- il y a 3 mois
Table ronde sur la décarbonation du secteur grandes cultures, enregistré à Innovagri Outarville, le 3 septembre 2025.
Avec :
Thomas Monville, manageur Innovations et transition agronomique d'Axéréal;
François Vanier, agriculteur et cofondateur de la startup N-Vert visant à produire de l'engrais azoté à la ferme.
Avec :
Thomas Monville, manageur Innovations et transition agronomique d'Axéréal;
François Vanier, agriculteur et cofondateur de la startup N-Vert visant à produire de l'engrais azoté à la ferme.
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Bonjour à tous bienvenue sur ce plateau à innovagri nous allons parler pendant 30 40
00:13minutes de la décarbonation du secteur grande culture alors la stratégie carbone et l'enjeu
00:22carbone en agriculture est très important l'agriculture est le deuxième secteur le
00:28plus émetteur le secteur d'activité le plus émetteur derrière derrière les transports
00:34et devant juste devant l'industrie avec 19% à peu près des émissions nationales donc c'est
00:43un enjeu c'est un enjeu que les acteurs on va le voir les acteurs agricoles les agriculteurs ont pris
00:50à bras le corps depuis quelques années maintenant une stratégie bas carbone a été élaborée définie
00:57il ya maintenant six ans avec un label du même nom en grande culture il ya une méthode grande
01:06culture du label bas carbone qui a été approuvé il ya quatre ans et qui commence à porter quelques
01:11fruits avec de nombreux projets on y reviendra qui sont qui sont en cours parmi ces projets il
01:20ya des démarches alors collective et individuelle on va le voir pour en parler j'ai invité d'abord
01:26thomas monville bonjour bonjour alors vous êtes responsable agronomie j'ai lu manager innovation et
01:33transition agronomique chaque céréales c'est bien ça c'est exactement ça je suis depuis maintenant
01:392004 dans la coopérative et après différents postes ça fait en effet cinq ans où je suis responsable de
01:43l'agronomie ça veut dire les activités d'expérimentation en clair la r&d la diffusion de
01:49l'information agronomique au travers d'une équipe d'agronomes et donc de comment on transmet cette
01:53connaissance auprès des de l'interne et des agriculteurs et aussi la partie digitale donc
01:57les outils qui viennent à aider les bonnes décisions sur les exploitations on va y revenir
02:03j'ai à mes côtés françois vanier bonjour bonjour alors vous êtes agriculteur en neurel loire à varize
02:13c'est bien ça sur une exploitation de grandes cultures 150 hectares avec différentes productions
02:19céréales oléopro légumineuses etc en agriculture de conservation oui depuis 20 ans effectivement on
02:27non-labour avec des chômages superficiels et en gré vert dès que possible je voudrais revenir un petit
02:33peu sur les stratégies collectives qui se mettent en place suite à la stratégie nationale de réduction
02:38des émissions de gaz à effet de serre en agriculture et parmi elles il y a la stratégie d'axe aréal qui
02:45est engagée depuis quelques années est ce que vous pouvez déjà de nous en dire un petit mot depuis
02:51quand cette stratégie a été mise en place et en quoi enfin comme comme comment elle se concrétise
02:58concrètement donc on va refaire en effet un peu d'histoire bon déjà la raison d'être d'axe céréales
03:04c'est bien d'aller chercher des opportunités de création de valeur pour qu'on puisse redescendre
03:08auprès des agriculteurs c'est bien ça notre notre raison d'être en tant qu'organisme stocker
03:13et alors si le socle autour de la transition était plutôt sur les notions d'agriculture durable pendant
03:18les années 2000 2010 à partir de 2020 s'est ouvert des opportunités au travers du carbone les premières
03:26démarches qui se sont déployées ce sont notamment les filières bas gs qui étaient sur le secteur des
03:31agrocarburants ou la des filières rémunérait le fait que des agriculteurs engagent des pratiques qui
03:37réduisaient les émissions de carbone qui se retrouvait par des primes filières pour notamment
03:43des filières en colza et en tournesol donc ça c'est 2020 ça a été le la première marche une année
03:50plus tard on s'est engagé sur des démarches carbone certifié ça veut dire quoi ça veut dire que
03:54l'exploitation agricole fait un diagnostic de son bilan carbone et s'engage à réduire son bilan
04:00carbone et chaque année elle perçoit des revenus complémentaires qui sont corrélés à l'amélioration de
04:06son bilan carbone chaque année donc ça c'est 2021 et on a assez rapidement compris aussi que le sujet
04:12carbone c'était pas que le sujet de l'agriculteur c'était pas que le sujet de l'organisme stocker
04:16c'est aussi le sujet de l'aval puisque eux aussi ont des obligations en termes de réduction d'empreintes
04:23carbone donc c'est un sujet qui nous qui fait converger l'ensemble des maillons de la filière ça c'est
04:28le premier point et le deuxième point c'est que la transition ce n'est pas que le carbone d'où le
04:33fait qu'on parle maintenant d'agriculture régénérative puisqu'on parle certes des
04:37émissions mais le bilan carbone c'est aussi ce qui se passe sous nos pieds dans le sol et il ya
04:41aussi une démission de l'impact environnemental et donc on élargit un peu le spectre du carbone
04:45par le concept d'agriculture régénérative et ça donc ça a fait l'objet de l'évolution de notre
04:49référentiel de production cultive up qui est devenu cultive up régénératif en 2024 ce qui fait qu'à
04:55date pour donner quelques chiffres c'est aujourd'hui 1500 agriculteurs qui ont validé cultive up régénératif
05:00l'année dernière et ce sont 500 agriculteurs qui se sont engagés dans des démarches carbone
05:05certifiées ça veut dire qu'aujourd'hui l'agriculture régénérative parmi les co bénéfices on va appeler
05:11ça comme ça de l'agriculture régénérative qui sont qui est mise en place qui est développé il ya
05:17la partie carbone qui intègre ses co bénéfices mais pas seulement ça en effet c'est pour ça que
05:22parfois on parle de d'agriculteurs bas carbone d'agriculteurs de conservation donc tout ça est assez je peux pas dire
05:29entre mêlées mais il ya des socles communs en tout cas et si le sujet du carbone fédère beaucoup
05:35d'acteurs ça nous a semblé important d'élargir le spectre parce que pour l'agriculteur d'ailleurs il
05:41ya une notion d'émission certes mais il ya aussi une notion de stockage dans le sol et ça ça se veut
05:47aussi être un projet agronomique au départ c'est à dire que l'agriculteur qui engage ce changement de
05:52pratique certes il va aller chercher des valeurs supplémentaires au travers des filières des certificats
05:56carbone mais ce qu'on vise à faire et ce qui d'ailleurs se retrouve pour beaucoup dans des
06:00stands qu'on voit aujourd'hui c'est bien qu'il ya une démarche agronomique qui vise à développer
06:04un système qui soit plus résilient dans le cas du changement climatique parce que améliorer le
06:08stockage de carbone c'est améliorer son taux de mode organique et donc c'est d'avoir une façon de
06:14tamponner les aléas climatiques qui sont la première source de stress abiotique et donc de réduction des
06:19rendements sur le territoire la stratégie bas carbone à travers l'agriculture enfin le projet d'agriculture
06:24régénérative chaque céréales est ce que vous avez une de base une cartographie des émissions
06:31des émissions de vos adhérents et et après ça un objectif de réduction j'imagine parce que vous
06:39avez une vision d'ensemble au départ on peut partir d'un état des lieux qui est celui des
06:43exploitations qui se sont engagés dans les démarches carbone certifié dont je vous ai parlé de 500 pour
06:48donner une dynamique on était à 250 l'année dernière donc on a multiplié par deux le nombre d'agriculteurs
06:53qui se sont engagés dans ces démarches là sur un an sur les diagnostics ont pu être réalisés à ce
06:57jour globalement la photo c'est que les émissions sont à hauteur de 2,7 tonnes de co2 par hectare et
07:02par an et on a globalement ce qui se passe dans le sol plutôt une dynamique de stockage de 0,9 tonnes
07:08de co2 ça c'est des moyennes après si on si on veut regarder aussi ce qui s'est passé et je pense
07:14que c'est important parce que on a tendance à simplifier le sujet du carbone en agriculture dans
07:19les grandes cultures au sujet de l'azote ce n'est quand même pas que ça là quand on parle que des
07:24émissions donc en effet 90% des émissions proviennent de l'azote ça il n'y a pas de débat par contre faut
07:29regarder ce qui se passe sous nos pieds le stockage de carbone et en fait quand on regarde depuis 15
07:37ans la dynamique de matières organiques dans nos sols en 15 ans on a perdu 0,4 points de matières
07:41organiques donc on est plutôt dans on était dans une dynamique de déstockage de carbone dans nos sur
07:48nos exploitations donc faut pas oublier qu'il ya bien deux leviers sur lequel on va chercher à agir sur
07:52les exploitations c'est comment on vient réduire l'impact de l'usage de l'azote mais c'est aussi
07:57comment on équilibre un bilan humide j'entends que c'est aussi des thématiques assez fréquentes juste
08:01en face puisque l'objectif c'est bien d'améliorer le bilan humide de davantage restituer que ce qui se
08:06minéralise chaque année et ça c'est un vrai enjeu c'est ce qui fait que quand on parle d'une agriculture
08:11bas carbone on parle d'azote mais on parle aussi de couverts on reviendra avec vous sur les leviers
08:15son vanier vous pourquoi vous vous êtes intéressé à oublier à l'empreinte carbone de votre exploitation
08:22alors c'est dans le cadre de ma coopérative avec bon zanis le bon zanis réfléchissait à faire une
08:31filière bas carbone et donc on a fait un bilan carbone sur l'exploitation sur la mienne et puis surtout
08:36chez d'autres agriculteurs en céréales vous produisez du blé dur du blé dur blé dur après
08:41je fais du maïs de l'orge puis après je fais des pois potagers des haricots de haricots secs d'accord
08:47mais en céréales que blé dur pas de blé tendre ni d'orge divers et et donc en faisant ce bilan en
08:55comparant avec avec d'autres agriculteurs qui étaient en labour je me disais que mon bilan
08:59est meilleur parce qu'effectivement j'avais des engrais verts et au final pas tant que ça parce que comme je fais
09:05que du blé dur avec le blé dur c'est la céréale qui demande le plus d'azote j'avais une quantité
09:10d'émissions de co2 qui était assez élevé quand même et c'est là que je me suis rendu compte que 80
09:1590% effectivement des émissions sont de co2 en grande culture sont dues à l'utilisation des
09:20engrais azotés et c'est comme ça que m'est venue l'idée de chercher à produire de l'engrais azoté
09:26décarboné alors on va y revenir mais et avant ça qu'est ce que vous aviez mis déjà en place sur
09:30votre exploitation alors vous avez dit que vous aviez abandonné le labour depuis de nombreuses
09:35années mais quel levier principaux leviers vous aviez mis en place donc là moi je suis agriculteur
09:41donc dans les vallées de la conie en argile calcaire très superficielle donc ça fait 20 ans que j'ai eu un
09:48peu plus de 20 ans que j'ai arrêté de labourer pour éviter de ramasser des pierres c'est la première
09:51raison et puis ensuite rapidement je me suis rendu compte que en implantant les engrais verts ça permettait de
09:57protéger le sol durant l'hiver ça permettait d'avoir une meilleure structure et puis également
10:02ben ça ont capté ont gardé l'azote dans le sol plutôt qu'un part vers les nappes et puis ça
10:09permettait d'avoir plus de fertilité plus d'engrais disponibles pour le plus d'azote disponible pour
10:13les années suivantes donc j'ai diminué la travail la profondeur de travail du sol j'ai implanté des
10:20engrais verts et puis comme ça j'ai remonté mon taux de matière organique j'étais en moyenne à 2,4% il y
10:26a quand mon père a arrêté et maintenant je suis à 3,2 donc j'ai remonté presque d'un pour cent et
10:34donc je vois maintenant que je peux faire des économies d'intrants lorsque je fais mes reliquats au
10:39printemps et que donc on me préconise 150 ou 200 kg d'azote en maïs j'en mets 30 ou 40 de moins et ça va
10:48très bien parce que maintenant le sol fournit de l'azote en plus grande quantité qu'avant et mes apports
10:54qualité en blé dur c'est le sol qui me l'est fait je garde pas d'azote pour faire mon apport qualité
11:00c'est le sol qui le fait donc s'il fait chaud si il fait humide ou si j'arrose il ya une minéralisation
11:05qui se met en place et donc j'ai des blés durs qui sont à 15 16 de protéines avec 1 75 qu'un taux de
11:13rendement cette année donc maintenant ça marche ça marche plutôt bien chez accès le réel j'en va
11:20revenir sur votre projet un françois vanier j'ai juste après thomas manville comment vous concrètement
11:26comment ça se passe comment vous accompagner un agriculteur de la coopérative qui se dit bon ouais
11:32ok réduire les intrants parce qu'il ya la dimension économique aussi qu'il faut qu'il faut à prendre en compte
11:41comment vous accompagnez concrètement un adhérent alors déjà ce qui est intéressant de regarder
11:47aussi c'est la dynamique et l'écouté des agriculteurs sur ces sujets là si on prend le film là aussi il
11:52ya quatre cinq ans parler du carbone c'était un peu un sujet qui est qui qui avait peu de résonance
11:57et on voit bien qu'en deux trois cinq ans comment c'était nouveau c'était c'était nouveau tout à fait
12:02et puis c'est un sujet qui peut rapidement être complexe et il y avait un vrai sujet aussi de vulgarisation et
12:07d'intégrer ça non pas comme une contrainte de dire c'est encore quelque chose que je vais redéclarer
12:11auprès de l'administration et ok ça peut me permettre de chercher de la valeur mais mais derrière ça c'est
12:16plutôt un sujet agronomique que vous l'avez très bien exprimé c'est que ça vise à créer des
12:20co bénéfices agronomiques et ça amène à repenser le la structure de l'exploitation tout au moins les
12:27les pratiques donc déjà il ya une vraie évolution de l'écouté sur ce sujet là auprès des exploitations
12:33c'est pour ça que quand au départ on a plutôt été voir des pionniers qui avait déjà engagé et a
12:39refondu leur leur approche agronomique derrière il a fallu aller voir des exploitations qui était
12:44peut-être un peu moins engagé et donc c'est là où il ya deux trois ans en effet il y avait un vrai
12:48travail de pédagogie maintenant le sujet carbone tout le monde en connaît les grands principes et
12:53les agriculteurs sont plutôt même en attente d'ailleurs de propositions sur ces sujets là ce qui
12:56est plutôt déjà une bonne dynamique après comment ça se passe l'agriculteur manifeste son intérêt sur
13:01ces filières et sur cette sur ces démarches de pouvoir aller améliorer son bilan carbone et
13:08générer des revenus associés et donc dans ce cadre là ça commence par un diagnostic donc
13:12chez accès réel on s'appuie sur le deux méthodes de calcul parce que vous avez fait écho à celle du
13:18label bas carbone mais donc deux cohabitent en france et on voit aussi que l'aval selon les marchés
13:25qu'adressent les clients ils peuvent être plus ou moins demandeurs de l'une ou des deux méthodes
13:28en clair l'une est plus internationale donc des clients qui adresse des marchés à l'export ou qui
13:34sont qui sont même basé à l'étranger vont plutôt les chercher cette méthode internationale et les
13:39marchés français vont plutôt demander le label bas carbone donc aujourd'hui d'ailleurs c'est un peu
13:42une contrainte pour nous mais on doit cohabiter avec ces deux méthodes et on s'appuie sur des
13:46mandataires qui viennent faire les diagnostics auprès des exploitations commence à identifier et
13:50travailler que les agriculteurs sur justement les changements de pratique qu'ils envisagent de
13:53faire et à ce stade dès lors l'agriculteur c'est à peu près là où il va aller en termes de génération
13:58de crédit ou de certificat et la valeur qu'il va aller chercher au travers de ces changements de
14:02pratique et en complément de ça puisque en fait les crédits ou les certificats globalement ne ne
14:08participent pas à 100% de la transition des coûts de transition donc c'est la raison pour laquelle il
14:13nous faut trouver d'autres sources de valeur et c'est la raison pour laquelle on travaille avec des
14:17clients à l'aval qui viennent nous accompagner à structurer des filières générer des revenus
14:21complémentaires aux crédits et certificats pour que à date sur une exploitation qui est engagée en
14:27carbone chez nous sur 200 hectares c'est à peu près 7500 euros de revenus qui proviennent à la
14:32fois des crédits ou certificats carbone et des filières qui sont complémentaires à cela alors vous
14:37avez tous les deux évoquer la question de l'azote qui est pas le il n'y a pas que l'azote mais il ya
14:44quand même l'azote qui est une problématique importante sur l'exploitation et c'est un peu vous votre
14:50principale problématique sur votre exploitation aujourd'hui les engrais azotés la décarbonation
14:57des engrais azotés et vous est venue une idée vous allez l'expliquer un petit peu en détail mais
15:03pour vous la solution ce serait de relocaliser à la ferme la production d'engrais azotés déjà
15:10expliquez nous pourquoi arriver à cette idée à cette idée là et bien donc c'est suite à ce diagnostic avec
15:17panza ni je disais pas ce sont là les engrais azotés la base c'est l'ammoniaque et l'ammoniaque
15:24nh3 c'est une combinaison d'azote de l'air et l'hydrogène l'hydrogène il y en a plein dans l'eau
15:31pourquoi pas l'utiliser pour combiner avec la avec azote et puis faire l'ammoniaque et faire les
15:38engrais azotés et donc le problème de la de ces gaz à effet de serre émis par les engrais c'est
15:45qu'actuellement je sais pas oui on peut passer là vous êtes venu avec une slide donc attend que ça
15:54arrive actuellement pour faire les engrais azotés l'industrie donc ça c'est la start-up que j'ai créé
16:02donc et puis donc voilà donc pour faire l'ammoniaque le nh3 donc il faut de l'hydrogène et l'azote
16:08l'azote il est à 78% dans l'air ça c'est gratuit tout le monde le prend c'est nickel sauf que pour si
16:14on peut appuyer une nouvelle fois alors c'est nous qui allons appuyer ça c'est le projet bref donc je
16:21vais revenir sur l'autre donc le pour faire cet ammoniaque actuellement on utilise un procédé
16:27qui s'appelle le procédé haberboche qui combine par thermocatalyse donc c'est un four qui monte à
16:33500 degrés à 300 bars de pression donc ça demande beaucoup d'énergie pour arriver à associer l'azote
16:40et l'hydrogène et l'hydrogène actuellement les industriels le prennent dans le méthane donc le
16:46ch4 il casse la molécule de méthane et pour récupérer 4 kg d'hydrogène on émet 44 kg de co2
16:53c'est ce qui fait que l'engrais azoté génère 80 90% des émissions de l'agriculture et ensuite avec
17:01cet ammoniaque par différents procédés on fait de l'urée on fait de la mode nitrate d'ammonium ou de
17:07la solution azotée et donc mon projet c'est en utilisant aller on peut revenir
17:13c'est donc en utilisant de l'énergie solaire ah bah voilà c'était tout le hockey de l'explication
17:23voilà ok donc ça vous l'avez vu et donc c'est 200% des gaz à effet de serre mondiaux sont dus
17:29uniquement à la production de l'ammoniaque et en gros c'est une tonne par hectare si vous
17:32appuyez encore un petit clic voilà deux tonnes de co2 par hectare si on combine à l'épandage et
17:38voilà et donc mon projet c'est d'arriver à mettre une installation qui produise de la
17:44solution azotée dans un conteneur de le placer de le placer à côté d'un hangar agricole sur
17:50lequel vous avez des manos solaires on a un système de stockage de l'énergie électrique en énergie
17:56cinétique merci donc pour avoir de l'énergie électrique toute la toute la journée 24h sur 24 et
18:11donc juste en utilisant l'azote de l'air et l'énergie solaire on peut arriver effectivement
18:15à faire les engrés azotées souhaitées et donc grâce à des procédés qu'on est en cours de
18:23développement avec le cnrs de poitiers et que ciova de grenoble donc juste en utilisant
18:27l'azote de l'air et l'eau puisque dans dans l'eau vous avez l'hydrogène et l'oxygène nécessaires
18:32à faire toutes ces molécules ça paraît simple mais concrètement la technologie n'existe pas
18:39encore alors on pourrait très bien le faire avec les technologies actuelles donc c'est à dire
18:44que pour avec le procédé haberboche et avec le procédé oswald pour faire ensuite le nitrate
18:49d'ammonium suffit de réduire le dispositif on serait bien plus cher que que yara ou les autres
18:58fabricants et on n'aurait pas le meilleur bilan carbone si on veut vraiment utiliser le moins
19:06d'énergie possible il faut que donc on là on est engagé pour aller sur la électro catalyse à basse
19:13température donc la température ambiante qui offre le procédé le plus doux le plus simple et le
19:20moins risqué pour l'exploitation pour éviter de monter en température justement sur les différents
19:26procédés sur les autres procédés tout à fait et ces technologies d'après les chercheurs avec qui
19:31je travaille serait propice à des petites unités les anciennes technologies donc haberboche avec un gros
19:38four avec la température marche très bien pour faire 5000 tonnes par jour et donc là pour faire
19:44200 kg parce qu'en gros pour produire l'azote nécessaire un agriculteur il faudrait arriver à
19:48faire 200 kg de nitrate d'aménium par jour et donc avec ces nouvelles technologies par l'électro catalyse
19:54ça serait adapté effectivement à des petites unités et donc là on n'y aurait pas forcément d'intérêt à avoir
20:00des gros des grosses unités comme comme actuellement chez yara chez boréalis ou autres et donc là on pourrait être
20:05concurrentiel et un dispositif comme celui-là générer quoi zéro zéro émission en production
20:12zéro gaz à effet de serre hormis l'installation et la fabrication de l'installation voilà et donc
20:20mon objectif c'est d'arriver à fournir aux agriculteurs une installation garantie 15 ans pour
20:26leur pourquoi pendant 15 ans ils aient une unité d'azote à 2 euros on était à 2 à 1 euro en 2000
20:362019 on est passé à 3 euros pendant la guerre en ukraine et donc mon objectif c'est d'arriver à
20:43fournir une utilité d'azote à 2 euros et le prix de l'engrais n'est pas amené à baisser
20:48durablement mais c'est malheureusement en plus avec les taxes qu'ils ont mis qui veulent encore
20:52augmenter ça risque malheureusement de monter votre projet comment vous le concrétiser comment
20:58vous avancez vous êtes vous avez créé cette start-up envers qui est hébergé à château d'un
21:03donc je suis donc je suis incubé au champ du possible qui est donc un incubateur à château d'un donc sur
21:12le site du lycée agricole de nermont donc c'est un village crédit agricole un village baissa et donc
21:18qui m'accompagne et puis donc j'ai eu des bien un financement de la banque publique d'investissement
21:23on va déposer avec le CNRS de poitiers un projet de financement à l'anr l'agence nationale de
21:29recherche pour avoir une un financement de 400 mille euros en gros pour les quatre ans qui
21:35viennent pour notre partenariat et puis donc on va travailler également avec le cea et donc demain
21:40je rappelle un chercheur enfin un docteur en chimique du jeune diplômé pour lui proposer de
21:47l'embaucher pour pour m'aider à suivre et à monter le projet en puissance vous vous cherchez
21:55j'imagine qu'il faut des financements pour pour développer tout ça vous êtes aidé financièrement
22:01par la bpi par la french tech tremplin donc là j'ai j'ai eu 70 mille euros dessus de financement là
22:06pour l'instant et puis donc on va chercher donc je sais à l'anr du financement à la région également
22:13mais pour l'instant la recherche c'est c'est pas ce qui coûte le plus cher je suis tombé avec des
22:20chercheurs qui sont qui ont des exigences assez modestes et donc ça se passe très bien par contre
22:26quand on voudra commencer effectivement à monter un prototype pour faire une expérimentation réelle là
22:33c'est là qu'il va falloir effectivement quelques millions oui et on verra à ce moment là pour l'instant
22:38on est dans la recherche on veut développer une je pourrais très bien créer une installation avec
22:44les procédés actuels suffit d'avoir un scientifique en génie des procédés pour remonter les éléments les
22:51uns avec les autres ça c'est pas le problème puisque il ya les américains qui vendent déjà
22:54des containers pour faire de l'ammoniaque donc après suffit de continuer mais on veut vraiment créer
23:00une nouvelle nouvelle façon de produire en langue azotée de manière plus économe ce type d'initiative
23:10thomas monville c'est ça ça pourrait être intéressant pour pour des structures coopératives comme accès réel
23:16ou d'autres on l'a évoqué tout à l'heure le sujet des émissions c'est principalement l'azote et donc
23:21bien évidemment que les les premiers les premières actions c'était de regarder comment est ce qu'on
23:25pouvait mieux utiliser l'azote et et voir comment on pouvait trouver des solutions à ce que il ya
23:31un facteur d'émission qui soit réduit quand on utilise de l'azote et et ça c'est important parce
23:37que quand on regarde donc il ya plusieurs initiatives qui sont proposés aujourd'hui sur le marché et pour
23:43autant quand on regarde les leviers qui sont aujourd'hui employés par les agriculteurs quand
23:46ils s'engagent dans des démarches bas carbone le sujet de l'azote est pas encore majoritaire j'ai l'expliqué
23:52par deux points le premier déjà c'est que je vous disais que le bilan c'est une somme d'émissions
23:57et de ce qui se passe dans le sol et donc le sujet découvert aujourd'hui est le premier levier qui est
24:02adopté par les agriculteurs parce qu'il a aussi une contribution assez significative sur le bilan
24:06carbone même s'il vient pas réduire les émissions il vient pour autant compenser une partie et c'est
24:11peut-être le plus facile le plus facile à activer tout à fait exactement et d'ailleurs c'est le premier
24:17vous avez mis en place aussi sur votre exploitation et qu'à d'autres effets agronomique le deuxième
24:24levier c'est qui est le moins onéreux et le plus facile à mettre en place aussi c'est utiliser des
24:30formes d'azote qui sont les moins volatiles donc en clair quand j'en ai pas 150 est ce que mes 150
24:35sont bien utiles et sont bien captés par la plante donc ça c'est le deuxième levier qui est utilisé par
24:40les agriculteurs qui est là aussi assez facile de mise en place le troisième c'est revoir son
24:46assolement alors vous évoquez alors le blé dur qui fait partie des espèces qui en effet sont le
24:50plus consommatrice d'azote donc l'introduction de légumineuses participe à réduire l'empreinte
24:54carbone de l'exploitation il en demeure pas moins qu'on a des filières à prévisionner l'empreinte
25:00mais pas forcément le bilan le bilan c'est bien enfin oui mais quand vous regardez une légumineuse
25:07certes elle restitue moins mais le fait de mettre zéro unité d'azote globalement la balance est quand
25:12même assez positive pour les légumineuses et le troisième c'est le quatrième c'est l'usage des
25:17organiques et derrière ça je vous ai pas cité du coup de solution de d'engrais avec production verte
25:24il ya deux notions à cela la première c'est que tout à l'heure quand on disait que les émissions
25:29c'est 90% lié à l'azote produire un engrais de façon verteuse donc l'acte de production
25:37représente un tiers des facteurs d'émissions liés à l'azote peut-être 40% parce que les deux tiers
25:44sont liés au fait que quand on épandre l'azote dans le sol ça génère du protoxyde d'azote dans la
25:50transformation de l'azote jusqu'à la forme qui est utilisée par la plante et le protoxyde d'azote
25:54c'est je crois 268 fois une molécule de co2 voilà donc c'est pour ça qu'il ya bien les deux facteurs
26:00qu'on doit aller chercher à optimiser c'est bien comment on trouve des façons de produire de
26:05d'améliorer les émissions liées à la production mais c'est aussi limiter les pertes par protoxyde
26:10d'azote et là il ya aussi des inhibiteurs qui sont des solutions pour ralentir le processus de
26:14transformation de l'azote dans le sol et donc limiter ces pertes par par des nitrifications et
26:20donc ça c'est le premier facteur d'explication c'est quel est le bénéfice carbone qu'on va aller
26:25chercher quand on achète un engrais qui est produit par des énergies vertes comme du photovoltaïsme
26:30le deuxième c'est qu'on est en attente aussi des évolutions du label bas carbone parce qu'aujourd'hui
26:35il ya un facteur d'émission qui est inhérent au produit quelle que soit la façon dont il est fabriqué
26:40donc on est en attente et c'est à venir mais aujourd'hui on attend de pouvoir intégrer les
26:45acv donc les cycles de vie de production des engrais pour intégrer la réalité des émissions qui sont
26:51liées à chaque façon de produire donc aujourd'hui nous n'étions pas dans la possibilité mais combien
26:57même on achetait un engrais qui était produit de façon vertueuse de le valoriser au travers des
27:02crédits et certificats carbone donc on est en attente de cette évolution réglementaire il ya aussi
27:06de l'amélioration et dans la dent dans la démarche et dans les méthodes de calcul exactement et c'est
27:11aussi vrai sur les organiques qui quand je vous le disais qu'il est en quatrième position c'est que
27:15là aussi on est en attente d'une reconsidération des facteurs d'émissions liés à l'organique ou
27:19normalement au cours de cette année les organiques devraient retrouver encore un intérêt par
27:23rapport à l'azote minéral françois vanier ce procédé il existe nulle part ailleurs dans le
27:30monde vous m'avez raconté quelque chose tout à l'heure j'aimerais rien que vous le racontiez
27:35c'est fou c'est aussi un concours de circonstances et des rencontres oui c'est à dire que des chercheurs
27:43qui travaillent sur l'ammoniaque il y en a des centaines dans le monde parce qu'ils pensent que l'ammoniaque
27:49est carburant de l'avenir pour l'hydrogène parce que l'hydrogène est un gaz trop léger qui demande
27:54beaucoup d'énergie pour le comprimer qui est dangereux à stocker à transporter alors que
27:58l'ammoniaque qui est dense peut se transporter à huit bars dans une bobonne de gaz normal et il
28:06ya une chercheuse à orléans qui développe des moteurs à l'ammoniaque madame roussel un polytech orléans
28:11d'ailleurs on veut faire un portanariat pour mettre sur un tracteur un moteur diesel pour avec le lycée
28:15agricole de dennermont et puis donc arriver à labourer un champ grâce à de l'ammoniaque et
28:20donc tous ces chercheurs travaillent sur l'ammoniaque pour remplacer le procédé à berbosch mais pour le
28:26carburant de l'avenir alors que 90% actuellement de l'ammoniaque est utilisé pour faire des engrais
28:31et donc quand j'étais les voir pour leur proposer mon idée mon projet tout de suite ils ont été intéressés
28:40parce que je leur amener une utilisation concrète rapide de leurs recherches de leurs travaux et
28:46donc j'ai toujours eu un bon accueil donc notamment avec monsieur mac farland qui est un chercheur australien
28:51je suis allé rencontrer à londres il ya deux ans et et donc eux ils travaillent sur un procédé pour
28:57faire de l'ammoniaque grâce à un électrolyseur donc où l'injecte directement l'azote du côté de
29:03l'anode et il sort de l'ammoniaque mais il travaille pas sur le reste parce que en australie aux usa ils
29:10peuvent utiliser l'ammoniaque à nidre comme fertilisant avec des gouttes ils l'enfouissent à 15 20 cm dans
29:16le sol et ils fertilisent comme ça alors que nous il faut qu'on transforme l'ammoniaque en
29:21urée en solution azoté ou en ammonitrate donc c'est pour ça que le premier travail qu'on fait
29:30actuellement c'est d'essayer de trouver des technologies nouvelles pour transformer l'ammoniaque
29:36en nitrate d'ammonium quels sont les quels sont les vous les principaux freins que vous rencontrez
29:44aujourd'hui pour pour pour développer votre projet aller plus vite pour l'instant j'ai voulu mener le
29:53projet tout seul et je me rend compte que je suis agriculteur donc quand je suis dans les champs
30:00quand je suis dans ma contact et ben je suis pas à réfléchir même si des fois la nuit je me
30:04réveille j'ai tiens j'ai une idée pourquoi pas mais donc j'ai besoin de m'entourer de personnes
30:10d'où demain 7 contact avec ce docteur en chimie pour pour étoffer l'équipe et puis pour qu'on avance
30:17effectivement plus vite voilà je me rends compte que il faut que je partage un peu mon bébé avec
30:22d'autres pour que ça aille plus vite thomas monville c'est un peu la même question est ce que vous
30:29identifiez encore des freins de dans le périmètre de la coopérative pour pour aller plus vite sur ces
30:36engagements individuels et collectifs pour réduire les émissions pour donner un objectif déjà quand je
30:43parlais de 500 agriculteurs notre objectif c'est d'atteindre les 1200 à 2030 pourquoi parce qu'en fait
30:50accès réel s'est engagé auprès du sbti donc un engagement qui nous oblige à atteindre des
30:54objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 30% et que 80 % de nos émissions
30:59viennent des activités agricoles donc ce qui se passe au champ donc nécessairement on a besoin
31:03en effet d'un nombre d'agriculteurs qui qui s'engagent dans ces pratiques de réduction des de leurs
31:08émissions ça c'est le premier point le le frein c'est que à date je l'ai évoqué c'est que les crédits
31:14et certificats n'ont pas la valeur suffisante pour générer enfin pour compenser 100% des coûts de transition
31:19pré-exploitation donc on a besoin aussi de filières qui nous accompagnent et c'est là où donc c'est le
31:25travail de tous les jours de notre mise en marché mais on a besoin d'un rythme qui aille aussi vite
31:29que celui des recrutements des agriculteurs pour que je puisse vous partager la valeur que j'ai évoqué
31:34tout à l'heure même si on est aussi conscient que pour aller jusqu'à moins 30% et ben il faut qu'on aille
31:39plus loin sur l'activation des leviers faut pas en activer un ou deux faut aller à deux trois quatre cinq
31:43leviers pour activer et donc on va aussi augmenter le coût et donc c'est là où on a besoin d'aller chercher des
31:49des financements complémentaires à ça ça c'est le premier point et le deuxième point c'est que les
31:52bénéfices qui ont été évoqués par françois voigny agronomiquement on a besoin de les rendre encore
31:57plus concret plus objectif pour que les agriculteurs soient aussi convaincus que ces pratiques là c'est
32:02pas que des coûts c'est un investissement parce qu'il ya un co bénéfice derrière agronomique et c'est
32:06là où je trouve qu'on manque un peu d'éléments tangibles pour convaincre un plus grand nombre
32:09d'agriculteurs et ça c'est une des raisons de notre projet arpeche qui a été financé par bpi qui est notre
32:14r&d dans lequel notamment dans les partenaires on a une île à salle et génesis qui vise à nous
32:21accompagner sur l'état de le diagnostic de l'état de santé des sols et pour le mettre en relation des
32:27pratiques pour que les agriculteurs se rendent compte et que nous nous ayons les arguments pour
32:31pouvoir objectiver les bénéfices de ces pratiques dites régénératives messieurs merci beaucoup c'était
32:37très intéressant on pourrait en parler encore quelques heures mais toutes les bonnes choses toutes
32:44les bonnes choses ont une fin merci à vous deux pour pour ce partage d'expériences collectives
32:49individuelles sur la décarbonation du secteur grande culture merci merci
Écris le tout premier commentaire