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  • il y a 2 ans
Thomas Sotto reçoit Yannick Jadot, sénateur EELV de Paris.


Ce jeudi 21 mars, le Sénat doit examiner le CETA, le traité de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada, appliqué provisoirement de fait depuis plusieurs années. « Cet accord menace notre sécurité alimentaire, menace nos éleveurs et même nos législations », explique Yannick Jadot, sénateur Europe Écologie Les Verts, invité des 4 Vérités, jeudi 21 mars 2024, sur France 2. « Au Canada, les règles sont beaucoup plus souples sur les pesticides, sur l’élevage… (…) C’est un danger pour notre agriculture », renchérit-il. Selon le sénateur, c’est « perdant-perdant ». « Dire non au CETA, ce n’est pas dire non aux échanges avec le Canada, c’est dire non à certains échanges et à certaines règles ».
Six ans après l’abandon du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, le groupe Vinci réclame aujourd’hui une indemnisation de l’État à hauteur de 1,6 milliards d’euros. Le jugement est attendu dans plusieurs semaines. « C’est inacceptable. Vinci est une société qui, grâce à la privatisation des autoroutes, fait des milliards et des milliards. Elle fait beaucoup d’argent avec l’État. Qu’elle vienne devant nos juridictions demander autant d’argent est scandaleux », réagit l’ancien candidat à l’élection présidentielle.




Trafic de drogue : guerre totale ?


Mardi 19 mars, le chef de l’État était en déplacement à Marseille pour saluer le dispositif de police XXL mis en place dans le cadre de la lutte contre les trafics de drogues.
Invité sur BFMTV - RMC, le garde de Sceaux, Éric Dupont Moretti, a déclaré mercredi 20 mars 2024, que « celui qui fume son petit pétard le samedi, ce pétard-là voyez, il a le goût du sang séché sur les trottoirs », indiquant également que le gouvernement préparait une « grande loi sur les repentis ». « Cela peut être vrai, dans les conditions de deal et de trafic d’aujourd’hui. C’est pour cela qu’on est favorable à la légalisation du cannabis », souligne Yannick Jadot. « Le cannabis récréatif est dans la société. La France est le pays le plus répressif et un des pays où on en consomme le plus. Sortons des trafics de drogues, arrêtons de les alimenter. Cela permettra de travailler sur le narcotrafic ». Pour l’élu, ce sujet est « majeur », et mérite « une union nationale ». « Cela nécessite de continuer à mettre des moyens », estime-t-il, se disant favorable à la mise en place d’un « parquet particulier à Marseille pour taper les trafiquants au portefeuille ».
Les émissions de gaz à effet de serre ont baissé de 4,8 % en 2023 par rapport à 2022, selon des chiffres provisoires publiés par le Centre interprofessionnel technique d'études de la pollution atmosphérique (Citepa). Un chiffre historiquement bas, s’est réjoui le ministre de la transition écologique. « On progresse, tant mieux. Il faut remercier les Françaises et les Français qui ont maintenu leurs efforts pour économiser l’énergie. (…) Il ne faut absolument pas relâcher les efforts et travailler sur l’isolation des logements », commente le sénateur.

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Transcription
00:00 [Musique]
00:02 - Bonjour et bienvenue dans "Les 4D".
00:03 - Eric Jadot. - Yannick Jadot, pardon.
00:04 - Merci. - C'est donc aujourd'hui que le...
00:05 - Vous allez bien aussi ?
00:06 - J'ai confondu avec Eric Piole, mais bon...
00:08 - Pas très grave. - Ça va très bien.
00:09 Yannick Jadot, donc.
00:10 C'est aujourd'hui que le Sénat doit se prononcer sur le CETA, autrement dit sur le Traité de Libre-Échange
00:14 entre l'Union Européenne et le Canada, appliqué provisoirement de fait depuis plusieurs années.
00:19 Vous ne voulez toujours pas en entendre parler. Pourquoi ?
00:21 - Parce que c'est un danger.
00:23 Parce que cet accord menace notre sécurité alimentaire, menace nos éleveurs,
00:29 et menace même nos législations. Je m'explique.
00:32 Au Canada, les règles en matière d'agriculture sont beaucoup plus souples sur les pesticides,
00:39 sur l'élevage, par exemple.
00:42 On continue à donner des antibiotiques aux animaux pour qu'ils prennent du volume,
00:48 pour qu'ils prennent du poids.
00:50 Il y a du saumon OGM. Ils utilisent des pesticides.
00:54 On parle par exemple du glyphosate dans des conditions qu'on a totalement interdites en Europe.
00:58 Donc c'est un danger pour notre agriculture, pour nos éleveurs, pour notre sécurité alimentaire.
01:03 - Sauf que dans les faits, ça les aide un peu nos agriculteurs quand on regarde les exportations vers le Canada,
01:07 qui ont bondi de 33%.
01:09 Franck Riester, le ministre du Commerce extérieur, a donné des chiffres.
01:11 Il dit en 6 ans, +24% pour le vin, +60% pour le fromage, +142% pour le textile et les chaussures,
01:18 +106% pour les produits sidérurgiques.
01:20 Et il dit sans cet accord, notre fromage serait taxé à 200% de droite douane.
01:23 - Après, il faut savoir ce qu'on veut.
01:25 On a tout un débat depuis plusieurs semaines, pour nous depuis des années,
01:30 sur notre souveraineté alimentaire, sur la protection de nos éleveurs.
01:34 Il faut savoir que les exportations de lait, de fromage que nous faisons vers le Canada,
01:40 c'est des exportations qui tuent aussi beaucoup d'éleveurs laitiers canadiens.
01:47 Et notamment, ça enrichit beaucoup l'actalisme,
01:50 sans dire que ce soit le symbole de l'agriculture paysanne, de la sécurité alimentaire et du manger local.
01:57 Donc, si on veut protéger nos éleveurs des importations de viande du Canada,
02:02 on ne peut pas en même temps se satisfaire d'aller bousiller.
02:05 - Donc, vous dites que c'est perdant-perdant ?
02:06 - C'est perdant-perdant, à la fois sur l'agriculture, sur notre sécurité alimentaire.
02:12 Mais ce que ne dit pas le ministre Riester, c'est qu'on a importé beaucoup plus aussi de gaz de schiste,
02:19 de pétrole issu des sables bitumineux.
02:22 C'est une catastrophe absolue pour le climat.
02:25 - Donc, vous dites suppression ou renégociation de cet accord ?
02:28 - On fait du commerce avec le Canada.
02:30 D'ailleurs, c'est assez étonnant de voir que notre commerce avec le Canada
02:34 progressait plus vite avant le CETA que depuis la mise en place du CETA.
02:37 Tout ça pour dire que dire non au CETA, ce n'est pas dire non au Canada,
02:41 ce n'est pas dire non aux échanges avec le Canada,
02:43 c'est dire non à certains échanges et à certaines règles.
02:46 Parce que si on le ratifie, qu'est-ce qui va se passer ?
02:49 C'est que la partie qui n'est pas encore mise en œuvre du CETA, je ne vais pas rentrer dans les détails,
02:54 c'est la partie sur ce qu'on appelle la protection des investissements.
02:57 Je vais prendre deux exemples.
02:59 Vous savez qu'en Gironde, la France a autorisé de nouveaux forages pétroliers.
03:04 Au moment où il faut sortir du pétrole, on autorise des forages pétroliers en Gironde.
03:08 Eh bien, l'entreprise canadienne Vermillon, qui a ces forages, avait menacé il y a quelques années,
03:14 si on ne lui donnait pas ces forages, d'aller devant des tribunaux privés
03:18 pour demander des compensations à l'État français.
03:20 Vous vous souvenez du projet Montagne d'or ?
03:23 Vous savez, ce projet de mine à ciel ouvert qui allait détruire notre Amazonie en Guyane.
03:28 Eh bien, les compagnies minières canadiennes et russes ont attaqué la France à travers la Russie
03:37 sur ce truc de protection des investissements et demandent 4 milliards à la France.
03:42 À propos de compensation, j'aurais votre avis sur ce que demande Vinci,
03:45 pour Notre-Dame-des-Landes, vous avez peut-être entendu dans le journal de 7h30,
03:48 Vinci qui demande 1,6 milliard de compensation à l'État pour la concession qu'elle a perdue
03:53 pour cet aéroport qui n'a pas été construit. Est-ce que c'est acceptable ?
03:55 Non, ce n'est absolument pas acceptable.
03:58 Ça ne traduit en rien les frais qu'ils ont avancés sur cet aéroport.
04:03 Ils avaient fait des études, incontestablement.
04:06 Mais au fond, qu'est-ce qu'ils disent ?
04:08 Nous devions faire des profits et on veut que l'État nous paye nos profits
04:12 que nous n'avons pas réalisés.
04:14 Vinci, c'est une société qui, grâce à la privatisation des autoroutes,
04:20 fait des milliards et des milliards.
04:22 C'est une société à qui l'État donne en permanence des concessions,
04:26 notamment de parking dans nos aéroports et ailleurs.
04:29 Donc c'est une société qui fait beaucoup, beaucoup d'argent avec l'État.
04:33 Qu'elle vienne devant nos juridictions demander autant d'argent,
04:37 c'est proprement scandaleux.
04:39 Est-ce que vous êtes toujours pour la légalisation du cannabis récréatif ?
04:42 Oui, comme ce qui va être fait en Allemagne d'ailleurs,
04:45 ce qu'ils sont en train de mettre en place en Allemagne de manière extrêmement responsable
04:48 pour faire en sorte qu'à la fois on sorte des trafics
04:52 et qu'on ait une vraie politique de santé,
04:55 notamment vis-à-vis des jeunes qui peuvent être en addiction.
04:57 Au moment où le chef de l'État et le gouvernement déclarent la guerre
04:59 avec l'opération Plastnet XXL aux trafiquants de drogue et aux réseaux,
05:02 vous avez peut-être entendu le garde des sceaux Eric Dupond-Moretti
05:04 qui a eu des mots très durs contre les adeptes de la fumette hier,
05:07 le pétard du samedi soir a le goût du sang séché sur le trottoir.
05:10 Est-ce que c'est complètement faux ?
05:12 Non, ça peut être vrai dans les conditions de trafic et de deal d'aujourd'hui.
05:19 C'est pour ça aussi qu'on est pour la légalisation du cannabis.
05:22 Quand vous encadrez une filière à la production, à la distribution
05:27 de manière très encadrée, que vous mettez des médecins, encore une fois,
05:30 pour suivre les addictions, ce qui n'est pas possible aujourd'hui,
05:34 à la fois vous retirez le trafic des quartiers,
05:38 donc vous arrêtez d'alimenter au fond le narcotrafic.
05:43 Attention à Marseille, ce n'est pas que le cannabis.
05:45 Le cannabis est un des piliers de l'économie de la drogue dans les quartiers.
05:49 Mais justement, vous évitez que les consommateurs aillent voir des dealers
05:54 qui vont potentiellement leur proposer des produits beaucoup plus dangereux
05:57 et vous évitez en légalisant que la police passe son temps à traiter du cannabis
06:03 plutôt que de traiter les drogues dures, plutôt que de traiter les trafics d'armes.
06:08 C'est bien qu'il ne soit pas le cannabis demain, ça sera les drogues plus dures.
06:10 Non, justement, vous déconnectez les deux choses.
06:13 Encore une fois, le cannabis récréatif, c'est dans la société.
06:18 On peut se raconter ce qu'on veut, c'est dans la société.
06:21 La France est le pays le plus répressif, c'est le pays où on consomme le plus.
06:26 C'est dans la société, mais ce qu'expliquent Pomeretti et Gérard Darmanin aussi,
06:29 c'est bien gentil, ça fait plaisir, mais c'est ça qui alimente les trafics de drogue,
06:33 c'est ça qui fait qu'il y a des balles perdues.
06:35 Mais justement, sortons des trafics de drogue.
06:37 Ce que dit la légalisation du cannabis, c'est qu'on arrête d'alimenter les trafics de drogue.
06:42 On permet à la police, à la justice de travailler sur le narcotrafic
06:47 qui va bien au-delà et de manière beaucoup plus envelogeuse sur d'autres types de drogue.
06:52 Et donc, vous voyez, par exemple, le président de la République qui est allé à Marseille,
06:55 c'est un sujet majeur, les narcotrafics en France.
06:58 Ça mérite une union nationale ce sujet-là ou pas ?
07:00 Oui, incontestablement, ça mériterait.
07:02 Mais ça mérite aussi de continuer à mettre des moyens.
07:04 Ce que disent les magistrats, ce qu'ils réclament depuis des années,
07:07 c'est d'avoir un parquet particulier à Marseille qui travaille sur la finance
07:11 pour essayer de taper les trafiquants au portefeuille.
07:15 C'est de faire en sorte que les trafiquants arrêtent de pouvoir continuer à gérer les deals
07:21 depuis la prison.
07:22 On est censé avoir des systèmes de brouillard dans les prisons
07:25 pendant la visite du président de la République.
07:27 Il y avait les trafiquants qui commentaient au téléphone depuis leur cellule
07:30 la visite du président de la République.
07:32 Donc, il faut être un peu sérieux dans l'action.
07:34 Yannick Jadot, on est presque au bout.
07:35 J'ai encore trois petites questions à vous poser.
07:36 La première, c'est une bonne nouvelle.
07:37 Les gaz à effet de serre, les émissions ont reculé de 4,8 % en France,
07:40 un chiffre historiquement bas.
07:42 C'est réjoui le ministre de la Transition écologique,
07:44 tout en précisant qu'il ne fallait pas relâcher l'effort.
07:46 Est-ce que sur ce point-là, on est sur le bon chemin ?
07:48 On progresse, tant mieux.
07:50 Il faut remercier les Françaises et les Français
07:52 parce qu'on sait que, notamment depuis la guerre en Ukraine,
07:56 depuis les efforts qu'on fait sur nos consommations d'énergie,
08:00 les Français ont maintenu un effort pour économiser l'énergie.
08:04 Bon, il y a des effets conjoncturels.
08:06 On a eu un hiver très doux, donc de fait, on consomme moins d'énergie.
08:10 Mais on est quand même sur la bonne trajectoire.
08:11 Mais il ne faut absolument pas relâcher les efforts.
08:13 On sait à combien il faut continuer à investir sur l'isolation de nos logements.
08:18 C'est bon pour le pouvoir d'achat, c'est bon pour le climat,
08:21 c'est bon pour nos importations et c'est bon, évidemment, pour l'emploi.
08:25 Yannick Jadot, peut-être devrais-je vous appeler Yannick Jadja.
08:27 Qu'est-ce que vous pensez de la polémique autour d'Aya Nakamura ?
08:30 On ne sait pas si elle chantera vraiment.
08:32 Si c'est à cause de cette polémique qu'elle ne chante pas,
08:38 ce serait dramatique pour notre pays.
08:40 Il va falloir qu'on redonne un projet à notre pays qui,
08:46 autour de cette question du défi climatique, dont on voit le chaos qui s'installe,
08:50 autour de la justice sociale, de la solidarité,
08:53 autour d'une belle politique industrielle qui remet de l'emploi.
08:56 Mais c'est ça le sujet.
08:58 Est-ce qu'on a le droit ? Parce que tout devient hystérique.
09:01 Est-ce qu'on peut ne pas être forcément fan d'Aya Nakamura en la respectant, sans être raciste ?
09:06 Parce que là, on a l'impression que ça devient...
09:08 Je vais dire, là, les Jeux Olympiques, c'est comme dans le football.
09:12 On a 67 millions de sélectionneurs, de celles ou de celui qui va chanter pour l'ouverture des Jeux Olympiques.
09:18 Donc, elle est jeune, elle est pleine de dynamisme,
09:22 elle a une pêche incroyable, ça marche, elle est reconnue internationalement.
09:27 Stop ! Vous avez quand même une tripotée de racistes qui occupent vos plateaux
09:32 et qui occupent les médias pour dire qu'au fond, parce qu'elle est noire,
09:35 elle ne représenterait pas la France.
09:36 C'est pathétique. C'est ça l'extrême droite quand même.
09:39 Jeune, dynamique, pleine d'énergie.
09:40 Vous avez vu la photo d'Emmanuel Macron postée par sa photographe officielle ?
09:44 Regardez, il fait de la boxe comme ça.
09:46 Ça vous inspire quoi ? Il a l'air en forme olympique, notre président, non ?
09:49 Écoutez, il fait beaucoup sur le réarmement.
09:52 Maintenant, il met des photos, comme pouvait en mettre Poutine et d'autres responsables politiques
09:58 qui veulent, au fond, porter une approche un peu machiste de la politique.
10:04 Je trouve qu'au moment où il y a la famine à Gaza, au moment où il y a la guerre en Ukraine,
10:11 on attendait du président de la République qui est, vous savez, au Conseil européen,
10:15 que la France fasse son boulot sur Gaza.
10:18 C'est arrêter d'exporter des armes à Israël, c'est suspendre l'accord d'association
10:24 entre l'Union européenne et Israël parce que ce qui est en train de se passer,
10:28 c'est un carnage, c'est une famine.
10:30 C'est là qu'on attend le président de la République et pas dans une salle de boxe.
10:33 et que j'avoue que vous êtes dans les 4 B. Bonne journée à vous.
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