00:00Générique
00:00Que reste-t-il de l'économie iranienne ?
00:12A première vue, peu de choses.
00:15Et la guerre de 12 jours avec Israël n'a fait qu'aggraver une situation déjà fragile
00:20avec la fuite des capitaux, l'exode des cerveaux, l'effondrement de la monnaie.
00:28Un Iranien doit aujourd'hui débourser 42 000 rials pour obtenir 1 dollar,
00:33soit 4 fois plus qu'au début des sanctions.
00:36Il existe un autre taux, le taux libre, proche de 100 000 rials.
00:41Corollaire de cette dégringolade, le pays est en hyperinflation depuis fin 2018.
00:47Car revenus ne suivent évidemment pas.
00:50Selon les chiffres officiels du régime, près d'un Iranien sur 3 vit sous le seuil de pauvreté.
00:56Tandis que des sources non officielles, internationales, avancent le chiffre de 80%.
01:03Le taux de chômage chez les jeunes frôle des 25%.
01:06Le sol commercial déficitaire depuis des années.
01:10Et l'EFMI prévoyait avant le conflit une croissance inférieure à 0,5% pour 2025.
01:17Pourtant, établir un état des lieux d'une économie qui est construite dans la multiplication des sanctions occidentales depuis 15 ans
01:26ne peut se réduire à l'alignement d'indicateurs conjoncturels.
01:30Cela nécessite une analyse plus approfondie des fondamentaux du pays.
01:36Sa démographie.
01:38Trois points sont à retenir.
01:40Avec plus de 86 millions d'habitants, l'Iran fait partie du top 20 des pays les plus peuplés au monde.
01:46Et occupe la deuxième place régionale entre l'Egypte et la Turquie.
01:50Sa population est jeune, près d'un Iranien sur deux à moins de 30 ans, mais vieillit.
01:57La cause ? La chute du taux de fécondité qui est tombé à moins de 1,7 enfants en moyenne par femme
02:04en dessous du seuil de renouvellement des générations.
02:09Le niveau d'éducation de la jeunesse est d'un autre aspect méconnu.
02:13Le taux d'alphabétisation des 15-24 ans est proche de 99% chez les hommes comme chez les femmes.
02:21Le système éducatif iranien excelle dans les domaines des mathématiques, de l'informatique et de la médecine.
02:27En termes économiques, cela se traduit par un vaste marché domestique,
02:32une population en âge de travail nombreuse et formée,
02:36donc d'un potentiel de croissance élevé,
02:39mais à terme des problèmes inhérents au vieillissement de ses habitants à gérer.
02:44L'exploitation de ce dividende démographique a longtemps été une réussite
02:49parce que la rente pétrolière réinvestit dans le développement des infrastructures
02:54et d'une industrie manufacturière performante dans les secteurs traditionnels textiles, pétrochemie,
03:00mais aussi les IA, l'automobile, l'électronique, grand public, l'armement.
03:05Les sanctions occidentales ont, dans un premier temps, cassé cette dynamique,
03:10révélant l'extrême dépendance du pays au marché américain et européen,
03:15pour écouler son pétrole, pour trouver des investisseurs et des fournisseurs d'équipements essentiels à l'industrie.
03:22Mais des parades ont vite été trouvées.
03:24Pour le pétrole, la Chine s'est substituée aux marchés occidentaux,
03:29ce qui a permis à la production et aux exportations de bruit iranien de se redresser assez rapidement.
03:35Les entreprises iraniennes ont aussi réorganisé leurs chaînes d'approvisionnement
03:39en se tournant vers des fournisseurs chinois, turcs, russes et indiens en remplacement des Américains et des Européens.
03:47Et pourtant, l'industrie iranienne vacille, voire est en voie de démantèlement.
03:53En cause, la pénurie chronique de gaz et d'électricité qui pénalisent les grands complexes industriels,
04:00mais aussi la gestion catastrophique de la campagne de privatisation gangrenée par la corruption,
04:06dont la conséquence est la multiplication des faillites.
04:10L'économie iranienne se trouve dans une nouvelle impasse.
04:13Mais le mal vient de l'intérieur, beaucoup plus que des sanctions.
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