00:00Nos invités vont faire avec nous le bilan de la Coupe du Monde.
00:03Nathalie Yannetta avec moi en studio, directrice des sports de Radio France.
00:06Bonjour Nathalie.
00:06Bonjour Simon, bonjour à tous.
00:07Et en duplex, Bichent Elizarazu, champion du monde 98 et consultant foot de France Inter et de Radio France.
00:13Bonjour Bichent.
00:14Bonjour à tous.
00:15Alors question simple pour commencer, l'Espagne accroche donc une deuxième étoile à son maillot.
00:20Beau champion, oui ou non Nathalie ?
00:22Ah oui, beau champion, en tout cas sur hier soir il n'y avait pas photo évidemment.
00:25C'est la meilleure équipe qui a remporté cette finale et cette compétition.
00:30Et c'est heureux pour le football aussi que la pièce soit tombée du côté espagnol.
00:35Bichent, très beau champion l'Espagne.
00:40Sur ce match d'hier il n'y a pas eu photo.
00:43Je crois qu'il y a eu deux tirs argentins.
00:46L'Argentine n'a fait que défendre.
00:48L'Espagne a essayé d'attaquer.
00:50Ce n'était pas une finale très réussie mais à la fin c'est le meilleur qui a gagné.
00:55C'est bien ennuyé quand même.
00:56Beau champion mais moche finale si j'ose dire.
00:59Ah oui, c'était affreux.
01:00Quand vous n'avez qu'une seule équipe qui a envie de jouer.
01:02Enfin voilà, on avait tous petit à petit le spectre de 1994.
01:07Cette finale épouvantable déjà aux Etats-Unis.
01:10Déjà en plein après-midi qui s'est joué entre le Brésil et l'Italie à pointer le bout de
01:16son nez.
01:16Enfin on s'est beaucoup beaucoup ennuyé hier soir.
01:19Les stars en particulier, on ne les a pas vus.
01:22Messi, on ne l'a pas vu.
01:24La Minyama, le très peu, un peu plus quand même.
01:27Mais ce n'était pas la fête du foot.
01:29Mais c'était quand même la fête du foot collectif, du beau football.
01:34Parce que cette équipe d'Espagne, tout au long de cette compétition,
01:39elle aura montré quand même que c'était la meilleure.
01:42Parlons rapidement quand même, maintenant que c'est terminé, du bilan des Bleus.
01:45Même si on l'a déjà fait après la demi-finale.
01:47Et aussi après cet improbable match pour la troisième place.
01:51Là on ne s'est pas ennuyé.
01:53Par exemple dans le France-Angleterre.
01:55Oui, c'était assez baroque.
01:56C'est lunaire.
01:576 à 4 donc, défaite face à l'Angleterre samedi soir.
02:01Un mot à tête un peu plus reposée ce matin pour définir et résumer le mondial de l'équipe de
02:06France, Nathalie.
02:07Une formidable promesse.
02:09Voilà, parce que c'était une nouvelle équipe avec des joueurs qui ne se connaissent pas encore complètement.
02:16Ça fait en gros un an que l'équipe de France joue avec un quatuor d'offensif.
02:22Termine quand même avec meilleur buteur de la compétition, meilleur passeur de la compétition.
02:26Tout ça n'est évidemment pas le fruit du hasard, je crois.
02:28Bichent ?
02:29Une ascension qui se passe bien jusqu'à 6000 mètres d'altitude.
02:33On était en temps Télébreste.
02:35Et puis, passé le cap des 7000, on a bloqué.
02:40Et ça a été difficile à accepter parce que notre attaque a été assez flamboyante.
02:46Mais face à l'Espagne, on a vu ce qui nous manquait.
02:49On a vu qu'au milieu de terrain, on n'était pas au rendez-vous parce que l'Espagne, c
02:55'est le meilleur milieu de terrain au monde.
02:57Et même sur le plan collectif, sur la capacité à se faire des passes, on a été totalement dominé par
03:07cette équipe espagnole.
03:08Un mot quand même de Kylian Mbappé.
03:10Meilleur buteur du Mondial pour la deuxième édition consécutive.
03:13Meilleur buteur de toute l'histoire de la Coupe du Monde de football.
03:16Il ne faut pas minimiser l'exploit quand même.
03:18Ah non, il ne faut pas minimiser cet exploit.
03:20C'est un joueur mondial.
03:21Kylian Mbappé, il adore cette compétition.
03:23La première qu'il joue, il la gagne.
03:25Et ensuite, vous l'avez dit, il termine deux fois meilleur buteur de cette compète.
03:30Et probablement qu'il sera à terme, parce qu'il a 28 ans, donc il va en jouer au moins
03:35une autre.
03:36L'un des plus grands joueurs de l'histoire de la Coupe du Monde.
03:38Voilà, ce n'est pas un détail.
03:40On a vraiment le monde entier.
03:41Regarde Kylian Mbappé.
03:42Le monde entier aime Kylian Mbappé.
03:44À part les supporters du Real Madrid qui ont une dent contre lui.
03:48On va voir comment ils vont l'accueillir.
03:49Et du PSG.
03:50Et nous, on est là en train de chipoter, de savoir si oui ou non, c'est un joueur qui
03:55mérite le statut qui est le sien.
03:57Mais bien sûr que oui.
03:58Série de questions rapides sur ce qui a fait le plus parler pendant cette Coupe du Monde.
04:03Vous avez aimé, vous n'avez pas aimé.
04:05Le Mondial a 48 équipes.
04:07Bichent.
04:09Je n'ai pas regardé certains matchs.
04:12Pour moi, la Coupe du Monde, c'est l'élite.
04:15C'est les meilleures équipes.
04:17C'est le très très haut niveau.
04:20Donc, si on rajoute des équipes, on fait plaisir certes à des fédérations.
04:24On fait plaisir à des pays.
04:25Mais à la Coupe du Monde, je veux voir les meilleurs joueurs, les meilleures équipes.
04:28Donc, j'avais des matchs en trop.
04:30Nathalie.
04:31Il y a quelques équipes quand même qui sentent la Coupe du Monde à 48.
04:34On n'aurait pas vu.
04:35Je pense à Haïti.
04:36Je pense au Cap Vert.
04:37Et donc, rien que pour celle-là, bon, allez, allons-y.
04:41D'accord pour ce Mondial a 48, alors.
04:45Je continue.
04:46L'arbitrage qui a été particulièrement discuté à chaque match, peut-être plus que jamais.
04:50Bichent et les Arrazou.
04:51Oui, comme d'hab, on a la barre.
04:53Mais il y a toujours des décisions contestables.
05:01Non, non, c'est comme ça que le coup du monde, ça ne change pas.
05:05Vous trouvez que ça n'a pas changé, Nathalie ?
05:07C'était peut-être encore plus que d'habitude au niveau des polémiques sur l'arbitrage ?
05:11C'est-à-dire que, moi, j'ai bien aimé la manière dont les arbitres avaient eu des consignes manifestement
05:17de « laisser jouer ».
05:19Parce que c'est vrai que c'était plutôt positif.
05:21À un moment, « laisser jouer », pas « laisser casser des jambes », ça, ce n'est pas possible.
05:25Si tu voulais jouer les Paraguayens ou les Argentins, c'est sûr qu'à un moment donné, c'est bien
05:30de fixer quelques limites.
05:31On continue, Bichent.
05:33La FIFA, Donald Trump, l'ingérence politique au cœur de ce Mondial aussi ?
05:40Oui, enfin, vous n'avez pas l'impression que, globalement, il y a une ingérence de Trump partout.
05:46Donc, pourquoi il n'aurait pas eu une facette tout du monde, Nathalie ?
05:51Oui, c'est assez scandaleux, soyons honnêtes.
05:53À la fois du président des États-Unis, mais à la limite, lui, il est le pays hôte, pourquoi pas
05:57?
05:57C'est tout ce qu'a laissé faire Gianni Infantino, le patron de la FIFA.
06:00Il est censé protéger le sport, protéger le football, protéger les acteurs du sport
06:06et protéger ceux qui payent des places pour venir voir du spectacle.
06:10Il a été en dessous de tout le président de la FIFA, vraiment.
06:12Puisqu'on est sur Donald Trump, l'organisation américaine, Nathalie, je reste avec vous.
06:18Ce show à l'américaine, c'est le cas de le dire, à la mi-temps hier, 27 minutes.
06:23On rappelle qu'une mi-temps au football, c'est 15.
06:25Oui, non, ça ne va pas, en fait.
06:27C'est-à-dire, les pauses fraîcheurs, ça ne va pas.
06:28Le foot, ce n'est pas du sport américain avec des cartons.
06:31Et non, dans une mi-temps d'une finale de Coupe du Monde,
06:34on ne fait pas danser Madonna conduite dans un buggy par Ronaldinho et Ronaldo.
06:39Il n'y a rien qu'à l'aide dans cette mi-temps.
06:42Vraiment, je ne sais pas, Bichenne, ce que vous en avez pensé,
06:44mais c'était un calvaire, ces 27 minutes.
06:48Non, ça m'a saoulé, en fait.
06:49C'est simple.
06:50Quand je vais voir un match de foot, je vais voir un match de foot.
06:53Si j'ai envie d'aller voir un concert, je vais voir un concert.
06:55Et voilà, je n'ai pas envie qu'on me pose des trucs.
07:00Et voilà, il y a le spectacle en soi, le match de foot en soi.
07:04Il y a tous les éléments qu'il faut.
07:06Il y a des tempos.
07:07Et c'est vrai que déjà, sur la post-prêcheur,
07:09qu'on peut comprendre quand, en effet, on a besoin de s'hydrater très bien.
07:14Et quand il y a vraiment des températures calculaires,
07:16mais parfois, le stade est climatisé.
07:18Voilà, quand il y a la clim, bon, non.
07:21Donc voilà, on sait pourquoi ça a été fait.
07:23Et j'espère qu'on reviendra à ce football d'avant.
07:28Mais je ne suis pas certain, parce qu'il y a une économie derrière aussi.
07:32Et bon, il faut aussi que les télévisions puissent rentrer dans leurs frais,
07:38parce que le football coûte très, très cher.
07:42Mais c'est dommage, parce que le tempo du match,
07:44c'est quelque chose qu'il faut absolument respecter.
07:46Deux fois 45 minutes, 15 minutes de pause, basta.
07:48Ça a été peut-être la Coupe du Monde.
07:50Alors, bon, c'était déjà le cas au Qatar, ne l'oublions pas.
07:53Mais la Coupe du Monde la plus people de l'histoire,
07:55peut-être la moins populaire aussi.
07:56On l'a vu avec le prix des places, Nathalie.
07:58Oui, ça fait longtemps que les prix des places sont inabordables
08:02pour le commun des mortels.
08:06La pipolisation, elle était quand même beaucoup plus forte là,
08:08aux Etats-Unis, et pour cause.
08:10On a vu dans les tribunes toutes les stars,
08:12notamment de cinéma, qui se sont succédées.
08:16Il y avait parfois plus de plans sur les tribunes que sur le terrain.
08:18Oui, mais ça, à la limite, c'est un événement colossal.
08:24C'est rare, c'est puissant, une Coupe du Monde.
08:26Donc, c'est normal d'avoir envie d'aller voir ce genre de matchs
08:30qui, normalement, sont réservés effectivement aux plus grands joueurs
08:33de la planète qui se retrouvent tous les quatre ans au même endroit.
08:37Mais bon, voilà, à un moment, encore une fois,
08:41le foot, il appartient à ceux qui le jouent et à ceux qui le regardent.
08:45Allez, pour terminer, en quelques secondes, Bichente,
08:48c'est ce que vous avez préféré, ce que vous avez détesté
08:50sur cette édition 2026 du Mondial.
08:54J'ai aimé le parcours de la France.
08:58Quand même.
08:59Jusqu'à la demi-finale, comme beaucoup de monde.
09:01Et je suis tombé de très haut.
09:04Voilà, et après, j'ai aimé que l'Espagne soit championne du monde
09:08parce qu'on pratique un football ambitieux,
09:14basé de possession et puis de verticalité.
09:17Donc, j'ai aimé ce football.
09:20C'était un football séduisant.
09:23Et voilà, en face, après, j'ai aimé...
09:26Allez, même si je sais que beaucoup de gens ont critiqué
09:30cette équipe argentine par son agressivité, tout ça,
09:32mais j'ai trouvé que sur le plan de la solidarité,
09:36sur le plan de l'esprit d'équipe
09:37et sur l'idée de se battre pour un homme, Lionel Messi.
09:43Les Argentins, pendant cette Coupe du Monde,
09:45ils ont montré beaucoup de choses,
09:47mais la marche était trop haute en finale.
09:51Que du positif, donc, dans le bilan de Bichente Izarazou.
09:54Nathalie, pour terminer...
09:55On va faire pareil, on va dire du positif.
09:58J'ai aimé que le football gagne à la fin,
09:59que ce soit sur le terrain, avec la victoire de l'Espagne hier soir,
10:04mais aussi, après l'ingérence scandaleuse de Trump
10:08et de Gianni Infantino sur le carton rouge de Balogoun,
10:12eh bien, que ça n'ait pas suffi à l'équipe des Etats-Unis
10:14pour aller plus loin. Voilà.
10:16Merci beaucoup à tous les deux, Nathalie Yaneta,
10:19Bichente Izarazou.
10:20Et pour les Bleus, donc, ce sera le retour en septembre
10:23sur les terrains pour ces joueurs,
10:25avec un nouveau sélectionnaire.
10:27Qui sera nommé la semaine prochaine,
10:28et qui s'appelle Zinedine Zidane.
10:29Pas de surprise de ce côté-là.
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