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  • il y a 3 ans
On n'arrête pas l'éco (09h10 - 4 Novembre 2023 - Olivier Becht)

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00:00 Un autre invité ce samedi matin, Olivier Becht, bonjour !
00:03 Bonjour, vous êtes le ministre du commerce extérieur, vous venez de lancer une grande campagne à l'international
00:08 pour promouvoir l'attractivité du pays, la signature « Marquer les esprits, choisir la France »
00:13 dans les pays francophones, en anglais, « Make it iconic to the friends », en anglais cette fois, vous l'aurez reconnu.
00:20 Alors que le contexte géopolitique a rarement été aussi tendu, quelle place pour la France ?
00:25 Comment convaincre les investisseurs d'investir chez nous ? Comment aider nos entreprises à gagner des marchés au-delà de nos frontières ?
00:32 On va voir tout cela. Mais déjà, pourquoi lancer là cette campagne maintenant ?
00:36 Parce que le contexte finalement s'y prête. Nous sortons de la Coupe du Monde de rugby qui a été un succès en France
00:45 et nous allons rentrer l'année prochaine dans l'organisation des Jeux Olympiques.
00:50 Il se trouve que maintenant, depuis 4 années exactement, la France est le pays le plus attractif en Europe.
00:56 Nous avons dépassé l'Allemagne, nous avons dépassé le Royaume-Uni.
00:59 Il y a plus de 1750 projets qui, chaque année, se dirigent vers la France.
01:06 Avec quelque chose de tout à fait exceptionnel, c'est que la moitié de ces projets, en plus, s'installent dans des territoires ruraux ou périurbains.
01:14 C'est-à-dire, viennent en plus répondre à la question de la fracture territoriale.
01:18 Cela crée des emplois, c'est bon pour la France. Il faut capitaliser là-dessus et continuer à attirer ces investissements étrangers.
01:24 Pour capitaliser, vous avez convoqué Kylian Mbappé, Philippe Starck, Thomas Pesquet pour porter le message. Pourquoi eux ?
01:31 Parce que ce sont chacun, à leur niveau, des personnalités qui incarnent l'audace.
01:38 L'objectif, c'était de briser certaines images d'Epinal qui, parfois, ont la vie dure sur la France.
01:46 La France, c'est un pays de complexité administrative. C'est un pays où il est difficile d'investir, où le coût du travail est important, où les impôts sont élevés, etc.
01:57 Et nous voulons montrer que la France est aussi, et surtout, un pays d'audace.
02:03 Un pays où les gens osent réussir, de manière d'ailleurs très jeune.
02:08 Kylian Mbappé, champion du monde de football à 19 ans. Thomas Pesquet, jeune astrologe.
02:13 Vous leur avez demandé leur avis avant de les utiliser ? Vous les payez pour ça ?
02:16 Non, absolument pas. Ils font ça gratuitement.
02:19 Bon, pour moi, comme ça...
02:20 Et c'est évidemment... Alors, on a sollicité les personnalités, mais elles ont évidemment toutes donné leur accord.
02:27 Et elles le font de manière bénévole, comme Maury Sacco, également le jeune chef cuisinier, Philippe Starck...
02:33 Oui, j'aurais pu en citer plein d'autres.
02:34 Une culture astronaute qui est une femme, ou ce genre de personnalité, qui est une femme extraordinaire.
02:39 Qui incarnent tous cette audace française, cette capacité justement à marquer les esprits.
02:44 Et c'est ce qu'on souhaite faire, venir en France pour participer à ces challenges.
02:49 Vous visez dans un premier temps l'Allemagne, le Canada, les Émirats Arabes Unis, l'Inde et les États-Unis.
02:53 Pourquoi ces pays en particulier ?
02:54 Alors, parce que ce sont les pays qui sont déjà les pays qui investissent le plus en France.
03:01 Donc il faut continuer à capitaliser là-dessus. On a, on va dire, un terrain plutôt favorable.
03:05 Et puis, dans un deuxième temps, on lancera une deuxième campagne avec une dizaine d'autres pays
03:12 qui permettront là d'aller chercher des investisseurs, des clients supplémentaires.
03:16 On peut avoir une idée déjà ?
03:17 Sur des terrains... Alors, on les annoncera tout à fait début 2024.
03:21 On est entre nous, la personne écoute. Vous pouvez nous en donner quelques-uns.
03:23 Voilà, on les annoncera début 2024.
03:27 Et ça permettra d'aller chercher aussi des pays sur lesquels on est, on va dire, un peu moins bon aujourd'hui en termes d'attractivité.
03:33 Certains de nos auditeurs ou auditrices pourraient se dire, bon allez, une campagne d'affichage, une campagne de promotion, à quoi ça sert ?
03:41 Eh bien, ça sert justement...
03:42 Que ça marche ?
03:43 À marquer les esprits.
03:44 Alors, je vous donne un exemple qui n'est pas très loin, puisqu'il suffit de traverser la Manche.
03:49 Les Anglais ont lancé "Great Britain" il y a quelques années.
03:54 C'est une campagne qui a rapporté au Royaume-Uni en termes d'investissement entre 5 et 6 milliards d'euros.
04:00 Donc oui, ça marche.
04:02 Oui, il faut le faire.
04:04 Et surtout capitaliser dans ces moments importants.
04:07 Coupe du monde de rugby, Jeux olympiques...
04:09 C'est le moment justement de vanter l'attractivité de la France.
04:13 C'est intéressant l'exemple que vous prenez, puisque la Grande-Bretagne a un message principal venir en Grande-Bretagne.
04:17 Nous, je suis allé regarder, vous avez la région au Vingt-Grenalpes qui a ses propres messages.
04:22 La région Hauts-de-France. Et même dans les Hauts-de-France, vous avez encore le Cotentin, vous avez plein d'autres régions.
04:27 Est-ce qu'on ne devrait pas avoir justement une équipe de France ?
04:30 Là, on a une équipe diffuse de France qui joue un peu sur tous les niveaux.
04:35 Eh bien, ça tombe bien puisque c'est justement ce qu'on fait.
04:37 C'est-à-dire que nous avons une équipe de France, ce qu'on appelle la Team France.
04:40 La Team France Export et la Team France Invest avec Business France, les chambres de commerce et d'industrie, BPI, ainsi que les régions.
04:49 Et puis maintenant, désormais, nous aurons la marque France qui viendra chapeauter, évidemment, d'autres marques.
04:54 Tout le monde doit se mettre derrière ?
04:55 Eh bien, c'est l'objectif pour vendre la France à l'étranger, pour faire en sorte que nous soyons encore davantage attractifs.
05:03 Oui, nous devons aujourd'hui tous nous ranger derrière cette marque France qui n'exclut pas évidemment que dans les régions.
05:11 Moi, je viens d'Alsace, on a une marque Alsace.
05:13 Voilà, on peut être fier d'être alsacien et très fier d'être français aussi et vanter cette attractivité-là.
05:18 Alors, vous rentrez tout juste d'un déplacement avec Emmanuel Macron au Kazakhstan, en Ouzbékistan, vous vous êtes posé hier.
05:24 L'idée de ce voyage était de contrer les influences russes, chinoises et dans une moindre mesure turques.
05:30 Quand on lance une telle campagne, on pourrait se dire "regarde tout cela", mais est-ce qu'il y a encore vraiment de la place pour nous ?
05:35 Alors, non seulement il y a de la place pour nous parce que ces pays souhaitent justement diversifier également leur partenariat
05:43 et ne pas dépendre de la Russie, de la Chine, de la Turquie ou encore de leurs grands voisins du sud, de l'Inde.
05:49 C'est vraiment ce qu'ils vous ont dit.
05:50 Ils vous ont dit "on veut miser sur vous parce qu'on veut être plus libre d'une certaine manière".
05:54 Ils veulent être plus libres, ils veulent être indépendants, avoir des partenariats diversifiés.
05:59 Et je peux vous dire qu'en plus, ça marche très bien parce que les entreprises françaises sont attendues.
06:05 On a toujours tendance parfois en France à se dévaloriser, à regarder les fameux Google, Facebook, Amazon, etc.
06:13 On n'en a pas, on ne risque pas de les envoyer à l'étranger.
06:15 Mais nous avons autre chose. Nous avons des entreprises championnes du monde.
06:19 Je pense notamment à Veolia, championne du monde de l'environnement dans l'adduction ou l'assainissement de l'eau.
06:24 Qui a signé justement un contrat pendant ce voyage.
06:26 Tout à fait, et ça tombe bien parce que quand on a 2,5 milliards de personnes qui n'ont pas encore accès à l'eau potable,
06:31 avoir le champion du monde dans l'environnement, c'est très bien.
06:34 Avec EDF, on a le deuxième énergéticien mondial.
06:37 Nous avons des entreprises de taille mondiale comme Airbus qui est également numéro 1.
06:42 Puis on est allé signer des contrats pour les mines avec Orano aussi.
06:45 Mais oui, l'électricité qui aujourd'hui nous permet de diffuser cette émission radio,
06:51 elle vient aujourd'hui du Kazakhstan à travers l'uranium que nous avons en Kazakhstan.
06:56 Le Kazakhstan c'est notre premier fournisseur d'uranium.
06:58 Pour qu'on explique bien, il faut de l'uranium pour faire du nucléaire.
07:00 Et donc c'est pour ça qu'on a besoin effectivement du Kazakhstan.
07:02 C'est un très bon exemple que vous prenez.
07:04 Puisque après l'invasion russe en Ukraine, on a dû revoir complètement nos approvisionnements, notamment de gaz.
07:11 Et à ce moment-là, on a signé des gros contrats avec l'Azerbaïdjan.
07:14 Quand on voit ce qui vient de se passer au Karabakh avec le conflit avec l'Arménie, on peut commercer avec tout le monde.
07:19 La France n'a pas signé de contrats gigantesques avec l'Azerbaïdjan, c'est l'Union Européenne.
07:25 La France, le premier partenaire gazier de la France, c'est la Norvège.
07:28 Ousama Ben Aliyev est allé sur place.
07:30 Est-ce qu'on peut faire du commerce avec tout le monde ? La réponse est oui, à partir du moment où tout le monde respecte le droit international.
07:41 Et nous l'avons vu, et c'était les sanctions qui ont été prises au moment de l'invasion de l'Ukraine par la Russie.
07:49 Lorsque nous avons des partenaires qui se mettent en violation flagrante du droit international, nous sommes fondés à prendre des sanctions.
07:55 C'est ce que nous avons fait, notamment sur le gaz.
07:57 Mais l'Azerbaïdjan, pas de regret qu'au niveau européen, ce soit un partenaire important aujourd'hui.
08:02 C'est un partenaire de l'Union Européenne, et nous sommes aujourd'hui dans une relation diplomatique avec l'Azerbaïdjan et l'Arménie,
08:11 pour chercher là aussi une désescalade de ce conflit et faire en sorte que le droit international soit respecté dans cette région du monde.
08:20 Autre conflit dramatique, ce qui se passe aujourd'hui au Proche-Orient, entre Israël bien évidemment et le Hamas.
08:26 Vous avez une carte de visite large, ministre du Commerce extérieur, de l'attractivité, mais également des Français de l'étranger.
08:31 Comment faire pour s'assurer que sur place, nos ressortissants, qu'ils soient dans des entreprises ou non, puissent être en sécurité dans un moment où tout est imprévisible ?
08:43 La France, et je pense que c'est l'honneur de notre pays, n'abandonne personne. Elle n'abandonne aucun de ses concitoyens.
08:50 Nous avons rapatrié plus de 3600 personnes françaises d'Israël dans les premiers jours du conflit après le 7 octobre.
09:02 Et nous sommes en train de veiller à l'évacuation de nos ressortissants à Gaza. 34 Français ainsi que leurs conjoints ont pu sortir hier.
09:13 Nous en attendons une cinquantaine aujourd'hui. Il y en a eu cinq déjà jeudi. Nous sommes à la manœuvre pour faire en sorte que chaque Française et chaque Français qui souhaitent rejoindre le territoire national puissent être évacués dans les meilleures conditions de sécurité possibles.
09:27 Revenons sur l'attractivité. On attend de gros projets d'implantation en France, en tout cas on espère. Il y a deux noms qui ressortent souvent.
09:34 Le premier, c'est le Moderna, qui a permis d'avoir des vaccins pour le Covid, dirigé par un Français.
09:40 Et puis l'entreprise qu'on connaît moins en France, BYD, qui est l'un des plus grands fabricants de voitures électriques chinoises.
09:46 Vous nous le dites ce matin, ils arrivent ?
09:49 Pour l'instant, les discussions se poursuivent avec ces deux grands acteurs. Il n'est pas impossible qu'à un moment ou à un autre, ils puissent décider de choisir la France.
09:58 La réponse est oui, peut-être.
10:00 On a eu de grandes implantations récemment. Nous avons investi dans les microprocesseurs de GlobalFoundries avec ST Mitro Extremis.
10:09 Le gros investissement industriel de CK.
10:11 Prologion sur les batteries, 5,3 milliards d'euros d'investissement.
10:16 On est à Bourg-Bourg dans les Hauts-de-France.
10:18 Tout à fait, 3 000 emplois créés. Et nous aurons dans les prochaines semaines d'autres annonces avec plusieurs milliards d'euros d'investissement dans le domaine de la santé.
10:26 Dans la santé, on attend un investissement de combien de milliards d'euros ?
10:29 On verra. Mais je laisserai évidemment aux investisseurs le soin de faire des annonces.
10:35 Mais c'est un dossier signé de plusieurs milliards qui va être annoncé.
10:37 En tout cas, nous avons de bons espoirs d'avoir dans les prochaines semaines de belles annonces.
10:41 Vous lancez cette campagne de communication. Mais pour les derniers dossiers remportés, ce qui a fait qu'on les a eus, c'est qu'on a sorti le carnet de chèques.
10:48 Ce qu'on faisait peu jusque-là à subventions. Est-ce que ce n'est pas ça, aujourd'hui, la meilleure communication de la France ?
10:54 De dire "on s'aligne, on paye, on vous donne des subventions".
10:56 Oui et non. Oui, parce que c'est effectivement une incitation. C'est le plan France 2030.
11:04 On a 54 milliards d'euros pour financer notamment l'innovation et la décarbonation de l'industrie.
11:10 C'est un poids, évidemment, important pour attirer les entreprises, mais pas que étrangères.
11:16 C'est un plan qui est surtout destiné aux entreprises françaises.
11:19 Mais nous avons aussi toutes les réformes qui ont été faites jusqu'à présent.
11:23 Vous citiez par exemple Prologio, c'est 2 milliards de subventions.
11:26 Oui, mais attendez, la baisse de la fiscalité, le crédit d'impôt recherche, aujourd'hui...
11:30 Mais sans les subventions, ces entreprises ne viendraient pas, soyons clairs.
11:33 J'en suis pas certain, parce que si vous voulez, peut-être pour les très grands projets, les projets à plusieurs milliards.
11:38 Mais nous avons, je vous citais tout à l'heure l'Alsace, puisque je suis alsacien, on a eu les investissements de Merck,
11:44 on a eu les investissements de Hartman France, on a eu les investissements de Lili, également dans le domaine de la santé.
11:50 Voilà, ça n'a pas été fait parce qu'il y avait un carnet de chèques gigantesque,
11:54 ça a été fait parce que la France est attractive sur le droit du travail, sur la fiscalité, sur le prix de l'énergie
11:59 et aussi sur les talents, c'est-à-dire les compétences que nous avons.
12:02 Vous restez encore avec nous quelques minutes. Merci beaucoup Olivier Bech, ministre du Commerce extérieur.
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