00:00L'invité de ce Smart Impact depuis le salon Polytech, c'est Damien Pelletier, bonjour.
00:11Bonjour.
00:12Bienvenue, vous êtes le président d'EcoMesure, votre métier c'est la surveillance de la
00:16qualité de l'air, c'est ça ?
00:17Oui, absolument.
00:18Avec quels outils ?
00:19En fait, on développe des systèmes qui mesurent la qualité de l'air, c'est des objets connectés
00:24en réalité.
00:25Et on est constructeur de base zéronnée, toutes les données qu'on récolte, on les
00:30met à disposition des clients, des collectivités sous forme de services sur plateforme web.
00:37Qui sont vos clients aujourd'hui principalement ?
00:40Ils sont très divers, ça va du particulier à la collectivité et aux industriels.
00:44En réalité, la problématique de la qualité de l'air, elle touche ou en fait, elle concerne
00:50tout le monde.
00:51Bien sûr.
00:52Après, pour différentes problématiques, c'est soit par rapport à sa propre santé,
00:57soit pour répondre à une réglementation ou à une préoccupation du moment ou de l'industrie.
01:06C'est tout le monde, c'est les industriels, les collectivités.
01:09Vous avez, je crois, racheté l'entreprise il y a une dizaine d'années.
01:12Avec quelle idée, quelle ambition ?
01:15En fait, il y a une dizaine d'années, il ne faut pas être trop devin pour penser que
01:21l'augmentation de la population allait générer des problématiques de ressources, de pollution
01:28et d'énergie tout simplement par l'accroissement de la population.
01:31Et la problématique de la qualité de l'air en particulier était tout juste naissante.
01:39En tout cas, elle n'était pas du tout transformée en termes de business.
01:49Donc moi, j'ai simplement acheté cette boîte en ayant l'idée qu'on pouvait démocratiser
01:54l'accès aux données environnementales et notamment la qualité de l'air en mettant
01:57en œuvre des systèmes simples.
01:58Alors qu'à l'époque, ce sont des systèmes très complexes, très scientifiques qui demandaient
02:03beaucoup d'investissements et beaucoup aussi de formations à utiliser.
02:07Alors que nos systèmes, nous, sont très faciles à installer, très faciles à utiliser
02:12et très peu coûteux à déployer en réalité.
02:15Un salon comme celui-là, il y a de l'ambiance dans les allées, c'est un enjeu important
02:19pour une entreprise comme la vôtre ?
02:20Oui.
02:21Alors, Pollutech, c'est le salon en France majeur pour nous.
02:26Alors, il était traditionnellement à Lyon d'ailleurs, mais c'est le salon majeur.
02:30Il y a tous nos clients, tous nos partenaires, toutes nos parties prenantes qui sont dans
02:36ce salon-là.
02:37C'est un des premiers spécialisés sur la pollution et notamment sur le traitement
02:44des déchets à l'origine.
02:46Et puis maintenant, ça touche les problématiques liées à la santé générées par les pollutions.
02:52Oui, une entreprise comme la vôtre, elle est vraiment au cœur finalement des enjeux
02:55d'un salon comme Pollutech.
02:56Je voudrais donner un chiffre, c'est l'OMS qui nous donne ce chiffre, 4 200 000 décès
03:01prématurés par an dans le monde à cause de la pollution de l'air.
03:05Et puis, ces images très récentes qu'on a vues de New Delhi, des images de pollution.
03:11Je fais pas mal de footing et je voyais des gens qui couraient dans cette pollution.
03:16Je me disais, c'est le dernier truc à faire.
03:19C'est un phénomène en aggravation.
03:22Qu'est-ce qu'on peut en dire si on dézoome un peu, si on essaie de prendre un peu de
03:26hauteur ?
03:27En fait, ça dépend des pays et c'est lié aux mesures qui sont prises, aux dispositions
03:32qui sont prises.
03:33Je pense par exemple qu'en France, c'est plutôt en amélioration, notamment à Paris.
03:39Bien sûr, il faut toujours aller plus loin, mais là, c'est plutôt en amélioration.
03:43Par contre, dans des pays qui sont vraiment en développement, qui font leur révolution
03:46industrielle comme l'Inde, la Chine, ces pays-là, ce n'est pas simplement la révolution
03:51industrielle parce que vous parlez du smog, je pense, en Inde.
03:55C'est un phénomène assez local, mais qui met une sorte de chape de plomb et on ne se
04:05voit pas à 3 mètres.
04:06Pareil à Beijing.
04:08Je pense que c'est en aggravation peut-être dans ces pays-là.
04:10En Europe, plutôt, ça s'améliore par les mesures qui sont prises et les prises de
04:18conscience.
04:19En fait, tous les jours, il y a des nouvelles problématiques à regarder.
04:26Actuellement, c'est le méthane par exemple, avec toutes les usines de méthanisation qu'on
04:30crée un peu de partout dans les campagnes.
04:31C'est super, mais ça amène d'autres problématiques, notamment l'émission de méthane qui n'est
04:37pas un gaz très agréable.
04:39En fait, c'est une problématique qui va se poursuivre, mais en allant toujours plus
04:49loin.
04:50On va terminer en donnant plusieurs exemples des réalisations que vous pouvez faire.
04:55Un mot de l'Europe, nouvelle directive de l'Union européenne sur la qualité de l'air,
05:01est-ce que notre continent devient un peu mieux disant sur ces enjeux ?
05:05Clairement.
05:06Après, pas forcément suivi, mais clairement.
05:10Récemment, effectivement, il y a eu une sorte d'uniformisation des normes régionales,
05:17celle de l'OMS.
05:18En Europe, on a plutôt rabaissé même les seuils d'acceptation des pollutions.
05:24Avec une uniformisation, on est dans les différents pays.
05:27Donc, on est, je pense, avec les Etats-Unis, les deux régions qui sont les plus concernées
05:36et en avance sur les réglementations ou les directives.
05:42Les Etats-Unis, justement, parmi les réalisations des co-mesures, il y a un travail avec les
05:49écoles de Boston.
05:50C'est ça ? Racontez-moi.
05:51D'abord, aux Etats-Unis, on s'est intéressé depuis très longtemps.
05:54C'est une filiale qu'on a créée avant le Covid, en 2019.
06:00C'est un pays où on fait actuellement presque un tiers de notre chiffre d'affaires.
06:06Un des déploiements et réalisations majeures qu'on a fait aux Etats-Unis, c'est de mettre
06:11nos systèmes dans toutes les écoles publiques de Boston.
06:14Il y a 123 écoles à Boston qui sont un peu particulières parce que ce sont des vieilles
06:22écoles mal ventilées avec des vieux systèmes de ventilation, de chauffage ou autre.
06:28Il y a une vraie problématique de qualité d'air intérieure dans les écoles avec tous
06:33les lobbys où il s'est plégé, des parents qui se préoccupaient de la santé de leurs
06:39enfants.
06:40On a équipé toutes les écoles.
06:41C'était un des plus gros déploiements de la société, voire même dans notre secteur.
06:45Alors là, vous déployez quoi si on rentre dans le détail ?
06:49Dans le détail, on déploie dans toutes les classes, on met un capteur connecté de la
06:54qualité de l'air qui va mesurer les particules, le dioxyde de carbone et le monoxyde de carbone.
07:01Le dioxyde de carbone, ce n'est pas dangereux en tant que tel, c'est juste un indice de
07:08bien-être.
07:09Par contre, le monoxyde de carbone, le CO, c'est dangereux, c'est mortel.
07:14Il suffit qu'il y ait une mauvaise chaufferie, en sous-sol notamment, qui fait émaner des
07:19gaz et ça peut être dangereux pour les élèves.
07:20On mesure ces trois polluants, particules, dioxyde de carbone et monoxyde de carbone.
07:26On fait remonter les données sur une plateforme et elles sont mises à disposition du public.
07:31Je pourrais vous montrer l'application au cas où si on avait le temps.
07:35Elles sont mises à disposition du public.
07:36On est totalement exposé aux remarques des parents d'élèves, voire des professeurs
07:47ou autres.
07:48C'est sur des applications qu'on peut retrouver sur les webphones.
07:52Autre exemple, on a donné un exemple de collectivité, c'est une usine de cellulose au Chili.
08:00C'était quoi le défi à relever ?
08:02Là, c'est plutôt pour les employés.
08:06En fait, c'est toujours un double objectif.
08:08Pour les gens qui s'occupent d'extraire des minerais ou d'être dans une cimenterie
08:16ou dans une usine de cellulose.
08:18Pour les gens qui y travaillent, il faut quand même surveiller que ce n'est pas dangereux
08:22pour eux et pour les riverains autour de l'usine.
08:25C'est toujours ce double enjeu.
08:26C'est un déploiement qu'on a fait cette année au Chili parce qu'on exporte 70% de
08:33notre activité.
08:34On a déployé dans plus de 50 pays dans le monde.
08:36C'était pour à la fois le bien-être des salariés et l'information des résidents
08:47alentours.
08:48Je crois qu'il y a 15% du chiffre d'affaires d'écomesure qui est consacré à la recherche
08:52et le développement.
08:53Cela veut dire que vous continuez d'inventer ? C'est quoi les pistes d'innovation sur
08:58lesquelles vous travaillez aujourd'hui ?
08:59Déjà, si on n'invente plus, si on n'innove plus, on meurt.
09:02On est dans la tech.
09:03Il y a deux moteurs, c'est l'innovation et le développement international.
09:08Si on s'arrête sur un des deux, on est sûr de mourir à terme.
09:12Là, on investit énormément dans la R&D.
09:17Actuellement, ce n'est pas pour suivre les modes, mais on a depuis trois ans lancé un
09:21programme pour développer des algorithmes à base d'intelligence artificielle.
09:25En 2025, pour rentrer un peu dans le détail technique, les données qui viennent de nos
09:32capteurs sont retraitées après par des algorithmes jusqu'à présent des algorithmes traditionnels.
09:37Là, ce sont des algorithmes basés sur l'intelligence artificielle, donc des modèles qu'on a créés
09:40nous-mêmes et qui augmentent les données de façon à les rendre extrêmement fiables,
09:46extrêmement précises.
09:47C'est l'axe principal de recherche.
09:54Merci beaucoup Damien Pelletier.
09:56Bon salon Polytech.
09:57A bientôt.
09:58Merci beaucoup.
09:59Merci.
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