00:00L'invité de Smart Impact est avec nous en duplex, Nicolas Machart, bonjour.
00:12Oui, bonjour.
00:13Bienvenue, vous êtes le cofondateur de PourDeBon.com, créé en 2016 avec Cyril Schwarz.
00:19C'est quoi, c'est une place de marché, c'est ça ?
00:22Effectivement, nous sommes la plus grande place du marché en France, avec plus de 800 producteurs référencés,
00:29ce qui représente plus de 33 000 produits frais.
00:31Donc on est effectivement un immense marché de produits ultra frais,
00:36et on permet à ces 800 producteurs de vendre en direct leurs produits,
00:41donc directement depuis leurs exploitations, depuis leur bateau de pêche,
00:45vers le client final partout en France.
00:48Et tout ça dans le respect de la chaîne du foie.
00:50Oui, évidemment, on va rentrer dans le détail, parce qu'il y a quelques défis logistiques à relever.
00:54Ça suppose des partenariats avec des agriculteurs que vous avez construits au fil des ans ?
00:59Oui, tout à fait. En fait, on fait trois métiers chez PourDeBon.
01:02Le premier métier, c'est de sélectionner des producteurs.
01:05Donc on va vraiment trouver des producteurs qui sont engagés dans des démarches de responsabilité, de durabilité.
01:11Et ensuite, on va les accompagner dans les ventes en ligne.
01:13C'est notre deuxième métier, c'est la casquette digitale.
01:16Et le troisième métier, c'est la logistique pour eux.
01:18Donc c'est nous qui opérons toute la prestation logistique,
01:21à savoir collecter les produits chez eux et les acheminer dans le respect de la chaîne du foie, jusqu'au client final.
01:27PourDeBon.com, qui fait partie de Géopost, filiale du groupe La Poste,
01:31est-ce que c'était ça dès le départ ? Qu'est-ce que ça vous apporte ?
01:35Alors effectivement, l'idée est née d'une rencontre avec les équipes dirigeantes de Chronopost,
01:39qui à l'époque, en 2015, se lançait dans le transport alimentaire,
01:43avec l'offre qui s'appelle Chronofresh aujourd'hui.
01:45Et de cette relation, de ces échanges, est née l'idée de créer une place de marché
01:49qui accompagnerait l'offre logistique de Chronofresh.
01:53Donc ils ont participé au financement des premières briques de la plateforme.
01:58Et ensuite, on a volé nos propres puzzles pendant 5 ans.
02:01Et nous sommes revenus dans le giron du groupe Géoposte à l'été 2022.
02:06Donc aujourd'hui, effectivement, on appartient au groupe Géoposte,
02:08qui est l'activité colli du groupe La Poste.
02:11Avec, j'y viens, ce défi logistique qui est forcément particulier quand on parle de produits frais.
02:18Comment vous le relevez, ce défi ?
02:21Alors, on le relève justement grâce à notre prestataire Chronofresh,
02:24et une proximité qu'on a développée avec les équipes de Chronofresh depuis 8 ans maintenant.
02:30Simplement, en fait, Chronofresh a cette capacité à aller collecter des produits avec des camionnettes
02:38qui sont soit équipées de glacières frigorifiques avec des plaques eutectiques et des puces RFID
02:44qui permettent de suivre l'acheminement du colis et l'évolution de sa courbe de température.
02:49Ou parfois, ça peut être des camions bi- ou tri-température, parce qu'on fait aussi du surgelé,
02:54qui vont collecter les produits, les acheminer en agence Chronofresh,
02:58les stocker dans des entrepôts en frais.
03:01Donc tout ça, c'est suivi en température avec une cellule de supervision.
03:04Et ensuite, c'est acheminé jusqu'au client final, mais grâce au réseau Chronopost.
03:08Donc on est en même temps sur une prestation d'expressistes.
03:11On collecte des produits et on les livre au client final en moins de 24 heures dans 95% des cas.
03:18Oui, avec évidemment cette chaîne du froid à respecter et une responsabilité sanitaire.
03:25C'est aussi ça ce que vous portez sur les épaules.
03:27Exactement. On le porte conjointement avec notre prestataire logistique, donc avec Chronofresh.
03:32Et moi, j'ai dans mon équipe cinq personnes qui sont en charge de suivre l'acheminement des colis,
03:37s'assurer qu'ils soient bien livrés en main propre parce qu'on ne fait pas de remise en compte à relais
03:41puisqu'on est sur des produits frais dans 90% des cas.
03:44Donc on a vraiment un suivi très fin.
03:46Et lorsqu'on a un doute, on a les courbes de température qui nous permettent de voir
03:51quelles ont été les évolutions de température du colis.
03:54On est sur des prestations de frais qui est ce qui se fait de mieux aujourd'hui,
03:59best of class sur le marché.
04:02Vous publiez le cinquième baromètre pour de bon de la consommation des Français en circuit court.
04:09Quel est le constat principal ? Il y a une légère baisse, c'est ça ?
04:12Effectivement. C'est la cinquième année qu'on édite ce baromètre des circuits courts en partenariat avec le Cantar.
04:20Et là, cette année, on constate une baisse de trois points de la consommation en circuit court.
04:27C'est le signe de la situation économique actuelle.
04:34Les gens consacrent un peu moins de leur budget à une bonne alimentation.
04:40Donc c'est trois points de moins.
04:42C'est la première fois en cinq ans qu'on subit cette inflexion.
04:45Donc c'est 64% des Français qui prétendent consommer régulièrement en circuit court
04:50versus 67% par le passé.
04:53Donc la première explication, c'est la crise économique.
04:56Une deuxième explication de ce frein à l'achat, c'est aussi la proximité, la difficulté d'accès aux produits du terroir.
05:03Voilà, c'est une réponse qu'apporte Pour de Bon.
05:06Donc la première explication, c'est le prix, si je comprends bien.
05:09C'est clairement le prix.
05:11Quand on s'adresse à des produits de grande qualité qui font partie de la sélection des produits qu'on assure Pour de Bon,
05:17c'est un acte à la fois engagé, mais c'est aussi un acte d'achat qui est raisonné.
05:25Et aujourd'hui, on voit que les consommateurs sont rappelés par le portefeuille et font des arbitrages dans leurs dépenses.
05:36Ils préfèrent acheter moins cher de la nourriture de moins bonne qualité en ces temps compliqués pour eux.
05:42Vous étiez évidemment au Salon international de l'agriculture qui vient de se terminer.
05:47Quel bilan vous en faites ?
05:50Le modèle circuit court que vous défendez tient là-bas ?
05:55On en garde un très, très bon souvenir.
05:59Sur Pour de Bon, on est très clairement un Salon de l'agriculture tous les jours,
06:03puisqu'avec nos 800 producteurs, on a autant de producteurs sur la plateforme qu'il y en a sur le Salon de l'agriculture.
06:08On a autant de visiteurs sur Pour de Bon que sur le Salon de l'agriculture, puisqu'on fait près de 800 000 visiteurs par mois.
06:14Donc chez nous, c'est tous les jours un Salon de l'agriculture.
06:17Et j'en retiendrai une chose importante, c'est qu'on a noué un partenariat avec les chambres d'agriculture
06:22qui aujourd'hui va permettre à Pour de Bon d'accompagner tout le réseau Bienvenue à la ferme
06:28dans la vente de leurs produits en direct des producteurs.
06:31Pendant ce Salon de l'agriculture, il y a eu ce label, L'amour est tout prêt,
06:36créé par Karine Lemarchand avec plusieurs grands groupes de distribution
06:40pour aider les petits producteurs à trouver leur place notamment sur les rayons des supermarchés.
06:44Comment vous accueillez cette initiative ?
06:48J'ai pris connaissance effectivement de cette initiative pendant le Salon.
06:52Toutes les initiatives qui visent à soutenir les producteurs sont bonnes à prendre.
06:58La démarche de madame Lemarchand au travers de ce logo me semble un peu particulière
07:04parce que le logo en fait, sa marque n'est ni plus ni moins que le nom de son livre.
07:10Donc je trouve étonnant qu'elle ait pris cette démarche-là d'utiliser ce nom.
07:16Mais au-delà de ça, tout ce qui vise à soutenir le tissu agricole français est bon à prendre.
07:22Amener ses producteurs vers des enseignes de grandes distributions,
07:26c'est quelque chose qui se fait déjà localement.
07:28Nous sur Pour de Bon, on a quelques producteurs qui parfois sont dragués
07:31par des enseignes de grandes distributions pour faire de la vente en point de vente.
07:36Donc c'est déjà quelque chose qui existe.
07:38Maintenant, je suis prêt à discuter avec elle pour accompagner ses producteurs
07:42à vendre sur Pour de Bon en direct auprès des consommateurs finales
07:47et sans passer par des centrales d'achat ou des enseignes de grandes distributions.
07:51– Je le dis à votre place, attention au coup de com'
07:54parce qu'il y a une question du nombre d'intermédiaires évidemment,
07:57et je reviens au prix.
07:59Vous, vous réduisez le nombre d'intermédiaires
08:01mais malgré tout, vous êtes quand même un peu plus cher qu'en supermarché.
08:06– Eh oui, mais parce qu'on n'est pas sur la même qualité de produit aussi,
08:09c'est toute la différence.
08:10On a fait ce choix d'être vraiment sur la qualité des produits.
08:13Chez nous, vous allez trouver du porc mangalica, du porc noir gascon, du porc nustral,
08:19vous allez trouver les 25 races de vaches à viande sur le site,
08:22vous allez trouver des productions de crevettes françaises,
08:24vous allez trouver des coquilles singes qui sont pêchées à la main,
08:27autant de produits d'une qualité absolument extraordinaire
08:29que vous ne trouverez jamais en bas de chez vous
08:32et encore moins bien sûr en enseignes de grandes distributions.
08:34Donc c'est un choix aussi de venir commander chez nous des produits de qualité
08:40qui est un choix avant tout qui est orienté par la volonté de soutenir à la fois des producteurs
08:44mais en même temps avoir de la transparence et retrouver de la confiance dans son assiette.
08:48– Question complètement biaisée, volontairement un peu provocatrice,
08:51est-ce que c'est seulement des bobos des grandes villes qui achètent chez vous ?
08:55– Alors c'est tout l'inverse.
08:56Le bobo des grandes villes, lui ne sait pas ce que c'est qu'un maroilles grand cru fermier
09:01ou ne fait pas la différence entre…
09:03– Vous ne pouvez pas dire ça, il y a quelques bobos très très pointus sur les produits frais.
09:07Non mais allez, je vous laisse continuer.
09:09– Non, on n'en a justement pas et ça a été d'ailleurs le premier enseignement
09:12des deux premières années de lancement de la plateforme.
09:15On s'adresse vraiment à jeunes retraités, 55 ans et plus,
09:22c'est vraiment 70% de notre clientèle qui connaît très bien les produits du terroir
09:27et qui aime cuisiner, qui a le temps de cuisiner
09:30et qui a effectivement un peu les moyens de cuisiner une bonne volaille.
09:34Donc pas du tout sur le bobo parisien.
09:37Vous savez que commander chez nous, ça implique aussi de savoir cuisiner des bons produits.
09:40Quand vous achetez une volaille de braise qui est deux fois plus chère
09:43qu'un poulet chez votre boucher, il faut savoir la cuire
09:47et ce n'est pas le même type de cuisson que vous avez sur ces produits-là.
09:51– Merci beaucoup Nicolas Machard et à bientôt sur Be Smart For Change.
09:56Suite à notre débat, les inégalités de genre ont la vie dure.
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