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  • il y a 4 mois
Christophe Buisset est agriculteur dans la Somme et élu chez Groupama. Il témoigne sur l’effet du changement climatique sur son exploitation et sur les solutions qu’il imagine pour mieux gérer les risques en agriculture.

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Transcription
00:00Bonjour, je m'appelle Christophe Vissé, je suis agriculteur au nord du département de la Somme
00:03sur une exploitation d'environ 175 hectares.
00:08Dans mon exploitation, je cultive de la pomme de terre, des légumes, des céréales bien entendu,
00:14de la betterave à sucre et de façon un peu atypique dans mon secteur,
00:18j'ai de la culture de l'ail sur environ 5 hectares et demi.
00:26Le changement climatique fait évoluer vraiment nos exploitations.
00:30Notamment lié à l'eau et à la culture de la pomme de terre.
00:34Moi, pendant des années, j'étais très résistant à l'eau, si je puis dire, ou à l'irrigation.
00:39Et puis, je me suis rendu compte que pour venir, depuis maintenant 5-6 ans,
00:43j'ai voulu faire en collectif une cuma d'irrigation pour justement pallier à ces problématiques de coût de chaleur,
00:50de sécheresse et pour produire une pomme de terre de qualité ou un légume.
00:55Je fais des ricots aussi, des petits pois de qualité.
00:57On est obligé d'avoir de l'eau au moment où il le faut pour la culture.
01:02Je vous parlais tout à l'heure de la culture de l'ail.
01:04Effectivement, c'est une culture qui est assez résistante à l'eau, qui résiste bien à la chaleur.
01:09En plus, qui n'est pas tellement sensible aux maladies, à part un peu la rouille qu'il faut maîtriser.
01:14Mais c'est une culture qui est assez résistante aux aléas climatiques.
01:19Ensuite, on a effectivement passé à d'autres méthodes de culture, notamment du non-labour, de plus en plus,
01:27pour essayer de maintenir la fraîcheur dans les sols, parce que par exemple, on a des périodes très sèches.
01:31Donc non-labour, des sols régulièrement couverts en hiver pendant très longtemps,
01:36pour maintenir justement la matière organique et aussi la fraîcheur des sols.
01:41Et un sol qui est relativement meuble.
01:43Donc on travaille de plus en plus sur ce type de choses-là.
01:47On a des outils aussi qui ont changé, qui permettent d'utiliser plutôt des fissurateurs,
01:52plutôt que de retourner complètement la terre.
01:56Voilà, c'est toutes ces choses-là qu'on essaie de faire.
01:59On travaille beaucoup sur la matière organique aussi,
02:01pour maintenir un niveau de matière organique qui soit acceptable dans nos sols,
02:04surtout quand on a beaucoup de légumes et de pommes de terre qui sont des gros consommateurs en humus.
02:09Donc, rachat de fumier, rachat de matière organique,
02:14utilisation de la matière organique de ma commune aussi, parce que je suis maire,
02:18où on broie les déchets végétaux et puis on les remet dans mes parcelles.
02:22Voilà, c'est toutes des choses comme ça qu'on ne faisait pas il y a quelques années et que l'on fait maintenant.
02:32Sur la gestion du risque, le collectif est vraiment très important,
02:34parce qu'on se rend compte que le paysan, l'agriculteur, est un homme souvent seul sur son exploitation,
02:40à prendre des décisions, à être présent.
02:43Et quand on travaille ça en collectif, je pense qu'on est beaucoup plus résilient quand il vous arrive un coup dur.
02:49Un problème de santé, ça peut arriver à n'importe qui, à n'importe quel moment ou à un accident.
02:54Et quand on est en collectif, les solutions sont plus simples à trouver.
02:57Et puis, c'est pareil, quand on teste des choses, on peut les tester à plusieurs sur des parcelles différentes
03:04et on voit un peu comment ça agit d'une exploitation à l'autre.
03:08On peut échanger, on voit aussi comment un tel a mieux réussi Claude sur un sujet.
03:12Et pour moi, le collectif est très important, donc je participe dans beaucoup de collectifs,
03:15Cuba pour du matériel, mais aussi groupe GIE2E avec la Chambre d'agriculture de la Somme.
03:21Les agriculteurs, en général, ont une aversion du risque.
03:31C'est compliqué de faire changer des méthodes de travail ou autre,
03:35parce que justement, on est tellement sur des exploitations qui sont parfois fragiles financièrement
03:41que le risque n'est pas permis.
03:44Et donc, c'est compliqué.
03:46Au niveau des assurances, et pour un élu Groupama comme moi, je milite énormément au sein de ma structure.
03:52Et Groupama est l'assureur des agriculteurs, justement, à être innovant et à suivre les agriculteurs innovants.
03:58Alors, c'est compliqué parce qu'un assureur, la gestion du risque, c'est son métier.
04:01Il gagne de l'argent sur la gestion du risque.
04:03Et être capable d'aller assurer des risques qui sont vraiment très aléatoires et très complexes,
04:08c'est parfois compliqué de trouver des contrats.
04:10Et qui de mieux que Groupama, avec des élus agriculteurs comme moi,
04:14peut trouver des contrats qui soient adaptés à chaque exploitation et à chaque risque,
04:19et même aux risques nouveaux et aux risques futurs.
04:21C'est de savoir anticiper, comme l'ont fait nos pères au début de Groupama,
04:25anticiper les risques futurs des exploitations agricoles,
04:28afin de rendre les exploitations beaucoup plus résilientes.
04:31Alors, quelque chose qui pourrait aider les agriculteurs pour aller vers le changement,
04:41je pense qu'il faut qu'on le revoie complètement, la PAC.
04:44Alors, c'est compliqué, je sais que je suis souvent assez atypique par rapport à mes collègues,
04:49mais pour moi, la PAC, telle qu'elle est en place actuellement, c'est une hérésie,
04:52parce qu'on est toujours sur des compensations de prix par rapport à avant 1992.
04:57Donc, ça n'a plus rien à voir.
04:58Et pour moi, demain, il faudrait une politique agro-commune à l'échelle européenne
05:02qui prenne plus en compte la gestion du risque sur les exploitations,
05:06mais de tous les risques, pas que le climatique, le risque de marché,
05:10parce qu'on a des conditions géopolitiques qui font que, d'une année sur l'autre,
05:14ou même d'une semaine à l'autre, on peut avoir des marchés qui fluctuent énormément,
05:18ce qui génère des problématiques sur les exploitations en termes de revenus,
05:23mais aussi les problématiques sanitaires.
05:24Avec le réchauffement climatique, on a de plus en plus de problèmes sanitaires,
05:28notamment en élevage, mais aussi avec des insectes ou autres,
05:33et ce qui fait que ça peut altérer fortement les rendements,
05:36et des problématiques, bien entendu, de revenus.
05:39Donc, pour moi, il faudrait non plus une PAC à l'hectare,
05:42mais une PAC aux revenus et à l'aide aussi aux exploitations qui innovent,
05:46qui transforment, qui créent de la valeur ajoutée sur leurs exploitations.
05:49Donc, il faudrait vraiment qu'on ait une PAC qui aide aussi bien économiquement
05:53qu'en gestion du risque, et non pas une PAC à l'hectare,
05:56comme on l'a pu la connaître pendant de nombreuses années,
05:58ou aux contraintes environnementales aussi, comme on a pu le connaître,
06:02et qui génère plus de contraintes que d'aide à l'hectare.
06:06Merci.
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