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00:09 Comme à chaque crise immobilière, le gouvernement est sommé de mettre la main à la poche par les professionnels et les élus locaux, même en période de restrictions budgétaires.
00:20 La France consacre pourtant, et depuis longtemps, un pognon de dingue au logement.
00:27 Et si l'effort s'est réduit ces dernières années, il représente encore 1,5% du PIB. Pour quel résultat ?
00:35 Après 50 ans de politique du logement, c'est la crise permanente.
00:38 Cet échec pose la question de l'efficacité des aides publiques à rendre le logement accessible à des prix abordables. La preuve par trois.
00:48 Aujourd'hui, un ménage doit consacrer plus de 4 ans et demi de son revenu à l'achat de son logement, soit presque le double de la moyenne observée entre les années 1960 et 2000.
01:00 C'est le signe de la déconnexion croissante entre les prix de l'immobilier et les ressources des Français.
01:05 Ce faisant, l'effort public a raté l'une de ses cibles. Mais cela affecte également le bien-être des propriétaires en réduisant leur reste à vivre.
01:14 C'est enfin une barrière à l'entrée sur le marché pour les classes moyennes et les jeunes.
01:20 Moins intense, la pression est mise aussi sur les locataires, notamment ceux du secteur libre, qui consacrent une fois les aides déduites environ 29% de leur revenu pour se loger, soit 5 points de plus par rapport au début des années 2000.
01:36 Enfin, la progression du nombre de logements vacants témoigne des dysfonctionnements du marché avec cette question.
01:43 La construction neuve n'accepte-t-elle pas les besoins globaux sans répondre à la demande locale ?
01:50 En hausse de 55% depuis 2005, plus de 3 millions de logements sont inoccupés.
01:57 Les zones rurales les moins denses sont les plus concernées. Mais tous les départements, excepté la Corse et l'Hérault, font face à ce même phénomène.
02:06 Fin 2020, Paris comptait ainsi près de 19 000 appartements vides depuis plus de deux ans.
02:13 Il n'est pas question ici de vacances frictionnelles, cette vacance de plus ou moins courte durée liée à un changement de propriétaire ou de locataire.
02:20 Cela témoigne de l'existence d'un parc de logement bien situé, mais libre.
02:26 Soit parce que, sans confort, ils nécessitent des travaux de remise en état avant location dépassant la capacité financière de leur propriétaire,
02:34 soit parce que laissés délibérément vacants dans l'attente d'une plus-value.
02:39 Bien entendu, il faut que chaque année sortent de terre des programmes immobiliers destinés pour partie à la location.
02:45 Mais pousser l'offre, une nouvelle fois via les dispositifs de réduction d'impôts pour investissement locatif, est discutable.
02:53 Couteux pour les finances publiques, inflationnistes, leur efficacité à accroître significativement le parc est contestable.
03:01 Au-delà de leur menton annuel, ces dépenses fiscales doivent être appréhendées sur la période de mise en location ou vendre en droit à l'avantage fiscal, soit de 6 à 15 ans selon les cas.
03:13 Selon la Commission des finances de l'Assemblée nationale, le coût de la génération 2010 du CELIER devrait atteindre 3,9 milliards d'euros en 2024
03:23 pour la construction de 75 000 logements, soit un coût unitaire pour les finances publiques de 52 000 euros.
03:31 La même année, le coût unitaire supporté par l'État pour financer 147 000 logements sociaux construits s'établissait de 10 200 euros, soit un rapport de 1 à 5.
03:43 La mise en place du CELIER a aussi entraîné en moyenne en France une hausse des prix du foncier de 9 à 10 % et de l'ordre de 25 % sur le pourtour méditerranéen.
03:53 Une véritable aubaine pour les propriétaires de terrains constructibles, avec de surcroît un impact marginal sur l'accroissement du parc
04:02 et surtout une absence totale de visibilité sur l'impact véritable de ces aides sur l'accroissement du parc locatif.
04:08 En revanche, les effets d'aubaine sont bien identifiés.
04:13 Tout changement de format de ces dispositifs depuis 30 ans est suivi d'embardées ou de décrochages des ventes à investisseurs.
04:20 Ce n'est pas en ajoutant des milliards à des milliards à un système d'aide coûteux et inefficace que la crise du logement va se résoudre.
04:27 Et il faudrait se redéfaire de l'idée que la hausse des valeurs immobilières demeure un signe de bonne santé des territoires, de la société,
04:34 avec ce sentiment que toute la population en profite.
04:37 En vouluant en cela que le logement a d'abord une valeur d'usage pour son utilisateur,
04:43 qu'il aspire d'abord au moindre prix pour la meilleure qualité avant d'être un support de richesse.
04:49 Le problème de la captation de la valeur immobilière reste entier.
04:52 Il passera nécessairement par une remise en cause du prix du foncier.
04:57 ♪ ♪ ♪
05:01 Merci.
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