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  • il y a 1 heure
Dans notre société, les violences physiques et psychologiques sont dans leur immense majorité perpétrées par les hommes. Au-delà des drames humains qu'elles provoquent, ces violences ont un coût colossal pour la société : dépenses de santé, frais de justice, indemnisation des victimes... Une charge financière et sociale qui pèse sur l'ensemble de la collectivité. Au lendemain de l'affaire Gisèle Pélicot, ce film donne la parole à des hommes qui veulent que les choses changent. Si chacun d'entre eux s'est, un jour, reconnu dans ces statistiques, ils ont tous pris du recul sur leurs comportements passés et nous racontent l'évolution de leur rapport à la virilité et à ses injonctions. Tous sont formels : l'éducation à la violence commence dès le plus jeune âge et, pour que la société évolue, il faut revoir l'éducation de leur fils, de nos fils. À travers le témoignage de ces hommes, mais aussi la parole d'experts et la mise en lumière d'initiatives innovantes de prévention et de sensibilisation, ce film interroge le poids de la masculinité toxique sur la société, ses origines et ses répercussions.
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Transcription
00:00Musique
00:16C'est vrai qu'aujourd'hui, être un homme, c'est compliqué.
00:23Depuis qu'on est petit, à nous, les hommes,
00:25on nous enseigne que la vulnérabilité, c'est de la faiblesse
00:28et que du coup, il faut être invulnérable.
00:30Il faut être superman.
00:33C'est vrai qu'il y a cette image de la virilité
00:36qui est d'être fort, d'être grand, d'être musclé, d'être insensible.
00:45Ce modèle du mal alpha qui porte tout sur ses épaules,
00:49sinon c'est pas un homme,
00:50et bien en fait, ça génère énormément de violence.
00:57Il y a un conditionnement à la violence,
00:59j'irais même qu'il y a un conditionnement à l'impunité dans la violence.
01:07Ce samedi 23 novembre 2024,
01:10plus de 100 000 hommes et femmes manifestaient en France
01:13contre les violences masculines.
01:16Une mobilisation qui intervient après l'onde de choc
01:19de l'affaire Gisèle Pellicot.
01:21Ce procès des hommes ordinaires
01:23qui a ouvert les yeux d'une société tout entière.
01:29Tous les hommes ne sont pas violents,
01:31mais la violence est masculine.
01:34Elle prédomine partout,
01:36allant de l'incivilité régulière aux actes les plus haut lieu.
01:42Les chiffres sont sans appel.
01:45Tous crimes et délits confondus,
01:4897% des personnes incarcérées sont des hommes.
01:54Quand j'entends que 97% des violences en général
02:00sont commises par des hommes,
02:03je me dis, waouh, il y a un truc quoi.
02:08Qu'est-ce qui se passe ?
02:10Comment on peut éviter ça ?
02:16Ces chiffres, c'est choquant.
02:18C'est tout le monde qui doit réagir.
02:20Du petit au grand, des hommes aux femmes,
02:23tout le monde doit réagir.
02:25Ça serait incroyable de pouvoir dire à tous les garçons,
02:28tu as le droit de pleurer,
02:30tu as le droit d'avoir peur,
02:31tu n'es pas obligé de sauver le monde.
02:33C'est pas ta place, c'est pas ton rôle.
02:36Je pense que ça change radicalement les choses.
02:43Éduquez-vous plus !
02:52Tu vois ?
02:53Il y a une époque où j'avais des cheveux quand même.
02:55Oui, tu étais bien avec ta petite coupe comme ça.
02:57On dirait un bol.
02:59C'est tout à fait ça, coupe au bol.
03:00Oui.
03:02Ou celle-là.
03:03Oui.
03:04C'est pas dans les jupes de sa mère,
03:05c'est dans le jean de son père.
03:07Et j'étais toujours collé à lui comme ça, quoi.
03:10En fan de lui, quoi.
03:11C'était mon idol, vraiment.
03:12S'il me disait de faire ça, je faisais ça.
03:14Je le sens me poser de questions.
03:16Tiens, cette photo, elle illustre vraiment bien,
03:17je trouve le lien que j'avais avec mon père,
03:19avec ton grand-père.
03:20J'avais vraiment besoin d'être aimé par lui.
03:23Oui.
03:24Celle-là, elle est fantastique.
03:25Je dois avoir 13 ans, peut-être, ouais.
03:28Des armes un peu partout.
03:30Des posters.
03:32Militaires, requis.
03:33Il y a des hommes très musclés,
03:35un débardeur, très violent.
03:38Avec de l'argent aussi sur le mur.
03:41Ah oui, c'est vrai.
03:41Il y a des dollars.
03:43C'est à cette époque-là
03:44que tu te sentais mal dans ta peau ?
03:46Euh, ouais.
03:47Ouais, c'était compliqué.
03:49À la maison, il y avait...
03:50Les émotions n'avaient pas toute leur place.
03:52Si tu veux, même si je suis souriant,
03:55je me sentais pas bien à l'intérieur, quoi.
03:57Oui.
04:01C'est pas la meilleure période de ma vie.
04:16L'éducation que j'ai reçue,
04:17en tout cas de la part de mon père,
04:18c'est une éducation issue,
04:20enracinée dans le machisme ordinaire méditerranéen.
04:24Donc, j'ai entendu des phrases telles que
04:26« Mais non, tu n'as pas peur.
04:28T'es un homme fort.
04:30» Ou « Ne montre pas tes faiblesses,
04:32sinon on va te marcher dessus. »
04:34Il est clair que sur l'enfant que j'étais,
04:36ça a eu un impact significatif.
04:38Ça a été renforcé par après
04:41l'intégration dans une bande de copains
04:43avec laquelle j'ai grandi
04:44et j'ai finalement appris aussi à être un homme.
04:47Et de par la société dans laquelle j'ai grandi,
04:49c'était les années 80 à Paris,
04:51les stéréotypes de genre étaient partout.
05:00Je ne pouvais pas me promener dans la rue
05:02sans voir des femmes nues placardées partout,
05:05aguicheuses, séductrices, huilées, bronzées
05:07pour vendre un yaourt, un rasoir, une voiture,
05:11un club de vacances, partout.
05:13C'était comme ça.
05:16Et puis cette société aussi,
05:18dans les années 80,
05:19les héros auxquels je pouvais espérer m'identifier,
05:22et même des millions de jeunes hommes
05:24pouvaient espérer s'identifier,
05:26c'était Jean-Claude Van Damme,
05:30James Bond
05:33et les deux stéréotypes
05:35qui étaient Stallone et Schwarzenegger.
05:38Bodybuildé jusqu'aux yeux,
05:39homme sandwich de l'hypervirilité.
05:43Et si je mets ça bout à bout,
05:45l'éducation que j'ai reçue de la part de mon père,
05:47cette bande de potes en quête de virilité
05:49et la société dans laquelle j'ai grandi,
05:52je dirais qu'effectivement,
05:53ça a fait cet homme stéréotypé,
05:55cet homme viril, cet homme macho
05:58que j'ai été.
05:59C'est ce que j'ai été.
06:33C'est ce que j'ai été.
06:38C'est ce que j'ai été.
06:39C'est ce que j'ai été.
06:45C'est ce que j'ai été.
06:45Oui, c'est clair que...
06:47Oui, on avait commencé dans la chambre
06:49avec un banc d'occasion.
06:51Oui, oui, un balai.
06:52Avec un manche à balai.
06:53Un manche à balai.
06:54Et il y avait deux petits poids
06:55de 2 kg d'homios
06:57là, tu es décathlon,
06:58un peu rouillé.
06:59On avait mis du scotch autour des halteres
07:00pour les tenir en fait,
07:01parce qu'on n'avait pas de matériel.
07:02On était à fond dedans.
07:04Il fallait absolument
07:04prendre en masse musculaire
07:06pour paraître, tu sais,
07:08le plus énorme possible.
07:14Je suis né prématuré.
07:16Je suis né à 7 mois.
07:18Et j'étais un petit god,
07:21tout maigre, tout petit.
07:26J'ai eu une enfance difficile
07:28où j'ai, de façon hebdomadaire,
07:31assisté à des scènes de violence
07:34familiales et notamment conjugales
07:36entre ma mère et mon beau-père.
07:39des violences qui sont allées
07:41jusqu'à des agressions
07:43avec des armes blanches
07:45comme un couteau
07:46ou les coups de poing,
07:49les coups de pied.
07:52Je me dis...
07:55En fait, maman a besoin d'aide
07:57et je n'y arrive pas.
08:00Et donc, j'ai très rapidement
08:02été attiré par l'idée
08:03d'être musclé,
08:04par l'idée d'être fort.
08:06Je fais des sports de combat.
08:08Je ne veux même plus
08:09aller à l'école, en fait.
08:10Je ne veux que m'entraîner.
08:12Parce que je me dis
08:12qu'il faut que je devienne
08:14un guerrier, quoi.
08:17Je me souviens,
08:18j'avais une dizaine d'années,
08:20mettre un coup de poing
08:21à un gars
08:23et un coup de tête à l'autre
08:24et m'ouvrir le front
08:25parce que je lui avais cassé
08:26la dent, quoi.
08:27Même si au fond de moi,
08:29j'étais...
08:29j'en avais pas envie,
08:32j'étais en train
08:32de reproduire
08:33la situation.
08:36La bagarre facile,
08:38le contact physique,
08:40il y a une agression,
08:41il y a quelque chose,
08:41j'y vais, quoi.
09:08Musclé, viril, violent,
09:10et ça fait partie
09:11de toutes les injonctions
09:13que j'ai eues.
09:16Tu veux pas ?
09:18J'ai été éduqué
09:20tel un mâle alpha.
09:22Et d'ailleurs,
09:23aujourd'hui,
09:24ça se voit encore,
09:24ma manière de m'habiller,
09:26ma manière de parler,
09:27j'en suis totalement
09:29plus qu'imprégné.
09:31Je suis considéré
09:32comme un mâle alpha.
09:37Quand j'avais 6, 7, 8, 9, 10,
09:3911 ans,
09:40les seuls moments
09:41où mon père
09:42me donnait de l'attention,
09:43c'est quand mes belles-mères
09:45l'appelaient
09:46pour lui dire
09:47que j'avais fait
09:48telle connerie,
09:49que j'étais allé
09:49me battre là,
09:50qu'à l'école,
09:51c'était n'importe quoi,
09:52et là, il apparaissait.
09:54C'était des coups de ceinture,
09:56des coups de poing,
09:57et tout ça.
09:59Mais, comme je dis souvent,
10:01je préférais
10:02la sensation
10:02de ses mains
10:03sur mon visage
10:04que son absence.
10:07Et du coup,
10:08moi, j'en rajoutais,
10:09en fait.
10:11Ouais, j'ai tapé une prof
10:12en pleine classe
10:14parce qu'un mec est venu
10:15m'a dit
10:16« Ouais, déplace-toi,
10:17c'est ma place.
10:18T'es assis à côté
10:19de ma copine. »
10:19Je lui ai dit
10:19« Tu prends ta grognasse
10:21et tu te barres. »
10:24Et lui,
10:24« Comment tu parles
10:25de ma femme ? »
10:26Tout ça.
10:27Il m'a tiré
10:28de ma chaise.
10:30Je me suis retourné.
10:31Je lui ai mis
10:32un coup de poing.
10:32Il est tombé.
10:33Je me suis mis
10:33à le taper.
10:34Puis là,
10:35la prof est arrivée.
10:36Et moi,
10:36j'avais totalement
10:37pété l'éponge.
10:38Je me retourne
10:38et pouf,
10:39je lui colle un pain.
10:41Elle s'envole.
10:42Et je suis en sixième
10:43et je vais être virée
10:44deux semaines.
10:45Et elle,
10:46elle va être traumatisée
10:47à vie,
10:47mais quand elle est
10:47vraiment traumatisée.
10:49Donc,
10:50vraiment,
10:50il n'y a pas
10:51plus caricatural
10:52que moi.
10:54C'est-à-dire que
10:55si on laisse
10:56un enfant seul,
10:57sans cadre,
10:58sans rien,
10:59et que c'est un mec,
11:00ça génère moins.
11:01Mais en même temps,
11:03cette violence
11:03m'a aussi permis
11:04de supporter
11:06tous ces manques.
11:21C'est vrai
11:22que c'est un jeu
11:22qui est très très violent,
11:24mais qui est une sorte
11:25peut-être d'exutoire,
11:26je ne sais pas.
11:27Mais c'est vrai
11:28que dans cette violence,
11:29dans le fait
11:29de massacrer ces démons,
11:31il y a une forme
11:32d'apaisement pour moi.
11:38Moi,
11:38j'ai été éduqué
11:38beaucoup dans la violence.
11:39J'ai connu beaucoup
11:40de violence
11:41étant plus jeune,
11:41notamment.
11:43Et voilà,
11:44c'est une part
11:44qui est en moi.
11:45Et grâce à ce jeu,
11:46en fait,
11:46je l'accepte
11:47et je l'évacue.
11:54Je n'ai pas pleuré
11:55de mes 9 ans
11:55à mes 31 ans.
11:57Parce qu'il ne fallait pas pleurer.
12:00Parce que,
12:01déjà,
12:02si je pleurais,
12:03on me frappait.
12:04On me disait
12:05que j'aurais
12:05une bonne raison
12:05de pleurer,
12:06etc.
12:06Voilà.
12:07En partir du moment
12:07où je pleurais
12:08pour quelque chose
12:08qui me semblait
12:09moins important,
12:10j'allais être violenté,
12:11alors pas toujours physiquement,
12:12mais au moins
12:13par des railleries,
12:14etc.
12:15Et pas que avec les adultes,
12:16les autres enfants aussi,
12:18en fait.
12:18Les garçons qui,
12:19eux,
12:19étaient soit un petit peu
12:20plus âgés
12:21ou même qui,
12:21eux,
12:21se retenaient de pleurer déjà,
12:23mais répétaient
12:23ce que les adultes
12:24leur disaient.
12:25Ah, la fille,
12:26regarde-le,
12:26il pleure,
12:27il est triste.
12:28Vraiment,
12:28on n'a pas le droit.
12:29On n'a pas le droit de ça.
12:30Et donc,
12:31vraiment,
12:31je me suis conditionné.
12:32Mais même pour le décès
12:33de proche,
12:34c'est au moment
12:34où j'avais envie de pleurer
12:35où je me retenais,
12:36quitte à avoir les tempes.
12:37Je me rappelle vraiment
12:37de cette douleur
12:38dans les tempes.
12:39Quand je retiens
12:40ce qui monte là,
12:40ça serre ici,
12:41puis ça remonte là
12:42et j'ai toute la tête
12:43qui est enserrée.
12:44Je me fais du mal,
12:45en fait.
12:45Je me fais du mal
12:46parce qu'il ne faut pas pleurer.
12:58À tournage avec mes potes,
12:59on passait notre temps
13:00à se battre,
13:01à s'évaluer.
13:02Qui serait le plus fort
13:03qui serait le moins fort.
13:04J'étais un voyou
13:05du 16e arrondissement,
13:06mais un voyou, quoi.
13:08Je cassais,
13:09je détériorais.
13:12Je me suis mis en danger,
13:14clairement.
13:18En escaladant
13:19des façades d'immeubles,
13:20en passant sur des voies
13:21de RER,
13:22en regardant les RER passer
13:24le plus rapidement possible
13:25comme ça,
13:27j'étais un peu double face,
13:28à la maison,
13:30avec mon père et ma mère.
13:32J'étais peut-être pas
13:33l'enfant parfait,
13:34mais en tout cas,
13:35assez lisse.
13:37Non, tout va bien,
13:38c'est super
13:39et assez silencieux.
13:40Et puis,
13:41dès que j'étais à l'extérieur,
13:42c'était l'effusion, quoi.
13:45Donc, c'est la raison
13:46pour laquelle j'insiste un peu,
13:48juste pour être sûr
13:49que tu ne vis pas
13:51les mêmes choses.
14:12Merci pour la biaire.
14:13Soit brune,
14:13soit blou,
14:14si tu veux.
14:15Je préfère les blondes.
14:20Ce qui est totalement faux,
14:21bien sûr.
14:22J'aurais un gros problème
14:23avec ma femme.
14:24Oui, c'est clair.
14:25Allez, saucisse partie.
14:28En attendant,
14:29les trois mecs,
14:30on est où ?
14:31On est au barbecue.
14:34Attention,
14:34il y a des choses,
14:35on ne peut pas déconner avec.
14:36Mais en vrai,
14:37qui fait les barbecues
14:37à la maison ?
14:38C'est toi ou c'est Amélie ?
14:39Ah, c'est moi.
14:40Toi aussi, Dazou ?
14:41Ah, bah oui.
14:42Voilà,
14:42on est en pleine dents.
14:43En plus,
14:44c'est le cliché,
14:44tu sais,
14:45elle,
14:45elle fait les légumes.
14:46Et toi,
14:46tu fais la viande ?
14:47La viande.
14:48Tu vas chasser l'animal ?
14:50Oui, c'est ça.
14:51Moi,
14:52j'ai vraiment embrassé
14:52tous les codes,
14:53du truc de
14:53il faut être avec les garçons.
14:55C'est ce qui m'a mené,
14:57je ne sais pas,
14:57à 14, 15 ans,
14:58à commencer aussi
14:59à fumer des clopes,
15:00à boire de l'alcool,
15:01à fumer des bédos
15:02et à en vendre un peu.
15:03Donc,
15:04voilà.
15:04Comme on dit,
15:05on veut rentrer dans les codes.
15:07Et c'est là où,
15:07en fait,
15:08j'ai eu les plus grosses murges.
15:09C'est au lycée.
15:10Je me suis dit,
15:11allez,
15:11tout le monde rigole,
15:12tout le monde fait la fête,
15:13tout le monde,
15:13allez,
15:13je vais faire comme eux.
15:15Et au fait,
15:15au final,
15:15j'ai passé les pires soirées
15:17de ma vie
15:17parce qu'en fait,
15:18j'étais complètement défoncé
15:19et je ne pouvais plus tenir debout.
15:21Donc,
15:21j'étais avec mon seau comme ça.
15:22Quand j'y repense,
15:23ce n'est pas les meilleures soirées.
15:25Moi,
15:25j'ai perdu des soirées.
15:26Je ne sais pas
15:27ce que j'ai fait de la soirée.
15:28Il y a même des fois
15:29on le prenait en photo
15:30parce que sinon,
15:30il n'allait pas nous croire.
15:31C'est ça.
15:33Puis,
15:34il y a des soirs aussi
15:34en boîte de nuit
15:35avec des copains
15:36où pendant 4 heures,
15:38je me suis retrouvé
15:38sur les toilettes
15:39et à un moment donné,
15:40je me suis réveillé.
15:41Il était 6 heures du matin,
15:42j'étais toujours au-dessus
15:43des toilettes.
15:44C'est mon copain.
15:44Il m'a dit,
15:45mais ça fait 4 heures
15:45que tu es là.
15:46Et ça,
15:46avec le recul,
15:47tu le regrettes ?
15:48Non,
15:49ça fait partie de ma vie,
15:51ça fait partie de mes expériences.
15:52On explore.
15:53C'est ça le problème.
15:55Ouh là.
15:56Bien.
16:01Boire à outrance,
16:03tester ses limites,
16:05se mettre en danger,
16:07en voulant prouver
16:08que nous sommes des hommes,
16:09des vrais,
16:10nous prenons des risques inconsidérés.
16:14Le problème,
16:15c'est que nous en mesurons
16:16rarement les conséquences.
16:19Pourtant,
16:19les statistiques publiques
16:20sont formelles.
16:22Sur la route,
16:23les hommes sont responsables
16:24de 84 %
16:26des accidents mortels.
16:29À eux seuls,
16:30ils remplissent
16:30la quasi-totalité
16:31des tribunaux
16:32et des prisons.
16:35Adhérer au stéréotype masculin
16:37fait de nombreuses victimes,
16:39mais pèse aussi largement
16:40sur la société.
16:43En s'appuyant
16:44sur les données officielles,
16:46l'historienne Lucille Pétavin
16:47a calculé ce que coûte
16:49la virilité
16:50à l'économie française.
17:00Bonsoir à toutes et à tous.
17:02Je suis ravie d'être
17:04parmi vous ce soir.
17:06Merci d'être venus
17:07aussi nombreux.
17:10Alors,
17:11qu'est-ce que le coût
17:12de la virilité ?
17:13Le coût de la virilité,
17:15ce n'est pas le coût
17:15des hommes.
17:17C'est le coût
17:18d'une différence
17:19d'éducation
17:21que nous donnons
17:22entre les garçons
17:23et les filles
17:24et qui pousse
17:25notamment
17:25les garçons
17:26à adopter
17:27plus de comportements
17:28violents
17:29et antisociaux
17:30que les filles,
17:31que les femmes.
17:31Il y a des coûts directs
17:33en termes de frais de justice,
17:35de forces de l'ordre,
17:36de services de santé
17:37et puis
17:38des coûts indirects
17:40qui sont supportés
17:41par la société
17:42puisqu'il y a
17:43des destructions
17:44de biens,
17:44des souffrances physiques,
17:46psychologiques
17:47pour les victimes.
17:48Alors,
17:49je vais arrêter ici
17:50le suspense
17:51et vous dire
17:51à combien
17:52est-ce que je suis arrivée.
17:54Pour la justice,
17:56je l'ai estimé
17:56à 7 milliards d'euros
17:58par an
17:58sur les 9
17:59que nous dépensons
18:00au total.
18:00Pour les coûts
18:02et violences volontaires,
18:03je l'ai estimé
18:03à 18 milliards d'euros
18:05par an
18:05sur les 26 dépensés
18:07au total.
18:07Pour l'insécurité routière,
18:09on est à 13,3 milliards
18:10d'euros par an,
18:12etc.
18:13etc.
18:13Et donc,
18:14je suis arrivée
18:15à une estimation
18:16de 100 milliards d'euros
18:18par an.
18:19C'est tout à fait
18:20colossal.
18:22Alors,
18:23du coup,
18:23qu'est-ce qu'on fait
18:23avec ça ?
18:24Est-ce que
18:25les hommes
18:26sont naturellement
18:28violents ?
18:29Est-ce qu'il y a
18:30quelque chose,
18:30une essence masculine
18:31qui les pousserait
18:33à cette violence ?
18:35Alors,
18:36le simple fait
18:36qu'il y ait des femmes
18:37capables de violence
18:39au même titre
18:39que les hommes
18:40et des hommes
18:41qui soient pacifiques
18:43et qui le restent
18:44toute leur vie
18:46semblent bien
18:47déjà prouver
18:48que nous ne sommes
18:48pas prédéterminés
18:50à être violents
18:51selon notre sexe.
18:53Et donc,
18:53la testostérone
18:54n'est pas à l'origine
18:55de la violence.
18:56Donc,
18:57on voit
18:57comment
18:58l'éducation
19:00qu'on donne aux garçons
19:01est un terrain favorable
19:02à leur future
19:03conduite déviante.
19:04et le problème
19:06avec ça,
19:06c'est que nous en sommes
19:07toutes et tous
19:09victimes.
19:11Alors,
19:11les femmes,
19:12bien sûr,
19:13par les violences
19:13systémiques
19:14que nous subissons,
19:15mais les hommes
19:16en paient aussi
19:17à un prix.
19:21À l'âge de 14 ans,
19:22les garçons
19:23ont déjà 70%
19:24de risque de plus
19:25que les filles
19:25de mourir
19:26dans un accident.
19:27Aujourd'hui encore,
19:29l'immense majorité
19:30des cas de cancer
19:31liés à des comportements
19:33addictifs au tabac,
19:35à l'alcool
19:35concernent des hommes.
19:37Et donc,
19:37si on prend
19:38la population des hommes
19:39dans son entièreté,
19:41ils ont deux à trois fois
19:42plus de risque
19:43de mourir
19:43de façon prématurée,
19:45c'est-à-dire
19:45avant 65 ans,
19:47d'une mort
19:48liée à un comportement
19:49à risque.
20:04La boxe,
20:04en fait,
20:05ça me permet
20:05d'extérioriser
20:06une part de violence,
20:07une part de colère
20:09que j'ai en moi,
20:10de la vie,
20:11de mon passé.
20:22Il y a 20 ans,
20:24j'organisais des soirées
20:25à l'époque
20:26et j'étais en train
20:26de ranger la décoration
20:27à l'extérieur,
20:28il était 4h du matin
20:29vers République.
20:30Il y a un jeune homme
20:32qui passe
20:32qui avait l'air
20:33quand même pas tout à fait
20:33droit dans ses bottes,
20:34enfin, complètement défoncé
20:37et qui me dit
20:37« Range bien,
20:38sale femme de ménage. »
20:40Je n'ai pas eu la sagesse
20:41à l'époque
20:42de lui dire
20:42« Ok, si tu veux,
20:43je continue à ranger,
20:43bonne soirée. »
20:45Donc, je l'ai toisé.
20:47Il était beaucoup plus petit
20:48que moi
20:48et je faisais beaucoup de boxe
20:49et j'étais très sûr de moi.
20:51Et il est venu
20:52vers moi.
20:53Je ne me suis pas mis en garde,
20:54je me suis dit
20:54que de toute façon,
20:55je prendrais le dessus.
20:57Il m'a mis un coup de tête
20:58et il m'a surpris,
20:59il m'a cassé le nez.
21:02À ce moment-là,
21:03ils étaient plusieurs,
21:04je n'ai pas voulu lâcher.
21:05Ils ont sorti des couteaux,
21:06je n'ai pas voulu lâcher.
21:07Je n'ai pas voulu lâcher.
21:10Ils sont venus
21:10pour me terminer
21:11avec une batte de baseball
21:12avec des clous.
21:18Je crois que c'est
21:18la seule fois dans ma vie
21:19où j'ai été confronté
21:20à une telle violence,
21:21une telle rage
21:23masculine.
21:26En fait,
21:26je crois que ce qui m'a fait peur,
21:27c'est ma propre rage.
21:28J'étais sans limite.
21:51J'en suis conscient
21:52de à quel point
21:53la violence,
21:54elle peut être ravageuse.
21:57Moi, ça m'est déjà arrivé
21:58plusieurs fois,
22:00dont une fois
22:00où c'est vraiment parti
22:01en cacahuète.
22:03On est entre copains
22:04et puis il y a quelqu'un
22:05qui passe
22:06et puis il y en a un
22:07qui commence à clasher
22:08et puis en fait,
22:09c'est toute la meute
22:09qui attaque.
22:11Et tu te retrouves
22:12dans une bagarre
22:13de deux bandes rivales
22:15avec des coups de feu
22:17et des coups
22:19qui vont handicaper
22:20certaines personnes
22:21pendant un certain temps.
22:24Et là, tu te rends compte
22:25que t'es dans un marasme,
22:26t'es dans un vortex incontrôlable
22:29où ça finirait mal.
22:31T'avais pas spécialement
22:33envie de te battre,
22:33mais tu y es allé quand même
22:35parce qu'il y a la solidarité,
22:37il y a la peur
22:38d'être abandonné
22:38par les copains.
22:40Parce que comment tu te vois
22:42le lendemain
22:43si tu n'y es pas allé ?
22:44Tes copains,
22:45ils te parlent encore ou pas ?
22:47T'as laissé notre pote
22:48se faire frapper,
22:49t'es pas venu.
22:50T'es plus notre pote.
22:55Bonjour.
22:56Je prends un café allongé,
22:57s'il vous plaît.
23:00À 40 ans,
23:01je dirais que j'ai vécu
23:02un burn-out caractérisé.
23:06En fait,
23:07dans l'entreprise,
23:07moi, je suis arrivé
23:08engoncé
23:09dans ce costume
23:10d'homme viril,
23:10macho,
23:11brillant,
23:12étincelant,
23:13sûr de lui.
23:15Et ça a bien fonctionné
23:16parce que
23:16je continuais
23:17à être mis sur un pédestal.
23:19Je continuais
23:20à être cet homme
23:20qui ne doutait pas,
23:21cet homme qui était
23:22un meneur d'hommes
23:23et de femmes
23:24jusqu'au jour
23:25où, du coup,
23:25mon corps a switché,
23:27a mis off.
23:28Et du jour au lendemain,
23:30je me suis retrouvé
23:30sans pouvoir rien faire,
23:32sans pouvoir parler,
23:33sans pouvoir réfléchir,
23:34sans pouvoir agir.
23:36Prendre un verre d'eau,
23:37c'était compliqué.
23:41Ce qui s'est passé,
23:42c'est que la digue,
23:43le barrage que j'avais construit
23:45pour empêcher
23:45les émotions de passer,
23:47a cédé
23:47et que j'ai pris en pleine face
23:49mon refus
23:50d'accepter ma vulnérabilité.
23:52Et pendant des jours
23:53et des jours
23:54et des semaines
23:55et des semaines,
23:55j'ai pleuré.
23:57Je pleurais pour un oui,
23:58pour un non.
23:58Je pleurais parce qu'il y a
23:59un pigeon qui se posait
24:00sur le balcon.
24:01Je pleurais parce que
24:02le téléphone sonnait.
24:03C'était comme si
24:04tout recirculait
24:06à nouveau.
24:07Ça n'a pas été
24:08toujours agréable
24:08parce que mes croyances
24:09étaient vraiment bousculées,
24:11challengées.
24:12Et d'un autre côté,
24:13il faut reconnaître
24:13qu'il y a eu
24:14un soulagement extraordinaire.
24:18Le fait de renouer
24:20avec toutes les parties
24:21de moi,
24:22j'ai réussi
24:22à me donner
24:23plus d'amour
24:24à moi-même.
24:25Donc du coup,
24:25comme je m'aimais plus,
24:26j'avais moins besoin
24:27d'aller chercher
24:28dans le regard
24:28de l'autre
24:29de l'amour.
24:39Mon comportement
24:39avec les femmes,
24:40c'était
24:42si on ne m'écoute pas,
24:43je commence à monter
24:44le ton.
24:45Je commence à être
24:46pas très sympa
24:47dans mes paroles,
24:48pas forcément vulgaire,
24:50mais incisif,
24:51autoritaire,
24:53débousculade.
24:56Et ça m'est arrivé
24:58une fois
24:58de mettre une claque
25:00à une nana.
25:03Elle m'avait trompé.
25:04et je pense que
25:06je n'étais pas
25:07le bon gars
25:07à qui faire ça
25:08et donc moi,
25:08j'ai réagi
25:09par une claque.
25:10Je le regrette.
25:13Je le comprends,
25:15je comprends
25:15mon cheminement émotionnel,
25:17mais ce n'était pas à faire.
25:18Aujourd'hui,
25:19si on me trompe,
25:20franchement,
25:21je vais être triste,
25:22mais je ne ferai jamais ça.
25:30Il a fallu du temps,
25:32en fait.
25:33Si tu n'as pas la chance
25:34de rencontrer
25:35les bonnes personnes,
25:36de lire un bouquin
25:38qui te canalise
25:38ou qui t'aide
25:39à comprendre,
25:40à faire la paix
25:40avec tes émotions,
25:42tu peux malheureusement
25:44peut-être rester éternellement
25:45un garçon agressif.
25:48Et là,
25:49ça devient dramatique.
25:57Le moment clé,
25:59c'est ma rencontre
26:00avec Julie.
26:03Je me suis un peu
26:03construit au travers
26:04de la rigueur
26:05et du sérieux de Julie.
26:06Et j'aime bien dire
26:08on est un peu
26:08Tarzan et Jane,
26:10le sauvage
26:11et la fille bien élevée.
26:13Et puis, en fait,
26:14au travers des deux éducations,
26:16il se passe quelque chose
26:17et l'équilibre se fait.
26:30Le rôle de Noëlla,
26:30il est essentiel.
26:32Noëlla, moi,
26:33je suis profondément amoureux
26:34d'elle parce qu'elle
26:35m'a rendu meilleure.
26:37Elle m'a rendu meilleure,
26:37elle me rend meilleure
26:38chaque jour,
26:39même quand on s'engueule.
26:40Même quand je suis un gros con,
26:42même quand elle n'est pas facile,
26:43elle me rend meilleure.
26:45Et bien entendu
26:45qu'elle a joué un rôle.
26:46Elle a joué un rôle,
26:47par exemple,
26:48sur les violences faites aux enfants.
26:51Et on me mange
26:51un premier coup.
26:52On était d'accord tous les deux.
26:53Je lui avais dit
26:53« Moi, je ne veux pas être
26:54un père violent. »
26:55Mais quand du coup,
26:55on a vraiment parlé
26:56de faire des enfants,
26:57elle m'a dit
26:58« Ok, c'est quoi concrètement ? »
26:59Et je lui ai dit
26:59« Écoute, oui, non,
27:00je ne veux pas être violent.
27:02Mais peut-être
27:03qu'à un moment,
27:04si l'enfant déconne trop,
27:05une bonne gifle,
27:06ça remet les idées en place. »
27:08Et elle m'a dit
27:08« Ben non,
27:10ça, ce n'est pas possible. »
27:16Je pense qu'il faut
27:17surtout échanger avec ses enfants
27:18et puis montrer l'exemple aussi.
27:20C'est-à-dire que
27:21je ne peux pas dire
27:22« Ben non, tu ne tapes pas
27:23si moi, je te tape, en fait. »
27:26Ou sinon, on se tape.
27:27Voilà.
27:27Ou sinon, on se tape.
27:28C'est pareil.
27:30S'il voit de la violence,
27:32il a de fortes chances
27:32de la reproduire, en fait.
27:34Je pense qu'après,
27:35de toute façon,
27:35c'est la confrontation
27:36à la société
27:37qui peut être compliquée.
27:38À commencer par
27:39les différents systèmes
27:40qu'on va rencontrer.
27:41Il y a notre système
27:42familial à quatre.
27:43Puis ensuite,
27:44tu rajoutes le système
27:45grand-parent,
27:46le système ami,
27:46le système cousin-cousine.
27:48Ensuite, le système
27:49de l'école,
27:51de la crèche
27:51ou du mode de garde,
27:52je pense qu'on va avoir
27:53quand même
27:53des gros challenges
27:55à relever
27:55pour qu'il soit
27:58pas un connard.
27:59Même pas un connard modéré,
28:00je veux dire.
28:10L'école,
28:11elle m'a totalement
28:13instruit
28:13pour être
28:14ce mâle alpha.
28:17Moi, petit,
28:17j'adorais aller à l'école.
28:18j'étais nul en classe
28:20mais j'adorais aller
28:21à l'école
28:21parce que
28:22dans la cour de récré,
28:24j'étais le roi,
28:25j'étais le guerrier ultime.
28:29Tout ce que l'on peut avoir
28:30dans notre CCT,
28:32la guerre,
28:32la compétition,
28:34toutes ces choses-là,
28:35patriarcales,
28:36il est condensé
28:37dans l'école
28:38et surtout,
28:39il est instruit
28:41de cette manière.
28:52J'ai mis longtemps
28:54à me départir de ça
28:55et je ne voulais pas
28:57qu'Eliakin tombe là-dedans.
28:59Il n'a pas allé faire
29:01la guerre
29:02dans la classe
29:04ou à être le premier
29:05ou dans la cour de récré
29:08à se bagarrer
29:09ou non,
29:10il est en guerre
29:11contre personne.
29:12Il essaye juste
29:13de vivre sa petite vie
29:13de petit garçon
29:14et d'apprendre
29:15tout doucement
29:16à son échelle.
29:21Je t'aime aussi mon chéri.
29:29C'est une réalité.
29:32Les violences sont particulièrement
29:34fortes en milieu scolaire.
29:37Les chiffres sont édifiants.
29:3971% des élèves
29:41de la 6e à la terminale
29:42ont subi des violences.
29:46Une jeune fille sur quatre
29:47est victime
29:48de remarques sexistes,
29:50d'agressions
29:51ou de harcèlement sexuel
29:53dans son collège
29:54ou dans son lycée.
29:56Un fléau
29:57dont l'éducation nationale
29:58peine à se saisir.
30:01Cependant,
30:02certains établissements
30:03essaient de faire bouger
30:04les choses.
30:06au collège
30:07L'Espérance
30:08à Aulnay-sous-Bois,
30:09le très populaire
30:10professeur
30:10d'éducation physique
30:11et sportive
30:12Philippe II
30:12utilise sa discipline
30:14pour transmettre
30:15des valeurs d'égalité
30:16filles-garçons.
30:25Asseyez-vous.
30:28Est-ce que vous,
30:29en tant que jeune,
30:31vous pensez
30:32qu'il y a des sports
30:33qui sont plus faits
30:35pour les garçons
30:36ou des sports
30:36qui sont plus faits
30:37pour les filles ?
30:38Levez la main.
30:39Oui.
30:40Pour moi,
30:41une femme ou une fille
30:42peut faire tous les sports,
30:43mais me dire
30:44qu'un garçon
30:45peut faire de la gymnastique
30:46ou par exemple,
30:48je ne sais pas,
30:48du cheval,
30:49enfin,
30:49de l'équitation,
30:51et ça me paraît bizarre.
30:53D'accord.
30:54Donc,
30:54pour toi,
30:54équitation.
30:55Et gym,
30:56ce serait plutôt
30:57des sports
30:58qui seraient adressés
30:59aux filles.
30:59Oui.
31:00Ça te ferait bizarre
31:00de voir des garçons
31:01qui...
31:01En fait,
31:02on n'est pas habitués.
31:03Ça veut dire que pour moi,
31:05si un jour,
31:06mon fils,
31:07il me dit
31:07oui,
31:08maman,
31:08je vais faire
31:08des équitations
31:08de la gym,
31:09je ne serais pas
31:10totalement d'accord.
31:11Qui est d'accord
31:12avec Lina ?
31:13Ah oui,
31:14quand même.
31:16Emma,
31:17vas-y.
31:17Je peux prendre
31:18l'exemple de la danse.
31:20Moi,
31:20ça ne me dérange pas
31:21de voir des hommes danser.
31:23Ça ne me dérange absolument pas.
31:23Il y a plein de mains
31:24qui se lèvent,
31:25donc oui,
31:26vas-y.
31:27Mais ça dépend plus
31:28de certaines
31:29types de danse.
31:30Oui.
31:31Par exemple,
31:32le hip-hop,
31:33etc.,
31:33c'est plus commun
31:35de voir des garçons,
31:36mais tout ce qui est
31:37plus contemporain,
31:39gracieux.
31:40Ça ne te chope pas
31:40si c'est de la danse urbaine,
31:42un break date,
31:43mais plus si c'est de la danse classique,
31:45l'image de la danse classique,
31:47tutu,
31:48là,
31:48ça te choque,
31:49c'est ça ?
31:49Pas choqué,
31:50mais ça ne fait pas comment.
31:52Ça ne te paraît pas
31:54forcément adapté.
31:55Je ne vois pas
31:56un garçon faire
31:57de la danse classique.
31:58Par exemple,
31:58si mon fils me vient,
31:59il me dit
31:59« Papa,
32:00je vais faire la danse classique. »
32:01Je lui dis
32:02« Non,
32:02tout de suite.
32:03Il n'y a pas de discussion possible. »
32:06« Je vais faire un autre sport. »
32:07Tu me dis
32:07que si tu es un garçon,
32:08tu ne voudrais pas
32:08qu'il fasse de la danse.
32:09Tu voudrais qu'il fasse quoi,
32:10alors ?
32:10« La boxe. »
32:12Parce que déjà,
32:13il faut avoir un certain physique.
32:15Alors, boxe ?
32:16Il y en a d'autres ?
32:17Le foot.
32:18Le foot.
32:19Le foot.
32:20Le veille la main
32:21parce que tu penses
32:21que le foot,
32:21c'est plus pour les garçons.
32:23Pas plus pour les garçons,
32:24il y a plus de garçons.
32:29Fin du 19e siècle,
32:31il y avait du foot
32:31fait par les hommes
32:32et par les femmes.
32:34Et c'est vraiment
32:34au cours du 20e siècle
32:35que le foot féminin
32:38a disparu.
32:39Il a été même interdit
32:40à un moment donné.
32:41Résarde.
32:42Après,
32:43tant que la personne
32:44est douée dans sa pratique,
32:46en réalité,
32:47on ne fait pas trop
32:48la différence
32:49entre hommes
32:50et femmes.
32:51Donc, je pense
32:52que tout le monde
32:53peut pratiquer
32:55sans se soucier
32:56des stéréotypes.
32:57Alors,
32:58tu as employé le mot
32:59de stéréotypes.
32:59C'est très important
33:00parce qu'en fait,
33:01ça explique
33:01votre façon
33:02un petit peu de penser
33:03et comment la société pense.
33:04Regardez les rayons
33:05de supermarché.
33:07Vous avez les rayons
33:07filles et les rayons
33:08garçons.
33:09Il y a du rose à côté,
33:09du bleu de l'autre.
33:10Les super-héros,
33:11c'est plutôt du côté
33:12des garçons.
33:13Et puis,
33:14tous les jouets,
33:15les dînets,
33:16toutes les choses
33:16qui reprennent
33:17des tâches ménagères,
33:18c'est plutôt
33:18du côté des filles.
33:19Ça évolue un petit peu,
33:20mais pas tant que ça.
33:21Ça, ça renvoie
33:22à une image
33:22qui est catastrophique
33:23parce que ça renvoie
33:24à l'image
33:25qu'il y a des choses
33:26qui sont faites
33:26pour les filles
33:27et d'autres pour les garçons.
33:28Mais après,
33:29on n'est pas obligé
33:31de respecter
33:32ce que la société
33:33nous renvoie.
33:33On peut essayer
33:34de lutter
33:34et d'être soi-même.
33:35Le but dans tout ça,
33:36c'est de vous autoriser
33:37à faire ce que vous avez
33:38envie de faire.
33:44Exercice simple,
33:45on reprend
33:45les routines habituelles
33:47et l'objectif,
33:48c'est de faire
33:48une passe précise.
33:50D'accord ?
33:51Vous êtes toutes
33:51et tous capables
33:52de faire une passe précise.
33:53Donc, c'est parti.
34:02Le sport,
34:03c'est un endroit
34:04où les inégalités
34:05sont très présentes.
34:06Le sexisme
34:06est très présent
34:07dans le sport.
34:08Donc, en fait,
34:09c'est un levier formidable
34:10pour casser les stéréotypes.
34:12Un garçon,
34:13une fille,
34:14pas à qui.
34:16Et surtout,
34:17il faut que les filles
34:19et les garçons
34:20fassent ensemble
34:20pour vivre ensemble.
34:21On parle beaucoup
34:22du vivre ensemble
34:23mais vivre ensemble,
34:24c'est que des mots.
34:25Il faut surtout,
34:26en sport,
34:26faire ensemble.
34:30on se débarque.
34:31C'est bien,
34:31Ardard.
34:33Change de côté,
34:34change.
34:36C'est bien,
34:37Marois.
34:38Allez, vers l'avant.
34:42C'est bien, Clara.
34:46Allez,
34:46vers l'avant.
34:48T'es congelé.
34:51C'est bien.
34:52Allez, on contrôle.
34:52On la passe.
34:53Donne la balle.
34:53Regarde, là, elle est seule.
34:58Elle est liée.
35:021-0, elle est liée.
35:29J'ai grandi dans la danse.
35:31Et en fait,
35:32j'ai travaillé mon regard
35:34parce que je me souviens,
35:35plus jeune,
35:36je ne sais pas,
35:37je regardais les femmes
35:38dans le métro
35:39et je restais fixé comme ça
35:41en mode,
35:41qu'est-ce qu'elle est jolie,
35:42mais je ne me rendais pas compte
35:43ce que je générais
35:44moi-même sur le monde
35:45de la violence.
35:50En fait,
35:50la danse,
35:51là où ça m'a sauvé,
35:51c'est que ça m'a permis
35:53d'avoir accès
35:53à des espaces
35:54où peu d'hommes
35:56ont accès,
35:57c'est-à-dire
35:57des espaces
35:58où il n'y a majoritairement
36:00que des femmes
36:00et donc d'entendre
36:02tout ce qu'elles peuvent dire,
36:03d'apprendre d'elles,
36:05ne serait-ce que
36:05dans leur manière d'être,
36:06ne serait-ce que
36:07dans leur comportement.
36:18En fait,
36:19je n'aime pas être
36:19qu'avec des mecs.
36:20Dès qu'on est entre mecs,
36:21on est toujours là
36:22à qui est la plus grosse,
36:23à qui est la plus grande,
36:24qui est truc,
36:25et ça ne m'intéresse pas.
36:26Moi, je n'ai rien à prouver
36:27à qui que ce soit.
36:28Moi, ce que j'aime,
36:28c'est kiffer,
36:29faire kiffer les gens,
36:30danser avec eux,
36:30qu'on danse ensemble
36:31et que du coup,
36:32on soit dans l'échange,
36:33qu'on soit dans du partage
36:34et pas de la compétition.
37:01Bonjour tout le monde.
37:02Petit épisode spécial aujourd'hui.
37:04Je vais vous lire une lettre
37:05adressée à mon enfant,
37:06mon garçon,
37:07sur nos enfants.
37:08C'est Noëlla, ma compagne,
37:09qui m'a dit,
37:10tu sais chérie,
37:10il y a beaucoup de choses
37:11qui parlent de parentalité,
37:12mais c'est toujours des femmes.
37:13Ça serait peut-être bien
37:14qu'on entend un mec en parler.
37:15Ça serait chouette
37:16que tu fasses un podcast.
37:18Bon, moi, à ce moment-là,
37:19je suis en train de quitter
37:20l'entreprise dans laquelle
37:21je travaille,
37:22qui est la FNAC.
37:23J'essaie de passer
37:24énormément de temps
37:25avec mes enfants.
37:26Tu t'es fait un bon cul-sec
37:27de 40 000 minutes, là, quand même.
37:29Je me dis,
37:29allez, let's go,
37:30on va faire ça pour déconner.
37:31Et puis finalement,
37:33ça fonctionne.
37:40Alors, c'est vrai que la paternité,
37:42c'est un sujet
37:44assez tabou, quand même,
37:45mine de rien.
37:46Dès qu'on commence
37:47à toucher aux tâches
37:47qui sont socialement
37:49dans les stéréotypes
37:50et dans la société
37:52attribuées aux femmes,
37:52comme prendre soin des bébés,
37:54eh bien, on commence
37:55à ne plus être un homme.
37:56Qu'est-ce que t'as fait ?
37:58T'as fait un quelqu'un
37:59ou pas, Lucas ?
37:59Aujourd'hui,
38:00le fait que je vous montre
38:01sur les réseaux sociaux,
38:02comme père qui prend soin
38:03de son enfant,
38:04ça peut m'attirer,
38:05bien entendu,
38:06de la violence en ligne.
38:08Alors, toi, tu ranges ce côté,
38:10moi, je range ce côté.
38:12Si tu veux.
38:16Dans les messages
38:17que je peux recevoir
38:18sur Instagram,
38:19t'as le très classique.
38:21Ta place, c'est au boulot,
38:22pas à jouer les mamans.
38:24Et ta meuf,
38:25elle t'a rendu tes couilles
38:26ou elle les garde
38:27dans son sac.
38:28Ah tiens,
38:29celui-là qui mêle
38:29un petit peu la politique aussi.
38:31Vous faites tellement pitié
38:32et les gauchistes.
38:33Vivement Marine et Jordan,
38:34vos délires de Tarlouz
38:35à jouer les darons, là.
38:36Les femmes sont à la cuisine
38:37et les mecs au charbon.
38:38Sois un homme, bordel.
38:40Bon, là, on a tout, hein.
38:41Voilà.
38:41La haine de l'autre,
38:43l'homophobie,
38:44les stéréotypes,
38:47le sexisme,
38:48voilà, tout est combiné.
38:53Généralement, maintenant,
38:54quand je les reçois sur Insta,
38:55il y a deux réactions.
38:56C'est que je bloque
38:57et si jamais il y a des menaces,
38:59c'est déjà arrivé,
38:59des menaces de mort,
39:00je vais aller directement
39:02au commissariat,
39:03à la gendarmerie
39:03pour déposer plainte.
39:08Ces messages sont loin
39:09d'être marginaux.
39:11Depuis MeToo,
39:13les discours de haine misogyne
39:15déferlent sur les réseaux sociaux.
39:18Derrière les écrans,
39:20des hommes accrochés
39:21à leurs privilèges
39:21militent pour un retour musclé
39:24du patriarcat.
39:29Les adolescents sont
39:30particulièrement ciblés.
39:32Sur TikTok ou Instagram,
39:34il suffit de naviguer
39:35quelques minutes
39:36pour être confrontés
39:37à des contenus masculinistes.
39:41Spécialiste du web,
39:42Pauline Ferrari
39:43a enquêté
39:44sur la violence en ligne.
39:47Non,
39:48toutes les femmes
39:48ne sont pas des putes.
39:49Il y a des filles,
39:50Et du coup,
39:51lorsque tu vas rencontrer
39:51une fille,
39:52tu vas te dire quoi ?
39:52Ah, c'est peut-être l'exception.
39:54Et là,
39:54c'est le moment où t'as perdu.
39:56Tous les hommes font cette erreur.
39:57C'est pour ça que moi,
39:57j'ai pris une décision,
39:58c'est que toutes les femmes
39:59sont des putes.
39:59C'est bizarre comme courant,
40:00je sais,
40:01mais c'est très, très, très,
40:02très important
40:03lorsque vous rencontrez
40:04une femme de maintenant.
40:05Arrêtez de penser
40:06que c'est une exception.
40:07Arrêtez de penser
40:08qu'elle est spéciale.
40:08Elle n'est pas spéciale,
40:09elle est basique,
40:10c'est juste une pute.
40:11Ça, ça arrête là.
40:12Ça, c'est le genre de vidéo
40:13que j'ai croisé sur TikTok
40:14en baladant sous
40:15un faux profil
40:16de jeune homme.
40:18C'est une vidéo
40:18qui a au moins
40:1926 000 likes
40:20sur TikTok,
40:22qui est un chiffre
40:22assez imposant quand même
40:24pour la plateforme.
40:26La misogynie,
40:27elle existait bien avant
40:28Internet,
40:29mais Internet
40:29a donné un lieu,
40:31un espace
40:32pour ses idées,
40:33pour ses communautés
40:34où se rassembler
40:35et s'organiser,
40:36surtout.
40:37Moi, je ne suis pas une pute.
40:38Oui, bon,
40:38c'est tout comme.
40:39Tu sais,
40:40quand on doit te monter
40:40dans un Lamborghini
40:41pour te ramener au resto,
40:42qu'on doit payer le resto,
40:44qu'on doit te ramener en boîte,
40:45qu'on doit payer la boîte
40:46parce que sinon,
40:46tu ne veux pas galoche,
40:48ça revient au même,
40:49non, pétasse ?
40:50Voilà,
40:5192 000 vues.
40:53Je pense que
40:53s'il y a autant de jeunes
40:54qui adhèrent à ces théories,
40:56d'une part,
40:57c'est parce que
40:57c'est des théories
40:58qui sont attrayantes.
40:59Ça paraît bizarre à dire,
41:01mais en fait,
41:01quand on est un jeune garçon,
41:03un jeune homme
41:04et qu'on traverse
41:05cette période bizarre
41:06de la vie
41:06qui est l'adolescence
41:07et puis après
41:08le début de l'âge adulte,
41:09on se pose beaucoup
41:10de questions existentielles.
41:11Est-ce que je vais un jour
41:12trouver l'amour ?
41:13Est-ce que je vais avoir
41:13confiance en moi ?
41:14À quoi ça va ressembler ma vie ?
41:16Et puis,
41:17ce qu'on remarque,
41:18c'est que les jeunes garçons
41:18et les jeunes hommes
41:19ne sont pas éduqués
41:20à parler de leurs sentiments
41:22et particulièrement
41:23quand ça ne va pas.
41:25Les groupes masculistes,
41:26ils sont là pour,
41:27selon eux,
41:28s'occuper des problèmes
41:29des hommes.
41:31Courage, mon ami,
41:31dégage-la
41:32et puis choisissez-en une autre.
41:33OK ?
41:33Merci, mon frère.
41:34France à toi.
41:34Allez, ciao.
41:38La virilité,
41:38qu'est-ce que c'est,
41:39au fond ?
41:40Le masculin
41:41est d'abord
41:42une défense.
41:43Une défense
41:44contre le féminin.
41:45Le féminin
41:45qu'on a tous en soi.
41:46Sigmund Freud
41:47parlait de bisexualité psychique.
41:49Il ne s'agit pas
41:50de bisexualité au lit,
41:51il s'agit de personnalité.
41:54Donc, nous pouvons dire
41:55qu'un homme viriliste,
41:57un homme masculiniste,
41:58a un complexe,
42:00un problème
42:01avec son féminin.
42:02Une virilité réglée,
42:04une virilité
42:05qui peut se vivre
42:06normalement,
42:07elle ne va absolument pas
42:08dans le passage à l'acte,
42:10dans l'invective
42:11et dans l'insulte.
42:13Donc, dégrader l'autre,
42:15c'est en quelque sorte
42:15avoir un problème
42:16fondamental
42:17avec sa propre identité.
42:19Mais ouais, mon gros.
42:22La meuf,
42:23elle va te castrer.
42:25Dans ton couple,
42:26elle va te castrer.
42:26On va voir comment
42:28tu dois la punir
42:29lorsqu'elle te manque de respect.
42:30Putain,
42:31une vraie femme,
42:32frérot.
42:32Elle comprend que soumise,
42:33ça ne veut pas dire
42:34être une victime.
42:35Soumise,
42:36c'est soumise.
42:37Elle est mise
42:37sous son homme,
42:38c'est tout.
42:38Elle te manque de respect,
42:40tu la tais sur le trottoir,
42:41frère.
42:41Une de perdue,
42:43cent mille de retrouvés,
42:44frère.
42:44Rien à foutre.
42:45Et toi, tu restes
42:45parce que t'es content.
42:46Là, tu te vides.
42:48Tu te vides en elle,
42:49etc.
42:49Et après,
42:49t'es content.
42:50Aujourd'hui,
42:51on va être méchants,
42:52frère.
42:52C'est le gang des bêtes sauvages,
42:54mon gars.
42:55Ce que j'ai observé
42:56dans mon enquête,
42:57c'est que les réseaux sociaux
42:58ne modèrent absolument
42:59pas ces contenus
43:00parce qu'ils n'ont aucun intérêt
43:01à le faire.
43:02Modérer ces contenus,
43:03donc possiblement
43:04les censurer,
43:05les supprimer,
43:06ça veut dire perdre des vues
43:07et donc perdre de l'argent
43:08puisqu'on perd des gens
43:09qui restent
43:10sur ces plateformes.
43:30C'est évidemment aux parents
43:32de s'occuper
43:33de l'éducation des enfants
43:34et surtout pas
43:35de reléguer
43:36au téléphone portable
43:38l'éducation des enfants.
43:41Un vrai parent,
43:43c'est un parent
43:44qui parle à son enfant
43:46et qui lui explique
43:47le monde.
43:48Un enfant voué
43:50à lui-même
43:50qui n'a pas eu
43:52justement un parent
43:53pour le prendre
43:55avec lui,
43:55pour lui expliquer
43:56le monde
43:57est un enfant
43:59qui va se retrouver
43:59en panne.
44:01Et concernant
44:01l'éducation des fils,
44:03moi je pense
44:03qu'il est très important
44:05de démystifier
44:08la sexualité
44:09avec les enfants.
44:10On a des enfants
44:11qui passent leur vie
44:12à se traiter de pédale.
44:13On a des enfants
44:14qui passent leur vie
44:15à se dire
44:16qui a baisé qui,
44:17qui se retrouvent
44:18sur des pornos
44:19à l'âge de 10-11 ans
44:20avec le sentiment
44:22que la masculinité
44:23c'est ça.
44:23C'est-à-dire
44:24c'est ne pas être féminisé.
44:26C'est ne pas être
44:27celui qui se fait baiser.
44:29Et en réalité,
44:30toute cette dialectique-là,
44:32ça débouche
44:33sur des identités
44:33qui sont extrêmement torturées.
44:36Donc je dirais,
44:36voilà,
44:37le rôle des parents
44:38à mon avis,
44:38c'est de réussir
44:40ce tour de force
44:42de parler autrement
44:44finalement
44:44à ces jeunes
44:45de ce que c'est
44:46être un garçon
44:47ou ce que c'est
44:47être une fille.
44:49Depuis qu'on est gamins,
44:50on nous rabâche
44:51les mêmes conneries
44:51sur la virilité.
44:52Mais en fait,
44:53ça veut dire quoi
44:53être un homme,
44:54un vrai ?
44:55Moi je crois
44:56qu'un homme,
44:56c'est celui qui se bouge
44:57face aux violences
44:57faites aux femmes.
44:58Parce que si elle se termine
44:59parfois sous les coups
45:00d'un autre,
45:01elle commence toujours
45:01par notre indifférence.
45:09La société est régie
45:11par et pour les hommes.
45:14Renoncer à ses avantages
45:15est difficile
45:16pour beaucoup d'entre nous.
45:19Pour d'autres,
45:20il est temps d'en finir
45:21avec la masculinité toxique.
45:24Parmi eux,
45:25un homme que l'on n'attendait pas,
45:27le champion de MMA
45:28Cédric Doumbé.
45:30Connu pour ses chaos
45:32fulgurants,
45:33l'athlète s'engage
45:34depuis plusieurs années
45:35dans la lutte
45:35contre les violences
45:36faites aux femmes.
45:39On a tous plus ou moins
45:41du mal à canaliser
45:42certaines émotions,
45:43que ce soit la tristesse,
45:44la joie ou la colère surtout.
45:46Allez, c'est parti !
45:51Encore, encore !
45:56Le kickboxing,
45:57le MMA,
45:58le sport
45:58sont des violences,
46:00oui,
46:00mais qui sont consenties
46:01entre deux protagonistes.
46:04J'ai trouvé que le paradoxe
46:05était assez fort
46:07du combattant
46:08qui est violent
46:09dans un cadre
46:10vraiment très légiféré
46:12comparé aux violences
46:14faites aux femmes
46:15où les violences
46:16sont dissimulées
46:17et non consenties.
46:21Toi,
46:21quand tu ris à la blague sexiste
46:22de ton patron
46:23pour ne pas le vexer,
46:24est-ce que t'as pensé
46:25à celle qui s'est sentie humiliée ?
46:26Et toi,
46:27quand tu fais tourner
46:28des snaps des idées
46:29qu'une fille a envoyé
46:29à ton pote en privé,
46:31t'as réfléchi à ce que tu faisais ?
46:33Et moi,
46:34quand je me cache derrière
46:35l'idée que les violences
46:35ce sont les autres
46:36et que je n'ai rien
46:37à me reprocher,
46:38est-ce que là je suis un homme ?
46:39Un vrai ?
46:40On n'est peut-être pas tous coupables,
46:41mais on est tous responsables.
46:43Si on écoutait les femmes
46:44autour de nous,
46:45on se rendrait compte
46:46que oui, all men,
46:47on est tous responsables.
46:49Alors,
46:50responsable n'est pas coupable,
46:51mais responsable
46:52veut dire qu'on est impliqué.
46:54Donc,
46:54le message que je voulais faire passer,
46:55c'était la déconstruction
46:57de cette mauvaise image
46:58de la virilité
46:59et surtout un message
47:00de soutien aux femmes
47:01pour leur montrer
47:02que vous n'êtes pas seules,
47:04pour leur montrer
47:04que des hommes
47:06pensent à vous,
47:07des hommes vous soutiennent
47:08et ça va changer,
47:09ayez confiance.
47:11Comprenons les conséquences
47:12de nos actes,
47:13éduquons-nous,
47:14soyons des hommes,
47:15des vrais.
47:21J'ai le sentiment
47:22qu'aujourd'hui,
47:23les stéréotypes de genre
47:24sont encore très présents,
47:25mais qu'il y a aussi
47:26beaucoup de questionnements.
47:28Ça bouge.
47:39Dans la relation
47:39avec mon fils,
47:40ce que ça a changé,
47:41c'est que depuis
47:42que Raphaël est né,
47:43je lui dis chaque soir,
47:45en tout cas quand il est là,
47:45parce que je l'ai en garde alternée,
47:47je t'aime.
47:48Et je lui ai écrit
47:49et dit mille fois,
47:51je t'aime inconditionnellement,
47:52quoi que tu fasses,
47:54tu seras mon fils.
47:57Du coup,
47:58ça le sécurise
47:59de pouvoir se dire
48:00ok, je peux être
48:01qui je veux,
48:02je peux explorer
48:03différentes façons d'être,
48:05mon père m'aimera.
48:13le monde est à nous.
48:21Ce qui est très important
48:22pour moi en tant que père,
48:23c'est de lui donner
48:24un espace de sécurité.
48:25Il n'y a jamais une menace
48:26qui pèse sur lui,
48:27ni psychologique,
48:29ni physique,
48:30évidemment,
48:30ni émotionnelle.
48:32c'est ultra important.
48:36Alors moi,
48:36je suis fier de moi.
48:38Je suis fier de toi.
48:41Allez,
48:42il est trop mon choix.
48:52Tu fais
48:56le père que j'ai envie d'être,
48:57ma première définition,
48:58ça va être
48:59le fait de lui montrer
49:00que toutes les émotions
49:01sont possibles,
49:01sont acceptables.
49:05Mais au fond de moi,
49:06il y a quand même
49:07un truc qui se remue,
49:08genre mon garçon,
49:10je ne sais pas
49:10qu'il ne peut pas pleurer,
49:11mais c'est que par exemple,
49:12c'est important
49:13qu'il soit moteur.
49:14Je vois bien que
49:15contrairement à Sarah
49:16où sa motricité
49:17n'était pas forcément
49:18quelque chose
49:19qui m'a interpellé,
49:20c'est plus important
49:21pour Lucas.
49:22C'est là où on voit
49:22la force des stéréotypes.
49:25Le challenge,
49:26c'est justement
49:27de me dire
49:28Lucas,
49:29il va être
49:30comme il va être.
49:31Le but,
49:32ce n'est pas
49:32de le modeler
49:33à l'image
49:33que j'attends de lui,
49:34c'est de voir
49:35ce qui émerge de lui,
49:37mais sans fermer
49:37les champs des possibles.
49:53Il faut pouvoir laisser libre champ
50:08à des masculinités
50:10qui sont tout aussi larges
50:11qu'il y a autant d'hommes.
50:14Et ça,
50:15il faut le comprendre
50:16pour ne pas rentrer
50:17tous vers ce moule unique,
50:19ce moule unique
50:20qui génère
50:21de la violence.
50:22C'est bon, chérie ?
50:23Oui.
50:23Parce qu'on ne va pas
50:24rester comme ça
50:25des heures.
50:31Si, dès le départ,
50:33on apprenait
50:33les méthodes
50:34pour éviter
50:36le coup de poing
50:37dans la figure,
50:39ce besoin d'exister
50:40en allant très vite
50:41dans une super bagnole,
50:43ce besoin d'exister
50:44au travers
50:45de la douzième bouteille
50:47de whisky,
50:48si tout ça
50:49n'était pas si viril,
50:50en fait.
50:54Je me suis souvent
50:55cru fort en disant
50:56« T'inquiète,
50:58je vais gérer. »
50:59Sauf qu'en fait,
51:00on ne fait que des conneries.
51:03Comme j'en suis sorti,
51:05à aujourd'hui,
51:06je comprends
51:06à quel point
51:07j'étais brûlant
51:07et à quel point
51:08je pouvais saisir.
51:12Et ça,
51:13ça n'arrivera plus jamais.
51:14Parce que je suis vraiment
51:15très en paix avec moi.
51:18Je ne veux pas dire
51:19que j'ai trouvé le nirvana,
51:20mais j'ai compris
51:22énormément de choses
51:23et c'est pour ça
51:24aujourd'hui
51:24que je suis là
51:24pour être utile,
51:26pouvoir éviter
51:28à tous ces garçons
51:30comme moi
51:31qui à un moment donné
51:33ont souffert
51:34et ont perdu le contrôle
51:36de faire du mal
51:37autour d'eux.
51:49dans le centre
51:51of the centre
51:52There's a light that never ends Shining from the center, a light that never ends
52:10Sous-titrage Société Radio-Canada
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