00:00 [Générique]
00:10 Plongée dans un conflit majeur, Israël voit son économie bousculer.
00:14 La secousse initiale a été financière, mais la rupture ne viendra pas de là.
00:18 Le principal indice boursier a peut-être décroché après les attentats du 7 octobre,
00:23 mais il s'est rapidement redressé, atteignant même un niveau record.
00:27 Le taux de change du Shekel a suivi le même type de trajectoire.
00:31 Tombé face au dollar à son plus bas niveau depuis 14 ans,
00:33 il s'est repris et surpasse au niveau d'avant le début des hostilités.
00:37 Malgré le renchérissement des produits frais, qui attisent le mécontentement de la population,
00:42 l'impact de la guerre sur l'inflation reste modéré à ce stade.
00:45 Elle est descendue sous 3% et se situe dans la cible fixée par la Banque d'Israël,
00:49 ce qui l'a conduit à réduire son principal taux directeur en début d'année.
00:53 Le véritable point noir se situe en fait du côté de l'offre.
00:57 Les conséquences du conflit sur la disponibilité de la main-d'œuvre sont bien plus pénalisantes.
01:01 Au-delà des réservistes mobilisés, le pays est mis en difficulté pour trois raisons majeures.
01:06 Le déplacement de 200 000 habitants, contraint de quitter leur domicile
01:10 pour échapper aux attaques du Hamas au sud et du Hezbollah au nord.
01:13 Le départ massif des travailleurs immigrés, notamment asiatiques.
01:17 La quasi-interdiction des Palestiniens de Cisjordanie de venir travailler en Israël.
01:22 Avant-guerre, il y avait 100 000 permis valides pour les travailleurs palestiniens
01:25 auxquels s'ajoutaient de 80 à 100 000 clandestins.
01:29 Or, l'économie israélienne était proche du plein emploi avant le conflit.
01:32 Avec un taux de chômage à peine supérieur à 3%,
01:35 moins de 155 000 personnes se retrouvaient sans emploi.
01:39 En d'autres termes, le réservoir de main-d'œuvre était déjà vide ou presque.
01:43 Les entreprises se retrouvent aujourd'hui en pénurie de personnel.
01:47 Le PTP est particulièrement affecté, comme l'agriculture,
01:50 qui ne représente peut-être que 1% du PIB,
01:52 mais constitue un secteur à la fois stratégique et emblématique.
01:57 Certaines filières doivent en outre composer avec le défaut partiel ou quasi-total de leur demande.
02:01 C'est le cas du tourisme, important créateur de richesses et d'emplois.
02:05 En chute de 80%, le nombre de visiteurs étrangers est quasiment tombé à ses planchers de la crise de la Covid-19.
02:10 Toutes ces difficultés se retrouvent condensées dans le décrochage de la croissance fin 2023.
02:16 Un choc sévère, mais en partie effacé.
02:18 C'est un rebond mécanique, technique, après la violence du choc subi et son effet de sidération.
02:23 Le tissu productif s'est adapté aux difficultés et partiellement au manque de bras.
02:27 Un temps stoppé, les exportations se sont redressées, notamment celles de gaz,
02:31 vers la Jordanie et surtout l'Egypte qui sont de nouveau au maximum de leur potentiel.
02:36 La consommation s'est ressaisie.
02:38 Le rassaspage est cependant encore incomplet et le PIB n'a pas retrouvé son niveau d'avant les hostilités.
02:44 La suite du chemin sera en août plus chaotique, même si le pays devrait éviter la récession cette année.
02:50 Il faudra d'abord digérer le coût de la guerre.
02:52 Selon les estimations de la Banque d'Israël, les combats devraient coûter près de 65 milliards d'euros
02:58 en dépenses de défense, besoin civil et perte de revenus fiscaux sur la période 2023-2025.
03:05 Les finances publiques en portent les séquelles.
03:07 Le déficit se creuse et devrait représenter 7,5% du PIB cette année selon les prévisions officielles.
03:13 Des ajustements budgétaires significatifs sont donc rendus nécessaires, tant du côté des dépenses que des recettes.
03:19 Une augmentation de la TVA de 17 à 18% est déjà programmée pour 2025.
03:23 Vient ensuite la défiance des entreprises étrangères.
03:26 Faire des affaires avec Israël est devenu un handicap et fait courir le risque d'un boycott par une partie du reste du monde.
03:32 Les investissements directs étrangers sont passés de 20-25 milliards de dollars par an à 16 en 2023 et certainement beaucoup moins cette année.
03:40 Même le secteur phare de la tech est touché.
03:42 Intel a suspendu début juin un projet d'extension d'une usine de semi-conducteurs, un investissement à 15 milliards de dollars.
03:50 Enfin, le clivage de la société entre les ultra-orthodoxes, soit 13% de la population, et le reste des habitants s'est amplifié avec la guerre autour de deux débats.
04:00 La conscription des jeunes étudiants religieux en yeshiva, exemptés jusqu'à maintenant du service militaire et de la mobilisation,
04:06 ainsi que les fonds publics dont bénéficiait cette communauté, de plus en plus jugés comme indus, d'autant que les finances publiques sont sous pression.
04:14 Construits comme une économie de guerre, Israël s'est fonctionné lors des conflits et rebondit quand il s'achève.
04:19 Mais les plaies seront cette fois-ci plus longues à cicatriser.
04:23 [Musique]
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