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  • il y a 9 mois
Dans son édito du 31/05/2025, Mathieu Bock-Côté revient sur [thématique de l'édito]

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Transcription
00:00Est-ce que c'est une décision de bon sens, Mathieu?
00:02Non, non, bien sûr que non.
00:04Merci, Mathieu.
00:05J'y vois le signe de la société hygiéniste
00:08telle qu'annoncée dans les années 90,
00:10en 1993, plus précisément,
00:12par Demolition Man, ce film essentiel
00:14avec Sylvester Stallone. J'y reviendrai.
00:16Mais, donc, la question, évidemment que
00:18mieux vaut ne pas fumer que fumer.
00:19Ça va de soi. Personne, ici,
00:22ne fait la promotion du tabagisme. Ça va de soi.
00:24Non. L'enjeu est autre.
00:26Est-ce que la santé publique n'est pas
00:27en train de nous fabriquer au nom d'une société
00:29qui, apparemment, serait parfaitement en santé,
00:32serait sans aucune aspérité,
00:35est-ce qu'on n'est pas,
00:36en fait, devant une idéologie,
00:38un discours qui justifie un contrôle
00:39social de plus en plus
00:42étendu et qui cherche à créer
00:44une société formalisée,
00:45une société où seront bannis à peu près
00:47tous les plaisirs, une société où,
00:49finalement, tous les, on pourrait dire,
00:51les plaisirs
00:53qui transgressent les codes
00:55de la bonne morale puritaine des temps présents
00:57seront interdits? Est-ce qu'on
00:59basculera, par exemple, comme certains en rêves,
01:01dans une société sans alcool?
01:02On le voit chaque année avec le fameux
01:04Dry January, auquel répond
01:06l'autre côté de l'Atlantique le février
01:07sans alcool,
01:08cette idée que l'alcool est ce poison
01:10dont on doit se garder
01:11et non pas un marqueur de civilisation.
01:13Une société qui se méfie de la viande,
01:14chie à le dire.
01:16Ou alors qu'il nous dit qu'on va plutôt
01:17manger de la viande cellulaire
01:19fabriquée en laboratoire.
01:21Ou alors on va s'en détourner complètement
01:23parce qu'apparemment que le carnivore
01:25serait au seuil d'un génocide
01:26dans l'endroit du monde animal.
01:28Donc on a cette espèce de névrose.
01:30C'est la peur panique devant le barbecue,
01:32rendue célèbre par une figure politique
01:33bien connue.
01:34C'est une société qui, au nom de l'hygiénisme,
01:36veut nettoyer les pensées
01:37et les paroles impures
01:38et qui nomme discours haineux
01:39toute forme de discours
01:41qui contredit le discours officiel,
01:43mais qui voudrait aussi nettoyer
01:45nos émotions.
01:46Il est normal de temps en temps
01:47d'être en colère.
01:48Il est normal de ne pas aimer quelque chose.
01:49Il est normal de ne pas aimer
01:50certaines personnes.
01:51On n'est pas tous voués à sceller
01:53dans une forme de paradis vivant bizarre
01:55où on serait tous frères.
01:57Non, non, qu'on se respecte comme citoyens,
01:59qu'on se respecte comme individus,
02:00mais on n'a pas tous vocation à s'aimer.
02:01Mais aujourd'hui, derrière les mots
02:02empathie, empathie, empathie,
02:04bienveillance, bienveillance, bienveillance,
02:05on veut quelquefois neutraliser
02:07les sentiments fort légitimes
02:08qui peuvent s'exprimer
02:08dans différentes situations.
02:10C'est une société qui pousse chacun
02:11à se croire victime de la société
02:13en toutes circonstances.
02:14C'est une société qui aussi
02:15nous incite à nous méfier
02:16de la passion amoureuse,
02:17de ses complications.
02:19Je pense ici au livre
02:20de Noémie Alioua,
02:21La terreur jusque sous les draps.
02:23Aujourd'hui, tout ce qui relève
02:24de la passion, de l'amour,
02:25du désir, de la sexualité,
02:27on voudrait le cadrer,
02:28le normer, le neutraliser.
02:30Et c'est une société qui finalement
02:31a peur de la vie
02:32et n'a que la sécurité à la bouche.
02:34C'est une société,
02:35à bien des égards, pharmaceutique,
02:36je le disais.
02:37Vous avez cité tout à l'heure
02:38le film Demolition Man.
02:39Quelle société justement il annonçait ?
02:41Un très grand film.
02:42D'abord et en tout,
02:42je tiens à le redit.
02:43On le redit donc.
02:451993, ça annonce un monde
02:46qui est autour de 2020,
02:47je crois, 2030,
02:48quelque chose comme ça.
02:49Alors c'est une société,
02:50par exemple, sans viande.
02:51Et où d'ailleurs,
02:52l'alimentation se tient essentiellement
02:53de mémoire avec des petites pilules
02:55qu'on ingère pour avoir
02:56la bonne dose de protéines,
02:57de vitamines, de ci, de ça.
02:58C'est un ennui mortel.
03:00C'est une société où
03:01lorsque les gens s'accouplent,
03:02parce qu'apparemment,
03:03qu'il faut encore de temps en temps
03:03s'accoupler pour l'espèce humaine,
03:04normalement,
03:05ils le font sans fluide.
03:06Si je me rappelle du visage
03:07terrifié de Sandra Bollock,
03:09lorsque Sylvester Stallone
03:11veut l'embrasser,
03:13et là, il dit
03:13« Ah, des fluides !
03:14Oh, l'horreur des fluides ! »
03:15Donc, cette idée,
03:16ils doivent se connecter
03:18par des casques de connexion psychique
03:20pour se désirer sans se toucher.
03:21On y arrivera bientôt.
03:22Je vous épargne la scène des coquillages,
03:24mais même dans le traitement
03:25des matières organiques,
03:26on a trouvé une manière
03:27d'être absolument hygiénique.
03:29C'est une société
03:29très autoritaire, par ailleurs,
03:31totalitaire,
03:32qui se croit la meilleure sur Terre.
03:33C'est une société qui...
03:34Ah oui, quand vous avez
03:35une mauvaise pensée,
03:36une mauvaise expression,
03:36une formule injuste,
03:37vous avez une contravention
03:38qui arrive immédiatement.
03:39Vous avez utilisé un mot interdit.
03:40Vous avez eu une pensée interdite.
03:42Sanction.
03:42C'est une société
03:44qui a cru bannir la violence,
03:46mais qui la retourne
03:46dans les faits contre ses membres
03:48pour les transformer
03:48en petits tourçons aseptisés insignifiants.
03:51Mais c'est une société
03:52qui, dans ses catacombes,
03:54dans ses sous-sols,
03:54il y a encore des gens
03:55qui y vivent
03:56et qui vivent, eux,
03:56dans la transgression permanente.
03:58Donc, ils prennent
03:59des burgers au rat, par exemple.
04:00Parce que la viande est interdite,
04:01le burger au rat devient...
04:03Pourquoi pas ?
04:04C'est peut-être mieux
04:04que le quinoa pour certains.
04:05C'est sûr.
04:06Mais quoi qu'il en soit,
04:07on voit cette espèce
04:08d'une société qui,
04:09parce qu'elle est aseptisée totalement,
04:10provoque dans ses sous-sols
04:12de l'outrance,
04:13de l'outrance,
04:14de la transgression à tout prix.
04:16Car on ne comprime pas
04:17totalement la nature humaine.
04:18Toujours, elle ressort quelque part.
04:20Ça me fait penser, d'ailleurs,
04:21au lien avec les pays communistes.
04:22Ne les oublions pas.
04:23On lui fait bannir la foi
04:24et la propriété.
04:25Mais les hommes prient encore
04:26et se réfugient dans le marché noir.
04:28Sous-titrage Société Radio-Canada
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