00:00 Bonjour Delphine Manso.
00:10 Bonjour Jean-Philippe Denis.
00:11 Delphine Manso, directrice générale de Neoma Business School.
00:14 Delphine Manso, on va parler formation ensemble.
00:16 Formation des étudiants, évidemment, mais aussi des publics en formation continue, exécutive.
00:22 On a l'impression que tout est en train de basculer.
00:26 On parle de RSE, on aurait peut-être dû en parler avant d'ailleurs, davantage.
00:31 On parle d'objectifs de développement durable.
00:33 Tout ça doit irriguer l'ensemble du travail des institutions.
00:36 Comment vous vous enseignez à Neoma Business School ?
00:38 Alors d'abord, on s'en saisit dans nos curriculum avec une présence dans tous les
00:43 cours, des programmes dédiés.
00:46 On vient de lancer un master en sustainability transformation.
00:49 On a eu un grand débat s'il fallait mettre un S ou pas.
00:54 Donc ça, c'est très présent.
00:57 Une autre manière dont on s'en saisit, c'est de mettre les étudiants dans l'action.
01:00 Parce qu'on est quand même face à des générations d'étudiants très sensibilisés sur ces
01:05 sujets.
01:06 Il y a 4-5 ans, il fallait les sensibiliser.
01:07 Aujourd'hui, ils arrivent, ils le sont.
01:10 Ils ont beaucoup d'informations et parfois, ils ont beaucoup d'anxiété.
01:14 L'éco-anxiété, c'est une réalité chez les jeunes générations avec une grande
01:19 disparité selon les étudiants.
01:21 Et nous, notre réponse, c'est de les mettre dans l'action.
01:25 Parce qu'on est dans des sujets où il ne suffit pas de savoir pour faire.
01:28 Et il ne faut surtout pas qu'ils se disent « bon ben c'est fichu, il n'y a plus
01:32 rien à faire, alors on ne change rien ». Ou à l'inverse, qu'ils renoncent à transformer
01:39 les entreprises.
01:40 Donc nous, notre projet, c'est de les mettre dans l'action à travers leurs activités
01:44 associatives, des stages, des initiatives citoyennes, obligatoires pour tous les étudiants.
01:50 Ils choisissent le thème, ça peut être l'environnement, ça peut être l'inclusivité, mais pour
01:55 qu'ils voient qu'à 20 ans, à 22 ans, ils peuvent changer les choses à leur échelle
01:59 et qu'ils ne doivent pas attendre 10 ans d'être grand directeur ou dirigeant de
02:04 start-up pour changer les choses.
02:06 Et ça, ça va aussi les aider à les confronter au réel et ça les oblige à mettre leur
02:11 connaissance en action.
02:12 L'action, c'est un excellent anxiolytique.
02:14 Absolument.
02:16 Est-ce que vous êtes membre du board de la CSB, l'Agence d'accréditation américaine,
02:22 est-ce que ces débats-là sont à l'identique partout dans le monde ou est-ce qu'on voit
02:26 des différences ?
02:27 On voit des différences.
02:29 J'ai assisté à mon premier board il y a 15 jours et on a eu ce débat.
02:34 On était dans un exercice stratégique classique sur quelles sont les grandes forces, les grands
02:38 phénomènes qui transforment les business school aujourd'hui.
02:42 Et donc là, il y avait quand même un écart entre les Européens très engagés sur les
02:47 sujets environnementaux, climatiques, en disant ce que je viens de dire, il faut transformer
02:52 les curriculum, créer des nouvelles formations.
02:56 On a une demande de nos étudiants pour être accompagnés sur ces sujets.
03:00 Et d'autres continents, par exemple aux États-Unis, où ils nous ont dit, écoutez, il y a de
03:06 grandes disparités.
03:07 C'est un sujet politique, c'est un reflet d'engagement politique.
03:11 Et il faut qu'on soit très prudent dans les choix qu'on fait parce que ça a une
03:15 dimension polémique et politique très forte.
03:19 Donc c'est vrai, alors que ce n'est pas le cas en Europe, en France.
03:22 Tout le monde est d'accord pour modifier le curriculum des business school.
03:29 L'Asie, plutôt proche de l'Europe sur cette dimension-là d'ailleurs et qu'il
03:33 intègre de plus en plus.
03:35 Donc c'est intéressant de voir que finalement le monde du business, qu'on dit très globalisé,
03:40 le monde des business school très international, il y a quand même des différences assez
03:44 fortes dans la manière d'appréhender ce type de sujet aujourd'hui.
03:47 C'est très intéressant.
03:48 Les business school, quelque part, d'ailleurs les Américains le savent très bien, sont
03:52 aussi des outils de soft power.
03:54 Donc ça veut dire que le Green New Deal européen, les business school peuvent être aussi une
03:59 arme entre guillemets de soft power pour faire exister ce Green New Deal.
04:03 Absolument.
04:04 Une arme de soft power aussi sur la manière de piloter les entreprises, sur ce qui est
04:08 important, sur les enjeux.
04:10 Alors on le sait bien dans le domaine de la régulation, mais on se rend compte que c'est
04:13 aussi très vrai en matière d'éducation.
04:16 D'ailleurs à Neoma, on a un programme comme ça, une spécialisation autour de la sustainability
04:23 qui intègre des doubles diplômes et des séjours académiques dans plusieurs pays.
04:29 Parce qu'effectivement, le sujet de la sustainability en Malaisie, au Canada, en Norvège et en
04:36 France, ce n'est pas du tout les mêmes sujets qui émergent et pas du tout les mêmes questions
04:41 qui ressortent.
04:42 Donc je trouve que ça fait aussi partie de notre rôle de former nos étudiants à cette
04:46 diversité culturelle pour comprendre que finalement, sur les grands enjeux de la planète,
04:51 et bien selon où on est sur la planète, on ne les voit pas de la même manière.
04:55 Former à l'européenne les leaders du 21e siècle.
04:59 Merci à vous Delphine.
05:00 Merci Jean-Philippe.
05:01 Merci Philippe.
05:02 [Musique]
05:07 [SILENCE]
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