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  • il y a 2 jours
​​L’adolescence n’est pas souvent un long fleuve tranquille. Globalement, les filles ont plus tendance à intérioriser leurs tourments (dépression, mauvaise estime de soi et troubles du comportement alimentaire). Leur image corporelle les taraude. Chez les garçons, tout doit sortir : agressivité, troubles du comportement et conduites à risque. Ça, c’est pour la règle générale. Mais aucun ado ne ressemble à un autre … car il ne faut jamais négliger les facteurs biologiques, psychologiques et sociaux.

Avec Bruno Falissard, directeur du CESP/INSERM U1018 (Centre de Recherche en Épidémiologie et Santé des Populations) et président de la SFPEADA (Société Française de Psychiatrie de l'Enfant et de l'Adolescent et Disciplines Associées)
et Anne Tétart, médecin au service de pédopsychiatrie, centre médico-psychologique Lenval (Nice)

Modération : Nicolas Bastuck, rédacteur en chef au Point

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Transcription
00:05Musique
00:16Bienvenue pour cette conférence Voyage dans la tête de nos ados.
00:21Attention, turbulence en vue, puisque l'adolescence est rarement un long fleuve tranquille.
00:26Alors, globalement, les filles ont davantage tendance à intérioriser leur tourment.
00:31On va dire que leur image corporelle les taraude, tandis que chez les garçons, tout doit sortir.
00:37Alors, l'agressivité, les troubles du comportement, voire des conduites à risque.
00:42Mais bien évidemment, aucun adolescent ne ressemble à un autre.
00:45Et donc, c'est toutes ces questions que nous allons aborder avec nos invités.
00:49Nous avons grand plaisir d'accueillir Bruno Falissard, professeur, directeur du Centre Recherche en Epidémiologie et Santé des Populations.
00:58Vous êtes également président de la Société française de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent et de discipline
01:04associée.
01:05Et auteur de l'ouvrage Soigner la souffrance psychique des enfants, paru chez Odile Jacob, et donc disponible auprès de
01:12notre libraire.
01:13Et nous avons également le grand plaisir d'accueillir Anne Tétard, médecin au service de pédopsychiatrie au Centre Médico-Psychologique
01:21à l'Anval à Nice.
01:22Et pour animer ce débat, Nicolas Bastuc, rédacteur en chef, au point que l'on peut également applaudir.
01:29Et donc, nous allons parler, cher Nicolas, des ados.
01:34Merci, merci, bonjour à toutes et à tous, et merci d'être si nombreux pour un débat effectivement concernant, comme
01:42on dit dans la presse.
01:44On est beaucoup à avoir eu un ado à la maison, en tout cas, nous l'avons tous été.
01:49Alors, on entend et on lit beaucoup de choses sur les adolescents qui iraient très mal, avec une hausse des
01:55symptômes dépressifs,
01:57des sujets anorexiques de plus en plus précoces.
02:01Et vous, professeur Falissard, vous nous dites, j'espère ne pas trahir votre point de vue,
02:06ils ne vont pas si mal que cela qu'on le dit.
02:11Oui, oui, tout n'est pas rose, on est bien d'accord, mais juste pour vous donner une idée des
02:17nombres qui sont très percutants,
02:19dans les années 90, il y avait 1100 décès par suicide, dans la tranche d'âge 15-25 ans par
02:25an, 1100.
02:27Aujourd'hui, il n'y en a plus que 400.
02:31La consommation d'alcool, de tabac, de cannabis dans les 20 dernières années chez les adolescents a diminué.
02:38Donc c'est bien.
02:39Et vous voyez, quand je dis ça, les gens sont surpris et même parfois, ils sont déçus.
02:47On voudrait qu'ils aillent mal à ce point et ça n'est pas le cas.
02:51Alors néanmoins, néanmoins, depuis 2015, il y a une inversion de tendance, une augmentation des tentatives de suicide et des
02:59suicides,
03:00en particulier chez les adolescentes et chez les jeunes femmes.
03:04Et donc ça, c'est inquiétant, une augmentation de 30 à 40%.
03:08Pourquoi ? Ça, c'est plus compliqué.
03:10Mais donc, vous voyez, c'est un verre à moitié vide et à moitié plein.
03:13Voyons aussi le verre à moitié plein.
03:15Alors docteur Tétard, vous confirmez ce diagnostic.
03:19Comment vont les adolescents que vous recevez dans votre consultation ici à Nice ?
03:26C'est vrai que du point de vue du CMP, on accueille les adolescents qui demandent de l'aide.
03:30Alors CMP, centre médico-psychologique.
03:34Et du coup, c'est toute une équipe au chevet des enfants, des adolescents.
03:37Et on accueille du coup la plainte de ceux qui vont moins bien.
03:41Et on a noté une très grande amélioration, une très grande augmentation dans les dernières années de la demande.
03:48Donc c'est la part de ceux qui vont moins bien.
03:51En même temps, ils peuvent demander de l'aide.
03:55Donc c'est cette opportunité.
03:58Mais c'est vrai qu'il y a une grande augmentation de la demande d'aide,
04:02une grande augmentation des passages aux urgences.
04:05Donc oui, moi je vois cette part-là depuis le soin et où on est en difficulté
04:12parce qu'on n'a pas forcément la réponse possible au niveau des équipes
04:15qui n'ont pas augmenté depuis autant que la demande.
04:18Alors ce que vous dites, c'est que le vécu émotionnel des adolescents s'est dégradé.
04:23Et que ça n'a pas forcément à voir avec la psychiatrie au sens strict.
04:29Je vous vois opiner, professeur Falisard.
04:31Est-ce que vous partagez ? Parce que c'est le docteur Tétard qui dit ça.
04:36Oui, bien sûr, je suis tout à fait d'accord.
04:38D'ailleurs, les études le montrent.
04:40Il y a le ressenti émotionnel, mais pas que des adolescents,
04:44de toute la population française s'est dégradé dans les 20 dernières années.
04:47Alors qu'en parallèle, chez les personnes plus âgées que les adolescents et les jeunes,
04:53il y a une diminution du suicide et des tentatives de suicide.
04:56Donc vous voyez, il y a une dissociation entre une réalité psychiatrique sévère
05:01et puis un ressenti émotionnel dans la société.
05:04C'est la société tout entière qui irait plus mal, en tout cas qui serait plus inquiète
05:10et qui cultiverait ce malaise avec le culte de la performance, la guerre, les risques climatiques.
05:19Et du coup, les adolescents, comme nous autres, seraient peut-être un peu plus en difficulté.
05:25C'est cela ?
05:26Alors on peut voir, oui, une certaine anxiété diffuse qui est présente.
05:31Une société qui peut être plus en questionnement sur son sens.
05:35Et les adolescents peuvent être très sensibles à ça parce qu'eux,
05:39ils sont dans leur période de la vie où ils vont se lancer dans l'aventure.
05:41Et ils ont autour d'eux des adultes qui doutent, qui sont moins sûrs.
05:48Et peut-être aussi cette question de comment faire société
05:52avec une tendance à devoir gérer sa propre vie, être performant pour soi-même
05:58et moins pouvoir s'appuyer sur des espaces collectifs et des espaces collectifs de rencontres.
06:04Dans une société où, par exemple, pouvoir sortir va plus souvent nécessiter une organisation financière.
06:11et on a moins recours à des espaces publics qui seraient gratuits.
06:15Donc ça, ça met une pression quelque part sur l'individu.
06:18Et il me semble que ça peut avoir un effet.
06:21Ce qui peut être trompeur et donner le sentiment que les adolescents vont plus mal,
06:26c'est qu'ils s'expriment davantage.
06:28Ils ont la possibilité, disiez-vous, lorsque nous préparions ce débat, docteur Teta,
06:33la possibilité d'en parler.
06:35Certains comportements aussi que l'on gardait pour soi jadis,
06:38le harcèlement à l'école, les attentats sexuels, aujourd'hui sont verbalisés.
06:43Et donc ça crée un effet trompeur, c'est cela ?
06:47Oui, c'est ça.
06:48Et effectivement, les sociologues disent qu'il y a une disparition des méta-récits.
06:55C'est-à-dire qu'avant, il y avait des discours sociétaux qui structuraient la société,
07:00la religion, la science, la première chaîne de télévision, etc.
07:04qui faisaient que tout le monde se retrouvait sur les mêmes normes
07:08et ça permettait de donner un cadre aux familles et aux adolescents en particulier.
07:15Alors aujourd'hui, ces grands récits se sont affaiblis considérablement.
07:19Par certains aspects, c'est très bien.
07:21Un adolescent qui découvre son homosexualité, il y a 30 ou 40 ans,
07:26il y en a plein qui faisaient des tentatives de suicide
07:27parce que ce n'était juste pas toléré par les parents.
07:29Aujourd'hui, c'est beaucoup mieux toléré, donc ça, c'est le bon côté.
07:33Le mauvais côté, c'est qu'on perd ce cadre.
07:36Et effectivement, chez certains jeunes, c'est plus difficile de se construire
07:39parce qu'on n'arrive pas à voir à quoi on peut s'identifier,
07:42comment on va se construire.
07:44Il faut se construire en tant qu'individu singulier, différent des autres, etc.
07:49Et puis, il y a ce qu'on appelle la comparaison ascendante.
07:52Sur les réseaux sociaux, on ne voit que des adolescents ou des jeunes qui sont fantastiques,
07:55qui ont une peau parfaite, qui sont bien musclées, etc.
07:59Et on n'est pas forcément pareil.
08:01Et donc, ça altère l'estime de soi.
08:04Oui, docteur Tattin, vous vouliez ajouter quelque chose ?
08:06Oui, il y a peut-être cette question de crise qui est à voir aussi dans son sens positif.
08:12C'est-à-dire qu'effectivement, il y a des adolescents qui vont mal,
08:15qui demandent des soins, qui font des passages à l'acte.
08:17Mais c'est vrai qu'il y a vraiment cette opportunité de se dire
08:20que c'est quelque chose qui sort de ce qui est caché.
08:23Et du coup, c'est une opportunité de le résoudre.
08:25Et on discutait tout à l'heure de cette évolution de notre société
08:29qui peut aussi aller vers du mieux, mais ça nous coûte quelque chose.
08:33Et j'ai envie de voir aussi, quand j'accompagne les jeunes, les adolescents,
08:38le fait que traverser une crise suicidaire, en fait, c'est se reposer des questions
08:42et choisir à nouveau sa vie.
08:44Il y a quelque chose de fort et de positif là-dedans.
08:47Alors, je suis allé chercher chez certains auteurs des définitions de l'adolescence.
08:53Françoise Dolto, une mutation douloureuse.
08:56Dolto toujours, comme une seconde naissance, mourir à l'enfant qu'on était.
09:01Et puis Winnicott, votre illustre confrère britannique, une mutation à haut risque.
09:08Est-ce que vous diriez que l'adolescence est le plus bel âge de la vie ?
09:12Et en tout cas, pourquoi est-ce que c'est une période que l'on n'oublie jamais,
09:17qui nous accompagne, dont on peut être, ça dépend des situations,
09:22mais souvent un peu nostalgique, qui suscite la mélancolie ?
09:26Quelle définition vous donneriez à l'adolescence ?
09:29Alors, le début de l'adolescence, c'est assez simple.
09:34Il est à peu près au même moment que la puberté,
09:37c'est-à-dire l'accès à la fonction de reproduction chez les humains.
09:39Mais l'adolescence, c'est le versant psychologique,
09:42c'est-à-dire c'est l'accès à la sexualité et à la jouissance.
09:45Et c'est pour ça qu'on s'en souvient,
09:47parce que dans la vie d'un être humain, ça n'est pas rien.
09:50Alors, la question de la fin de l'adolescence est une vraie question ouverte.
09:55Alors, chez les êtres humains et chez les orangs-outans,
09:59en fait, il y a un moment de la vie où le primate a accès à la fonction de reproduction,
10:06mais où la société lui interdit de se reproduire.
10:09Parce que, bien sûr, si vous avez une adolescente qui est enceinte à 14 ans,
10:13ça n'est pas une bonne nouvelle.
10:15Tout le monde est d'accord là-dessus.
10:16Et donc, chez le petit être humain,
10:19cette tension qu'il y a entre son corps,
10:22qui sait qu'il doit conduire à la reproduction,
10:26et ce que la société l'impose,
10:27eh bien, ça fait une tension.
10:29Et cette tension, ça donne des adolescents qui ne sont pas contents.
10:33Frustration.
10:34Voilà, frustration et volonté de sublimer avec des musiques un peu bizarres,
10:39un langage qui leur appartient, une façon de s'habiller,
10:42ils construisent leur microcosme entre eux, etc.
10:45Et puis, donc, le jour où la société dit,
10:48ben ok, t'es en master, tu bosses, etc.
10:51Ben, en fait, maintenant, tu peux rentrer dans la vie et te reproduire,
10:54ben, l'adolescence s'arrête.
10:55Alors, justement, cet empêchement social,
10:59et non pas biologique ou hormonal,
11:02comment est-ce que les adolescents vont le manifester,
11:07puisqu'ils ne peuvent pas, ils sont trop petits,
11:09pour se reproduire au regard de la société ?
11:12Alors, ça va se manifester comment,
11:13cette pulsion sexuelle, cette possibilité de jouissance ?
11:16Ils vont la manifester de quelle manière ?
11:19Alors, sur un plan psychologique ou biologique ?
11:21Ben, les deux, les deux. Allons-y.
11:23Alors, parce que, bien sûr, au même moment,
11:25effectivement, il y a des bouleversements hormonaux.
11:29D'ailleurs, on le voit en termes psychiatriques,
11:32chez l'enfant, donc avant 12 ans,
11:36le sexe ratio de la dépression est de 1,
11:38c'est-à-dire autant de garçons que de filles déprimées à l'école primaire.
11:41À partir de l'adolescence, le sexe ratio est de 3,
11:44c'est-à-dire 3 filles déprimées pour un garçon.
11:48Et alors, bien sûr, il y a une valence sociale,
11:53la pression, la normativité du corps de la femme, etc.
11:56Donc, il y a des explications sociologiques,
11:58mais il y a des explications biologiques.
11:59Le fait qu'à la puberté, il y a des oestrogènes,
12:03des progestérones qui baissent avant les règles,
12:06et ça, ça a un impact sur l'humeur.
12:08Et de la même façon, les garçons ont une montée de la testostérone,
12:10et ça a un impact sur l'humeur aussi.
12:12Oui, vous dites que ces hormones, ce sont de formidables anxiolytiques.
12:16Alors, des anxiolytiques ou, au contraire, des dépressogènes.
12:19Voilà, la chute des oestrogènes de la progestérone.
12:23C'est bien connu, ça fait le syndrome prémenstruel.
12:25Il y a une symptomatologie d'allion dépressive.
12:28Et si vous êtes vulnérable par ailleurs à la dépression,
12:30ça peut déclencher un état dépressif.
12:33Alors, on va parler dans un instant du cerveau,
12:35mais sur le biologique, sur ce réveil des hormones,
12:39qu'est-ce que vous avez...
12:41C'est effectivement ça qui, scientifiquement, définit l'adolescence,
12:44c'est-à-dire l'accès à la reproduction,
12:47ce déferlement hormonal.
12:49Oui, il y a aussi l'interaction des hormones avec le cerveau,
12:52et du coup, on passe d'un cerveau enfant,
12:54qui est très riche, en fait, en connexion neuronale,
12:57avec beaucoup de synapses.
12:58Il y aura, au moment de l'adolescence, en fait,
13:00tout un remaniement de cette organisation qui était stable.
13:03Et puis, elle va devenir plus efficiente, plus efficace,
13:06mais à la fois, elle va être progressive.
13:09Et du coup, la partie du cerveau qui permet de gérer l'action
13:14et d'avoir un contrôle inhibiteur est celle qui sera la dernière à maturer.
13:18Donc, il y a aussi tous ces écarts et ces à-coups
13:21qui peuvent être induits par les hormones sur le fonctionnement cérébral
13:26et la gestion des émotions et du comportement.
13:29Avec tout un tas de transformations qu'on connaît bien,
13:32la voix qui mue chez les garçons, les seins qui poussent chez les filles,
13:36les poils qui envahissent certaines parties du corps.
13:39Et ça, ça a un impact.
13:40Les ados, souvent, ne savent pas quoi faire de leur corps,
13:43qu'ils ne reconnaissent plus.
13:45Bien sûr, quand on prend 10 à 20 centimètres en quelques années,
13:48on appelle ça une modification du schéma corporel.
13:51Quand on se voit dans la glace et qu'on ne se reconnaît pas,
13:54c'est quelque chose d'extrêmement fort dans la vie d'un être humain.
13:58Alors, tout démarre dans le cerveau, dans l'hypothalamus précisément.
14:03Alors, Winnicott disait une mutation à haut risque.
14:05Et vous, docteur Teta, vous dites un grand remaniement cérébral.
14:10On n'est pas très loin d'ailleurs dans la définition.
14:13Que se passe-t-il dans le cerveau des adolescents ?
14:16Professeur Falissard, vous pourrez aussi nous l'expliquer,
14:18mais chacun votre tour.
14:19Que se passe-t-il d'un point de vue neurologique ?
14:22Dans la tête des adolescents.
14:25Qui commence à...
14:26C'est 13 ans à peu près le début de l'adolescence, c'est ça ?
14:2813 ans, on peut...
14:29Oui, ça peut commencer un petit peu avant.
14:32C'est vrai que c'est un âge qui a tendance à se décaler vers le bas actuellement,
14:36avec possiblement peut-être une meilleure nutrition,
14:39et des événements, peut-être une influence aussi des polluants hormonaux.
14:45Et comme je disais tout à l'heure, en effet, il y a vraiment cette nouvelle expérience dans le cerveau,
14:51puisque alors qu'il y a un réseau qui est très riche, mais qui du coup est diffus,
14:55il va y avoir une augmentation de l'efficacité par la simplification des synapses,
15:01donc des communications entre les neurones.
15:03Il va y avoir, selon les expériences que les adolescents font,
15:07en fait, certaines autoroutes qui vont exister.
15:09C'est donc vraiment un gain en vitesse.
15:11L'adolescence, effectivement, c'est le moment où la vie s'accélère
15:14et où les compétences, en fait, s'affirment dans une grande...
15:19Voilà, de grandes compétences et de rapidité.
15:20Alors, en même temps, il y a l'impulsivité, l'instabilité
15:24et le fait qu'ils deviennent aussi un petit peu hyposensibles.
15:27Donc, ils ont besoin de chercher des émotions, des événements plus forts
15:32pour pouvoir arriver au même ressenti.
15:35Donc, c'est ça qui peut être très surprenant pour un adulte
15:39parce qu'on va avoir des jeunes qui sont capables de faire très vite,
15:43mais qui vont beaucoup moins planifier.
15:45Donc, ça peut faire une grande tension avec l'environnement adulte
15:49parce que l'adolescent va souvent prendre beaucoup plus de temps,
15:54attendre la dernière minute pour agir ou minimiser le risque
15:58puisqu'il ressent moins fort.
16:00Donc, c'est vrai que c'est important aussi d'avoir ces éléments-là
16:03pour accompagner ces adolescents parce que c'est pas quelque part
16:07de la fédientise ou de la mauvaise volonté.
16:09C'est en fait une nouvelle organisation
16:12et ils doivent faire avec ces données-là.
16:15Mais c'est une force aussi.
16:17Alors, mutation du système limbique,
16:19m'expliquez-vous, professeur Falissard,
16:21au détriment du cortex préfrontal.
16:24Alors, ça veut dire quoi dans les effets ?
16:27Oui, alors, il faut toujours se méfier un petit peu
16:29quand on fait un lien entre ce qui se passe dans le cerveau
16:32et ce qui se passe dans la vie psychique d'un être humain.
16:34Ces liens existent, bien sûr, mais aujourd'hui,
16:38souvent, les interprétations sont un peu abusives.
16:40Néanmoins, après avoir pris ces précautions,
16:42il y a un relatif consensus pour dire effectivement
16:46ce que tu viens de dire tout à fait
16:48et que ces remaniements, en fait, ne sont pas synchrones
16:52entre les parties superficielles du cerveau,
16:55notamment le cortex préfrontal,
16:57où c'est là qu'on a notre raison,
17:00notre façon de penser et d'anticiper,
17:04d'anticiper, d'être sage.
17:06On peut appeler ça comme ça.
17:07Et puis, les zones plus profondes,
17:08donc le système limbique, en particulier les abydales,
17:10qui sont plus sur la vie émotionnelle,
17:13avec de l'impulsivité, etc.
17:15Et en fait, le système limbique mature plus vite
17:18que le cortex frontal.
17:19Comme le disent les neurobiologistes,
17:21un adolescent, en fait,
17:22on lui donne la pédale d'accélérateur
17:24sans la pédale de frein.
17:26Et ça correspond à peu près à ce qu'ils sont.
17:28Et donc, il faut attendre quelques années
17:31pour que le cortex frontal mature
17:32et que la pédale de frein existe aussi
17:34et qu'on puisse s'engager dans une vie un peu apaisée.
17:37Et alors, les effets, quand même,
17:38dans le comportement, la vie psychique,
17:40ce serait, le docteur Tétard le rappelait à l'instant,
17:43une prise de risque plus grande,
17:45moins de conscience du danger,
17:47la recherche de sensations fortes,
17:49de plaisirs immédiats,
17:51une forme d'insouciance.
17:52C'est ça qui...
17:53Ça se traduirait comme ça,
17:55ces mutations neurologiques ?
17:57Oui, bien sûr.
17:58Alors, bien sûr,
18:00le fait d'avoir une vie émotionnelle plus forte
18:02et d'avoir moins de réflexivité,
18:06de réflexion,
18:07pour pouvoir freiner cette recherche
18:09de vie émotionnelle,
18:10ça va conduire vers le rachage de sensations.
18:12Mais là, on biologise.
18:13Mais il faut voir aussi que
18:14l'adolescence, c'est l'apprentissage
18:17d'une vie autonome,
18:18donc, c'est rechercher l'autonomie,
18:21donc la prise de risque.
18:22Et donc, il n'y a pas que la biologie,
18:24c'est vraiment un ensemble
18:24qui fait que l'adolescent,
18:26par construction,
18:27va prendre des risques.
18:28Mais la bonne nouvelle,
18:29c'est que nos adolescents d'aujourd'hui
18:31prennent moins de risques
18:32que les adolescents d'il y a 30 ans.
18:33Il y avait beaucoup plus d'accidents de la route,
18:36beaucoup plus de conduite à risque en général,
18:39en particulier,
18:40la prise de préservatifs.
18:41Donc, là aussi,
18:42ça ne va pas mal qu'avant.
18:44Alors, on observerait une diminution
18:46de matière grise
18:47et une augmentation
18:48de matière blanche
18:49dans ce remaniement.
18:51Est-ce que vous confirmez ?
18:54Et qu'est-ce que ça veut dire ?
18:56Peut-être que oui,
18:58la matière blanche,
18:59c'est vraiment pour pouvoir aller plus vite.
19:01C'est la partie communication.
19:02Et du coup, il y a une diminution
19:04du nombre des synapses
19:05et des neurones,
19:06mais pour aller vraiment sélectionner
19:08ceux qui sont utiles, opérants.
19:10et quelque part,
19:12c'est un peu comme si dans une forêt,
19:14on faisait un peu des lagages,
19:15on navigue beaucoup plus vite.
19:18Donc, c'est vrai que ce que vous décrivez,
19:20c'est ce qu'on verrait à l'imagerie,
19:21en fait, au fil du temps,
19:23chez un adolescent qu'on suivrait.
19:25Alors, de manière très péjorative,
19:27on dit souvent que l'adolescence,
19:29c'est aussi l'âge bête,
19:30avec des formules qu'on ne comprend pas,
19:33des attitudes un peu pataudes.
19:36D'où ça vient, cette expression ?
19:37C'est tout sauf un âge bête,
19:39si j'ai bien compris.
19:40C'est l'âge des grands remaniements,
19:41des grandes transformations,
19:42d'une forme d'idéalisation.
19:44Pourquoi est-ce qu'on dit ça ?
19:46Alors, moi, je...
19:48D'abord, effectivement, c'est faux.
19:50Oui.
19:50C'est factuellement faux.
19:52Oui.
19:52Après...
19:53On a beaucoup à apprendre de nos ados.
19:55Ben, vous savez,
19:56je pense qu'on est jaloux des adolescents.
19:59Que nous ne sommes plus.
20:00Ben oui,
20:01parce que, soyons honnêtes,
20:04le corps d'un être humain,
20:06il est le plus beau
20:07entre 16 ans et 25 ans.
20:10C'est là que...
20:11D'ailleurs, la nature le fait exprès.
20:13Si c'est le moment où on doit se reproduire,
20:15c'est le moment où le corps
20:16est dans son épanouissement total.
20:21Et donc, quelque part,
20:22on les a envie d'avoir cette énergie,
20:25cette libido, etc.
20:27Et donc, on leur trouve plein de défauts.
20:29On les traite de crétins en ce moment,
20:31etc.
20:31parce qu'ils sont sur TikTok et compagnie.
20:33Je ne dis pas que c'est forcément
20:35tout ça et très bien,
20:36mais ils ne sont pas comme on dit qu'ils sont.
20:39Oui, moi, j'y voyais aussi la question
20:40que pour l'adulte, l'adolescent émerge
20:45et devient plus autonome
20:47et, quelque part, vient essayer
20:50de trouver ses manières de communiquer
20:52pour se démarquer du langage de l'adulte.
20:56Et du coup, il y a une grande liberté
20:58du côté de l'adolescent.
20:59C'est ce langage qui est entre ados,
21:02qui exclut l'adulte.
21:04Et peut-être là, on est souvent
21:06un petit peu vexé.
21:07Et en même temps,
21:09il y a vraiment cette prise de pouvoir
21:11et cette puissance adolescente.
21:14Donc, je rejoins mon collègue.
21:15En effet, on est un peu, sans doute,
21:17jaloux d'être exclus comme ça,
21:18tout d'un coup,
21:19alors que l'enfant écoutait
21:20et puis communiquait en nous copiant.
21:23Alors, effectivement,
21:25c'est tout à fait le sens de ma question.
21:27L'instinct, il y a des comportements, quand même,
21:30un peu, qui peuvent nous désarçonner.
21:31Cet instinct grégaire,
21:33cette nécessité d'être ensemble,
21:37mais pas avec les adultes,
21:39des signes vestimentaires,
21:41une forme de langue.
21:42Je ne comprends pas ce que tu me dis,
21:43c'est gênant.
21:44Enfin, voilà, il y a, chez les adolescents,
21:47des signes distinctifs comme ça,
21:49comme s'ils voulaient aussi nous faire comprendre
21:51que nous n'étions pas tout à fait de leur monde
21:54ou nous n'étions plus tout à fait de leur monde.
21:57Il me semble qu'il y a quelque chose
21:58qui se partage, en effet, entre adolescents
22:00pour pouvoir s'affirmer
22:02et s'affirmer en groupe,
22:03avoir un nouveau sentiment d'appartenance
22:05et pouvoir se décaler.
22:09Oui, c'est-à-dire, bon,
22:10les humains sont des primates
22:14avec un niveau de sociabilité
22:16extrêmement important.
22:18Et donc, ça, ça s'apprend.
22:20Et parce qu'un enfant,
22:22sa socialisation,
22:23il l'a avant tout avec ses parents.
22:25Et il l'a dans la cour de récréation,
22:26mais ses parents structurent sa socialisation.
22:29L'adolescent apprend à construire sa socialisation
22:31et donc il va l'apprendre
22:32en construisant son microcosme.
22:34Ils apprennent leur socialisation entre eux.
22:37Et c'est pour ça qu'ils sont, en fait,
22:38beaucoup plus normés que nous, par exemple,
22:40en termes de tenues vestimentaires,
22:42en termes de réseaux sociaux
22:44sur lesquels il faut aller,
22:45et en termes de musique qu'il faut écouter.
22:48Il y a des normes très strictes
22:49qui construisent leur socialisation
22:51et donc ils nous mettent à l'écart.
22:53Alors, la relation aux parents,
22:55c'est l'âge d'un profond paradoxe,
22:58m'expliquez-vous, docteur Tétard,
23:00à la fois avec un besoin viscéral
23:02de se détacher, de s'affranchir,
23:06et en même temps, un besoin des parents,
23:09une tension entre une forme
23:10de dépendance infantile
23:11et d'indépendance adulte.
23:15Et vous aviez cette belle formule,
23:16les parents doivent rester
23:17un port d'attache,
23:19un phare dans la nuit,
23:21être présent sans trop en faire.
23:23Alors, justement,
23:23comment agir avec nos ados
23:28et comment gérer ce paradoxe ?
23:31Ils ont besoin de nous,
23:32mais en même temps,
23:33ils nous rejettent un peu
23:34d'une certaine manière.
23:34Oui, et comment accepter le rejet,
23:38quelque part ?
23:39Je crois que, comme à chaque étape
23:40de la vie,
23:41il y a beaucoup à apprendre
23:42dans l'acceptation
23:43de qui sont nos enfants,
23:45nos adolescents,
23:46et ensuite,
23:47comment ils deviennent adultes.
23:49Et c'est vrai que c'est une nouvelle place
23:52à trouver pour les parents,
23:54puisque, quelque part,
23:54ils sont plus libres
23:55d'être moins sollicités,
23:57mais symboliquement,
23:58ils peuvent être sollicités
24:00sur leurs angoisses,
24:01sur leurs inquiétudes,
24:02sur leurs préoccupations.
24:04Et comment oser laisser sortir
24:07le jeune dans un monde
24:08où il y a des risques ?
24:09Donc, il s'agit pour les parents aussi
24:11de pouvoir être rassurés eux-mêmes
24:15par rapport à ces risques.
24:16Donc, il y a de se rassurer
24:17d'une manière positive aussi,
24:20c'est-à-dire faire confiance
24:21à l'adolescent sur la manière
24:22dont il va pouvoir rentrer en relation,
24:24mais aussi rencontrer, finalement,
24:26ces relations avec qui il va partir
24:28une semaine en camping.
24:29Il s'agit de les rencontrer avant,
24:31d'aider à construire
24:33une sécurité sans empêcher.
24:36Et peut-être, je disais là,
24:37partir en camping,
24:38partir en soirée,
24:39donner des ouvertures
24:41pour que l'adolescent puisse solliciter
24:44au moment où il en a besoin.
24:45C'est-à-dire qu'on le laisse aller
24:47jusqu'à tout ce qu'il peut faire tout seul
24:50et qu'on puisse aussi autoriser
24:52une chute contrôlée.
24:54Il y a une ligne de crête à tenir.
24:57C'est votre expression.
24:58Qu'est-ce que vous voulez dire par là ?
24:59Et quel conseil vous pourriez nous donner
25:00pour mieux gérer nos ados ?
25:04Alors, d'abord, cool,
25:07un parent parfait, ça n'existe pas.
25:09C'est mauvais signe, d'abord,
25:11quand on est un parent parfait.
25:12Ça n'existe pas.
25:14Il faut être un suffisamment bon parent.
25:17Voilà.
25:17Premier point.
25:19Deuxième point,
25:20c'est normal que vos ados vous énervent.
25:23C'est normal, c'est comme ça,
25:25tout est fait pour ça.
25:26Parce qu'en fait,
25:27c'est un moment de la vie
25:27où normalement ils doivent partir
25:29et donc s'ils nous énervent,
25:30c'est fait pour que,
25:32ben oui, allez.
25:33Sauf qu'aujourd'hui,
25:34il faut qu'ils vivent avec nous
25:35encore 5 ou 10 ans.
25:38Et donc, prenez sur vous.
25:40C'est-à-dire, sachez que
25:42au moment où vous vous dites
25:43mais j'en ai marre, etc.
25:45Non, c'est normal.
25:47C'est normal.
25:47Et en fait,
25:48il ou elle a besoin de moi.
25:50Il ou elle a besoin de moi
25:51comme un phare dans la nuit.
25:53Il faut que je sois là,
25:55serein,
25:56avec une possibilité d'écoute.
25:59Même s'il me donne l'impression
26:01de ne pas avoir envie de me parler,
26:03c'est pas vrai.
26:04Il a besoin de vous parler.
26:05Il faut attendre le bon moment.
26:06Dans la voiture,
26:07quand on l'amène au judo
26:08ou quelque part,
26:09ben là, on peut dire
26:10tiens, j'ai remarqué que,
26:12etc.
26:13Peut-être qu'on peut en parler.
26:15Voilà.
26:15Il faut être là,
26:16tendre la perche.
26:17Et puis, effectivement,
26:18par moment,
26:19mettre des limites.
26:20Parce qu'il faut mettre des limites.
26:22Quand on recherche l'autonomie,
26:23c'est pas non plus n'importe quoi.
26:25Oui, c'est une autonomie progressive.
26:28Alors, vous dites,
26:30vous aimez aller un petit peu
26:32à contre-courant de ce qu'on dit.
26:33Les ados sont plus faciles,
26:35plus sympas aujourd'hui,
26:36plus simples,
26:37d'une certaine manière,
26:38qu'autrefois,
26:39moins rebelles.
26:42Oui, oui,
26:42il y a des données là-dessus.
26:43Oui.
26:43Il y a des données,
26:45il y a des études transversales répétées
26:47qui évaluent les profils de personnalité
26:49des adolescents sur 20 ou 30 ans
26:51en termes d'agréabilité,
26:53d'ouverture,
26:54de conscientiosité,
26:55de névroticisme,
26:56etc.
26:56Et globalement,
26:57les profils des adolescents
26:58sont plus agréables aujourd'hui
27:00qu'il y a 20 ou 30 ans.
27:01Il n'empêche que certains vaut mal
27:03et vos consultations sont là
27:05pour les aider.
27:07Alors, faisons un petit peu de clinique.
27:10Quelles sont les différentes situations
27:11que vous rencontrez ?
27:13On peut peut-être déjà parler
27:14un petit peu des addictions.
27:16Elles ont changé.
27:18Moins d'alcool,
27:19moins de cannabis,
27:20peut-être plus de drogue de synthèse,
27:23surconsommation de psychotropes.
27:24Qu'est-ce que vous constatez
27:27dans vos cabinets ?
27:31Oui, donc comme je le disais,
27:33alcool, tabac, cannabis
27:34sont en baisse.
27:36Alors, oui, il y a le NO2,
27:40le 4MMC, etc.,
27:41les drogues de synthèse,
27:43les cannabis de synthèse, etc.
27:44Mais c'est quand même
27:45sur un petit pourcentage
27:46et quand même,
27:47ils sont un peu plus âgés.
27:48Alors, je ne parle pas de la cocaïne.
27:50La cocaïne, vous savez
27:51qu'il y a une épidémie
27:52de prise de cocaïne en France
27:53en ce moment.
27:53Mais ce n'est pas pour les adolescents.
27:55C'est pour ceux qui sont
27:56un peu plus âgés.
27:58Pour les adolescents attardés, peut-être.
27:59Oui, c'est ça.
28:01Alors, après,
28:01il y a la question
28:02de l'addiction aux écrans
28:05qui est une vraie question.
28:08Vous savez que
28:09dans les nomenclatures internationales,
28:11on hésite à prononcer
28:12le mot addiction
28:13parce qu'on n'est pas addict
28:15à TikTok
28:16comme on est addict
28:17à la cocaïne.
28:17Ce n'est quand même
28:18pas la même chose.
28:19Néanmoins,
28:20il y a des situations cliniques
28:21où il y a des jeunes
28:22qui passent six heures
28:24sur TikTok par jour
28:25et qui ne peuvent pas s'empêcher
28:26et qui souffrent.
28:27Et c'est surtout ça,
28:27le problème.
28:28C'est qu'ils souffrent
28:28de ne pas pouvoir arrêter.
28:31Donc, oui,
28:31c'est un souci.
28:33Mais à choisir,
28:34vous savez,
28:35quitte à interdire
28:36quelque chose en France,
28:37moi, je préférais
28:38qu'on interdise le tabac
28:39aux jeunes
28:39plutôt que les écrans.
28:40Les tabacs tuent
28:41des dizaines de milliers
28:42de personnes
28:43tous les ans.
28:44Et on commence
28:45à l'adolescence,
28:46le tabac.
28:47Sur les écrans,
28:48je sais que c'est un sujet
28:49qui vous passionne.
28:49Ça pourrait faire un débat en soi,
28:51mais deux mots quand même
28:52là-dessus.
28:53Oui,
28:53de pouvoir discerner
28:54quand est-ce que les écrans
28:56peuvent servir,
28:58être des outils,
28:59comme on le disait tout à l'heure,
29:00être des opportunités
29:01de socialisation.
29:03Et puis,
29:03les moments,
29:04en fait,
29:04où ils viennent combler
29:06et cacher quelque chose
29:07de la souffrance.
29:08Et à ce moment-là,
29:09ils vont contribuer
29:10plus à un enfermement
29:11et ils peuvent avoir,
29:13par ce plaisir à court terme,
29:15ils vont continuer
29:16d'inhiber la possibilité
29:17de recherche vers l'extérieur
29:20pour ce qui est
29:20plutôt des ados.
29:23Et c'est vrai
29:23qu'il y a cette ambivalence.
29:25C'est un espace,
29:27l'espace numérique,
29:28en fait,
29:28qui est complexe.
29:31C'est-à-dire qu'il y a
29:31des espaces de sécurité,
29:33de découverte,
29:34de rencontre.
29:35Et puis,
29:35il peut y avoir
29:36des espaces plus obscurs,
29:38de prise de risque,
29:40notamment toutes les insultes
29:42ou toutes les violences
29:44qui peuvent se passer
29:45par ce biais-là.
29:47Donc,
29:47il s'agit de voir
29:49que ce n'est pas tout blanc
29:50ou tout noir,
29:51effectivement,
29:52mais qu'il y a nécessité
29:53absolument d'en parler.
29:55C'est-à-dire que
29:55c'est peut-être nouveau,
29:56on pourrait dire,
29:57dans la consultation,
29:59parce que quand j'ai commencé
30:00mes études,
30:01il n'y avait pas encore
30:02de smartphone.
30:02Donc,
30:03il n'y avait pas cet espace-là.
30:05Et maintenant,
30:06c'est vrai que c'est une question
30:06à poser finalement
30:07aux jeunes.
30:09Qu'est-ce qui se passe
30:10sur ton smartphone ?
30:11Qu'est-ce qui t'intéresse ?
30:12À quoi tu t'occupes ?
30:13Et c'est vraiment
30:14un espace d'attention
30:16et d'exploration
30:17qui est très important.
30:19Parce qu'il peut se passer
30:20de très belles choses
30:21et puis ça peut être
30:22des lieux de souffrance aussi.
30:25Autre trouble,
30:26mais nous ne sommes pas
30:26très loin à des addictions
30:27où l'addiction vaut rien
30:28ou l'addiction vaut trop plein,
30:31ce sont les troubles alimentaires.
30:32Ça aussi,
30:34ce sont des maladies.
30:36Je pense à l'anorexie,
30:37la boulimie
30:37qui touchent,
30:38qui frappent en particulier
30:40les adolescents
30:41et c'est très difficile
30:43d'en sortir
30:44et ça peut parfois,
30:45malheureusement,
30:46se terminer
30:47de manière tragique.
30:49Avec là,
30:50dans mon expérience
30:51de consultation,
30:52en effet,
30:52le fait que
30:53ces troubles
30:54du comportement alimentaire
30:55arrivent plus souvent
30:56chez la jeune fille,
30:58beaucoup plus,
30:58un pour dix à peu près,
31:00voire un sur vingt.
31:01Et c'est actuellement,
31:03ce qu'on peut observer,
31:04c'est qu'il y a des formes
31:05pré-pubères aussi.
31:06Donc,
31:06avec la puberté
31:07qui peut commencer
31:08d'une phase pré-adolescente
31:10vers huit, neuf ans,
31:11c'est vrai que ce sont
31:11des troubles
31:12qui peuvent survenir
31:13plus tôt.
31:15Le service universitaire
31:16ici à Nice
31:17a aussi observé
31:18qu'il y avait
31:18cette part post-traumatique,
31:20c'est-à-dire que
31:20dans l'après-coup
31:21de l'attente à Nice,
31:23il y a eu
31:23une recrudescence
31:26de troubles
31:27du comportement alimentaire,
31:28de type anorexique
31:29notamment.
31:30Et il y a cette question
31:31possiblement
31:32du contrôle,
31:34de reprendre
31:35le pouvoir sur la vie,
31:37de maîtriser
31:37quelque chose
31:38qui pourrait être
31:39peut-être une piste.
31:41Et puis,
31:43en tout cas,
31:43c'est important
31:44cet aspect,
31:45comme le disait
31:46Bruno Falissard
31:47tout à l'heure,
31:48il y a cet aspect aussi
31:48du corps adolescent
31:50qui peut être idéalisé,
31:52il peut y avoir
31:53la pression
31:53à travers les médias,
31:55les réseaux sociaux.
31:57et c'est aussi
31:58une manière
31:58pour l'adolescent
32:00d'exprimer,
32:01de gérer
32:02cette pression-là.
32:04C'est une prise
32:04en charge difficile,
32:05les troubles
32:06du comportement alimentaire,
32:07non ?
32:08Il n'y a pas
32:09de protocole miracle.
32:11Non,
32:11il n'y a pas
32:12de protocole miracle.
32:13Et d'ailleurs,
32:13ce qu'on dit
32:15aux jeunes collègues
32:16quand ils commencent
32:17à s'occuper
32:17de patientes
32:18qui ont une anorexie mentale,
32:19il faut apprendre l'échec.
32:21Ça va rater une fois,
32:23deux fois,
32:24trois fois,
32:24quatre fois.
32:25Et à la sixième fois,
32:26ça marchera.
32:27Avec la même
32:28jeune patiente,
32:29vous voulez dire ?
32:30Avec la même patiente.
32:30Oui.
32:30Avec la même patiente.
32:31Il y a toujours
32:31des rechutes,
32:32etc.
32:33Mais vous voyez,
32:34on a souvent tendance
32:36à penser
32:36que les troubles psychiatriques,
32:38c'est grave,
32:39etc.
32:40Mais enfin,
32:40c'est quand même pas pareil
32:41qu'un cancer.
32:42Une patiente anorexique
32:44hospitalisée,
32:45son pronostic vital
32:46est le même
32:47qu'une patiente
32:48du même âge
32:48qui a une maladie
32:49de Hodgkin
32:49qui est une forme
32:50de leucémie.
32:52Donc l'anorexie mentale,
32:53dans ses formes sévères,
32:54c'est une maladie
32:55gravissime
32:56qui met en jeu
32:56le pronostic vital.
32:58Et l'adolescence,
33:00la fin de l'adolescence,
33:01c'est aussi malheureusement
33:02pour certains sujets
33:03l'entrée dans la psychose,
33:05dans la schizophrénie.
33:06C'est aussi
33:07à cet âge clé
33:09que les choses se passent.
33:12est-ce qu'il y a des signes
33:14qui doivent alerter ?
33:15Est-ce qu'on peut
33:16empêcher cette entrée ?
33:19C'est une question,
33:20j'imagine,
33:21difficile,
33:21mais qu'est-ce qu'on peut
33:22en dire ?
33:23Oui,
33:23nous avons partagé,
33:24je crois d'ailleurs,
33:25un moment
33:25au dernier congrès européen
33:27sur la complexité
33:28de pouvoir identifier
33:29en fait
33:30des facteurs prédictifs,
33:32de savoir qui
33:32va devenir
33:35psychotique
33:35à l'âge adulte,
33:36parce qu'il y a
33:37effectivement
33:38des moments
33:38psychotiques
33:39à l'adolescence
33:40qui est une période
33:41de vulnérabilité,
33:42mais qui ne sont pas
33:43forcément
33:45des indices suffisants
33:46pour savoir
33:48s'il va y avoir
33:49un trouble effectif
33:50à l'âge adulte
33:51et ce qui ne résumerait pas,
33:53qui ne permettrait pas
33:54de trouver non plus
33:55l'ensemble des personnes
33:56qui auront ce type
33:58de difficultés
33:59à l'âge adulte.
34:00Donc,
34:01c'est vrai que
34:01c'est une période
34:03où j'aime bien
34:04accompagner les jeunes
34:05sans jamais enfermer
34:07dans un diagnostic,
34:08parce que c'est une période
34:09de grands changements
34:11et que ce changement
34:13peut être
34:14à certains moments
34:15pourvoyeur d'expériences
34:16extrêmes,
34:17comme des moments
34:18psychotiques,
34:19mais qui ne signifie
34:20pas forcément
34:21si le jeune arrive
34:22à se restructurer ensuite
34:23que ça va perdurer.
34:24Ce sera peut-être
34:25une certaine vulnérabilité,
34:26mais je crois
34:27qu'en effet,
34:28le moment adolescent
34:31est très singulier
34:32et il est important
34:34autant d'accompagner
34:35l'adolescent,
34:35parce que parfois,
34:36j'ai des parents
34:36qui disent
34:37« bon,
34:38c'est juste l'adolescence,
34:39il est enfermé
34:40dans sa chambre
34:40toute la journée,
34:42il ne voit plus ses copains,
34:43c'est l'adolescence ».
34:44Non,
34:45la souffrance,
34:46il est important
34:47de la mesurer,
34:48mais peut-être aussi
34:49de voir que c'est un moment
34:51où il y a encore
34:51beaucoup de changements
34:52à venir
34:53et que c'est une période
34:54de malléabilité.
34:56Mais la malléabilité,
34:57elle est d'autant meilleure
34:58qu'il y a de l'aide
34:59et qu'il y a de l'ouverture,
35:00il me semble.
35:02Oui,
35:02professeur Falissa,
35:03vous voulez dire un mot
35:03là-dessus sur la psychose,
35:05la différence entre épisode psychotique,
35:07si je vous ai bien compris,
35:08et puis véritable entrée
35:10dans la maladie ?
35:13On a des statistiques,
35:15on a des données là-dessus ?
35:17Les statistiques déjà disent
35:19qu'on a dit des bêtises avant.
35:22Par définition,
35:24avant,
35:24la schizophrénie
35:25était une maladie
35:26qu'on avait à vie.
35:27Or,
35:28comme vient de le dire Anne,
35:29en fait,
35:30la plupart des premiers épisodes,
35:31enfin,
35:32pas la plupart,
35:32un bon nombre
35:33de premiers épisodes psychotiques
35:35ne conduit pas
35:36à une pathologie
35:37à vie.
35:39C'est faux.
35:40Donc ça,
35:40c'est important de le dire
35:41parce que ça donne des espoirs
35:43aux familles
35:43et aux patients.
35:45Après,
35:46je pense que
35:47la psychose
35:48et la schizophrénie,
35:49c'est encore un grand mystère.
35:50C'est le fait que...
35:51Alors,
35:52bien entendu,
35:52il y a aussi l'usage de substances
35:53aujourd'hui,
35:54le fait de prendre de la cocaïne.
35:56Donc,
35:56ce petit pourcentage
35:57d'adolescents
35:58très consommateurs de substances,
36:00là aussi,
36:01ce sont des facteurs de risque
36:02de décompensation psychotique.
36:04Je ne sais pas du tout
36:05où on en est
36:05aux questions timing.
36:06J'aurais peut-être
36:07une dernière question.
36:08Une dernière question
36:10à poser à nos invités
36:10avant de faire circuler
36:12la parole dans la salle.
36:13Vous êtes tout à fait
36:14d'accord là-dessus.
36:15Vous nous dites
36:16au-delà des traitements,
36:18au-delà des prises en charge,
36:19il y a l'impérieuse nécessité
36:21de faire,
36:23pardon,
36:24société,
36:24de redonner du sens.
36:26Et ça,
36:27ça ne concerne pas seulement
36:28les ados,
36:29mais ça concerne
36:31essentiellement les ados.
36:31En tout cas,
36:32qu'est-ce que vous voulez dire
36:33par là ?
36:36Alors,
36:38il y a une tentation
36:40aujourd'hui
36:42à considérer
36:43que les sciences
36:44de la nature
36:45pourraient,
36:46à elles seules,
36:47expliquer
36:47ce qui se passe
36:49dans le psychisme humain
36:50et ce qui se passe
36:51dans une famille,
36:52ce qui se passe même
36:52dans la société.
36:54Eh bien,
36:54ça conduit quelque part
36:56à une perte de sens
36:57parce que ça n'est pas vrai,
36:58parce que vous êtes tous
36:59dans des familles
37:00et vous devez savoir
37:01que dans une famille,
37:03les relations,
37:04c'est compliqué.
37:05Et c'est vrai
37:05dans toutes les familles.
37:06Et on a du mal
37:07à l'expliquer
37:09avec un raisonnement
37:10scientifique carré
37:11et que donc,
37:12dans notre métier,
37:13on est obligé,
37:15quand on est avec des familles,
37:16de faire appel
37:17à d'autres savoirs
37:18qui peuvent être
37:19la sociologie,
37:20l'anthropologie,
37:21la psychanalyse.
37:22Je sais bien
37:22qu'aujourd'hui,
37:23il faut se laver la bouche
37:24avec du savon
37:25une fois qu'on a prononcé
37:26ce mot,
37:27mais c'est la réalité.
37:28On a besoin
37:29de construire du sens
37:30et le sens,
37:31ça vient
37:32de la culture,
37:34des lectures,
37:35des auteurs,
37:35de la littérature.
37:37Des sciences humaines.
37:38Des sciences humaines
37:39et même de la littérature.
37:40Voilà.
37:41N'hésitons pas.
37:41Il faut faire ceci,
37:42c'était votre formule,
37:44docteur Teta.
37:45Juste un mot là-dessus.
37:47Oui, peut-être
37:47cette question
37:48où je rejoins
37:49Bruno Palissard
37:50sur le risque
37:52de perte
37:53de la transcendance
37:54si on s'arrêtait
37:56à quelque chose
37:56de très
37:58neurocognitif.
37:59En fait,
37:59c'est très important
38:00parce que nous sommes incarnés
38:02avec un cerveau
38:04et il est important
38:04qu'on puisse savoir
38:05quelles sont ses possibilités,
38:07ses limites,
38:07comment ils fonctionnent,
38:08mais qu'on existe
38:10au-delà
38:10de ce simple cerveau
38:12et que
38:14cet accès
38:14à la transcendance
38:15n'a pas à être
38:16oublié.
38:18Merci à vous.
38:19On peut vous applaudir,
38:19je crois.
38:20Ah oui.
38:20Merci beaucoup.
38:25Merci pour cette séquence
38:28particulièrement riche
38:29et donc nous allons
38:29prendre la première question.
38:31Madame,
38:31on vous écoute.
38:32Bonjour,
38:33merci pour votre intervention.
38:35Je voulais savoir,
38:37vous parliez à un moment
38:37de la pré-adolescence.
38:40Est-ce qu'elle est définie
38:41d'un point de vue biologique ?
38:43Vous parlez notamment
38:45du début de l'adolescence
38:46d'un point de vue du cerveau.
38:47Est-ce que vous arrivez
38:48à le définir
38:49ou est-ce que c'est
38:50notre définition ?
38:53Oui,
38:53sur le côté biologique,
38:56c'est qu'effectivement,
38:57il est possible
38:57qu'il y ait un réveil hormonal
38:59un peu plus précoce
39:01et donc,
39:02chez les adolescents,
39:04ça commence quand même
39:05par le changement
39:06de comportement
39:07qui est actuellement
39:08vers le CM1,
39:09CM2.
39:09Il commence à y avoir
39:11plus d'oppositions
39:12des caractères adolescents
39:14qui apparaissent
39:15à cet âge-là
39:17et qui effectivement
39:18correspondent
39:18à l'activation hormonale.
39:21Ce sont des questions
39:22qui sont statistiques,
39:23donc ce n'est pas forcément
39:24vrai pour chaque individu,
39:26mais il peut y avoir
39:26une tendance
39:28avec l'âge des règles
39:30qui va être plus précoce
39:32chez les petites filles.
39:33Elles ne vont pas
39:33toutes être réglées
39:34en sixième,
39:35mais c'est la moyenne
39:36qui va changer.
39:37Il y a toujours
39:38cette attention
39:39entre l'individuel
39:41et la statistique.
39:43Merci beaucoup.
39:44Nous avons une autre question.
39:46Là-haut,
39:46Madame,
39:47on vous écoute.
39:47Merci pour vos interventions.
39:49J'avais un mot
39:50sur l'adolescence
39:51qui est aujourd'hui
39:52un terme
39:52qui se propage
39:54de plus en plus.
39:55Quel est votre retour
39:55sur ce phénomène ?
39:58Est-ce que vous constatez
39:59des mêmes mécanismes
40:01qui s'étendent
40:02à l'âge adulte ?
40:05Oui, c'est un peu
40:06ce que je disais
40:07tout à l'heure.
40:07En fait,
40:11nos sociétés
40:12nous demandent
40:13à avoir
40:13un fonctionnement
40:15cognitif
40:15de plus en plus
40:16sophistiqué.
40:17Ce qui fait d'ailleurs
40:18qu'il faut que tout le monde
40:19ait le bac,
40:20que tout le monde
40:20ait une licence,
40:21de plus en plus
40:22de master,
40:22etc.
40:23Et donc,
40:24ça pousse
40:24l'adolescence
40:25dans des âges
40:26qui sont de plus en plus
40:28éloignés
40:28à un moment
40:29où, normalement,
40:30on devrait être adulte.
40:31d'où le mot
40:31adolescence.
40:33C'est un moment
40:33où, en fait,
40:34biologiquement,
40:35il n'y a plus aucun doute,
40:36on est un adulte,
40:37mais en fait,
40:38on continue
40:38à aller à l'école,
40:40on continue
40:40à vivre chez ses parents
40:41et donc,
40:41c'est une injonction paradoxale
40:43entre le corps
40:44et l'injonction sociale.
40:47Merci beaucoup.
40:49Alors,
40:50il nous reste trois minutes
40:51si vous avez une question.
40:52Oui, madame.
40:56Bonjour,
40:56merci de vos interventions.
40:58Je voudrais simplement
40:59savoir
40:59quelle doit être
41:01le comportement
41:02d'un jeune adolescent
41:03lorsqu'il est victime
41:04de harcèlement scolaire.
41:09Alors,
41:10l'accompagnement,
41:11c'est très important
41:13en cas de harcèlement scolaire
41:15et il y a plusieurs manières
41:17d'accompagner le jeune.
41:18C'est important déjà
41:19que la parole puisse se libérer,
41:21qu'il puisse être entendu.
41:23Donc,
41:24c'est une première chose.
41:25Ensuite,
41:26votre question,
41:27comment est-ce que lui
41:28doit se comporter ?
41:29c'est un axe parfois
41:31de travail et d'accompagnement,
41:33c'est de permettre
41:34à l'individu
41:35qui a été victime,
41:37qui a été blessé,
41:38de retrouver sa capacité
41:39à répondre
41:40et à redevenir sujet
41:41dans son quotidien.
41:43Donc,
41:43c'est vrai que ça fait partie
41:44de l'accompagnement
41:46psychothérapeutique
41:46de pouvoir restaurer
41:49cette capacité
41:50parce que parfois,
41:51la personne qui se fait insulter
41:53ne va pas oser répondre
41:54parce qu'elle aurait envie
41:55de frapper,
41:55parce qu'elle aurait envie
41:56de hurler
41:56et elle va beaucoup
41:57s'inhiber.
41:59Et ensuite,
42:00on voit que ça suscite
42:01beaucoup d'angoisse
42:02chez les enfants,
42:03chez les adolescents.
42:04Donc,
42:05c'est tout un travail.
42:06Après,
42:07pour des proches,
42:08je crois qu'il y a besoin
42:09de continuer
42:10à avoir confiance,
42:12à consoler
42:13et à encourager.
42:17Merci beaucoup.
42:18Nous allons prendre
42:19la dernière question,
42:20madame,
42:21de l'autre côté.
42:21On vous écoute.
42:22Oui, bonjour.
42:23Bonjour.
42:23Je voulais savoir
42:24ce que vous pensez
42:25des parents
42:25qui géolocalisent
42:27leurs adolescents
42:28déjà majeurs.
42:30Bon,
42:31ils doivent évoluer
42:33normalement,
42:34bien sûr,
42:34mais est-ce que c'est normal
42:36que les parents
42:37les géolocalisent ?
42:40Excusez-moi.
42:41Oui,
42:41on appelle ça
42:41les parents hélicoptères.
42:42comme ils sont au-dessus.
42:45C'est très étudié
42:47dans la littérature.
42:48Alors,
42:49oui,
42:49je pense que vous avez
42:51formulé la réponse
42:52dans la question.
42:53Comme l'adolescence
42:54est un moment
42:55d'apprentissage
42:56de l'autonomie,
42:56il faut qu'il y ait
42:57un minimum d'autonomie.
42:59Et la géolocalisation,
43:01ce n'est pas de l'autonomie.
43:02Alors après,
43:03on est bien d'accord,
43:04c'est quand même sécurisant
43:05par moment
43:06de savoir où ils sont.
43:07Et là,
43:08encore une fois,
43:08c'est la question
43:09du compromis
43:10et d'en discuter,
43:12de dire,
43:12« Ah ben voilà,
43:13moi,
43:14tu veux un smartphone,
43:15d'accord,
43:15qu'est-ce qu'on va en faire,
43:16comment,
43:17et à quel âge
43:19je ne vais plus
43:19géolocaliser,
43:20etc. »
43:21C'est toujours pareil.
43:22Vraiment,
43:22les mots clés,
43:23c'est discuter
43:24et parfois même
43:25écrire un contrat
43:27en disant,
43:27« Ben voilà,
43:28je m'engage à ça,
43:29tu seras libre là,
43:30etc. »
43:33Merci beaucoup.
43:34On peut vous applaudir
43:35tous les trois.
43:36C'était passionnant.
43:37Sous-titrage Société Radio-Canada
43:44Sous-titrage Société Radio-Canada
43:47Sous-titrage Société Radio-Canada
43:52Sous-titrage Société Radio-Canada
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