00:00Générique
00:00Bonjour Marie-Adeline Pex, bienvenue.
00:08Bonjour.
00:08Vous êtes la directrice exécutive des partenariats régionaux de la création et de l'action territoriale chez BPI France
00:15et vous étiez à nos côtés lors de cette nuit des audacieux, c'était début avril,
00:19l'événement organisé par Bismarck for Change au Carousel du Louvre.
00:23La BPI était partenaire de cette soirée.
00:25Je vais commencer par une question très générale sur ce mot audace qui nous réunit.
00:29Et qu'est-ce qu'il signifie pour vous ?
00:31Alors l'audace pour moi c'est écouter la petite voix qui est en vous et qui vous dit que rien n'est impossible.
00:37En fait c'est accepter de se lancer, c'est se dire pourquoi pas moi.
00:43C'est pas de la témérité, c'est pas se lancer tout seul, c'est aussi accepter de se faire accompagner,
00:50mais c'est vraiment, voilà, oser ses rêves.
00:55Et dans le milieu des affaires, est-ce que vous dites c'est une qualité indispensable ?
00:59On ne peut pas se lancer dans un business si on n'est pas audacieux ou audacieuse.
01:03Alors Nicolas Dufour quand il parle des entrepreneurs, il dit c'est un grain de folie et un tableur Excel dans la tête.
01:10Donc je suppose que le grain de folie c'est vraiment ce qui caractérise les entrepreneurs,
01:16parce que des gens qui ont des tableurs Excel dans la tête, il y en a beaucoup.
01:18Mais ce petit grain de folie et cette capacité à faire la connexion entre les deux, c'est ça qui caractérise les entrepreneurs et c'est sans doute ça qui constitue un peu l'audace.
01:30Oui, moi je reçois souvent des jeunes créateurs, créatrices d'entreprises, ou des moins jeunes d'ailleurs, un peu plus longtemps après la date de création.
01:39Ils disent, on a eu la bonne idée, puis après, bon, il y a quand même un petit parcours du combattant.
01:43D'ailleurs la BPI est souvent là pour les accompagner. Alors vous avez remis lors de la nuit des audacieux les prix de l'audace des quartiers.
01:50On va recevoir les trois lauréats.
01:52Ils sont super.
01:53Oui, ils sont top. Et déjà, sur ce soutien de la BPI, depuis quand, comment la BPI soutient l'entrepreneuriat dans les quartiers prioritaires de la ville ?
02:03Alors, d'abord BPI, c'est BPI toute la France.
02:07Donc on soutient les entrepreneurs, qui qu'ils soient et où qu'ils soient, quel que soit leur parcours, quel que soit leur genre, quel que soit leur territoire d'origine.
02:16Pour autant, on a effectivement développé depuis maintenant 2019 un programme renforcé pour soutenir les entrepreneurs des quartiers.
02:25Ce sont des entrepreneurs comme les autres, mais ils ont parfois plus de difficultés à avoir accès à l'information, au réseau, à tout ce qui contribue à la réussite entrepreneuriale,
02:39l'ensemble des choses qui vont vous permettre de réussir parce que vous allez être aidé, parce que vous allez trouver au bon moment les bonnes connexions.
02:46Et pour ça, on a développé depuis 2019 et de façon très renforcée, depuis l'année dernière, avec un programme qui s'appelle Entrepreneuriat Quartier 2030,
02:56des actions de soutien qui ont trois dimensions très importantes.
03:00D'abord, la dimension d'aller vers. Il faut, pour générer l'audace, pour permettre aux porteurs de projets, aux jeunes et moins jeunes dans les quartiers de se lancer,
03:11il faut aller les chercher et il faut leur montrer qu'on peut réussir.
03:14Exactement. Et d'une certaine manière, ce que vous faites aujourd'hui en mettant en avant les entrepreneurs et des entrepreneuses issus de ces territoires
03:22qui se sont lancés et qui ont réussi, c'est une forme de rôle modèle, de mise en avant et de démonstration du « c'est possible ».
03:31Une fois qu'on a fait ça, et ça marche, parce qu'on constate que de plus en plus de gens dans les quartiers se disent
03:38« L'entrepreneuriat, pourquoi pas moi ? » et on le compte.
03:41Oui, il ne se serait peut-être pas lancé sans cette action de détection d'informations.
03:46Oui, et puis même, il ne se serait même peut-être pas dit que peut-être un jour, ça peut être pour moi, même sans se lancer.
03:54Et ça, c'est le deuxième axe important, c'est les aider à se lancer.
04:00Parce qu'il y a de plus en plus d'intentionnistes, mais de passage à l'acte, il y en a moins dans les quartiers qu'ailleurs en France.
04:06Et pour ça, il faut les accompagner, il faut les financer.
04:09Et c'est ce qu'on fait avec le programme « Entrepreneuriat quartier 2030 ».
04:12On a des actions qui sont portées par nos réseaux partenaires.
04:16Oui, je voyais 456 millions d'euros de budget 2024-2028.
04:21C'est comme un service public à la création d'entreprises ?
04:24Oui, c'est exactement ça.
04:26Et ça, c'est un message qui est très important.
04:28Je pense qu'il faut faire savoir que sans doute le pays au monde où c'est le plus facile de se lancer dans l'entrepreneuriat, c'est la France.
04:37Il existe d'abord des acteurs comme France Travail,
04:40qui sont les acteurs qui soutiennent l'entrepreneuriat de façon indirecte en facilitant pour les entrepreneurs en devenir le lancement du projet.
04:51Et puis surtout, il y a des réseaux d'accompagnement,
04:54notamment les réseaux partenaires de BPI France qui sont réunis au sein d'un collectif qu'on appelle le collectif CapCrea,
05:00qui sont 27, qui sont partout dans les territoires, qui ont 3000 implantations
05:04et qui accompagnent gratuitement les porteurs de projets pour leur permettre de favoriser la réussite entrepreneuriale.
05:12Et si c'est gratuit, c'est bien parce que c'est payé par les pouvoirs publics,
05:17par BPI France via les soutiens qu'on a de la part de l'État et de la Caisse des dépôts.
05:22Et ce service public de l'entrepreneuriat,
05:24ce n'est même pas que ce serait un manque d'audace que de ne pas aller vers eux.
05:30Surtout, ce serait une bêtise parce que c'est vraiment un gage de réussite.
05:36Ça facilite la réussite entrepreneuriale.
05:38De quel financement on parle là, en l'occurrence ?
05:41Ça prend quelle forme ?
05:42Parce que ça peut prendre différentes formes.
05:43Ça peut prendre différentes formes.
05:45Donc il y a deux leviers majeurs de la réussite entrepreneuriale.
05:51Se faire accompagner et bien financer son projet.
05:54Donc l'accompagnement, c'est de l'accompagnement humain.
05:56Ça peut être du mentorat, ça peut être de l'accompagnement individuel, de l'accompagnement collectif.
06:01Et quand on parle de financement, il y a plusieurs types de choses.
06:05On garantit votre banque.
06:07Quand vous souhaitez vous lancer dans l'entrepreneuriat,
06:09que vous allez voir votre banque pour emprunter,
06:12elle peut être garantie jusqu'à 80% par BPI France.
06:15En général, ça aide un peu à l'attribution du financement.
06:18Et par ailleurs, on a d'autres dispositifs qui sont extrêmement utiles,
06:23et notamment ce qu'on appelle les prêts d'honneur.
06:25Un prêt d'honneur, c'est ce qui va constituer pour ceux qui n'en ont pas les fonds propres de leur entreprise.
06:31On prête à vous qui vous lancez.
06:34Donc vous allez mettre cet argent dans les fonds propres de votre entreprise.
06:38On vous prête sans garantie, à taux zéro,
06:41et avec un différé de remboursement qui vous permet de commencer à gagner du chiffre d'affaires avant de rembourser votre entreprise.
06:46Et ça, c'est vrai pour toute la France ?
06:49Ce n'est pas spécifique à l'entrepreneuriat quartier 2030 ?
06:52C'est vrai pour toute la France, mais dans les quartiers, on a un prêt d'honneur quartier,
06:57qui est un prêt d'honneur un petit peu particulier,
07:00parce que là où on a une exigence de cofinancement bancaire pour les prêts d'honneur,
07:06l'exigence est moindre pour les prêts d'honneur quartier.
07:10On n'est pas sur du 1 pour 1,
07:12mais on va mettre 2 euros de prêts d'honneur pour 1 euro de financement bancaire,
07:16ce qui facilite en fait l'accès aux prêts d'honneur.
07:19Et par ailleurs, ce cofinancement bancaire, ça peut être un micro-crédit de l'ADI.
07:23Et troisième élément qui est différenciant pour le prêt d'honneur quartier,
07:26alors on rentre un peu dans la technique, mais c'est ça qui permet de réussir.
07:31Les prêts d'honneur, normalement, ils vont jusqu'à 3 ans, aux 3 ans de l'entreprise.
07:35Dans les quartiers, on continue à faire des prêts d'honneur après 3 ans.
07:39Pourquoi vous avez modulé finalement l'offre pour les quartiers prioritaires de la ville ?
07:44J'imagine que c'est un retour d'expérience.
07:46Alors, à la fois parce qu'effectivement, on constate qu'il peut être parfois plus compliqué
07:52d'accéder au financement bancaire classique quand on est un entrepreneur des quartiers,
07:57et puis parce qu'on a vraiment la volonté très forte, c'est aussi du marketing, entre guillemets,
08:03de faire savoir que financer son entreprise, et financer son entreprise au moment où on la lance,
08:11c'est indispensable pour permettre de réussir.
08:14Et ça, c'est de l'audace.
08:16Souvent, les entrepreneurs et souvent les entrepreneuses se lancent dans le projet en disant,
08:21non mais j'emprunterai plus tard, je vais aller chercher l'argent de la famille,
08:26l'argent de mes voisins, je vais faire ce qu'on appelle du love money.
08:30On veut marquer haut et fort le fait que c'est plus facile de se lancer et de réussir son projet
08:37quand on le finance bien au départ.
08:39Il y a le troisième pilier, l'accélération, le développement.
08:44Alors là, c'est quoi ? C'est des entreprises un peu plus installées qu'on aide à passer à l'échelle ?
08:47Non, c'est surtout des entreprises plus ambitieuses ou plus audacieuses.
08:50D'accord.
08:50Et il n'y a pas de jugement de valeur.
08:52En réalité, dans l'entrepreneuriat, dans les quartiers comme ailleurs, il y a plein de formes d'entrepreneuriat.
08:57Il y a des gens qui se lancent dans l'entrepreneuriat parce qu'ils ont envie d'être leur propre patron.
09:00En général, dans ce cas-là, ils n'ont pas trop envie non plus de s'embêter avec des salariés.
09:06Ce sont des entrepreneurs, ce ne sont pas des futurs chefs d'entreprise.
09:09Et une fois encore, il n'y a aucun jugement de valeur.
09:13Mais exactement comme vous n'accompagnez pas un sportif de haut niveau comme un sportif du dimanche,
09:21les sportifs de haut niveau de l'entrepreneuriat, on a mis en place pour eux, dans les quartiers, des accélérateurs
09:29qui vont leur permettre d'avoir, en plus d'un accompagnement individuel, de l'accompagnement collectif et de la mise en réseau,
09:35c'est des promotions qui durent plusieurs mois.
09:38Et du coup, les entrepreneurs s'aident aussi entre eux.
09:43Et ça fonctionne extrêmement bien.
09:44C'est des accélérateurs qui sont portés par différents réseaux, comme les déterminés, comme les premières, comme BGE.
09:53Et ces accélérateurs-là sont véritablement le moyen d'aller plus vite, plus haut et plus fort.
09:59Même si on n'est plus dans une année olympique, le concept reste parfaitement perdu.
10:03Oui, la devise de Coubertin est toujours « Val à merci ».
10:07Restez avec moi puisqu'on va recevoir, ils vont venir juste entre nous deux,
10:10les lauréats de ces prix de l'audace des quartiers qui ont été remis.
10:15Et c'était au Carrousel du Louvre.
10:16Très belle soirée le 3 avril dernier.
10:18Merci.
10:19Merci.
10:20Merci.
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