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Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire, salue l'adoption par l'Assemblée nationale d'un texte "plein de mesures attendues, concrètes, précises pour les agriculteurs". Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-7h50/l-invite-de-7h50-du-mardi-21-juillet-2026-3389440

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Transcription
00:00Notre invitée est maintenant la ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la souveraineté alimentaire.
00:05Bonjour Annie Gennevard.
00:06Bonjour.
00:07Merci de réserver à France Inter donc votre première prise de parole après l'adoption tendue cette nuit,
00:12on l'a entendu à l'Assemblée Nationale, de la loi d'urgence agricole.
00:16Elle devrait être dans les prochaines heures définitivement adoptée par le Sénat
00:21et elle prévoit entre autres la réintroduction de deux pesticides interdits en France,
00:25l'acétamipride et le flupiradifuron.
00:28Cela rappelle évidemment la loi Duplon qui avait suscité une levée de boucliers scientifiques et populaires l'été dernier.
00:34On va en parler mais d'abord tout simplement Annie Gennevard, êtes-vous satisfaite de cette adoption ?
00:39Je suis très satisfaite et je remercie les 296 députés qui ont adopté cette loi d'urgence agricole
00:46dont je veux rappeler qu'elle est née des manifestations début d'année,
00:49qu'elle a été travaillée avec les agriculteurs, qu'elle est attendue, qu'elle est conséquente.
00:54Il y a 68 articles dans cette loi qui vont répondre concrètement aux attentes des agriculteurs,
00:59qui vont mieux les protéger contre la concurrence déloyale,
01:03qui vont leur permettre un meilleur accès à l'eau parce que sans eau on ne peut pas produire d
01:08'alimentation,
01:09qui vont les protéger contre les attaques du loup.
01:11Je rappelle qu'en 2025 il y a eu 12 000 victimes du loup, 4 fois plus que la DNC.
01:16Les protéger contre les vols, les dégradations.
01:19Bref, ce texte est plein de mesures attendues, concrètes, précises par les agriculteurs.
01:25Et hier soir, les députés ont fait oeuvre utile pour l'agriculture française.
01:31296 députés qui ont voté contre, 224 qui ont voté pour, pardon, vous l'avez rappelé, 224 contre.
01:37Et en effet l'Assemblée, notamment le camp gouvernemental, est très divisé.
01:41Et le Premier ministre Sébastien Lecornu avait promis que les députés pourraient trancher eux-mêmes
01:47et débattre sereinement sur cette question des pesticides.
01:50Finalement, le gouvernement ne les a pas laissés débattre des amendements de suppression de cette mesure.
01:56Pour quelles raisons ?
01:56Alors, vous savez que cette question, elle est évidemment toujours très éruptive.
02:01Et c'est bien la raison pour laquelle le Premier ministre et moi, nous ne voulions pas qu'elles figurent
02:06dans le texte de loi.
02:07Sauf que vous l'avez laissé passer.
02:09Elle ne figurait pas dans le texte de loi initiale.
02:12Elle a été introduite dans le Sénat.
02:13Les parlementaires en ont décidé autrement.
02:16Mais, je veux dire très clairement aux auditeurs de France Inter ce matin,
02:20le texte de loi ne réintroduit pas l'acétamipride.
02:26On va parler du fond, vous allez nous le dire.
02:28Il ne réintroduit pas l'acétamipride.
02:29Simplement pour répondre à cette question, Annie Gennevar, pourquoi n'avoir pas laissé,
02:32puisque vous dites que ce n'était pas l'initiative du gouvernement au départ, mais celle du Sénat,
02:36pourquoi n'avoir pas laissé les députés débattre de cette question ?
02:38Parce que ce qui a été voté hier soir, c'est la conclusion de la CMP, la commission mixte paritaire.
02:47Qu'est-ce que c'est qu'une commission mixte paritaire ?
02:49Ce sont des sénateurs et des députés qui se mettent ensemble pour trouver un consensus, un compromis, ce qu'ils
02:55ont fait.
02:56Et le gouvernement a respecté ce compromis.
03:00Et voilà, c'est ce qui a été soumis hier soir aux députés.
03:05Et je veux redire très clairement...
03:07Pourquoi ne pas dire à l'arrivée, le gouvernement, oui, a fait en sorte que cette mesure et cette réintroduction
03:12partielle, mais on va en parler, passe à l'arrivée.
03:15Non, non, monsieur le baron, ce n'est pas une réintroduction ni partielle ni totale.
03:21C'est simplement, dans ce texte de loi, qu'est-ce qui est dit ?
03:25C'est qu'il appartient non pas aux politiques de dire ce qu'on autorise ou ce qu'on n
03:29'autorise pas comme produits phytosanitaires.
03:31C'est à l'agence de sécurité sanitaire pour l'alimentation et l'environnement de le dire.
03:37C'est à la science de le dire.
03:39En combien de temps ? Elle aura combien de temps pour le faire ?
03:41Eh bien, nous souhaitions qu'elle dispose de six mois.
03:45Les députés ont souhaité que ce soit deux mois.
03:47et uniquement par dérogation, pour un temps limité, et pour une seule filière, la filière noisette, qui correspond à 0
03:56,02% du parcellaire agricole.
03:59Donc, voyez, il n'y a pas eu de rétablissement de la stamiprine.
04:03C'est faux de l'affirmer.
04:05Et du reste, la mesure qui a été adoptée dans le texte et qui, encore une fois, donna l'an
04:11de 16 la seule responsabilité de dire cette dérogation ou pas,
04:17c'est la mesure que les socialistes appelaient de leur vœu il y a quelques mois.
04:20Donc, pas de mensonges, pas de faux semblants.
04:23Il n'y a pas, dans ce texte de loi, de rétablissement de la stamiprine.
04:27Dans certaines conditions, si, vous l'avez dit, pour la filière noisette et betterave, pomme ou cerise,
04:32pour l'autre pesticide, Flupiradifurone, en deux mois, est-ce que l'an de 16 peut décider sereinement, sans pression
04:39du pouvoir politique ?
04:40Il ne peut pas y avoir de pression du pouvoir politique, puisque l'an de 16 décide,
04:47de façon scientifique, s'il y aura dérogation ou pas.
04:51Ce n'est plus aux politiques de le dire.
04:53Et c'est une bonne chose.
04:55Deux mois, ça suffit.
04:55C'est une bonne chose.
04:57Écoutez, les députés en ont décidé ainsi.
05:00Je rappelle quand même, M. le Baron, qu'il y a dans notre Constitution un exécutif et un législatif.
05:07Le législatif a décidé et nous respectons la décision qui a été prise.
05:11Encore une fois, vous n'avez pas laissé le débat se dérouler sur les amendements qui proposaient de supprimer la
05:16réintroduction de ces pesticides.
05:18Est-ce qu'il n'y a pas une hypocrisie à dire ?
05:20Tout est de la responsabilité du Parlement.
05:22Le gouvernement avait le choix de laisser les députés débattre.
05:26Dit l'article 45 de la Constitution sur la commission mixte paritaire.
05:31Il est soumis, les conclusions de la CMP sont soumises pour approbation aux deux assemblées,
05:36sans possibilité d'amendement, sauf si le gouvernement décide.
05:41Donc voilà, le gouvernement ne l'a pas décidé.
05:43Dans l'immense majorité des cas, il n'y a jamais d'amendement en lecture de conclusion.
05:48Mais ce que je voudrais dire, M. le Baron, et qui est très important,
05:51c'est que ce qui a été décidé hier, ces paroles à la science,
05:57c'est la science qui décide, ce n'est pas le politique qui arbitre.
06:01Et ça, c'est très important.
06:02L'acétamipride n'a pas été rétabli dans ce texte.
06:05Il appartiendra à l'Agence de sécurité sanitaire pour l'alimentation et pour l'environnement,
06:11à condition qu'il n'y ait pas d'incidence sur la santé humaine, sur l'environnement,
06:18qu'il y ait une situation d'urgence, qu'il n'y ait pas d'alternative,
06:21et qu'on soit en recherche alternative de décider d'une dérogation pour un temps limité,
06:27pour une seule filière, pour un parcellaire agricole très mesuré.
06:30Mais vous savez qu'il y a des dangers, en tout cas c'est ce que disent plusieurs études scientifiques,
06:35des dangers, évidemment pour les insectes pollinisateurs,
06:38c'est pour ça qu'on appelle les néonicotinoïdes les insecticides tueurs d'abeilles,
06:42et aussi de forts doutes sur potentiellement des troubles sur le développement du cerveau humain.
06:49Tout cela, ça a été débattu lors de la loi du plomb l'été dernier.
06:53Vous avez tous ces éléments.
06:56Il appartiendra à une agence de scientifiques chevronnés de le dire.
07:00Ce n'est pas aux politiques de se substituer aux scientifiques, chacun son métier.
07:05Vous êtes ministre de l'Agriculture, vous pouviez dire, là, le principe de précaution se justifie.
07:09Pour vous, il ne se justifie pas ?
07:11Le gouvernement, dans sa proposition initiale, avait dit qu'il ne souhaitait pas que cette mesure.
07:17Les parlementaires en ont décidé autrement.
07:19Le Sénat est allé très loin dans ses propositions.
07:22Sur cette question, comme sur l'eau, nous avons dit que le Sénat était allé trop loin.
07:27Et la CMP a fait une proposition de consensus.
07:31C'est un consensus.
07:32Ça ne satisfait jamais complètement à 100% tous les partis.
07:36Mais je veux rappeler que ce qui a été adopté hier, c'est précisément ce que demandait, par exemple, le
07:43Parti Socialiste, il y a encore quelques mois.
07:46Donc, vous voyez bien que c'est une position qui est une position de compromis, une position équilibrée.
07:52Et encore une fois, dans ce texte, on ne peut pas réduire ce texte à cette seule question.
07:5868 mesures très utiles au monde agricole.
08:02Et je veux dire aussi, très clairement, que l'agriculture française, quand je la compare aux agricultures européennes et à
08:09toutes les agricultures du monde,
08:10est soumise aux normes les plus strictes, est la plus vertueuse, est la plus exigeante.
08:16Et que nos agriculteurs, surtout en ce moment, alors qu'ils vivent une situation extrêmement douloureuse, difficile,
08:23où ils perdent des rendements, où les revenus sont menacés, où la crise climatique et météorologique les met en risque,
08:32ont besoin de notre soutien.
08:34Justement, vous dites, ne jetons pas toute cette loi d'urgence agricole dont les agriculteurs ont besoin,
08:40à cause de cette mesure sur la cétamiprise, qui avait déjà, si j'ose dire, pourri l'été du gouvernement
08:45l'été dernier,
08:45avec cette pétition qui avait recueilli sur le site de l'Assemblée plus de 2 millions de signatures.
08:51A l'arrivée, le Conseil constitutionnel avait censuré la réintroduction de la cétamiprise.
08:55Est-ce que vous souhaitez qu'il le fasse à nouveau, en vertu, encore une fois, de la charte de
08:58l'environnement ?
08:59Mais je crois que le texte qui a été adopté hier soir à l'Assemblée nationale n'a rien à
09:04voir avec le texte de la loi visant à lever les entraves,
09:09appelée loi du plomb menonville.
09:11Rien à voir.
09:12Je répète très clairement, ce texte ne réintroduit pas.
09:16L'acétamiprise et la flupiradifluorone demeurent des substances, à ce jour, interdites.
09:23Il appartiendra aux scientifiques d'en décider pour la suite.
09:26Vous l'avez évoqué également, il y a la gestion de l'eau qui fait beaucoup débat dans ce texte,
09:32y compris au sein du gouvernement, encore une fois,
09:34puisque le texte prévoit de doubler les capacités de stockage de l'eau en France pour les besoins de l
09:38'agriculture
09:41et également stipule que les préoccupations environnementales ne seront plus prioritaires par rapport aux préoccupations économiques.
09:47Est-ce que c'est la priorité de donner la primauté absolue à l'agriculture en ces temps de sécheresse
09:52exceptionnelles ?
09:53C'est ce que voulait le Sénat et c'est ce que la commission mixte paritaire a refusé.
09:58Un compromis a été adopté sur l'eau et je veux féliciter les parlementaires qui sont arrivés à ce compromis.
10:06Il n'y a pas de priorisation de l'agriculture dans l'usage de l'eau.
10:09Vous le dites clairement.
10:10L'eau est un bien commun qui doit être justement partagé.
10:14Mais je veux dire aussi qu'il y a très peu de stockage d'eau, très peu d'irrigation en
10:20France.
10:207% des terres sont irriguées en France.
10:23Comparé à d'autres pays, ça n'a rien à voir.
10:26On a besoin d'eau.
10:27Quand vous mangez une tomate, cher monsieur, vous mangez 90% d'eau.
10:30Sans eau, on ne produit pas d'alimentation.
10:33Il faut pouvoir la stocker quand elle surabonde.
10:36Il y a des territoires entiers qui ont été inondés cet hiver.
10:38On pouvait en garder un peu de ces taux dont on manque aujourd'hui.
10:42Un dernier mot Annie Gennevar pour votre collègue de la transition écologique, Monique Barbu,
10:46qui songe sérieusement ce matin à la démission.
10:48Qu'est-ce que vous lui dites ? Merci, au revoir.
10:50D'abord, moi je n'ai aucune confirmation de cette rumeur ou de cette hypothèse.
10:56Je voudrais dire qu'avec Monique Barbu, nous avons travaillé ensemble pour élaborer la version initiale de ce texte de
11:03loi.
11:03qu'elle a, comme moi, considéré que ce qu'avait adopté le Sénat allait trop loin, notamment sur la question
11:11de l'eau, et qu'il fallait y revenir.
11:13Et les parlementaires, dans leur sagesse, ils sont revenus pour une version beaucoup plus sage.
11:19L'eau doit être justement partagée.
11:22Mais il faut, là aussi en la matière, comprendre que sans eau, les agriculteurs ne peuvent pas produire.
11:29Et si on ne produit pas, M. Le Baron, qu'est-ce qui se passe ?
11:31On importe davantage.
11:33Aujourd'hui, 30% de notre alimentation est importée.
11:36Voulons-nous importer davantage ?
11:38Non, il faut que nous produisions davantage.
11:40Vous ne dites pas à votre collègue de rester au gouvernement quand il arrive.
11:42Que les agriculteurs français savent produire proprement et vertueusement.
11:46Pas de message pour Monique Barbu, donc, ce matin.
11:48Merci beaucoup, Annie Gennevard, ministre de l'Agriculture.
11:51Et merci d'avoir réservé, encore une fois, à France Inter, cette première réaction après ces débats quelque peu houleux.
11:57Merci beaucoup.
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