00:00L'invité de Smart Impact, c'est Mouloud Mechkoun. Bonjour.
00:09Bonjour.
00:10Bienvenue. Vous êtes directeur commercial chez Sulo, un leader européen de la gestion durable des déchets.
00:16Tiens, on va commencer par une question de présentation. Quels sont les métiers, l'activité de Sulo ?
00:21Alors bonjour. Alors l'activité de Sulo, en fait, nous sommes pionnés du tri à la source.
00:25Et nous accompagnons en fait les collectivités et les entreprises depuis maintenant plus d'un siècle, depuis 1892.
00:33Et en fait, nous sommes un fabricant de contenants qui vont du bac roulant jusqu'à des points d'apport volontaire
00:39pour pouvoir permettre aux collectivités de collecter ces déchets et pouvoir les traiter, les recycler ou les valoriser.
00:50Donc plus d'un siècle d'existence, 120-130 ans. Elle est née où cette entreprise ?
00:55Alors, elle est née en France, puisque c'est une famille lyonnaise qui a créé cette entreprise
01:00et qui aujourd'hui est devenue Sulo, puisque auparavant c'était Plasticomium.
01:05D'accord.
01:06Et depuis maintenant 5 ans, nous accompagnons les collectivités.
01:11Nous sommes à peu plus de 1000 collaborateurs en France, à peu près 200 millions d'euros de chiffre d'affaires.
01:16Et dans le monde, nous sommes à peu près 2500 dans 24 pays pour 630 millions d'euros de chiffre d'affaires.
01:24Avec donc, on va revenir en France, cette loi qui a changé, qui est rentrée en vigueur il y a 16 mois sur le tri à la source des biodéchets qui devenaient obligatoires.
01:34Quel bilan vous en faites aujourd'hui ? Où en sont les collectivités ?
01:37Alors, écoutez, nous avons fait, Sulo, une étude avec Opinion Neuillet en fin d'année 2024,
01:44qui nous permet en fait de constater quoi ?
01:46De constater qu'en fait, plus de 60% des citoyens sont équipés de contenants qui leur permettent de faire le tri à la source des chiffres.
01:53Oui, c'est ça. Il y a 60% des Français qui déclarent avoir accès à une solution de tri.
01:58Exactement, c'est ça. Mais on se rend compte qu'en fait, que sur ces 60%, il y a une disparité en fait au niveau régional,
02:03qui s'explique notamment par rapport à des collectivités qui ont déjà commencé à mettre ce tri des déchets sans attendre la loi.
02:12Voilà. Et puis, donc, elles sont en avance.
02:14Et puis, d'autres collectivités qui, elles, ont attendu jusqu'au 1er janvier 2024 pour commencer à mettre à disposition des contenants.
02:20Malheureusement, ce qu'on constate, nous, depuis un an, puisque Sulo, nous sommes leaders, nous sommes fournisseurs de rang 1 auprès des collectivités,
02:29nous travaillons avec plus de 40 millions d'habitants, nous constatons qu'en fait, seulement 10% en fait sont collectés.
02:36Ce qui veut dire qu'en fait, pour 60% qui sont équipés, 10% sont récupérés.
02:40Il y a énormément de progrès à faire encore.
02:42Exactement, énormément de progrès. Et ce qu'on constate, c'est qu'il y a un levier de performance,
02:49à mettre en œuvre. Et on le constate, par exemple, nous avons fait, dans le cadre d'une distribution de contenants
02:56auprès de, notamment, la ville d'Agin, une distribution de 30 000 bacs.
03:00Et pour nous, ce qui nous semble important, c'est de pouvoir sensibiliser l'ensemble des UGAG.
03:05Et donc, qu'est-ce qu'on fait ? On fait du porte-à-porte.
03:07Et on explique, en fait, à chaque foyer comment faire le tri.
03:11Alors, parce que ça, ça va illustrer ce que vous dites.
03:14Cet autre chiffre, résultat de l'étude OpinionWay, 40% de la population qui reste encore sans solution,
03:2127% des personnes interrogées qui déclarent n'avoir reçu à ce jour aucune sensibilisation
03:27au sujet du tri des biodéchets.
03:30Donc, on est au cœur de ce que vous nous racontez.
03:32C'est-à-dire qu'il y a des collectivités qui, éventuellement, ont passé le cap,
03:38mais qui n'ont pas vraiment informé leurs habitants.
03:41Comment vous l'expliquez ?
03:41Bon, en fait, ce qui se passe, c'est que par rapport à cette obligation
03:44qui était de mettre à disposition des solutions pour l'usager,
03:47les collectivités ont commencé à le faire, d'autres, pas encore,
03:50puisque 4 Français sur 10, en fait, n'ont pas de solution.
03:55Et donc, ça veut dire qu'il y a encore des collectivités qui sont très en retard.
03:58Donc, il y a, un, ces collectivités qui sont en retard.
04:01Et deux, on se rend compte que ce n'est pas suffisant.
04:03C'est-à-dire qu'au-delà de distribuer des contenants,
04:06il est nécessaire d'expliquer comment, en fait, faire le tri des biodéchets,
04:11qui, en plus, est une ressource qui est valorisée,
04:16puisqu'on peut faire du compost ou nous pouvons faire aussi du biogaz.
04:19Bien sûr.
04:20Et c'est quelque chose...
04:21Oui, il y a toute une chaîne de valeur derrière.
04:22Exactement, il y a une chaîne de valeur.
04:23Et en fait, c'est un vrai investissement pour la collectivité,
04:27puisque derrière, elle perçoit des recettes, en fait.
04:29Elle perçoit des recettes du fait de valoriser ces déchets.
04:32Mais ce n'est pas si compliqué.
04:32Enfin, moi, j'ai reçu une petite poubelle.
04:36Alors, moi, c'est le...
04:38Je le mets ensuite dans une poubelle plus grande,
04:41en bas de chez moi, et c'est pris par des camions.
04:44Franchement, j'ai une petite feuille sur mon frigo
04:47qui me rappelle ce que je peux mettre dans la poubelle.
04:49Ce n'est pas si compliqué.
04:50Alors, ce n'est pas si compliqué,
04:51puisque peut-être que vous êtes très sensibilisé...
04:53Un petit peu avec l'émission ici, c'est sûr.
04:56...à l'environnement, mais il faut imaginer
04:58que toute la population ne l'est pas forcément.
05:00Et d'où la nécessité, en fait, d'expliquer,
05:03puisqu'on voit bien que malgré les publicités,
05:06malgré la communication qui en est faite
05:08par les collectivités ou même les médias,
05:10on se rend compte que ce n'est pas suffisant.
05:11D'ailleurs, si on regarde chacun dans notre foyer,
05:14nous ne faisons pas...
05:15Ah, on est plus ou moins efficaces.
05:17Ça montre bien qu'il y a quand même des choses
05:19à faire sur ce sujet.
05:21Ça peut même être une petite source de conflit familial.
05:24Mais bon, on n'est pas là pour parler de ça.
05:27Qu'est-ce que vous proposez aux collectivités ?
05:28C'est des conteneurs ?
05:29C'est quoi ?
05:30Alors, ce qu'on propose pour les collectivités,
05:31bien sûr, c'est les contenants.
05:34Les contenants pour pouvoir y mettre
05:35et accueillir ces déchets.
05:37Mais ça va beaucoup plus loin
05:38puisque nous proposons aussi des solutions,
05:39solutions digitales,
05:40dans lesquelles nous pouvons aussi mettre des puces,
05:42nous pouvons mettre un peu de digital
05:46et rendre la poubelle plus intelligente.
05:49Et ce qui permet aussi, par exemple,
05:51d'équiper les camions qui viennent collecter ces bacs
05:53pour récolter un certain nombre d'informations
05:56et on va jusqu'à analyser ces données
05:58qui nous permettent d'améliorer le tri
06:03dans les collectivités.
06:04Il y a différentes options.
06:06Il y a aussi des options où ce sont les citoyens
06:09qui vont avec leur sac ou leur poubelle
06:12dans des conteneurs qui sont au coin de la rue.
06:15Est-ce qu'il y en a une qui est plus efficace que l'autre ?
06:17Alors, je vous dirais qu'en fait,
06:19il n'y en a pas une plus efficace que l'autre.
06:21Par contre, il y a une vraie complémentarité.
06:23C'est-à-dire que vous avez des collectivités,
06:26puisque nous travaillons aussi bien
06:27avec des collectivités en rural
06:28ou des collectivités urbaines,
06:30nous avons soit du porte-à-porte,
06:31donc c'est le bac que vous avez chez vous,
06:33notamment si vous êtes en pavillonnaire,
06:35mais ça peut être aussi un bac beaucoup plus grand
06:37quand vous êtes dans du collectif.
06:38Et puis, nous avons ce qu'on appelle
06:39des points d'apport volontaire
06:40qui sont en général en bas d'immeubles
06:43ou sur l'espace public.
06:44Et là, effectivement, ça demande
06:46que l'usager se déplace pour apporter ses déchets.
06:50Et nous avons aussi des composteurs,
06:51des composteurs domestiques,
06:53où là, c'est chez vous
06:54et vous faites vous-même le tri.
06:56Est-ce qu'il faut aller jusqu'à une forme d'incitation,
06:59c'est-à-dire de récompense,
07:01si on trie bien ses déchets ?
07:02Parce que c'est vrai qu'il y a des collectivités locales
07:04qui ont mis en place des systèmes comme ça
07:05où en fonction du poids de ces déchets ultimes,
07:11on va plus ou moins payer
07:12le coût de la récupération des poubelles.
07:18Donc est-ce qu'il faut aller jusqu'à l'incitation ?
07:19Alors, l'incitation, oui,
07:21elle existe déjà dans certaines collectivités
07:23et on voit bien, en fait, que c'est un des leviers
07:26qui pourraient permettre d'accélérer
07:28et d'améliorer le tri.
07:30Ce qui semble être important pour la collectivité,
07:32c'est déjà de pouvoir mettre à disposition
07:34les contenants qui leur permettent
07:35d'éviter de mettre dans le bac d'ordures ménagères
07:38et donc de proposer des solutions
07:40pour trier au maximum.
07:41Donc trier les emballages, trier le verre,
07:43trier les cartons,
07:44trier maintenant les déchets alimentaires.
07:46Et à l'issue de ça, effectivement,
07:48le dernier levier, ça reste ce qu'on appelle
07:51la tarification incitative.
07:53C'est le mot que je cherchais,
07:55heureusement que vous êtes là.
07:56D'ailleurs, SILO propose aussi
07:57ces solutions auprès des collectivités.
08:01Aujourd'hui, seulement 7 millions d'habitants
08:04sont soumis à la tarification incitative,
08:06donc ce qui reste faible.
08:08Et l'objectif d'ici 2030,
08:10c'est de doubler cette mise en place.
08:13Pour les collectivités locales,
08:15vous avez commencé à l'évoquer,
08:16mais je veux bien qu'on rentre dans le détail.
08:17Qu'est-ce que ça rapporte pour le budget de la collectivité
08:21de mettre en place un tri sélectif,
08:25en l'occurrence des biodéchets, efficace ?
08:27Alors déjà, le premier, c'est un coût d'évitement,
08:29puisque le fait de ne pas mettre vos déchets alimentaires
08:31dans votre bac d'ordures ménagères,
08:33c'est-à-dire que ces déchets ne sont pas incinérés.
08:35Donc vous avez un coût évité par rapport à ce tonnage,
08:39en sachant que les déchets alimentaires
08:40sont composés à 80% d'eau.
08:42Donc c'est-à-dire, quand même,
08:43on est en train d'incinérer de la matière
08:46qui est essentiellement composée d'eau.
08:48Donc ça, c'est le premier point.
08:49C'est des coûts évités.
08:50Et le deuxième, c'est qu'en fait,
08:52le fait de valoriser ces déchets alimentaires,
08:55vous percevez une subvention,
08:58une recette pour la collectivité.
09:00Donc votre geste qui est individuel devient collectif,
09:03ce qui permet à la collectivité
09:04de récupérer de l'argent
09:07pour pouvoir financer ce système
09:11de collecte des déchets alimentaires.
09:12Oui, parce que la loi oblige les municipalités
09:16à valoriser une part importante
09:18des déchets produits sur la commune, c'est ça ?
09:20Exactement.
09:21Donc, par exemple, si je prends l'exemple d'Agin,
09:24en mettant en place cette gestion des déchets alimentaires,
09:28en fait, ça a un effet vertueux,
09:30puisque à partir du moment où vous allez jusqu'à valoriser,
09:35à trier vos biodéchets,
09:36en fait, vous faites aussi la même chose
09:38pour le tri des emballages, du verre.
09:40Et donc, en fait, ça a un effet vraiment virtueux.
09:42Merci beaucoup, Mouloud Mechkoun,
09:44et à bientôt sur Bsmart4Change.
09:46On passe tout de suite à notre débat.
09:48Question majeure au niveau européen.
09:50Que reste-t-il du Green Deal, du pacte vert ?
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