- il y a 8 mois
Jeudi 3 juillet 2025, retrouvez Nathalie Gourdin (cofondatrice, NGM Solutions) dans MANAGER L'ODYSSÉE, une émission présentée par Alix Nguyen.
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00:01Bienvenue dans Manager l'Odyssée, votre rendez-vous hebdomadaire sur BeSmart for Change.
00:13Un tête-à-tête de 28 minutes en immersion dans le quotidien d'un manager.
00:17Devenir un bon manager ne s'improvise pas.
00:21Aujourd'hui, je reçois Nathalie Gourdin.
00:23Nathalie a été officier de l'armée de terre, puis entrepreneur à la tête de NGM Solutions,
00:29un cabinet spécialisé en communication.
00:32Son management l'a appris sur le terrain, dans le sport de haut niveau d'abord, à la caserne et en entreprise.
00:38Mon invité parle d'échec comme d'un moteur et incarne une posture exigeante mais humaine.
00:44Alors comment manage-t-on quand on a appris à encadrer des militaires ?
00:48Que conserve-t-on ou au contraire abandonne-t-on des codes militaires lorsqu'on crée sa propre entreprise ?
00:55Nathalie nous raconte.
00:59Bonjour Nathalie.
01:02Bonjour Alix.
01:03Bienvenue.
01:03Merci beaucoup.
01:05Nathalie, pour commencer, vous avez grandi dans un univers exigeant.
01:09Vous êtes passée par une section sport-études, tennis de table.
01:14Exactement.
01:15Qu'est-ce que ça a forgé en vous ?
01:18De la discipline, de la rigueur, de l'exigence et puis de devoir correspondre en fait à ce que les entraîneurs, à ce que la ligue et finalement à ce que tous les gens qui misent sur nous attendent au final.
01:32Donc de l'engagement.
01:33Et vous dites, il faut apprendre à perdre avant de gagner, ça vient de là ?
01:38Ça vient juste un petit peu avant d'entrer en sport-études.
01:41J'avais un entraîneur quand j'étais toute petite qui m'a demandé, je devais avoir 6-7 ans, j'étais quelqu'un de très dynamique.
01:48J'aimais pas trop perdre, comme beaucoup de monde.
01:51Et il m'a dit, il faut apprendre à perdre pour gagner.
01:53Dans le sens, il faut que tu me dises à chaque fois que t'as perdu un match, pourquoi t'as perdu un match ?
01:57Pour pouvoir gagner le prochain, pour pouvoir t'améliorer.
02:00Et si tu me dis pourquoi, c'est ta première réussite.
02:03Et aujourd'hui, comment ça transparaît dans votre vie professionnelle et même après, quand vous avez intégré l'armée ?
02:09Je dirais que finalement, j'ai jamais eu peur de l'échec.
02:12Je sais qu'en France, c'est un mot qui fait peur.
02:15On ne valorise pas du tout l'effet qu'en France.
02:16On se dit finalement, quand on crée une entreprise, si on échoue, on est fini.
02:20Les banques ne prêteront plus d'argent, il va y avoir quelque chose qui va s'arrêter.
02:23Alors que dans un monde anglo-saxon, on va vous demander combien de fois vous avez échoué avant de réussir.
02:28Donc je pense que ça permet de relativiser.
02:31Et ça permet de voir l'échec comme un apprentissage, comme un moyen de progresser.
02:36Et puis finalement, dans l'armée, c'est essai et erreur.
02:38Quand on est à l'entraînement, pour avoir la perfection justement,
02:42quand on va être dans un mode combat et dans un mode opérationnel.
02:46Et oui, d'ailleurs, après le sport, vous rejoignez l'armée de terre
02:49et intégrer le 4e bataillon de Saint-Cyr.
02:52Très vite, vous découvrez les exigences du commandement.
02:57Comment déjà se fait cette transition ?
02:59J'imagine que vous vous préstignez à une carrière dans le tennis de table.
03:02Qu'est-ce qui fait qu'on switche vers l'armée ensuite ?
03:05Le hasard, les rendez-vous.
03:08Moi, j'avais vraiment envie de continuer dans le monde sportif
03:10parce que c'est une passion depuis que je suis toute petite.
03:13Ça m'anime.
03:14Je préparais des concours de la fonction publique
03:16pour justement intégrer la direction d'un service des sports
03:18et continuer à œuvrer dans la ligue de tennis de table pour faire progresser les jeunes talents.
03:23Et puis, j'étais à l'université, j'étais à l'institut qui prépare l'administration générale.
03:27Puis un de mes professeurs me dit, il faut pousser tous les gens dans les escaliers.
03:31Ça fera moins de concurrents au concours.
03:32Et pour moi, c'était quelque chose qui était tellement pas raccord avec mes valeurs.
03:35Je lui dis, non, c'est pas possible.
03:36La jeune fille impulsive de l'époque prend son sac, quitte l'amphithéâtre.
03:41Mais ne réalise pas qu'en fait, sa bourse et tout ça vont être supprimées
03:44dans les trois semaines qui vont suivre.
03:46Et là, je descends les escaliers, je vois une affiche des militaires
03:51qui font une pyramide humaine et c'était marqué,
03:52au moins une entreprise où vos collègues ne manqueront pas une occasion de vous soutenir.
03:56Et du coup, je me suis dit, mais ça, c'est totalement raccord avec mes valeurs.
04:00Quelques mois plus tard, je vais intégrer Saint-Cyr.
04:03Donc, je passe dans un centre de recrutement dès le lendemain
04:05et puis le parcours va se faire comme ça.
04:07Donc, hasard, rendez-vous et je découvre un univers
04:09qui est totalement raccord avec mes valeurs, qui est très exigeant.
04:13Et je me rends compte rapidement que mes qualités sportives
04:16vont être vraiment une aide et un appui pour moi.
04:19Dans quelle mesure ?
04:20Dans la mesure où ça commence très fort.
04:23On commence à nous dire, votre vie civile s'arrête maintenant,
04:26donc on nous donne un pactage, on commence à porter un uniforme.
04:29Moi, je ne viens pas du tout d'un milieu militaire,
04:31donc je n'avais pas du tout à quoi m'attendre.
04:32Mais j'aime bien le défi, j'aime bien le challenge.
04:34Et je me dis, tout est possible.
04:37Et là, je mesure ce qui va m'être demandé.
04:39La couleur, elle a lancé direct.
04:41Le premier jour, on dit, dans trois mois,
04:43vous ferez un raid de 40 kilomètres avec 40 kilos sur le dos.
04:46Vous avez vu mon gabarit ?
04:47Je ne sais pas, pour les gens qui ne voient pas,
04:48je fais 1m58, je fais une cinquantaine de kilos.
04:51Donc, comment je veux faire ça ?
04:54Et là, on nous explique, il va y avoir de la progressivité,
04:56de l'entraînement.
04:57Et là, je comprends en fait que ça va être une exigence
04:59à la fois physique, mentale,
05:01et on va surtout m'apprendre à commander et diriger
05:03parce que c'est l'objectif,
05:04c'est de prendre une section,
05:05quand on a fini sa formation, de 30 personnes.
05:08Et là, une aventure humaine commence.
05:10Et puis, un test personnel aussi.
05:12Je crois que c'est la première fois
05:13où je vis des choses aussi difficiles,
05:15ce qui me permet de prendre aussi du recul
05:16sur me dire, finalement, ma vie d'avant,
05:19des fois, je me plaignais pour pas grand-chose.
05:20Là, je suis vraiment dans le dur.
05:22Privation de sommeil, que ce soit physique, mentale,
05:24on va me chercher vraiment dans l'excellence,
05:26dans tous les domaines.
05:28Et ça, j'ai trouvé que c'était une école de l'humilité,
05:30mais aussi, ça m'a permis de me découvrir,
05:32de savoir qui je pouvais être
05:34et puis qui j'avais envie de devenir.
05:36Et je me suis dit, j'ai envie de devenir quelqu'un
05:38qui peut transmettre des choses avec bienveillance.
05:41Mais à ce moment-là, qu'est-ce qui vous fait tenir ?
05:43Parce que vous auriez aussi pu vous dire,
05:45très naturellement,
05:46pourquoi je m'inflige ça en fait ?
05:48Enfin, vous pensez que, qu'est-ce qui fait chez vous
05:50qu'il y a eu ce besoin, après le sport,
05:54l'armée, d'être dédiée ?
05:57J'ai envie de progresser et j'ai envie de me challenger.
06:00Finalement, je me dis, dans la vie, on a des limites.
06:03L'important, c'est de les connaître.
06:05Moi, je me dis, jusqu'à présent,
06:07je ne les avais pas testés, je ne les avais pas connus.
06:10Là, je les ai testés, je les ai connus.
06:11Donc, je me dis, OK, ça, je suis capable de faire.
06:13Ça, bon, ce n'est pas trop mon truc,
06:15mais je m'accroche.
06:17Ces mois de formation sont très difficiles.
06:20Je me dis que ça ne va pas durer, en fait.
06:21Et puis, à la fin, je me dis,
06:22qu'est-ce que j'ai besoin de retenir
06:25pour pouvoir ensuite le transmettre ?
06:26Puisque je vais être face à 30 personnes
06:28dans quelques mois,
06:30qu'est-ce que je vais pouvoir leur dire ?
06:32Parce que, finalement, on apprend des choses
06:33qui sont totalement, pour moi, inconnues.
06:37C'est des choses totalement nouvelles.
06:39De porter un tréhier, de tirer, tout ça.
06:41Puis, on comprend le sens de l'engagement.
06:43Et puis, quand on signe son contrat,
06:44il y a quand même quelque chose avec une petite ligne
06:46que pas grand monde dit,
06:47mais c'est jusqu'au sacrifice suprême.
06:49Donc là, on est obligé de se questionner
06:51sur son engagement personnel.
06:52Est-ce que je suis prêt à donner ma vie ?
06:54Vous aviez quel âge ?
06:55J'avais 22 ans.
06:57Et ça ne vous effrayait pas ?
06:58Ça vous parlait ?
06:59Non, ça ne m'effrayait pas.
07:00Je me suis dit, en fait,
07:02ce n'est pas que ma vie n'a pas de valeur,
07:03mais est-ce que je suis capable
07:04de la mettre au service d'un intérêt
07:06qui est finalement plus grand que moi ?
07:09Et je me suis dit oui.
07:10Donc, à partir de là,
07:11les choses deviennent faciles
07:12parce qu'on est en accord avec soi-même.
07:14Et on se dit,
07:15ils vont me former,
07:16je fais confiance aux gens.
07:18Et je me dis,
07:19il n'y a pas de raison, en fait,
07:19que ça ne fonctionne pas.
07:21Et donc, vous découvrez le commandement.
07:24Qu'est-ce qui vous a le plus marqué
07:26dans ce rôle ?
07:28Alors, je dirais la pédagogie.
07:29Alors, certains, en fait,
07:30sont très pédagogues
07:32et ont envie de transmettre,
07:33de donner du sens aux choses.
07:35On imagine plutôt quelque chose
07:36de très vertical, en fait.
07:37Ça existe aussi.
07:37Il y a de tout.
07:39Et je me dis,
07:41mais moi, en fait,
07:42comment j'ai envie de commander ?
07:43Puisque finalement,
07:43on m'offre un panel à l'école
07:45de personnalités différentes
07:46avec des styles de commandement différents.
07:48Et je me dis,
07:48mais moi,
07:49comment je pourrais créer
07:49mon propre style de commandement
07:51qui soit adapté
07:51à l'environnement militaire,
07:52mais en même temps,
07:53qui n'aliène pas qui je suis ?
07:55Donc, le management autoritarise
07:57le commandement, en fait,
07:58en disant,
07:59il faut faire ça.
08:00Et puis, c'est un ordre et point.
08:02C'était compliqué.
08:02Je vais vous donner une anecdote.
08:03Quand on arrive en école,
08:06on fait tous les métiers d'un soldat.
08:09Donc, on va faire les travaux
08:11d'intérêts généraux,
08:12enfin, tout, tout, tout.
08:13On apprend tout ce que fait
08:13un soldat de base.
08:15Et le matin,
08:16donc, on doit faire son lit au carré.
08:18On doit le déplier à midi
08:19pour le faire en batterie.
08:20Et puis, pour moi,
08:21ça n'a aucun sens.
08:22Je me dis qu'elle perde de temps.
08:24Et puis, un jour,
08:24je questionne un de mes supérieurs.
08:26Et puis, je lui dis,
08:26pourquoi on fait ça ?
08:28Première réponse
08:28de mon premier supérieur me dit,
08:30réfléchir, c'est désobéir.
08:33Donc, je me dis,
08:33ben oui, mais enfin,
08:34si moi, je dis ça aux hommes
08:35avec qui je vais travailler,
08:38je ne suis pas sûre
08:38que ce soit très acceptable.
08:40Je questionne quelqu'un d'autre,
08:42parce que finalement,
08:42je me dis,
08:43il faut que je trouve
08:43une réponse satisfaisante,
08:44parce que moi,
08:45il faut que j'en donne
08:45une satisfaisante plus tard.
08:47Et là, la personne,
08:48en fait,
08:48elle change radicalement ma vie
08:49et ma façon de penser les choses.
08:51Elle me dit,
08:52la façon de faire une chose,
08:53c'est la façon de faire
08:54toutes les choses.
08:55Si vous arrivez à être rigoureux,
08:56si vous arrivez à vous astreindre
08:57à des tâches qui sont simples,
08:59le jour où vous serez
09:00en situation de combat,
09:01le jour où vous serez
09:01en situation de dégradé,
09:03vous aurez la même rigueur.
09:04Faire son lit au carré,
09:05ça correspond aussi
09:06à prendre aussi soin de son arme
09:08et la nettoyer
09:08avec autant de minutie.
09:11Et ça, ça a fait sens.
09:12Et ça, après,
09:12on peut le transmettre.
09:14Et c'est là que j'ai compris
09:14que finalement,
09:15il faut transmettre du sens
09:16si on veut être écouté,
09:17entendu,
09:18et si on veut finalement
09:19commander et diriger.
09:21Et à l'époque,
09:22vous étiez nombreuses ?
09:25Alors, dans ma promotion,
09:28on était quand même
09:2925% de femmes.
09:31Donc, c'était quand même
09:32une promotion déjà
09:33un peu plus féminisée
09:35sur des métiers différents,
09:37communication,
09:37gestion des ressources humaines,
09:39tout ce qui allait être
09:41attrait à des métiers techniques,
09:43mais qui avaient quand même
09:44une vocation de commandement.
09:45Donc, sous votre égide,
09:46il y avait des hommes
09:47et des femmes ?
09:48Exactement.
09:49Donc, quand on en finit
09:50notre formation,
09:51on arrive dans une unité
09:52élémentaire,
09:54donc un régiment,
09:55et on va être chef de section.
09:57Donc, ça correspond
09:57à commander 30 personnes.
09:59Et dans ce type de commandement,
10:01on fait du commandement,
10:02du management,
10:02du coaching.
10:03On est papa, la maman.
10:04Et on a ces 30 personnes.
10:06Et en fait,
10:07leur vie dépend de nous.
10:08Que ce soit administrativement parlant,
10:10parce qu'on les note,
10:11on leur permet de progresser,
10:12on les inscrit ou pas
10:13à des concours.
10:14Et surtout,
10:15on doit les entraîner,
10:16on doit les former,
10:16on doit les préparer,
10:18en fait,
10:18à tout type d'éventualité.
10:20Donc, c'est quand même
10:20des grosses responsabilités
10:22quand on est jeune.
10:24Et donc,
10:24vous y restez combien de temps
10:25à l'armée ?
10:26Je reste 5 ans
10:27en tant qu'officier d'active.
10:29Et après,
10:30je vais basculer assez rapidement
10:31dans la réserve
10:32et aussi dans la recherche
10:34pour tout le ministère
10:36de la Défense.
10:37Et alors,
10:37comment est-ce que ça a influencé
10:39votre façon de manager
10:41aujourd'hui ?
10:42Je crois que ça m'a donné,
10:43en fait,
10:44la première chose,
10:45c'était,
10:46je dirais,
10:46la pédagogie.
10:48C'était de se dire,
10:49il faut absolument donner du sens.
10:50L'envie de transmettre,
10:51en fait.
10:51Voilà,
10:51l'envie de transmettre
10:52et puis donner du sens aux gens
10:53dans pourquoi je demande quelque chose.
10:56C'est pas...
10:57Il y a une raison derrière.
10:58Il fallait expliquer la raison
11:00pour pouvoir donner une vision
11:02et donner à la personne,
11:03en fait,
11:03une vision qu'elle ne voit peut-être pas.
11:05C'est-à-dire,
11:05de ne pas être simplement,
11:07voilà,
11:07vous réalisez une tâche,
11:08je vous demande ça pour ceci.
11:10Votre tâche va contribuer
11:11à un projet plus grand,
11:12voici la vision,
11:13etc.
11:14Et ça,
11:14je pense que ça m'a beaucoup marquée.
11:16C'est véritablement donner du sens
11:18et être pédagogue
11:19dans chaque chose
11:21qu'on va demander aux gens
11:22dans le management.
11:23Et ça,
11:23c'est quelque chose que...
11:25Enfin,
11:25vous arrivez à vous y atteler
11:26aujourd'hui encore ?
11:28C'est mon quotidien.
11:29Je pense qu'en fait,
11:31je crois que j'étais fabriquée
11:32comme ça
11:33dans le monde militaire
11:34et ça...
11:35Oui,
11:35ça devient mécanique,
11:36en fait.
11:36Ça devient un automatisme,
11:37mais en fait,
11:38je n'y réfléchis plus.
11:39parce que je me dis aussi
11:41qu'est-ce que moi,
11:42j'aimerais entendre ?
11:43Est-ce que j'aurais envie
11:44d'écouter quelqu'un
11:46qui me dise
11:46qu'il faut faire ça ?
11:47Mais sans me donner la raison,
11:49non.
11:49Je pense que les gens
11:50sont intelligents
11:51et puis les gens...
11:51Vous prenez toujours
11:51le soin d'expliquer
11:53pourquoi vous demandez
11:54quelque chose.
11:55Oui.
11:56Alors,
11:56je sais qu'il y a plein de gens
11:58qui ne le font pas
11:58parce qu'ils considèrent
11:59qu'un ordre est un ordre,
12:01une directive est une directive.
12:02Moi,
12:03je pense que ça ne suffit pas
12:03pour engager les gens,
12:05pour fédérer
12:05et puis pour avoir
12:06de la motivation.
12:07Et les effets positifs
12:08de cette méthode,
12:10si on peut appeler ça comme ça,
12:11vous les observez ?
12:12Quels sont-ils ?
12:13C'est souvent des retours.
12:15La première chose
12:16que les gens disent,
12:16c'est merci.
12:18Et puis,
12:19du coup,
12:19ça amène un dialogue,
12:20ça amène de la communication,
12:21ça amène des idées,
12:22ça amène des débats.
12:23Alors,
12:23bien sûr,
12:23je dirige toujours au final,
12:25c'est moi qui prends la décision,
12:26mais les gens se sentent écoutés
12:28et du coup,
12:29ils sont inclus.
12:30Et quelque part,
12:31c'est un collectif
12:31qui se crée,
12:33justement,
12:33par la communication
12:34et par le fait
12:35d'être pédagogue.
12:36Puis,
12:37si les gens n'ont pas compris,
12:37ils sont capables de dire,
12:39pour nous,
12:39ça ne fait pas trop sens,
12:40est-ce que vous pouvez
12:41réexpliquer tel ou tel point ?
12:43OK,
12:43on n'avait pas cette vision-là,
12:44par exemple,
12:45de l'entreprise.
12:46Maintenant,
12:46c'est un peu plus clair.
12:48On comprend,
12:49en fait,
12:49notre place
12:50dans le système.
12:51Et ça,
12:52je pense que c'est
12:53pour fédérer
12:54et puis pour
12:55retenir les gens,
12:57entre guillemets,
12:57c'est quelque chose
12:59qui est important.
13:00Et vous êtes combien
13:00aujourd'hui dans votre cabinet ?
13:01On est dix.
13:03Vous évoquez souvent
13:04la figure du manager leader.
13:07Pour vous,
13:08c'est quoi donner le cap ?
13:09C'est quoi,
13:10en fait,
13:10un manager leader ?
13:11Le manager,
13:12c'est celui qui va être
13:13en capacité de gérer
13:14le quotidien,
13:15de pouvoir ajuster
13:16son équipe,
13:17de pouvoir faire progresser
13:18les gens.
13:19Le leader,
13:20c'est celui qui va donner
13:20un cap,
13:21c'est celui qu'on a envie
13:22de suivre en temps de crise.
13:25Est-ce que vous viendrez
13:26dans mon bateau ?
13:28Parce que vous avez
13:29confiance en moi ?
13:29Parce que vous savez
13:30que je peux vous sortir
13:31de la problématique ?
13:32Ou pas ?
13:33Pourquoi vous avez
13:33envie de me suivre ?
13:34Et je pense qu'aujourd'hui,
13:36on peut être manager
13:36et on peut être leader.
13:38On peut être manager leader
13:39ou tout simplement,
13:41comme dans la crise Covid,
13:41on a vu des gens
13:42qui étaient managers
13:42et qui se sont révélés
13:44vraiment dans un leadership
13:45extraordinaire.
13:47Et justement,
13:47la confiance ne se décrète pas.
13:49Vous dites qu'elle se gagne.
13:51Comment est-ce que vous créez
13:52cette relation
13:52avec vos équipes ?
13:54Je pense qu'il faut
13:54aimer les gens.
13:55Je crois que c'est la chose
13:57la plus importante.
13:58Quand on aime les gens,
13:59on va plutôt aller
13:59à leur contact.
14:00Aimer les gens,
14:01ça veut dire quoi ?
14:01Ça veut dire aimer les écouter,
14:03s'intéresser authentiquement à eux ?
14:05C'est ça.
14:06Je veux dire,
14:06ce n'est pas de jouer de rôle.
14:07Moi, je pense que la confiance,
14:09déjà, premièrement,
14:09il faut avoir confiance en soi.
14:11Celui qui n'a pas confiance en soi
14:12aura du mal
14:12à faire confiance aux autres.
14:13Ça, c'est une première chose.
14:15Et ensuite,
14:15quand on fait confiance
14:16à l'autre,
14:18finalement,
14:18il y a plein de choses
14:19qui deviennent possibles.
14:21Les gens le ressentent,
14:22déjà, premièrement,
14:23qu'on leur donne la confiance.
14:25Ils se livrent plus facilement.
14:26On peut avoir des interactions
14:28qui sont plus intéressantes.
14:29Et les gens osent dire aussi
14:30ce qui va,
14:31ce qui ne va pas.
14:32Et ce qui amène aussi
14:33des véritables améliorations
14:34et des changements.
14:36Donc,
14:36tout ce qui va être
14:37potentiellement des résistances,
14:38des problématiques,
14:39on arrive à les avoir
14:40plus facilement,
14:41de pouvoir justement
14:42les anticiper
14:43et les travailler.
14:43et amener aussi
14:44un travail collaboratif
14:45de co-création
14:46par rapport à ça
14:49sur tout un tas
14:49de choses en entreprise
14:50aujourd'hui.
14:51Donc,
14:51je pense que l'écoute,
14:53la confiance
14:54et puis avoir à cœur
14:57de faire grandir les gens
14:58et qu'ils soient épanouis
14:59et le plus heureux possible
15:01dans leur travail,
15:02je pense que c'est
15:03un élément très important.
15:04Et passer du commandement militaire
15:07au statut d'entrepreneur,
15:10ça a changé quoi
15:11dans votre posture
15:11en termes de management.
15:13Est-ce que vous avez eu
15:13des difficultés au début
15:15pour vous adapter ?
15:16Peut-être une posture,
15:18on imagine,
15:19c'est un peu cliché,
15:20mais peut-être un peu rigide.
15:22Alors,
15:22oui.
15:24Est-ce qu'on a pu vous faire
15:24des retours à cet effet ?
15:26On m'a souvent dit,
15:28en fait,
15:28c'est plutôt l'a priori
15:30que les gens ont au départ.
15:31Oui.
15:31Oh là là,
15:32quelqu'un qui vient de l'armée.
15:33Bon,
15:33après,
15:33en fait,
15:34quand on est petit gabarit
15:35et quand on est blonde,
15:36déjà,
15:37ça fait un peu moins peur aux gens.
15:38On ne voit pas la personne
15:39forcément trop psychorigide.
15:41mais il faut s'adapter.
15:43En fait,
15:43on ne va pas commander
15:45de la même façon,
15:45on ne va pas diriger
15:46de la même façon.
15:47Et je pense que c'est une question
15:49juste d'adaptation,
15:50c'est de prendre le meilleur
15:51de,
15:53par exemple,
15:53moi,
15:54de ce que j'ai pu apprendre
15:54dans le sport
15:55et dans l'univers militaire
15:56pour le retranscrire
15:57dans la culture
15:58de l'entreprise
15:59sur laquelle je vais travailler
16:01ou avec les gens
16:02que j'accompagne
16:02dans différents secteurs
16:04et c'est de se dire,
16:05OK,
16:06qu'est-ce qui est transposable
16:07et comment je vais le transposer ?
16:09En fait,
16:09ça demande
16:10de s'ajuster en permanence,
16:12de s'adapter
16:13et puis encore une fois,
16:14de pouvoir se dire,
16:16aujourd'hui,
16:18le monde est différent.
16:19Qu'est-ce qui est important ?
16:21Qu'est-ce que je garde ?
16:23Qu'est-ce que les gens attendent ?
16:24Et justement,
16:24qu'est-ce que vous avez essayé
16:25de transposer
16:26qui fonctionne ?
16:28Peut-être un exemple
16:28de ce qui n'a pas fonctionné ?
16:30Je crois que ce qui ne fonctionne pas,
16:32c'est quand on veut aller trop vite.
16:34Parce que finalement,
16:35dans le monde militaire,
16:36on a des moyens
16:37qui font qu'on est en position
16:39de décider
16:39et de prendre une décision
16:41qui va être mise en œuvre
16:42très rapidement.
16:44Dans le monde,
16:44l'entreprise,
16:45le tempo est totalement différent.
16:46C'est quelque chose
16:46que vous avez essayé ?
16:47Oui.
16:47Quand je suis arrivée
16:49chez Thalès,
16:50c'est la première chose
16:50que j'ai faite.
16:51J'ai voulu en fait
16:51un peu révolutionner le monde
16:52en disant,
16:53voilà, on pourrait faire ça,
16:54ça et ça.
16:54Chez Thalès,
16:55vous faisiez quoi ?
16:56J'étais directrice
16:56de la communication
16:57du domaine Advanced Air Defense.
16:59Et donc,
16:59un univers qui touche à l'armée.
17:01Donc, au monde aéro,
17:02moi, je vais plutôt armée de terre,
17:03mais du coup,
17:03je découvre autre chose.
17:05Et là,
17:05je comprends assez rapidement
17:06qu'il va falloir freiner
17:08mes ardeurs,
17:10même si,
17:11en fait,
17:11c'est pertinent.
17:12Je comprends qu'en fait,
17:13ça ne fonctionne pas
17:17ne va pas être prépondérante.
17:19Ça va être plutôt la réalité
17:19du rythme de l'entreprise,
17:24des différents codires,
17:25de tout un tas de choses.
17:27Pour être très concrète,
17:28moi, j'avais lancé des actions.
17:29Elles ont été mises en œuvre
17:30deux ans après,
17:31que je sois partie.
17:33Donc, on ne voit pas toujours
17:34l'aboutissement des choses.
17:35Le rapport au temps n'est pas le même.
17:36Le rapport au temps
17:36n'est pas du tout le même
17:37et on ne travaille pas
17:38dans l'urgence.
17:39Et ça, j'ai dû en fait
17:40le comprendre assez rapidement
17:41en disant que finalement,
17:43il n'y a pas d'urgence.
17:44L'immédiateté,
17:45elle n'est pas...
17:46ça n'existe pas.
17:47Il n'y a pas d'urgence vitale.
17:49Donc, à partir de là,
17:50on peut prendre le temps.
17:51Parfois, il faut beaucoup
17:52de réunions pour prendre
17:53une décision.
17:54Je découvre un système,
17:55pour moi,
17:56où des fois,
17:57je passe dans une semaine
17:5815 heures en réunion
17:59pour ne prendre aucune décision.
18:01Donc, pour moi, là...
18:02Et ça, vous trouvez ça utile ?
18:04Non.
18:04Et c'est un choc culturel.
18:07Mais finalement,
18:07s'il fait,
18:08du coup, je me dis
18:08est-ce qu'on ne pourrait pas...
18:10J'ai proposé.
18:11Pourquoi on fait autant de réunions
18:12s'il n'y a pas de décision
18:13à prendre ?
18:14C'est juste pour parler.
18:15Dans ce cas-là,
18:15faisons un déjeuner,
18:17prenons une pause café
18:17et faisons plutôt
18:19de la convivialité.
18:21Et comment vous faites
18:22au sein de votre entreprise ?
18:23C'est un juste milieu ?
18:25C'est relativement simple
18:26parce que j'ai choisi
18:26les gens avec qui je travaille.
18:28Et puis, c'est surtout
18:29de se dire
18:29quelles sont nos disponibilités
18:31à tous.
18:31On essaye d'être
18:33joignable par Zoom
18:34assez régulièrement,
18:35moins une fois par mois,
18:36de faire un petit point
18:37de situation
18:37sur les différentes missions,
18:39sur qui a envie de faire quoi,
18:40sur le partage
18:40des expertises.
18:41et puis d'être plutôt dans...
18:45S'il y a vraiment une urgence,
18:46comme là,
18:47ça va être prochainement,
18:48là, oui,
18:48on monte une réunion,
18:49on prend des décisions stratégiques
18:51pour développer un projet
18:53ou pour répondre
18:54à un besoin d'un client.
18:55Mais s'il n'y a pas
18:56une nécessité absolue,
18:57en fait,
18:58un échange téléphonique,
18:59un petit mail
19:00avec des boulettes poignées,
19:02ça marche très bien.
19:03Oui.
19:04En préparant cette émission,
19:05vous parliez
19:05d'un monde incertain,
19:07violent parfois,
19:08saturé d'informations.
19:09Quels sont, selon vous,
19:11les besoins clés
19:12des managers aujourd'hui ?
19:13Je pense qu'ils ont besoin
19:15de gagner en confiance en eux.
19:16Ils ont besoin aussi
19:17de travailler leur légitimité
19:20parce que le syndrome
19:21de l'imposteur,
19:21c'est quelque chose
19:22que je vois beaucoup,
19:22en fait,
19:23et qui malheureusement
19:24est exponentiel depuis...
19:25Que vous,
19:26vous n'avez jamais eu ?
19:27Non.
19:28Non,
19:28parce que finalement,
19:29je suis partie peut-être à tort
19:31d'un présupposé
19:33que si on m'avait embauchée
19:34ou si on m'avait donné ma place,
19:36c'est qu'il y avait une raison.
19:37Moi, je ne la voyais peut-être pas,
19:38mais c'était à moi,
19:39en fait,
19:40finalement,
19:41de démontrer
19:41que les gens
19:42ne s'étaient pas trompés.
19:43Aujourd'hui,
19:44mais moi,
19:44je trouve ça intéressant.
19:45Les gens qui souffrent
19:46un peu de ce syndrome
19:47de l'imposteur,
19:49c'est généralement
19:49des gens qui se remettent
19:50en question.
19:50C'est des gens,
19:51en fait,
19:51qui ont envie de progresser
19:52parce que le véritable imposteur,
19:55il ne se pose jamais la question.
19:56Mais simplement,
19:57on est dans une société
19:58où l'image compte,
19:59les comparaisons comptent,
20:00et les gens ont parfois
20:01du mal à trouver
20:02la juste place
20:03ou la juste posture,
20:04notamment quand on voit
20:06des gens qui sont
20:06dans des ascensions
20:07en entreprise.
20:09C'est quelque chose
20:09qui va passer
20:10d'une place à une autre.
20:12Ce n'est pas toujours
20:12quelque chose d'évident
20:13parce que du coup,
20:14la posture change,
20:15le positionnement
20:16doit changer,
20:17la façon de parler,
20:18la façon d'être
20:18doit évoluer.
20:20Et ça,
20:20cette période de transition,
20:21on ne la laisse pas
20:21forcément suffisamment
20:22aux gens.
20:23C'est comme si
20:24on ne l'ait pas racheté
20:24dans un univers
20:26totalement différent.
20:27Donc,
20:27qu'est-ce qu'il faudrait
20:28faire différemment ?
20:29Je pense qu'il faut
20:30l'accompagner.
20:31Je pense qu'il faut l'accompagner
20:32et faire grandir aussi
20:33les gens,
20:34leur expliquer,
20:34déjà premièrement,
20:35leur poser la question
20:36« est-ce que vous avez
20:36vraiment envie de faire ça ? »
20:38Parce que prendre
20:39quelqu'un d'un milieu
20:40opérationnel
20:40et le mettre
20:41dans des postes
20:42de direction,
20:43ce n'est pas forcément
20:43quelque chose
20:44d'épanouissant
20:44pour la personne.
20:45Donc,
20:46on valorise beaucoup,
20:46on se dit « voilà,
20:47pour progresser,
20:48il faut faire ceci,
20:48il faut faire cela. »
20:49Mais l'essence même
20:50de pourquoi la personne
20:51s'est engagée
20:52dans une entreprise,
20:53pourquoi elle a fait ça,
20:55si son truc,
20:56entre guillemets,
20:57c'est d'être
20:58au contact des gens
20:58et que tout d'un coup,
21:00oui,
21:01elle a une promotion,
21:02c'est formidable,
21:02mais elle se trouve
21:03totalement déconnectée
21:04du terrain
21:04alors que c'est vraiment
21:06ce qui l'anime,
21:07ça n'a peut-être
21:07pas très bien marché.
21:09Je crois qu'il faut déjà
21:09être volontaire
21:10pour être manager.
21:11Et justement,
21:12quand vous accompagnez
21:13vos clients,
21:14est-ce que vous identifiez
21:15des blocages
21:15managériaux chez eux ?
21:17C'est souvent des problèmes
21:18de communication
21:19et d'adaptation
21:20au public.
21:21C'est-à-dire,
21:22où est-ce que je me situe,
21:23comment je peux,
21:25soit effectivement,
21:26je dois affirmer
21:28ma posture,
21:29donc finalement,
21:30je suis dans des mécanismes
21:31qui vont être
21:31un petit peu autoritaristes
21:33ou alors,
21:34je ne vais pas jouer
21:37tout à fait juste
21:38ou je vais faire en sorte
21:39que tout le monde soit bien
21:41mais d'un autre côté,
21:43moi,
21:43je vais mettre une surpression.
21:45Et l'autre tendance,
21:46c'est de se dire,
21:47je suis bon dans un domaine,
21:51c'est pas,
21:51par exemple,
21:52quand je dois manager
21:52des subalternes,
21:53je suis super bon,
21:54par contre,
21:55je ne suis pas très bon
21:56dans mes réunions
21:56avec mes pères
21:58ou avec les gens du Comex.
22:00Donc,
22:01c'est véritablement
22:02travailler sur la posture
22:03et le positionnement
22:04parce que ça change
22:05et ce n'est pas forcément
22:06quelque chose d'inné
22:07et ça se travaille.
22:08Et vous,
22:09vous continuez
22:09de vous former
22:10personnellement
22:10encore aujourd'hui ?
22:12Oui, toujours,
22:12puisque finalement,
22:14moi, je considère
22:16que dans la vie,
22:16il faut progresser
22:17et on ne peut pas progresser
22:18si on n'est pas curieux,
22:20on ne peut pas progresser
22:20si on n'apprend pas.
22:23Donc, oui,
22:23moi, je me forme
22:23encore régulièrement,
22:24souvent en cours à distance
22:25parce que mes journées
22:26sont très chargées,
22:27aux États-Unis
22:28parce que ça offre
22:29des possibilités
22:29de créneaux extensibles.
22:31Et c'est parce qu'en
22:31quel type de formation,
22:32par exemple ?
22:33Moi, j'aime bien
22:33les cours en ligne,
22:34en fait,
22:34de tout ce qui va être
22:36sur des plateformes
22:36type EDX,
22:38Coursera ou autre,
22:39ou carrément,
22:39directement des universités
22:41sur des choses
22:42très spécifiques
22:43en neurosciences
22:44ou dans des domaines
22:44qui me passionnent
22:45mais qui vont également
22:46servir les projets
22:47sur lesquels je travaille
22:48et puis,
22:50prochainement,
22:51j'espère servir
22:51un projet de thèse.
22:53Quelle est votre façon
22:54d'aborder un conflit
22:57ou une erreur
22:59dans l'équipe ?
23:00Est-ce qu'il y a des restes
23:01de la formation militaire ?
23:04Alors, oui,
23:05et je vais peut-être
23:05vous surprendre,
23:06en fait, finalement,
23:06la punition,
23:07la sanction,
23:08c'est quelque chose
23:10de courant
23:11dans le domaine militaire
23:11mais ce n'est pas forcément
23:13quelque chose de négatif.
23:14Quand on punit quelqu'un,
23:16ça ne va pas apporter
23:17atteinte à sa vie,
23:18c'est-à-dire que ça va donner,
23:20en fait,
23:20une matière à réflexion
23:22et selon le degré
23:23de la faute
23:24ou le degré de l'erreur,
23:26c'est plutôt
23:26une vertu pédagogique.
23:28C'est-à-dire que quelqu'un,
23:29par exemple,
23:30qui n'aurait pas fait
23:30les vérifications d'usage
23:31de son arme,
23:33c'est normal de le punir
23:33parce que si un coup part,
23:35ça devient un danger
23:36et là, pour le coup,
23:37on monte crescendo
23:38dans une problématique.
23:40En revanche,
23:41quelqu'un,
23:41et ça peut arriver,
23:42a un accident de voiture
23:43et casse du matériel militaire,
23:45bon, là, c'est pareil,
23:46la sanction ne va pas être
23:47la même,
23:48mais ça permet
23:49à la personne
23:50de prendre conscience
23:50et de se responsabiliser
23:52par rapport à ça.
23:55Même en tant qu'adulte ?
23:57Ah oui,
23:58même en tant qu'adulte.
23:59Mais donc aujourd'hui,
23:59ça veut dire
23:59que vous sanctionnez
24:00certains de vos collaborateurs
24:01quand ils font des erreurs ?
24:02Non.
24:04Je ne les sanctionne pas.
24:05Par contre,
24:06on a une conversation
24:07et je leur demande
24:07en fait,
24:08qu'est-ce qui a amené
24:09à faire cette erreur ?
24:10Est-ce que c'est
24:10une surcharge de travail ?
24:12Est-ce que c'est
24:12une mauvaise organisation ?
24:14Est-ce que c'est
24:15une mauvaise compréhension
24:16du sujet ?
24:16Ou est-ce que le client
24:17a énoncé un besoin
24:18qui n'était pas suffisamment clair ?
24:20En fait,
24:20on va chercher la cause
24:21et puis on va chercher
24:22plutôt à améliorer.
24:24Puis parfois,
24:24les gens,
24:25c'est...
24:26Bon, je pensais
24:26que j'étais capable
24:27de faire tout ça
24:28puis en fait,
24:28j'étais un petit peu
24:29juste sur les délais
24:31et effectivement,
24:32j'ai pas lu
24:32le compte-rendu final
24:33et il y a des fautes
24:35et en fait,
24:36j'ai écrit quelque chose
24:37qui n'était pas juste.
24:38donc voilà,
24:40mais après,
24:40c'est...
24:41Votre responsabilité,
24:42c'est de l'expliquer
24:43pourquoi il y a
24:45cette erreur en fait
24:46au client.
24:47Oui.
24:48C'est un peu ça
24:48la sanction finalement.
24:49Exactement.
24:50C'est de l'assumer.
24:51Vous avez aussi dit
24:52oui,
24:53il y a des projets
24:53sans être sûr
24:54d'y arriver.
24:56Est-ce que vous vous souvenez
24:57d'un moment
24:58où ce oui
25:00a pu vous mettre
25:01en difficulté ?
25:02Oh, plein de fois.
25:04Je pense que j'ai
25:05ce côté enthousiaste
25:06qui a tendance
25:06à dire oui
25:07à beaucoup de choses
25:08dès qu'il y a de la passion.
25:09Je pense que...
25:10Donc ça vous fait
25:10plutôt défaut ?
25:11Oui, je pense que c'est
25:12un défaut
25:12mais sur lequel je travaille.
25:14Je pense que l'excès
25:15de...
25:16Comme je dis,
25:17plein de bonnes émotions,
25:19ça peut être
25:19pas de bonnes décisions,
25:21mauvaise émotion,
25:21mauvaise décision.
25:22Et l'enthousiasme
25:23est un piège aussi.
25:24Et vous avez un exemple concret
25:26qui a pu vous servir
25:27de leçon
25:28ou qui vous a plus marqué ?
25:29Ah oui, il y a un an,
25:31j'ai accepté de travailler
25:32sur un énorme projet
25:33pour la défense,
25:34de développer en fait
25:35tout ce qui était
25:35performance, résilience
25:36dans le cadre militaire.
25:39Et à côté de ça,
25:40je travaillais sur
25:41deux énormes projets
25:42au sein du cabinet.
25:46Ça a été...
25:47J'ai eu une double vie
25:48en fait,
25:48de 14-15 heures de travail
25:50pendant trois mois
25:52parce que je ne l'avais pas
25:53en fait pris en compte.
25:54J'avais dit oui,
25:55oui par passion,
25:56mais pas oui par réflexion
25:58et je n'ai pas différé
25:59les choses.
26:00Bon, après,
26:00je me suis dit,
26:01tant pis,
26:01tu t'es engagée,
26:02maintenant t'assumes,
26:02c'est trois mois,
26:03donc c'est totalement gérable
26:04dans la vie,
26:05mais il n'y aurait pas fallu
26:06que ça dure plus.
26:08Donc après,
26:08j'ai pris dur que j'lui.
26:10Alors oui,
26:10c'est super d'être enthousiaste,
26:12c'est super d'avoir
26:13ces opportunités
26:14parce que finalement,
26:15des fois,
26:15les opportunités,
26:16soit elles viennent,
26:16soit elles créent
26:17et ce n'est pas toujours
26:18facile de dire non
26:19quand on a vraiment
26:20envie de faire quelque chose
26:21et quand on est passionné.
26:22Et est-ce que ce n'est pas
26:23aussi votre rapport
26:24aux défis ?
26:26Ah bah,
26:27tout à fait,
26:27je pense que...
26:28Comment vous l'expliquez ?
26:29Parce que c'est assez évident
26:31entre le sport de haut niveau,
26:33l'armée,
26:34comment vous expliquez
26:35cette envie
26:36de vous challenger ?
26:37Ça a toujours été ?
26:39Oui,
26:39j'ai toujours eu envie
26:40de progresser,
26:40j'ai toujours été
26:41curieuse du monde.
26:43Enfin,
26:43je trouve que la vie,
26:44elle est courte
26:44et j'ai envie d'apprendre
26:45plein de choses,
26:45mais sans forcément
26:46être dans la dispersion.
26:48Quand on regarde
26:48mon parcours,
26:49il est atypique,
26:50mais il est toujours marqué
26:51par le facteur humain
26:52et par les passions
26:52qui vont être le sport,
26:54l'écriture,
26:55transmettre.
26:56Mais c'est vrai que...
26:57De la rigueur.
26:58De la rigueur.
26:58En fait,
26:59je pense qu'on arrive à tout
26:59si on arrive à être organisé,
27:02discipliné.
27:04Et puis surtout,
27:05je crois que ce soit
27:06dans le sport
27:06ou dans l'armée,
27:07on apprend à faire
27:08la différence
27:08entre ce qui est urgent,
27:10important,
27:11pas urgent,
27:11pas important.
27:12Et puis,
27:13quand on est dans
27:14une vie très dynamique,
27:15il n'y a pas de superflu.
27:16C'est-à-dire que moi,
27:17je ne passe pas mon temps
27:17sur les réseaux sociaux.
27:18Pour moi,
27:19ça n'existe pas en fait.
27:20Quand les gens
27:21regardent la télé
27:214, 5 heures, 6 heures
27:23ou sont derrière leur écran,
27:24moi, je suis en train
27:25de faire des choses
27:25qui contribuent à mes projets,
27:27qui contribuent
27:27à ce que j'ai envie
27:29de faire et de venir.
27:30Donc en fait,
27:31je pense être
27:32dans la gestion de mon temps
27:33et dans l'investissement
27:35de mon temps
27:35au service
27:36de mon épanouissement
27:38et de mes projets,
27:38mais dans l'équilibre.
27:40Parce qu'encore une fois,
27:41ce n'est pas
27:42l'ultra-performance.
27:44C'est de se dire
27:44OK,
27:44qu'est-ce qui me fait plaisir,
27:46qu'est-ce qui me fait du bien,
27:46comment on peut s'organiser
27:48pour par exemple
27:49faire une heure de sport
27:50par jour,
27:51voir ses amis,
27:52avoir une vie de famille
27:53et puis continuer
27:55à développer des choses.
27:56Tout est une question
27:58en fait de priorité
27:59et d'engagement
28:00et puis d'organisation.
28:01Nathalie,
28:03c'est déjà la fin
28:04de cet entretien.
28:05Néanmoins,
28:05j'ai une dernière question.
28:06Si vous deviez transmettre
28:07un message
28:08à un manager
28:08qui doute ?
28:11Moi,
28:11je dirais que
28:12le doute tue.
28:15Donc,
28:15faites-vous confiance.
28:17Essayez d'aller de l'avant
28:18et réfléchissez
28:19en fait
28:19à tout ce que vous avez accompli,
28:21toutes vos réussites
28:22jusqu'à aujourd'hui.
28:23Tout ce que vous savez faire
28:24de bien.
28:25Et ce n'est pas grave
28:25en fait
28:26s'il y a des choses
28:26que vous ne maîtrisez pas.
28:27Ce n'est pas grave
28:28en fait s'il y a des choses
28:28que vous ne savez pas faire.
28:29Concentrez-vous
28:30sur ce que vous savez faire.
28:31Faites-le bien.
28:32Et puis après,
28:33s'il y a besoin
28:34de monter en compétence
28:35sur d'autres choses,
28:35ça viendra plus tard.
28:37Merci beaucoup.
28:38Merci Nathalie
28:39pour votre témoignage.
28:40Nathalie Gourdin,
28:42cofondatrice
28:42d'NGM Solutions.
28:44Quant à moi,
28:44je vous dis
28:45à la semaine prochaine
28:46pour le dernier épisode
28:47de la saison.
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