- il y a 1 heure
Au programme de ce nouveau numéro de Et Maintenant ! : la guerre en Iran. Les bombardements américano-israéliens se poursuivent contre la République islamique, en réplique Téhéran mobilise ses soutiens au Liban avec le Hezbollah et poursuit ses tirs de missiles sur Israël et les pays du Golfe, on va fera un point sur les derniers évènements et sur les justifications de cette guerre. Du côté de la France, sommes-nous sur le point d’entrer en guerre, nous Français ? Cette semaine Emmanuel Macron a prononcé une allocution pour faire le point sur la situation. Nous parlerons également de la dernière sortie de Jean-Luc Mélenchon, après Epstein, voici "Glucksment", le leader Insoumis a de nouveau écorché un nom à consonance étrangère lors de l’un de ses meetings, refusant toutes les accusations d’antisémitisme. Sur X il écrit "J’ai déformé par erreur beaucoup de noms dans ce discours (...) Celui de Glucksmann provoque des réactions alors même que j’ai rectifié sur le champ. J’en suis le premier désolé pensant à ceux que cela blesse. Je retiens la leçon. On ne m’y reprendra pas. » A quoi joue Jean-Luc Mélenchon ? Et enfin, les élections municipales : à une semaine du premier tour, la campagne bat son plein malgré le contexte international. Nous parlerons notamment de Nice où les deux principaux candidats, Christian Estrosi et Eric Ciotti sont à couteaux tirés. Année de Production :
Catégorie
📺
TVTranscription
00:12Amis téléspectateurs, salutations distinguées, j'espère que vous allez bien vous regarder
00:16et maintenant l'émission qui revient avec plaisir et avec vous sur l'actualité politique
00:20de la semaine, hashtag et maintenant si vous souhaitez réagir comme un air de printemps
00:25sur ce plateau avec Roselyne Bachelot, bonjour Roselyne, vous êtes ancienne ministre
00:29je renvoie à votre dernier livre, une omerta française, c'est un récit poignant et très actuel aussi
00:35sur les violences faites aux enfants, c'est à lire, c'est à retrouver chez Plon, merci d'être avec
00:39nous
00:39chère Roselyne, bonjour Bruno Jeudy, vous êtes directeur délégué de la rédaction de la Tribune dimanche
00:45ravi de vous retrouver dans cette émission, bonjour Alexandra Schwarzbrud, vous êtes directrice adjointe
00:50de la rédaction de Libération, vous êtes aussi romancière et vous publiez le livre Les pains de Rechmaïa
00:55Lettre de Palestine et d'ailleurs, c'est une correspondance que vous avez entretenue pendant un an
01:01avec le grand photographe libanais Fouad El Khoury, merci d'être avec nous, on peut vous lire aux éditions
01:06Artho, bonjour docteur, un temps de verre, écrivain et philosophe, vous avez écrit notamment
01:12Pensez contre soi-même, c'est-à-dire chez Albain Michel, merci d'être avec nous Nathan
01:16Dans cette émission, on fera un point sur les élections municipales, à une semaine maintenant
01:21du scrutin, on vous dira qui va gagner et qui va perdre, on reviendra sur les bisbis à gauche
01:25et les dérapages contrôlés ou pas contrôlés de Jean-Luc Mélenchon et on se demandera
01:29si nous sommes en train de se faire entraîner dans la guerre au Moyen-Orient
01:33La séance est ouverte
01:35Bonjour Président Larcher, mais d'abord la guerre en Iran, une semaine maintenant que les bombardements
01:39américano-israéliens se poursuivent contre la République islamique
01:42En réplique, Téhéran mobilise ses soutiens au Liban avec le Hezbollah et poursuit ses
01:47tirs de missiles sur Israël et les pays du Golfe
01:49On va faire un point sur les derniers développements, mais avant ça, on va revenir aux justifications
01:54de cette guerre, écoutez
01:56Il y a peu de temps, l'armée américaine a commencé des opérations militaires majeures
02:00en Iran. Notre objectif est de défendre le peuple américain en éliminant des menaces
02:05imminentes venues du régime iranien, un groupe féroce de personnes très dures et terribles
02:10Ces activités menaçantes mettent directement en danger les Etats-Unis, nos troupes, nos
02:15bases à l'étranger et nos alliés dans le monde entier
02:19Mes frères et sœurs, citoyens d'Israël, il y a peu, Israël et les Etats-Unis ont lancé
02:24une opération visant à éliminer la menace existentielle que représente le régime terroriste
02:29iranien
02:34Nous créerons les conditions qui permettront au courageux peuple iranien de se débarrasser
02:38du jou de ce régime meurtrier
02:41Voilà donc pour les justifications officielles de cette guerre, je vais vous poser une question
02:45simple et en même temps très compliquée, on va commencer par vous, docteur Devers
02:49C'est une guerre nécessaire, il faut peut-être expliquer aussi ce que c'est que le concept
02:53de guerre nécessaire, mais selon vous cette guerre est justifiée, elle est nécessaire ?
02:56C'est une question en effet très compliquée parce qu'il y a toute une doctrine en philosophie
03:02de la guerre juste qui existe depuis l'Antiquité jusqu'à aujourd'hui avec tout un tas de
03:08critères et en général une guerre juste c'est une guerre disons un des critères de
03:13défense et pas d'attaque, là quand même ce qui me frappe c'est que ce régime islamique
03:19qui existe depuis 1979, ces dernières années, combien de manifestations, de révoltes,
03:26voire de tentatives de révolution héroïques ont eu lieu en Iran, à commencer par ces dernières
03:32semaines, qui ont été réprimées dans le sang de façon dramatique avec, on n'aura pas peut-être
03:38de bilan chiffré précis de ce qui s'est passé en janvier mais on parle de 35, 36, et probablement
03:44davantage en deux jours, c'est un massacre comme il n'était jamais arrivé au XXIe siècle
03:49avec cette rapidité-là à cet égard, que Donald Trump, que je passe mon temps à critiquer
03:54aussi bien en politique intérieure qu'en politique extérieure, s'il arrive à faire
03:58tomber ce régime-là, eh bien je n'aurai aucun problème, même si c'est lui, à dire
04:02que c'est une grande action.
04:05Et c'est une guerre peut-être nécessaire, c'est ce que vous dites, vous connaissez
04:08la région par cœur Alexandra, pour vous, comment vous réagissez à ce que vient de dire
04:11Nathan ? Pour vous c'est une guerre justifiée ?
04:13Je ne suis pas du tout d'accord avec Nathan Devers parce que je pense que Donald Trump
04:18et Benyamin Netanyahou n'en ont strictement rien à faire de la population iranienne, absolument
04:23rien, c'est-à-dire que ce n'est pas du tout pour aller sauver les Iraniens du joug
04:27des Mollahs qu'ils ont lancé cette guerre.
04:30Je suis d'accord en revanche sur le fait que les Iraniens et les Iraniennes se sont
04:35conduits de façon héroïquissime ces dernières semaines, ces derniers mois, ces dernières
04:41années, en allant manifester dans la rue, en sachant qu'ils risquaient leur vie, mais
04:47c'est malheureusement pas l'attaque israélo-américaine qui va les sauver du joug des Mollahs,
04:54puisqu'on voit bien que cette guerre qui a l'air de, pour Israël, elle est totalement
04:59contrôlée, pour Trump, elle part totalement en sucette.
05:02On va revenir, oui.
05:03On voit bien que...
05:05Mais selon vous, il n'y a pas de justification du tout à cette guerre ?
05:08Il n'y a pas de justification immédiate et même, au contraire, je pense qu'elle
05:13risque de semer le chaos dans l'ensemble du Moyen-Orient.
05:16Roselyne, si vous devez départager nos deux camarades.
05:19Je ne vais pas les départager parce que je suis d'accord avec tous les deux.
05:22Et on pourrait reprendre la phrase latine, père Augusta, par des voies détournées
05:31vers des moyens justes, c'est-à-dire qu'il y a non seulement un État qui a réprimé
05:38dans le sang toute forme d'opposition démocratique, mais il y a aussi un État scélérat, fasciste,
05:45au terme, si on veut employer les termes hexa, c'est-à-dire qui arme des milices armées
05:52sur un sol étranger, qui décide de la mort d'Israël et des Israéliens,
06:02qui soutient le régime de Bachar el-Assad, qui tue des centaines de milliers de Syriens.
06:08C'est un facteur de désagrégation de tout ce Moyen-Orient.
06:12Il y a non seulement la menace sur sa propre population, mais la menace sur l'ensemble
06:17de la population. Alors c'est vrai que se débarrasser de ce régime apparaît
06:24comme une nécessité absolue qui dépasse largement, d'ailleurs, la situation qui est faite aux
06:31Iraniens et, je dirais, surtout aux Iraniennes. Ceci étant, c'est vrai que, quand on regarde
06:39les justifications de M. Trump, on se dit, et je suis d'accord quand vous dites,
06:44il se moque complètement de ce qui se passe, en fait, en Iran. Il s'en moque tout à fait.
06:50Il nous a raconté qu'il avait détruit le potentiel nucléaire de l'Iran.
06:58Tout d'un coup, il justifie qu'il intervienne justement pour en détruire le potentiel.
07:03Il nous dit qu'il ne vise pas le renversement du régime, mais qu'il faudrait qu'il participe
07:10au nouveau régime. Enfin, tout est, j'allais dire, contradictoire, incompréhensible. Il
07:17fait une guerre juste par des moyens injustes.
07:20– Bruno, cette guerre devait avoir lieu un jour ou l'autre. Alors il y a déjà eu
07:23effectivement la guerre des 12 jours l'année dernière, mais cette guerre avec vraiment
07:27l'intervention américaine à ce niveau-là, vous pensez qu'elle devait avoir lieu un jour
07:30contre les Iraniens après tout ce qu'on sait, après l'arrivée au pouvoir en 79 ?
07:34– Je pense que depuis le mois de janvier, elle était sans doute devenue irréversible.
07:39Nathan Devers a bien décrit ce qui s'est passé ces dernières semaines avec ce massacre
07:45inouï du mois de janvier en deux jours de peut-être 30 000, 35 000 Iraniens et Iraniennes
07:51qui sont descendus dans la rue et qui ne le faisaient pas pour la première fois.
07:54Ça fait des années, en fait ça fait 47 ans que ce régime empoisonne le monde,
07:59que ce régime s'assoie sur toutes les résolutions, tous les traités, toutes les menaces,
08:04tous les avertissements et au fond, de l'intérieur, c'est impossible de faire tomber ce régime.
08:10Donc il y a un moment, il faut accepter l'idée que ça se fasse par l'extérieur et peu
08:14importe,
08:15même si je ne défends pas Donald Trump, peu importe que les Israéliens et les Américains
08:19s'en fichent, je ne sais pas d'ailleurs s'ils s'en fichent véritablement,
08:22mais en tous les cas, on peut l'imaginer pour Donald Trump qui, dans un premier temps,
08:26a dit oui, maintenant à vous de vous libérer, et puis on voit bien que,
08:30vu la difficulté de sortir de ce conflit, il s'éloigne du but initial,
08:35mais au fond, peu importe, ce régime doit tomber et une partie est tombée quand même
08:39samedi matin avec cette frappe sur les 48 dirigeants de ce pays.
08:44C'est intéressant, Alexandra, quand vous écoutez Bruno, vous dites
08:46que toute intervention extérieure est de toutes les manières toujours à condamner.
08:50Non, non, mais il y a quand même des accords internationaux,
08:54il y a des règles de droit international, on a l'impression que ça n'existe plus,
08:58le droit international n'existe plus.
09:00La croissance iranienne a jamais existé.
09:01Oui, mais bien sûr, mais nous on n'est pas le régime iranien,
09:08jusqu'à preuve du contraire des démocraties,
09:11et donc on se conduit, on se conduit comme Poutine, on y va,
09:15il y a Trump, il y a un chef d'État qui lui déplaît, hop, on le dégomme,
09:21et donc on est au Far West, on est dans un monde de testostérone,
09:25de pognon, parce qu'il ne faut pas oublier les arrières-plans,
09:30les arrières-pensées économiques.
09:32Donald Trump et Benjamin Netanyahou, d'ailleurs,
09:36veulent refaçonner tout le Moyen-Orient à leurs mains
09:39avec les monarchies pétrolières du Golfe.
09:42Donald Trump a son gendre, Yared Kuchner,
09:44qui est maqué avec toutes les monarchies pétrolières du Golfe.
09:49– Pour vous, il y a une justification économique, financière derrière cette guerre ?
09:52– Il y a aussi des considérations économiques et également politiques,
09:56puisque Benjamin Netanyahou, il y a des élections dans quelques mois,
10:00et donc il se présente comme le seul rempart contre les menaces extérieures,
10:05et Donald Trump, lui aussi, ça lui permet…
10:08– Et on laisse le peuple…
10:09– Je veux dire que la mort d'Ali Ramini m'a profondément réjoui,
10:12je le dis clairement.
10:13– Oui, mais moi aussi, mais attendez, mais moi aussi,
10:16c'est un régime monstrueux, le régime des Mollats.
10:19Ce sont des tyrans sanguinaires, et bien sûr, c'est une bonne chose,
10:24s'ils tombaient, ce serait une bonne chose,
10:26mais pas de cette façon-là, en semant le chaos dans l'ensemble de la région.
10:29– Nathan voulait réagir, je crois, sur ce qu'on appelle le droit d'ingérant,
10:31c'est ça, entre les interventions extérieures ?
10:33– Bien sûr, et que j'étais d'accord avec votre objection,
10:35je ne fais pas l'apologie de Donald Trump,
10:37et en effet, il n'y a aucune référence dans son discours
10:41à l'exigence démocratique, aux droits humains de façon générale,
10:44et on a vu ce qu'il a fait au Venezuela,
10:47cette méthode du régime change par les airs,
10:49c'est-à-dire uniquement en décapitant,
10:51et donc sans chercher à créer une solution politique de substitution,
10:57mais juste en s'arrangeant d'accord avec des autocrates,
11:00si c'est ça qu'il veut faire, garder le régime tel quel,
11:02mettre un Larijani ou quelqu'un d'autre,
11:05et ça ne changera rien au sort des Iraniens,
11:07et ce serait une catastrophe.
11:08Ça nous amène peut-être à une réflexion,
11:09c'est la place de l'Europe,
11:11parce que là, franchement, l'Europe a été plutôt hors de cette guerre,
11:14la France était en dehors,
11:16peut-être que la nôtre, aujourd'hui,
11:18c'est de soutenir des perspectives de transition démocratique en Iran,
11:21qu'elles puissent ou non advenir, personne n'est devant.
11:24Et lesquelles ?
11:24Alors il y a le prince héritier et son programme en 100 jours,
11:28il y en a d'autres, on peut en discuter,
11:30mais en tout cas soutenir cette perspective-là.
11:32– Combien de temps cette guerre va-t-elle durer ?
11:33Ça dépend un peu du moment où on pose la question à Donald Trump, écoutez-le.
11:42– Nous sommes déjà nettement en avance sur nos prévisions.
11:45– Mais quel que soit le délai, ce n'est pas grave.
11:49Quoi qu'il en coûte, nous ferons toujours…
11:51Au départ, nous avions prévu 4 à 5 semaines,
11:54mais nous avons les capacités nécessaires pour aller bien au-delà.
11:58Nous le ferons.
11:59Quoi qu'on ait pu dire aujourd'hui,
12:01oh, si le président veut agir très rapidement après cela,
12:04il va s'ennuyer, je ne m'ennuie pas.
12:05Il n'y a rien d'ennuyeux dans tout cela.
12:09– C'est du Trump dans le texte ou ça traduit quelque chose un peu
12:12les hésitations à l'intérieur de l'administration américaine ?
12:15– Ce qui est évidemment tout à fait inquiétant,
12:18c'est la résilience du pouvoir politique iranien
12:23et encore sa capacité de frappe et de réaction
12:27vis-à-vis d'une attaque qui est strictement aérienne,
12:33puisqu'il n'est pas question d'envoyer des troupes à pied en Iran,
12:37qui serait la seule façon finalement de dégommer définitivement
12:40le régime iranien.
12:42Donc d'ailleurs, la base MAGA qui soutient Donald Trump
12:47est extrêmement inquiète d'une guerre qui va durer.
12:52On se rend compte d'ailleurs que les Américains
12:54sont en train de nous préparer à une guerre
12:58qui pourrait durer plusieurs mois.
13:01Et ils sont dans une capacité industrielle
13:04pour résister aux drones et aux missiles iraniens
13:08qui est évidemment face à cette guerre presque artisanale
13:13dans laquelle ils sont maintenant entraînés
13:15après une guerre aérienne de haute technologie.
13:18On voit bien qu'ils ont des difficultés aussi à gérer ça
13:21parce que pour en être réduits à demander conseil aux Ukrainiens
13:25pour combattre les drones et les missiles iraniens,
13:31il y a comme ça des paradoxes de l'histoire
13:34et des moqueries de l'histoire qui sont tout à fait amusantes
13:37au premier degré, mais extrêmement inquiétantes
13:40quand on les analyse au fond.
13:41– Il y a des gains politiques à récolter pour Donald Trump.
13:46De manière générale, dans des guerres,
13:48est-ce qu'il y a des gains politiques à engranger pour les leaders ?
13:51– À court terme, il y a surtout des pertes politiques possibles
13:54pour Donald Trump puisqu'il a décidé quelque part
13:57de s'opposer à sa base MAGA.
13:58Et à quelques mois de mid-terme qui sont compliqués,
14:02si ce conflit doit durer, et on voit bien qu'à travers
14:06ces propos de la semaine qui sont contradictoires,
14:10les buts de guerre n'est pas vraiment bien définis.
14:13Et cette guerre dont il dit qu'elle pourrait durer un mois,
14:17il a lui-même du mal à planifier.
14:20Quand il y a eu la première guerre du Golfe,
14:22elle a duré 38 jours, mais elle a été planifiée.
14:24D'abord, frappe aérienne pendant un gros mois,
14:27et puis une invasion terrestre.
14:28– Ça veut dire qu'il n'y a pas de plan.
14:29J'imagine qu'il y a quand même des gens qui pensent
14:31et qui réfléchissent au pentagone.
14:32– Oui, mais on voit bien qu'il y a des oppositions
14:37dans son propre camp.
14:38– Il y a des oppositions dans son camp,
14:39et puis à l'échelle de l'alliance,
14:41enfin l'alliance, le tandem qu'il forme avec Benjamin Netanyahou,
14:44lui, il a un but de guerre beaucoup plus précis
14:46que ne l'a Donald Trump.
14:48Donc les gains politiques pour Donald Trump dans cette affaire,
14:52ça risque d'être assez compliqué,
14:54à part vraiment, ce qui sans doute,
14:56il a peut-être cru au départ,
14:57faire tomber le régime très vite,
14:59et là, auquel cas, il aurait engrangé un énorme gain politique.
15:02– Et c'est pour ça qu'on a du mal à comprendre
15:03pourquoi aussi Donald Trump se lance dans cette aventure,
15:06dans cette opération.
15:08Je ne sais pas comment vous l'expliquez, vous, Alexandra,
15:09effectivement, il y a des élections qui arrivent très vite.
15:12C'est novembre, c'est octobre ou novembre ?
15:14Novembre, les midterms aux États-Unis.
15:16Pourquoi il se lance là-dedans,
15:17alors qu'effectivement, il a beaucoup à perdre politiquement ?
15:19C'est ce qu'on appelait autrefois l'impérialisme américain.
15:22Comment vous justifiez cette opération américaine ?
15:24– Et l'hubris, surtout, je pense, beaucoup l'hubris.
15:27Donald Trump a été galvanisé par son succès vénézuélien,
15:32c'est-à-dire où il a réussi en quelques heures
15:34à kidnapper le président Nicolas Maduro,
15:37et ça s'est passé avec très peu de pertes civiles,
15:40avec très peu de… enfin voilà, vraiment…
15:43– Je traduis sentiment toute puissance.
15:45– Et donc, sentiment de toute puissance.
15:46Il a Benyamin Netanyahou qui lui mord les mollets,
15:50enfin qui l'assaille de demandes,
15:53qui ne cesse de lui demander d'aller refrapper l'Iran,
15:56parce que souvenez-vous de la guerre des 12 jours,
15:58en juin dernier, déjà une attaque israélo-américaine sur l'Iran.
16:03C'est Donald Trump qui, à un moment, a dit stop,
16:06on arrête l'attaque sur l'Iran,
16:08et Benyamin Netanyahou a dû remballer les Gaules,
16:10alors qu'il voulait continuer.
16:12Et donc, ça fait des semaines, des mois,
16:15que Netanyahou demande à Trump de…
16:17– Mais ce que vous dites, c'est que c'est Netanyahou
16:18qui a entraîné Donald Trump dans…
16:20parce qu'il y a tout un débat aux États-Unis actuellement.
16:22– Ben, Macron-Giou l'a un peu dit.
16:23– Macron-Giou l'a dit quand même.
16:25– Non mais Netanyahou, lui, a des objectifs très clairs.
16:29Lui, contrairement à Donald Trump, très clairs.
16:31Il veut, en effet, éliminer la menace iranienne
16:34qu'il considère, enfin que les Israéliens considèrent,
16:38à juste titre, comme existentielle,
16:40parce que c'est vrai que l'Iran, son objectif,
16:43c'est de détruire Israël, ça, là-dessus, on est d'accord,
16:47et aussi, surtout, d'en profiter pour frapper le Liban,
16:51pour détruire le proxy iranien au Liban, qui est le Hezbollah,
16:55et donc, si vous voulez, il veut « nettoyer »
16:58entre guillemets, toute la région, de toutes les menaces possibles.
17:01– Donc c'est plus clair côté Israélien que côté Américain.
17:03– Ah, c'est très clair côté Israélien.
17:04– Nathan, sur cette idée que c'est Netanyahou
17:07qui entraîne les États-Unis et Donald Trump dans cette guerre.
17:10– Ce qui est certain, c'est que ce qui se passe,
17:11c'est le but de la vie politique de Netanyahou.
17:14– Il est rentré en politique israélienne sur ce combat-là,
17:20ce combat existentiel contre le régime iranien,
17:22qu'il a fait un bras de fer incroyable avec Barack Obama
17:26à l'époque des accords sur le nucléaire,
17:28en allant le défier jusqu'au congrès américain,
17:30et que pour lui, c'est la concrétisation vraiment d'une aventure,
17:34d'un projet qui dure depuis 30 ans.
17:37Mais moi, du côté de Trump, il y a un truc
17:38que je n'arrive vraiment pas à comprendre.
17:40Si on réfléchit pour l'instant, Donald Trump n'a jamais pris,
17:43à ma connaissance, une seule fois une décision importante
17:46qui allait à l'encontre de ce que pensaient ses partisans,
17:50de ce que voulaient ses partisans.
17:51C'est la définition vraiment basique du populiste,
17:53le démagogue qui voit les sondages
17:55et qui ne va jamais prendre le risque
17:57de déplaire à sa fan base, comme on dirait en anglais.
18:00Il a pu leur déplaire, mais involontairement,
18:02sur l'affaire Epstein, certains ont eu l'impression
18:04qu'il les avait trahis en ne voulant pas,
18:06en mettant du temps à divulguer les documents.
18:09Et là, c'est quand même manifestement la première fois de sa vie,
18:12surtout à la veille d'élection,
18:13qu'il n'a pas une méthode populiste
18:15et qu'il va à l'encontre,
18:17non seulement de ce qui semble être une majorité,
18:19quand même, au regard des sondages
18:21des électeurs américains en général,
18:23mais même dans son camp,
18:25et même d'un Tucker Carlson,
18:26même de gens qui ont été très influents dans la base MAGA,
18:28qui lui disent qu'il trahit son slogan de America First,
18:31puisque là, il n'est pas dans la logique du America First,
18:35et évidemment, peut-être aussi,
18:36même de son vice-président, J.D. Vance.
18:38Tout ça est très bizarre, d'un point de vue, je dirais,
18:41presque psychologique, je n'arrive pas à comprendre.
18:42– Sommes-nous sur le point d'entrer en guerre, nous, Français ?
18:45Cette semaine, Emmanuel Macron a prononcé une allocution
18:47pour faire le point sur la situation.
18:49On écoute le chef de l'État et puis vous faire agir juste après.
18:51– Les États-Unis d'Amérique et Israël ont décidé de lancer des opérations militaires.
18:58Elles ont été conduites en dehors du droit international,
19:01ce que nous ne pouvons pas approuver.
19:04Il reste que l'histoire ne pleure jamais,
19:06les bourreaux de leur peuple,
19:08et aucun ne sera regretté.
19:11– Bruno, à quoi servait cette intervention,
19:13cette allocution du chef de l'État ?
19:15– D'abord, elle servait à rattraper sa première réaction
19:19après les frappes de samedi,
19:22où on a senti un président un peu vexé, un peu amer,
19:25un peu… voilà, une première réaction
19:29pas très compréhensible, pas très lisible.
19:31Là, il a remis les choses un peu à l'endroit,
19:33avec un propos sobre, pédagogique,
19:36essayant d'expliquer pourquoi la France envoyait son porte-avions
19:40et frégate et le dispositif,
19:43parce qu'on est tenu par des traités déjà,
19:45donc il faut venir en aide au pays
19:47avec qui on a des traités, des accords bilatéraux.
19:51Et puis la France, elle a aussi…
19:53c'est une des rares armées qui peut…
19:55Donc il a un peu remis les choses à l'endroit,
19:58avec ce concept un peu de…
20:00nous, on est en retrait,
20:01on est en gros une espèce de position défensive,
20:06mais qui risque sans doute d'entraîner la France
20:09plus loin qu'elle ne le croit
20:10ou que le président ne le dise encore en public.
20:14– Est-ce qu'il nous prépare à la guerre, Rosine, très clairement ?
20:17– Non, je crois qu'il ne nous prépare pas
20:19à une guerre offensive en alliance
20:21avec les États-Unis et Israël, bien entendu.
20:25Que le président de la République,
20:28chef des armées, ait été, je dois dire,
20:31contrarié de voir qu'une guerre
20:34était ainsi lancée par les États-Unis
20:36sans même, il a dit, ni impliqué, ni informé,
20:40je crois que c'est le terme qui a été choisi
20:43par le président de la République
20:44et qu'il en exprime une certaine irritation,
20:47c'est éminemment compréhensible.
20:49Que le président de la République s'adresse au pays
20:51dans des circonstances aussi tragiques
20:55et anxiogènes, c'est aussi tout à fait normal.
20:57Il a quand même réussi un joli coup, Emmanuel Macron,
21:00parce que je dois dire que de faire deux interventions,
21:04l'une sur la force nucléaire à l'île longue
21:08et ensuite le discours au pays,
21:11remarquablement court et maîtrisé, 12 minutes.
21:14– 12 minutes, ça, pédago, là, pour une fois.
21:16– C'est la première fois, je crois bien, que ça arrive.
21:18Et qu'il y ait deux discours qui ont reconstitué,
21:23dans un pays éminemment fracturé,
21:25une unité nationale.
21:27– Mais ce n'est pas toujours un peu le cas
21:29quand on est en guerre, non ?
21:30– On dit suffisamment de mal d'Emmanuel Macron.
21:33– Vous y en a raison, en une semaine,
21:35deux discours où il n'est pas critiqué,
21:36et même Jean-Luc Mélenchon rassuré par son discours lundi,
21:39et Marine Le Pen, Jordan Barnella, qui lui donne acte.
21:42– Bon, c'est quand même…
21:44– C'est pas mal.
21:44– Saluons, saluons l'exploit.
21:47– L'Espagne, de son côté, a dit non à Donald Trump,
21:50non à la coopération militaire
21:51et non à la guerre contre l'Iran, écoutez.
21:53– En premier lugar, non à la quiebra.
21:55– Premièrement, non à la violation du droit international
21:58qui nous protège tous,
22:00en particulier les plus démunis, la population civile.
22:02– Deuxièmement, non à l'idée que le monde
22:07ne peut résoudre ses problèmes que par les conflits et les bombes.
22:10Et enfin, non à la répétition des erreurs du passé.
22:14En résumé, la position du gouvernement espagnol
22:16peut se résumer en quatre mots,
22:18non à la guerre.
22:20– Comment vous avez accueilli ce discours
22:23du Premier ministre espagnol, Alexandra ?
22:25– C'est le traditionnel pacifisme de gauche qu'on a vu ici ?
22:28– Non, mais on peut critiquer,
22:31il est quand même courageux, Pedro Sanchez.
22:33On se souvient, c'est un des rares
22:35qui soit allé sur place aux portes de Gaza
22:38pour dire qu'il fallait arrêter le massacre
22:40qui s'y produisait.
22:42Là, il ose s'opposer aux États-Unis,
22:45il n'y en a pas beaucoup en ce moment
22:46qui osent s'opposer à Donald Trump.
22:49– Les États-Unis ont demandé d'utiliser des bases…
22:51– Des bases en Espagne, il a refusé.
22:54Et moi, je trouve ça très courageux.
22:56Après, on est pris dans un monde guerrier
22:58et il faut en effet pouvoir se défendre soi-même.
23:03Donc, je ne sais pas si j'irai jusque-là.
23:05Mais alors, pour ce qui est d'Emmanuel Macron,
23:09il aime les crises.
23:10Il est bon dans les situations de crise.
23:12Souvenons-nous des discours sur le Covid,
23:14en plein Covid.
23:15Il était dans son élément.
23:16Et souvenez-vous, déjà, pendant le Covid,
23:19il parlait de la guerre.
23:21– Nous sommes en guerre.
23:21– C'est quelque chose…
23:22Voilà, c'est là où il est dans son élément
23:25parce qu'il est chef des armées, chef d'État.
23:28Il est bien meilleur dans ces moments-là
23:30que dans beaucoup d'autres.
23:32Mais le problème, c'est qu'il ne représente plus rien.
23:36– Emmanuel Macron, pas la France.
23:38– Emmanuel Macron, déjà, étant fin de règne,
23:43la France et l'Europe tout entière
23:45ne représentent plus rien dans cette affaire.
23:47– Et pourtant, on entend les États-Unis
23:48nous demander de l'aide.
23:50– Ah, très peu.
23:50– En Espagne, en France.
23:51Pourquoi les États-Unis nous demandent
23:53d'intervenir d'une certaine manière dans ce conflit ?
23:56– Déjà, juste sur le non à la guerre,
23:59les gens qui s'exprimaient comme ça,
24:00je ne compare pas les deux guerres, évidemment.
24:01Mais en 1936, la gauche espagnole sait que ce pacifisme-là,
24:07derrière ses bonnes intentions,
24:08derrière la moralité qu'il affiche,
24:10peut contribuer à renforcer des mécanismes
24:13de domination et de barbarie.
24:14– Vous distribuez quoi ?
24:15– Voilà, mais je ne vais pas m'aventurer davantage.
24:17En revanche, je pense que la position française,
24:20là où elle serait forte,
24:22il y a les lacunes que vous avez indiquées,
24:24qui sont plus que des lacunes,
24:25dans la méthode américaine et dans la méthode israélienne,
24:28qui sont peut-être, surtout dans la méthode américaine,
24:31cette illusion de penser qu'uniquement en décapitant
24:33par des bombes un régime,
24:35on va amener la démocratie,
24:37c'était le discours des néoconservateurs,
24:39et Donald Trump, il n'est même plus dans la volonté
24:41d'amener la démocratie.
24:42Si la France peut essayer de combler cette carence-là,
24:45travailler à réfléchir à la transition politique…
24:47– Mais ça veut dire qu'on doit aller sur le terrain, Nathan.
24:48– Ça ne veut pas dire s'opposer,
24:49comme les Espagnols, à l'Amérique,
24:50ça veut dire réfléchir à une troisième voie.
24:51Ce n'est pas par le militaire, par la reconnaissance,
24:55le dialogue avec des forces politiques,
24:58des opposants iraniens.
25:00On pourrait parler du projet de Reza Palavi,
25:03mais il y en a d'autres des opposants iraniens.
25:05Et si la France arrivait à venir sur la table
25:07en amenant ce qui manque aujourd'hui à la situation,
25:10ça pourrait être fort.
25:11– Alors en France, la locution d'Emmanuel Macron
25:13a suscité aussi beaucoup, beaucoup de réactions.
25:16Écoutez, par exemple, Dominique de Villepin.
25:18– Rappelons-nous, nous avons éliminé Ben Laden,
25:22quelques mois et années plus tard,
25:24nous avons eu l'État islamique.
25:26Nous avons éliminé Saddam Hussein,
25:28nous avons eu le chaos en Irak.
25:30Nous avons éliminé le colonel Kadhafi,
25:32nous avons eu le chaos en Libye.
25:34Donc ce n'est pas si simple.
25:36Et il y a un principe de responsabilité.
25:39Nous ne sommes pas aujourd'hui, dans cette région,
25:42devant un jeu vidéo.
25:43Le risque, c'est d'entrer dans une guerre asymétrique,
25:45c'est-à-dire devoir utiliser des moyens de violence,
25:47des moyens de terrorisme qui changent la nature du conflit.
25:51– Les interventions de Dominique de Villepin
25:52sont toujours très suivies sur ces questions.
25:55Qu'est-ce que vous en pensez, vous, Roselyne ?
25:56Il a raison, il a tort, Dominique de Villepin ?
25:58– Le fait de constater que chaque fois
26:02qu'une solution politique alternative
26:04arrive dans les fourgons de l'étranger,
26:07que ces solutions sont vouées à l'échec,
26:09alors là, c'est un constat que l'on fait
26:12sur toutes ces dernières années.
26:14On se souvient d'Amid Karzaï en Afghanistan
26:17ou d'Amid Shalabi en Irak.
26:19Bon, très bien.
26:20Et c'est un peu d'ailleurs le problème
26:22du fils du dernier chat d'Iran,
26:24c'est que, outre qu'il est le fils de son père,
26:27évidemment, ce qui n'est pas dans son CV
26:31un élément très performant,
26:33c'est qu'il arriverait dans le fourgon des Américains
26:36une nouvelle fois.
26:38Outre qu'il apparaît,
26:39et il donne une image très américanisée,
26:41parce que des amis iraniens m'ont dit
26:43qu'ils s'expriment en farcie
26:44avec un accent américain extrêmement prononcé.
26:48– Mais ils représentent la monarchie
26:50qui a depuis 4000 ans.
26:51– Mais ils représentent une monarchie
26:52que les Iraniens ont chassée eux-mêmes.
26:56Et ils n'ont pas été chassés
26:57par une puissance étrangère,
26:59ils ont été chassés par les Iraniens
27:00et d'un régime qui n'était pas
27:02un régime extrêmement démocrate.
27:06– Mais juste pour revenir sur Dominique de Villepin,
27:08il représente quelque chose aussi en France,
27:10cette voie de dire,
27:10on n'intervient pas, il ne faut pas intervenir.
27:12– C'est pour ça que je vous réponds
27:16et je dis, mais où est la solution alternative
27:20que nous pourrions pousser ?
27:23Je ne la vois pas, je ne vois pas le chèque,
27:25je ne vois pas le chef, je ne vois pas les troupes,
27:29on les verrait comment ?
27:31Je ne le vois ni identifié,
27:35ni sur le plan opérationnel.
27:37Dominique de Villepin, il exprime, j'allais dire,
27:40une nostalgie française propre au Quai d'Orsay,
27:46à ses traditions pro-arabe.
27:49Dans ce qu'il dit, le constat est juste.
27:51Après, il ne développe pas de solution
27:53pour se débarrasser de ce régime.
27:56C'est vrai que l'idéal, c'est que ça vienne de l'intérieur,
27:59mais on l'a dit en début d'émission,
28:03des tentatives de l'intérieur, il y en a eu plusieurs,
28:06elles se sont terminées par la mort de ceux qui ont essayé,
28:09par l'emprisonnement,
28:10il y a des tas de gens qui pourraient arriver au pouvoir
28:13et qui sont dans les geôles iraniennes,
28:15et toutes les tentatives, elles ont échoué
28:17parce que de l'intérieur, ça ne suffit pas.
28:20Donc c'est pour ça que cette intervention extérieure,
28:22elle peut peut-être nourrir, relancer une possibilité intérieure.
28:27Je ne crois pas trop à la solution du fils du chat.
28:30On voit bien que, franchement,
28:32arriver comme ça sur le port de bagage des Américains,
28:35c'est à peu près l'échec à ce moment-là.
28:37Alors lui, c'est pour instaurer, ce serait éventuellement,
28:39pour instaurer de manière transitoire la démocratie.
28:41Oui, il explique bien dans ses interventions.
28:43Alexandra, sur Dominique de Villepin, je crois que vous vouliez réagir.
28:46Oui, il exprime surtout une voie sur le droit international,
28:50c'est ça qu'il a, et bon, il est avocat, il sait de quoi il parle,
28:55et je crois que c'est ça la règle,
28:57qu'on a l'air de tous et toutes oublier le droit international.
29:02Ça doit continuer à être la matrice, la base de tout ce qui se passe.
29:05Mais est-ce que ça l'a déjà été, excusez-moi,
29:08est-ce que ça l'a déjà été dans les relations internationales ?
29:10Non, mais c'est bien, mais malheureusement,
29:10il y a plein de, on se souvient de Bush en Irak,
29:14que ça fait malheureusement des décennies
29:16que les leaders occidentaux s'assoient sur le droit international.
29:19Et c'est dramatique, et regardez où en est le monde.
29:22Regardez le résultat.
29:23On est au bord d'une...
29:24Est-ce que ce serait pas encore pire si on respectait le droit international ?
29:28Essayons, essayons pour voir une fois.
29:30Vous voyez, ça nous changerait peut-être de ce qu'on est en train de vivre.
29:33Et moi, le problème, pour revenir à Emmanuel Macron,
29:35qui fait ce qu'il peut,
29:36mais moi, ce dont j'ai très peur,
29:38c'est qu'il se retrouve entraîné malgré lui,
29:40dans une guerre qu'il ne trouve ni juste, ni justifiée.
29:46Qu'on se retrouve, nous, Français, dans cette guerre ?
29:47Bien sûr, nous, Français et Européens,
29:50entraînés militairement.
29:52Il a déjà, il a annoncé qu'on envoyait des moyens militaires
29:57vers la Méditerranée.
29:58Donc, on va se retrouver entraînés.
30:00Et pourtant, Emmanuel Macron sait très bien
30:03que cette guerre n'est ni juste, ni justifiable.
30:06Vous craignez, vous aussi, qu'on se soit...
30:08Alors, Rosine dit qu'on est déjà dans cette guerre.
30:10Vous êtes d'accord avec ça, Nathan ?
30:12De façon plus générale,
30:13même si c'est vrai que sur la question du droit international,
30:15on est rentré dans ce que Juliano d'Ampoli
30:17appelle l'ère des prédateurs,
30:19c'est-à-dire un moment où l'illusion,
30:21est-ce que cette illusion a déjà été effective ?
30:23Je ne sais pas.
30:24Mais des principes, de la philosophie
30:25qui a inspiré la construction de l'ONU,
30:28est en train de s'effondrer complètement.
30:31Alors, quelle doit être la position de la France et de l'Europe ?
30:34C'est la fameuse phrase de Pascal
30:35sur n'ayant pu faire que le juste fut fort.
30:38On a fait que le fort fut juste.
30:40C'est très, très difficile d'incarner une justice
30:45quand on est soi-même désarmé
30:47ou quand on incarne cela.
30:48Je crois que l'exemple, quand même,
30:50que la France doit suivre...
30:51Alors, sur le cas iranien,
30:52c'est difficile de savoir comment on peut l'appliquer.
30:54Mais sur l'Ukraine, on a été extraordinaire.
30:56Quand Donald Trump a voulu trahir Zelensky,
30:59que l'Ukraine aurait pu capituler
31:01juste après l'humiliation dans le bureau ovale,
31:03que les renseignements et l'aide militaire ont été suspendus
31:06et que c'était une catastrophe pour l'Ukraine,
31:08c'est grâce, en l'occurrence, à la France,
31:10à la coalition des volontaires.
31:11Et là, on a incarné à la fois la justice et à la fois la force.
31:14Donc, il faut refaire la même chose.
31:15Sur le terrain iranien, c'est autre chose.
31:17Allez, la politique après Epstein.
31:20Voici, luxement, le leader insoumis,
31:22Jean-Luc Mélenchon, a de nouveau écorché
31:24un nom à consonance étrangère
31:26lors de l'un de ses meetings.
31:27C'était à Perpignan.
31:28C'était le week-end dernier. Écoutez.
31:30— Alors, c'est le moment que choisit
31:34l'incomparable et inimitable Mme Delga
31:39qui va se présenter devant vous
31:41avec des saboteurs professionnels de la gauche
31:44comme M. Glucksmann.
31:46Et je ne sais qui encore.
31:47Glucksmann, pardon.
31:49Après, j'en ai pour des heures.
31:52— À la suite de cette sortie,
31:55Jean-Luc Mélenchon a réagi aux accusations d'antisémitisme.
31:57M. Hicks, il écrit « J'ai déformé par erreur
32:00beaucoup de noms dans ce discours.
32:01Celui de Glucksmann provoque des réactions
32:03alors même que j'ai rectifié sur le champ.
32:05J'en suis le premier, désolé,
32:07pensant à ceux que cela blesse.
32:09Je retiens la leçon.
32:11On ne m'y reprendra pas. »
32:12C'était une maladresse, Bruno ?
32:15Point d'interrogation.
32:16— C'est pas une maladresse.
32:17Jean-Luc Mélenchon va de provocation en provocation.
32:21Il a décidé de s'installer dans ce rôle
32:22de diable de la République,
32:24la tunique que Jean-Marie Le Pen lui a laissée.
32:27Et c'est dramatique.
32:28C'est dramatique pour la gauche.
32:30C'est dramatique pour la carrière de cet homme politique
32:34qui, maintenant, est très loin de nous.
32:36— Mais donc vous ne pensez pas sincère ses excuses ?
32:39Parce que ce n'est pas tout à fait des excuses.
32:41— Je ne dis pas...
32:42— C'est plutôt des rectifications.
32:43— Je ne dis pas et je ne pense pas
32:46que Jean-Luc Mélenchon soit antisémite.
32:48Je dis simplement qu'il est entré dans un personnage
32:52qui, aujourd'hui, le contraint quasiment
32:55à aller de provocation en provocation
32:56pour installer un peu plus ce duel à mort à ses yeux
33:01entre la gauche radicale et la gauche modérée
33:04ou social-démocrate.
33:05— Donc c'est une stratégie politique.
33:07— Donc c'est une stratégie de lutte à mort
33:09entre ces deux gauches.
33:10Et c'est ce que Jean-Luc Mélenchon veut
33:12pour, à la fin, dit-il, le répète-t-il sans arrêt,
33:15ça se jouera entre eux et nous, évidemment,
33:18le Rassemblement national et cette gauche radicale
33:21qu'ils pensent incarner encore.
33:22— Rosine.
33:23— Je connais Jean-Luc Mélenchon depuis 40 ans.
33:27J'ai même fait des émissions avec lui.
33:30Nous étions sur une chaîne d'info il y a très longtemps
33:32où on discutait, on débattait.
33:35— Et vous avez souvent dit qu'il était très cultivé,
33:38très intelligent.
33:39— Voilà. Mais j'hésite dans l'analyse.
33:42— Ah.
33:43— J'ai le sentiment, quelquefois, vous savez,
33:46dans les familles du grand-père gâteux
33:48qui dit des horreurs dans les repas de mariage
33:50ou de communion, et dont on se dit
33:52comment on va l'arrêter.
33:53Parce que, quand même, il y a chez Jean-Luc Mélenchon,
33:57que je connais bien, un petit problème psychopathologique.
34:02Il y a cette levée d'inhibition assez caractéristique
34:06des atteintes frontales dans les dégénérescences cognitives.
34:10Il y a quand même un...
34:11— Vous allez loin. — Comment ?
34:12— Vous allez loin, Rodine, oui.
34:14— Non, mais attendez, je regarde l'individu
34:17que je connais depuis 40 ans.
34:19Enfin, il y a quelque chose qui se passe pour arriver à ça.
34:23Et puis, il y a évidemment l'entraînement d'un hubris
34:27qui a parfaitement marché jusqu'alors,
34:30mais où il va trop loin.
34:32Et les dernières études d'opinion
34:35montrant que sa cible primaire est en train de le lâcher,
34:40ça, c'est évidemment extrêmement inquiétant.
34:43pour son futur destin.
34:46On sent bien, d'ailleurs,
34:48cette espèce d'excuse-rectification
34:50a été aussi sollicitée par un certain nombre de ces troupes
34:54qui, pourtant, d'habitude, n'ont pas vaut au chapitre.
34:56Marine Le Pen a été interrogée sur cette affaire.
34:59On lui a demandé si Jean-Luc Mélenchon
35:01faisait du Jean-Marie Le Pen.
35:03Écoutez sa réponse.
35:04Les propos et le comportement de Jean-Luc Mélenchon
35:08actuellement sont bien pires
35:10que ce qui a pu être reproché
35:12Il est dans les mêmes dérives
35:14que celles qui vous ont conduite à exclure
35:16Jean-Marie Le Pen du Rassemblement national.
35:17Il est dans une provocation électoraliste
35:21qui vise à manier l'antisémitisme
35:26pour essayer de mobiliser
35:30l'électorat antisémite.
35:33Bon, Nathan, on entend Marine Le Pen,
35:36bien pire, il ne faut peut-être pas exagérer,
35:38il n'a pas fait de propos négationnistes
35:40Jean-Luc Mélenchon.
35:41Voilà, Jean-Marie Le Pen, c'était encore autre chose.
35:43Phrase fascinante.
35:44Marine Le Pen, disons, c'est bien pire.
35:47Il faudrait ajouter peut-être deux autres citations
35:50sur ce sujet.
35:51Marion Maréchal, comme Jordan Bardella,
35:53quand on leur demande en interview
35:56est-ce que Jean-Marie Le Pen était antisémite,
35:58leur premier mouvement est de répondre
36:01je crois qu'il ne l'était pas,
36:02comme si c'était un objet de croyance,
36:04qu'il n'y avait pas eu de condamnation
36:05et que ça ne relévait pas de faits historiques.
36:08C'est aussi d'ailleurs peut-être
36:09dans la manière dont Jean-Luc Mélenchon
36:11veut occuper, comme vous le disiez,
36:14cette position de diable de la République,
36:15une des conséquences.
36:16Le fait de dire que l'antisémitisme d'extrême droite
36:19n'existerait plus, voire n'aurait jamais existé.
36:22Et ça, c'est terrible.
36:23Moi, je ne sonde pas les cœurs et les reins.
36:24Je ne sais pas s'il est antisémite
36:26dans son cœur, dans son miroir, etc.
36:27Ça ne m'intéresse pas.
36:28Ce que je constate, c'est qu'il a construit
36:30une rhétorique antisémite,
36:32depuis des années d'ailleurs,
36:33quand il parlait en 2014 de communautés agressives
36:36et violentes,
36:37quand il disait qu'Éric Zemmour était raciste
36:39parce qu'il reproduisait les tropes culturelles
36:41du judaïsme,
36:42comme si ces tropes étaient intrinsèquement racistes,
36:44quand il disait,
36:46quand Jésus portait sur la croix
36:47par ses co-religionnaires,
36:49Jérôme Gage, tenu à la laisse
36:52de ses adhésions,
36:53et la liste de citations serait longue.
36:55Et ce qui est intéressant de voir,
36:56c'est que dans cet antisémitisme-là,
36:58vous avez une sédimentation
36:59de tous les antisémitismes.
37:00Il y a des reliquats d'antisémitisme chrétien
37:02dans son discours,
37:03il y a des reliquats, évidemment,
37:04d'antisémitisme socio-économique,
37:06il n'y a peut-être pas le racial
37:07des années 20-30,
37:08ça, on ne le trouve pas,
37:09mais il y a le nouvel antisémitisme aussi,
37:11c'est-à-dire celui qui,
37:14instrumentalisant la cause palestinienne,
37:16criminalise la notion même
37:17d'un État des juifs.
37:18Critiquer la politique d'Israël,
37:19c'est une chose.
37:20Criminaliser cette notion,
37:21c'en est une toute autre,
37:22et c'est des choses qu'on retrouve aussi
37:24dans son discours.
37:25Alexandra, j'aimerais vous faire réagir
37:26à cette formule,
37:27on a entendu chez Bruno et chez Nathan,
37:28le nouveau diable de la République
37:30et ce serait volontaire, conscient.
37:32Est-ce que vous êtes d'accord avec ça ?
37:34Non, mais je trouve que tout ça
37:35est affligeant,
37:36tout ça est profondément affligeant.
37:39Jean-Luc Mélenchon,
37:42ce n'est pas pardonnable
37:43la façon dont il est en train
37:44de se conduire,
37:45cette dérive,
37:46cette agressivité,
37:47c'est vrai qu'il est parti
37:49dans un truc,
37:51que je pense que Roselyne Bachelot
37:52n'est pas très loin de la vérité,
37:55quelque chose presque qui le dépasse.
37:57Et moi, ce que je trouve terrible,
38:00c'est le mal que ça fait à la gauche,
38:02alors qu'on n'a jamais eu autant besoin
38:04d'une gauche forte,
38:06apte à lutter contre la dérive
38:08de la droite,
38:09qui semble de plus en plus attirée
38:11par l'extrême droite
38:12et la dérive de l'extrême droite.
38:14Mais ce que je trouve affligeant aussi,
38:15c'est que des médias
38:17invitent Marine Le Pen
38:19pour lui faire commenter
38:20les paroles de Jean-Luc Mélenchon.
38:22Mais on joue à quoi, là ?
38:24On est où, là ?
38:25On a l'impression
38:26que tout est focus
38:28sur Jean-Luc Mélenchon.
38:29On finit par en oublier
38:31totalement les turpitudes
38:32de l'extrême droite,
38:33voire de la droite,
38:34qui est de plus en plus attirée
38:35vers l'extrême droite.
38:36On en oublie
38:37qu'il y a des candidats RN
38:39et heureusement
38:40qu'il y a des médias
38:41qui bossent sur le sujet,
38:42notamment Libération.
38:43Hier, on a encore
38:46à l'issue d'une enquête
38:48montré que des candidats RN
38:50tenaient des propos
38:51pétainistes, homophobes
38:52ou je ne sais quoi,
38:54terribles.
38:54Et on finit par oublier ça.
38:56Et on ne parle que
38:58de Jean-Luc Mélenchon.
38:59Certes, ce type est sorti
39:00totalement des clous.
39:02Ses remarques antisémites
39:03sont insupportables
39:05et je les condamne à 100%.
39:05Vous dites qu'il ne faut pas oublier
39:06ce qu'on va appeler
39:07les brebis galeuses
39:08au Rassemblement national.
39:10Mais arrêtons de mettre
39:10le projecteur uniquement sur lui.
39:12Oui, il y a des...
39:15Au RN, le RN est un danger immense
39:18et on est aux portes.
39:20Le RN est aux portes du pouvoir
39:21et ça, il faut le rappeler.
39:22Puisque vous parlez de la gauche,
39:23Alexandra, cette affaire a provoqué
39:24beaucoup de remous
39:25dans la sphère politique
39:26et notamment au Parti socialiste
39:28qui a condamné
39:29dans un communiqué de presse
39:30les caricatures, je cite,
39:31les caricatures complotistes
39:32et les propos antisémites
39:35intolérables
39:35lancés par Jean-Luc Mélenchon.
39:37Ça y est, la rupture est actée,
39:39notamment, on va parler
39:40dans quelques instants
39:41des municipales.
39:41Mais entre les différents
39:43partis de gauche, Bruno,
39:44ça y est, la rupture est consommée ?
39:46Au sommet, elle le semble.
39:49Je reste très prudent quand même.
39:50Je pense que les municipales
39:51seront un bon révélateur
39:52de cette...
39:54j'allais dire,
39:55de l'importance
39:56de cette rupture.
39:57est-ce qu'on est sur une rupture nette ?
39:59Voilà, le Parti socialiste
40:01et ses alliés quittent
40:04toute forme d'alliance
40:05avec les insoumis.
40:06Ou est-ce qu'on va être
40:08sur un discours national
40:09et puis des accords locaux,
40:11des arrangements
40:12pour sauver des villes ?
40:15Au fond, est-ce qu'on est
40:15sur la position de Carole Delga,
40:17qui l'a exprimée assez simplement
40:20dans la tribune de dimanche,
40:21plutôt perdre des villes
40:24que renoncer à nos valeurs ?
40:26C'est un peu la position
40:27de Glucksmann, de Gage,
40:29de quelques autres
40:29qui sont claires
40:30depuis déjà un certain temps.
40:31Et puis ceux qui, au jour,
40:33se disent,
40:34bon, mais quand même,
40:35il faut sauver Nantes,
40:35il faut sauver...
40:37Voilà, mais c'est important.
40:38Bruno, avoue que ça met
40:40une lumière crue
40:41sur l'alliance
40:42qui avait été conclue...
40:44En 2024 ?
40:44En 2024.
40:46On est d'accord.
40:46Où un certain nombre d'analystes
40:48avaient dit,
40:48vous vous engagez
40:49dans une alliance scélérante.
40:52Bien sûr.
40:52Parce que tous les éléments
40:53d'analyse étaient déjà là.
40:54Oui, y compris certains dirigeants
40:56qui, aujourd'hui,
40:57changent de position.
40:58François Hollande
40:59qui a accepté la NFP.
41:00Ils ont été très peu
41:01à s'opposer
41:02au nouveau Front populaire
41:04qui était un accord électoral,
41:05au fond,
41:07largement dominé
41:07par l'attelage
41:09Mélenchon-Bompard-Panneau.
41:10Bon, on va parler
41:11des élections municipales.
41:12Du coup, c'est dans presque
41:13une semaine.
41:14Oui, par nos ans, oui.
41:15Maintenant,
41:16premier tour, donc,
41:17le dimanche 15 mars.
41:18La campagne bat son plein
41:19malgré le contexte international.
41:21À Nice,
41:21les deux principaux candidats
41:23sont à couteau tiré.
41:24Écoutez.
41:26Le Conseil d'État a tranché.
41:27L'extrême droite,
41:28l'ERN,
41:29est incarné
41:30par M. Ciotti.
41:31Aujourd'hui,
41:33j'incarne Nice
41:33comme je l'ai toujours incarné.
41:35Au centre, à droite,
41:36je suis gaulliste
41:37et niçois.
41:38Il a été estrosiste.
41:40Il a été sarkoziste.
41:41Il a été fioniste.
41:42Il a été voquériste.
41:43Il a été pécréciste.
41:45Il est aujourd'hui le péniste.
41:46Qu'est-ce que vous voulez
41:47que j'y fasse ?
41:47Vous l'avez été avant moi le pénis.
41:49Aujourd'hui,
41:50aujourd'hui,
41:51aujourd'hui,
41:51aujourd'hui,
41:53dans une chambre d'hôtel,
41:55l'hôtel Mercure à Marseille.
41:58Belle ambiance.
41:59À Nice,
41:59on est au beau milieu
42:00d'une bataille de sondages.
42:01Une étude Opinion Web
42:02placée avec Ciotti loin devant.
42:0445% en premier tour
42:05contre seulement 27%
42:07pour Christian Estrosi.
42:08Un autre sondage IFOP
42:09publié dans la foulée
42:10resserre, lui,
42:11l'écart avec Christian Estrosi.
42:1338% pour Ciotti.
42:1532% pour Christian Estrosi.
42:18Ce qui se joue,
42:18Rosine,
42:19aujourd'hui à Nice,
42:19c'est quoi ?
42:20C'est l'avenir de la droite,
42:21d'un côté proche
42:22de Macronisme
42:24et de l'autre proche,
42:25voire alliée
42:26avec le Rassemblement National ?
42:27C'est-à-dire qu'on peut
42:28mettre le focus sur Nice
42:30parce qu'il y a une sorte
42:31d'opéra malsain
42:35qui se joue d'ailleurs
42:36depuis un certain...
42:37Bien avant d'ailleurs
42:39M. Estrosi et M. Ciotti.
42:42On peut rappeler
42:44l'histoire de la famille médecin,
42:47par exemple.
42:48Mais ce qu'il y a,
42:50si on le considère seulement
42:51comme un phénomène local,
42:52je crois qu'on se tromperait.
42:54C'est un phénomène
42:55beaucoup plus général
42:58et qui est finalement
42:59la disparition de LR.
43:02On assiste à ça à Nice,
43:04mais ailleurs aussi.
43:04Mais ailleurs aussi.
43:05C'est une sorte d'implosion
43:07et je dois dire
43:08que je n'ai jamais été
43:10adhérente LR
43:11puisque j'ai renoncé
43:12à adhérer
43:12à un parti politique
43:13en 2012.
43:14Mais c'est ma famille,
43:16c'est des gens
43:16avec lesquels j'ai travaillé.
43:19Estrosi,
43:20j'ai été avec lui
43:20au gouvernement.
43:22C'est ma famille politique,
43:24c'est de là
43:25d'où je viens.
43:25Et de voir
43:26cette catastrophe
43:29absolument incroyable,
43:30ce reniement
43:31à toutes les valeurs
43:32qui ont fait ma famille.
43:35Je repense
43:36au discours
43:36de Jacques Chirac
43:37à Rennes
43:38entre les deux tours
43:39de l'élection présidentielle
43:41de 2002.
43:42Je repense à tout ça,
43:43ce qui a fait mon histoire.
43:45Mais ça me donne envie
43:46de vomir.
43:47– Est-ce que vous assistez
43:48à quelque chose ?
43:49Cette lutte franticide
43:51vous dégoûte ?
43:53– Oui, c'est ça,
43:54c'est un dégoût profond.
43:57– Ou la radicalisation,
43:58la droitisation du parti.
44:00Bruno, quand vous regardez ça,
44:01vous êtes d'accord avec Rosine,
44:02ce qui se joue à Nice,
44:03c'est un peu ce qui joue aussi
44:04à l'échelle nationale,
44:05à droite et chez les LR.
44:06– Oui, alors Nice,
44:07c'est un élément quand même
44:08assez particulier
44:09parce que c'est un écosystème,
44:11je n'ai pas filé
44:12des mauvaises images.
44:13Enfin, la salade niçoise,
44:14ça fait quand même
44:15plusieurs décennies
44:16qu'on est habitué
44:17à cette indigestion.
44:19Mais plus globalement,
44:20sur l'ensemble du territoire,
44:21oui, ce qui joue,
44:23c'est sans doute
44:23la survie de LR.
44:25Il y a quelques mois,
44:25Bruno Retailleau
44:26a annoncé une vague bleue,
44:27il se garde bien
44:28d'en reparler aujourd'hui.
44:30Plus globalement,
44:31aujourd'hui,
44:32il faut quand même
44:32avoir un chiffre en tête.
44:34La première ville
44:35dirigée par un maire
44:36de droite
44:37est-il estampillé LR,
44:39c'est Nîmes,
44:40c'est la douzième ville
44:41de France.
44:42Ça veut dire,
44:43ça donne une idée
44:43de la disparition déjà
44:45de la droite républicaine,
44:46j'allais dire,
44:47type LR,
44:47sur le territoire.
44:48Les autres,
44:49c'est des diverses droites,
44:50Estrosi,
44:50il est proche de Philippe,
44:52Moudin,
44:52il essaie de sauver sa peau
44:54en étant divers.
44:55Voilà,
44:56donc qu'est-ce qui va se passer ?
44:57On voit bien
44:57qu'il y a l'air,
44:58à part le cas Paris,
44:59mais qui est très particulier,
45:01en mesure de gagner
45:02peu de vies aujourd'hui.
45:04Alors,
45:04ils ont un matelas
45:05de villes moyennes
45:06et petites,
45:07mais c'est vrai
45:08que c'est un parti
45:09qui,
45:10aujourd'hui,
45:11est vraiment en voie
45:11de scission
45:13entre aller vers
45:14Édouard Philippe
45:15et ce centre-droit
45:16et puis aller vers
45:18une droite extrême.
45:20Et on voit bien
45:21que Bruno Rotaillot,
45:22par sa personnalité,
45:23maintient encore
45:23une petite flamme,
45:25mais lui-même
45:26a du mal
45:26à choisir
45:27entre les deux.
45:28Et est-ce que
45:28le même phénomène
45:29n'est pas aussi,
45:30on ne peut pas
45:30l'employer aussi
45:31pour la gauche ?
45:33Voilà,
45:34disparition,
45:34en tout cas,
45:36je ne sais pas,
45:36effritement du parti traditionnel
45:38et peut-être
45:38c'est la même chose
45:38à gauche,
45:39Nathan.
45:40Et beaucoup de choses
45:41vont se jouer
45:42à l'occasion
45:42de ce scrutin
45:43de ces élections municipales.
45:44C'est possible.
45:46Il y a peut-être aussi
45:46un phénomène
45:47qui doit être considéré,
45:49c'est qu'on peut critiquer
45:52les extrêmes
45:53tant qu'on veut
45:53et je le fais
45:54à longueur de journée,
45:55ensuite se demander
45:57d'où vient leur succès.
45:58Peut-être aussi
45:59que d'un point de vue
46:00idéologique,
46:01ce sont ceux
46:02qui travaillent le plus,
46:03voire les seuls
46:04qui travaillent
46:05par rapport
46:05aux représentants
46:07du clan modéré
46:08dans le même bord politique.
46:10RN,
46:10elle fait travailler
46:11plus que les autres.
46:12Tout à l'heure,
46:12on parlait de la gauche.
46:13Entre le programme
46:14de Jean-Luc Mélenchon,
46:16on en pense ce qu'on veut,
46:17on est en désaccord complet
46:18avec le programme
46:19de Mélenchon,
46:19comme c'est mon cas
46:20si l'on veut.
46:21Mais ce programme
46:22qui est élaboré
46:22depuis des années
46:24par des universitaires,
46:25par des chercheurs
46:25dans toutes les disciplines
46:26et qui a une vision
46:28très radicale,
46:29mais très claire,
46:30très révolutionnaire
46:31de chaque sujet
46:32et le programme du PS
46:33qui, sans méchanceté,
46:35est très souvent
46:35des trucs de slogans
46:37et des mesures techniques,
46:38mais il n'y a pas
46:39une vision
46:40et la jeunesse d'ailleurs
46:41est plutôt attirée
46:42la jeunesse de gauche
46:43par le vote Mélenchon
46:45que par le vote du PS
46:46et peut-être
46:46qu'il y a la même chose
46:47à droite,
46:48notamment,
46:48on parle de Nice,
46:50là c'est la question
46:51identitaire
46:52qui sépare
46:55Estrosi
46:56de la droite
46:58lopéniste
46:58et de Ciotti
46:58et cette question identitaire,
47:00c'est une bataille idéologique
47:02qui a été menée
47:02par d'Éric Zemmour
47:03par d'autres
47:04depuis 15 ans
47:05et depuis davantage
47:06et en face,
47:08quand la droite républicaine
47:09s'oppose à juste titre
47:10à cette pente identitaire,
47:12qu'a-t-elle à apporter
47:13comme vision de la France ?
47:14Qu'a-t-elle à apporter
47:15comme vision de notre histoire ?
47:16Je ne vous cache pas
47:17que pour ma part,
47:17je suis un peu frustré
47:18quand j'entends des gens,
47:19des représentants
47:20de la droite républicaine,
47:22des potentiels candidats,
47:23vouloir donner
47:24un contre-récit.
47:25Alexandra,
47:26les extrêmes,
47:27pour reprendre
47:28les termes de Nathan,
47:28travaillent plus,
47:29travaillent mieux
47:30que les autres partis,
47:31que les autres formations politiques ?
47:33Alors, ça,
47:33là-dessus,
47:34sur la masse de travail,
47:36j'ai un petit doute,
47:37mais en tout cas,
47:37ils parlent plus fort,
47:38ça c'est vrai,
47:39ils parlent plus fort
47:39et surtout,
47:40ils se nourrissent
47:45du désintérêt,
47:46et ça,
47:48ça profite surtout
47:49au RN,
47:50il y a une sorte
47:51de déconnexion
47:54de plus en plus forte
47:55entre les citoyens
47:58et la classe politique.
48:00Il y a une dégradation
48:02du débat politique,
48:03une dégradation
48:04du personnel politique
48:05qui est absolument énorme
48:07et il n'y a plus vraiment
48:09de figures
48:10auxquelles se référer,
48:12il n'y a plus vraiment
48:12de voix fortes,
48:14raisonnables
48:15et justes
48:16qui s'élèvent
48:18surtout dans ce chaos
48:20mondial,
48:20européen
48:22et si vous voulez,
48:23du coup,
48:24les citoyens
48:25en viennent à,
48:27ils retiennent
48:27ceux qui parlent
48:28le plus fort
48:29et ceux qui parlent
48:29le plus fort,
48:30c'est souvent les populistes,
48:31les extrêmes
48:32et ça,
48:33c'est extrêmement dangereux.
48:34Je pense qu'on est
48:35dans un moment,
48:35si la planète survit
48:37au moment que nous sommes
48:38en train de traverser,
48:41ça va revenir,
48:42une nouvelle génération
48:43va arriver
48:44et moi,
48:44j'y crois.
48:45– Je voulais juste
48:45vous montrer ce sondage,
48:47ce baromètre réalisé
48:48par Rodoxa,
48:4852% des Français
48:50font de la sécurité,
48:51une priorité
48:52pour ces élections municipales,
48:53c'est un bond
48:54de 14 points
48:54par rapport
48:55au scrutin
48:56de 2020.
48:58Comment vous interprétez
48:59? – C'est ça, Bruno ?
49:01– C'est ceux qui crient
49:01le plus fort
49:02sur les questions
49:03de sécurité
49:03qui sont entendus
49:04et qui créent alors que…
49:06– Mais même
49:06à l'échelle municipale,
49:07c'est-à-dire que même
49:08pour les maires,
49:09on va leur demander
49:10plus de sécurité.
49:11– Il y a toujours un effet
49:12miroir dans ce domaine,
49:14c'est l'offre et la demande
49:16dans cette affaire.
49:16À partir du moment
49:17où on klaxonne
49:18tous les jours
49:20sur tous les médias
49:22qui sont,
49:23j'allais dire,
49:24favorables à la droite
49:26et à l'extrême droite,
49:27qu'il y a des problèmes
49:28de sécurité,
49:29que le moindre
49:30fait divers
49:30a un écho
49:32absolument extraordinaire,
49:33les citoyens
49:34se persuadent
49:35que, évidemment,
49:36les questions sécuritaires
49:37sont au centre
49:38de l'agenda politique
49:40et ceux qui le pourmeuvent
49:43sont en position de force.
49:45– Oui, mais on ne peut pas
49:46les balayer comme ça
49:47d'un revers de la main.
49:48Je pense que les deux questions,
49:50les deux déterminants
49:51pour les électeurs
49:52de toutes les études
49:53de Le Monde,
49:53c'est un,
49:54la sécurité,
49:55deux, la santé,
49:56qui sont a priori
49:56plutôt des prérogatives nationales.
49:59Sur la sécurité,
49:59on voit bien
50:00qu'il y a un combat
50:01très important,
50:02non pas sur la police municipale,
50:03mais sur l'armement
50:04de la police municipale
50:05qui occupe les débats
50:06entre candidats
50:07dans la plupart
50:08des villes grandes
50:09et moyennes
50:10et c'est central.
50:11Pourquoi ?
50:12Parce qu'il y a aussi
50:12derrière la question
50:13du narcotrafic
50:14qui inquiète beaucoup
50:15et pas seulement
50:16les gens à Marseille
50:17ou à Avignon,
50:19mais aussi à Laval,
50:21à Alonçon,
50:22c'est au cœur du...
50:23– Ça touche
50:23presque toutes les communes,
50:24les moyennes communes.
50:26– Et la question de la santé
50:29qui, elle,
50:29est lancinante
50:30depuis le Covid
50:32et l'accès aux soins,
50:34les déserts médicaux
50:35qui sont vraiment...
50:36et alors pour le coup,
50:37ce n'est pas forcément
50:38aussi une prérogative.
50:38– Disparition de l'écologie,
50:40disparition de l'écologie...
50:41– Absolument,
50:41l'écologie,
50:42c'est inversement proportionnel,
50:43l'écologie...
50:44– C'est fou !
50:45– A disparu du...
50:46Vous avez eu la vague écolo
50:47en 2020
50:48liée au fait
50:49que l'écologie
50:50était dans les 3 ou 4 déterminants,
50:52là cette fois-ci
50:52c'est dans les 3 ou 4 derniers,
50:54ça donne déjà
50:55un peu une indication
50:56de ce qui va se passer
50:57entre les 15 et 22 ans.
50:59– Et on en reparlera
51:00bien évidemment
51:00sur Public Sénat
51:01puisqu'on a deux soirées
51:02électorales exceptionnelles,
51:04c'est à suivre chez nous
51:05bien évidemment.
51:05Et comme chaque semaine,
51:06on termine par un top-flop,
51:08une question simple
51:08à tous les quatre
51:09qui a marqué l'actualité
51:10de la semaine
51:11en bien ou en mal.
51:12Cher Rosine,
51:13vous commencez,
51:13le top c'est qui,
51:14c'est quoi cette semaine ?
51:15– Demain c'est la journée
51:16de la femme,
51:17demain dimanche 8 mars,
51:19donc j'ai choisi deux femmes
51:21dans le top,
51:22mon top c'est Rima Abdelmalak,
51:24la patronne de l'Orient le jour,
51:28une femme formidable.
51:29– Accessoirement
51:30ancienne ministre de la culture aussi.
51:31– Ancienne ministre de la culture
51:32qui m'a succédé,
51:34Ruth Valois
51:35et qui mène avec ses équipes
51:37un combat d'information
51:39mais aussi un combat citoyen
51:41pour le Liban.
51:42Et mon flop,
51:43c'est Rima.
51:46avec ses déclarations
51:48absolument incroyables
51:50au moment de l'attaque
51:52et de la mort d'Al-Iraménie,
51:56déclarer Israël caca,
51:57ce que j'ai trouvé
51:58une formule politique
51:59assez intéressante,
52:02l'Iran qui a le droit
52:02de se défendre
52:03et Israël qui a le droit
52:04de se taire
52:05et qui dit à Netanyahou
52:06manche de la merde
52:07sans avoir eu un mot
52:09pour les 35 000
52:10Iraniens et Iraniennes
52:12qui ont été massacrés
52:13par le pouvoir iranien.
52:17Vraiment…
52:17– C'est un flop.
52:18– C'est un flop.
52:19– C'est un méga-flop
52:20même dans votre bouche.
52:22– C'est un…
52:23– Non, pas plus.
52:25– Allez Bruno,
52:26le top de la semaine.
52:27– Je suis jaloux de son top.
52:29Rima Abdul-Malai
52:30qui est un personnage
52:31très intéressant.
52:32mon top, moi alors
52:33j'ai complètement changé
52:34d'univers.
52:35Mon top c'est un jeune garçon
52:36qui s'appelle Paul Sexas
52:37qui a 19 ans
52:38qui a le grand espoir
52:39du cyclisme français.
52:40Je dis ça parce que
52:41j'adore le vélo.
52:42Ça fait 41 ans
52:43qu'il n'y a pas eu de Français
52:44qui gagnent le Tour de France.
52:45On s'y prend peut-être
52:46un peu tôt mais retenez ce nom.
52:47Vous allez beaucoup
52:48entendre parler
52:49de ce jeune homme.
52:51– Et le flop.
52:51– Et mon flop,
52:52alors moi c'est pour l'ensemble
52:53de la galaxie des influenceurs.
52:55On m'a beaucoup agacé
52:56de me réveiller dimanche,
52:58lundi.
52:58on se précipite
53:00pour savoir ce qui se passe
53:00et là on a
53:02quelques personnes
53:04qui ont gémi
53:05pendant des heures
53:06sur leurs vidéos
53:07pour dire
53:08la France
53:09venez nous chercher
53:10ils ont passé leur temps
53:11à vomir
53:12sur ce pays
53:12où on paye trop d'impôts
53:14où il y a trop de fiscalité
53:15rien ne va pour la France
53:16mais quand il faut aller
53:17les chercher
53:17aux Émirats Arabes
53:19ou à Dubaï
53:19alors là ils viennent pleurer.
53:20– Alexandra,
53:21le top de la semaine.
53:22– Alors moi mon top
53:23c'est Gisèle Pellicot.
53:24J'ai remarqué
53:25qu'elle était en tête
53:26de toutes les ventes
53:27de best-sellers
53:28et je trouve
53:29que ça fait du bien
53:30de voir ça
53:31dans le monde entier
53:31que ce soit
53:32dans les pays anglo-saxons
53:34en France
53:34partout
53:35et ça fait du bien
53:36de voir
53:38qu'une femme
53:39comme ça
53:40qui a subi
53:40des violences sexuelles
53:42peut montrer aussi
53:44qu'on peut
53:45s'en remettre
53:46on peut
53:47vouloir avoir envie
53:48de mener une vie normale
53:49et de s'en sortir
53:51et c'est un exemple
53:51pour beaucoup de femmes
53:53qui sont victimes
53:53de violences sexuelles
53:54et il y en a énormément.
53:55– Et le flop de la semaine
53:56– Alors vous imaginez bien
53:58qu'il y en a des milliards
53:59de flops
54:00– Oui, cette semaine
54:00on a pas mal
54:01– Bon mais c'est vrai
54:02que c'est 50 000
54:02de millionnaires français
54:03qui échappent à l'impôt
54:04sur le revenu
54:05– C'est très bien
54:06– On revient à la politique
54:08et pourquoi les français
54:09se détournent de…
54:10enfin pourquoi
54:11il y a entre les élites
54:12et les citoyens
54:14un tel fossé
54:15je pense que ça nourrit
54:16le populisme
54:17et c'est absolument dramatique
54:19et honteux
54:20que ça subsiste
54:21dans un pays
54:21comme la France.
54:22– Nathan, le top
54:23de la semaine
54:23– Moi le top
54:24alors c'est pas très
54:25enfin si
54:25par rapport à la guerre
54:26en Iran
54:26mais j'aimerais recommander
54:28plusieurs livres
54:28pas forcément très récents
54:29Le chat
54:30– Plusieurs
54:31– de Rissar Kapuzinski
54:33journaliste
54:33qui avait suivi
54:34le tout début
54:34de la révolution iranienne
54:35sur place
54:36qui est un livre extraordinaire
54:37L'usure d'un monde
54:38de François Anzuri
54:39des Érables
54:41qui est un traversée
54:42d'Iran récente
54:42et qui est un très beau livre
54:44J'ai pêché
54:45pêché dans le plaisir
54:46d'Abdouz Chalmani
54:47qui est un très bel hommage
54:47à la poétesse
54:48Fourouk Faroukzad
54:49et la révolution intérieure
54:53à la prison d'Evine
54:54pendant près de deux ans
54:55– Le flop de la semaine
54:57– Et alors mon flop
54:58j'ai changé
54:58pendant l'émission
54:59mais on parlait
55:00des élections municipales
55:01je regrette
55:02l'absence de débat
55:04sur la question
55:05de l'architecture
55:05L'architecture
55:07est peut-être
55:07l'art le plus
55:09configurateur de monde
55:10le plus politique
55:11le plus immédiat
55:12dans notre rapport
55:13à la vie quotidienne
55:14celui
55:14on se promène
55:15en permanence
55:16dans des oeuvres
55:17architecturales
55:17les philosophes
55:18sont très nombreux
55:19à l'avoir mis
55:20au sommet
55:21de tous les arts
55:22de Hegel à Heidegger
55:23et on n'en parle jamais
55:25dans le débat public
55:26pourtant c'est des questions
55:27centrales
55:28quotidiennes
55:29incarnées pour les français
55:30et qui ont à mon avis aussi
55:31je veux dire
55:32quand on parle
55:32de l'enlédissement
55:34de certaines zones
55:35de la France
55:35qui ont des conséquences
55:36sociales très concrètes
55:38– On confirme
55:38que ce n'était pas
55:38l'objet du débat
55:39entre Ciotti
55:40et Estrosi
55:40merci à tous les quatre
55:42merci Président Larcher
55:43salut à vous
55:44et à votre écran
55:45et cette fois
55:45c'est vraiment la fin
55:47c'est vraiment la fin
55:47de cette émission
55:48c'était en effet
55:49le dernier numéro
55:50de Et Maintenant
55:50j'ai eu énormément
55:51de plaisir
55:52à animer ce rendez-vous
55:53hebdomadaire
55:53on a tenté
55:54de rendre la politique
55:55abordable
55:56parfois drôle
55:57toujours avec l'objectif
55:58de vous informer au mieux
55:59je remercie
56:00le producteur en régie
56:01Alexandre Ramiel
56:02et toute la belle équipe
56:03de caméras subjectives
56:04Cici Leven
56:05la chef d'édition
56:06et tous ceux
56:07qui nous ont accompagnés
56:08depuis maintenant
56:08quatre ans
56:09dans cette aventure
56:09c'était vraiment un plaisir
56:11de bosser ensemble
56:12la semaine prochaine
56:12c'est les municipales
56:14j'aurai le plaisir
56:14de vous retrouver
56:15pour les soirées électorales
56:16d'ici là
56:17portez-vous bien
56:18je vous souhaite
56:18un excellent week-end
56:19sur Public Sénat
56:20à très vite
56:21au concours
56:22merci
Commentaires