une nouvelle épreuve.
00:41Des brûlures graves et invisibles du soleil sur leur sein reconstruit.
00:44C'est un risque qui est évitable.
00:46Et l'Institut du Sein Paris, que vous avez cofondé avec Krishna Kloff, alerte sur ce phénomène à travers son unité de reconstruction restitute.
00:58Alors, vous êtes avec nous pour parler prévention, soins, reconstruction.
01:02Alors, première question, brûlures sérieuses sur des seins reconstruits.
01:04C'est un phénomène encore peu connu, même dans les cercles médicaux.
01:07Comment ça se fait qu'il y a aussi peu d'informations à ce sujet ?
01:10D'abord, parce qu'objectivement, ça ne concerne pas énormément de personnes.
01:14Je voudrais faire un point sur le chiffre.
01:15Allons-y.
01:15Tous les ans, il y a à peu près 60 000 cancers du sein en France.
01:20Dans les deux tiers des cas, le traitement ne nécessite pas de retirer le sein.
01:25Mais dans un tiers des cas, il faut faire une mastectomie.
01:28Donc, enlever le sein complètement.
01:29Donc, enlever le sein.
01:31Dans tous les cas où il y a une mastectomie, il y a une possibilité de reconstruction.
01:36Il y a plusieurs modes de reconstruction.
01:37Et la reconstruction par prothèse est la technique la plus utilisée.
01:41C'est-à-dire qu'on met un implant qui a une forme de sein derrière la peau.
01:46Et ensuite, on refait l'aréole et le mamelon.
01:48D'accord.
01:50Ces femmes, donc on évalue les femmes qui ont une reconstruction mammaire par prothèse
01:54à environ 200 000 en France.
01:57Tous les étés, il se produit un accident idiot.
02:00Et qu'on voudrait juste prévenir, justement en prévenant les femmes.
02:04C'est-à-dire qu'à travers un maillot de bain foncé,
02:07et une exposition au soleil,
02:09le maillot de bain foncé va concentrer la chaleur sur la peau et la prothèse.
02:15La peau est insensible et ne va pas sentir la brûlure.
02:19La prothèse est derrière et va chauffer aussi.
02:22Et la peau va être prise en sandwich entre le maillot de bain et le soleil qui chauffe
02:27et la prothèse derrière.
02:28Et il peut y avoir, enfin, il y a tous les étés, des brûlures du troisième degré
02:32qui, quelquefois, compromettent cette reconstruction.
02:35Ce qui est idiot quand on sait les efforts que font les femmes pour obtenir une reconstruction.
02:42Alors, les recommandations précises pour éviter ces brûlures-là, justement ?
02:44C'est très simple.
02:46Évitez les maillots de bain foncés au soleil.
02:49Le problème, ce n'est pas les ultraviolets, c'est la chaleur.
02:53Et si une femme s'expose au soleil,
02:55il faut qu'elle pose un t-shirt sur son sein reconstruit.
02:58C'est tout et il ne se passera rien.
03:00Alors, restitue l'unité de reconstruction, docteur Safati, que vous avez cofondée.
03:04Elle est unique en France.
03:05Vous défendez une médecine où la beauté et la féminité ne sont pas secondaires.
03:09Et c'est essentiel, c'est une nouvelle manière de voir les choses.
03:11Et d'ailleurs, on dit que cette reconstruction, qui, pour certains, peut être esthétique,
03:14est quand même la dernière étape aussi de ce parcours de guérison.
03:17La reconstruction, ce n'est pas une obligation.
03:21Le sein, il y en a deux, ça ne sert pas à grand-chose et peu de gens les voient.
03:25Donc, ce n'est pas une obligation.
03:27Néanmoins, c'est un symbole de féminité.
03:30Et pour celles qui désirent se faire reconstruire,
03:33et il y a des femmes qui ne le désirent pas,
03:35mais pour celles qui en ont besoin ou qui en ont le désir,
03:38on milite pour que cette information soit donnée au bon moment,
03:43c'est-à-dire dès la mastectomie,
03:44parce qu'en fait, on peut faire énormément de reconstruction immédiate.
03:48Il y a de rares contre-indications à la reconstruction immédiate.
03:52Même si on est encore malade ?
03:54Bien sûr.
03:54D'abord, en général, le cancer du sein, c'est un cancer qui est plutôt gentil,
03:59c'est très fréquent, mais on en guérit quand même 85%.
04:02Et faire la reconstruction en même temps qu'on retire le cancer,
04:07c'est parfaitement faisable et ça ne diminue pas les chances de guérison.
04:11Donc, on milite pour que l'information soit donnée
04:14et pour que les femmes qui veulent avoir accès à cette reconstruction
04:18puissent y avoir accès.
04:20Et alors, toutes les femmes qui en ont besoin,
04:22y ont accès justement aujourd'hui ou pas ?
04:25Il y a objectivement un problème d'accès aux soins pour la reconstruction
04:29pour des tas de raisons différentes.
04:32Premièrement, l'information.
04:35Deuxièmement, le manque de plasticiens hyper formés à cette technique,
04:43qui n'est pas très compliqué, mais il faut avoir l'habitude et c'est très technique.
04:49Troisièmement, le public, le service public en France,
04:54qui soigne quand même plus de la moitié des cancers du sein en France,
04:57a été extrêmement déstabilisé par le Covid,
05:02n'a pas bien bien récupéré après.
05:05Il y a quand même un manque de personnel
05:07et évidemment, c'est la chirurgie plastique qui en pâtit le plus.
05:11Et donc, oui, il y a un manque d'accès aux soins, à la reconstruction.
05:15Si vous aviez un message à adresser aux femmes concernées
05:17ou d'ailleurs à leurs proches,
05:19qu'est-ce que ça serait votre message, docteur Sarfati ?
05:22Premièrement, le cancer du sein n'est pas une urgence.
05:26C'est-à-dire que ce n'est pas un cancer qu'il est urgent de traiter.
05:31On a le temps de réfléchir.
05:33On a le temps de choisir une équipe.
05:35On a le temps de se renseigner.
05:36En général, quand on fait un diagnostic de cancer du sein,
05:39on l'a depuis plusieurs mois, voire années.
05:42Donc, se renseigner.
05:45Déjà vérifier aussi, se faire échographier, j'imagine, ou mammographie.
05:48D'abord, évidemment, le dépistage.
05:50Parce que quand même, un petit cancer dépisté tôt,
05:54en général, on garde son sein, le traitement est simple, et puis voilà.
05:58Deuxièmement, en cas de cancer,
06:01choisir l'équipe dans laquelle on se sent à l'aise,
06:05se renseigner, prendre éventuellement un deuxième avis
06:08et avoir le temps de reprendre ses esprits
06:12et de se renseigner.
06:13Parce qu'au moment de l'annonce,
06:14c'est en général une découverte fortuite.
06:16Le cancer du sein, c'est une maladie un peu virtuelle.
06:18C'est soit une petite boule qu'on touche dans le sein,
06:21soit une découverte systématique à la mammographie.
06:25Et donc, on vous annonce que vous êtes malade d'un cancer.
06:29Et là, il faut essayer de se calmer,
06:32de réfléchir,
06:33de prendre des avis
06:35et de rentrer dans une filière qui vous convient.
06:37Merci beaucoup.
06:38On va en parler d'ailleurs,
06:39docteur Sarfati,
06:40de ce soin,
06:41de cet accès aux soins pour les femmes
06:43dans une deuxième partie,
06:44dans un petit instant.
06:46Justement, comment garantir un accès juste,
06:47digne et adapté ?
06:48On va avoir un témoignage
06:49assez important à écouter sur Sud Radio.
06:52Restez avec nous,
06:53avec le docteur Sarfati.
06:54A tout de suite.
06:55Dans cette deuxième partie des vraies voix
07:01consacrées aux femmes du mardi de votre été,
07:04d'ailleurs,
07:05on aborde un sujet aussi crucial que dérangeant,
07:06l'accès aux soins,
07:07au pur bout de taux,
07:08parfois l'absence de conditions décentes
07:10pour soigner les femmes en particulier.
07:12Alors, Karen Autobury,
07:13qui a 51 ans,
07:15nous livre son témoignage évacue en urgence.
07:17Elle a vécu un véritable chemin de croix
07:18à l'hôpital de Fontainebleau.
07:20On est toujours évidemment en compagnie
07:21du docteur Sarfati,
07:22qui va aussi nous éclairer
07:23avec son témoignage à elle,
07:25de visage d'un même système de santé,
07:27de vision de ce que ça peut être
07:28ou non,
07:29le soin d'ailleurs.
07:30Karen Autobury,
07:31vous êtes avec nous ?
07:32Oui, bonsoir, Judith.
07:33Bonsoir, Karen.
07:34Alors déjà,
07:34racontez-nous en quelques instants
07:36ce qui vous est arrivé,
07:37tout simplement.
07:38Alors,
07:38dans la nuit du 26 juin,
07:40donc en période caniculaire,
07:41j'ai fait une éviscération.
07:43Donc,
07:44c'est en fait
07:46une expulsion des organes
07:48de l'abdomen
07:50par voie basse.
07:51Donc,
07:51autant dire que c'est très
07:53très impressionnant,
07:54très douloureux,
07:54très grave.
07:55Donc,
07:56il y a eu une prise,
07:56enfin,
07:57mes enfants m'ont appelé le SAMU
07:58avec une prise en charge
07:59de la venue des pompiers
08:01sous une vingtaine de minutes déjà.
08:04Donc,
08:04c'est très,
08:05très douloureux.
08:07J'ai été
08:08rapatriée
08:11sur l'hôpital
08:11de Fontainebleau
08:12où j'ai attendu
08:14presque entre
08:1645 minutes
08:17et une heure,
08:17je ne peux pas vous dire exactement,
08:18mais voilà,
08:20la prise en charge
08:21à la venue d'un interne.
08:22J'ai déjà été accueillie
08:23par une infirmière
08:23fabuleuse
08:24qui essayait
08:25de nous rassurer
08:26dans une petite pièce,
08:27mais vous êtes
08:28dans un hôpital
08:30un petit peu
08:30pour vous mettre
08:31le contexte désert
08:32puisque vous êtes
08:33dans des salles
08:34en haut
08:35et il n'y a personne.
08:36Il faut quand même le dire,
08:37pardon,
08:38je vous coupe deux secondes,
08:39Karine,
08:39que l'hôpital où vous étiez,
08:40c'est l'hôpital de Fontainebleau
08:41qui vient d'être rénové complètement
08:42et qu'ils n'ont pas intégré
08:43à cette rénovation
08:44un système de climatisation.
08:46Donc,
08:46vous avez eu des conditions
08:47d'hospitalisation
08:48qui sont devenues insoutenables
08:49avec la chaleur
08:50et aussi,
08:50vous avez attendu,
08:51je crois,
08:51plus de sept heures
08:52avant d'être prise en charge.
08:54C'est ça,
08:54exactement.
08:56C'est-à-dire qu'entre
08:57ma venue à l'hôpital
08:59et l'opération,
09:02la descente au bloc,
09:04il y a plus de six heures
09:05d'attente,
09:07tout simplement
09:07pour trouver déjà
09:08le service
09:09qui allait me prendre en charge,
09:11le service général.
09:12Alors,
09:12je ne sais pas
09:13si celui de Fontainebleau
09:14ou de Melin
09:14m'a refusé,
09:16mais ensuite,
09:16le service optétrique,
09:18la chef de service
09:19que je remercie grandement
09:20et la chaleur
09:21qui a pris en charge
09:22directement
09:24et tout de suite,
09:25malgré le fait
09:26qu'il y avait des césariennes
09:27aussi
09:28qui étaient aussi
09:29en neigeant.
09:32Est-ce qu'il y a eu
09:33un moment ?
09:35Il fallait attendre
09:37le résultat du radiologue.
09:38Ça a été interminable.
09:39Le résultat du radiologue
09:41suite au scanner
09:42a été interminable
09:43et là,
09:45je suis passée
09:45à 5 ans.
09:45Et entre-temps,
09:46vous aviez très très très mal,
09:47il faut le dire quand même.
09:48Je me vidais.
09:49Je me vidais.
09:50Il y a un moment
09:50où vous vous êtes dit
09:51je ne vais pas m'en sortir,
09:52Karen.
09:54J'ai cru mourir.
09:56Vraiment.
09:57C'est le terme.
09:59J'avais l'impression
10:00que c'était
10:01mes derniers instants.
10:03Docteur Sarpati,
10:04à l'Institut du Sein,
10:05vous prenez en compte
10:06le corps,
10:06la douleur
10:07et le regard
10:08que la patiente
10:08porte sur elle-même
10:09dans un cas
10:10comme celui de Karen
10:11qu'on entend.
10:12Il y a ces trois choses
10:13mélangées
10:13qui ne sont pas
10:14prises en charge
10:15par les services,
10:16aussi par manque
10:16de personnel
10:17et de moyens,
10:17on imagine.
10:18Mais comment ça se fait
10:19que c'est à ce point-là ?
10:22Déjà,
10:23j'ai beaucoup de compassion
10:24pour tout le monde
10:24dans cette histoire.
10:25avant pour Karen
10:30avant tout pour Karen
10:32parce que c'est la patiente,
10:33elle souffre
10:34et c'est horrible
10:35ce qui lui est arrivé.
10:37Je suis contente
10:37d'entendre sa voix
10:38et de voir
10:39qu'in fine,
10:40ils ont quand même
10:41bien géré le problème.
10:43Ils m'ont sauvé la vie.
10:45Voilà.
10:46Toute ma compassion
10:46aussi
10:47pour l'équipe médicale
10:50qui devait être
10:51en sous-effectif,
10:53débordée par les césariennes,
10:55etc.
10:55Il faut voir
10:56ce que c'est
10:57que de travailler
10:57en sous-effectif.
10:59C'est très désagréable
11:00pour tous les soignants
11:01d'exercer une médecine
11:03inhumaine
11:05entre guillemets
11:07mais en même temps
11:08il gère
11:08et quand on entend
11:09la voix de Karen
11:09on dit que finalement
11:10in fine,
11:11ils ont bien géré
11:12mais qu'elle a traversé
11:13une expérience horrible.
11:15C'est pour ça
11:16que je voulais mettre
11:17à l'honneur.
11:17Pardonnez-moi
11:18mais vous avez raison
11:20et je comprends
11:21à la fois votre désarroi
11:22toute ma compassion
11:23pour ceux qui travaillent
11:25avec les températures
11:27qu'on peut atteindre
11:28en ce moment
11:29dans un univers
11:30non climatisé.
11:32Et comment ça se fait ça
11:33qu'un nouvel hôpital
11:34il n'intègre pas
11:35la clim dès le départ
11:36Isabelle Sarfati ?
11:37J'ai l'impression
11:39qu'il y a un petit problème
11:40de budget
11:40en France.
11:41Vous croyez que c'est ça ?
11:42Oui.
11:43D'accord.
11:43Je crois qu'en grande partie
11:44c'est dramatique
11:46c'est dramatique vraiment
11:47pour les...
11:50C'est la raison aussi
11:51de mes démarches
11:52c'est de pouvoir
11:53espérer faire avancer
11:55les choses
11:56parce que là
11:57on a été dans des conditions
11:58peut-être exceptionnelles
12:00mais qui vont se répéter.
12:02Dans une semaine
12:02on a encore
12:03un épisode caniculaire
12:05qui arrive
12:05il y a des patients
12:06et des soignants
12:07qui sont en souffrance.
12:09Vous tirez la sonnette
12:10d'alarme
12:10Karen
12:11c'est ça que vous faites ?
12:11J'ai fait une lettre
12:12à ce sujet
12:13parce que
12:15voilà
12:16il y a des climatiseurs
12:17alors oui
12:17l'hôpital
12:18n'est pas climatisé partout
12:20notamment dans ce bâtiment
12:21qui a été réhabilité
12:22dans Mère-Enfant
12:23après il y a des solutions
12:25aussi
12:25on peut
12:26enfin
12:27il y a des climatiseurs
12:29qui existent
12:29ils peuvent
12:30moi ça m'a changé
12:31quand mes enfants
12:32m'ont amené climatiseur
12:33j'ai eu
12:34bon je l'ai eu
12:35le dernier jour
12:36malheureusement
12:37il y a des trucs
12:37à moindre budget
12:38qu'on pourrait faire
12:39c'est ça que vous nous dites
12:39de l'eau fraîche
12:42des frigos
12:44les frigos ne fonctionnaient pas
12:45des frigos qui ne fonctionnent
12:47des stores aux fenêtres
12:49les infirmières ont mis
12:50une couverture de survie
12:52sur ma fenêtre
12:52parce que les stores
12:53ne se fermaient pas
12:54il y a quelque chose
12:55que vous avez dit Karen
12:56c'est que cet espace obstétrique
12:57que vous avez
12:58on vous a dit
12:59parce que vous ne l'avez pas vu en direct
13:00il est sous une verrière
13:02alors ça je ne l'ai pas vu
13:04je ne l'ai pas vécu
13:06mais on peut se poser la question
13:07du soin des femmes
13:08en l'occurrence
13:09dans ce cadre là
13:11comment est-ce que ça se fait
13:12qu'on crée une unité
13:13d'obstétrique sous verrière
13:14Isabelle Servati
13:16il n'y a pas qu'un problème d'argent
13:17il y a un problème de réflexion
13:18je peux vous permettre
13:19globalement
13:20dans les hôpitaux
13:22il y a souvent
13:24des problèmes
13:25d'architecture
13:26c'est à dire que
13:27il est fréquent
13:29qu'on entende parler
13:30de portes
13:31où les lignes ne passent pas
13:32des bêtises
13:34où on ne comprend pas après
13:35cela dit
13:36c'est des gros budgets
13:38c'est des trucs
13:39qui sont difficiles
13:40à mener
13:41et à tenir
13:43et puis il y a aussi
13:45un problème d'argent
13:46manifestement
13:47partout
13:48il y a un problème d'argent
13:49et
13:50il faut aussi repenser
13:51la notion même de soins
13:52finalement
13:53parce qu'il n'y a pas
13:53que l'architecture
13:54quand on est dans une situation
13:56allez-y Karen
13:58excusez-moi
13:59moi je ne l'ai pas vu
14:01mais vous pouvez le voir
14:02sur le plan d'hôpital
14:03quand vous regardez
14:04il y a en effet
14:06des vitres
14:07d'une petite verrière
14:08et ce sont
14:09les néonates
14:10donc le service
14:11des néonates
14:12donc
14:13évidemment
14:15vous imaginez
14:15le soleil
14:16réverbé
14:17le soleil
14:19sur cette verrière
14:20la source de chaleur
14:22déjà dans les chambres
14:23c'est des fours
14:24des fournaises
14:24donc
14:25pour un service
14:26de néonates
14:27je ne comprends pas
14:28je ne comprends pas
14:29qu'une telle chose
14:30puisse
14:31avoir été faite
14:33encore une fois
14:34c'est un témoignage
14:36que j'ai recueilli
14:37je ne l'ai pas vu
14:38de mes yeux
14:38maintenant
14:39il faut
14:40je l'ai signalé
14:42aussi à travers
14:43mon courrier
14:43c'est pas normal
14:45que les infirmières
14:46soient obligées
14:48de couvrir
14:49avec des couvertures
14:50de survie
14:51pourquoi
14:51pourquoi ne pas agir
14:52pourquoi ne pas
14:54régler ce souci
14:55rapidement
14:56parce que
14:56je ne suis pas certaine
14:57qu'on ait les moyens
14:58pour la santé
14:59dont on rêverait
15:00il y a aussi
15:01un moment
15:02où il faut se dire
15:03je reviens sur l'idée
15:05de la réflexion
15:06quand même
15:06la dignité
15:07c'est un droit fondamental
15:08on est d'accord
15:08où qu'on soit
15:09qu'on soit un homme
15:10d'ailleurs
15:11une femme
15:11un être humain
15:12en général
15:12donc un parcours de soins
15:15où on manque de dignité
15:16comme ça
15:16et que derrière chaque lit d'hôpital
15:17il y a un problème
15:18en ce moment
15:18on ne peut pas dire
15:19que c'est qu'un problème
15:20de budget
15:20si ?
15:22ah si
15:22ah d'accord
15:23c'est beaucoup un problème
15:24de budget
15:24donc c'est un problème
15:25de manque de personnel
15:26mais c'est un problème
15:27de réflexion globale aussi
15:28peut-être aussi
15:29mais avant tout
15:31les soignants en général
15:33ils sont de bonne volonté
15:35bien sûr
15:36ils veulent soigner
15:37et c'est très très désagréable
15:39de mal soigner
15:40soigner dans de mauvaises conditions
15:42c'est horrible
15:43on a la nausée
15:43à la fin de la journée
15:44donc il y a plein de gens
15:46qui sont pleins
15:47de bonne volonté
15:48mais en sous-effectif
15:50c'est horrible
15:50et quand vous faites venir
15:52une intérimaire
15:53en sous-effectif
15:54c'est horrible
15:55pour l'intérimaire aussi
15:56parce qu'il n'y a personne
15:56qui a même le temps
15:57de lui expliquer
15:59ce qu'elle doit faire
15:59bien sûr
16:00donc c'est avant tout ça
16:02le problème
16:02bon bah écoutez
16:04on a bien entendu
16:05votre appel
16:06et votre cri
16:07d'urgence
16:08Karen Otobury
16:10c'est un véritable cri
16:11voilà
16:11je vous recommande
16:12d'ailleurs
16:13je vous recommande
16:14à vous
16:14et aux femmes
16:15en général
16:15d'aller à l'institut du sein
16:18si elles ont un problème
16:19parce qu'au moins
16:19là elles seront bien accueillies
16:20le parcours de soins
16:22c'est vrai quand même
16:23vous prenez en compte
16:25leur bien-être
16:26à ces femmes
16:27et leur regard
16:28qu'elles posent sur elles
16:29c'est important
16:30oui mais
16:30on est une médecine
16:32qui coûte un peu cher
16:35à l'institut du sein
16:36parce que justement
16:37on travaille
16:38en nombre d'infirmières
16:40en nombre de secrétaires
16:41on fera une bonne mutuelle
16:42c'est à dire
16:44c'est pas très cher
16:46mais je veux dire
16:47que c'est pas
16:48du service public
16:49et donc nous
16:50on a éventuellement
16:51les moyens
16:51de mettre
16:52les moyens nécessaires
16:54à disposition
16:55et ça change les choses
16:56merci beaucoup
16:57merci Karen Otobury
16:58on vous souhaite
16:59vraiment du courage
17:00et un beau chemin
17:02à venir
17:02docteur Isabelle Sarfati
17:04je rappelle donc
17:04que vous êtes
17:05confondatrice
17:05de l'institut du sein
17:07et que pour celles
17:07que ça intéresse
17:08c'est sur
17:09idsein.fr
17:12merci d'être venu
17:13dans les studios
17:14de Sud Radio
17:15ce soir
17:15merci beaucoup
17:16de m'avoir invité
17:17merci docteur
17:18au revoir
17:18à tout de suite
17:19pour la deuxième partie
17:20de cette émission
17:21les vraies voix
17:22spéciales femmes
17:23les vraies voix
17:24Sud Radio
17:2517h20
17:26Judith Beller
17:27et les vraies voix
17:28spéciales femmes
17:29c'est le mardi
17:30on continue
17:31cette spéciale
17:32justement
17:32sur l'indépendance
17:34financière des femmes
17:36et oui effectivement
17:36il y a tout juste
17:3750 ans
17:38le 13 juillet 1975
17:39une loi bouleversait
17:40la vie des femmes
17:41françaises
17:41elles pouvaient enfin
17:42ouvrir un compte bancaire
17:44alors non
17:44sans l'autorisation
17:45de leur mari
17:45avant cela
17:46une femme mariée
17:47ne pouvait gérer
17:47son argent seul
17:48une réforme
17:49qui a été un acte fondateur
17:50de l'émancipation économique
17:51des femmes en France
17:52mais bien avant cela
17:53figurez-vous
17:54en 1881
17:55la caisse d'épargne
17:56est autorisée à utiliser
17:57leur livret
17:58en toute autonomie
17:59alors pour en parler
18:00nous sommes avec
18:00Thomas Levey
18:01qui est notamment
18:01président de l'association
18:03de l'histoire des caisses d'épargne
18:04et qui a écrit
18:05d'ailleurs
18:06et qui présente
18:07un très beau livre
18:08qui s'appelle
18:08Pionnière
18:09et qui est sorti
18:09chez Talendier
18:10bonsoir
18:11Thomas Levey
18:11bienvenue
18:12bonsoir
18:13Judith Bélair
18:13merci beaucoup
18:14de me recevoir
18:15alors Thomas
18:16j'ai écrit le livre
18:17mais avec d'autres
18:18et avec
18:18Laure de Lambie
18:19etc
18:20et des historiens
18:21c'est un livret à plusieurs mains
18:23aux éditions Talendier
18:24et c'est
18:25Pionnière
18:25l'esprit
18:27caisse d'épargne
18:27bien sûr
18:28c'est important
18:28de le préciser
18:29parce que Pionnière
18:30en 1818
18:31pour créer le livret d'épargne
18:32l'épargne populaire de précaution
18:34Pionnière aujourd'hui
18:35et Pionnière demain
18:36le Pionnière
18:37c'est un état d'esprit
18:38vous voyez
18:38c'est un site à la modernité
18:39alors il y a une citation
18:40justement pour illustrer
18:41ce que vous dites
18:41dans le bouquin
18:42les caisses d'épargne
18:43n'ont jamais attendu
18:44des lois pour avancer
18:45elles ont souvent ouvert les portes
18:46avant qu'on ne réclame les clés
18:47oui c'est vrai
18:47parce que
18:49les caisses d'épargne
18:51sont pionnières
18:51et elles ont avancé
18:53avec des personnalités
18:54de premier plan
18:54Ludor Choucault
18:56Lyoncourt
18:57Jules Verne
18:58les frères Lumières
18:59c'est partout sur le territoire
19:00qui ont poussé cette idée
19:01mais au-delà de faire
19:03l'épargne de précaution
19:04c'est aider la société
19:05dans ses grandes évolutions
19:06alors revenons-en au sujet
19:08l'indépendance financière des femmes
19:10et le
19:11enfin
19:12leur livret
19:12en toute autonomie
19:13en 1881
19:14sur le livret
19:14alors attendez
19:15c'est 1800
19:16c'est 1900
19:17je vais me tromper
19:17c'est 1965
19:18à l'août du 13 juillet
19:1965
19:2065
19:2265
19:23on suis sûr
19:24sur les femmes mariées
19:26et 1881
19:29s'il y a eu un grand débat
19:30à l'Assemblée Nationale
19:31porté par les sénateurs
19:34au Parlement
19:36pour dire
19:37il faut absolument
19:38que les femmes
19:39aient une capacité
19:40d'autonomie financière
19:41pourquoi ?
19:42parce que le code Napoléon
19:43donnait aux femmes
19:45le statut
19:46de mineure
19:47absolument
19:49incompétent
19:50incapable
19:50de faire autre chose
19:51que s'occuper des enfants
19:52incapables
19:52incapacité juridique
19:53alors c'est une décision
19:54qui a énergé chez vous
19:55pas de voyage
19:56pas de gestion
19:57pas disposer de son salaire
19:58rien faire
19:59sans l'autorisation
20:00du mari
20:01alors c'est justement
20:02une décision
20:02qui a émergé
20:03à une époque
20:03extrêmement patriarcale
20:04on se demande un peu
20:05comment
20:05pourquoi ?
20:06pourquoi ?
20:07parce que c'était
20:07la société faite ainsi
20:09alors déjà
20:09c'était pas tout à fait pareil
20:11pour les femmes
20:12de milieux tout à fait aisées
20:14parce que c'était
20:15leur mode de vie
20:15et c'est vrai que
20:18pour les personnes
20:20plus modestes
20:21ou pour la classe ouvrière
20:23c'était
20:24un moment
20:26où les femmes
20:26étaient déjà
20:27analphabètes
20:28deux fois plus
20:29que les hommes
20:29n'avaient eu accès
20:31à l'enseignement
20:32qu'en 1850
20:34c'est dingue
20:35qu'à l'enseignement secondaire
20:36que beaucoup plus tard
20:37et d'ailleurs
20:38les femmes
20:39n'ont eu le même programme
20:41d'enseignement
20:42que les hommes
20:43que beaucoup plus tard
20:45aient droit d'avoir le bac
20:46en 1924
20:47en 1924
20:48c'est hier
20:50il n'y a pas très longtemps
20:51donc si vous voulez
20:52c'est dans ce contexte là
20:53c'est vrai que
20:54l'autonomie financière
20:55des femmes
20:56par cette évolution
20:58du code Napoléon
20:59toujours en vigueur
21:00le code Napoléon
21:01c'est le code civil
21:01c'était indispensable
21:04mais vous le dites
21:05très bien Judith
21:05c'est un long cheminement
21:07de l'évolution
21:08du droit des femmes
21:09sur l'enseignement
21:10et ensuite
21:12effectivement
21:12sur l'indépendance financière
21:14vous savez par exemple
21:15ça a permis
21:16à Marie Curie
21:18deux fois
21:19deux fois nobellisée
21:21bien sûr
21:21de se libérer
21:22de la contrainte
21:23de son mari
21:24Pierre Curie
21:25c'est pas rien
21:27alors justement
21:29l'émancipation économique
21:32des femmes
21:32elle passe aussi
21:33par le droit à disposer
21:34de ses revenus
21:34on l'a dit
21:35et puis par l'accès au crédit
21:36alors à quelle étape
21:37justement la caisse d'épargne
21:38a donné cet accès au crédit
21:40et aussi ce qui frappe
21:41dans Pionnières
21:42dans votre livre
21:43c'est que cette idée
21:44de la banque
21:44peut être vraiment
21:45ce moteur de progrès social
21:47oui absolument
21:48bon aujourd'hui
21:49si vous voulez
21:49l'accès au crédit
21:50il est très large
21:52il est très large
21:53le crédit est arrivé
21:54finalement
21:55au fur et à mesure
21:56la sophistication
21:58des produits
21:58aujourd'hui
22:00et des services
22:00apportés aux clients
22:01dans les banques
22:02et dans les caisses d'épargne
22:03en particulier
22:04parce que c'est
22:04celle que je porte
22:05aujourd'hui
22:06mais aujourd'hui
22:07quels sont les enjeux
22:09finalement
22:09de l'autonomie financière
22:10oui allez-y
22:11parce que le chemin
22:12c'est fait
22:12les enjeux c'est quoi
22:14c'est à titre privé
22:15sans doute
22:16pour par exemple
22:17un sujet comme
22:18les familles monoparentales
22:2040%
22:21de femmes monoparentales
22:23et ça pose
22:24des problèmes
22:25de finance
22:26donc les aider
22:27par tous les moyens
22:28trouver des produits
22:29trouver des services
22:30trouver des aménagements
22:31ça c'est
22:33très important
22:34et le deuxième
22:34grand sujet
22:35d'aujourd'hui
22:37et de demain
22:37c'est l'entrepreneurio féminin
22:39bien sûr
22:39il y a des femmes entrepreneurs
22:41vous savez que d'ailleurs
22:42elles étaient veuves
22:43pour pouvoir être libres
22:44de leur gestion
22:45la veuve Clicquot
22:45la veuve Clicquot
22:46bien sûr
22:46Louise Pommery
22:47alors je reviens au sujet
22:49sérieux même si c'était
22:50des femmes exemplaires
22:51qui ont inventé l'export
22:52qui ont inventé plein de choses
22:53fabuleuses
22:54on a un témoignage
22:54absolument
22:55mais revenons
22:56revenons
22:57à l'entrepreneuriat
22:58est-ce que vous savez
22:59qu'aujourd'hui
22:59il y a une enquête
23:00Kantar
23:01qui vient d'être réalisée
23:02quand vous demandez
23:03aux gens spontanément
23:04citez-moi des chefs d'entreprise
23:05seulement 3% de femmes ressortent
23:07est-ce que vous savez
23:09que 64%
23:10aujourd'hui
23:11des gens
23:12sont incapables
23:13de citer
23:13le nom d'une femme
23:15entrepreneur
23:16c'est une invisibilisation totale
23:17la Judith Belair
23:18déjà au commande
23:19sur la radio
23:20des journalistes
23:21des entrepreneurs
23:21non mais bien sûr
23:22c'est comme une entreprise
23:23il y a des tas de femmes
23:25qu'on pourrait citer
23:26et on a Cécile
23:27qui nous appelle de Bordeaux
23:28qui est un excellent
23:29justement exemple
23:30d'entrepreneuriat
23:31et d'une femme
23:31qui a réussi à s'en sortir
23:33malgré le fait
23:34qu'elle soit à la tête
23:35d'une famille monoparentale
23:37bonjour Cécile
23:37ben oui
23:38bonjour Julie
23:39bonjour à votre invité
23:40bienvenue
23:41Thomas Levé est avec nous
23:42bonjour madame
23:43alors Cécile
23:44vous c'est l'entrepreneuriat
23:45qui vous a sauvé
23:46en fait
23:47oui oui
23:48alors d'abord
23:48en premier lieu
23:49je voudrais dire
23:50que moi aussi
23:50je suis à la caisse d'épargne
23:52à titre privé
23:53et à titre professionnel
23:54je vous félicite
23:55vous avez fait le bon choix
23:56c'est le bon choix
23:57j'espère vous donner raison
24:00plus tard
24:00oui ça m'a sauvé
24:02parce que en fait
24:03je me suis mariée
24:04en 92
24:05et puis on était encore
24:07alors ce qui est
24:07j'entends votre discours
24:09oui
24:10et je me suis quand même dit
24:12c'est vrai que
24:13c'est étrange
24:13que à cet âge là
24:15j'ai pas eu
24:15j'ai pas fait
24:16un compte à mon nom en fait
24:18en 92
24:19vous aviez pas de compte
24:20à votre nom
24:20non
24:21j'avais pas de compte à mon nom
24:22c'était le compte
24:23le compte juin
24:24ça faisait encore partie
24:25c'était encore inscrit
24:26je pense
24:27dans notre éducation
24:28dans ce qu'on nous donne
24:31et puis
24:31j'ai décidé
24:32de monter ma société
24:33et le jour
24:35où j'ai monté ma société
24:36j'ai pris
24:38un compte à mon nom
24:39et vous avez réussi
24:41à ce moment-là
24:42à quitter votre mari
24:43en fait
24:43c'est ça qui s'est passé
24:44en fait
24:45je l'ai quitté
24:45un petit peu plus tard
24:46et alors
24:47la chose vraiment
24:48et votre invitée
24:49je pense
24:50corroborera mes dire
24:51mais
24:51il est important
24:52quand une femme crée
24:53alors une femme
24:54ou un homme
24:54enfin bon
24:54peu importe
24:55on parle des femmes
24:56aujourd'hui
24:57la femme qui va créer
24:58son entreprise
24:59souvent on est marié
25:01sous le régime
25:01de la communauté
25:02oui
25:03et il est important
25:05quand on crée
25:05je pense
25:06une entreprise
25:07de surtout
25:08bien se mettre
25:09à l'abri
25:10bien sûr
25:11au moment du divorce
25:13vous voyez
25:13moi j'ai eu la chance
25:14en fait
25:15d'avoir le nez creux
25:16et de faire
25:17apporter le capital social
25:19par un proche
25:20du coup
25:21la société est sortie
25:22du régime
25:23de la liquidation
25:24du régime matrimonial
25:25on va demander à Thomas Levé
25:26merci Cécile
25:27pour votre témoignage
25:28justement
25:28comment on fait
25:29dans ce cas-là
25:30si on est marié
25:30sous communauté
25:31donc il faut avoir
25:32un prête-nom
25:33comment on fait
25:34pour s'en sortir
25:34quand on est une femme
25:35et qu'on veut monter
25:36sa boîte
25:37peut-être même
25:38avant le divorce
25:38et bien il faut
25:39je ne vais pas rentrer
25:41dans un conseil patrimonial
25:43et tout
25:43dire des bêtises
25:44il y aura plein d'appels
25:44derrière sur votre antenne
25:46je vais voir ce que je connais
25:47allez-y
25:48ce que je sais
25:49c'est que madame
25:50votre témoignage
25:51c'est très intéressant
25:51parce que
25:52plus de 30%
25:53des créations d'entreprises
25:55sont des femmes
25:56c'est 210 000 entreprises
25:58créées en France
25:59et c'est
26:01beaucoup plus
26:02c'est plus de 43%
26:03quand il s'agit
26:03d'entreprises
26:04plus taille individuelle
26:06plus petite
26:06c'est pas connu
26:08les femmes sont pas soutenues
26:09donc nous
26:10pour parler des caisses d'épargne
26:11puisque madame
26:12vous êtes cliente
26:13vous savez que nous
26:14on fait des opérations
26:15pour aider
26:16promouvoir
26:17booster
26:18on fait par exemple
26:19boost au féminin
26:19avec le chambre de commerce
26:20et d'industrie
26:21pour aider des femmes
26:23qui ont monté des entreprises
26:24qui ont moins de 3 ans
26:24et celles qui ont plus de 3 ans
26:25on les coche
26:26on les soutient
26:27on leur donne des solutions
26:27et on les épaule
26:29parce qu'il est très important
26:30pour la société française moderne
26:32et c'est le souhait
26:33des femmes
26:34et c'est le souhait des jeunes
26:35j'ai lu dans cette enquête
26:36ils veulent des femmes
26:37ils veulent des femmes
26:38chez l'entreprise
26:39c'est la modernité
26:40ça s'appelle le rôle modèle
26:41absolument
26:42bien sûr
26:42donc c'est notre rôle aussi
26:44de le jouer
26:44et voilà
26:45donc en tout cas
26:46vous avez raison
26:47d'être client de la caisse d'épargne
26:49et à titre perso
26:50et à titre d'entreprise
26:51est-ce que je peux me permettre
26:54juste une petite chose
26:56rapidement
26:56allez-y
26:57parce qu'on a la coupure
26:58oui
26:58allez-y
26:58bien sûr
26:59très rapidement
27:00très important
27:01d'avoir un compte à son nom
27:02parce que quand vous décidez
27:03de mettre vos enfants à l'abri
27:05ou de partir
27:06si vous n'avez pas de compte
27:08vous n'avez pas la possibilité
27:10de prendre un logement
27:11vous n'avez pas la possibilité
27:12de prendre un Airbnb
27:13et c'est ce qui a sauvé
27:14ce qui m'a sauvée
27:15ce qui a sauvé ma fille
27:16c'est qu'on puisse te mettre à l'abri
27:18si je n'avais pas eu de compte
27:20à mon nom
27:21je n'aurais jamais pu
27:22c'est la loi Rixin
27:23on va reprendre ça tout de suite
27:26merci beaucoup Cécile
27:27pour votre témoignage
27:28on continue cet échange passionnant
27:30dans juste un instant
27:31on vous retrouve tout de suite
27:32avec Thomas Levet
27:34L'indépendance financière des femmes
27:40c'est pas qu'une question économique
27:41c'est souvent aussi
27:42une question de survie
27:43encore une femme sur 5 en France
27:45vit sous le seuil de pauvreté
27:46aujourd'hui
27:47dans 60%
27:48elle est seule
27:48elle est seule
27:49avec des enfants
27:50à charge
27:51et alors dans les situations
27:52de violences conjugales
27:53l'absence d'autonomie financière
27:54c'est l'un des premiers freins
27:55au départ
27:56on l'a entendu tout à l'heure
27:57alors avec nous ce soir
27:58on est encore avec Thomas Levet
27:59qui pour évoquer
28:01l'engagement historique
28:02et actuel
28:03des caisses d'épargne
28:03en faveur des femmes
28:04et puis on accueille
28:04Olivia Catan
28:05qui est présidente des associations
28:07SOS Autisme
28:08et puis Parole de Femme
28:09et qui a écrit un très joli livre
28:10que je vous recommande
28:11Le sens de nos vies
28:12chez l'Armatan
28:12bonsoir Olivia
28:13bienvenue
28:14bonsoir Judith
28:15bonsoir madame
28:16voilà je vous présente
28:17Thomas Levet
28:18Olivia vous êtes en première ligne
28:20depuis des années
28:20alors franchement
28:21on va poser une question
28:22très directe
28:23à quel point l'argent
28:24ou plutôt le manque d'argent
28:25est un piège
28:26dans lequel trop de femmes
28:27sont enfermées
28:28oui parce que
28:30l'indépendance finalement
28:31économique
28:32c'est vraiment
28:33le socle des libertés
28:35et quand une femme
28:36n'a pas son indépendance
28:37économique
28:38elle accepte beaucoup de choses
28:39parfois dans un couple
28:40y compris la violence
28:41quand il y a un enfant
28:43en situation de handicap
28:44c'est elle qui va rester
28:45à la maison
28:46puisqu'elle ne gagne pas sa vie
28:47par rapport à l'homme
28:48donc c'est elle qui va être
28:50vraiment l'aidante
28:51donc dans tous ces cas de figure
28:54c'est vrai qu'elle perd
28:55sa liberté
28:56et lorsqu'il y a évidemment
28:57des violences
28:58elle n'a pas la possibilité
29:00tout le temps de partir
29:01et préfère parfois
29:02et on a eu malheureusement
29:04au sein de Parole de Femmes
29:05des cas de femmes
29:06qui préféraient se faire battre
29:08mais d'avoir un toit
29:09sur la tête
29:09avec ses enfants
29:10parce qu'elle avait trop peur
29:11de finir dans la rue
29:12et vous chez Parole de Femmes
29:13vous avez milité
29:14notamment pour la mise en place
29:15d'un revenu universel temporaire
29:17pour ces femmes victimes
29:18de violences
29:18pourquoi est-ce que l'Etat
29:20ne met pas ça en place
29:21pourquoi est-ce que c'est long
29:22pourquoi c'est pas une bonne idée
29:24selon l'Etat d'ailleurs
29:25bah écoutez
29:26il y a ça
29:27il y a aussi
29:28il y a aussi
29:28les maisons citoyennes
29:29on s'est beaucoup battu
29:30pour les maisons citoyennes
29:31c'est-à-dire des maisons
29:32pas seulement d'accueil
29:33mais des lieux
29:34où les femmes pourraient
29:35se former
29:36pour pouvoir reprendre
29:37un travail
29:40parce qu'il est très important
29:42évidemment
29:43quand les femmes sont victimes
29:44de violences
29:44d'être à l'abri
29:45mais aussi de se former
29:46pour pouvoir sortir
29:47de cette maison
29:48et pouvoir reprendre
29:49leur vie en main
29:50et ça c'est vrai
29:52évidemment
29:52bien sûr
29:53il faut une volonté de l'Etat
29:54et sans la volonté de l'Etat
29:55les associations
29:56ont beaucoup de mal
29:57à faire entendre leur voix
29:58bien sûr
29:58Thomas Levey
29:59dans vos données
30:01caisse d'épargne
30:02il y a encore
30:03évidemment
30:03des écarts importants
30:06sur la gestion des comptes
30:07l'épargne
30:07l'accès au crédit
30:08pour les femmes
30:09évidemment pas
30:11chez la caisse d'épargne
30:11mais dans ce que vous observez
30:13dans la population
30:14quoi
30:15non non
30:16je pense pas
30:18je pense qu'on arrive
30:19petit à petit
30:19je commente très bien
30:20madame
30:20ce que vous dites
30:21et j'évoquais tout à l'heure
30:23avec Judith Belair
30:24c'est vrai
30:25les familles monoparentales
30:27et les difficultés financières
30:28parfois etc
30:29donc là on veille
30:30très près à ça
30:31pour essayer de trouver
30:32des formules
30:33pour accompagner
30:34ces personnes
30:35mais aujourd'hui
30:37il y a un accès au crédit
30:38il y a quand même
30:39une autonomie financière
30:41aux femmes
30:42qui est presque aboutie
30:43je crois que l'avenir
30:44maintenant c'est vraiment
30:45d'aider les femmes
30:46à avoir une autonomie
30:47en gagnant leur vie
30:49en étant leur propre patron
30:50en créant leur entreprise
30:51en devenant entrepreneur
30:52ça vous le dites beaucoup
30:53tout à l'heure Judith
30:54vous me disiez
30:55il y a des lois
30:56puis les caisses d'épargne
30:57étaient venues un coup avant
30:58la loi Zimmerman Copé
30:59sur la parité
31:00dans les instances
31:01de gouvernance
31:02c'est une loi
31:03de mémoire de 2011
31:04et bien en 1924
31:071923 pardon
31:08les caisses d'épargne
31:09avaient décidé
31:10de faire rentrer
31:11dans leur comité
31:12de directeurs
31:13un tiers de femmes
31:14c'est marrant
31:15ce que je crois
31:17c'est qu'il faut que les femmes
31:18puissent
31:19bien sûr
31:20gagner la vie
31:20comme le dit la loi Rixin
31:22disposer du versement
31:23de leur salaire
31:24à leur nom
31:25ou à un conjoint
31:26s'ils sont à la maîtrise
31:27de ce compte
31:27et il faut ensuite
31:29qu'elles puissent avoir
31:29une totale autonomie financière
31:31de disposer
31:32de la richesse
31:32qu'elles créent
31:33bien sûr
31:33c'est ça l'essentiel
31:34ce n'est pas du tout le cas avant
31:35pas du tout du tout
31:36et pourtant
31:37Olivia Caton
31:38on observe encore
31:39un écart
31:39par exemple
31:40de 25%
31:41sur les salaires
31:42entre les femmes
31:43et les hommes cadres
31:44on les fait en discute
31:47c'est entre 15 et 25%
31:49et c'est vrai que
31:50sur certains secteurs
31:51il y a encore
31:52un plafond de verre
31:52on trouve quand même
31:53beaucoup moins de femmes
31:54dans le milieu de la finance
31:56dans le milieu du tech
31:57contrairement à d'autres emplois
32:00où elles sont surreprésentées
32:01par exemple
32:02les aides-soignantes
32:04les enseignantes
32:05les auxiliaires de vie scolaire
32:07les assistantes maternelles
32:08ce sont toujours des femmes
32:09et ce sont un travail précaire
32:11avec des salaires
32:12évidemment assez bas
32:12donc il faut encore
32:14travailler là-dessus
32:14et travailler aussi
32:15la jeunesse
32:16aller dans les écoles
32:17promouvoir un petit peu
32:18l'ambition des femmes
32:20absolument
32:20ces jeunes filles
32:22parce qu'on est allé
32:23dans les écoles
32:24pendant des années
32:25et c'est vrai que
32:25ces jeunes filles
32:26manquaient un peu d'ambition
32:27et moi c'est ça
32:27qui me choquait le plus
32:28elles n'avaient pas
32:29envisagé un métier
32:31par exemple d'entrepreneur
32:32alors que les garçons
32:33ne parlaient de ça déjà
32:34et donc ça je crois
32:36qu'il faut vraiment
32:36essayer de mobiliser
32:38l'éducation nationale
32:39pour forcer un petit peu
32:41les choses
32:41pour que les filles
32:42aient envie
32:42d'avoir plus d'ambition
32:44et de ne pas penser
32:44seulement à une vie de maman
32:46on peut avoir une vie de maman
32:47et être une femme
32:48qui travaille
32:48c'est possible
32:49on peut concilier les deux
32:50vous avez tout à fait raison
32:51je voudrais réagir
32:52à ce que vous dites
32:52parce que vous avez
32:53mille fois raison
32:54je crois qu'aujourd'hui
32:55il faut montrer l'exemple
32:57c'est vrai qu'on a
32:57beaucoup d'exemples
32:58de mecs etc
32:59qui font des entreprises
33:00des winners
33:01les femmes pas assez
33:02c'est ce que je vous disais
33:03tout à l'heure
33:03on ne cite pas
33:04les femmes chefs d'entreprise
33:05il faut promouvoir
33:06la femme chef d'entreprise
33:08il faut le faire
33:08en montrant des exemples
33:09pour que les générations futures
33:11aient un totem
33:12un exemple
33:13et dire je vais faire comme elle
33:14moi aussi
33:14hier j'étais à un prix
33:15femme d'influence
33:16mais je voyais des exemples
33:17de femmes absolument extraordinaires
33:18et dans des métiers
33:19pas forcément au départ
33:21réputés pour les femmes
33:22ça peut être des pilotes de chasse
33:24ça peut être des chercheurs
33:25merci beaucoup
33:26merci Olivier Catan
33:27merci Thomas Levé
33:28de cet échange passionnant
33:30Thomas Levé
33:31je rappelle que vous êtes
33:31président de l'association
33:32pour l'histoire des caisses d'épargne
33:34et que votre livre pionnière
33:35est recommandé
33:36c'est chez Talandier
33:37pour ceux que ça intéresse
33:38et puis Olivia Catan
33:39vous êtes fondatrice
33:40présidente des associations
33:41SOS Autisme France
33:42et Parole de Femme
33:43Le sens de Venovi
33:44c'est votre livre
33:45et c'est chez l'Armatan
33:46merci à tous les deux
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