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  • il y a 3 ans
Jean-François Husson rapporteur pour la commission d'enquête sur le fonds Marianne revient sur l'audition de Mohamed Sifaoui au Sénat ce matin et notamment la persistance d'incohérence entre les propos des différentes personnes auditionnées

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Transcription
00:00 je vais mettre dans le contexte peut-être une certaine tension, voilà, qui n'excuse pas tout mais...
00:06 - Principal, information, révélation de cette audition,
00:10 Mohamed Sifawi a bénéficié d'un contrat de consultant auprès du CIPDR alors que, et on le rappelle,
00:16 il était salarié de l'association qui bénéficiait de subventions de ce CIPDR,
00:21 c'est une révélation, vous nous dites, ça vous a surpris ?
00:25 - C'est une révélation, on a du mal à voir des personnes avoir plusieurs emplois à temps plein,
00:34 c'est une information nouvelle qui nous a interpellés évidemment,
00:40 même si, comment M. Sifawi nous a expliqué, avoir des capacités de travail hors normes.
00:49 - Oui, il dit aussi qu'ils se sont trahis par les mensonges, les approximations et la politique d'amnésie
00:55 qu'a menée sur ce dossier.
00:58 Il pointe vers Marlène Schiappa, non c'est ça, il a été abandonné en race campagne hier par Marlène Schiappa
01:02 et aujourd'hui il avait des mots très durs envers la ministre.
01:05 - Oui, tout en l'exonérant de malversation, voire de responsabilité, puis à la fin,
01:12 il y a eu plusieurs incises quand même très dures,
01:18 où on voyait en tous les cas largement, me semble-t-il, l'ombre de la ministre,
01:23 non seulement planer, mais être attaquée avec beaucoup de vivacité.
01:31 - M. Sifawi est revenu sur le chiffrage du budget pour son association,
01:35 il dit "nous avons travaillé sur le chiffrage d'un projet pluriannuel sur trois ans
01:39 avec au total 1,5 million d'euros".
01:41 On rappelle que le budget de cette association en 2020 c'était 50 000 euros.
01:43 - 50 000 euros, tout à fait.
01:45 - Et cinq adhérents.
01:46 Comment est-ce qu'on explique qu'une telle association puisse
01:49 candidater à des subventions pareilles ?
01:51 - Je vais vous dire, au jour d'aujourd'hui, de mon point de vue, ça ne s'explique pas.
01:56 C'est-à-dire que...
01:58 - C'est là l'un des graves dysfonctionnements dans le dossier selon vous ?
02:01 - Il y aura, et on va s'employer, on identifie un certain nombre d'incohérences,
02:07 de dysfonctionnements, on verra comment on qualifie les faits
02:12 selon leur importance, leur éventuelle gravité.
02:16 Mais manifestement, effectivement, sur une association très éloignée dans son objet,
02:21 dont j'ai bien compris ce matin à travers certaines des questions que j'ai posées,
02:26 qu'il n'y a même peut-être pas, je dirais, le suivi administratif
02:33 au travers des assemblées générales éventuelles sur l'évolution...
02:35 - Vous lui avez dit, les administrateurs enregistrés en préfecture
02:38 et ceux sur les documents qui sont fournis ne sont pas les mêmes.
02:41 Qu'est-ce qui se joue autour de cette USEPPM ?
02:44 - Je pense qu'il se joue, me semble-t-il...
02:47 - Un mec confiné, cette association ?
02:49 - Certainement la volonté d'un travail commun,
02:54 sous l'autorité du pouvoir politique et de son administration dans ce domaine-là,
03:00 et ayant identifié un acteur, une personnalité, certains disent un expert,
03:06 enfin voilà, quelqu'un qui manifestement avait trouvé avec des clés de passage
03:13 la volonté de lui donner une place, à défaut que ce soit intuitu personné,
03:20 en tous les cas avec un outil support.
03:23 Et le Fonds Marianne permettait pour des associations,
03:27 donc peut-être raccrocher à une association,
03:29 il y a eu beaucoup d'imprécisions lorsque j'ai tenté d'obtenir des dates et puis des adhésions.
03:37 - C'est pour ça que Daniel Breuillet a ce micro à votre place il y a quelques semaines,
03:40 parler de "république des copains", ou en tout cas de soupçons autour de cette "république des copains".
03:44 Alors ce terme a vraiment été dénoncé en audition ce matin par Mohamed Sifawi,
03:50 mais vous comprenez que des observateurs puissent se dire cela ?
03:53 - Je ne vais pas me placer sur les termes employés par les uns par les autres,
03:59 mais on voit bien qu'il y a aujourd'hui beaucoup d'incohérences,
04:03 un manque évident de rigueur.
04:06 Enfin, on est sur, je rappelle, une ambition forte,
04:11 un combat quasiment de très haut rang du gouvernement de la République à travers une ministre,
04:16 mais quand même du gouvernement de la République à l'issue de l'attentat de Samuel Paty.
04:21 Sa mémoire à Samuel Paty ne mérite pas d'être salie.
04:25 Je pense qu'on a une exigence et un devoir d'éthique
04:29 au regard de ces événements et de ces valeurs auxquelles on dit être attaché.
04:35 Évidemment, liberté, égalité, fraternité, mais aussi effectivement laïcité et le combat contre le séparatisme.
04:43 Il ne faut pas transiger avec cette exigence.
04:46 Et je crois malheureusement, les dernières auditions nous ont montré qu'il y avait finalement ce lien, cette exigence.
04:53 On en est, me semble-t-il, très éloigné.
04:56 Les résultats sont assez navrants.
04:59 Mais justement, c'est ça, monsieur Husson, c'est ma dernière question.
05:01 Mais quand on se dit que notre politique publique en matière de lutte contre la radicalisation,
05:06 elle est avec de tels dysfonctionnements quand on regarde à l'intérieur
05:11 et qu'on creuse un peu le fonctionnement du CEPDA,
05:13 est-ce qu'on ne se dit pas qu'il y a de graves manquements dans la façon dont la politique publique
05:18 de lutte contre la radicalisation est menée en France, au-delà du fonds Marianne ?
05:22 Alors, au-delà du fonds Marianne, je pense qu'on a un devoir de changer de braquet.
05:31 Certainement en utilisant plusieurs outils pour s'attaquer à ces discours séparatismes,
05:37 à tout ce qui viendrait ébranler notre République sur ses fondamentaux.
05:41 Il ne faut rien lâcher.
05:44 Il faut y aller au corps à corps, maître à maître, parce que je pense que ce combat le mérite.
05:51 C'est un combat qui est un combat évidemment national, mais universel.
05:56 On le sent aujourd'hui et manifestement, nous n'avons pas les bons outils.
06:01 Le fonds Marianne aurait pu être l'occasion d'expérimenter des procédés,
06:06 notamment pour aller au combat sur les réseaux sociaux.
06:10 Manifestement, on n'est pas du tout à la hauteur du rendez-vous promis initialement.
06:14 Eh bien, merci. Merci, monsieur Husson.
06:16 Juste un dernier mot, il nous reste quelques secondes,
06:18 mais est-ce que vous avez le sentiment d'avoir mis au jour quelque chose ?
06:21 Vous y attendiez un tel niveau de dysfonctionnement en lançant cette enquête ?
06:25 Non, mais...
06:27 Vous reconnaissez ce scandale ?
06:30 Cette commission d'enquête, je le dis aujourd'hui,
06:34 à chaque audition, il s'est passé quelque chose et toujours quelque chose d'inattendu.
06:39 Donc, il faut regarder maintenant sereinement, froidement et objectivement.
06:43 Nous avons un devoir de vérité de la part de notre Assemblée, du Sénat,
06:49 sur le contrôle de l'action du gouvernement et de la dépense publique,
06:52 sans oublier quand même, au-dessus de tout,
06:55 ne pas salir la mémoire de Samuel Paty et les valeurs que devait porter le fonds Marianne,
07:00 où manifestement, je l'ai dit, la maille a été très lâche.
07:04 [Musique]
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