00:00 je vais mettre dans le contexte peut-être une certaine tension, voilà, qui n'excuse pas tout mais...
00:06 - Principal, information, révélation de cette audition,
00:10 Mohamed Sifawi a bénéficié d'un contrat de consultant auprès du CIPDR alors que, et on le rappelle,
00:16 il était salarié de l'association qui bénéficiait de subventions de ce CIPDR,
00:21 c'est une révélation, vous nous dites, ça vous a surpris ?
00:25 - C'est une révélation, on a du mal à voir des personnes avoir plusieurs emplois à temps plein,
00:34 c'est une information nouvelle qui nous a interpellés évidemment,
00:40 même si, comment M. Sifawi nous a expliqué, avoir des capacités de travail hors normes.
00:49 - Oui, il dit aussi qu'ils se sont trahis par les mensonges, les approximations et la politique d'amnésie
00:55 qu'a menée sur ce dossier.
00:58 Il pointe vers Marlène Schiappa, non c'est ça, il a été abandonné en race campagne hier par Marlène Schiappa
01:02 et aujourd'hui il avait des mots très durs envers la ministre.
01:05 - Oui, tout en l'exonérant de malversation, voire de responsabilité, puis à la fin,
01:12 il y a eu plusieurs incises quand même très dures,
01:18 où on voyait en tous les cas largement, me semble-t-il, l'ombre de la ministre,
01:23 non seulement planer, mais être attaquée avec beaucoup de vivacité.
01:31 - M. Sifawi est revenu sur le chiffrage du budget pour son association,
01:35 il dit "nous avons travaillé sur le chiffrage d'un projet pluriannuel sur trois ans
01:39 avec au total 1,5 million d'euros".
01:41 On rappelle que le budget de cette association en 2020 c'était 50 000 euros.
01:43 - 50 000 euros, tout à fait.
01:45 - Et cinq adhérents.
01:46 Comment est-ce qu'on explique qu'une telle association puisse
01:49 candidater à des subventions pareilles ?
01:51 - Je vais vous dire, au jour d'aujourd'hui, de mon point de vue, ça ne s'explique pas.
01:56 C'est-à-dire que...
01:58 - C'est là l'un des graves dysfonctionnements dans le dossier selon vous ?
02:01 - Il y aura, et on va s'employer, on identifie un certain nombre d'incohérences,
02:07 de dysfonctionnements, on verra comment on qualifie les faits
02:12 selon leur importance, leur éventuelle gravité.
02:16 Mais manifestement, effectivement, sur une association très éloignée dans son objet,
02:21 dont j'ai bien compris ce matin à travers certaines des questions que j'ai posées,
02:26 qu'il n'y a même peut-être pas, je dirais, le suivi administratif
02:33 au travers des assemblées générales éventuelles sur l'évolution...
02:35 - Vous lui avez dit, les administrateurs enregistrés en préfecture
02:38 et ceux sur les documents qui sont fournis ne sont pas les mêmes.
02:41 Qu'est-ce qui se joue autour de cette USEPPM ?
02:44 - Je pense qu'il se joue, me semble-t-il...
02:47 - Un mec confiné, cette association ?
02:49 - Certainement la volonté d'un travail commun,
02:54 sous l'autorité du pouvoir politique et de son administration dans ce domaine-là,
03:00 et ayant identifié un acteur, une personnalité, certains disent un expert,
03:06 enfin voilà, quelqu'un qui manifestement avait trouvé avec des clés de passage
03:13 la volonté de lui donner une place, à défaut que ce soit intuitu personné,
03:20 en tous les cas avec un outil support.
03:23 Et le Fonds Marianne permettait pour des associations,
03:27 donc peut-être raccrocher à une association,
03:29 il y a eu beaucoup d'imprécisions lorsque j'ai tenté d'obtenir des dates et puis des adhésions.
03:37 - C'est pour ça que Daniel Breuillet a ce micro à votre place il y a quelques semaines,
03:40 parler de "république des copains", ou en tout cas de soupçons autour de cette "république des copains".
03:44 Alors ce terme a vraiment été dénoncé en audition ce matin par Mohamed Sifawi,
03:50 mais vous comprenez que des observateurs puissent se dire cela ?
03:53 - Je ne vais pas me placer sur les termes employés par les uns par les autres,
03:59 mais on voit bien qu'il y a aujourd'hui beaucoup d'incohérences,
04:03 un manque évident de rigueur.
04:06 Enfin, on est sur, je rappelle, une ambition forte,
04:11 un combat quasiment de très haut rang du gouvernement de la République à travers une ministre,
04:16 mais quand même du gouvernement de la République à l'issue de l'attentat de Samuel Paty.
04:21 Sa mémoire à Samuel Paty ne mérite pas d'être salie.
04:25 Je pense qu'on a une exigence et un devoir d'éthique
04:29 au regard de ces événements et de ces valeurs auxquelles on dit être attaché.
04:35 Évidemment, liberté, égalité, fraternité, mais aussi effectivement laïcité et le combat contre le séparatisme.
04:43 Il ne faut pas transiger avec cette exigence.
04:46 Et je crois malheureusement, les dernières auditions nous ont montré qu'il y avait finalement ce lien, cette exigence.
04:53 On en est, me semble-t-il, très éloigné.
04:56 Les résultats sont assez navrants.
04:59 Mais justement, c'est ça, monsieur Husson, c'est ma dernière question.
05:01 Mais quand on se dit que notre politique publique en matière de lutte contre la radicalisation,
05:06 elle est avec de tels dysfonctionnements quand on regarde à l'intérieur
05:11 et qu'on creuse un peu le fonctionnement du CEPDA,
05:13 est-ce qu'on ne se dit pas qu'il y a de graves manquements dans la façon dont la politique publique
05:18 de lutte contre la radicalisation est menée en France, au-delà du fonds Marianne ?
05:22 Alors, au-delà du fonds Marianne, je pense qu'on a un devoir de changer de braquet.
05:31 Certainement en utilisant plusieurs outils pour s'attaquer à ces discours séparatismes,
05:37 à tout ce qui viendrait ébranler notre République sur ses fondamentaux.
05:41 Il ne faut rien lâcher.
05:44 Il faut y aller au corps à corps, maître à maître, parce que je pense que ce combat le mérite.
05:51 C'est un combat qui est un combat évidemment national, mais universel.
05:56 On le sent aujourd'hui et manifestement, nous n'avons pas les bons outils.
06:01 Le fonds Marianne aurait pu être l'occasion d'expérimenter des procédés,
06:06 notamment pour aller au combat sur les réseaux sociaux.
06:10 Manifestement, on n'est pas du tout à la hauteur du rendez-vous promis initialement.
06:14 Eh bien, merci. Merci, monsieur Husson.
06:16 Juste un dernier mot, il nous reste quelques secondes,
06:18 mais est-ce que vous avez le sentiment d'avoir mis au jour quelque chose ?
06:21 Vous y attendiez un tel niveau de dysfonctionnement en lançant cette enquête ?
06:25 Non, mais...
06:27 Vous reconnaissez ce scandale ?
06:30 Cette commission d'enquête, je le dis aujourd'hui,
06:34 à chaque audition, il s'est passé quelque chose et toujours quelque chose d'inattendu.
06:39 Donc, il faut regarder maintenant sereinement, froidement et objectivement.
06:43 Nous avons un devoir de vérité de la part de notre Assemblée, du Sénat,
06:49 sur le contrôle de l'action du gouvernement et de la dépense publique,
06:52 sans oublier quand même, au-dessus de tout,
06:55 ne pas salir la mémoire de Samuel Paty et les valeurs que devait porter le fonds Marianne,
07:00 où manifestement, je l'ai dit, la maille a été très lâche.
07:04 [Musique]
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