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Avec moins de 650 000 naissances en 2025, la France enregistre, pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, plus de décès que de naissances. Baisse du pouvoir d’achat, difficulté à se loger ou encore, manque de confiance dans l’avenir, les causes de ce déclin démographique sont multiples. Comment inverser la tendance ? Quelle politique familiale doit être mise en place ? Face aux sénateurs présents sur le plateau, Quentin Calmet donne la parole à cinq Français et Françaises pour interroger leur désir ou leur difficulté à avoir des enfants, et comprendre les racines de cette bascule historique. Année de Production :
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00:09Le nombre d'enfants désirés c'est 2,3 et le nombre d'enfants réels c'est 1,7.
00:15Donc en fait c'est une mesure démocratique que de permettre à ce 0,6 qui manque d'exister.
00:22À l'heure où la natalité redevient un enjeu central pour notre nation,
00:27aucun salarié ne devrait avoir à choisir entre construire un projet familial et mener une carrière professionnelle.
00:33Après l'allongement du congé paternité, je crois profondément que la mise en place d'un nouveau congé de naissance
00:39sera un élément utile dans une telle stratégie.
00:43La France connaît un univers démographique, c'est vrai.
00:46Les Françaises et les Français doutent de leurs institutions et pourtant,
00:50C'est souvent lorsque la France semble toucher le fond au cours de son histoire qu'elle se relève soudain
00:55et surprend de nouveau l'Europe et le monde.
00:59Bonjour à tous, cet hiver démographique, c'est une bascule historique.
01:04En 2025, le nombre de naissances en France était le plus faible depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
01:10Pour la première fois, notre solde naturel est négatif avec plus de décès que de naissances.
01:15En 15 ans, la France qui est passée de 830 000 naissances à 650 000, une évolution qui touche tous
01:23les pays occidentaux et que la France a connue avec un peu de retard.
01:26Pendant longtemps, notre pays était fier de son taux de fécondité élevé, mais cette période semble désormais derrière nous.
01:33Avec ce nouveau numéro de dialogue citoyen, 5 Français et Françaises vont témoigner des raisons qui les ont poussées à
01:40ne pas faire d'enfants,
01:41à retarder un projet ou au contraire ceux qui rêvent de fonder une famille nombreuse.
01:46Bonjour à tous les cinq, merci d'avoir accepté de participer à cette émission.
01:50Avec vous, nous allons faire un tour de France et à travers vos témoignages, essayez de comprendre les raisons de
01:56cette baisse de la natalité,
01:57aussi essayez de comprendre les enjeux de cette baisse démographique ainsi que les solutions pour la surmonter.
02:03Pour commencer, nous allons à Dijon à la rencontre de Laura Meilleur.
02:07Bonjour Laura, vous avez 32 ans, vous faites partie de ces femmes qui assument de ne pas avoir envie d
02:13'enfants.
02:13Vous nous l'avez dit en préparant cette émission, votre bonheur ne passe pas par la maternité, c'est bien
02:19ça Laura ?
02:21C'est ça, oui.
02:23Quand j'étais plus jeune, je ne me posais pas vraiment la question de est-ce que j'avais envie
02:27d'avoir des enfants.
02:28Pour moi, c'était tout à fait naturel qu'un foyer fasse des enfants et je ne me posais pas
02:32la question.
02:33Et un jour, une médecin que j'ai vue pour des raisons toutes autres a noté dans mon dossier que
02:40j'avais un fort désir d'enfant
02:42parce que je ne prenais pas de contraception hormonale.
02:45Et donc là, ça m'a fait vraiment me poser la question de non, non, je n'ai pas envie
02:49d'avoir d'enfant.
02:51Tout comme je sais que je n'ai pas envie d'être banquière, par exemple, je n'ai pas envie
02:57d'avoir d'enfant.
02:58Et donc c'est quelque chose qui est tout aussi naturel pour moi.
03:03Voilà.
03:04Oui, ce n'est pas une raison qui définit la féminité, la maternité ne définit pas la féminité, vous le
03:09dites aussi très clairement.
03:11Non, non, tout à fait. Je me sens tout à fait femme et accomplie sans avoir eu des enfants dans
03:18ma vie.
03:19Et je ne compte pas en avoir puisqu'il y a maintenant six ans, j'ai pu bénéficier d'une
03:24stérilisation volontaire.
03:25C'est ça. Donc pour vous, c'est un nom catégorique et vous avez donc eu recours à une démarche
03:31médicale définitive.
03:35Et ça a été un peu un parcours du combattant. Mes proches, au tout début de mes démarches, n'ont
03:42vraiment pas compris.
03:44Je me suis même fait traiter de folle par mon compagnon de l'époque parce que je passais vraiment tout
03:48mon temps libre à chercher un médecin qui allait accepter de me stériliser.
03:53Et il a fallu que je tombe enfin sur un groupe sur Facebook qui répertoriait en fait tous les gynécologues
04:02et qui acceptaient de le faire.
04:04Et notamment des gynécologues qui acceptaient de le faire sur une femme jeune et sans enfant, ce qui était vraiment
04:09quelque chose de très compliqué à l'époque.
04:11C'est beaucoup plus facile aujourd'hui, mais il y a cinq ans, c'était vraiment différent.
04:14Et alors Laura, en dehors de la motivation personnelle et intime, est-ce que vous diriez que l'état du
04:21monde a joué aussi dans votre prise de décision ?
04:25Pour moi, non. Mais je sais qu'il y a des personnes pour qui c'est quelque chose d'important
04:30et ça les a vraiment motivés dans leur choix final.
04:35Pour moi, non, ce n'est vraiment pas quelque chose qui compte, même si bien sûr l'état du monde
04:42est dramatique.
04:43Actuellement, on s'en rend bien compte avec toutes les guerres qui débutent.
04:47Mais non, pour moi, ça n'a pas été déterminant.
04:52Et dans votre entourage, comment est-ce qu'on a réagi à votre décision ? Est-ce que votre position
04:57a été facile à tenir ?
05:00Oui, c'est très facile à tenir. J'ai vraiment su m'entourer au fil des années de personnes qui
05:05comprennent vraiment mon choix, qui me soutiennent.
05:09Et du coup, je peux parler ouvertement de ce que j'ai fait.
05:12Du coup, il y a aussi de nombreuses personnes qui sont venues me voir pour me demander des conseils, pour
05:16également se faire stériliser à leur tour.
05:19Récemment, j'ai des personnes même qui sont venues me voir, ça faisait des années que je n'aurais pas
05:23parlé, et qui m'ont dit, Laura, félicitations d'en parler aussi ouvertement.
05:30Et sache que moi aussi, j'ai pu faire une vasectomie, puisque c'était un monsieur à ce moment-là.
05:37Et du coup, je suis plutôt fière d'avoir pu en parler, d'avoir ouvert la parole, en fait, à
05:42toutes les personnes qui sont plus ou moins en contact avec moi,
05:46et d'avoir ouvert cette fenêtre et cette possibilité qui peut être pour beaucoup de gens qui ne se posent
05:53pas de questions, mais en fait, ça existe et c'est possible.
05:56Eh bien, en tout cas, merci pour votre témoignage.
05:57Restez avec nous, Laura, on va faire réagir en plateau trois sénateurs et sénatrices.
06:02Bonjour à tous les trois.
06:04Bonjour.
06:04Vous allez comme ça pouvoir dialoguer tout au long de cette émission avec nos témoins.
06:08Avec nous, Olivier Paco, vous êtes sénateur LR de Loise.
06:11Également avec nous, Anne Souiris, vous êtes sénatrice écologiste de Paris.
06:15Et enfin, Martin Lévrier, vous êtes sénateur RDPI, c'est le groupe des macronistes au Sénat.
06:20Vous êtes élu des Yvelines.
06:22Olivier Paco, une réaction à ce premier témoignage très fort.
06:26Qu'est-ce que vous avez envie de dire à Laura qui est avec nous ?
06:28D'abord, bonjour Laura.
06:30J'aurais envie de lui dire qu'elle est très convaincue dans ce qu'elle ressent.
06:37J'espère pour elle qu'elle ne changera pas d'avis.
06:39Parce que là, elle a brûlé ses vaisseaux pour la maternité.
06:44Bon, chacun a son appréciation.
06:48Si elle n'a pas envie d'avoir d'enfant, il ne vaut mieux pas qu'elle en ait
06:51parce qu'une maternité non souhaitée n'aboutit pas forcément à une maternité heureuse.
06:57Et pour la maman et pour les enfants.
06:59Maintenant, on sait que dans des parcours de vie, on peut avoir des évolutions de pensée.
07:04Et peut-être qu'aujourd'hui ou hier, elle ne voulait pas d'enfant.
07:07Peut-être que dans quelques années, elle changera d'avis et qu'elle regrettera son choix.
07:11Mais je ne suis pas là pour le juger.
07:12Martin Lévrier, il y a un courant comme ça d'une génération.
07:15On l'a appelé parfois « no future ».
07:17Est-ce qu'on la quantifie ? Elle existe ? Qu'est-ce que vous en pensez ?
07:21Alors, je ne sais pas si on la quantifie.
07:22Je pense que ça a toujours existé.
07:24Et c'est ainsi.
07:25Le choix d'enfant est avant tout et au départ un choix plutôt personnel ou au moins à deux.
07:31Donc, d'abord, bonjour Laura.
07:32Excusez-moi parce que je ne vous ai pas salué.
07:37Moi, ce qui m'intéresserait, si vous me permettez, c'est de vous poser une question.
07:40C'est aujourd'hui, il y a quand même des moyens de contraception assez développés et plutôt sûrs.
07:46Qu'est-ce qui fait que vous avez pris cette décision qui, effectivement, est une décision forte, très forte ?
07:53En fait, à peu près tous les moyens de contraception sont hormonaux
08:01et provoquent des complications pour les femmes dans leur quotidien.
08:05Et je subissais plein fouet, à une époque où je prenais la pilule, les effets secondaires.
08:12Et c'était vraiment très, très désagréable.
08:15Du coup, ça me paraissait tout évident.
08:17En fait, vu que mon choix était de toute façon établi,
08:20il n'y avait pas de raison de continuer à me casser la tête,
08:24à prendre la pilule à l'heure fixe ou à avoir des douleurs
08:27parce qu'un stérilet m'aurait fait mal ou je ne sais quoi.
08:31Enfin, c'était tout trouvé.
08:33Anne Souiris, une réaction à ce témoignage, on ne vous a pas encore entendu.
08:35C'est aussi de dire que la maternité ne définit pas la femme,
08:38qu'on peut s'émanciper sans avoir d'enfant.
08:40Ça peut être quelque chose de très sain.
08:43Moi, je trouve que c'est une bonne nouvelle
08:45qu'on puisse être dans un pays, une civilisation et une époque
08:50où on peut faire ça, on peut avoir ce choix.
08:53Qu'on puisse être défini par ces choix et pas par des obligations
08:57et pas par des maternités non-voulues.
08:59On sait ce que ça signifie, la maternité non-voulue.
09:02Et puis aussi, d'un point de vue féministe,
09:05c'est important de se dire qu'on a ce choix-là.
09:09Jusqu'à présent, c'était les hommes qui les avaient,
09:11en fuyant la maternité, on peut dire, d'une manière ou d'une autre.
09:15Et voilà.
09:16Y compris dans un contexte de baisse de la natalité, ça ne se pose pas ?
09:21Je pense que c'est une bonne nouvelle de pouvoir avoir ce choix
09:26et qu'il est prééminent par rapport à la baisse de natalité.
09:29Je pense que la baisse de natalité, il y a deux bonnes nouvelles
09:32et deux mauvaises nouvelles.
09:34Les bonnes nouvelles, c'est que d'un point de vue,
09:36le point de vue des femmes et de la liberté de la civilisation,
09:39on a fait un pas en avant, parce que ça permet le fait
09:42d'avoir ce choix-là, évidemment.
09:43Ça veut dire qu'il y a moins de natalité, mais c'est aussi une évolution saine.
09:48Et puis aussi, d'un point de vue écologiste,
09:50parce que le fait qu'on ait des ressources limitées,
09:54est un facteur problématique.
09:58Donc c'est une bonne nouvelle qui n'est pas forcément une natalité forte.
10:02Les mauvaises nouvelles, c'est nos cotisations sociales,
10:05c'est le fait pour les retraités,
10:07comment on va faire pour financer notre avenir,
10:12l'avenir des personnes âgées.
10:14Donc c'est vraiment ça, c'est notre projet social
10:16qu'on doit remettre en question.
10:17Mais donc ça, ça doit être travaillé maintenant.
10:20Merci en tout cas, Laura, pour votre témoignage.
10:22Je vous propose maintenant de partir à la rencontre
10:25de notre deuxième citoyen qui a accepté de tomber dans cette émission.
10:28Bonjour Victor Blandin, vous avez 31 ans,
10:31vous êtes en recherche d'emploi,
10:32vous vivez dans un studio des Hauts-de-Seine.
10:34On va voir quelques images que vous avez tournées pour nous,
10:37car cette question du logement, on va le voir,
10:39ça pèse dans votre réflexion sur le fait d'avoir ou pas un enfant.
10:44On regarde.
10:47Bonjour à tous, je m'appelle Victor, j'ai 31 ans.
10:50J'habite à Clichy, dans cet appartement qui est un studio.
10:53Voilà, vous voyez, il y a une petite cuisine,
10:56une petite salle d'eau juste à côté
10:58et la pièce à visite dans laquelle je me trouve.
11:00Voilà, donc avec un canapé lit,
11:03comme ça, je peux dormir également.
11:05Comme beaucoup de Franciliens,
11:07il est très difficile aujourd'hui de se loger,
11:09alors pour un prix abordable d'abord,
11:11parce que les logements coûtent relativement cher
11:14à proximité de Paris.
11:16Moi, j'ai envie de garder mon cadre de vie,
11:18mes amis sont à Paris,
11:19mon travail est proche de Paris.
11:21Pour autant, voilà, demain,
11:23avoir un enfant est complètement impossible,
11:26puisque ça nécessiterait d'avoir un logement plus grand,
11:28un T3, pour être tout à fait franc.
11:32Bonjour Victor, donc l'enjeu est très important,
11:35c'est le logement.
11:36Pour pouvoir se loger décemment,
11:39et loger décemment une famille,
11:40il faudrait s'éloigner ?
11:43Bonjour, effectivement, c'est l'un des gros enjeux,
11:46c'est s'éloigner et peut-être avoir une qualité de vie
11:49un peu moindre, des trajets pour aller au travail
11:51qui sont plus importants,
11:53d'autres difficultés qu'on peut connaître,
11:56où, effectivement, rester à Clichy
11:58et peut-être reporter,
12:01espérons pas trop tard,
12:03le projet enfant.
12:05Donc voilà, pour moi,
12:05c'est un sujet qui est quand même très important,
12:07en région parisienne en particulier,
12:09mais dans les grandes villes, de manière générale,
12:11les jeunes, avec des salaires plutôt modérés,
12:15on va dire,
12:16ont de plus en plus de difficultés
12:17à trouver un logement,
12:18que ce soit à louer ou à acheter,
12:19et je pense que c'est un véritable enjeu
12:20et un véritable frein aujourd'hui
12:22pour devenir parent.
12:22Oui, c'est ça.
12:23Selon vous, ce qui se joue,
12:25c'est beaucoup moins la question
12:26d'un choix personnel,
12:28mais en premier,
12:29la difficulté pour les jeunes
12:30à gagner décemment leur vie.
12:32L'envie ne prime pas sur les difficultés.
12:36Ah oui, effectivement.
12:37Moi, je n'ai jamais été catégorique
12:39sur le fait d'avoir des enfants ou non.
12:41Je pense qu'effectivement,
12:42il ne faut pas être catégorique,
12:43on ne sait jamais,
12:44dans dix ans peut-être
12:45que ce sera un souhait de ma part.
12:47Pour autant, je pense qu'avoir un enfant,
12:49c'est une responsabilité
12:50qui sort de notre propre vie.
12:53Et il est important
12:54d'avoir des conditions matérielles
12:56et financières
12:56qui sont suffisantes
12:58pour élever un enfant.
13:00Voilà, effectivement,
13:01c'est l'arbitrage
13:02entre ses choix personnels
13:03et son bien-être personnel,
13:05et aussi, finalement,
13:06la sécurité,
13:07la sécurité pour l'avenir
13:08de son enfant.
13:09Et je pense que ça passe
13:10par pas mal de choses.
13:12Et un logement,
13:12c'est quand même
13:13la première des choses.
13:14Et donc, selon vous,
13:15votre génération,
13:16elle galère trop
13:18pour trouver sa place.
13:18il y a ça aussi.
13:21Alors moi, pourtant,
13:22je m'estime plutôt heureux.
13:23Je suis en transition.
13:25Là, je vais reprendre
13:25un emploi très rapidement.
13:27Et j'ai toujours eu
13:28des revenus très confortables.
13:29Pour autant,
13:30c'est vraiment
13:31un coût de la vie
13:32qui augmente
13:32de façon importante.
13:34Aujourd'hui,
13:34pour être locataire
13:35à Paris
13:36ou en proche banlieue,
13:37il y a certains propriétaires
13:38qui demandent
13:39deux fois et demi,
13:40trois fois le loyer
13:41en revenu.
13:42C'est quand même
13:43pas évident pour tout le monde.
13:45Pour autant,
13:45c'est vraiment
13:46un enjeu important.
13:46et j'imagine
13:47que nos pouvoirs publics
13:48sont très sensibles.
13:50Olivier Paco,
13:51on a des jeunes
13:52qui ne réclament pas
13:52forcément davantage
13:54d'aides,
13:54d'allocations,
13:55mais d'avoir un logement
13:56décent à un prix correct
13:57et dans leur bassin d'emploi.
14:00C'est vrai que
14:01dans la problématique
14:02de la dénatalité,
14:04il y a de nombreux facteurs
14:06et le logement
14:08en fait partie.
14:08L'accès au logement
14:10en fait partie.
14:11Alors,
14:12on a là
14:13le cas d'un urbain,
14:15mais on a aussi
14:16de la problématique
14:17en ruralité.
14:18Et moi,
14:19j'ai noté avec,
14:20c'est mon vieux passé
14:21d'agrégé d'histoire-géographie,
14:23j'ai noté que la courbe
14:25de la dénatalité,
14:26elle s'accélère
14:26juste après la Covid.
14:28Juste après la Covid.
14:30Et il y a eu
14:31cette période
14:31de confinement
14:32qui a fait prendre
14:33conscience à certains
14:33que des fois,
14:34dans des espaces réduits,
14:37ce n'était pas facile
14:38de vivre.
14:39A l'inverse,
14:40dans un département
14:41comme l'Oise,
14:42on a vu pas mal
14:43de gens venir
14:44s'installer
14:45en disant
14:46on a des terrains,
14:48des maisons
14:49avec un petit
14:50lopin de terre
14:51moins cher,
14:52abordable.
14:53Alors après,
14:54ça nous fait,
14:54quand on travaille
14:55en région parisienne,
14:56du déplacement.
14:58Mais pour que nos enfants
15:00puissent avoir
15:00un cadre de vie
15:01épanouissant,
15:02on préfère aller
15:03à la campagne
15:04et ça rentrait
15:06beaucoup dans
15:06le critère familial
15:08de l'épanouissement
15:09de la famille.
15:09Donc c'est un vrai
15:10problème le logement
15:11et dans notre pays,
15:12malheureusement,
15:13depuis quelques années,
15:14les politiques publiques
15:15pour favoriser le logement,
15:17la législation aussi
15:18avec le fameux
15:19zéro artificialisation nette
15:22ne facilite pas les choses.
15:24Mais pour relancer
15:25la natalité,
15:26il faudra traiter
15:27la problématique
15:28du logement
15:29et du réaménagement
15:31du territoire.
15:32Parce que si vous voulez
15:33aller à la campagne
15:34mais qu'il n'y a
15:34aucun service public,
15:36aucun moyen de transport,
15:39pas d'école,
15:40etc.,
15:40pas de travail,
15:41les gens n'iront pas.
15:43Martin Lévrier,
15:43qu'est-ce que vous répondez
15:44à ce qui oppose
15:45fin du mois
15:46et projet de paternité
15:48en l'occurrence ?
15:48Le manque de moyens,
15:50c'est un frein réel
15:51dans un projet de vie
15:51ou la réaction
15:52d'un projet d'enfant,
15:54ce n'est pas forcément
15:54lié au revenu ?
15:55Qu'est-ce que vous en pensez, vous ?
15:56Je pense que tout est dans tout
15:58quand on veut des enfants
15:59et qu'il n'y a pas
15:59une solution sur un point précis,
16:01le logement par exemple
16:02ou le transport par exemple
16:03ou l'aménagement
16:04du territoire.
16:04C'est tout un ensemble,
16:06les gardes d'enfants,
16:07le travail,
16:08comment la relation travail-arrêt
16:11pour élever mon enfant se fait,
16:12c'est tout un ensemble
16:13de choses qui sont complexes.
16:14Je suis toujours plus prudent
16:16sur la relation pouvoir d'achat-enfant.
16:19Ce sont souvent
16:20les pays les plus pauvres
16:21qui ont des enfants.
16:22Et plus d'enfants,
16:23des enfants, pas des,
16:23mais plus d'enfants.
16:24Il n'est de richesse que d'hommes.
16:25Il n'est de richesse que d'hommes,
16:26je suis absolument d'accord avec ça.
16:29Donc il faut être assez prudent
16:30avec ça.
16:31Les démographes vous disent aussi,
16:33pour la plupart,
16:34que les politiques natalistes
16:36ne fonctionnent pas vraiment.
16:37Donc c'est du pointillisme,
16:39c'est fonctionner
16:39avec un maximum de choses
16:40et le logement
16:41est effectivement
16:42dans des régions urbaines,
16:43dans des zones urbaines,
16:44un vrai sujet,
16:44en particulier à Paris,
16:45bien sûr.
16:46À propos de ces questions
16:47des revenus,
16:47on a posé la question
16:48aux internautes
16:49qui suivent Public Sénat.
16:51Vous voyez,
16:51un des témoignages
16:52qu'on a reçus à la rédaction,
16:53un seul enfant pour moi,
16:54mon salaire de professeur
16:56n'est pas suffisant
16:57pour élever correctement
16:58deux enfants,
16:59mon conjoint est fonctionnaire
17:00hospitalier,
17:01et nos deux salaires
17:02sont insuffisants
17:02pour plusieurs enfants
17:03en métropole lyonnaise.
17:05Anne Souiris,
17:06qu'est-ce que ça vous évoque,
17:07cette question des revenus ?
17:09Moi, ce que ça m'évoque,
17:10c'est que déjà,
17:10dans les pays pauvres,
17:11oui, il y a plus d'enfants,
17:12mais un,
17:13il y a moins de contraception
17:15et il y a beaucoup
17:16de morts infantiles,
17:17donc c'est aussi une manière
17:18de pouvoir survivre.
17:19Donc, je ne suis pas sûre
17:20que ça soit parce qu'on est pauvre,
17:23que youp la boum,
17:24on fait plus d'enfants.
17:24Enfin, je crains
17:26que ce ne soit pas ça.
17:27Pardon, mais donc...
17:29C'est ce que tu dis.
17:30Non, je dis quand même
17:32que si, dès que d'ailleurs
17:34les gens commencent
17:36à avoir accès
17:38aux méthodes contraceptives,
17:39ils font moins d'enfants
17:40même s'ils sont pauvres.
17:40Je veux dire...
17:41Et dès qu'ils ont plus
17:41de pouvoir d'achat,
17:42ils ont moins d'enfants aussi.
17:43Non, mais ce n'est pas
17:45le pouvoir d'achat,
17:45c'est la possibilité
17:46de ne pas avoir d'enfants.
17:48Ce n'est pas la même chose.
17:50Oui, ce n'est pas la même chose.
17:51Mais en revanche...
17:52Ce n'est pas grave.
17:54En tout cas, voilà.
17:55Et la deuxième chose,
17:57en tout cas,
17:58c'est de se dire que
17:59quand d'avoir les moyens ou pas,
18:02c'est de donner,
18:02nous, en tant que politique,
18:03c'est de donner les moyens
18:05d'avoir ce choix-là.
18:06Et c'est ça, mon avis,
18:07la perspective
18:08qui peut nous rassembler,
18:09même si on a des divergences
18:10sur d'autres,
18:10c'est de se dire que, oui,
18:12d'avoir plus de possibilités,
18:14par exemple,
18:15de logements sociaux,
18:16d'une barre peut-être,
18:16– Ce que dit Victor,
18:17trouver sa place dans la société.
18:18– De pouvoir avoir
18:19des logements qui sont plus près,
18:21de devenir une réflexion urbanistique
18:23sur le fait que le travail
18:25soit plus près du lieu de résidence,
18:30que les crèches soient gratuites,
18:32comme certains pays l'ont fait,
18:33par exemple,
18:33c'est quelque chose
18:34qui pourrait être vraiment pensée
18:36en France.
18:36– Et qui en est tout simplement
18:37dans les crèches.
18:38– Et vraiment,
18:39et tout à fait.
18:40– Qui est simplement
18:41une politique nataliste lisible
18:42et pas des pointillés partout.
18:44On a un problème en France.
18:45– Juste pour terminer, pardon,
18:46je ne suis pas sûre
18:47qu'il faille une politique nataliste.
18:49Je pense qu'il faut une politique
18:50qui laisse plus de choix
18:51et que ça ne devrait pas être possible
18:53que monsieur ne puisse pas
18:54faire d'enfants,
18:55voilà, par exemple.
18:55C'est ça.
18:56C'est qu'il ne veuille pas,
18:58c'est son problème.
19:00Qu'il ne puisse pas,
19:01c'est notre problème
19:01en tant que politique.
19:02Pour moi,
19:03c'est plutôt ça.
19:04Ce n'est pas forcément
19:04nataliste ou pas nataliste,
19:06c'est une politique
19:07qui permet d'avoir ce choix-là
19:09et ce choix du coup aussi…
19:11c'est le rôle des politiques
19:11et donc vous faites un mea culpa.
19:13Les politiques n'ont pas
19:14su ces dernières années…
19:15– Moi, je maintiens le nataliste,
19:17je maintiens que l'envie…
19:18– Allez-y.
19:18– … qu'une politique de long terme
19:20qui donne envie
19:21de faire des enfants
19:22est une politique intelligente.
19:23Et je n'ai pas…
19:24j'ai aucun problème avec ça.
19:26– Un tout petit exemple
19:28qui va mettre d'accord,
19:30je pense les ruraux,
19:32les urbains,
19:33la gauche, la droite.
19:34L'accueil de la toute petite enfance
19:36est vraiment un élément clé
19:38pour faciliter la venue d'enfants.
19:42Et moi, je vois depuis quelques années
19:44dans des petites communes
19:46de moins de 500 habitants
19:47de mon département de Loise
19:48la création de micro-crèches
19:50ou de maisons d'assistantes familiales,
19:52d'assistantes maternelles, pardon,
19:53des MAM,
19:54qui permettent vraiment
19:55d'attirer de jeunes familles,
19:57de stabiliser les effectifs scolaires.
19:59Et ça a un rôle vraiment clé.
20:00Vraiment clé.
20:01Et les collectivités
20:02mettent de l'argent dedans, désormais.
20:05– On va continuer dans cette émission.
20:08Remercier Victor
20:09d'avoir témoigné
20:10dans ce numéro de Dialogue citoyen.
20:12On va rencontrer notre troisième témoin.
20:14C'est Alexandra.
20:15Bonjour.
20:16Alexandra Zapfel,
20:17vous êtes dans la même tranche d'âge
20:18que nos témoins précédents.
20:20Vous avez 34 ans.
20:21Mais alors vous, c'est l'inverse.
20:22Vous rêvez de fonder une grande famille.
20:24Vous avez déjà deux enfants.
20:26Avant de vous entendre,
20:27on va voir quelques images
20:28que vous avez tournées pour nous.
20:29– Bonjour, je m'appelle Alexandra.
20:31J'ai 34 ans et j'ai deux enfants.
20:34Avec mon mari,
20:35nous en volons deux de plus.
20:38Mes forces sont de constater
20:39que nous rencontrons
20:40de nombreux obstacles
20:41à une parentalité sereine.
20:43– Merci Alexandra
20:45de nous avoir rejoint.
20:46Peut-être avant de vous entendre
20:47sur cette expérience personnelle,
20:49une réaction à ce qui a été dit précédemment.
20:51Qu'est-ce que vous pensez
20:52de tout ce qui a été dit en plateau
20:54et par nos témoins précédents ?
20:57– Bonjour à toutes.
20:59Ce que j'en pense,
21:01c'est que je suis assez d'accord
21:03avec le fait que les moyens financiers,
21:07les aides financières,
21:09ne sont pas forcément
21:09le plus déterminants
21:11dans les choix d'avoir un enfant,
21:13même si, évidemment,
21:14ça soulage les familles.
21:16et aussi avec le fait
21:18que l'accès aux logements,
21:19notamment les logements
21:23qui sont faits pour les familles,
21:24assez grands pour accueillir des familles,
21:27est un point important aussi
21:29dans la natalité.
21:31– Donc, comme je le disais,
21:32vous avez déjà deux enfants.
21:34Idéalement,
21:34et vous nous l'avez dit
21:35dans la petite vidéo,
21:36vous aimeriez en avoir deux de plus.
21:38Vous hésitez à carrément
21:39quitter l'endroit
21:40où vous habitez actuellement,
21:41à quitter Paris
21:42pour aller dans un endroit moins cher,
21:43c'est ça ?
21:45– Non, non, on n'hésite pas.
21:47On va bientôt partir
21:49sur la côte normande.
21:51– Ah oui.
21:52– Donc ça, c'est un projet
21:55qu'on voulait…
21:56Enfin, on a pas mal bougé,
21:57en fait,
21:57on a fait plusieurs départements
21:59et c'est ce qui nous convient le plus,
22:01d'être en dehors d'une grande ville.
22:03– Et alors, du coup,
22:04c'est aussi pour avoir plus de place,
22:06pour avoir une plus grande famille,
22:07ce déménagement ?
22:10– Entre autres, oui,
22:12c'est beaucoup plus simple
22:14de trouver des logements
22:15avec des loyers abordables
22:18dans les petites villes,
22:20moyennes villes.
22:21– Et alors,
22:22comment est-ce que vous expliquez
22:23cette envie,
22:25ce cap que vous avez
22:26de quatre enfants
22:27et cette envie
22:28d'une famille élargie ?
22:29Comment est-ce que vous le racontez ?
22:30Comment est-ce que vous l'expliquez ?
22:33– Alors, moi,
22:33je suis fille unique
22:36et mon mari,
22:37au contraire,
22:38a quatre frères et sœurs,
22:40donc,
22:40il vient d'une famille nombreuse
22:42et vient d'une grande famille
22:45où même les oncles et tantes
22:46ont beaucoup d'enfants.
22:48Et donc,
22:49c'est cette rencontre
22:51avec ce type de famille
22:53qui m'a fait envisager
22:55le fait d'avoir
22:57une famille nombreuse
22:58parce que de mon côté,
23:02c'est une famille plus classique
23:05et au-delà de deux enfants,
23:07ce n'est pas forcément bien perçu.
23:09– Et qu'est-ce que ça change
23:11pour vous
23:11d'avoir comme ça
23:12une famille élargie,
23:14quatre enfants ?
23:14Qu'est-ce que ça représente
23:15à vos yeux ?
23:19– Ce que j'ai vu
23:21dans la famille de mon mari,
23:22c'est des valeurs familiales
23:25vraiment très fortes
23:27et puis…
23:29ça crée des événements
23:31plus chaleureux,
23:32plus grands,
23:33que ce soit avec les frères et sœurs
23:35ou les cousins,
23:36on se sent vraiment entourés
23:38et c'est ça vraiment
23:39qui m'a donné envie
23:40de fonder une grande famille.
23:42– Qui veut réagir en plateau
23:43à ce que nous dit Alexandra ?
23:45Il y a donc des femmes
23:46qui, comme ça,
23:46ont ces envies
23:47d'une famille élargie.
23:48Olivier Paco ?
23:49– Alors, des femmes,
23:50je pense qu'elles partagent
23:52ce désir avec son conjoint,
23:55avec son époux.
23:55Donc oui,
23:56même si l'architecture familiale
23:58a beaucoup été pollué,
23:59il y a des familles
24:00monoparentales recomposées,
24:01etc.
24:03Le désir de famille peut…
24:04– Monoparentale aussi ?
24:05– Oui, tout à fait,
24:05le désir de famille nombreuse
24:07peut exister.
24:09Pour moi,
24:09c'est une très belle chose
24:10parce que la famille,
24:12c'est le premier
24:12et l'ultime écrin
24:13d'affection,
24:15de solidarité,
24:16de tolérance,
24:17de transmission de valeurs.
24:19Madame parlait très bien
24:20du lien entre les frères,
24:23les cousins, etc.
24:24rien ne remplacera jamais
24:26le conseil d'une mère,
24:28l'exemple d'un père,
24:29l'admiration d'un frère.
24:31La famille,
24:31c'est la cathédrale du cœur.
24:32Pour moi,
24:33c'est vraiment
24:34une des boussoles clés
24:36d'une société
24:37qui va s'épanouir.
24:39Donc,
24:39je suis heureux
24:40d'entendre ce témoignage,
24:41bien sûr.
24:42Alors,
24:42il faut favoriser,
24:43effectivement,
24:45les familles nombreuses.
24:47Familles,
24:47nous vous aimons.
24:48– Voilà.
24:49– M'entend ce plaidoyer,
24:50Martin Lévrier.
24:51– Je le partage assez.
24:53Le vrai sujet
24:54qu'on doit avoir
24:54à travers ça,
24:55d'abord,
24:55c'est que là aussi,
24:56chaque choix
24:57est quasi,
24:58soit unique,
24:58soit en couple.
24:59Mais très bien
25:00les familles
25:01qui n'ont pas d'enfants,
25:02très bien les familles
25:02qui ont un enfant,
25:03qui en ont quatre,
25:04qui en ont neuf.
25:05– Il ne faut pas avoir
25:05un modèle unique
25:06de famille.
25:07– En revanche,
25:08il y a eu une époque
25:09où les familles nombreuses
25:11étaient souvent traitées
25:14avec une forme d'humour,
25:15voire de condescendance.
25:16Et ça,
25:16je le regrette vraiment
25:17parce que je pense que,
25:18je suis une famille nombreuse,
25:19on est six frères et sœurs,
25:20donc voilà,
25:22c'est assez merveilleux,
25:23je le reconnais,
25:24surtout qu'on s'entend
25:24très très bien.
25:26Je pense que la famille,
25:27effectivement,
25:28une famille qui s'aime,
25:29c'est quelque chose
25:29d'assez extraordinaire
25:30et c'est un bien aussi
25:31pour la société
25:32parce qu'il faut aussi
25:32être un peu égoïste,
25:33il faut penser aussi
25:34à la société
25:35dans laquelle on est
25:36et une société
25:37qui n'aurait pas d'enfance,
25:38qui est en train,
25:39non pas d'arriver,
25:40mais en tout cas,
25:40la baisse de l'anniversité
25:41en France
25:42est trop importante aujourd'hui,
25:43fait qu'on ne peut pas
25:44protéger,
25:45sauvegarder
25:46notre modèle social.
25:47Ça veut dire
25:47que dans quelques années,
25:5015 ans,
25:50les retraites
25:51ne seront plus un poids,
25:52ça sera catastrophique
25:53et que donc,
25:54si on est égoïste,
25:54je suis un peu provocateur,
25:56mais si les jeunes
25:57sont un peu égoïstes,
25:58il faut qu'ils fassent
25:59des enfants
25:59parce que s'ils n'en font pas,
26:01c'est eux qui le paieront
26:02très très cher plus tard.
26:03– Alain Souris,
26:03je voulais vous entendre
26:04sur ce qu'a commencé
26:04à évoquer Martin Lévrier
26:06sur ce qui est en toile de fond,
26:07notre modèle social,
26:09ce qui est vraiment
26:09la question de fond
26:11autour de ce débat,
26:12ces jeunes égoïstes
26:13qui ne pensent pas
26:14à ce modèle social,
26:15ça vous fait réagir ?
26:17– Complètement,
26:18parce que je pense
26:19que être pro-famille
26:21ou anti-famille,
26:22pour moi,
26:22ce n'est pas le sujet.
26:24Franchement,
26:25la famille,
26:26ça peut être aussi
26:26famille je vous hais,
26:27ce n'est pas forcément
26:28famille je vous aime.
26:29– Mais ce n'est pas bien ça.
26:30– Non, mais ça peut arriver,
26:32je veux dire,
26:33voilà,
26:33on a le droit,
26:35tout n'est pas merveilleux.
26:37Et donc,
26:38l'important,
26:39je le répète,
26:40c'est vraiment
26:41de pouvoir avoir le choix.
26:41Le choix de continuer
26:42à vivre à Paris,
26:43par exemple,
26:44ou dans votre grande ville,
26:45tout en ayant
26:46une grande famille,
26:47si vous le souhaitez,
26:48ça,
26:49ça me semblerait important,
26:50c'est-à-dire que le fait
26:51de ne pas être obligé
26:52de changer d'endroit
26:53tout le temps,
26:54de se plier
26:55à plein de contraintes extérieures
26:56et finalement,
26:57de ne pas complètement
26:58choisir sa vie
26:59parce qu'on veut
26:59avoir des enfants,
27:00ça,
27:01je trouve ça
27:01un peu dommage.
27:03Et puis,
27:03aussi,
27:04je trouve que
27:05il doit y avoir,
27:08enfin,
27:08on ne doit pas avoir
27:09de valeur donnée,
27:11spécialement,
27:11ça doit être
27:13aussi valeureux
27:14d'avoir une famille
27:15choisie
27:16que d'une famille
27:18qu'on a fabriquée
27:19biologiquement.
27:20Voilà,
27:21et que l'idée,
27:23c'est d'abord
27:24les familles
27:24qui permettent
27:26d'avoir une vraie vie.
27:28Moi,
27:28je suis aussi fille unique,
27:29mais je suis dans
27:30une grande famille.
27:30J'ai une famille,
27:31non mais c'est vrai,
27:32j'ai une grande
27:33et à laquelle je tiens beaucoup.
27:35Mais voilà,
27:36l'important là-dedans,
27:38ce n'est pas de valoriser
27:39l'un ou l'autre,
27:39d'avoir des assignations,
27:41soit à la famille,
27:42soit à la non-famille,
27:43d'ailleurs.
27:44Madame Soyez,
27:45Laura Meyer,
27:46qui était notre première citoyenne
27:47qui a témoigné au début
27:48de l'émission,
27:48elle voulait intervenir
27:49et réagir à ce qu'il dit
27:50dans l'émission.
27:51On vous écoute, Laura.
27:54Oui,
27:54Madame Soyez,
27:54vous avez dit quelque chose
27:55de très pertinent,
27:56c'est famille,
27:58je vous aide.
27:59Ça,
27:59c'est quelque chose
28:00qui est effectivement possible,
28:01contrairement à ce que
28:02M. Paco a dit,
28:03parce qu'il y a quand même
28:04de parents qui sont violents
28:05et il y a quand même
28:06un enfant sur dix
28:07qui est victime
28:08de pédocriminalité
28:09et du coup,
28:10c'est quand même
28:10quelque chose
28:11qui n'est pas à oublier
28:13et non,
28:14avoir des enfants,
28:15ce n'est pas forcément
28:16sans conséquence
28:17pour l'enfant.
28:19Oui,
28:20alors évidemment,
28:21malheureusement,
28:21parce que l'homme
28:22n'est pas parfait,
28:23il y a des parents
28:24qui se comportent mal
28:25avec leurs enfants
28:26et c'est un brame
28:27et évidemment,
28:28ils doivent être punis.
28:29Alors,
28:30il y a les PMI,
28:31les protections maternelles
28:32et infantiles
28:32qui font,
28:33je l'espère,
28:34leur travail.
28:35Alexandra,
28:36avant cette émission,
28:37Alexandra a préparé
28:38une petite question
28:39pour vous,
28:40sénateurs.
28:41Alexandra,
28:41est-ce que vous pouvez
28:42poser cette question
28:42à nos sénateurs
28:43en plateau ?
28:44Oui,
28:45je voulais poser une question
28:46par rapport
28:47au congé parental
28:49s'il y a des travaux
28:50pour le faire évoluer
28:52parce qu'il y a eu
28:54la dernière réforme
28:55date de 2014
28:56et ça a été un peu
28:57un échec
28:58parce qu'il y a
28:59de moins en moins
29:00de personnes
29:01qui ont recours
29:02au congé parental.
29:04donc je voulais savoir
29:05s'il y a eu des travaux
29:06en ce sens.
29:07Parce qu'il existe,
29:08on le rappelle,
29:08un congé maternité,
29:09un congé paternité,
29:10un congé parental
29:11d'éducation
29:12qui est du temps
29:13que les parents
29:13peuvent prendre
29:14pour réduire,
29:15interrompre une activité
29:16professionnelle
29:16pour élever un enfant
29:17et maintenant
29:18un congé de naissance
29:19qui doit entrer en vigueur.
29:20Anne Suéry,
29:21si on a bien compris,
29:22ça doit rentrer en vigueur
29:22au 1er juillet 2026,
29:24c'est bien ça ?
29:24Ça a été voté au Parlement
29:25cet hiver ?
29:27Absolument,
29:27mais il y a eu
29:28une réflexion sur 2027,
29:29je sais,
29:30mais je ne sais pas exactement
29:32finalement le décret
29:33ce qu'il a...
29:35Le principe c'est quoi ?
29:36C'était un décalage.
29:37Il y a eu un décalage,
29:39il me semble,
29:39en 2027,
29:40il me semble,
29:41si je ne m'abuse.
29:43En tout cas,
29:43nous,
29:44on était plutôt vers 2026,
29:46mais je sais
29:47qu'il y a un décalage
29:48jusqu'à 2027.
29:49Pour la mise en place.
29:49Mais pour moi,
29:51de nouveau,
29:51il manque un élément
29:52dans ce sujet-là
29:53qui est pour moi
29:54le lien entreprise
29:56et la personne
29:56qui s'arrête.
29:57Et je ne dis pas
29:57femme ou homme,
29:58et je suis convaincu
29:59qu'à travers la formation,
30:01on pourrait trouver
30:02des solutions
30:02qui donnent une grande facilité
30:04à une personne
30:05qui s'arrêterait 3 ans,
30:06par exemple,
30:07de pouvoir revenir
30:08dans l'entreprise
30:09avec toutes les facilités
30:10nécessaires.
30:11Parce que c'est un vrai sujet
30:12aujourd'hui,
30:12la personne,
30:1390% ce sont des femmes,
30:15quand elles s'arrêtent 3 ans
30:16et quand elles reviennent,
30:17la société dans laquelle
30:18elle travaille a évolué,
30:19ce qui est évident
30:20dans l'entreprise.
30:21Donc comment on crée
30:22ce lien qui continue
30:23sans pénaliser l'entreprise
30:25non plus
30:25parce que ce n'est pas son rôle ?
30:26Comment,
30:27une nouvelle fois,
30:28je reviens,
30:29comment l'État,
30:30justement,
30:30dans une politique
30:31de cette logique,
30:32s'intéresse à ce sujet-là
30:33et ne le cloisonne pas
30:34juste à un petit peu d'argent ?
30:35Je pense que dans le nouveau
30:36modèle social
30:37que nous devrons construire,
30:40il y a la modulation
30:40du temps de travail
30:41dans la durée,
30:42c'est-à-dire qu'au moment,
30:44effectivement,
30:44où il y a un choix
30:45de parentalité,
30:46que ce soit pour la maman
30:49ou le papa,
30:50eh bien,
30:50effectivement,
30:51il faut pouvoir proposer
30:53un temps,
30:54effectivement,
30:55de proximité
30:56avec les enfants
30:57qui pourra être compensé,
30:59rattrapé
30:59par une période
31:01où on travaillera plus longtemps.
31:02C'est vraiment
31:02une réflexion
31:03sur la durée
31:04qu'il faut avoir,
31:05à mon humble avis.
31:06Il y a une période,
31:07pardon,
31:07une période où l'IA
31:08va prendre beaucoup de place
31:09dans le monde du travail
31:10et où il va falloir
31:11une révolution aussi
31:12dans le travail
31:14et dans les modalités
31:16et dans les types de travail.
31:18C'est le moment aussi
31:18où ces temps-là
31:19doivent être utilisés
31:20pour être à même
31:22de pouvoir vivre ça
31:23et ne pas être encore plus exclu
31:27du monde du travail
31:28puisque c'est la crainte
31:29qu'on peut toujours avoir
31:30quand on est une femme.
31:31Allez,
31:31on passe au quatrième citoyen
31:33qui a accepté
31:35de répondre
31:36à nos questions.
31:37Direction les Côtes d'Armor
31:38pour rencontrer
31:39Léa Ruelan.
31:40Bonjour,
31:41vous êtes chef d'entreprise
31:42à Saint-Brieuc.
31:43Vous avez 37 ans
31:45et vous pourriez
31:46avoir envie
31:46d'un enfant.
31:48Jusque-là,
31:48vous aviez privilégié
31:49votre carrière professionnelle.
31:51Avant de vous entendre,
31:52on va voir quelques images
31:52que vous avez tournées pour nous.
31:54Je suis chef
31:55de deux ans d'entreprise
31:56et le temps passe très vite.
31:57À 35 ans,
31:58presque 36,
31:59je me suis retrouvée
32:00face à l'horloge biologique.
32:01J'ai décidé de faire
32:02une préservation d'ovocytes
32:03pour garder le choix.
32:04Le choix d'avoir un enfant
32:06si un jour j'en ai envie,
32:07au moment qui sera
32:08le bon pour moi.
32:09Trouver une place
32:10a été compliquée.
32:11Les centres sont saturés,
32:12avec parfois
32:13deux ans d'attente.
32:14On m'a même dit
32:14que c'était trop tard.
32:16Pourtant,
32:16en France,
32:16c'est possible
32:17jusqu'à nos 37 ans.
32:18J'ai finalement pu le faire
32:19à Saint-Brieuc.
32:19Pour moi,
32:20c'est un acte de liberté,
32:21mais aussi un acte
32:22de solidarité.
32:23Si je n'utilise pas
32:24mes ovocytes,
32:25je serais ravie
32:26d'en faire don
32:26à d'autres femmes.
32:27Et alors, Léa,
32:28votre priorité
32:29jusqu'à récemment,
32:30c'était de réussir
32:31dans la vie professionnellement.
32:33Vous n'aviez pas le temps
32:34de vous poser
32:34pour faire un enfant,
32:35c'est ça ?
32:37Oui, c'est ça.
32:38En fait,
32:38ce n'est pas que je n'avais pas le temps,
32:39c'est que je n'y pensais pas.
32:41Ce n'était pas un désir.
32:42Je n'avais pas forcément
32:42envie d'avoir un enfant
32:44au plus dans la société
32:45dans laquelle on vit,
32:45avec tout ce qui se passe.
32:47Je n'avais pas du tout envie.
32:48Et grâce à la nouvelle loi
32:50qui est passée
32:51sur la préservation d'ovocytes,
32:53je me suis dit
32:54pourquoi pas le faire ?
32:55Et en fait,
32:55ça a déclenché quelque chose
32:56chez moi
32:57qui est assez intéressant.
32:58C'est que du coup,
32:58je me suis dit
32:59mais en fait,
33:00c'est bien maintenant,
33:00je vais pouvoir avoir
33:01un choix qui est rallongé.
33:03Et donc, du coup,
33:05peut-être un jour
33:05parvenir à la maternité.
33:07J'ai maintenant
33:07jusqu'à mes 44 ans.
33:09Donc, ça prolonge.
33:12Oui, et vous vous êtes préparée
33:13aussi en allant voir
33:16votre banquier.
33:17Vous avez mis de l'argent de côté
33:18en vue de ce projet,
33:19c'est bien ça ?
33:21Non, je n'avais pas mis
33:22d'argent de côté.
33:23Mais par contre,
33:23je m'étais dit
33:24que si jamais un jour
33:25j'avais envie d'avoir un enfant,
33:26j'avais envie d'être à l'abri
33:28et donc, j'ai été le voir
33:29de manière assez naïve
33:30en me disant
33:30il existe sans doute
33:33quelque chose
33:33pour nous aider,
33:34nous, à devenir maman
33:35et donc, peut-être,
33:37je ne sais pas,
33:37avoir une assurance
33:39qui me permettrait
33:40d'employer une personne en plus
33:41ou de m'aider au quotidien
33:43à la maison.
33:44Et le fait est
33:45que rien n'existe.
33:46Donc, j'étais un petit peu déçue
33:47de ce que j'étais prête
33:48à le faire.
33:49Et en fait,
33:49on m'a clairement dit
33:50qu'il fallait absolument
33:52mettre uniquement
33:52de l'argent de côté
33:53et organiser
33:56et construire ça seul.
33:58Oui, ça,
33:58avoir un enfant pour vous,
34:00c'est un projet
34:00qu'il faut construire,
34:01c'est bien ça ?
34:04Ben oui,
34:04en tant que chef d'entreprise,
34:06les congés maternité
34:07sont quand même
34:08presque quasi inexistants,
34:10je dirais.
34:11Et partir de mon entreprise,
34:12ça veut dire aussi
34:13donner moins d'énergie
34:14dans cette entreprise.
34:15Donc, ça veut aussi dire
34:16la mettre en défaillance.
34:18Donc, c'est quelque chose
34:19qui peut se préparer
34:194, 5, 6 ans à l'avance.
34:23Donc, voilà,
34:24je ne peux pas perdre
34:25vraiment de temps
34:25si un jour j'ai envie
34:26d'avoir un enfant,
34:27c'est maintenant
34:27qu'il faudrait que je le prépare
34:28pour les prochaines années.
34:30Alors, qu'est-ce que vous définissez
34:31comme déclic ?
34:32Qu'est-ce qui va faire
34:33la différence
34:33pour que vous vous lanciez ?
34:37Je pense que ça va être
34:38beaucoup le contexte économique
34:41parce qu'en tant que chef d'entreprise,
34:43je subis aussi
34:44beaucoup le contexte économique.
34:46les aides possibles
34:48qui peuvent être données
34:49ou les subventions
34:51qui peuvent être offertes
34:52pour soutenir la maternité
34:54et aussi, pourquoi pas,
34:56s'il y a des questions
34:57de salaire universel
34:59ou qui reviennent
35:00ou des choses comme ça
35:01qui pourraient être
35:01intéressantes pour moi
35:02puisque ça me permettrait
35:03de financer,
35:04de payer une autre personne
35:06qui pourrait m'aider au quotidien
35:07et avoir aussi moins un salaire.
35:09Alors, justement,
35:10on a vu récemment
35:11dans un rapport
35:12les députés proposaient
35:13un versement familial unique
35:14de 250 euros par mois
35:16sans condition de revenu.
35:17Est-ce que c'est une piste intéressante
35:19selon vous ?
35:21Oui, c'est une piste intéressante
35:22mais bon, 250 euros
35:24avec les charges sociales,
35:26ça ne me paraît pas
35:26être quelque chose
35:27qui permettrait
35:28de vivre pleinement,
35:30sereinement les mois,
35:32on va dire.
35:33Ce n'est pas une énorme somme
35:34mais ça peut être déjà
35:35un bon début.
35:37Anne Souiris,
35:38qu'est-ce que ce témoignage
35:39vous inspire ?
35:39On voit que la maternité,
35:41c'est un projet
35:41qui se construit.
35:42Est-ce que c'est différent
35:43par rapport à certaines générations
35:45qui nous ont précédées ?
35:47Moi, je pense qu'il y a
35:48plusieurs choses
35:48dans ce témoignage,
35:50dans votre témoignage,
35:51madame.
35:51C'est la question aussi
35:52de l'inquiétude
35:53qu'on n'a pas beaucoup
35:54abordée ici
35:55qui est l'inquiétude financière
35:59parce que,
36:00est-ce que j'aurai assez d'argent
36:01pour élever mon enfant ?
36:02Mais aussi,
36:04l'inquiétude générale.
36:05Vous parliez
36:05de l'économie du pays
36:08et de se dire
36:09que bon,
36:10peut-être que ça n'ira
36:11pas très bien.
36:11Là, en plus,
36:12on a un contexte de guerre
36:13en ce moment quand même.
36:14On a beaucoup de contextes
36:16anxiogènes.
36:17Je parle aussi,
36:18évidemment,
36:19de l'éco-anxiété
36:19qui existe
36:20pour pas mal de gens
36:22et qui est quand même
36:23de plus en plus présent
36:23dans nos vies.
36:24Donc ça,
36:25ça joue dans l'équation globale
36:26selon vous ?
36:26Oui,
36:26ça joue dans l'idée
36:27que bon,
36:28en fait,
36:28on se sent,
36:29on se dit
36:30dans quel monde
36:31vais-je mettre mes enfants
36:32et moi-même,
36:33comment est-ce que
36:34je vais pouvoir
36:34les protéger
36:35dans ce monde-là
36:36tant que j'en suis responsable ?
36:38Ça rentre quand même
36:39dans cet univers-là
36:40et c'est quelque chose
36:41qu'on doit penser.
36:42C'est pour ça
36:42que la solidarité nationale,
36:45européenne,
36:45en tout cas nationale
36:46et même,
36:47pourquoi pas locale,
36:48mais en tout cas,
36:49elle est importante
36:50pour pouvoir faire en sorte
36:51qu'aussi,
36:52on puisse assurer
36:54au papa,
36:55aux mamans,
36:56à tous les citoyens
36:57de se dire
36:57en fait,
36:58on ne va pas vous laisser,
37:00on est en train
37:01de prévoir des choses
37:01et je ne suis pas sûre
37:02que les politiques,
37:03en ce moment,
37:04soient très protectrices
37:06et très dans le présent
37:09et dans l'avenir
37:10de notre histoire,
37:12même l'avenir court
37:13et évidemment à long terme.
37:15Allez-y,
37:15M. Lébrier,
37:16vous voulez réagir ?
37:17Réaction un petit peu différente
37:18parce que je,
37:20je vous le dis,
37:21je vais parler de moi,
37:22moi j'ai un enfant
37:23qui a 4 ans,
37:25donc en parlant
37:26de prise de risque,
37:27ne serait-ce que là,
37:28j'ai été une prise de risque
37:29complètement folle,
37:29si on part de ce principe-là.
37:31Je crois que
37:34avoir un enfant
37:35en pensant
37:36qu'il n'y a pas de risque,
37:38ça n'est pas possible.
37:39Ça fait partie du risque.
37:40Et le deuxième regard
37:41que j'ai
37:42et qui est différent
37:42du vôtre,
37:44c'est qu'on peut regarder
37:45la société de deux façons.
37:46À quoi sert l'enfant ?
37:48Est-ce qu'il va subir
37:49ce que nous laissons
37:51ou est-ce qu'il va construire
37:52mieux que nous ?
37:53Et moi,
37:54je regarde le verre plein
37:55et je crois que
37:56les enfants
37:57vont construire
37:58quelque chose
37:58de bien plus beau
37:59que ce que nous,
38:00nous avons fait
38:00et je veux croire à ça.
38:02Et donc,
38:03je n'empêcherai pas le risque,
38:04c'est pas possible,
38:04qu'il soit financier.
38:06Ça va peut-être
38:07vous faire sourire
38:07mais en étant sénateur,
38:09j'ai perdu 25%
38:10de pouvoir d'achat
38:10par rapport
38:11à mon métier précédent.
38:12Donc,
38:13encore plus de raisons
38:14d'avoir,
38:14moi,
38:15de ne pas faire d'enfant
38:16et pourtant,
38:16j'ai fait tout ça
38:17parce que quelque part,
38:19tout en respectant
38:20parfaitement ce que vous dites,
38:20c'est-à-dire que
38:21c'est votre choix,
38:22il est tout aussi respectable
38:23que le mien
38:23mais mon regard est différent
38:25puisque j'ai pris des risques
38:26et je les assume complètement
38:27et finalement,
38:28un enfant est né
38:29et j'en suis très heureux.
38:29Oui, Léa,
38:30vous pouvez réagir
38:31et peut-être aussi
38:31à la fin,
38:32nous poser la question
38:33que vous aviez préparée
38:33pour les sénateurs.
38:34On vous écoute.
38:35La question,
38:38c'est qu'on a abordé
38:39tout à l'heure,
38:40c'était
38:40quels étaient
38:41les futurs aides
38:43ou moyens
38:43qui pouvaient être mis en place
38:44pour justement
38:45soutenir la maternité.
38:47Oui,
38:48et notamment pour les femmes
38:49et les femmes chefs d'entreprise.
38:51Olivier Paco,
38:52comment est-ce qu'on peut
38:53aussi accompagner
38:53ces femmes
38:54qui veulent avoir
38:54des aussi belles carrières
38:56que les hommes
38:56à l'autre époque ?
39:00Écoutez,
39:00déjà,
39:00il y a effectivement
39:01des politiques
39:03d'égalité salariale
39:04homme-femme
39:05qui sont essentielles.
39:07Après,
39:07il faut que tous les moyens,
39:09alors ils peuvent être financiers,
39:10mais je pense que
39:11ce n'est pas la seule problématique
39:13de soutien
39:14à l'accueil
39:15de l'enfant
39:16doivent être mis en place.
39:18Mais le cas de Léa…
39:18C'est pour les indépendants.
39:19En l'occurrence,
39:20c'est chef d'entreprise,
39:21il y a une prise de risque.
39:22Quand on tourne autour
39:23la question du risque,
39:24c'est parce qu'il y a
39:24des chefs d'entreprise.
39:25C'est incontestable.
39:25C'est plus problématique
39:26pour un chef d'entreprise
39:27et effectivement,
39:28Léa a décidé
39:29d'utiliser
39:30les moyens technologiques
39:31à sa disposition
39:32pour pouvoir vivre
39:33peut-être un petit peu plus tard
39:34une parentalité.
39:36Donc,
39:36alors le paradoxe,
39:37c'est quand même
39:37que les moyens technologiques
39:39aujourd'hui
39:39nous permettent
39:40en fait d'avoir,
39:41de maîtriser
39:41sa fécondité,
39:43mais on fait pour autant
39:44moins d'enfants.
39:45Alors pourquoi ?
39:46On a parlé du caractère
39:47anxiogène
39:48de notre société,
39:49mais je ne suis pas convaincu
39:50qu'il soit plus anxiogène
39:52en 2026
39:53qu'il y a quelques années
39:54et la démographie,
39:56elle est malheureusement connue
39:58pour connaître des vagues,
39:59avoir des cracks.
40:01Dans les années 80,
40:02on a eu un crack démographique.
40:03Moi,
40:04il y a un sujet
40:04qu'on n'a pas du tout abordé
40:05mais qui,
40:06à mon avis,
40:06a un rôle clé aujourd'hui
40:07dans la dénatalité.
40:10C'est ça.
40:11Ça nous rend à la fois
40:12stériles et débiles,
40:13ces petites machines,
40:14ces réseaux sociaux
40:15qui font que l'homme
40:16s'escargotise,
40:17qu'il vit de plus en plus
40:19replié dans sa bulle
40:20et qu'il est de moins...
40:22Enfin, le temps d'écran
40:23remplace le temps relationnel
40:24et c'est un vrai problème
40:26et ça,
40:27objectivement,
40:27pour l'instant,
40:28moi,
40:28je n'ai pas encore
40:29de moyens
40:30pour lutter contre.
40:31Alors,
40:31interdire le portable
40:32à l'école,
40:32il y a plein de choses
40:33qui vont dans le bon sens
40:34mais ça fait partie
40:35de l'équation.
40:36Il faut en être conscient.
40:38En tout cas,
40:38je voudrais remercier Léa
40:39qui a témoigné
40:40dans cette émission.
40:42On va rencontrer
40:42notre dernier grand témoin
40:45et une histoire
40:46de désir d'enfant
40:48entravé.
40:49Bonjour, Eugénie.
40:50Merci d'avoir accepté
40:51de participer
40:51à ce dialogue citoyen.
40:53Avant de vous entendre,
40:54place à notre reportage.
40:56Céline Schmitt
40:56est allée à votre rencontre
40:58dans la région lyonnaise.
40:59Vous lui avez confié
41:00en détail
41:00vos difficultés
41:02à avoir un enfant
41:03et le parcours
41:03se met d'embûche
41:04pour recourir
41:05à une PMA,
41:06une procréation
41:07médicalement assistée.
41:08On regarde.
41:09Près de Lyon,
41:10Eugénie a fait
41:10neuf tentatives
41:11de procréation
41:12médicalement assistée
41:13en plus de cinq ans.
41:15Aucune n'a fonctionné
41:16à l'issue
41:17de ce long parcours
41:18du combattant.
41:20Il y a tout
41:21le dossier médical
41:21depuis le début,
41:22c'est-à-dire
41:23tous les examens
41:24qu'on a pu faire
41:26dans la préparation
41:28et l'identification
41:29des problématiques
41:30qui ont pu nous mener
41:31à ce parcours
41:32d'AMP,
41:33de PMA.
41:34Très vite,
41:35Eugénie comprend
41:36que les chances
41:36de réussite
41:37d'une PMA
41:38ne dépassent pas
41:38les 30%.
41:40Son quotidien
41:41se retrouve bouleversé.
41:42Chaque jour,
41:43elle doit prendre
41:44une batterie
41:44de médicaments.
41:45J'en ai encore
41:46quelques-uns.
41:47donc on a
41:48de la progestérone
41:50évidemment,
41:51de l'acide folique
41:52classique.
41:54Dès les premiers examens
41:55en 2020,
41:56Eugénie se rend compte
41:57qu'une anomalie
41:58va rendre impossible
41:59l'utilisation
42:00de ses propres gamètes.
42:02En plus de la PMA,
42:04le couple devra recourir
42:05à un don d'ovocyte.
42:07Rapidement,
42:08ils entament
42:08des démarches en France
42:09mais les délais
42:10d'attente frôlent
42:11les deux ans.
42:12Dans l'hexagone,
42:13les donneurs
42:14ne sont pas rétribués
42:15et sont donc
42:16moins nombreux.
42:17Le couple décide
42:18finalement
42:18de se rendre
42:19à l'étranger.
42:20Devoir quitter
42:21son pays,
42:22traverser une frontière,
42:23organiser de la logistique,
42:25c'est très très violent
42:26parce que ça enlève
42:29tout confort.
42:31C'est très déstabilisant,
42:32on est dans l'inconnu.
42:33Pour un sujet,
42:36pour un projet,
42:38on ne peut plus intime,
42:39on ne peut plus viscéral
42:40et on ne devrait pas
42:42avoir à traverser
42:43des frontières.
42:45Depuis quelques mois,
42:46le couple est séparé
42:47mais Eugénie ne compte pas
42:49renoncer à son projet
42:50d'enfant.
42:50C'est seule
42:51qu'elle poursuivra
42:52son parcours de PMA.
42:55Merci d'avoir accepté
42:56de témoigner, Eugénie.
42:57Après tous ces essais
42:58infructueux,
42:59est-ce que votre désir,
43:00vous diriez,
43:00il est toujours intact
43:01aujourd'hui ?
43:03Oui,
43:04bonjour.
43:06Effectivement,
43:06oui,
43:07il est toujours intact
43:09et pourtant,
43:10il y avait largement
43:11de quoi se décourager.
43:14Évidemment,
43:15ça va être un parcours
43:15qui va être différent,
43:16un projet de vie
43:17qui sera différent du coup
43:20puisque ça a été dit
43:21dans le reportage,
43:22ce sera seul maintenant.
43:25Mais plus autant,
43:26je n'ai pas l'intention
43:28de laisser tomber
43:28et je sais déjà
43:32que je vais au-devant
43:33de nouvelles difficultés
43:34mais qu'elles sont
43:35loin d'être terminées
43:36et que malheureusement,
43:39après six ans de parcours,
43:41les choses ne se sont pas
43:42améliorées en six ans
43:43et le parcours
43:45est toujours semé
43:46dans le bûche.
43:47Et donc,
43:48vous diriez que ce désir
43:49d'enfant,
43:49chez vous,
43:50il est toujours intact.
43:51Comment est-ce que
43:51vous l'expliquez ?
43:55C'est un désir
43:56qui est ancré
43:56depuis toujours,
43:59depuis toute petite.
44:02Il a été largement malmené
44:04et je me suis très souvent
44:07posé la question.
44:08On s'est posé la question
44:09aussi avec mon mari
44:11à l'époque.
44:12Et voilà,
44:14c'est une volonté
44:16de transmission
44:18que j'ai toujours gardée
44:21et que j'ai,
44:23malgré tout,
44:24malgré toutes ces difficultés,
44:25pas perdues.
44:26Votre dernière tentative,
44:27elle date de début 2025.
44:28Elle s'est soldée
44:29par un échec.
44:30Vous l'avez vécu,
44:31comme je cite,
44:32un coup de masse
44:33psychologique
44:34car cette mauvaise nouvelle
44:36relance un temps d'attente
44:37ensuite de deux ans.
44:39Comment est-ce que
44:39vous expliquez ces termes
44:40un coup de masse
44:41psychologique ?
44:42Vous pouvez nous expliquer ?
44:46C'est en fait
44:47le contre-coup
44:48de tous les espoirs
44:49qu'on a pu mettre
44:50à chaque essai.
44:51On a fait en tout
44:52neuf essais.
44:54Neuf transferts d'embryons,
44:56qui n'ont pas abouti.
44:59On met à chaque fois,
45:01évidemment,
45:02sinon il y a assez
45:04peu de chances
45:05que ça fonctionne
45:07et pourquoi continuer,
45:08mais on met tous
45:09ces espoirs
45:10dans les essais.
45:14Après tous ces essais,
45:16ça a été un peu
45:17le coup de grâce
45:18et surtout,
45:19ça a effectivement
45:21mis à mal
45:22mon couple également
45:23puisque ça a
45:25ça venait prendre
45:27toute la place,
45:28ça prend beaucoup de place,
45:28la PMA bien sûr,
45:30et ça a en plus
45:32créé un séisme
45:33dans mon couple.
45:34Donc non seulement
45:35ça a été
45:37un nouvel écueil
45:39dans tout cet espoir
45:40et en plus,
45:40c'est venu mettre
45:41à mal mon couple.
45:42Et donc,
45:43c'est bien ça,
45:43après cette dernière tentative,
45:45il y a deux ans d'attente,
45:46c'est ce qu'on vous a annoncé,
45:47c'est ça ?
45:49Alors oui,
45:50si aujourd'hui,
45:51je veux reprendre
45:53un parcours
45:54donc du coup
45:54seul maintenant,
45:57je m'attends
45:58à avoir un délai
46:00probablement
46:00dans ces horizons-là
46:01puisqu'à chaque fois
46:02qu'on a été inscrit
46:03sur une liste d'attente
46:04pour un don de gamènes,
46:05donc dans mon cas,
46:06un don de vocides,
46:07on a eu,
46:09on vous a annoncé,
46:10et c'est les délais
46:11actuellement en France
46:12qui sont en moyenne
46:13de 24 mois
46:15pour un couple
46:16non issu d'une minorité,
46:18pour une personne
46:19non issue d'une minorité
46:20puisque c'est bien pire
46:21en plus
46:21pour certaines catégories
46:23de personnes,
46:24malheureusement.
46:25Donc voilà,
46:27ça veut dire
46:28que soit on accepte
46:29de à nouveau,
46:30soit j'accepte
46:31d'à nouveau
46:32subir de l'attente,
46:34soit je me dirige
46:37à nouveau
46:38vers l'étranger,
46:39ce qui n'est pas
46:40non plus souhaitable.
46:42Martin Évrier,
46:43le recours au PMA
46:44en France
46:44est-il trop contraignant ?
46:45Il est très compliqué,
46:47il faut le dire clairement,
46:48je le reconnais complètement,
46:49je connais des situations
46:51un peu similaires,
46:52il est effectivement
46:52dans mon entourage proche
46:55et il est,
46:56je le reconnais,
46:56très compliqué.
46:57Après,
46:58la science escalée,
46:59il y a différentes choses,
47:01mais dedans,
47:01il y a aussi la science
47:02avec la possibilité
47:03de réussite ou pas.
47:04Vous disiez,
47:04je crois madame,
47:05que votre espérance
47:06était de 30%,
47:07donc ça rend encore plus long.
47:09le peu de réussite
47:10sur 25% à peu près.
47:11C'est ça,
47:11donc tout ça se conjuguant
47:14rend les choses...
47:15Est-ce que je peux vous poser
47:15une question
47:16qui est indirectement liée ?
47:18Est-ce que vous avez pensé
47:18l'adoption ?
47:20Ou pas du tout ?
47:20C'est un sujet,
47:21oui,
47:21on a également réalisé
47:24le parcours d'adoption
47:25qui est un parcours
47:26au moins aussi difficile
47:27que la PMA.
47:28Qui est pire.
47:29Qui a pris aussi un an,
47:32mais là,
47:32les délais d'attente,
47:34une fois qu'on est
47:34sur l'île d'attente également,
47:36on parle plus de 5 ans,
47:396 ans,
47:39et c'est pareil,
47:40il n'y a pas de garantie
47:41non plus de première...
47:42Et le législateur
47:43ne peut rien faire
47:44contre ces délais
47:45de 2 ans qu'on évoquait,
47:46par exemple ?
47:46Je posais cette question
47:47justement pour montrer
47:48à quel point
47:48c'était compliqué aujourd'hui.
47:50En France et ailleurs,
47:50il n'y a pas qu'en France,
47:51je veux dire,
47:51certes,
47:52il y a des pays
47:52où ça paraît plus facile,
47:53mais c'est un sujet
47:55excessivement complexe.
47:56Le législateur,
47:57attention,
47:57le législateur sur l'adoption
47:58a simplement donné
47:59la possibilité d'adoption.
48:00Après,
48:00c'est la justice,
48:01c'est les juges
48:03qui décident...
48:03Sur la procréation
48:03médicalement insustre.
48:05Là, c'est la science,
48:06c'est un peu plus compliqué,
48:07mais là,
48:08c'est plus la justice
48:08qui prend plus souvent
48:10des décisions
48:11de confier des enfants
48:13ou qui facilite l'adoption
48:14rarement pour les couples
48:17et plus facilement
48:18pour les gens seuls.
48:18C'est comme ça.
48:19Sur ce recours à la PMA.
48:20Oui,
48:21c'est comme ça.
48:21Le législateur
48:22pourrait tout à fait,
48:23que nous sommes législateurs
48:25que nous sommes,
48:25pourrait accélérer
48:26le mouvement pour la PMA
48:28et faciliter surtout l'accès.
48:29Pour l'instant,
48:30on peut considérer
48:31que c'était une première loi
48:32et qu'elle était
48:34avec beaucoup d'obstacles
48:38de vérification,
48:39de contrôle
48:39et que maintenant,
48:40on pourrait peut-être
48:41passer à un test supérieur.
48:43Il faut revenir
48:43sur la loi sur la PMA.
48:44pour que les PMA
48:45soient facilités
48:46et puis aussi
48:47de faire appel
48:48à plus de dons
48:49parce qu'on n'a pas
48:50assez de dons.
48:52Mais ça,
48:52ça veut dire aussi
48:53de la publicité
48:54et aussi faire en sorte
48:55que les gens soient
48:56au courant
48:56de ce déficit-là.
48:58Et je pense
48:59que ce serait aussi
49:00très important à faire.
49:01C'est important
49:02effectivement pour Madame
49:04et pour tous les gens
49:05qui veulent créer
49:06ou une famille
49:07ou même avoir
49:08simplement un enfant
49:09parfois seul aussi.
49:11Olivier Paco,
49:11quand on voit
49:12la charge émotionnelle
49:13de ce parcours
49:14très compliqué,
49:14qu'est-ce que vous avez
49:15envie de dire
49:15aujourd'hui ?
49:17Je repense
49:18au tout premier témoignage
49:20qui était totalement inverse.
49:22Là,
49:22on a un désir
49:24mais plus que profond
49:26d'enfant
49:26et qui effectivement,
49:27on est très malheureux
49:29d'entendre
49:29que vous en êtes
49:30à neuf échecs
49:31de votre tentative
49:33de PMA
49:34et on espère sincèrement
49:35que vous y parviendrez.
49:37La nature,
49:37elle est parfois
49:38merveilleuse
49:39mais elle peut être
49:39aussi cruelle.
49:40et même si des progrès
49:43ont été faits,
49:43qu'ils soient législatifs
49:44ou biologiques,
49:46technologiques,
49:48malheureusement,
49:49ça ne marchera pas
49:49à tous les coups.
49:51Moi,
49:51ce que j'ai simplement
49:52envie de dire,
49:53c'est que ce beau témoignage,
49:55il me donne vraiment envie
49:57de, malheureusement,
49:59cher Anne Souley,
49:59de dire,
50:00famille, je vous aime,
50:01nous avons besoin d'enfants,
50:03ça égaye la vie
50:05Martin et papa
50:06d'un jeune enfant.
50:07Moi, je suis grand-père
50:08depuis un an,
50:09c'est merveilleux.
50:10Vous accepteriez
50:10de faire une nouvelle version
50:12de la loi PMA
50:12pour, par exemple,
50:13raccourcir les délais ?
50:14Parce que la droite
50:15avait freiné, plutôt.
50:16Oui, alors,
50:16elle avait freiné
50:17parce qu'on ne voulait pas
50:18qu'il y ait des dérapages
50:19vers la GPA, par exemple.
50:21Oui, ce n'est pas
50:21le même contexte.
50:23Ce n'est pas tout à fait
50:23le même contexte.
50:24La PMA existe depuis longtemps
50:26pour des couples,
50:27on n'est pas tout à fait
50:28dans le même contexte.
50:29L'accélérer,
50:29c'est plus un problème scientifique
50:30pour moi.
50:31Non, non, non.
50:32Et de dons, bien sûr.
50:33Mais ce n'est pas vrai.
50:33En Espagne, ils le font
50:34et c'est beaucoup plus facile
50:35à faire.
50:36Il y a un mot qui n'a pas
50:36du tout été prononcé.
50:37Ce n'est pas une question
50:37scientifique.
50:38Dans notre société,
50:39il y a quelque chose
50:39qui se développe
50:40et qui me fait mal au cœur
50:41et je pense que Génie,
50:42elle rêverait d'autre chose.
50:44C'est le no kids.
50:46C'est quand même triste
50:47de voir dans notre société
50:48se développer des espaces,
50:51des entreprises,
50:52des résidences,
50:52des hôtels.
50:53No kids.
50:54Vive les enfants.
50:56Génie, vous aviez une question
50:57pour nos sénateurs
50:58et sénatrices en plateau.
50:59On vous écoute.
51:00Oui, j'ai une question,
51:01effectivement,
51:02puisqu'on a parlé tout à l'heure
51:04de la difficulté
51:05de ce parcours,
51:06mais le don de gamètes
51:08en France,
51:09il y a beaucoup de personnes
51:10qui en ont besoin
51:11et je voudrais savoir
51:12comment on peut faire en sorte
51:14d'améliorer l'accès
51:15au don de gamètes
51:16et c'est à autant
51:17d'un point de vue
51:18de la durée
51:19puisque ça a été dit
51:21dans le reportage,
51:21j'ai passé avec mon mari
51:23d'abord 16 mois
51:24puis 24 mois
51:26pour un deuxième don
51:27en France
51:27sur les attentes.
51:29Ça, c'est la première chose.
51:30Comment on réduit
51:31ces temps d'attente
51:32qui sont inhumains ?
51:33On veut simplement
51:34avoir un enfant
51:35quand on veut avoir un enfant
51:36et la deuxième chose,
51:38c'est aussi
51:38comment on augmente
51:41l'accessibilité
51:42d'un point de vue géographique
51:44au don de gamètes.
51:46Il faut savoir
51:46qu'en France,
51:47aujourd'hui,
51:47il y a quand même
51:48un monopole très fort
51:49au niveau des séquences.
51:51Il faudrait probablement
51:52faire évoluer les choses
51:54et le cadre légal
51:54pour pouvoir améliorer
51:56l'accès
51:58à des centres
51:59pour faire
52:00de la PMA
52:01et pour gérer
52:02que ce soit
52:03l'autoconservation
52:04ou le don de gamètes.
52:05Comment améliorer
52:06l'accès aux dons
52:07de gamètes en France ?
52:08Est-ce que vous avez
52:08une réponse ?
52:10Quelqu'un ?
52:11Elle nous dit
52:12travailler honnêtement.
52:13Ce que je sais,
52:14c'est que pour la congélation,
52:15ce qui est très compliqué,
52:17c'est le temps passé,
52:19la meticulosité
52:20pour le faire
52:21et non pas le fait
52:21de congeler.
52:23Et donc,
52:23on a un problème
52:23de personnel.
52:25J'ai découvert ça aussi.
52:26On a un vrai problème
52:26de personnel.
52:27On n'arrive pas à embaucher.
52:28On veut embaucher
52:28les séquences.
52:29On veut l'embaucher,
52:29mais ils ne trouvent pas
52:30le personnel adéquat.
52:31Est-ce qu'il faut rémunérer
52:32ce don, l'anonymiser ?
52:35Alors, rémunérer,
52:37on rentre sur un terrain glissant
52:39et dangereux.
52:39Je ne suis pas convaincu.
52:41Mais bon,
52:42je ne suis pas assez réfléchi.
52:43Eh bien, merci beaucoup.
52:45Il nous reste quelques minutes.
52:47On est à la fin de cette émission.
52:49Qu'est-ce que vous retenez
52:50de tous ces échanges
52:51depuis le début de cette émission ?
52:52Est-ce que la baisse de la réalité,
52:53la baisse de la réalité,
52:54elle est inéluctable aujourd'hui,
52:55Martin Léoyer ?
52:56Moi, je ne crois pas
52:57qu'elle soit inéluctable.
52:58Je vais rebondir
52:59sur ce que disait
52:59mon collègue Paco
53:00sur cet outil-là.
53:01Moi, je vais un peu plus loin
53:02ou différemment.
53:03Je pense qu'on est passé
53:04d'une société construite
53:06sous la Vème République
53:07qui était fondée
53:08sur le lien social,
53:09sur l'intergénérationnel,
53:11sur la solidarité intergénérationnelle
53:13et qu'au fur et à mesure du temps,
53:15on est passé à un individualisme
53:16de plus en plus forçonné.
53:17Oui, c'est ça vraiment
53:18le cœur du sujet.
53:20Je crois que si on veut
53:21une vraie envie,
53:23donner envie
53:24d'avoir des enfants,
53:25il faut reconstruire
53:26une société qui,
53:27sur le long terme,
53:28ça ne peut pas se faire
53:28en deux jours,
53:30donnera confiance
53:31dans ce qu'est
53:32le devenir d'un enfant.
53:33Anne Suéris,
53:34est-ce que le choix
53:35d'avoir un enfant ou pas,
53:36ça doit rester
53:36une décision intime
53:38et personnelle
53:38ou est-ce que les politiques
53:40doivent vraiment aussi
53:41rentrer dans ce débat ?
53:45Oui, les politiques
53:46doivent rentrer dans le débat
53:47pour, par exemple,
53:48faciliter les dons de gamètes,
53:50pour regarder
53:51quand les lois
53:52ne fonctionnent pas bien
53:53et qu'on aide,
53:54pour que le logement
53:55soit plus accessible
53:56dans les zones tendues
53:58pour les familles.
53:59Bien sûr que oui,
54:00le politique doit regarder
54:01parce que c'est une vision
54:03à la fois,
54:04pas seulement familiale,
54:05mais collective
54:06de toute notre société.
54:08Mais il y a deux choses
54:09qu'on n'a pas du tout évoquées
54:10et je vais juste les évoquer.
54:12la question des perturbateurs endocriniens,
54:14vous ne le savez peut-être pas,
54:16mais les perturbateurs endocriniens
54:17qui sont partout dans nos terres,
54:19dans ce qu'on mange,
54:20eh bien,
54:20c'est un facteur
54:21d'infartilité extrêmement forte
54:24qui va jusqu'à 30%
54:25et ça,
54:26je suis en train de citer
54:27des études du NIH,
54:29donc je ne parle pas
54:31d'études comme ça,
54:32donc ça,
54:33c'est un premier problème,
54:34donc c'est quelque chose
54:34d'avoir regardé précisément
54:36parce qu'on voit,
54:37par exemple,
54:37que les femmes deviennent,
54:40pardon,
54:42sont de plus en plus jeunes
54:43à arriver à la ménopause,
54:44parfois jusqu'à 30 ans,
54:46c'est un vrai sujet,
54:47c'est un vrai sujet
54:47qu'il faut aborder
54:48et le deuxième point,
54:49si on veut aussi répondre
54:50à cette question-là,
54:51c'est-à-dire notre société,
54:53comment on répond
54:54à nos enjeux de société,
54:55c'est la migration,
54:56pardon,
54:56mais enfin,
54:57il n'y a pas,
54:57pour travailler,
54:58pour faire en sorte
54:59de payer les cotisations,
55:01pour faire en sorte
55:02qu'il y ait des gens jeunes
55:03qui soient là
55:04et qui nous permettent
55:05de garder notre société,
55:06mais oui,
55:07évidemment que tous les pays
55:08aux alentours,
55:10oui,
55:10mais ça fait partie
55:11de la solution,
55:12ça fait partie de la solution
55:13et il va falloir évoquer.
55:15Et le mot de la fin
55:15pour Olivier Paco,
55:16allez-y.
55:17Même les pays de droite,
55:18pardon,
55:19et d'extrême droite.
55:20On est dans un monde
55:22où la dénatalité est très forte,
55:24il n'y a pas qu'en France,
55:26Corée du Sud,
55:26c'est 0,7 enfants par femme,
55:28on est tombé en France
55:29à 1,56,
55:30il y a un vrai problème
55:31et il faut que les politiques
55:33ne peuvent pas tout faire
55:34mais ils peuvent quand même
55:35créer un climat,
55:36donner des moyens législatifs
55:38pour donner envie aux Français
55:41de faire plus d'enfants
55:41et de donner la possibilité
55:42et je pense qu'en 2027,
55:45il faut que ce soit
55:45un des sujets
55:46de l'élection présidentielle.
55:48Oui,
55:48beaucoup plus que les retraites,
55:49oui.
55:49Je suis d'accord avec vous.
55:50Parlons à bien.
55:51C'est la fin de cette émission,
55:52je voudrais remercier les 5 Français
55:54qui ont accepté de témoigner
55:55dans ce programme.
55:57Merci aussi à tous les 3 sénateurs
55:59en plateau d'avoir joué le jeu
56:00de ces échanges.
56:02Un grand merci aussi aux équipes
56:04éditoriales et techniques
56:05qui ont permis de réaliser
56:06ce dialogue citoyen.
56:08Notre émission est à retrouver
56:09sur publicsena.fr
56:10et également en podcast
56:12sur toutes les plateformes.
56:13N'hésitez pas à nous suivre aussi
56:15sur les réseaux sociaux,
56:16Instagram, Facebook, X.
56:18On partage très bientôt
56:19le thème du prochain numéro
56:22afin que vous puissiez réagir.
56:23À très vite sur Public Sénat.
56:25J'ai trouvé l'émission
56:26très intéressante,
56:27les 5 intervenants
56:28avec des problématiques
56:29tout à fait différentes
56:30et intéressantes
56:31par rapport à différents parcours.
56:33Et j'ai trouvé que les réponses
56:35des sénateurs étaient tout à fait
56:36adaptées aux différents sujets abordés.
56:38J'ai trouvé le débat
56:38très intéressant
56:39avec différents exemples
56:42de femmes ou de parcours
56:43et aussi d'un futur papa peut-être.
56:46C'est intéressant d'avoir
56:47aussi un exemple d'un homme
56:49dans ces histoires-là.
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