Passer au contenu principal
  • il y a 4 semaines
De nombreuses études montrent que les femmes développent davantage de troubles anxieux que les hommes. Les raisons sont biologiques (notamment hormonales), psychologiques, sociales mais aussi liées aux normes de genre. En d’autres termes, les hommes ont plus souvent tendance à minimiser ou ne pas déclarer ce problème, de peur d’être stigmatisés. Ou ils l’expriment autrement, par exemple par une irritabilité (plus « virile »?)

Avec ​​Charlotte Garret, médecin, directrice du Lab innovation de Santéclair
et Jérôme Palazzolo, médecin psychiatre à Nice, spécialisé en psychopharmacologie et thérapies cognitivo-comportementales, professeur de psychologie clinique et médicale et auteur de La santé mentale pour les nuls (First éditions 2025)

Modération : Romain Gonzalez, journaliste au Point

Suivez-nous sur :
Youtube : https://www.youtube.com/c/lepoint/
Facebook : https://www.facebook.com/lepoint.fr/
Twitter : https://twitter.com/LePoint
Instagram : https://www.instagram.com/lepointfr
Tik Tok : https://www.tiktok.com/@lepointfr
LinkedIn : https://www.linkedin.com/company/le-point/posts/
Bluesky : https://bsky.app/profile/lepoint.fr
Threads : https://www.threads.net/@lepointfr
WhatsApp : https://www.whatsapp.com/channel/0029VaDv82FL2ATwZXFPAK3c
www.lepoint.fr

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:16Bonjour mesdames et messieurs, bienvenue pour cette nouvelle édition de Neuroplanète
00:21dont la thématique est dans la tête des femmes et des hommes.
00:24Et pour démarrer cette journée, une conférence tout à fait passionnante,
00:29« L'anxiété, un truc de fille ».
00:31Alors de nombreuses études montrent effectivement que les femmes développent davantage de troubles anxieux que les hommes.
00:38Les raisons sont psychologiques, biologiques, sociales, mais aussi liées aux normes de genre.
00:44En d'autres termes, les hommes ont tendance à minimiser le problème ou à l'exprimer différemment.
00:50Pour évoquer ce sujet, nous avons le grand plaisir d'accueillir Charlotte Garret,
00:54donc médecin, directrice du Lab Innovation de Santé Clair.
00:59Et Jérôme Palazzolo, qui est médecin psychiatre à Nice, spécialisé en psychopharmacologie et thérapie cognitivo-comportementale,
01:07professeur de psychologie clinique et médicale, et vous êtes auteur de l'ouvrage « La santé mentale pour les nuls
01:13»
01:13que vous dédicacerez au terme de cette conférence.
01:16Les échanges vont être animés par Romain Gonzales, journaliste au point, que l'on peut également applaudir.
01:23Et donc, nous allons tout de suite parler de l'anxiété, ce truc de fille.
01:28Merci Hélène, bonjour à toutes et tous, merci d'être là aussi nombreuses et nombreux chaque année.
01:33Jérôme Palazzolo, on va commencer avec vous, avec la question à 1 million, c'est la question peut-être la
01:37plus dure de cette table ronde.
01:38Est-ce que l'anxiété, c'est un phénomène biologique qui touche principalement les femmes ?
01:43Est-ce qu'il y a vraiment une explication biologique de l'anxiété ?
01:46Alors oui, on rentre directement dans le vif du sujet, c'est-à-dire en gros, ce que vous me
01:50posez comme question, c'est savoir,
01:51une femme est angoissée, est-ce que c'est un problème d'hormones ?
01:54Exactement.
01:55Voilà, on est bien d'accord.
01:57Alors, déjà, ce sera un peu réducteur comme discours, c'est-à-dire que certes, il y a eu des
02:01études qui ont prouvé que les variations hormonales
02:04pouvaient impacter le niveau d'anxiété, en particulier à certaines époques de la vie, que ce soit l'adolescence, que
02:11ce soit la ménopause,
02:13que ce soit les variations liées aux cycles hormonaux, mais globalement, ce serait trop simple de dire que ces variations
02:21hormonales sont à l'origine de l'anxiété.
02:23Concrètement, on sait que ces variations hormonales peuvent avoir un impact sur des messagers qu'on a dans le cerveau,
02:30qui s'appelle la sérotonine, le GABA, qui sont impliqués justement dans l'anxiété, mais si c'était ça, ce
02:35serait trop simple,
02:36et dans ce cadre, ça voudrait dire que les hommes ne seraient jamais anxieux, ce qui n'est pas le
02:41cas.
02:42Donc, en fait, on s'aperçoit, et comme ça a été dit en introduction, effectivement qu'il y a d
02:47'autres facteurs qui rentrent en ligne de compte,
02:49des facteurs psychologiques, des facteurs environnementaux, des facteurs éducationnels, dans ce cadre-là,
02:57on aura certainement l'occasion d'y revenir. Donc, pour répondre à votre question, non, ce n'est pas juste
03:02une question d'hormones.
03:03Ce n'est pas juste une question d'hormones. Charles de Garret, là, je me tourne vers vous.
03:06Est-ce que vous, tout de même, dans les chiffres, tout simplement, que vous analysez, vous consultez,
03:10vous le voyez que l'anxiété, c'est massivement un phénomène de femme, du moins dans le recours aux soins
03:16et aux praticiens ?
03:17Et on viendra après à ce qu'a dit Jean-Pale-Azzolo sur les questions psychologiques, sociétales, etc.
03:21Il y a effectivement, pour commencer, je pense, quelque chose qu'il faut rappeler,
03:25c'est que l'anxiété, contrairement à l'hypertension artérielle, ce n'est pas mesurable par des variables biologiques.
03:32On ne fait pas un examen, un scanner ou une prise de sang qui va dire vous êtes anxieux, oui
03:37ou non.
03:38C'est mesurable par des questionnaires qui sont validés scientifiquement,
03:42mais qui se basent toujours sur du déclaratif, du ressenti,
03:46et donc la façon dont les personnes perçoivent cette anxiété.
03:48Et donc on sait que l'anxiété, quand elle est mesurée comme ça,
03:54touche deux fois plus les femmes que les hommes.
03:56Et le corollaire de ça, c'est qu'on peut voir aussi, en termes de consommation de soins sur la
04:02santé mentale,
04:03que les femmes consomment à peu près 70% des consultations psychiatres, psychologues,
04:08mais aussi des médicaments psychotropes, par rapport à 30% des hommes.
04:12Donc si on part de ce prisme-là, la définition, les questionnaires, le ressenti,
04:18les codes sociétaux qu'on a mis autour de l'anxiété,
04:22on pourrait dire dans un premier temps, sans aller plus loin,
04:25que ça touche plus les femmes que les hommes,
04:28et en tout cas elles consomment plus de soins médicaux et de médicaments
04:32autour de ces thématiques de santé mentale.
04:35Une petite digression de ma part, c'est vrai qu'on n'en a pas trop parlé d'étymologie,
04:38vous, comment, Jérôme Paladolo, Charles Garret, vous définiriez l'anxiété
04:42et comment elle se différencie par exemple du stress ?
04:45Voilà, c'est une question difficile mais qui est importante pour cet échange.
04:48Alors déjà, le stress, effectivement, on dit des fois je suis stressé,
04:52en fait ça veut dire je suis anxieux.
04:53Le stress est un mécanisme d'adaptation.
04:55Lorsqu'il y a un changement, on va stresser pour s'adapter à la nouvelle situation.
05:00Il fait froid, vous allez stresser pour vous adapter au froid,
05:03il fait chaud, vous vous adaptez, vous vous stressez pour vous adapter au chaud.
05:05L'anxiété, c'est une émotion, donc l'anxiété n'est pas nécessairement pathologique,
05:10c'est-à-dire que l'anxiété, heureusement qu'elle est là l'anxiété.
05:14Il y a eu des études qui ont été faites justement pour savoir si nous n'avions pas du tout
05:19d'anxiété,
05:20qu'est-ce qui se passerait ?
05:21En gros, on aurait une durée de vie d'à peu près 10 minutes,
05:24c'est-à-dire que globalement, si vous n'êtes pas anxieux,
05:27vous êtes en retard pour aller à un rendez-vous,
05:28vous allez sauter du quatrième étage pour aller plus vite.
05:31Donc là, ça va poser problème.
05:32Donc en fait, l'anxiété, elle est tout à fait normale et c'est un mécanisme de préservation.
05:37Maintenant, là où ça va poser problème, c'est un peu ce que tu évoquais,
05:41c'est lorsque l'anxiété va devenir trop importante,
05:45c'est-à-dire dans une question de durée ou dans une question d'intensité.
05:49C'est-à-dire que si j'ai un examen, je vais stresser, je vais angoisser par rapport à cet
05:53examen,
05:55c'est normal et je vais essayer de développer les capacités pour m'adapter à cet examen.
05:59Maintenant, si j'ai un examen dans six mois et que pendant six mois, je ne dors pas la nuit,
06:03en perspective de cet examen, là, ça va poser problème.
06:06Donc il y a une dimension pathologique de l'anxiété, mais qui n'est pas tout le temps présente dans
06:10l'anxiété.
06:11C'est un peu ça ?
06:11Complètement.
06:13On va venir là plutôt aux dimensions psychologiques et éducationnelles de l'anxiété.
06:17C'est un vrai sujet.
06:18On rentre un peu dans le cœur, à mon avis, du débat.
06:21Jérôme Palazzolo, vous évoquez, vous, le syndrome du genou écorché.
06:25Est-ce que vous pouvez nous en dire plus et en quoi il est très caractéristique de la dimension éducationnelle
06:30de l'anxiété ?
06:31Alors, complètement.
06:33Le syndrome du genou écorché, en fait, c'est très simple.
06:35On l'a tous vécu.
06:36Vous êtes dans une cour d'école et il y a un enfant qui tombe et qui s'écorche le
06:40genou.
06:41Si c'est un garçon, qu'est-ce qui va se passer ?
06:44On va naturellement lui dire, bon, toi, tu es un vrai mec, tu ne vas pas te mettre à pleurer,
06:48tu ne dis rien, c'est bon, ça va aller.
06:50Et en général, on rajoute aussi le truc, tu n'es pas une gonzesse.
06:55La fille, qu'est-ce qu'on va faire ?
06:56Elle va venir, elle sait, elle joue le genou écorché.
06:59Oh, ma chérie, mais tu t'es fait mal, viens, je vais te consoler, on fait le bisou qui guérit,
07:03etc.
07:04Si on fait ça, ça ne veut pas dire qu'on est de mauvais parents.
07:07Je le dis tout de suite, on l'a tous fait.
07:08Mais globalement, sur le plan éducationnel, qu'est-ce qu'on fait passer comme message ?
07:13On fait passer le message au garçon, en gros, tes émotions, c'est bien de pouvoir les intérioriser et de
07:20ne pas les montrer.
07:21Et à la fille, on va lui dire, c'est important que tu exprimes tes émotions.
07:25Donc déjà, tout petit, on commence à donner un message éducationnel au niveau de la gestion des émotions.
07:31Je fais de nouveau un petit détour, je vais vous parler à tous les deux plutôt personnellement, car on a
07:35un plateau mixte.
07:36Est-ce que c'est quelque chose que vous avez constaté, vous, au cours de votre éducation ?
07:39Est-ce que vous l'avez vécu et intériorisé, ces normes de genre liées à l'anxiété charlotte-garée ?
07:43Est-ce que vous avez un souvenir quand on vous a dit, tu es une femme, tu as le droit
07:45de t'exprimer, d'exprimer tes émotions ?
07:47Et je n'ai pas l'air de zolo, à contrario, est-ce que vous, on vous a dit, sois
07:49un homme ?
07:51Alors probablement qu'ayant deux parents assez féministes, j'ai toujours voulu justement être dure et pas pleurer quand je
07:59m'écorchais le genou.
08:00Et c'est probablement comme ça aussi que j'élève ma fille. C'est pas forcément mieux. Mais c'est
08:06vrai que je pourrais dire que c'est presque l'inverse pour moi, justement, pour être au même niveau que
08:13les hommes, en tout cas, sur ces aspects-là.
08:15J'ai toujours été éduquée à... Il n'y a pas de raison que tu sois plus fragile qu'un
08:19homme. Et j'éduque ma fille de la même façon.
08:22Et vous, Jérôme Palazzolo, est-ce qu'on vous a éduqué entre guillemets comme un homme ? Je mets des
08:25gros guillemets là-dedans.
08:26On est entre nous. Je vais parler d'un gros traumatisme d'enfance. C'était le carnaval. Et donc, j
08:31'avais tous mes copains garçons qui venaient, bien entendu, déguisés en cow-boy, en spiderman, etc.
08:37Et moi, j'étais le seul qui venait déguisé en petits pages. Donc, voilà. Je vais juste me limiter à
08:41ça.
08:43On va continuer sur les assignations de genre, la question du genre. Mais on va rentrer dans l'âge adulte.
08:49Charlotte Garay, aujourd'hui, est-ce que vous, vous êtes capable d'analyser à quel point la question de la
08:54charge mentale est liée à cette question de l'anxiété dans les analyses ?
08:57Est-ce que le fait qu'on assigne et qu'on pousse les femmes à s'occuper des questions de
09:02la gestion du foyer, est-ce que ça, c'est une source d'anxiété ?
09:06Alors, probablement. Et en même temps, je pense qu'il pèse aussi beaucoup de choses sur les hommes, dans d
09:12'autres registres.
09:13Donc, je ne voudrais pas qu'on en arrive à quelque chose de dichotomique en se disant que les femmes
09:18ont toute la charge mentale, doivent s'occuper de tout, donc elles sont anxieuses.
09:23C'est effectivement une répartition relativement différente que la société nous donne depuis des décennies, des siècles, on va dire.
09:32Et donc, il y a cette histoire de charge mentale au niveau de l'éducation, de la famille, de l
09:39'entretien des tâches administratives.
09:41Cependant, je pense que sur les hommes, il pèse aussi beaucoup de choses et que la société attend aussi beaucoup
09:46d'eux, avec les contraintes dont on a pu parler,
09:49qui sont, on teste ses émotions, sinon on n'est pas un homme, on doit être fort, sinon on n
09:55'est pas un homme.
09:56Et donc, c'est ça aussi qui peut peut-être expliquer ce décalage qu'on observe dans les chiffres qu
10:01'on voit sur la consommation de soins,
10:03sur être capable d'aller demander de l'aide. Et donc, je ne suis pas sûre finalement que dans ce
10:08cadre-là, les hommes soient favorisés.
10:10Et je pense que c'est plus difficile aujourd'hui pour un homme d'admettre qu'il est en difficulté
10:14et d'aller demander de l'aide que pour une femme.
10:17Et c'est peut-être ça qui explique aussi les décalages de 70-30%, puisque quand on prend d'autres
10:22chiffres, par exemple le taux de suicide,
10:25alors ce n'est pas gay, mais c'est des chiffres bruts, les hommes se suicident plus que les femmes.
10:30On pourrait se dire, s'ils ne sont pas anxieux et qu'ils n'ont pas de charge mentale et
10:34que tout va bien pour eux, pourquoi est-ce qu'ils se suicident plus que les femmes ?
10:37C'est la même chose en termes de conduite addictive, l'alcool, les drogues, les conduites à risque.
10:43Il y a une nette prédominance masculine sur ces comportements à risque qui sont quand même le témoin d'une
10:49souffrance.
10:50Donc finalement, est-ce qu'il faut qu'on étiquette la souffrance et les difficultés psychologiques que les genres peuvent
10:55avoir ?
10:56Peut-être. Peut-être que l'anxiété telle qu'on l'a définie concerne un peu plus les femmes.
11:02Mais je pense que ça n'exclut absolument pas les difficultés mentales que peuvent ressentir les hommes.
11:06C'est vrai que sur cette question du taux de suicide, c'est intéressant parce que aussi les hommes ont
11:09recours à des moyens de suicide souvent plus violents.
11:12Et donc c'est vrai qu'ils ont tendance, pardonnez-moi l'expression, à réussir plus souvent leur suicide.
11:16Ce qui est un vrai enjeu avec des suicides, notamment avec des utilisations d'armes à feu.
11:20Ce qui est un vrai sujet.
11:21Jérôme Palazzolo, vous, face au stress, est-ce que vous avez constaté tout simplement que les hommes ont tendance à
11:28plus extérioriser leur stress
11:30par des conduites violentes, des cris, de la violence tout simplement, tandis que les femmes ont tendance à plus ruminer
11:35?
11:36Est-ce que ça c'est un mécanisme psychologique que vous constatez vous dans votre pratique tout simplement de psychiatrie
11:40?
11:41Alors souvent c'est le cas, c'est-à-dire que ça rejoint un peu ce que tu évoquais, c
11:45'est-à-dire que par rapport à la dynamique éducationnelle,
11:48l'homme doit intérioriser les émotions parce que sinon s'il les montre trop, ça veut dire que c'est
11:54pas un vrai mec.
11:54Donc globalement, il faut bien qu'à un moment donné, ces émotions sortent.
11:58Donc globalement, ça va sortir souvent sur un mode un peu plus violent, un peu plus expressif dans le cadre
12:05de la colère,
12:06sachant que la colère en plus est une émotion, qui est une émotion entre guillemets active.
12:11C'est-à-dire qu'on va penser que l'anxiété, c'est quelque chose de passif et l'homme
12:15est aussi conditionné pour agir.
12:18C'est souvent d'ailleurs des problèmes de couple.
12:20Madame, des fois, elle a souvent besoin juste d'être écoutée et monsieur, il va chercher des solutions et ça
12:25va bien gonfler, madame.
12:26En général, c'est souvent quelque chose qu'on retrouve en thérapie de couple.
12:29Mais globalement, l'homme, il est conditionné pour agir.
12:33Et donc comme il ne peut pas agir, il va exprimer ça dans le cadre d'une colère, dans le
12:38cadre de comportement à risque,
12:39dans le cadre parfois même de conduite addictive.
12:43Ça reste entre nous, mais l'alcool est quand même un des meilleurs anxiolytiques qui soit.
12:46Donc ça pose de réels problèmes à ce niveau-là, parce qu'il y a quand même de légères addictions
12:50avec ça.
12:51Et la femme a souvent tendance à essayer justement de trouver des solutions.
12:56Donc trouver des solutions, ça veut dire ruminer, essayer de comprendre le problème et d'essayer d'amener quelque chose
13:04de positif.
13:05Alors je vais vous parler encore d'une expérience personnelle.
13:08Il y a trois jours, j'étais à Dubaï.
13:09Donc vous savez un peu la situation qu'il y a.
13:12Et donc c'était la panique dans l'aéroport.
13:14Et j'ai essayé de prendre un peu de recul et de regarder ce qui se passait.
13:19Je voyais systématiquement les hommes qui étaient en train de râler, de crier, d'hurler sur les personnes qui étaient
13:26là pour expliquer, etc.
13:27Et les femmes qui étaient sur leur téléphone en train d'essayer de trouver un moyen de pouvoir partir, etc.
13:31Beaucoup plus posées.
13:33Donc effectivement, on parlait de l'anxiété, mais peut-être qu'il y a une thématique aussi qui peut être
13:37intéressante,
13:38qui est la notion de gestion de cette anxiété.
13:41C'est-à-dire que finalement, je ne vais pas trop parler pour ma paroisse,
13:44mais globalement, les hommes n'ont pas très bons dans la gestion de l'anxiété.
13:47Est-ce que vous pensez justement que cette gestion de l'anxiété, sa maîtrise, elle est liée à des dimensions
13:52éducationnelles,
13:53peut-être de transmission entre guillemets de génération en génération,
13:56des femmes qui apprennent à des femmes à gérer l'anxiété,
13:58parce que du côté des hommes, on peut toujours attendre et se brosser pour que des hommes sachent gérer leurs
14:02émotions ?
14:03C'est un peu ça.
14:04C'est-à-dire que globalement, vu que l'homme est amené à ne pas montrer ses émotions,
14:09globalement, il a du mal à se positionner, à prendre de la distance, à prendre du recul.
14:13Nous, on dit souvent, dans le cadre des thérapies comportementales et cognitives,
14:16que l'objectif, c'est de passer du domaine émotionnel au domaine cognitif,
14:22c'est-à-dire ne pas se laisser déborder par les émotions,
14:25mais essayer de se poser, de prendre la distance, du recul,
14:29et d'essayer d'analyser les choses correctement.
14:31C'est tout bête à dire, mais en pratique, ce n'est pas toujours évident.
14:35Donc effectivement, on retrouve un petit peu cette dynamique éducationnelle aussi,
14:39entre d'un côté une émotion qui ne doit pas être exprimée,
14:42et donc à un moment donné, ça explose,
14:44et de l'autre, une émotion qui peut être exprimée, qui peut être verbalisée,
14:47et dans ce cas-là, prendre du recul et essayer de travailler sur le plan cognitif.
14:51Charlotte Garret, dans le domaine de l'anxiété, il y a un fait, un marqueur,
14:55on va dire une pathologie visible qu'on pourrait analyser,
14:58qui est celle des troubles du sommeil.
15:00Ça nous donne déjà une petite idée sur est-ce que l'anxiété est un truc de fille ou non.
15:04Vous, quels sont les chiffres liés aux troubles du sommeil,
15:06et qu'est-ce que cela dit aussi de l'anxiété aujourd'hui ?
15:10Alors c'est intéressant, sans faire un topo sur le sommeil,
15:13en plus je ne suis absolument pas spécialiste,
15:15mais quand on prend des questionnaires assez simples,
15:17comme l'index de sévérité et de l'insomnie,
15:20qui sont des questionnaires encore une fois validés et reproductibles,
15:23on peut constater que l'écart entre les hommes et les femmes se réduit très nettement.
15:28Et donc finalement, sur ces problématiques de troubles du sommeil,
15:31les hommes semblent quasiment tout aussi impactés que les femmes.
15:37Or, les troubles du sommeil, pas tout le temps,
15:40mais dans beaucoup de cas, sont quand même liés à notre état mental,
15:43à notre état de stress, d'anxiété, aux ruminations qu'on peut avoir,
15:47aux difficultés qu'on peut avoir aussi à s'endormir,
15:50ou quand on se réveille un peu trop le matin et qu'on n'arrive pas à se rendormir.
15:54Et donc là, c'est intéressant de voir ce décalage qu'il y a,
15:57et quand on interroge des hommes,
16:01ils ont peut-être plus facilement tendance à admettre qu'ils ont des troubles du sommeil.
16:05Ça, c'est acceptable.
16:07Ça, c'est intéressant d'en parler en préparant cette table ronde.
16:09Il est très mal vu pour les hommes d'admettre qu'ils sont anxieux.
16:12Par contre, c'est une espèce de bizarrerie culturelle.
16:14On peut dire plus facilement qu'on a du mal à dormir.
16:16Ça, c'est vraiment plus accepté.
16:18Oui, je pense que vous pouvez tous voir autour de vous, dans votre entourage,
16:23est-ce que vous avez des hommes qui dorment, qui ont des troubles du sommeil,
16:27et est-ce qu'ils reconnaissent avoir de l'anxiété ou pas ?
16:30Mais en tout cas, je trouve que c'est intéressant aussi comme moyen, justement,
16:35c'est aussi peut-être une porte d'entrée pour pouvoir proposer des prises en charge aussi aux hommes
16:40qui ne soit pas la porte qui fait peur à tout le monde de dire
16:45« je vais voir un psychologue parce que j'ai des troubles anxio-dépressifs,
16:49parce que j'ai du mal à gérer mes émotions, j'ai du mal à gérer mon stress ».
16:53Donc voilà, le sommeil, ça peut être une porte d'entrée, je pense, intéressante,
16:56qui permet aussi d'accéder à des soins sans pour autant avoir à rentrer par la porte,
17:02qui fait un peu peur.
17:03– Jérôme Balzo, vous êtes d'accord avec ça ?
17:05Est-ce que ces troubles du sommeil, c'est un peu mettre le pied dans la porte de l'anxiété
17:08masculine
17:09en disant « bon, vous ne voulez pas admettre que vous êtes anxieux,
17:11mais vous admettez quand même que vous avez des troubles du sommeil,
17:13donc on va traiter ça », ce qui permet au final de traiter un sujet beaucoup plus large ?
17:18– Alors complètement, moi c'est vrai qu'au niveau de la consultation,
17:21j'ai rarement des hommes qui viennent me dire « je viens consulter parce que je suis anxieux ».
17:26En général, la première demande, c'est « je viens consulter parce que c'est ma femme qui m'a
17:30dit de venir ».
17:31– Deuxièmement, la problématique…
17:33– On sent que le public sait de quoi vous parlez.
17:35Et là, vous voyez les couples avec madame qui dit « tu vois, regarde, je l'avais dit ».
17:39Donc ça, c'est typique.
17:40Ensuite, les demandes de consultation,
17:44alors on ne peut pas faire de généralité bien entendu,
17:46mais souvent ça va être effectivement des troubles du sommeil, des douleurs.
17:51Alors souvent, on retrouve des douleurs qui sont assez erratiques,
17:54des douleurs, alors des maux de tête, des choses comme ça.
17:56Mais un coup, c'est la personne qui va voir son médecin traitant
17:59parce qu'il a mal à la tête ici, après il a mal à la tête derrière,
18:02après il va avoir mal au dos, après il va avoir des douleurs dans les genoux, etc.
18:06Il peut y avoir des pathologies qui sont directement liées à l'anxiété.
18:11Je pense en particulier à la fibromyalgie,
18:13où on sait qu'il y a des fluctuations qui ont à voir avec le degré d'anxiété.
18:18Donc en fait, on a beaucoup de personnes qui vont consulter dans ce contexte
18:22pour des plaintes somatiques ou des plaintes de sommeil ou des choses comme ça.
18:26Et après, j'aurais tendance à dire tout l'art du thérapeute,
18:30que ce soit un psychiatre ou un psychologue,
18:32c'est, comme on dit souvent, amener le patient de la rive du psychique,
18:37pardon, de la rive du somatique à la rive du psychique.
18:40C'est-à-dire en gros, on va essayer de leur faire traverser la rivière.
18:44Et ce n'est pas évident, parce que quelqu'un qui vient vous voir
18:47parce qu'il ne peut pas dormir ou parce qu'il a mal au dos,
18:49lui expliquer qu'il est anxieux, voire parfois qu'il est dépressif,
18:53et repartir du cabinet du psychiatre avec un traitement antidépresseur
18:57ou un traitement anxiolytique, ce n'est pas toujours simple.
19:01Justement, sur ce lien entre l'anxiété et la dépression,
19:04là, on va faire un petit pas de côté,
19:06comment tous les deux, tout simplement, vous l'analysez ?
19:08Est-ce que c'est un lien quasiment mécanique, de causalité ?
19:11Est-ce qu'il y a plutôt corrélation en termes de chiffres ?
19:14Où on se situe ? Vous le voyez comment, ce vrai sujet ?
19:19Alors, il y a des critères, aujourd'hui, diagnostiques.
19:24On associe quand même souvent les troubles,
19:26on les met sous le terme d'anxio-dépressifs,
19:28puisqu'il y a effectivement un lien fort.
19:31Alors, le lien de causalité, le lien de corrélation...
19:35Ce n'est pas évident, oui.
19:35Ce n'est pas évident, et je ne suis pas sûre
19:37que je pourrais y répondre correctement,
19:39mais en tout cas, là aussi, l'anxiété peut être une porte d'entrée
19:43dans des troubles dépressifs.
19:45Et puis, c'est finalement souvent des continuums.
19:48Ce n'est pas noir ou blanc, ce n'est pas je ne suis pas anxieux,
19:50je suis anxieux, je ne suis pas dépressif, je suis dépressif.
19:52On est souvent dans des continuums, finalement,
19:54avec des symptômes qui peuvent être légers,
19:57puis qui peuvent s'aggraver jusqu'à devenir extrêmement sévères.
20:00Donc, quoi qu'il en soit, l'anxiété est étroitement liée
20:04à des phénomènes qui peuvent être dépressifs.
20:08Et c'est d'ailleurs souvent pour ça que souvent,
20:09on parle de troubles anxio-dépressifs,
20:11et on met ça dans un même panier, dans le langage courant.
20:14Et ce qui compte, encore une fois,
20:16je ne suis pas sûre que la terminologie soit aussi importante que ça.
20:21Ce qui compte, c'est d'identifier une souffrance psychique,
20:25et puis les ressources après, pour pouvoir la traiter,
20:28en tout cas l'améliorer.
20:30Jérôme Palatolo.
20:31Oui, tout à fait.
20:31Alors déjà, il faut savoir que ce sont des pathologies
20:34qui sont effectivement très associées.
20:36Justement, parfois même, on parle de troubles anxio-dépressifs,
20:39tellement la synergie est importante.
20:40Alors la synergie est importante, pourquoi ?
20:42Parce qu'en fait, on a les mêmes bases biologiques.
20:45C'est-à-dire que dans l'anxiété et dans la dépression,
20:47on a une baisse d'un messager qui est présent dans le cerveau
20:50qui s'appelle la sérotonine.
20:52Et dans les deux cas, on a un effondrement de sérotonine.
20:55Et d'ailleurs, dans la prise en charge de l'anxiété pathologique,
20:57comme dans la prise en charge de la dépression,
21:00on va proposer au niveau médicamenteux
21:02des traitements qui vont booster la sérotonine.
21:05D'ailleurs, on essaye de militer au maximum
21:09pour essayer d'enlever la terminologie antidépresseur,
21:12parce qu'effectivement, certains antidépresseurs
21:15qui boostent la sérotonine sont utilisés dans le cas des troubles anxieux,
21:19dans le cas des troubles du sommeil, dans le cas des troubles de l'appétit, etc.
21:22La douleur aussi.
21:23Exactement.
21:24Et donc, dans ce contexte, il faudrait mieux parler
21:26de traitements sérotoninergiques que de traitements antidépresseurs.
21:30Donc, une question langagière encore.
21:32Justement, est-ce que pour vous, cette acception d'antidépresseur,
21:35est-ce qu'elle ne rebute pas toute une partie de votre patientèle
21:37qui pourrait se dire, moi, je ne suis pas dépressif,
21:39je suis juste un peu stressé ?
21:41Mais complètement.
21:42Et c'est pour ça que l'objectif, c'est d'expliquer
21:44cette histoire de sérotonine,
21:46expliquer qu'on va proposer un traitement
21:48qui va booster la sérotonine
21:50et expliquer qu'effectivement, sur la boîte,
21:52c'est encore noté antidépresseur,
21:54mais qu'il faudrait enlever cet intitulé.
21:57Jérôme Palazzolo, vous, vous mentionnez un fait marquant
21:59en préparant cet entretien,
22:00c'est le fait qu'à niveau d'émotion égale,
22:03la réaction des médecins diffère
22:04face à des plaintes de douleurs thoraciques
22:06selon le sexe du patient.
22:08C'est-à-dire qu'un homme ou une femme allant voir un praticien
22:10se déclarant ayant des douleurs au thorax
22:13va avoir une réponse différente.
22:14Quelle sera la réponse ?
22:16Et est-ce que vous pouvez nous dire pourquoi ?
22:17Alors, on est typiquement dans ce qu'on appelle
22:20un biais cognitif,
22:21parce que les médecins sont passés aussi
22:24par des processus éducationnels
22:25et que pour un médecin,
22:27un homme qui a mal à la poitrine,
22:29tout de suite, il fait un infarctus.
22:30Une femme qui a mal à la poitrine,
22:32en gros, elle fait un peu son cinéma,
22:33elle est anxieuse,
22:35on va lui donner un traitement anxiolytique
22:36et ça va aller mieux.
22:37Et donc, justement, l'objectif,
22:39c'est de ne surtout pas tomber
22:40dans ce système-là
22:43et essayer de revenir un petit peu
22:44sur ces processus-là.
22:45C'est-à-dire de dire,
22:47l'homme, vu qu'il n'exprime pas ses émotions,
22:50s'il a mal à la poitrine,
22:51c'est que vraiment, lui, il est malade.
22:53Alors qu'en fait, pas du tout.
22:55Est-ce que, justement,
22:55cette différence de prise en charge,
22:56on la note aussi peut-être
22:57au niveau des urgences,
22:58du SAMU,
22:59ce qui pose de graves problèmes,
23:01lorsqu'une femme appelle,
23:02qu'elle dit avoir des douleurs thoraciques,
23:03est-ce qu'on la traite moins bien,
23:05selon vous ?
23:05Alors, j'espère que non,
23:08parce que de plus en plus,
23:09maintenant, de médecins
23:09sont formés à ces problématiques.
23:12Mais il est certain que, là encore,
23:15dans le cadre d'une prise en charge,
23:17les femmes vont essayer d'analyser,
23:19vont essayer de prendre de la distance,
23:21du recul,
23:21donc peut-être qu'elles ne vont pas exprimer
23:23la symptomatologie de la même manière.
23:27On le dit, et ça, c'est une caricature,
23:29mais je pense, et j'y adhère tout à fait,
23:31que les femmes sont beaucoup plus résistantes
23:33à la douleur que les hommes.
23:35Perso, quand j'ai un rhume,
23:36je suis à moitié mort,
23:37bon, voilà, effectivement,
23:38je rentre tout à fait dans le cliché.
23:41Charlotte Garret,
23:42justement, sur ce sujet
23:43de la prise en charge des hommes,
23:44du public masculin,
23:45qui a donc du mal à aller
23:47ouvrir la porte d'un cabinet
23:48de psychologie ou de psychiatrie,
23:50est-ce que vous, vous avez des outils
23:51que vous voulez mettre en place,
23:52que vous aimeriez mettre en place
23:53ou qui sont déjà en place
23:54pour capter ce public ?
23:55Ça peut être des applications,
23:57des sortes de jeux,
23:58une sorte de ludification
24:00de l'accès à la santé mentale ?
24:02Alors, on va parler plus
24:04sur le secteur préventif,
24:06pas curatif de troubles déjà installés,
24:09mais quand on voit les chiffres
24:10aujourd'hui sur les jeunes,
24:123 sur 5 présente des troubles anxieux
24:15au collège, au lycée,
24:17je pense qu'il y a beaucoup de choses
24:18à faire, effectivement,
24:19en termes de prévention.
24:20Et les thérapies cognitivo-comportementales,
24:22aujourd'hui, sont un vrai levier pour ça.
24:24Or, il existe des applications digitales
24:28conçues par des psychiatres,
24:30des psychologues.
24:31Nous, on travaille avec MindEck,
24:32qui est vraiment une appli super.
24:34Alors, elle ne va pas guérir
24:37des pressions sévères.
24:38Ce n'est pas la question.
24:39Mais c'est plus de prendre en amont
24:43les jeunes et les moins jeunes,
24:44de les acculturer à tous ces concepts-là
24:46dont on a parlé aussi,
24:48la gestion de ses émotions,
24:49la façon dont on peut demander de l'aide.
24:52L'avantage de ces applis, pour le coup,
24:54c'est qu'en plus, c'est en autonomie.
24:55Donc, on n'a pas la porte à franchir
24:58du professionnel de santé.
24:59C'est un premier pas vers ces prises en charge-là.
25:05Et nous, on a travaillé avec MindEck
25:07justement pour qu'il y ait une porte d'entrée sommeil
25:09et qu'il y ait des ponts ensuite
25:12sur tout ce qui est santé mentale.
25:15Et donc, on a pu déjà voir
25:17que dans les premiers chiffres qu'on a,
25:18puisque ça a commencé il y a à peine trois mois,
25:20ce dispositif,
25:22on a autant d'hommes que de femmes
25:25qui s'inscrivent au programme sommeil,
25:26alors qu'on a beaucoup plus de femmes que d'hommes
25:29qui s'inscrivent au programme bien-être santé mentale.
25:32Mais on a fait des passerelles.
25:34Et donc, on va suivre ça de près
25:36pour voir si justement,
25:37les hommes qui s'embarquent via la porte sommeil,
25:41est-ce qu'ensuite, après,
25:42ils peuvent basculer sur cette aide-là ?
25:44Et donc, l'objectif est un peu de décomplexer tout ça,
25:48de dédramatiser aussi,
25:50et de pouvoir rendre après
25:52les soins plus accessibles en termes de santé mentale.
25:54Et que ce soit acceptable d'aller voir un psychologue
25:56à une certaine période de sa vie,
25:58ou un psychiatre,
25:59quand les troubles nécessitent une prise en charge médicale,
26:02et que ce soit ni honteux, ni...
26:05Voilà.
26:06Justement, vous évoquez un sujet
26:07qu'on n'a pas du tout évoqué,
26:08qui est très intéressant,
26:09c'est la question de la jeunesse.
26:10On voit très bien aujourd'hui
26:11qu'il y a une dégradation de la santé mentale des jeunes,
26:14on le dit souvent dans les médias.
26:15Moi, j'ai un petit exemple personnel.
26:16Ma mère, qui est infirmière scolaire,
26:18l'a noté, entre guillemets,
26:19d'un point de vue uniquement du quotidien,
26:22en une quinzaine d'années.
26:23Vraiment, c'était des sujets
26:24qui n'étaient quasiment pas du tout
26:25dans les échanges avec le personnel médical au lycée,
26:27il y a 15 ans.
26:28Et aujourd'hui, c'est à peu près plus de 50%,
26:30on va dire, des interactions.
26:31La question de la santé mentale des jeunes.
26:33Vous, Géant Palazzolo,
26:34est-ce que vous l'avez constaté dans votre pratique ?
26:36Est-ce que c'est un public qui va vous consulter ?
26:38Ou est-ce qu'il y a encore une sorte de barrière à l'entrée
26:40qui est très forte,
26:41notamment du côté des hommes jeunes ?
26:43Alors oui, il y a beaucoup plus de consultations
26:46de jeunes personnes.
26:48Alors pour plusieurs raisons.
26:49Déjà parce que le concept de maladie mentale aujourd'hui
26:52est beaucoup moins tabou qu'il y a quelques années.
26:54Les jeunes parlent beaucoup mieux de maladie mentale
26:56que notre génération en nous.
26:58Ça, c'est déjà un point très important.
27:00Deuxièmement, bien sûr, on ne peut pas l'éviter.
27:01C'est le concept des réseaux sociaux.
27:03C'est-à-dire avec une surinformation
27:06qui devient anxiogène,
27:08sans compter les chaînes d'information continue, là aussi.
27:12Également, la pression qu'il peut y avoir sur les jeunes.
27:15Regardez par exemple la dynamique Parcoursup,
27:18où il faut choisir déjà en première sa vie professionnelle.
27:23Moi, perso, je vois des gamins qui sont en première,
27:26ils n'ont aucune idée de ce qu'ils veulent faire plus tard.
27:28Donc il y a quand même déjà cette dynamique.
27:30Et puis, toujours pareil, la comparaison.
27:33Donc dire, vous regardez sur les réseaux sociaux,
27:35vous avez les influenceurs qui sont formidables,
27:38qui sont extraordinaires, qui réussissent bien.
27:39Et puis finalement, ma vie à moi, en tant que jeune,
27:42elle est toute pourrie par rapport aux influenceurs.
27:44et ce qu'ils donnent à voir, parce que j'ai eu quelques influenceurs en consultation,
27:47je vous assure, ils ne sont pas aussi top.
27:48Vous étiez à Dubaï il n'y a pas longtemps, donc vous les avez rencontrés.
27:51Je les ai tous vus.
27:52Donc effectivement, dans ce cadre-là,
27:54ils ne sont pas aussi bien que ce qu'ils donnent à donner.
27:57Et aussi, un concept qui est très important,
27:59qui est assez nouveau,
28:00c'est le concept d'éco-anxiété.
28:03C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
28:04on a peur pour la planète,
28:06pour la suite, etc.
28:07Et les jeunes sont beaucoup plus sensibles que nous à cette dynamique.
28:12On va prendre quelques questions du public,
28:14mais avant cela, Jérôme Palazzolo,
28:15est-ce que vous voulez nous en dire plus sur tout simplement les TCC,
28:18les thérapies cognitivo-comportementales,
28:20que vous avez évoquées, Charlotte Garay ?
28:22En quoi est-ce qu'elles sont centrales pour le traitement de cette anxiété ?
28:26Alors, les TCC, comme l'on l'indique,
28:28ce sont des thérapies qui agissent sur les comportements,
28:31ce qu'on fait,
28:32et également sur les cognitions,
28:34donc sur les pensées.
28:36Donc, ce sont des thérapies brèves,
28:38limitées dans le temps,
28:39et qui sont des thérapies très proactives.
28:42C'est-à-dire qu'en fait,
28:43on travaille avec le patient
28:44pour élaborer des stratégies
28:46pour qu'il aille mieux,
28:47le plus rapidement possible.
28:49Donc, on ne compare pas ces thérapies
28:51à d'autres types de thérapies,
28:52type psychanalyse, etc.
28:54Parce que souvent,
28:54on a tendance à les opposer.
28:56Moi, je suis complètement contre cette opposition
28:58parce qu'en fait,
28:59on ne travaille pas sur la même dynamique.
29:01C'est-à-dire que globalement,
29:02en psychanalyse,
29:02on va travailler sur une meilleure compréhension
29:04de son mode de fonctionnement,
29:06en TCC,
29:07c'est quelque chose de très pratico-pratique.
29:09Et en fait,
29:10les TCC sont aisément évaluables
29:13d'un point de vue scientifique.
29:15C'est-à-dire qu'en gros,
29:15on a des échelles d'évaluation
29:17qu'on fait passer.
29:18Alors, ce n'est pas des échelles diagnostiques.
29:20C'est-à-dire,
29:20ce n'est pas pour dire,
29:22tiens, je vais vous faire passer un questionnaire,
29:23voir si vous êtes anxieux ou pas.
29:24Mais c'est plus des échelles d'évaluation
29:26tout au long de la thérapie.
29:28C'est-à-dire que le patient sait,
29:29tout au long de la thérapie,
29:31comment il évolue.
29:32Est-ce qu'il s'améliore ?
29:33Est-ce qu'il ne s'améliore pas ?
29:34Et comme ça,
29:34on peut adapter la prise en charge
29:36par rapport à cette évoluée.
29:37Parce que pendant longtemps,
29:38il y avait quand même eu un vrai débat
29:39sur la scientificité des TCC.
29:41Ça a été vraiment un serpent de mer du milieu
29:43où il y avait deux camps qui s'opposaient
29:45comme pendant assez longtemps
29:45sur la psychanalyse en France,
29:47sur les pro-TCC, les anti-TCC.
29:49Est-ce qu'on en est sortis
29:50ou est-ce que vous, au quotidien,
29:52vous affrontez toujours des collègues
29:53qui vous disent,
29:53bon, les TCC,
29:54on est toujours à deux doigts
29:55de la pseudo-science ?
29:56Alors, moi,
29:56j'essaie d'affronter personne
29:57parce qu'effectivement,
29:59je suis ouvert à toutes les thérapies.
30:00Mais c'est vrai que,
30:01de toute façon,
30:02dès qu'il y a un dogme,
30:04dès qu'il y a des idées,
30:06il y a toujours débat.
30:07J'aurais tendance à dire,
30:07je ne sais pas si aujourd'hui,
30:09le débat s'est apaisé
30:10parce qu'on a même des conflits maintenant
30:11entre des TCC de deuxième vague
30:13et de troisième vague.
30:14Donc, c'est des évolutions qui se font.
30:16Donc, je pense que ça,
30:17c'est une dynamique qui est humaine.
30:19Au niveau conflit,
30:20on n'en sentira pas.
30:20Mais par contre,
30:21ce n'est même pas cette scientificité
30:23des TCC qui est importante.
30:25Mais c'est que les TCC peuvent être évalués.
30:28Donc, ça veut dire que les TCC
30:29sont souvent référencés
30:31dans tout ce qui est pris en charge
30:33des dépressions,
30:34des troubles anxieux, etc.
30:35Parce qu'on a des preuves scientifiques
30:37que ça marche.
30:38Ça ne veut pas dire
30:38que les TCC sont les seuls qui marchent.
30:41Mais par exemple,
30:42en psychanalyse,
30:42c'est plus difficile
30:43de mener une étude scientifique
30:45pour dire est-ce qu'on s'est amélioré
30:46en psychanalyse ou pas.
30:48Mais ça ne veut pas dire
30:49que la psychanalyse ne marche pas.
30:50On est bien d'accord.
30:52On va prendre quelques questions.
30:53Bien sûr.
30:54Merci beaucoup pour tous ces éléments.
30:56Je pense qu'on peut déjà vous applaudir
30:58et nous allons effectivement
31:00prendre quelques questions.
31:03Et nous allons commencer par vous.
31:05On vous écoute.
31:06Bonjour.
31:06Bonjour.
31:07Merci beaucoup pour cette intervention
31:08de grande qualité.
31:10Je voudrais poser la question suivante.
31:13Est-ce que tout le versant
31:15pleine conscience,
31:18méditation,
31:19non pas transcendantale,
31:21asiatique,
31:21mais plutôt qu'Abbazine,
31:23Christophe André,
31:24est un complément intéressant
31:27à tout ce qui est la chimie
31:29que peuvent proposer
31:30les médicaments
31:31avec
31:34le versant sectaire
31:36qui est à repérer
31:38ou est-ce que
31:39c'est pas du tout
31:41compatible ?
31:42Merci.
31:42Merci madame.
31:44Alors oui,
31:44c'est tout à fait
31:45compatible.
31:46Il y a eu des études
31:47justement qui ont prouvé
31:48que tout ce qui est
31:49méditation de pleine conscience,
31:51etc.,
31:51fonctionnait très très bien
31:53et parfois même
31:54pour des troubles anxieux
31:56d'intensité légère,
31:58marche même mieux
31:59qu'un traitement antidépresseur.
32:00Donc effectivement,
32:01c'est quelque chose
32:02à développer.
32:02Alors toujours pareil,
32:03c'est-à-dire il faut
32:04que ça parle la méditation.
32:06Moi personnellement,
32:07j'ai essayé au bout
32:08de deux minutes,
32:09je m'ennuie tellement
32:09que j'arrête.
32:10Mais je préconise ça
32:12à mes patients.
32:12C'est-à-dire que c'est
32:13vraiment quelque chose
32:14qui est intéressant.
32:15L'objectif étant
32:16de se détacher
32:17de ses pensées
32:18et de les observer
32:20sans essayer
32:21de les changer.
32:22Voilà, c'est le principe.
32:23même de la méditation
32:24de pleine conscience.
32:25Maintenant,
32:25si comme moi,
32:27vous avez essayé
32:27la méditation
32:28et vous voyez
32:29que ça ne marche pas,
32:30ne vous inquiétez pas.
32:32Il y a plein d'autres méthodes
32:33qui peuvent être proposées
32:34par ailleurs.
32:35Mais effectivement,
32:36moi je préconise souvent
32:37cette approche associée
32:40à la prise en charge
32:41de psychothérapie
32:42qu'associée
32:43aux médicaments
32:44si nécessaire.
32:45Charlotte Garé.
32:46Oui, juste pour compléter,
32:48la cohérence cardiaque,
32:50faire trois minutes
32:51de respiration,
32:52essayer de faire
32:53une petite séance
32:54de méditation.
32:56Ça ne fait pas de mal
32:57tant qu'on n'est pas
32:57dans les dérives sectaires.
32:59Donc au mieux,
33:01ça améliore les troubles
33:02pour certaines personnes.
33:04Au pire,
33:04je pense honnêtement
33:05que ça ne fasse pas de mal
33:06d'aller faire
33:07trois minutes
33:07de cohérence cardiaque
33:08dans sa journée.
33:09Et donc,
33:10comme je rejoins tout à fait Jérôme,
33:12par contre,
33:12il faut que ça convienne
33:13aux individus.
33:13Ce n'est pas l'alpha
33:14et l'oméga
33:14et la solution.
33:15Moi,
33:16j'ai essayé aussi.
33:17Deux mois,
33:18j'ai tenu.
33:19Bon,
33:20au final,
33:20j'ai arrêté
33:21et je n'en fais plus
33:21et je fais pourtant très bien.
33:23Donc,
33:24je vous invite à essayer
33:25et il y a des gens
33:26pour qui ça marchera très bien
33:27et tant mieux.
33:28Et puis,
33:29si ça ne vous intéresse pas
33:30et que ça ne vous parle pas,
33:31ce n'est absolument pas un drame.
33:32Il y a d'autres solutions
33:33aussi qui existent.
33:34Merci beaucoup.
33:35Et juste un point,
33:36partez du principe
33:36que si quelqu'un vous dit
33:37ma méthode marche dans tout,
33:40là,
33:40pour le coup,
33:40on est dans la dérive sectaire.
33:42Merci pour cette précision.
33:43On va prendre une autre question.
33:45bonjour.
33:46Merci pour votre intervention
33:47à tous les deux.
33:48J'ai une question très simple.
33:49Comment peut-on savoir
33:50si on manque de sérotonine ?
33:53Alors,
33:53comment on peut savoir
33:54si on manque de sérotonine ?
33:55C'est essentiellement
33:56un diagnostic clinique.
33:57C'est-à-dire que globalement,
33:59il y a des laboratoires
34:00qui peuvent vous proposer
34:01de faire une prise de sang
34:02et de voir si vous avez
34:04trop de sérotonine,
34:05pas assez,
34:06etc.
34:06Mais en fait,
34:07on s'est aperçu
34:08que ces résultats
34:08n'étaient pas vraiment indiqués
34:10dans le sens où
34:12votre tube digestif
34:13fabrique énormément
34:14de sérotonine aussi.
34:16Donc globalement,
34:16quand vous allez faire
34:17une prise de sang,
34:18vous allez doser
34:19la sérotonine globale.
34:20Donc ça n'a pas
34:21un intérêt majeur.
34:22Vous pouvez avoir,
34:23je résume,
34:24mais beaucoup de sérotonine
34:25au niveau digestif,
34:26pas assez de sérotonine
34:27au niveau cérébral.
34:28Alors oui,
34:28vous pourriez doser
34:29votre sérotonine
34:30en faisant un prélèvement cérébral.
34:32Je vous déconseille.
34:34Ou en faisant une ponction lombaire,
34:36ça peut être le cas.
34:38Non,
34:38globalement,
34:38le manque de sérotonine,
34:40c'est essentiellement
34:41un diagnostic clinique.
34:42Donc comme on disait,
34:43c'est l'humeur,
34:44le moral,
34:45l'anxiété,
34:46les troubles du sommeil,
34:47les problèmes d'appétit,
34:48etc.
34:49qui vont faire dire
34:50qu'il y a un manque
34:51de sérotonine.
34:52C'est très intéressant
34:53comme question
34:54et je me permets
34:54de rebondir dessus
34:55puisqu'on voit beaucoup
34:57arriver de solutions miracles
34:58avec des prises de sang
35:00qui vous feraient
35:01tout un tas de marqueurs
35:02biologiques
35:02et qui vous donneraient
35:03votre niveau de cortisol,
35:05de stress,
35:06de sérotonine.
35:08Déjà,
35:08la sérotonine,
35:09c'est un des neurotransmetteurs,
35:11mais il y en a plein d'autres.
35:12Notre cerveau est d'une complexité inouïe,
35:13donc c'est un dont on sait
35:15qu'il est corrélé
35:16à ces troubles anxio-dépressifs.
35:17C'est loin d'être le seul.
35:18Donc même si on mesure
35:20ce neurotransmetteur,
35:21il y en a plein d'autres
35:22et on n'a pas du tout
35:24la réponse
35:25comme l'a dit Jérôme attendu.
35:27Donc finalement,
35:29se fier
35:30à des critères biologiques
35:31comme ça,
35:32les cycles de cortisol,
35:33d'ACTH,
35:35la CRP,
35:36on en propose
35:36de plus en plus.
35:38Ça n'a aujourd'hui
35:38aucun sens,
35:39en tout cas
35:40dans la recherche scientifique.
35:42Personne n'a démontré
35:43aujourd'hui
35:43de corrélations
35:44fiables et reproductibles
35:46et c'est ce qu'on disait
35:46en introduction,
35:47en diagnostic.
35:48Pas ça avec une prise de sang.
35:49Donc ça reste aujourd'hui
35:50des diagnostics
35:51cliniques.
35:52Justement pour rebondir
35:53sur ce qu'ont dit
35:54mes deux invités,
35:55cette semaine,
35:56chez nos confrères du Figaro,
35:57a été mise en avant
35:58une étude sur la question
35:59des biomarqueurs
36:00de l'anxiété.
36:01Il y a une vaste étude
36:03qui a été faite
36:03et publiée
36:04dans une revue
36:05spécialisée cette semaine
36:06où des scientifiques
36:07commencent peut-être
36:08à ouvrir la porte
36:09du ou d'un des biomarqueurs.
36:11Tout ça pour vous dire
36:11qu'on en est encore
36:12aux prémices,
36:13que personne n'est sûr
36:13que cela existe vraiment,
36:15mais que c'est aussi
36:16un serpent de mer
36:17de la question médicale
36:18parce que les gens se disent
36:19le jour où on va trouver
36:19le biomarqueur de l'anxiété,
36:21évidemment,
36:21tout le monde va s'engroufrer
36:22là-dedans
36:22en termes de propositions,
36:24de laboratoires,
36:25etc.
36:25Mais on en est encore très loin,
36:26voire on y viendra sans doute
36:27peut-être jamais.
36:28Et peut-être qu'il ne vaut mieux
36:29pas d'ailleurs.
36:30Et puis c'est en fonction
36:32de l'évolution aussi des modes.
36:34C'est-à-dire qu'auparavant
36:35on disait dépression,
36:35anxiété,
36:36c'est le père absent
36:37et la mère castratrice.
36:38Après on est arrivé
36:39et on a dit
36:40non mais c'est que la génétique.
36:41Donc on a cherché les gènes,
36:42on les cherche encore.
36:43Ensuite on a dit
36:43c'est les neurotransmetteurs,
36:45très bien.
36:45Le microbiote aussi ?
36:46Le microbiote,
36:47j'allais y venir.
36:48La problématique inflammatoire,
36:50on a dit
36:50c'est une problématique
36:51d'inflammation du système nerveux.
36:53Maintenant on est
36:53sur des biomarqueurs.
36:55Bon voilà,
36:55globalement on sait
36:57qu'un traitement antidépresseur
36:59augmente le niveau de sérotonine
37:00et que les patients vont mieux.
37:02Moi je pense que là déjà
37:03on va s'en tenir ici.
37:04Merci beaucoup.
37:05Alors il nous reste deux minutes.
37:06On va prendre deux questions courtes
37:08avec deux réponses courtes.
37:09On vous écoute monsieur.
37:13Un jour que je me promenais
37:15avec Yvette Roudy
37:16il y a 50 ans,
37:18créatrice de Femme 2000,
37:20elle me dit
37:22les hommes ont inventé
37:24les hauts talons
37:25pour nous empêcher de courir.
37:28Et moi je lui réplique
37:30mais c'est les femmes
37:31qui choisissent leurs chaussures
37:33à hauts talons
37:34peut-être pour nous faciliter
37:36le rattrapage.
37:37Nous les bonhommes derrière
37:40on aille un peu plus vite
37:41pour les rattraper.
37:42Et en fait à l'arrivée
37:43elles nous font un pied de nez.
37:44Et votre question ?
37:46Donc l'injustice
37:48est toujours la même.
37:48Monsieur Jérôme,
37:50si vous allez dans la rue
37:51avec la mini robe de madame,
37:54eh bien vous n'allez peut-être
37:56pas tenir longtemps
37:58etc.
37:59Le problème n'est pas si simple
38:01et la vie désexuée
38:03ou contrariée entre les hommes
38:05et les femmes continue
38:06par conséquent
38:07les modèles sévissent
38:08et l'anxiété va continuer.
38:11Alors bien entendu
38:12bon après la mini robe
38:13je ne pense pas
38:14que ça sera très saillant
38:15pour moi
38:15mais globalement
38:16vous posez une question
38:18qui est essentielle.
38:20Vous savez j'en parlais
38:21avec ma fille
38:22ma fille a 25 ans
38:23et elle me dit
38:24tu vois papa
38:24si toi tu vas
38:26dans un ascenseur
38:27où il y a 10 femmes
38:29tu ne vas pas te poser
38:30la question
38:30éventuellement tu vas dire
38:31tiens elles sont jolies
38:32et ça va s'arrêter là.
38:33Si moi je rentre
38:34dans un ascenseur
38:35où il y a 10 hommes
38:37je vais sentir
38:38une certaine anxiété.
38:39Donc il y a aussi
38:40cette dynamique
38:41bien entendu
38:43en théorie
38:44il serait bien
38:45qu'on puisse
38:46tous s'habiller
38:47comme on veut
38:48on puisse tous
38:48se balader
38:49où on veut.
38:49Aujourd'hui
38:50mesdames
38:51je pose la question
38:52si vous vous retrouvez
38:53à 3h du matin
38:54dans un quartier chaud
38:55effectivement en mini jupe
38:56vous allez peut-être
38:57avoir un niveau
38:58d'anxiété
38:59supérieur au fait
39:00qu'un homme
39:01se balade en jean
39:02dans un quartier chaud.
39:04Donc effectivement
39:04dans la dynamique
39:05d'anxiété
39:07en fonction des genres
39:09ça peut impacter également.
39:10On pourra rappeler
39:11tout de même
39:12que cette dynamique
39:13d'anxiété
39:13en fonction des genres
39:14est du fait des hommes.
39:16Jérôme Palazzolo
39:16a été très diplomate
39:17dans sa réponse
39:18mais on peut quand même le dire
39:19c'est du fait
39:19on va dire
39:20de l'oppression
39:20assez systématisée
39:22des hommes.
39:23D'ailleurs la remarque
39:24sur la jupe
39:25et le témoin
39:26on peut lier ça
39:26la remarque
39:27sur la jupe
39:28de Charles Edgar
39:28et tout à fait.
39:29Je ne suis pas sûre
39:29qu'on aurait fait cette remarque
39:30sur le pays d'un homme.
39:32Merci beaucoup.
39:33On va prendre
39:34la dernière question
39:35rapidement s'il vous plaît.
39:36Oui bonjour.
39:37Alors il y a deux petites questions.
39:38Quand on a une saisonnalité
39:40de ce que j'appelle
39:41moi une tristesse
39:42alors on va dire
39:43de son anxiété
39:44est-ce qu'il faudrait
39:45prendre un traitement préventif
39:47pour doper
39:47sa sérotonine ?
39:49C'est vraiment...
39:50Et la deuxième chose
39:51vous avez parlé
39:52des TCC
39:52et qu'en est-il
39:53de l'EMDR
39:54qui au départ
39:55était pour
39:55les gens traumatisés
39:57et qui se développe
40:00pas mal ?
40:01Merci.
40:02Alors vous avez
40:0330 secondes.
40:04J'allais dire
40:04il nous reste 3 heures ?
40:05Non, malheureusement pas.
40:06Déjà première chose
40:06pour la saisonnalité
40:07c'est pas tant
40:08la sérotonine
40:09qui est impliquée
40:10c'est la mélatonine
40:11qui est impliquée
40:12et qui va impacter
40:13la sérotonine.
40:15Donc généralement
40:16quand il y a une notion
40:16de saisonnalité
40:17bon bien sûr
40:18c'est fonction
40:18de l'intensité
40:19des symptômes
40:20mais on va plutôt
40:21préconiser
40:21de la luminothérapie
40:23plus que des traitements
40:25médicamenteux.
40:26Donc ça c'est le premier point.
40:27Et puis le deuxième point
40:28sur l'EMDR
40:28rapidement
40:29l'EMDR
40:30vous savez
40:30c'est cette stimulation
40:31bilatérale alternée
40:33où en fait
40:34on stimule
40:34cerveau droit
40:35cerveau gauche
40:35cerveau droit
40:36cerveau gauche
40:36et avec une action
40:37spécifique
40:38sur les amygdales temporales
40:39qui sont le siège
40:41des émotions.
40:42Et donc effectivement
40:42l'EMDR
40:43au départ
40:44était créé
40:45pour tout ce qui était
40:45dynamique de stress
40:46post-traumatique
40:47mais aujourd'hui
40:48il y a des protocoles
40:49EMDR
40:50qui sont utilisés
40:51dans le cas
40:51de la gestion
40:52de l'anxiété
40:53tout simplement
40:53et qui fonctionnent
40:54très très bien.
40:56Merci beaucoup
40:57on vous applaudit
40:58une nouvelle fois
41:00à la fin de l'anxiété
Commentaires

Recommandations