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  • il y a 2 ans
Investissements en élevage

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Transcription
00:00...
00:07Bonjour, bienvenue à tous.
00:08On va parler aujourd'hui de financement,
00:11des investissements dans les exploitations agricoles
00:13dans un contexte qui évolue beaucoup ces dernières années.
00:18Je vais en parler avec Michael Leneuzer. Bonjour.
00:19Bonjour.
00:20Vous êtes directeur adjoint en charge du marché
00:22des professionnels à Banque Populaire.
00:23Tout à fait.
00:25Alors, justement,
00:26on va parler un petit peu d'élevage, par exemple.
00:28Les quotas laitiers laissent place aujourd'hui
00:31à des contrats laitiers,
00:34par définition, à contrats déterminés.
00:37Est-ce que ça change l'appréhension,
00:40pour une banque, des dossiers de financement des agriculteurs ?
00:44Alors, ça change juste une chose,
00:45c'est que jusque-là, le regard qu'on portait
00:47sur une exploitation laitière,
00:48puisque vous parlez de ça, Arnaud,
00:49c'était justement de regarder...
00:50On avait une certaine lecture assez facile de l'exploitation,
00:53puisque finalement, on se disait que,
00:54sauf à ce que l'agriculteur ne remplisse pas son quota,
00:57on avait une certaine sécurité à la fois sur le volume produit
01:00et parfois aussi sur le prix,
01:01même si les prix ont pu bouger dans le temps.
01:03Donc demain, en fait, notre lecture,
01:04elle doit être sur 2 choses.
01:06Elle doit être sur la lecture, évidemment, de ce qui est produit.
01:08Et là, en fait, sans quota, ça veut dire que...
01:10C'est la capacité de l'exploitation à remplir
01:12et à optimiser son rendement.
01:14Et puis derrière, le prix, le contrat
01:16dans lequel l'agriculteur va fournir à la COP laitière
01:19ou à l'entreprise laitière son lait.
01:21Justement, vous parlez de prix, la volatilité des prix.
01:23Est-ce que c'est une donnée qui est également intégrée,
01:25que la volatilité est un peu supérieure aujourd'hui ?
01:29On n'a pas le choix que de l'intégrer,
01:31puisque derrière, c'est le remboursement des crédits
01:33qu'on met en place pour les exploitants qui est en jeu.
01:35Donc quand on entre sur une exploitation,
01:37en général, on ne met pas un ticket de 10 000 euros.
01:39C'est parfois quelques centaines de milliers d'euros qui sont mis.
01:42Donc ça veut dire que notre intérêt, comme celui de l'exploitant,
01:44c'est que les choses se passent le mieux possible.
01:46C'est pour ça que faire face aux aléas,
01:48c'est forcément mettre en place des systèmes de prêts modulables,
01:53de report d'échéance pour faire en sorte
01:55que tout ça se passe dans la meilleure liaison possible
01:58avec le conseiller, la banque et le client, forcément.
02:01Il y a une autre évolution qui concerne tous les agriculteurs,
02:04c'est la réforme de la PAC,
02:06avec des aides du 1er pilier qui sont en tendance baissière
02:10et des aides du 2e pilier qui sont davantage contractuelles
02:15et donc moins pérennes.
02:17Est-ce que c'est une donnée que vous intégrez également ?
02:20Tout ce qui entraîne une incertitude
02:24est forcément regardé par la banque,
02:26puisqu'en fait, la survie même d'une exploitation
02:29est liée aux certitudes qu'elle a
02:30sur le fait qu'elle va encaisser chaque année un certain nombre de primes.
02:33Par exemple, sur les prime PAC,
02:34c'est vrai que, traditionnellement,
02:36toutes les banques, la Banque populaire en particulier aussi,
02:39ont tendance à dire qu'on finance 90% de la prime PAC certaine
02:44chaque année pour les avances de trésorerie.
02:46Evidemment, si ce volume baisse,
02:48ça veut dire que derrière, il va falloir abaisser d'autant
02:51cette lecture et donc trouver d'autres critères de lecture
02:54pour continuer à financer la trésorerie,
02:55puisque c'est pas parce que la prime PAC baisse
02:57que le besoin de trésorerie d'entreprise est moins fort.
03:00Au contraire, c'est la même chose.
03:01Donc ça veut dire que quand on dit 80% de 100, ça fait 80.
03:04Si on fait 80% de 80, c'est forcément moins.
03:08Et du coup, la lecture, c'est le contrat,
03:10le cadre contractuel dans lequel l'exploitation va tourner
03:13pour mettre en place le besoin et le fonds de roulement
03:16nécessaires pour que la trésorerie soit assurée
03:18et que l'exploitation ne connaisse aucun problème
03:20de paiement de fournisseurs, de trésorerie
03:23et de mise en culture, si elle a fait des mises en culture,
03:25de traitement des animaux, s'il y a besoin de traitement
03:26pour les animaux, etc.
03:27Donc c'est vraiment cette lecture-là un peu plus profonde
03:30de l'exploitation qui doit être faite aujourd'hui,
03:32alors qu'avant, j'avais tendance à dire
03:33qu'on avait peut-être une lecture un peu simple
03:35parce qu'il y avait plein de certitudes
03:37autour de l'exploitation.
03:38C'est une expression qu'on a abordée
03:40en préparant cette émission.
03:42Finalement, on arrive, avec toutes ces évolutions-là,
03:45à une fin de l'exception agricole, entre guillemets,
03:47par rapport aux autres secteurs d'activité que vous financez.
03:49Oui, on en a parlé, effectivement.
03:51Je pense que, effectivement, c'est la fin d'une exception.
03:53L'exception, c'était ce fait qu'une activité,
03:56en tout cas agricole, il y avait un cadre
03:59dans lequel il y avait une certaine certitude
04:01autour du montant des primes,
04:02autour du chiffre d'affaires un peu provisoire
04:05ou probable qu'on pouvait faire.
04:06Contrairement à toutes les activités, je dirais,
04:08plus commerciales ou du monde de l'entrepreneuriat
04:10au sens large,
04:12puisqu'aujourd'hui, quand vous ouvrez un magasin,
04:14il y a personne qui dit que vous allez pousser la porte
04:16et notre magasin va peut-être avoir personne à passer la porte.
04:19Donc ça veut dire que ça, c'est des données qu'on intègre,
04:21puisque, en tout cas pour ma banque,
04:23on est extrêmement exposé sur le monde entrepreneuriat,
04:25parce qu'on a plus d'un million d'entrepreneurs clients.
04:27Donc ça veut dire qu'on a une certaine habitude là-dessus.
04:28Donc ça ne changera pas la lecture
04:30ou le financement des exploitants.
04:31Et je pense que ça, il faut l'affirmer.
04:33Par contre, en termes de lecture,
04:35ça veut dire qu'on va mettre en place des systèmes
04:37pour comprendre davantage le mode ou le cadre
04:40dans lequel l'exploitation fonctionne.
04:42Donc l'agriculteur qui va être soumis,
04:44qui va avoir maintenant un contrat laitier,
04:46qui va être soumis à davantage de volatilité,
04:49qui va avoir des ZPAC qui vont évoluer
04:51avec une lisibilité, une visibilité un peu moins importante,
04:55l'agriculteur, il ne faut pas qu'il s'inquiète
04:57sur ses projets d'investissement et de financement ?
05:00Je pense qu'il n'y a aucune personne
05:03qui emprunte avec plaisir en ayant des incertitudes.
05:07Ca, c'est une donnée évidente,
05:08parce que je ne connais aucun entrepreneur qui se dit
05:10que je vais emprunter alors que je n'ai aucune sécurité
05:12sur mon chiffre d'affaires.
05:14Donc ça veut dire que l'inquiétude, elle existe,
05:15il ne faut pas la nier, elle est évidente,
05:17parce qu'à partir du moment où on quitte un cadre
05:19dans lequel on était un peu sécurisé,
05:21où il y avait des coussins et des amortisseurs qui existaient
05:23et que ces amortisseurs n'auraient plus existé,
05:25forcément, ça provoque un certain aternouement
05:28et il est logique.
05:29Après, par rapport au métier de lecture
05:31qu'on a tous les jours,
05:33dans nos activités de financement de l'industrie,
05:37du commerce, de l'artisanat au sens large,
05:40ces paramètres-là, on sait les jauger,
05:42puisque sinon, on n'existerait plus.
05:44Donc ça veut dire qu'on est capable de regarder un peu tout ça
05:47pour faire en sorte que l'activité de notre emprunteur
05:51continue à être financée
05:52dans un cadre le plus logique et le plus certain possible.
05:56Mickaël Lenozet, merci.
05:57Merci.
05:58Et je vous invite à retrouver davantage d'informations
06:00sur le financement des matériels et des exploitations
06:03sur ternet.fr.
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