00:00Oui, c'est vraiment deux éditos très factuels ce soir. Je cherche à introduire dans l'espace public des faits
00:07laissés de côté, des faits que nous n'avons pas métabolisés, des faits que nous ne prenons pas au sérieux
00:11suffisamment.
00:12Je m'appuie sur les révélations du Télégraphe, donc journal britannique, des révélations de Craig Simpson, qui nous apprend donc,
00:19qui ont relayé dans l'espace francophone par Yves-de-Souche.
00:23Donc, on est au nord de l'Angleterre et on apprend que les conseils municipaux ont adressé des directives aux
00:30enseignants pour dire que dans certaines écoles qui ont été transformées culturellement et démographiquement,
00:36des écoles significativement islamisées, eh bien, il est nécessaire d'intégrer désormais les interdits culturels ou moraux ou religieux que
00:45l'on prête aux populations nouvelles installées dans le nord de l'Angleterre.
00:50Dans les recommandations que l'on trouve, on nous dit qu'il faut faire attention, je vais citer par exemple,
00:55que certaines images réalisées par les élèves dans les cours d'art plastique
00:58peuvent être considérées comme idolâtres au regard de la charia.
01:03On demande aux enseignants de s'adapter aux sensibilités religieuses, de tenir compte en fait de la sensibilité religieuse des
01:09gens dans la classe et de s'adapter eux-mêmes à ses élèves plutôt que de demander aux élèves à
01:14s'adapter.
01:15Alors, ça me ramène à une de mes vieilles obsessions dont j'ai si souvent parlé.
01:19Quand je dis qu'est-ce que c'est le multiculturalisme, c'est pas seulement la diversité ethnique d'une
01:23société.
01:23Le multiculturalisme, c'est l'inversion du devoir d'intégration.
01:27Traditionnellement, c'était l'immigré qui devait s'intégrer au pays d'accueil.
01:30Maintenant, c'est le pays d'accueil qui doit se transformer pour accommoder les populations immigrées.
01:35Et plus encore, ce sont, je dirais, presque les sociétés d'accueil qui doivent s'intégrer aux immigrés.
01:41Alors, ça va plus loin, soit dit en passant, on nous dit qu'on doit intégrer, par exemple, les interdits
01:47religieux musulmans, notamment dans la musique ou dans le dessin.
01:51Est-ce qu'on peut, par exemple, se représenter, le rapport, par exemple, au visage n'est pas nécessairement le
01:55même d'une religion à l'autre.
01:56Le rapport à la musique n'est pas le même d'une religion à l'autre.
02:00Donc, qu'est-ce qu'on voit? On a cette idée que les écoles, sous la pression démographique et culturelle
02:07et religieuse d'une partie de l'islam,
02:10évidemment, pas tout l'islam, ça va de soi, eh bien, il faut transformer la culture du pays d'accueil.
02:15Je me permets de faire un lien d'un instant avec ce qu'on a vu à New York, avec
02:20Zoran Mamdani.
02:21Vous avez peut-être vu la rupture du jeûne à l'hôtel de ville de New York.
02:26Qu'est-ce qu'on voit à travers cela lorsqu'on s'empare de manière aussi publique?
02:31On décide de planter un drapeau religieux d'une religion qui n'était pas historiquement caractéristique de la société américaine
02:38et qu'on décide de planter ça le jour de l'IFTAR à l'hôtel de ville de New York.
02:44Comment ne pas y voir chez certains à tout le moins? C'est une hypothèse.
02:48Une forme d'esprit de conquête, une forme d'esprit de conquête islamiste en disant désormais nous nous emparons des
02:52institutions publiques.
02:54Pas nous les musulmans, nous certains qui sont animés par une conception islamiste de l'islam.
02:59Donc si on met tout cela ensemble, qu'est-ce qu'on voit à travers cela?
03:03Une société qui a renoncé à intégrer et qui utilise même les pouvoirs publics,
03:08donc j'en parle en premier édito, de censure, de rééducation,
03:12pour forcer la société d'accueil à se rééduquer, pour s'islamiser de l'intérieur.
03:17Et de ce point de vue, l'islamisation sera vue comme un signe d'ouverture à l'autre.
03:20Mais revenons sur le tabou entre l'immigration et l'insécurité.
03:23Mathieu Boccoté, il se fait vraiment sentir des deux côtés de l'Atlantique.
03:27Oui, laissez-moi vous parler un peu de chez moi, je m'en excuse, mais c'est important.
03:30Parce qu'on a quelquefois l'impression, en France,
03:34que les tabous autour du rapport d'insécurité, immigration, insécurité et diversité
03:39sont exclusivement français, et que partout ailleurs, on pourrait parler très librement de ces sujets.
03:44Mais c'est complètement faux, cher ami, c'est complètement faux.
03:48Et je vais vous donner un exemple québécois et un exemple allemand.
03:53Alors, l'exemple québécois, on a remarqué ces dernières années une augmentation de l'insécurité,
03:59de la violence dans les écoles au Québec, et notamment dans les écoles dans la grande région de Montréal,
04:05mais aussi des troubles, des incivilités, par exemple à Québec, dans les transports en commun.
04:11Et là, on se demande qu'est-ce qui se passe exactement avec ça.
04:14Comment expliquer cette montée soudaine des violences et de l'insécurité à l'école, notamment?
04:19Un syndicat de gauche radicale a produit récemment, ça s'appelle la Fédération autonome de l'enseignement,
04:26a produit une étude qui demandait à des chercheurs de gauche radicale
04:29pour expliquer la montée dans les écoles de cette violence.
04:32Et là, on explique plusieurs facteurs.
04:34On nous dit qu'il y a la montée du néonazisme, il y a, apparemment, il y a le masculinisme,
04:40il y a aussi le masculinisme de l'Andre Tate, et il y a aussi la culture de violence liée
04:45au hockey sur glace.
04:46Donc, comprenez, vous savez, les hockeyeurs, ce serait comme des rugbymans, mais avec des patins.
04:51Et on nous dit qu'il y a une culture de violence liée à ces gens-là,
04:55mais est-ce qu'il n'y aurait pas aussi d'un changement démographique l'arrivée de jeunes hommes
04:58qui sont marqués par une culture peut-être plus violente que la nôtre?
05:02Non, surtout pas. Il ne faut pas mentionner cela.
05:05Et là, on a eu une scène, la semaine dernière, au Québec, une scène absolument troublante
05:10où on voit des jeunes hommes issus de la diversité, comme on dit,
05:14tabassés, jetés par terre, agressés, un vieil homme qu'on pourrait présenter
05:18comme un Québécois de souche, entre guillemets, et les images sont très claires.
05:22Personne ne croit que ces jeunes hommes représentent l'ensemble des gens de la diversité.
05:25Personne ne croit que toute la violence dans nos sociétés se résume
05:28dans cette scène, mais on la voit, on l'a devant nous, cette scène-là,
05:31et tous les Québécois qui la commencent sur les réseaux sociaux
05:34voient ce qu'ils voient et disent ce qu'ils voient.
05:36Mais dans le système médiatique, il y a une forme d'interdit autour de cela.
05:40Donc, personne ne nomme ce que l'on voit.
05:43Mais, j'ai eu l'occasion d'en parler un peu publiquement,
05:46puis là, j'ai dit, devant les théories que je vous ai évoquées,
05:48les hockeyeurs, le néonazisme, le masculinisme,
05:51on comprend bien, ça l'a dit, que les agresseurs,
05:53ce ne sont pas des hockeyeurs nazis.
05:55Ce ne sont pas des hockeyeurs nazis.
05:57Et là, cette formule a un peu prise,
05:59et je me permets de faire le lien avec la séquence de 2022
06:02au Stade de France.
06:03Rappelez-vous, en France, quand il y a des agressions
06:05au Stade de France, et là, on nous parle des hooligans.
06:08Qui sont les gens venus des banlieues
06:09qui agressent à ce moment-là
06:12ceux qui vont assister au match?
06:13Ce sont les supporters britanniques.
06:15Et c'est devenu presque un mot codé,
06:17c'est-à-dire, ah, encore des supporters britanniques.
06:19Ou de la même manière, au moment des émeutes autour de Naël,
06:22Kevin et Mathéo.
06:23Kevin et Mathéo.
06:24C'est-à-dire, quand on utilise, dans une société,
06:26c'est Zinoviev qui le disait très justement.
06:29Zinoviev disait, quand il n'est pas permis
06:31de dire une vérité dans une société,
06:33l'humour se charge de la dire autrement.
06:35C'est-à-dire que l'humour permet de nommer l'interdit
06:38en se mettant à l'abri, en fait, justement, du rire,
06:41mais pour nommer ce qu'on n'a pas le droit de nommer,
06:43mais qu'on ne peut pas ne pas nommer.
06:45Donc, sachez que c'est une formule
06:46qui a circulé au Québec cette semaine,
06:47la figure du hockeyeur nazi,
06:50pour nommer indirectement, sur le mode moqueur,
06:53les violences liées à des sociétés multiculturelles
06:56et de plus en plus multiconflictuelles.
06:58Parce que derrière ça, il ne s'agit pas de stigmatiser
07:00qui que ce soit.
07:00Personne ne veut stigmatiser.
07:01Mais on constate que quand vous mettez des groupes
07:03qui ont des codes culturels différents,
07:05qui n'ont pas le même rapport à la violence,
07:07et que si vous avez à l'esprit l'idée
07:08qu'il y a aujourd'hui quand même un esprit de conquête
07:10ou de reconquête ou de contre-colonisation
07:13dans certains milieux,
07:14une espèce de conflit, en fait,
07:16entre les civilisations qui s'expriment au quotidien,
07:19vous avez cette réalité devant vous.
07:21Et là, je fais un lien avec l'Allemagne un instant,
07:22et je sais de la parole à Arthur ensuite,
07:23parce que je ne vous ai pas le privé
07:26de son édito sur cette question.
07:29En Allemagne, c'est révélé par le Bild cette fois.
07:31Qu'est-ce qu'on apprend ?
07:32Une jeune fille était dans un centre de jeunesse,
07:35était agressée, a même été violée, et ainsi de suite.
07:37Donc, une histoire assez sordide
07:39par plusieurs jeunes hommes qui se jetaient sur elle,
07:42et qui lui ont effligé ce que l'on peut imaginer.
07:44Mais qu'ont fait les autorités du centre jeunesse,
07:47ils n'ont pas voulu...
07:48Ils se sont davantage portés à la défense des agresseurs,
07:50entre guillemets, que de la victime.
07:53Pourquoi ?
07:53Parce qu'ils ne voulaient pas encourager
07:55le racisme et l'islamophobie.
07:56Parce qu'ils ne voulaient pas...
07:58Donc, ce terme-là nous marque encore
08:01la dimension culturelle de ces agressions.
08:04Et dans le même état d'esprit,
08:05est-ce que ça ne vous fait pas penser
08:06à une toute autre échelle, bien évidemment,
08:09aux grooming gangs en Grande-Bretagne ?
08:11On s'en souvient, hein ?
08:12C'est-à-dire des réseaux d'esclavage sexuel
08:15de jeunes filles blanches.
08:16Ce n'est pas mon vocabulaire, celui de l'époque.
08:18Issus de la classe ouvrière par des gangs pakistanais.
08:22Encore une fois, ce n'est pas mon vocabulaire.
08:23Je ne fais que citer.
08:25Ce n'étaient pas tous les pakistanais aussi,
08:26ça va de soi.
08:27Un réseau d'esclavage sexuel de jeunes filles blanches
08:29comme ça.
08:29On n'en a pas parlé pendant longtemps
08:31parce qu'on ne voulait pas révéler
08:32les travers de la société diversitaire.
08:34On ne voulait pas encourager le racisme
08:36parce qu'on pensait encourager le racisme
08:38en révélant de telles tensions.
08:39Ce soir, j'ai cherché à rappeler,
08:41intégrer tous ces faits dans l'espace public.
08:43Il me semble utile pour chercher à comprendre
08:44ce qui nous arrive.
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