- il y a 3 heures
C'est une période de la vie des femmes redoutée, un changement hormonal et métabolique inévitable, mais encore trop souvent passé sous silence. Pourtant chaque femme sera au cours de sa vie, un jour, concernée. En France, près de 17 millions de femmes sont ménopausées, dont 25 % souffrent de symptômes sévères. Pourquoi cette étape de vie est-elle encore si mal accompagnée ? Quels tabous empêchent de traiter cette période de la vie des femmes comme un véritable sujet de santé publique¿? Notre système de santé est-il à la hauteur ? Et le monde du travail doit-il s'adapter ? Axel de Tarlé reçoit médecins et politiques pour débattre de la ménopause : Anna Roy, sage-femme, spécialiste de la santé des femmes, autrice de « C'est ma ménopause : le guide complet, rassurant et sans tabou » aux éditions de l'iconoclaste et Dominique Vérien, sénatrice UDI (Bourgogne-Franche Comté), Présidente de la délégation aux droits des femmes et à l'égalité des chances entre les hommes et les femmes. Année de Production : 2025
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00:02Prévention, solidarité, accès aux soins, innovation.
00:07La Mutualité française présente
00:10Et la santé, ça va ?
00:13Bonjour et bienvenue dans Et la santé, ça va ?
00:1517 millions de femmes qui sont concernées par la ménopause ou la périménopause,
00:20soit une femme sur deux en France,
00:22et avec l'allongement de la durée de la vie,
00:24on estime que cette période durera pendant 40% de leur existence,
00:30avec des symptômes parfois pénibles dans les premières années.
00:35Pourtant, malgré cette réalité physiologique,
00:37la ménopause demeure un angle mort médical, un tabou social et un impensé politique.
00:44Question, pourquoi tant de femmes se retrouvent-elles ainsi démunies quand survient la ménopause ?
00:49Comment notre système de santé peut-il mieux accompagner cette transition de la vie ?
00:55Ménopause, brisons le tabou, c'est tout de suite.
01:11Nos invités, Dominique Vériant, vous êtes sénatrice de Lyon,
01:15vous êtes présidente de la délégation aux droits des femmes et à l'égalité des chances entre les hommes et
01:20les femmes.
01:21Vous avez piloté un rapport sur la santé des femmes au travail.
01:25Anna Roy, vous êtes sage-femme, vous êtes spécialiste de la santé des femmes.
01:29Votre livre, c'est ma ménopause, le guide complet rassurant et sans tabou,
01:33c'est aux éditions de l'Iconoclast.
01:34Et puis je signale également votre podcast sur la ménopause intitulé « Bouffée de chaleur ».
01:40Merci de participer à cette émission.
01:41Alors la ménopause intervient en moyenne à 51 ans.
01:45Il y a également la périménopause qui peut débuter bien plus tôt, parfois dès 40 ans.
01:52Anna Roy, c'est quoi la périménopause ?
01:54Et quels sont les symptômes à la fois de cette périménopause et de la ménopause ?
01:58Donc périménopause, c'est effectivement ce qu'il y a avant.
02:00On appelle ça aussi pré-ménopause.
02:02Il y a des femmes qui ont de la chance et ça va durer une à deux années,
02:05parfois même un peu moins.
02:06Et puis il y a des femmes qui n'ont pas de chance.
02:08Et on l'a dit, ça peut commencer dès l'âge de 40 ans.
02:10En général, c'est dû à une insuffisance de progestérone.
02:13Et donc, on va avoir une altération du sommeil, une fatigue.
02:17On peut avoir des symptômes comme ça.
02:18Mais la ménopause, c'est là où les symptômes sont les plus bruyants.
02:22Et la ménopause, c'est des symptômes qu'on connaît bien.
02:24Enfin, qu'on connaît bien, non, pas tant que ça, justement.
02:26Et c'est bien ça qui est embêtant.
02:27Évidemment, bouffée de chaleur, évidemment, sueur nocturne, évidemment…
02:30Pardon, sueur nocturne.
02:31Il peut y avoir des sueurs nocturnes.
02:32Il peut y avoir des altérations de la santé mentale.
02:36Altérations de la santé mentale ?
02:37Ah oui, vraiment avec des troubles anxieux, des dépressions qui sont majorées.
02:42Il y a énormément de symptômes.
02:43Et d'ailleurs, c'est ça qui est intéressant, c'est que comme la santé de la femme…
02:46Est-ce qu'on fait le lien entre ces sueurs nocturnes qui vous tombent dessus et la ménopause ?
02:51Alors, la plupart des femmes, oui, mais en fait, pas tant que ça.
02:55Et c'est ça qui est très étonnant.
02:56Et ce n'est pas ça, c'est qu'on découvre des symptômes presque tous les jours encore.
02:59Parce qu'autant la santé de la femme a été…
03:01On a très investi, par exemple, la question de l'accouchement.
03:03On a mis beaucoup d'argent.
03:04Enfin, on s'est vraiment occupé de l'accouchement.
03:06Autant la femme, quand elle est en ménopause,
03:08elle n'intéressait pas ou peu la recherche médicale et scientifique
03:11parce qu'en fait, elle avait donné ce qu'elle avait à donner, la femme,
03:13c'est-à-dire un enfant.
03:14Mais donc, il y a des périodes qui ont été délaissées comme ça.
03:16Il y a la ménopause, il y a le postpartum, il y a d'autres questions comme ça.
03:19Est-ce que toutes les femmes sont touchées de la même façon
03:23ou bien est-ce qu'il y a beaucoup d'inégalités dans les symptômes ?
03:25Alors ça, c'est très intéressant et je vous remercie de poser la question
03:28parce que non, il n'y a pas une ménopause qui ressemble à l'autre.
03:31Il y a vraiment…
03:32On considère qu'il y a à peu près 25% des femmes qui ont des symptômes très sévères.
03:35Ça fait beaucoup de femmes, ça fait un million.
03:37Moi, j'ai fait mes petits calculs, mais ça fait un million de femmes par an en France
03:40qui sont très handicapées par la ménopause.
03:42Mais il y en a d'autres qui vont avoir une ménopause absolument géniale,
03:45quasi sans symptômes et qui vont très bien le vivre.
03:47Génial, c'est-à-dire qu'il ne va rien se passer ?
03:48Oui, elles le vivent, elles sont même contentes.
03:50Et ça, il faut le dire aussi, il faut que cette parole existe.
03:52De ne plus avoir leur règle.
03:53Il y a des femmes qui disent « Ouais, super, je suis en ménopause,
03:55je n'ai pas de symptômes, je me sens hyper bien dans ma vie,
03:57je me sens affranchie plein de trucs et qui vont super bien. »
03:59On n'entend jamais ce discours-là.
04:00La ménopause, ça peut être ça aussi.
04:02Alors, madame la sénatrice, Anna Roy disait à l'instant,
04:04on ne les connaît pas tant que ça, les symptômes liés à la ménopause.
04:07Pourquoi ? Parce que c'est un sujet tabou.
04:10Je vous livre cette statistique.
04:1250% des Françaises disent se sentir angoissées à l'idée d'en parler.
04:18Oui, parce que ça va être considéré comme des problèmes de bonne femme.
04:22Et du coup, on n'en parlera pas.
04:25Alors, effectivement, la grossesse, on peut en parler parce que c'est noble,
04:28on va avoir un enfant, etc., mais la dépression postpartum, on n'en parle pas.
04:33Dépression postpartum, alors ?
04:34C'est quand on est dépressive après avoir eu un enfant,
04:37ce qui est quelque chose de courant, mais dont on ne parle pas,
04:41parce que quand même, on doit être heureuse d'accueillir cet enfant.
04:45C'est la plus belle chose qui doit vous arriver dans votre vie.
04:48C'est un peu la même chose pour la ménopause ?
04:49Et donc, on n'ose pas le dire.
04:50Et la ménopause, c'est un peu différent.
04:52C'est là, on est un peu âgé à ce moment-là, bon, on ne va pas aller se plaindre.
04:56Et puis, en plus, les femmes ont tendance à ne pas forcément aller se plaindre,
04:59effectivement, ne pas savoir que c'est la ménopause qui leur arrive.
05:02Elles ont des sueurs, bon, ben voilà, c'est des petits désagréments.
05:05Mais finalement, tous les mois, quand on a ces règles, on a aussi des petits désagréments.
05:09Et donc, on s'habitue, ce qui fait qu'on en parle peu.
05:12On en parle entre femmes, mais on en parle peu à l'extérieur.
05:15Entre femmes, c'est-à-dire qu'au fond, la médecine appartient aux hommes
05:20qui peuvent d'ailleurs considérer parfois que les femmes souffrent
05:23lors de l'accouchement, lors de la ménopause, et tout ça, est bien normal ?
05:26Jusqu'à présent, c'était un peu le cas.
05:28Vous le savez, sur les maladies cardiovasculaires,
05:31on n'enseigne pas aux médecins les différences de symptômes
05:35entre la maladie cardiovasculaire de la femme et la maladie cardiovasculaire de l'homme.
05:39Or, la ménopause, par exemple, qu'elle n'est pas genrée, elle est masculine.
05:46Donc, on aimerait qu'elle soit genrée.
05:48C'est-à-dire qu'on considère, enfin, personnellement, je considère
05:50que ce n'est pas parce qu'un homme n'aura jamais de cancer du col de l'utérus
05:53qu'il ne faut pas le soigner,
05:54ce n'est pas parce qu'on n'aura pas de cancer de la prostate
05:56qu'il ne faut pas le soigner.
05:58Alors, je vous propose, pour accompagner notre conversation,
06:00de faire connaissance avec Rosa, qui a 55 ans,
06:03et comme beaucoup de Françaises, lorsque la ménopause est arrivée,
06:07elle s'est retrouvée décontenancée par ses symptômes.
06:10Reportage.
06:16Vieille église en Yvelines.
06:18Alors, comment ça a été cette nuit ? T'as bien dormi ?
06:21C'est là qu'habite Rosa, 55 ans.
06:24Tiens, je vais prendre mon aide ménopause.
06:27Depuis deux ans, elle pourrait presque devenir apothicaire.
06:31Le magnésium, tu peux en prendre le matin et le soir.
06:33Ça ne t'empêche pas de dormir.
06:33Bien au contraire, ça te détend.
06:35Rosa est incollable sur toutes les vitamines et autres compléments alimentaires
06:39qui peuvent soulager les effets de sa ménopause.
06:42Quand je n'en mange pas assez de poissons gras, de l'oméga 3,
06:45parce que c'est bon pour le cœur.
06:47Ensuite, je prends de la vitamine D.
06:48Alors, ça, c'est tous les jours, parce que pour les os, c'est super important.
06:51Puis, on n'a pas assez de soleil chez nous.
06:53La vitamine C, ça, ça dépend des journées.
06:55Ça dépend comment je me sens, je prends ou pas.
06:57Quand je ne dors pas, comme là, cette nuit.
07:01Rosa a une vie bien remplie.
07:04Trois enfants, un travail prenant de commercial dans le bâtiment,
07:07de la danse et du yoga.
07:09Mais en 2023, quasiment du jour au lendemain,
07:13la ménopause lui tombe dessus.
07:15Ce bouleversement hormonal, elle en parle ouvertement avec sa fille, Lily Rose.
07:20C'est vrai que moi, je l'ai remarqué direct sur toi.
07:23Ça se voyait, tu avais beaucoup de sauts d'humeur.
07:26Tu changeais directement, tu passais d'une émotion à une autre.
07:29Puis, c'est vrai que ça se voyait beaucoup que tu étais fatiguée.
07:32Donc, oui, tes petites cernes, mais ça ne se voit pas.
07:34Nous, on ne le voit pas, mais c'est vrai que ça a l'air de te...
07:37Oui, mais toi, je suis le plus proble.
07:39Oui, puis tous les symptômes, ça a l'air d'être assez dur à vivre pour toi.
07:42Ça se voit, quoi.
07:44Ce qui l'empêche de dormir correctement,
07:45ce sont les classiques bouffées de chaleur
07:48qui concernent 70% des femmes ménopausées.
07:52Mais très vite, Rosa a été confrontée à d'autres symptômes
07:55plus inattendus les uns que les autres.
07:57L'art de se nourrir en été.
07:59Mesdames, bienvenue dans la grande aventure de la ménopause.
08:02D'un coup d'un seul en six mois, la totale.
08:05Alors, c'est la peau qui détend,
08:08c'est les cheveux qui tombent, la moustache qui pousse.
08:12Alors là, on se dit, mais ce n'est pas possible.
08:13On n'a plus de cheveux, mais on a la moustache qui pousse.
08:15OK, d'accord.
08:16Dans tout ce que je vous ai raconté,
08:17je ne vous ai pas parlé des migraines,
08:18mais quand vous vous levez un matin,
08:20que vous avez une migraine à vomir
08:21et que vous ne pouvez même pas poser un pied par terre,
08:23c'est quand même violent de se dire
08:24« Oh, je vais être couché toute la journée, c'est l'horreur. »
08:27Je fais de la tachycardie à un moment donné.
08:28J'ai même eu peur de faire une crise cardiaque.
08:30Et alors, le pire aussi, par rapport à mon travail,
08:33le brouillard cérébral.
08:35C'est-à-dire qu'en fait, vous avez des moments,
08:37vous cherchez vos mots.
08:38Je savais le dire, je ne sais plus le dire.
08:40Qu'est-ce qui se passe ?
08:41En fait, on a l'impression, au fur et à mesure des symptômes,
08:46qu'on a toutes les maladies de la Terre.
08:48En quête d'aide face au tsunami intérieur qu'elle ressent,
08:51Rosa consulte.
08:52J'ai tellement trouvé bien que je l'ai offert.
08:54Mais ne trouve pas de réponse à ces questions
08:56du côté du corps médical.
08:58Ce qui renforce son sentiment d'isolement
09:00face à sa ménopause.
09:04Un médecin généraliste que j'adore,
09:06c'est une femme extraordinaire, exceptionnelle,
09:07mais elle est jeune.
09:09En fait, nos médecins ne sont pas formés.
09:11Donc, elle va me dire,
09:12je ne vous donne pas de traitement hormonal,
09:13ça donne le cancer.
09:14Bon, OK.
09:15Vous faites une petite déprime,
09:17allez hop, on va vous donner des antidépresseurs.
09:19Vous ne dormez pas, on va vous donner des somnifères.
09:21En fait, on ne vous donne que du chimique
09:22pour régler indépendamment chaque symptôme.
09:26Et en fait, il n'y a pas d'écoute.
09:28Et que c'est à nous de nous débrouiller
09:31pour aller trouver les solutions.
09:34Bon, Anna Roach, vous voyez sursauter.
09:36Lorsque la femme disait,
09:39je ne vous donne pas le...
09:40Enfin, citer son médecin en disant,
09:42je ne vous donne pas de traitement hormonal
09:43parce que ça donne le cancer.
09:44C'est vrai qu'il y a quand même...
09:46Pardon, mais en fait,
09:47il y a eu une étude du World Health Study
09:50qui a montré,
09:52qui a parlé de sur-risque de cancer
09:53ou de maladies cardiovasculaires,
09:55ce qui fait que la prescription de traitement hormonal
09:57s'est effondrée en France.
09:59Oui, dans les années 2000.
10:00Voilà, on est passé de 50% des femmes concernées
10:02à 2,5% en ce moment.
10:04Et ça reste incrusté dans la tête des soignants.
10:06C'est une catastrophe
10:07parce qu'on a la tête farcie de cette étude
10:10qui date d'il y a plus de 20 ans maintenant.
10:11C'est vraiment dommage pour les femmes.
10:13C'est là, quand on entend cette femme,
10:14on se dit, mais zut, c'est qu'elle...
10:16Alors, ça consiste en quoi ?
10:17Ça consiste en quoi ?
10:19Et en quoi est-ce que c'est efficace ?
10:20Le traitement hormonal de la ménopause,
10:22l'idée, c'est d'aller redonner des hormones,
10:24progestérone, oestrogène,
10:25sous forme de médicaments,
10:27pour pallier le manque, si vous voulez,
10:29qu'on a au moment de la ménopause.
10:30Et c'est vrai qu'il y a beaucoup de patientes
10:32qui disent, mais c'est miraculeux, littéralement.
10:34C'est vrai qu'il y a des contre-indications
10:35et qu'il y a des femmes qui n'auront pas le droit,
10:37ça, c'est certain.
10:38Mais en tout cas, quand on a le droit
10:39et qu'une femme en a envie,
10:40zut, il faut qu'elle puisse l'avoir.
10:42Sur le cas de Rosa
10:43et les symptômes qu'elle présente,
10:45est-ce que c'est typiquement
10:46ce que vous entendez en consultation ?
10:48C'est exactement ça.
10:49C'est des femmes qui...
10:50Non, mais il y en a qui se disent,
10:50ça y est, j'ai une maladie grave,
10:52enfin, qui imaginent des choses.
10:53Et puis, j'en ai pas parlé tout à l'heure,
10:54mais les troubles du sommeil, par exemple,
10:55qui concernent 40 à 60 % des femmes,
10:57à cette période-là de leur vie,
10:59ça leur cache la vie, vraiment.
11:00Ça peut être très, très dur.
11:01Alors, Dominique Vérien,
11:02il y a autre chose aussi dont parle Rosa,
11:04c'est cette espèce d'errance médicale.
11:06Comment y remédier ?
11:07Est-ce que, d'ailleurs,
11:08il y a des inégalités territoriales
11:11qu'il faut souligner ?
11:12Des inégalités territoriales, il y en a
11:15parce qu'il y a des endroits
11:16où on n'a pas de médecin.
11:17Donc, de fait,
11:17il y a des inégalités territoriales.
11:19Mais après, il y a aussi
11:20ce problème de formation
11:22où, effectivement,
11:23les médecins généralistes
11:25devraient être mieux formés.
11:28Quand je parle d'il n'y a pas de médecin,
11:29il n'y a pas non plus
11:30de gynécologues médicaux, par exemple.
11:32Heureusement qu'il y a des sages-femmes
11:33qui maillent mieux le territoire
11:35que les gynécologues médicaux.
11:36Mais vous savez, pendant 19 ans,
11:38entre 1984 et 2003,
11:40on a arrêté de former
11:41des gynécologues médicaux.
11:42C'est-à-dire pas les obstétriciens,
11:43pas ceux qui s'occupent de l'accouchement,
11:45mais les autres qui s'occupent
11:46de la santé gynécologique de la femme
11:48qui va, en fait, de...
11:51Je ne sais pas,
11:52c'est 12 à sa mort.
11:55Eh bien, on avait arrêté de les former.
11:57Et il y a 14 départements
11:59qui en ont zéro.
12:01Lyon en fait partie.
12:02On n'a pas de gynécologue médical dans Lyon.
12:04Comment font les femmes, alors ?
12:05Eh bien, on a des sages-femmes.
12:06Heureusement.
12:07Heureusement qu'on a des sages-femmes.
12:08Oui, sauf qu'on ne fait pas le même métier.
12:09Ça, c'est important de le dire.
12:09Mais ce n'est pas le même métier.
12:10Et donc, on pourrait pallier
12:12en formant mieux les professionnels,
12:14les médecins généralistes.
12:16Mais on ne le fait pas.
12:18C'est ce que je vous disais.
12:19Sur les maladies cardiovasculaires,
12:20déjà, on ne le fait pas.
12:21Alors, autant vous dire
12:22que sur la ménopause,
12:23on ne le fait pas non plus.
12:24Et c'est dommage.
12:25Parce qu'effectivement,
12:26on va voir son médecin
12:26et on dit,
12:27mais je n'arrive plus à dormir.
12:30Et ils ne font pas le lien.
12:31Ils ne se posent pas la question.
12:33Mais vous avez quel âge ?
12:34Mais comment ça se passe ?
12:35Mais est-ce que vous êtes encore réglés ou pas ?
12:38On ne pose pas ces questions-là.
12:39Alors, du coup,
12:40que fait-on,
12:41faute de gynécologue
12:42et faute de généraliste ?
12:45Non, mais les sages-femmes sont bonnes
12:46dans la prise en charge de la ménopause.
12:48Et heureusement,
12:48on a un bon maillage de sages-femmes.
12:51Ça sauve.
12:52Mais le problème des sages-femmes,
12:53c'est que par exemple,
12:53si vous avez une pathologie gynécologique en plus,
12:55je ne sais pas,
12:55si vous avez des fibromes,
12:57un cancer, etc.,
12:58là, nos prérogatives s'arrêtent.
13:01Donc là, on est obligés
13:01de passer la main à un gynécologue médical.
13:03Alors, en tous les cas,
13:04avec les difficultés de l'accès aux soins,
13:06du coup,
13:06Café Rosa,
13:07elle s'est renseignée
13:08sur les réseaux sociaux.
13:10Regardez ce qu'elle y a trouvé.
13:15Les informations sur la ménopause,
13:17Rosa est allée les chercher
13:19par ses propres moyens.
13:21Étant donné que quand on est en ménopause,
13:24on perd énormément de masse musculaire,
13:26c'est la première chose que l'on perd.
13:27Il faut refaire de la masse musculaire,
13:30les étirements de yoga,
13:31à la fois pour les muscles et les os,
13:33c'est extraordinaire.
13:40Elle a puisé dans des livres,
13:42mais surtout sur les réseaux sociaux.
13:43On a effectivement une espérance de vie
13:45plus importante chez la femme
13:47et malheureusement...
13:48Nous allons avec lui
13:50de façon médicale
13:52et sous son contrôle
13:52parler de la ménopause.
13:54Bonsoir, Michel.
13:55Bonsoir, Abine.
13:56De plus en plus de contes de célébrités
13:59osent aborder franchement
14:00cette étape de la vie des femmes.
14:01On a à peu près 14 millions de femmes
14:04qui sont ménopausées
14:05et chaque année...
14:05Une libération de la parole salutaire
14:07qui réconforte Rosa.
14:10En fait, dans les personnes
14:11que je suis sur Insta,
14:12j'ai par exemple Adeline Blondio
14:14qui a été actrice,
14:17j'ai Verune Caloubri
14:18qui a été animatrice,
14:20j'adore Maïténa Birabène,
14:23je crois que c'est comme ça
14:23qu'elle s'appelle.
14:24Toutes ces femmes parlent ouvertement
14:26de leur ménopause,
14:27de leurs symptômes
14:28et aujourd'hui, c'est grâce à elles
14:29qu'on arrive à avoir
14:31aussi des informations,
14:32de se dire finalement
14:33on n'est pas toutes seules
14:34et c'est grâce à ces gens
14:36qu'on va enfin pouvoir
14:37s'emparer du sujet
14:39et de pouvoir effectivement
14:40trouver des solutions
14:40et aider les femmes
14:42qui pour certaines,
14:42à mon avis,
14:43c'est encore pire
14:43que pour d'autres,
14:44les pauvres.
14:48Alors Anna Roy,
14:48ça participe à la libération
14:49de la parole ?
14:50Oui, on critique beaucoup
14:51les réseaux sociaux
14:52mais de fait,
14:53les réseaux sociaux
14:53sont un formidable levier.
14:54Ils l'ont été pour le postpartum,
14:55ils l'ont été pour plein de choses
14:56et ils le sont aujourd'hui
14:57pour la ménopause.
14:58Mais à la différence
14:59des autres sujets,
15:00je trouve qu'il n'y a pas
15:01assez de femmes
15:01qui parlent de ménopause.
15:03Il faudrait plus
15:03de professionnels de santé,
15:04plus de femmes
15:05qui parlent ouvertement
15:06de la ménopause.
15:07Votre podcast, par exemple,
15:08est-ce que vous avez des retours
15:09en disant
15:10c'est formidable ?
15:11C'est extraordinaire,
15:12oui, j'ai énormément de retours
15:13mais ce n'est pas suffisant,
15:15il en faudrait plein.
15:15Il faudrait plein de podcasts,
15:17beaucoup plus de ressources.
15:18C'est culturel,
15:19et c'est culturel
15:19parce que j'étais en septembre
15:21au Canada
15:22pour rencontrer
15:22des parlementaires canadiennes
15:25et qui étaient
15:25dans l'âge de la ménopause,
15:27elles en parlaient toutes
15:28très ouvertement.
15:29Mais alors attendez,
15:30à la télévision,
15:32ça veut dire quoi
15:33en parler ouvertement ?
15:34Ça veut dire qu'il y a des paix ?
15:35En France,
15:36ça reste un tabou ?
15:36Oui, en France,
15:38on ne va pas au moment
15:39d'une réunion dire
15:40oh là là,
15:40il faut ouvrir la fenêtre
15:41parce que moi,
15:42ma ménopause,
15:43j'ai chaud là.
15:44Ou alors c'est une blague
15:45de mec.
15:46On va, voilà par exemple,
15:48mais dans ces cas-là,
15:49il faut s'attendre
15:50à avoir un petit retour
15:51sur la prostate,
15:53mais effectivement,
15:54on n'ose pas en parler.
15:55Non mais franchement,
15:55on n'ose pas trop en parler
15:57ou pas de façon aussi ouverte.
15:59Au Canada,
16:00il n'y avait aucun problème.
16:01C'était assez amusant.
16:02Est-ce que ça peut aussi venir
16:03dès le collège ?
16:06Est-ce que les jeunes filles
16:07à l'école
16:08devraient être davantage
16:10sensibilisées,
16:10éduquées à ces questions ?
16:12Alors, comment vous dire ?
16:13Il y a un truc
16:13qui s'appelle les VARS.
16:15Je n'arrête pas d'en parler.
16:16Éducation à la vie affective,
16:18relationnelle et sexuelle
16:19qui permet de savoir
16:20quel est mon corps,
16:22mais de garçons
16:23comme de filles,
16:24qu'est-ce que c'est
16:24que le respect ?
16:25Parce que bon,
16:26ce n'est évidemment pas
16:27apprendre la sexualité
16:28aux petits de la maternelle
16:30puisque là,
16:30c'est simplement
16:31mon corps et mon corps,
16:32mais progressivement
16:33apprendre.
16:33Parce que vous savez
16:34qu'il y a des filles
16:34qui arrivent
16:35et qui ont leurs règles
16:36et elles ne savent pas
16:36ce que c'est.
16:37Parce qu'on n'en a pas parlé
16:38dans la famille
16:39et qu'il y a bien quelqu'un
16:40qui doit le dire
16:40parce que c'est effrayant
16:42la première fois
16:42si on n'est pas
16:43un peu prévenu.
16:44Et de la même façon,
16:45si on nous apprenait
16:46toutes les étapes de la vie,
16:48tout ce qui peut arriver,
16:49le fait d'avoir une grossesse,
16:51qu'est-ce que ça provoque,
16:52qu'est-ce que c'est
16:53qu'une dépression
16:53pense pas à ce temps
16:54et qu'est-ce que c'est
16:55que la ménopause,
16:56ce serait plutôt bien.
16:57Mais apprendre
16:58de la même façon
16:58aux garçons
17:00tous les bouleversements
17:01qui vont vivre
17:01dans leur corps,
17:03ça paraît effectivement
17:04une bonne chose
17:05parce que les familles
17:06ne le font pas forcément.
17:07Certaines le font
17:08mais pas toutes.
17:08Anna Roy,
17:09vous le constatez,
17:10il y a un manque d'informations,
17:12un besoin d'informations.
17:13Du coup, d'ailleurs,
17:13certaines jeunes filles
17:14vont sur les réseaux sociaux
17:15où on trouve,
17:16est-ce qu'on trouve
17:17un peu de tout d'ailleurs ?
17:18Est-ce qu'on trouve
17:18aussi les fake news ?
17:19Et c'est ça qui est très malheureux.
17:20Vous avez plein de gens
17:21qui s'autoproclament
17:22je ne sais pas quoi,
17:23spécialistes en santé.
17:23Non mais c'est une catastrophe
17:24et comme il n'y a pas de régulation,
17:25on entend tout et n'importe quoi
17:27ou que la ménopause,
17:28il suffit de prendre
17:28un peu de feuilles
17:29et de feuilles de je ne sais pas quoi
17:30et de se la mettre
17:31au-dessus de la tête
17:31et ça ira beaucoup mieux.
17:32Et c'est dommage.
17:34Alors, je vous propose
17:35de retrouver Rosa,
17:36donc toujours 55 ans,
17:37qui après des années
17:38d'errance médicale
17:39et d'incompréhension
17:40par rapport à ses symptômes,
17:42eh bien Rosa a trouvé
17:43un atelier d'information
17:44gratuit et ouvert
17:46à toutes les femmes.
17:47C'est à l'hôpital Saint-Joseph
17:48à Paris, reportage.
17:54Au fil de ses recherches en ligne,
17:56Rosa a trouvé
17:56une nouvelle solution.
17:58À l'hôpital Saint-Joseph,
18:00ménopausées de fraîche date
18:01ou au seuil du grand Big Bang,
18:03elles sont une dizaine
18:04à suivre un atelier
18:05pour les aider
18:06à mieux comprendre
18:07et à surmonter
18:08les symptômes subis
18:09ou à venir.
18:10Donc la ménopause,
18:11ça se définit
18:12par un an sans règle
18:13à l'âge de la ménopause,
18:15donc autour de 50 ans.
18:16Si j'ai 25 ans
18:17et que je n'ai pas mes règles
18:17pendant un an,
18:18ce n'est pas normal,
18:19il faut consulter.
18:20Dans la majorité des cas,
18:22ça va être
18:22des symptômes temporaires.
18:24Et puis il y a des femmes,
18:25je vous ai dit,
18:2610-15%,
18:27même des fois jusqu'à 20%
18:28selon les enquêtes
18:28qui vont avoir zéro symptôme.
18:30Il ne faut pas les oublier,
18:30celles-là,
18:31elles existent, d'accord ?
18:32Elles ne sont pas là aujourd'hui,
18:33mais elles existent.
18:35Pendant 4 heures,
18:36les ateliers s'enchaînent
18:38sur l'impact
18:39de la ménopause
18:39sur les os,
18:40sur le poids.
18:41On est sur 500 grammes maximum
18:43de vende rouge par semaine.
18:44Et sur la vie sexuelle.
18:47L'arrivée de la ménopause
18:48dans la vie d'une femme
18:49et dans la vie d'un couple
18:50peut venir un petit peu
18:52perturber quelque chose
18:53qui fonctionnait bien.
18:54Donc du coup,
18:55c'est la raison pour laquelle
18:56on a décidé
18:57d'aborder le sujet
18:58de la sexualité
18:59dans cette période
19:00autour de la ménopause.
19:03Depuis son lancement
19:04en 2021,
19:06800 femmes ont pu bénéficier
19:07de ce parcours
19:08intégralement pris en charge.
19:10A l'origine de cette demi-journée,
19:12Justine Hugon-Rodin,
19:13gynécologue.
19:14Elle souhaite apporter du temps
19:16et une approche globale aux femmes.
19:19Je me sentais vraiment frustrée
19:21en consultation,
19:22même si on a plutôt
19:24des consultations longues
19:24de 30 minutes
19:25avec les femmes.
19:27C'était, à mon sens,
19:28pas suffisant
19:28pour évoquer tout
19:30ce qu'il y a à évoquer
19:32au moment de la ménopause.
19:33Et aussi,
19:34j'ai découvert
19:35finalement cette interaction,
19:37cet échange
19:38entre les femmes
19:39et finalement
19:40cet exercice de groupe
19:41est très enrichissant.
19:43Elles vont libérer la parole,
19:46elles ne vont pas forcément
19:46oser parler d'un symptôme,
19:47mais comme la voisine l'a fait,
19:48finalement dire
19:49« Moi aussi,
19:50alors oui,
19:51et je ne suis pas toute seule. »
19:52Et puis,
19:53cette interaction,
19:54ces échanges,
19:54c'est très riche.
19:56Un cadre intimiste
19:58qui permet également
19:59de battre en brèche
19:59certaines idées reçues,
20:01comme celle
20:01sur le traitement hormonal,
20:03longtemps associé
20:04à un risque accru
20:04de développer un cancer.
20:06Aujourd'hui,
20:07les hormones qu'on utilise
20:08en France,
20:08elles sont extrêmement rassurantes
20:09et les données montrent
20:11qu'il y a très peu
20:11d'augmentation des risques.
20:13Pourtant,
20:14le traitement reste sous-utilisé.
20:17C'est une minorité de femmes
20:18qui ont des contre-indications
20:19au traitement hormonal.
20:20Donc,
20:20probablement qu'on peut faire mieux.
20:21Il ne s'agit pas
20:21de le donner à 100% des femmes,
20:24mais ça serait bien
20:25qu'on fasse mieux
20:25que quelques pourcents
20:26d'utilisation.
20:27Moi,
20:28j'ai très envie de tester
20:29ce traitement hormonal français,
20:31puisque c'était bien précisé
20:32partout à la façon française,
20:34et que ça m'a permis de voir
20:35qu'effectivement,
20:36par rapport à ce que je sais
20:37déjà de moi,
20:39je pense que je vais pouvoir
20:40le tester.
20:43Anna Roy,
20:43votre ressenti sur ces témoignages
20:46qui montrent que la ménopause,
20:47ça impacte différentes facettes
20:49de la vie d'une femme.
20:50Ah oui,
20:50ça peut vraiment bouleverser,
20:52ça peut modifier
20:52la trajectoire professionnelle,
20:53ça peut vraiment avoir
20:55un gros impact,
20:56même la trajectoire d'un couple,
20:57ça peut faire beaucoup de choses.
20:58Et là,
20:59ce qui est intéressant,
20:59c'est quand même génial,
21:00ce genre de structure,
21:01il en faudrait plus
21:02sur le territoire,
21:03et moi je suis un peu triste
21:04de voir qu'il faille aller
21:06ailleurs que je suis
21:07à côté de chez elle
21:08pour avoir un traitement hormonal
21:09de la ménopause,
21:10c'est quand même un peu...
21:13Dominique Vérian,
21:15pour rebondir sur ce que disait Anna Roy,
21:1750% des femmes considèrent
21:18que la ménopause
21:19a des conséquences
21:20sur le travail.
21:22Est-ce que là aussi,
21:22dans le monde du travail,
21:23vous allez me dire aussi
21:24que c'est un monde finalement
21:25à l'image de la société
21:27où la ménopause est un tabou
21:31et finalement,
21:32ça n'est pas assez prise en compte
21:33ou intégrée
21:34dans le monde du travail ?
21:35C'est pire que ça.
21:37C'est pire que ça.
21:38En fait,
21:39la différence homme-femme
21:40n'est pas prise en compte
21:41dans le monde du travail
21:42du début jusqu'à la fin
21:43de la vie de travail.
21:45Dans l'industrie,
21:46les postes de travail
21:47ne sont pas forcément adaptés,
21:48les gants ne sont pas adaptés.
21:49J'ai découvert des choses
21:52effectivement
21:53en faisant ce rapport
21:54et donc la ménopause
21:55fait partie des sujets
21:56que l'on n'aborde pas.
21:58Les patrons ont peur
21:58de discriminer
21:59quand ils différencient.
22:01Alors que depuis août 2014,
22:03ils sont obligés
22:04de faire un document
22:05de prévention des risques
22:07genré.
22:08C'est-à-dire,
22:09parce que prévention des risques
22:10pour les hommes,
22:10ce n'est pas la même chose
22:11que prévention des risques
22:12pour les femmes.
22:13Les hommes vont prendre
22:14plus de risques
22:14et donc là,
22:15il faut peut-être mieux les former
22:16sur le non-prise de risque
22:17et les femmes vont avoir
22:18d'autres problèmes.
22:19Vous savez que 60%
22:20des troubles musculosquelétiques
22:21sont les femmes qui les ont.
22:23Et donc, voilà.
22:24Donc, il faut vraiment faire
22:25une prévention
22:27séparée,
22:27hommes, femmes,
22:28et les entreprises
22:29ne le font pas
22:30de peur de discriminer.
22:32Or, différencier
22:33n'est pas discriminer,
22:33il faut vraiment étudier.
22:35Et sur la ménopause,
22:36nous, on propose
22:36notamment sur
22:38les tenues de travail.
22:40Les tenues de travail,
22:41si c'est des tenues
22:42qui donnent chaud,
22:43quand on a
22:43des bouffées de chaleur,
22:44ce n'est pas possible.
22:45Donc, il faut pouvoir
22:46adapter les tenues de travail,
22:48mais ça n'est pas pensé.
22:50Et c'est dommage,
22:51parce que c'est un coût énorme.
22:52On a vu le rapport
22:54de Stéphanie Rist,
22:54qui est très intéressant.
22:55Elle est ministre de la Santé.
22:56Qui aujourd'hui
22:57est ministre de la Santé,
22:58mais qui, lorsqu'elle a été députée,
22:59a fait un rapport,
23:00justement,
23:00sur la ménopause.
23:01Elle le dit,
23:02le nombre de jours
23:03de travail perdus
23:04se compte en dizaines
23:06de milliers.
23:07Et l'argent perdu
23:09se compte en millions d'euros.
23:12Avec des femmes
23:13qui se font porter pâle
23:14ou bien en perte de productivité
23:16parce qu'elles ont
23:16beaucoup de mal
23:17à travailler avec...
23:18On a des arrêts maladie
23:20qu'on pourrait éviter.
23:21On a une baisse
23:22de productivité.
23:24On a des femmes
23:25qui refusent
23:26de prendre un poste supérieur
23:27ou de nouvelles activités
23:29de peur de ne pas pouvoir
23:30les mener à bien.
23:31Parce que quand on a
23:32ce problème de brouillard
23:33cérébral, etc.,
23:34si ce n'est pas pris en charge,
23:35on ne se sent plus apte
23:36à faire son travail.
23:37On a des femmes
23:38qui quittent leur travail.
23:39On a des femmes
23:40qui changent leur travail
23:41pour pouvoir aller
23:41vers quelque chose
23:42qui sera plus simple
23:43et qu'elles pourront
23:44mieux appréhender.
23:45Donc les patrons
23:45ou les managers
23:47devraient prendre en compte
23:49ces difficultés,
23:50faire des postes adaptés ?
23:51Tout à fait.
23:52Et ce serait un problème
23:53à la fois de santé publique
23:55parce que ces arrêts
23:56de travail ont un coût
23:57mais à la fois de productivité
23:58pour les entreprises
23:59parce qu'on perd
24:00énormément d'argent
24:01avec ces arrêts.
24:02Surtout que c'est
24:02un problème transitoire.
24:03Il ne faut pas oublier
24:04que c'est transitoire.
24:05Vous avez une période
24:06de flottement
24:07vers la cinquantaine.
24:08Voilà.
24:08Et après, ça va très bien.
24:10Donc on a tout intérêt.
24:11Anna Roy,
24:11est-ce qu'on découvre
24:12la Lune
24:13quand la mairie de Strasbourg
24:15a voulu mettre en place
24:16un congé gynécologique
24:17de 13 jours
24:18pour les salariés
24:19souffrant de douleurs
24:20menstruelles,
24:22endométriose
24:22et les symptômes
24:23liés à la ménopause ?
24:24Ce congé a été retoqué
24:26par le tribunal administratif
24:28faute de cadre légal
24:30mais c'est ce vers quoi
24:31il faudrait aller ?
24:31Alors oui,
24:32moi je pense qu'il faut
24:32inventer quelque chose
24:33mais c'est vrai qu'une femme
24:34qui ne dort pas
24:35toutes les nuits,
24:35ce n'est pas possible
24:36qu'elle prenne son poste
24:37comme si rien ne se passait.
24:39Encore une fois,
24:40c'est transitoire
24:40donc il s'agit de périodes
24:41transitoires,
24:42c'est mieux qu'elles soient
24:43arrêtées
24:43ou mises en thérapeutique
24:45ou je ne sais pas quoi
24:46plutôt que de quitter son emploi.
24:47C'est vraiment dommage
24:48ou qu'elles ne prennent
24:48pas un poste plus...
24:50Voilà,
24:50ou pour celles
24:51qui peuvent avoir
24:51du télétravail ponctuellement,
24:54tout peut s'adapter.
24:55Et encore une fois,
24:56on ne parle pas
24:57de la majorité des femmes,
24:58on parle de 25% des femmes
24:59qui ont des symptômes sévères
25:00de la ménopause.
25:01Et qui durent quoi ?
25:02Un à deux ans ?
25:03Ça peut être plus long.
25:04Ça peut être 3-4 ans.
25:07Dominique Vérien,
25:07vous nous parliez tout à l'heure
25:09de l'exemple du Québec
25:10où la parole est plus libérée,
25:11où les choses sont dites.
25:14Est-ce qu'il y a des exemples
25:15à l'étranger
25:15qui pourraient nous inspirer ?
25:16Je vous lis cette statistique.
25:18Je ne sais qu'en penser.
25:19Au Royaume-Uni,
25:20une femme sur cinq
25:21a pris des jours de congé
25:22à cause de ces symptômes.
25:24Tout ça, justement,
25:25Stéphanie Riste,
25:28le liste dans son rapport
25:30parce qu'à l'étranger,
25:32on se pose la question
25:33et donc on va faire une étude
25:34de ce qu'on ne fait pas chez nous.
25:35Ce qu'on ne fait pas chez nous.
25:36Donc on ne sait pas
25:37quel est l'impact chez nous.
25:38Mais le Japon,
25:39ils ont pourtant compté
25:41en millions d'euros,
25:42enfin l'équivalent,
25:43c'est en millions de yens,
25:44mais c'est traduit
25:46en dizaines de millions d'euros,
25:47le manque à gagner
25:48pour les entreprises
25:50d'arrêt malgré tout
25:51ou de baisse de productivité
25:53pour ces femmes.
25:54Donc partout dans le monde,
25:56en fait,
25:57on voit une baisse de productivité
25:58qu'on pourrait essayer
25:59d'accompagner
26:00parce qu'on se rend compte
26:01que dans des entreprises,
26:03de toute façon,
26:04où il y a de la diversité,
26:06elles réussissent mieux.
26:07Donc il faut garder les femmes.
26:08En plus,
26:10on a besoin de tout le monde
26:11au travail en ce moment.
26:13Anna Royaume-Uni,
26:13est-ce que les choses,
26:14malgré tout, avancent ?
26:15Le fait qu'on en parle ici même
26:16prouve que la société est mûre
26:18pour avancer sur ce dossier ?
26:21Et qu'est-ce qu'on pourrait faire
26:22concrètement,
26:23si vous aviez une ou deux mesures
26:24ou un point important
26:26sur lequel on...
26:26Je trouve que ça avance
26:27quand même assez lentement.
26:28Lentement.
26:29Oui, à l'indifférence,
26:30le postpartum,
26:30où il y a vraiment une explosion,
26:32là, j'ai été un peu
26:33fer de lance pour le postpartum,
26:34là, je suis aussi
26:34dans l'histoire de la ménopause,
26:35c'est beaucoup plus long,
26:36c'est beaucoup plus difficile.
26:37Alors, oui.
26:38Il y a plein de choses à faire.
26:40Il y a des choses qui évoluent.
26:41Juste, il y a des choses
26:42qui évoluent
26:43parce que là,
26:43la Haute Autorité de Santé
26:45remet un rapport en 2027,
26:47vous allez me dire,
26:48ils prennent le temps
26:49d'étudier,
26:49mais pour l'étudier,
26:50pour de vrai.
26:51Il y a le congé,
26:55la visite,
26:55il y a une visite régulière,
26:57je ne sais plus comment
26:58ça s'appelle,
26:59en gros,
27:00de prévention,
27:01et l'idée,
27:01c'est d'intégrer
27:03dans la visite
27:0445-50 ans
27:06des questions,
27:07un questionnaire
27:08un peu plus poussé
27:09sur la ménopause
27:09pour savoir justement
27:10s'il y a à prendre en charge
27:12ou pas.
27:12Donc,
27:13les choses commencent
27:14à infuser
27:16au sein du ministère
27:17de la Santé.
27:18C'est formation des professionnels,
27:19plus, plus, plus,
27:20en urgence,
27:21et c'est facile.
27:22Et la deuxième chose,
27:23c'est de piloter
27:24des énormes études
27:25à la fois ménopause et travail,
27:27ménopause et vie de couple,
27:28ménopause, etc.
27:29Il y aura
27:29des assises nationales
27:31de la ménopause
27:31qui ont été annoncées
27:32par la ministre de la Santé,
27:33ce sera le 18 octobre 2026,
27:34on peut aussi en attendre
27:36peut-être des avances.
27:36Absolument.
27:37Peut-être que le rapport
27:38de la HAS
27:39qui est prévu pour le premier
27:40trimestre 2027,
27:42ils vont le faire
27:42un peu plus vite
27:43et le rendre à cette occasion-là.
27:44Et je précise pour conclure
27:46qu'il existe un Ménoscore,
27:48c'est un outil d'auto-évaluation
27:49pour mieux comprendre
27:50ses symptômes
27:51et faciliter le dialogue
27:52avec les professionnels
27:53de santé.
27:54Merci de nous avoir éclairé,
27:56d'avoir participé
27:56à cette émission
27:57et la Santé, ça va,
27:58c'est terminé.
27:59Merci de nous avoir suivis.
28:00Vous pouvez réécouter
28:01cette émission
28:02sur la plateforme
28:03public-sénat.
28:05et à bientôt
28:06pour une prochaine émission.
28:28Prévention, solidarité,
28:32accès aux soins,
28:34innovation.
28:37C'était
28:37Et la Santé, ça va ?
28:39Avec la Mutualité française.
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