00:00Vous savez, j'ai l'impression que ce gouvernement va subir la censure et aussi le déshonneur, pour reprendre une métaphore de Churchill.
00:12— Pourquoi le déshonneur pour vous ? — Le déshonneur parce que finalement, ils ont négocié qu'avec l'extrême-droite.
00:18Vous savez, j'ai été reçu avec Boris Vallaud pendant une heure par Michel Barnier. Il y a quelques jours, il nous avait dit à plusieurs reprises
00:25« Mais moi, je ne fais qu'écouter le RN. Je ne négocie pas ». On l'a vu le lendemain qu'il négociait, et encore aujourd'hui sur le déremboursement
00:36des médicaments. Donc ce gouvernement est sous influence, sous surveillance du RN. Et même malgré les milliards qu'il a lâchés,
00:46eh bien le RN s'empresse potentiellement de le censurer dès mercredi. Donc c'est un échec complet.
00:53— On pouvait s'imaginer, vu comme se passaient les négociations, que cela n'aurait jamais suffi, puisqu'après le déremboursement des médicaments,
01:00on voyait Marine Le Pen brandir sa ligne rouge sur les retraites. Et il y aurait sans doute eu encore quelque chose, ensuite.
01:06— Mais le gouvernement aurait pu trouver une autre voie, y compris sur le projet de l'atténuance de la Sécurité sociale.
01:12Nous sommes venus avec des propositions autour de 8 milliards d'euros dans la commission mixte paritaire. 8 milliards d'euros sur un budget
01:20de 662 milliards d'euros, donc moins de 1,5% de ce budget. Si nous avions été entendus, eh bien nous n'aurions pas lancé une procédure
01:30de motion de censure. Donc le gouvernement a choisi son partenaire de jeu, le RN, au détriment de la gauche de responsabilité.
01:40Eh bien je le regrette profondément. — Vous aviez l'impression que le gouvernement ne cédait qu'au RN, jamais qu'il ne cédait à la gauche,
01:47lorsque, par exemple, sur les taxes sur le gaz ou sur l'électricité, c'était aussi des demandes de la gauche sur le déremboursement des médicaments.
01:56On sait que la gauche aussi était d'accord pour ne pas dérembourser les médicaments. Donc il y avait quand même un certain nombre de convergences là-dessus.
02:03— Une grande différence, c'est que nous, nos demandes étaient basées sur un renforcement des recettes, et notamment en privilégiant ces recettes
02:10sur les plus aisés de nos concitoyens. Vous savez, je vais vous donner un exemple très concret de ma région. Le groupe Mulier, groupe Auchan,
02:19Leroy-Merlin, Decathlon, etc., donc une famille, vient de s'attribuer 1 milliard d'euros de dividendes, alors qu'il y a 2 400 postes qui vont disparaître
02:27chez Auchan. Vous trouvez ça normal ? On est dans l'indécence. Et donc nous voulions, oui, faire payer ceux qui ont les moyens de contribuer
02:34Et ça, le RN n'en veut pas. Donc la grande différence, c'est que peut-être l'objectif était le même, au bout du bout, sur les plus modestes,
02:41mais pas au niveau des recettes. C'est ce qui fait la différence entre lâcher l'extrême droite pour rien, finalement, aujourd'hui.
02:48— Patrick Kenner, alors aujourd'hui, vous êtes prêts, les voix de la gauche, auxquelles vont se joindre les voix de l'extrême droite, à faire tomber
02:57aujourd'hui le gouvernement, même si cela veut dire une immense instabilité politique, même si on se sait aujourd'hui, observé par les marchés financiers,
03:06que cela peut avoir de graves conséquences pour la France ? — Eh bien, le gouvernement avait d'autres solutions, en écoutant plus son opposition républicaine,
03:13ce qu'il n'a pas voulu faire. Vous savez, nous déposerons notre motion de censure parce qu'il y avait un mauvais bilan de la part de M. Macron,
03:19un mauvais budget, un 49-3. On ne nous a pas écoutés. On ne nous a rien donné, permettez-moi l'expression. Donc il est normal que nous censurions,
03:27que l'extrême droite prenne ses responsabilités. Nous, nous prenons les nôtres en conscience. Et la question des marchés... Arrêtons d'agiter cette peur vis-à-vis des Français.
03:36— Oui. Cette tempête dont a parlé toute la semaine passé le gouvernement. — Oui. Il y aura sûrement des turbulences. Je ne peux pas le nier.
03:42Mais qu'est-ce que vous voulez ? Un nouveau gouvernement va être nommé. Il y aura des lois spéciales pour permettre l'exécution du budget sur la base de 2024.
03:49Il y aura sûrement un projet de loi de finances rectificatif en début d'année 2025. Donc voilà. Il faut purger les choses. Mais le principal...
03:56— Relativiser ce qui va se passer ensuite. — Bien sûr. Bien sûr. — Même si c'est une plongée dans l'inconnu, Patrick Cannaire.
04:01— Bien sûr que c'est une plongée dans l'inconnu. On n'a jamais connu ça, y compris depuis 1962. Je dis simplement qu'il faut arrêter de faire peur aux Français.
04:08Et le grand responsable de tout ce chaos est Emmanuel Macron. Nous l'oublions jamais.
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