- il y a 2 jours
Plonger à 126 mètres de profondeur, c’est le dernier record du monde décroché par ce Marseillais de 30 ans qui a commencé à pratiquer l’apnée dès l’enfance. Réaliser un tel exploit implique une capacité pulmonaire exceptionnelle, un organisme qui supporte les contraintes (au plus profond, la pression de l’eau est environ 13 fois celle de la surface), un entraînement physique rigoureux, un mental d’acier et une parfaite gestion du stress. Venez échanger avec ce sportif passionné. Et découvrir les bienfaits de la plongée en amateur ...
Avec Arnaud Jerald, plongeur apnéiste, détenteur de plusieurs records mondiaux dont le dernier, en juillet 2025, à 126 mètres de profondeur
Nicolas Demaneuf, ostéopathe et acupuncteur (Sophia Antipolis)
et Frédéric Di Meglio, médecin ORL de plongée, médecin du sport et médecin hyperbare, président de la Fédération Française d’Études et de Sports Sous-Marins
Modération : Anne Jeanblanc, responsable éditoriale de Neuroplanète
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Avec Arnaud Jerald, plongeur apnéiste, détenteur de plusieurs records mondiaux dont le dernier, en juillet 2025, à 126 mètres de profondeur
Nicolas Demaneuf, ostéopathe et acupuncteur (Sophia Antipolis)
et Frédéric Di Meglio, médecin ORL de plongée, médecin du sport et médecin hyperbare, président de la Fédération Française d’Études et de Sports Sous-Marins
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NewsTranscription
00:04Musique
00:15Bienvenue pour cette nouvelle conférence Arnaud Gérald, itinéraire d'un apnéiste heureux.
00:22Alors plongé à 126 mètres de profondeur, c'est le dernier record de ce Marseillais de 30 ans qui a
00:28commencé l'apnée lorsqu'il était petit.
00:31Nous avons la chance de l'accueillir et donc il va nous dire comment réagit son corps et il est
00:38bien sûr accompagné d'autres invités.
00:40Donc nous avons le grand plaisir d'accueillir Arnaud Gérald sous vos applaudissements, plongeur apnéiste et détenteur de plusieurs records
00:47du monde.
00:47Il est accompagné de Nicolas Demaneuf, ostéopathe et acupuncteur à Sofia Antipolis, de Frédéric Dimeglio, qui est médecin ORL de
00:58plongée, médecin du sport et médecin hyperbar.
01:02Vous êtes également Frédéric, président de la Fédération française d'études et de sport sous-marin.
01:08Vous êtes l'auteur d'un ouvrage que vous allez dédicacer au terme de la conférence,
01:12chronique sous-marine des îles Vanille plongée dans l'océan Indien, parue en 2024 aux éditions GAP.
01:20Et les échanges sur cet exploit et sur ses implications seront animés par Anne Jeanblanc, responsable éditoriale de Neuroplanète, que
01:29l'on peut également applaudir.
01:32Bonjour Anne et je vous passe la main pour cette très belle session avec de très, très belles images également.
01:38Bonjour, bonjour et merci d'être là et merci surtout Arnaud parce que Arnaud, vous êtes venu il y a
01:42un an, juste précédent en Neuroplanète.
01:45Depuis, vous avez battu deux fois votre record. Mais jusqu'où allez-vous aller ?
01:50Je ne sais pas, on va voir. C'était une très belle année. Merci.
01:54C'est une très belle année. Ce garçon est formidable, de gentillesse et de talent. Moi, je vous propose, on
01:59va commencer par regarder ce dernier record. Vous nous le commentez Arnaud ?
02:04Vous avez des écrans devant vous parce que vous n'allez pas partir qu'un torticolis quand même.
02:08Non, on va éviter. Mais bon, je suis bien entouré.
02:13On peut avoir le... Bien sûr, je crois qu'on va voir ces très, très belles images. Voilà, c'est
02:17parti.
02:18C'est l'année dernière au Bahamas, au mois de juillet, pour deux plongées. La première plongée est dans la
02:24catégorie bipalme, une palme à chaque pied, à 125 mètres de profondeur.
02:29Et la deuxième, à la fin de la compétition, à 126 mètres. Là, on voit que je me prépare. J
02:36'essaye de contrôler que j'ai l'allonge qui est bien accrochée à la ligne.
02:39C'est la seule chose qui va me permettre d'être connecté à la surface.
02:46Et tout autour de moi, il y a l'équipe de sécurité. Il y a un peu des locaux aussi
02:50de Lille.
02:52Et tout le monde est préparé depuis plusieurs mois à cette plongée.
02:58Là, c'est parti. Les premiers mètres, c'est le moment où finalement, j'essaye de me concentrer sur le
03:04relâchement,
03:04sur la vitesse de palmage, la compensation des oreilles. Et la remontée, c'est assez vite.
03:13C'est le moment où il faut rester concentré et bien faire le protocole à la surface devant les juges.
03:19Donc, on me voit sortir. Je respire après 3 minutes 45 d'apnée. Je fais le signe OK.
03:27J'essaye de rester bien haut à la surface pour éviter de ré-immerger les voies respiratoires.
03:32Et puis voilà, une deuxième fois le signe pour assurer que tout va bien.
03:36C'est souvent la délivrance de la victoire.
03:41Cette plongée, c'était le 125 mètres.
03:46Voilà.
03:47C'est mieux en grand écran quand même.
03:51Voilà, le record.
03:53Ça, c'était les 125 et vous avez refait les 126 le lendemain ?
03:57Et après, quelques jours plus tard, 3 ou 4 jours plus tard, j'avais pris 4 jours de repos entre
04:01les plongées.
04:02C'est un sport où on ne peut pas replonger de suite.
04:06Comme en plongée bouteille, on a quand même des bulles qui se constituent dans l'organisme qu'il faut évacuer.
04:13Donc, 4 jours plus tard, je décide de rajouter un mètre pour vivre une plongée qui était beaucoup plus relâchée.
04:21Même s'il y avait un mètre de plus, mentalement, le stress de la compétition était presque passé.
04:25Donc là, c'était une plongée, on va dire, performance, mais surtout plaisir.
04:29De repartir de cette compétition avec quelque chose de différent.
04:38Cette partie-là, c'est le moment où je prends le maximum d'air.
04:43J'ai à peu près 7 litres dans les poumons avant de partir.
04:49Cette terre qui se comprime avec la pression.
04:52Quand je remonte, on voit l'équipe à la surface qui tient que la sécurité.
04:59Donc là, ils ont vu que j'arrivais au fond au bout d'une minute, une minute trente.
05:04Donc, ça veut dire que j'ai tout lâché le fond, mais ça ne veut pas dire que j'ai
05:06fait le record.
05:07Parce qu'en bas, il faut que je prenne un tag, un velcro pour prouver que j'ai fait la
05:10plongée.
05:11On va voir la surface.
05:17Pourquoi vous tirez la langue comme ça ? Excusez-moi, mais...
05:20Je pense que c'était, en fait, l'effort et la joie de sortir de l'eau après une plongée
05:26comme ça et la fatigue aussi.
05:27De dire, waouh, ça y est, c'est fait, quoi.
05:30Et personne ne vous accompagne ?
05:32Il n'y a pas de plongeurs bouteilles qui sont à côté de vous pendant que vous descendez, pendant que
05:34vous remontez ?
05:35Alors, on a pu le voir à l'époque du Grand Bleu, à l'époque de Jacques Mayol, où il
05:39y avait un plongeur tous les 10 mètres ou tous les 30 mètres.
05:43Et on s'est rendu compte que ces plongeurs, avec les paliers de décompressions qu'ils devaient respecter,
05:48ça devenait un système beaucoup plus dangereux que de faire juste intervenir des apnées de sécurité.
05:54Le plus grand risque, en fait, dans l'apnée, ce n'est pas le moment où je suis à 126
05:59mètres de profondeur.
06:00C'est là où c'est le plus extrême pour le corps.
06:02Mais le plus grand risque, c'est au retour, parce qu'on vient de faire le double de la distance.
06:07126 mètres allés, 126 mètres au retour.
06:10Et sur ces derniers 30 mètres, au retour, c'est là où l'apnée risque l'accident qu'on appelle
06:15la syncope.
06:16Donc le manque d'oxygène est tellement haut qu'il tombe dans les pommes.
06:21C'est là où les apnées de sécurité peuvent le prendre en charge.
06:25Là, on voit le fond à 126 mètres de profondeur.
06:29Donc c'est un trou bleu au Bahamas, sur l'île de Long Island, qui fait 200 mètres de profondeur.
06:35Et on voit le cercle en haut.
06:37Et ce qui est agréable, en fait, quand je descends, à un moment, mes poumons sont comprimés.
06:40L'air qui est en train de me faire plus flotter.
06:43Donc je glisse.
06:43On appelle ça la phase de free fall.
06:46Mais j'ai quand même le regard vers la surface.
06:48Et petit à petit, je vois ce cercle de la surface.
06:51C'est vraiment une sphère.
06:53Et petit à petit, la sphère devient de plus en plus petite, jusqu'à faire un point de lumière et
06:59disparaître.
07:01C'est ce que j'aime beaucoup aussi dans l'apnée, cette partie.
07:06L'élément nous apporte des belles choses à voir.
07:09Alors l'an dernier, on avait pas mal parlé de votre mental, ce qui se passait.
07:11Oui, on peut l'applaudir, vous avez raison.
07:20On avait plutôt parlé de ce qui se passait dans votre cerveau, dans votre mental.
07:24Cette année, on aimerait parler de votre physique.
07:27Alors d'abord, je voudrais qu'on commence par le début.
07:30Vous avez commencé l'apnée très jeune.
07:32Vous avez à 16 ans déjà, vous êtes descendu à 30 mètres.
07:35C'est un record de descendre à 30 mètres à 16 ans.
07:38On ne mesure pas, nous, comme un des mortels qui ne quittons pas le plancher des vaches.
07:42Oui, 16 ans, 30 mètres, c'était plutôt une belle plongée par rapport à mon âge.
07:48En février, je faisais déjà un peu de plongée avec mon père.
07:51Mais oui, ça devenait sympa.
07:54Mais vous avez commencé comment cette plongée ?
07:56Qu'est-ce qui vous a amené à vous intéresser à pratiquer la plongée ?
07:59Tous les week-ends, je voyais mon père partir faire de la chasse sous-marine
08:02pour le plaisir, pour faire la classique bouillabaisse qu'on fait à Marseille.
08:06Et puis à un moment, il m'a dit, viens avec moi et tu me suis à la surface
08:09et tu vois comment ça se passe.
08:12Et au début, ça m'a fait peur quand même, parce qu'à l'âge de 7 ans,
08:15quand on va sous l'eau, on imagine des monstres.
08:18Et même quand on devient adulte, quand on est dans le bleu total,
08:21on s'imagine toujours qu'il y a un requin qui va apparaître.
08:24Et j'ai réussi à transformer cette peur en sensation de liberté,
08:28à me sentir un peu comme le petit prince qui découvre différentes planètes
08:33ou Peter Pan qui vole sous l'eau.
08:36Et c'est un milieu qui m'a apporté beaucoup de choses.
08:40Dans une période de ma vie où on parlait de l'adolescence juste avant,
08:45où j'étais un enfant dyslexique, hypersensible,
08:48je ne savais pas trop ce que je voulais faire dans la vie.
08:50Et 16 ans, c'est vraiment l'âge clé.
08:53Et à l'âge de 16 ans, mon père me dit,
08:54« Arnaud, viens, on va faire un stage d'apnée à Marseille.
08:58On va découvrir cette discipline. »
09:02C'est là où j'ai plongé à 30 mètres.
09:05Et je suis arrivé en bas.
09:06Et finalement, sans masque, je ne voyais pas grand-chose.
09:09Avant, j'étais concentré sur les poissons,
09:11sur les algues, les possidonies, ou une épave.
09:15Là, il n'y avait que le bleu autour de moi.
09:17Et en étant un enfant hypersensible et timide,
09:21j'étais souvent concentré sur le regard des autres.
09:23C'était la première fois où finalement, à cette profondeur,
09:26ça faisait un effet miroir.
09:28Et j'arrivais enfin à me regarder à travers mes yeux,
09:31à voir qui j'étais.
09:33Et en plus, je sentais que j'étais bon dans ce sport.
09:36Et à un moment, l'instructeur est venu me voir.
09:38Il m'a dit, il faut remonter maintenant.
09:40Il m'a fait signe comme ça.
09:41Donc, j'ai commencé à paniquer.
09:42Je remontais à toute vitesse.
09:44Il m'a fait signe de me calmer.
09:46Et on s'est retrouvés face à face,
09:48en train de palmer.
09:50Et je me souviendrai toujours,
09:52il a fait un grand sourire,
09:53le vrai sourire, celui avec les dents.
09:55Et je me suis dit, waouh,
09:56on est en plein mois de février.
09:57Il fait froid.
09:58On est en apnée, on ne respire pas.
10:00Et pourtant, on est concentré sur le moment présent.
10:03Et on prend du plaisir là, maintenant.
10:06Et quand je suis sorti de l'eau,
10:07je me suis dit,
10:08ce sera ton métier un jour, peut-être.
10:10Et donc, à 21 ans, vous descendez à 100 mètres.
10:13Vous êtes le plus jeune apnéiste
10:14qui descend à cette profondeur.
10:16Frédéric, le médecin que vous êtes,
10:19quelle capacité pulmonaire,
10:21on va déjà reparler de ça,
10:22parce que la respiration dans l'apnée,
10:24évidemment, c'est majeur.
10:25Quelle capacité pulmonaire faut-il ?
10:26Est-ce qu'il a des poumons formidables, Arnaud ?
10:30Alors, plus qu'une capacité pulmonaire importante,
10:33il faut avoir un mental important.
10:35D'où l'extraordinaire pouvoir du cerveau
10:37et qui est, je crois, l'élément clé.
10:39C'est-à-dire qu'un apnéiste d'eau libre,
10:41apnéiste profond,
10:43c'est quelqu'un qui doit avoir un mental
10:45très important.
10:47Et en écoutant Arnaud,
10:48on retrouve effectivement ce contact
10:50que l'on peut avoir presque de méditation
10:53quand on est plongé dans le bleu,
10:56justement, dans cette descente en eau libre.
10:58C'est une rencontre entre soi et le milieu
11:00qui est très riche sur le plan mental
11:03qui joue probablement au niveau de notre cerveau limbique
11:05dont on parlait tout à l'heure
11:06avec d'autres intervenants.
11:07Voilà, c'est cette richesse.
11:09La capacité respiratoire, c'est un élément important.
11:11Elle se travaille, elle s'améliore,
11:13travaille avec le diaphragme, tout ça.
11:14Il en parlera lui-même, son ostéopathe
11:16pourra en parler aussi.
11:17Là, effectivement, il y a des éléments mécaniques
11:19qui peuvent intervenir.
11:21Mais l'importance du mental
11:23est une des éléments, je dirais, clés
11:25dans la tête de haut niveau.
11:27Même avec un mental d'acier,
11:29tout le monde ne peut pas passer
11:293 minutes 45 sans respirer.
11:33Tout à fait d'accord.
11:35Donc, ça veut dire qu'il a une capacité pulmonaire.
11:38Votre capacité pulmonaire est supérieure
11:40à celle de la normale.
11:41Vous l'avez travaillé
11:42ou vous aviez déjà cette aptitude ?
11:44Je pense que d'avoir fait de l'apnée très jeune
11:47avec mon père a permis à mes poumons
11:49de se développer pendant la croissance
11:50en fonction de ce sport.
11:53Néanmoins, j'ai une capacité pulmonaire
11:55qui, j'ai envie de dire des fois médiocre
11:57par rapport à ce que certains apnéistes ont.
11:59On a des apnéistes qui ont 11 à 12 litres
12:02dans les poumons.
12:03Et vous ?
12:04Je dois avoir 6,5, 7 litres.
12:07Je suis déçu.
12:09Ce n'est pas grand-chose, mais
12:12c'est comme avoir une super voiture.
12:15Avoir une Ferrari et avoir...
12:18Le moteur ne compte pas beaucoup
12:21s'il est mal utilisé.
12:23Le carburant qu'on met dans une voiture,
12:26si on met 30 litres de carburant
12:28dans une voiture avec un moteur
12:29qui va le consommer en 2 secondes,
12:32il faut un moteur qui arrive
12:33à consommer cette énergie
12:35sur la distance.
12:37Pour les poumons, c'est pareil.
12:38On peut avoir 12 litres dans les poumons.
12:41Si avec le cerveau, on réfléchit trop,
12:43on a trop de stress,
12:45tout cet oxygène va être brûlé
12:46en quelques minutes.
12:48Le cerveau consomme 20% de l'oxygène
12:51dans le corps,
12:52ce qui est assez important.
12:53C'est pour ça qu'il faut savoir déconnecter.
12:56Alors Nicolas, vous êtes ostéopathe,
12:58vous accompagnez Arnaud.
12:59Vous pouvez nous en parler,
13:01même si on peut le faire rougir un peu
13:02éventuellement de ce patient hors normes.
13:05Pas trop, pas trop.
13:06Et qu'est-ce que l'ostéopathe que vous êtes
13:08lui apporte au quotidien ?
13:10Alors, concernant Arnaud,
13:13c'est un des patients préférés
13:15parce qu'au-delà du...
13:16Attendez, non, ça ne marchait pas.
13:18C'est bon ?
13:19Oui.
13:20Donc j'ai la chance de suivre Arnaud
13:21depuis maintenant quelques années.
13:23C'est parti des patients
13:24avec lesquels je passe vraiment
13:27des moments très agréables
13:28au sein du cabinet.
13:30Et on met un point d'honneur
13:32justement ensemble
13:33à faire ces petits réglages mécaniques
13:35dont il parlait.
13:38Je vais m'assurer
13:40que tout son rachis,
13:43toutes ses articulations
13:44costo-vertébrales,
13:45toutes ses tensions
13:46qui peuvent être au niveau du diaphragme,
13:47m'assurer que les muscles
13:49au niveau de la loge antérieure
13:50ou les nouvelles d'honneur
13:52de faire du tagline.
13:52Par les gars dans le micro.
13:53Vous m'entendez ?
13:53Oui.
13:54Voilà.
13:54Donc je vais m'assurer
13:55qu'il n'y a absolument
13:56aucune contrainte
13:57qui puisse entraver
13:58ses performances.
14:00Donc dites-nous un petit peu,
14:01c'est des exercices
14:02que vous faites avec lui ?
14:03C'est plus des massages ?
14:05Non.
14:05Dans un premier temps,
14:06on va faire un bilan
14:07comme on peut avoir
14:08un bilan classique
14:09chez un ostéopathe.
14:11Et je vais mettre
14:12vraiment une attention
14:13particulière
14:14sur certaines zones,
14:15notamment la partie thoracique
14:17avec ses côtes,
14:18avec ses vertèbres thoraciques,
14:21avec ses cervicales aussi
14:22qui sont généralement
14:24qui subissent pas mal
14:26de contraintes.
14:26Et puis d'un point de vue
14:27musculo-autendineux,
14:29ça va être bien évidemment
14:30le diaphragme.
14:30Le diaphragme,
14:31les muscles
14:32inspiratoires accessoires
14:33qui se trouvent
14:33au niveau du cou,
14:34qui vont être très intéressants
14:36lors du packing,
14:36pour pouvoir lui permettre
14:37d'avoir un petit peu plus
14:38d'oxygène à disposition.
14:41Et en dernier lieu,
14:42une approche
14:43qui sera neuro-végétative,
14:46puisqu'on s'est aperçu
14:47avec les travaux d'Henley
14:48à l'université de Clermont,
14:50que certaines manipulations
14:51ostéopathiques
14:52au niveau cervical supérieur,
14:53par des décompressions notamment,
14:56arrivent à augmenter
14:59le tonus vagal.
15:01Donc ça va lui permettre
15:02d'aborder
15:04le...
15:05Comment dire ?
15:06Le diving reflex
15:07sera peut-être un peu plus rapide.
15:08La bradycardie va arriver
15:09un petit peu plus rapidement.
15:10Donc tout ça, c'est bonus.
15:12Et puis de temps à autre,
15:13ça ne nous est pas arrivé encore.
15:14Il y a certains apnésistes
15:15qui consultent
15:16pour des problèmes de compensation.
15:17Avec des petits problèmes
15:18au niveau de la trompe de stage
15:20qui n'arrivent plus à réguler
15:21la pression entre l'oreille moyenne
15:23et la bouche.
15:25Donc on va travailler
15:26cette partie membraneuse,
15:28puisque la trompe de stage
15:29d'un petit canal
15:30qui relie donc l'oreille moyenne
15:31à l'arrière
15:33des cohans.
15:34Et vous allez avoir
15:36une partie osseuse
15:37et une partie membraneuse.
15:38Et donc l'ostéopathe peut,
15:39par l'intermédiaire
15:40des tensions musculaires
15:41qui vont tendre le palais,
15:42le voile du palais,
15:43aider
15:44à faire un bon freinzel
15:46et à descendre
15:47dans les meilleures conditions.
15:49Vous avez parlé aussi,
15:50vous avez parlé,
15:51Frédéric,
15:51du travail sur le diaphragme.
15:54L'un ou l'autre,
15:55qu'est-ce que vous faites
15:56sur ce fameux diaphragme
15:57qui a effectivement
15:58une importance colossale
15:59dans la respiration ?
16:00C'est notre muscle inspiratoire
16:02et expiratoire
16:04le plus important.
16:05Et le travail du diaphragme,
16:07Arnaud va,
16:08à la limite,
16:08il pourrait presque le montrer
16:09devant les gens ici,
16:11c'est un travail
16:13phénoménal
16:13et c'est lui
16:14qui permet effectivement
16:16d'avoir une capacité
16:17la plus adaptée
16:18par rapport
16:19à ses possibilités
16:20de son appareil locomoteur.
16:22Donc c'est vrai
16:22que c'est l'élément clé.
16:23Je rebondirais aussi
16:24sur l'importance
16:25de la compensation.
16:26Un des facteurs limitants
16:28de l'apnée profonde,
16:29verticale,
16:29c'est la compensation
16:31au niveau des oreilles.
16:32Il y a des apnéistes
16:33qui sont bloqués
16:34et ils sont bloqués
16:34à 70 mètres,
16:35ils ne peuvent pas descendre
16:36tout simplement
16:36parce qu'il y a une oreille
16:37qui ne passe pas.
16:38Et d'où l'importance
16:40de faire des techniques
16:41de rééducation tubaire,
16:42de l'ostéopathie crânienne
16:43qui va permettre
16:44effectivement d'aider
16:45et d'avoir une trompe de stage
16:47qui ne pose pas de problème
16:47pour descendre
16:48et d'avoir des techniques
16:49adaptées
16:50qu'ont les apnéistes.
16:51Mais c'est un des facteurs
16:53limitants de l'apnée,
16:54les difficultés de compensation.
16:56Alors ce que je voudrais
16:57qu'on fasse s'il vous plaît
16:58maintenant,
16:59c'est qu'on remette la vidéo
17:00et je voudrais
17:01que vous nous racontiez
17:02les contraintes
17:03sur votre organisme
17:04et les contraintes médicales
17:06aussi peut-être
17:07au niveau de l'oreille interne.
17:08Parce que j'ai lu
17:10qu'à la profondeur
17:11où vous descendez,
17:12vous avez une pression
17:13sur le corps
17:14qui est six fois
17:14la pression normale
17:16sur Terre.
17:17Vous vous sentez
17:17complètement comprimé
17:18dans l'eau.
17:19On va regarder
17:20et puis vous allez nous dire
17:20au fur et à mesure,
17:21on peut arrêter même
17:22à différentes étapes.
17:24Où est-ce que vous souffrez
17:25physiquement ?
17:26Où est-ce que vous avez
17:27une gêne ?
17:28Comment ça se passe ?
17:29Alors heureusement,
17:31il n'y a pas de gêne
17:31ni de souffrance
17:32et c'est pour ça
17:34qu'on travaille
17:34avec Nicolas
17:35parce qu'on a
17:37beaucoup de contraintes
17:38sur le corps,
17:38beaucoup de pression
17:39et en étirant le corps
17:40à la surface
17:41avec tous les exercices
17:42qu'on fait sur le diaphragme
17:43ou la cage thoracique,
17:44ça permet au corps
17:45d'accepter cette pression.
17:48Plusieurs mécanismes
17:49se passent
17:49dans le corps.
17:51Frédéric pourra
17:52nous aussi
17:52nous en parler.
17:53vous descendez.
17:54Quand on met la tête
17:55dans l'eau,
17:56on a plein de capteurs
17:57sur le visage.
17:58On peut peut-être
17:58l'arrêter là déjà
17:59parce que vous êtes
18:00à combien là ?
18:00Vous êtes déjà au fond
18:01pratiquement là ?
18:02Non,
18:03mais le premier,
18:05c'est le réflexe
18:06d'immersion.
18:07Donc quand on met
18:07la tête sous l'eau,
18:08le corps va un peu stresser,
18:10va se dire
18:11attention,
18:11situation de danger,
18:13on ne peut plus respirer,
18:15on ralentit
18:16le rythme cardiaque.
18:17Donc en premier temps,
18:18quand on met
18:19la tête sous l'eau,
18:19ça arrive à tout le monde.
18:20Les apnées
18:21ont ce mécanisme
18:22qui arrive beaucoup
18:23plus vite
18:23que la normale.
18:25Et ensuite,
18:26quand on commence
18:26à plonger,
18:28petit à petit,
18:29le corps va venir
18:30protéger
18:31les organes vitaux,
18:32le cœur
18:32et le cerveau.
18:33On appelle ça
18:34le blow shift
18:35ou en français
18:36l'érection pulmonaire.
18:38Vous le ressentez
18:39comment physiquement ?
18:40C'est une sensation
18:41de fourmillement
18:42dans les doigts.
18:43C'est l'impression
18:44d'avoir froid,
18:45être un peu au ski
18:46quand on ne sent plus
18:46le bout de ses doigts
18:47des pieds aussi
18:48et des mains.
18:49Mais on est dans une eau
18:51qui est assez chaude.
18:51Là, par exemple,
18:52au Bahamas,
18:52elle est à 26 degrés.
18:54Donc c'est une sensation
18:54qui est un peu
18:55contre naturelle
18:56par rapport au milieu
18:57où on est.
18:58Et plus on va descendre,
18:59plus il va y avoir
19:00de la pression
19:01sur la cage thoracique.
19:03Et là,
19:05à l'époque du Grand Bleu,
19:07Jacques Mayol
19:08voulait plonger
19:09à 100 mètres
19:09de profondeur.
19:10Il voulait prouver
19:10que c'était le premier
19:11à plonger
19:11à 100 mètres
19:12de profondeur
19:12et les médecins
19:13lui avaient dit
19:14c'est impossible.
19:16Et ils avaient testé ça
19:17avec un téléviseur.
19:18Ils avaient envoyé
19:19un téléviseur
19:20qui reprenait
19:21un peu la forme
19:22de la cage thoracique
19:23d'un humain
19:24et le téléviseur
19:26à 100 mètres
19:26de profondeur
19:27a implosé.
19:28Et ils se sont dit
19:29c'est ce qui va t'arriver.
19:32À l'époque,
19:32on n'avait pas
19:33toutes les informations
19:33d'aujourd'hui.
19:35Jacques Mayol
19:35a plongé
19:36à 100 mètres
19:36de profondeur
19:37et il est remonté
19:38et tout allait bien.
19:40Ce qu'on a appris
19:42au cours de ce processus
19:43c'est qu'au final
19:44le corps
19:44a les mêmes mécanismes
19:46que les mammifères marins.
19:47Ce qu'on disait
19:48justement
19:48le blow shift
19:49pour éviter
19:50que les poumons implosent
19:51le sang vient
19:53à l'intérieur
19:53des poumons
19:54et comme les liquides
19:55sont incompressibles
19:56on peut aller
19:57à ses profondeurs.
19:59Ça c'est une grosse partie
20:00où ça se passe
20:02j'ai envie de dire
20:03je le ressens
20:04vers 90-100 mètres
20:05ça dépend
20:05dans les apnéistes.
20:07Après ça
20:07on a un autre phénomène
20:09qui arrive
20:09ça peut être
20:10l'ivresse des profondeurs
20:11la narcose
20:11comme on a pu voir
20:12dans le grand bleu
20:13où on voit l'apnéiste
20:14partir avec les dauphins
20:16c'est pas ce que je ressens
20:17et heureusement
20:19quand j'arrive en bas
20:20j'ai pas envie de partir
20:21et me suicider
20:22au contraire
20:23j'ai envie de remonter
20:24mais le moment
20:26peut être très agréable
20:27comme un peu stressant
20:30ça peut être un rêve
20:31comme un cauchemar
20:33les gaz qu'on a
20:34à l'intérieur des poumons
20:36deviennent un peu toxiques
20:37sous la pression
20:38c'est pour ça
20:39que des plongeurs
20:40en bouteille
20:40plongent avec des mélanges
20:42différents
20:42ils plongent pas juste
20:43avec de l'air
20:46à mon niveau
20:48c'est se sentir
20:49un peu comme
20:50quand on se lève
20:51d'un siège trop vite
20:52on a la tête qui tourne
20:53on a le regard
20:53qui rétrécit
20:54on a une sorte
20:55de bourdonnement
20:56qui vient à l'intérieur
20:57de
20:59derrière le cerveau
21:00dans la nuque
21:00et ça
21:01plus j'essaye
21:02de le contrôler
21:03de le maîtriser
21:04plus l'ivresse de profondeur
21:05va s'accentuer
21:07donc il y a une forme
21:08d'acceptation
21:09dans ce sport
21:10qui est
21:11qui est
21:12qui est belle
21:13en fait
21:13j'ai envie de dire
21:14c'est accepter sa condition
21:15et se dire
21:16bon ben maintenant
21:16je me laisse aller
21:17je m'autorise
21:19à
21:20à me laisser aller
21:21dans cet élément
21:22qui est très extrême
21:23l'ivresse des profondeurs
21:25aujourd'hui
21:25j'ai réussi
21:26grâce à mes médecins
21:27c'est là où on a réussi
21:28à reconnecter en fait
21:30l'époque
21:30il y a une coupure
21:32après Jacques Mayol
21:33entre le corps médical
21:34et les apnéistes
21:35et petit à petit
21:36on s'est rapproché
21:37pour retravailler ensemble
21:39et nous en tant qu'apnéistes
21:41comprendre ce qui se passe
21:41dans notre corps
21:42à ses profondeurs
21:43pour éviter
21:43en promis-le
21:44de prendre des risques
21:45inconscients
21:47notamment avec
21:47les jours de récupération
21:49et savoir ce qui se passe
21:50dans le sang
21:51et dans les poumons
21:53et
21:54aujourd'hui
21:54avec mes médecins
21:55on a réussi
21:56à faire un protocole
21:57pour éviter
21:57d'avoir
21:57de l'ivresse des profondeurs
21:59parler plus près du micro
22:00donc c'est
22:01voilà
22:02c'est tous ces mécanismes
22:04qui disparaissent
22:04après au retour
22:06à la surface
22:06alors
22:07Frédéric
22:08Frédéric
22:10médicalement
22:11vous vous êtes ORL
22:12qu'est-ce que vous pouvez ajouter
22:14à ce qu'il a décrit
22:15est-ce qu'il y a des études
22:17spécifiques
22:17sur le
22:18sur le
22:19fonctionnement
22:20physiologique
22:21des apnéistes
22:22à cette profondeur-là
22:24alors plusieurs éléments
22:25je voudrais revenir
22:25sur le blood shift
22:26qui est le poumon
22:27en érection
22:28c'est important
22:28parce que
22:29quand vous prenez des livres
22:30moi quand j'ai commencé
22:31à plonger
22:32les années 70
22:33dans les livres
22:34il était marqué
22:34l'apnée
22:35on ne pouvait pas descendre
22:36en dessous de 30 mètres
22:36à peu près
22:37parce que mécaniquement
22:38l'écrasement
22:39de la paroi thoracique
22:40des poumons
22:41faisait qu'on atteignait
22:42ce qu'on appelle
22:43le volume résiduel
22:44et puis il y a eu
22:45effectivement
22:45cette notion
22:46de poumon en érection
22:49liée à l'effet hyperbar
22:51comme chez les mammifères marins
22:52il y a effectivement
22:53un développement
22:54un afflux sanguin
22:56au niveau des capillaires pulmonaires
22:57qui vont éviter
22:58cet écrasement total
22:59et qui permet
23:00de descendre plus bas
23:01donc ça c'est quand même
23:02une révolution
23:02je dirais
23:03qu'on a vu apparaître
23:05dans les années 70-80
23:06qui a permis de comprendre
23:08qu'on pouvait descendre plus bas
23:09autre élément aussi
23:10c'est que
23:11les descentes plus profondes
23:13font effectivement
23:14qu'il y a la notion
23:15de narcose
23:16qui arrive
23:16la narcose à l'azote
23:17l'azote c'est un élément
23:19qui existe dans l'air
23:20que l'on respire
23:20c'est un gaz inerte
23:21le problème c'est le gaz inerte
23:23il y a une toxicité
23:24toxicité au niveau nerveuse
23:25et c'est cette toxicité nerveuse
23:27qui donne un effet
23:27un peu comme narcotique
23:29en quelque sorte
23:30avec soit des aspects
23:31on va dire
23:32un peu de rêve
23:33soit des aspects
23:34parfois de panique
23:35qui est beaucoup plus embêtant
23:37et cette adaptation
23:38à la narcose
23:39elle se fait au fur et à mesure
23:40que ça soit en plongée bouteille
23:41ou en plongée
23:42en apnée
23:43chez les apnénistes profonds
23:45effectivement
23:45il y a une adaptation
23:46qui se produit
23:46voilà ça c'est un deuxième élément
23:48qui est important
23:51dans l'exploit
23:53c'est important de voir
23:53c'est qu'à la moitié de la descente
23:56effectivement
23:57l'athlète ne palme plus
23:58il se laisse couler
24:00mais par contre
24:01quand il faut redémarrer
24:02redémarrer du fond
24:04bon là il est déjà bien haut
24:06quand il faut redémarrer du fond
24:08il est obligé effectivement
24:09de palmer
24:10vraiment très énergiquement
24:11c'est un gros effort physique
24:12et là il faut une excellente condition physique
24:15pour pouvoir s'extraire du fond
24:17voilà ça c'est un élément fondamental
24:20Nicolas vous voulez ajouter quelque chose
24:21sur les contraintes physiques
24:23dans les profondeurs ?
24:25oui je voulais juste préciser que sur les profondeurs
24:30qui sont celles d'Arnaud
24:32on est sur 126-127 mètres j'espère
24:36126 pour l'instant
24:37l'an prochain on sera à 127 mètres
24:39voilà
24:39moi je suis carrément à 130 pour lui
24:41130 on est à peu près sur l'équivalent
24:43on est sur une équivalence d'une tonne de pression
24:46sur le centimètre carré
24:47donc c'est l'équivalent d'avoir une petite
24:48une clio en fait
24:49sur chaque centimètre carré du corps qui s'applique
24:52donc mon rôle ça va être avec lui
24:54de s'assurer que la compliance de la cage thoracique soit parfaite
24:56que l'élasticité du diaphragme soit parfaite
24:59et pour justement consommer le minimum d'énergie
25:03puisque comme on vient de l'expliquer
25:05ça va être assez critique pour remonter
25:11mais vous ne ressentez pas comme un
25:13je ne sais pas votre corps dans un corset
25:15quelque chose de très serré ?
25:16c'est l'impression de ne plus avoir d'air en fait dans les poumons
25:20là on sent que notre carré
25:21la cage thoracique contient de l'air
25:23c'est presque creux
25:24mais en bas on se sent très dense
25:27comme si on mettait de l'eau à l'intérieur des poumons
25:29et on se sent un peu comme
25:32compressé entre deux matelas
25:34c'est comme si quand on dort
25:35on mettait le même matelas sur le dessus
25:38et qu'on s'asseyait dessus
25:39c'est pas inconfortable
25:41mais on sent quand même
25:43qu'il y a une pression
25:45vraiment sur la cage thoracique
25:46sur les doigts on me dit
25:47mais des fois t'as pas mal aux yeux
25:48ou aux jambes à cause de la pression
25:51comme les liquides sont incompressibles
25:53on le sent pas
25:54donc on le sent vraiment que sur les oreilles
25:56et la cage thoracique
25:59heureusement que j'ai pas de douleur
26:01sinon j'aurais arrêté ce sport directement
26:04mais la moindre tension
26:06ou la moindre surprise
26:07par exemple quand je suis dans la phase de frifole
26:10où je coule
26:11j'ai pas de masque
26:12parce que le masque imploserait assez profondeur
26:15donc je descends juste avec un pince-nez
26:17et je regarde en face de moi le boot
26:19avec une petite lampe
26:21sauf que dans ce trou bleu au Bahamas
26:23à 60 mètres il fait nuit noire
26:25et on a des poissons en bas
26:26qui s'appellent les tarpons
26:28donc c'est des poissons qui font entre 2 et 3 mètres de long
26:30ils sont pas méchants du tout
26:32et ils ont des écailles qui font la taille de ma main
26:35je suis marseillais mais ça c'est la vérité
26:39et de temps en temps
26:40quand ma lumière passe sur la peau du poisson
26:45je vois un reflet
26:47ça fait une sorte de flash
26:49donc je vois à peu près la forme du poisson
26:52et là je fais comme les enfants
26:53je ferme les yeux et je dis
26:54j'ai rien vu
26:56mais selon comment on réagit
26:58le moindre mouvement
27:00nos poumons sont tellement comprimés
27:02que le moindre faux mouvement de surprise
27:05de voir quelque chose en bas
27:06et de comprendre qu'on n'est pas tout seul
27:08peut créer un déchirement des poumons
27:10et ça peut être très extrême
27:15assez vite
27:15assez profondeur
27:16il faut vraiment qu'on soit relâché
27:18mais j'ai envie de dire que ça va au-delà
27:20du relâchement
27:22du corps ou du mental sous l'eau
27:24c'est comment on se sent dans la vie de tous les jours
27:28c'est un style de vie l'apnée
27:30c'est un choix qui est tellement extrême
27:32d'avoir envie de performer
27:34d'aller à ces profondeurs
27:35des fois on me dit
27:36mais pourquoi tu as fait 126
27:37tu ne pouvais pas rester à 125 ?
27:39ça c'est mes parents
27:40quand je les ai au téléphone
27:42et cette quête
27:44fait partie de mon équilibre de vie
27:46aujourd'hui à l'instant T
27:48je sais que ce ne sera pas toujours pareil
27:51mais j'essaye aussi d'avoir cet équilibre
27:54dans la vie de tous les jours
27:55parce que quand on arrive à ces profondeurs
27:57on est un peu comme la quintessence de soi-même
27:59on est vraiment épuré
28:01tout le long de la profondeur
28:04et si on ne se sent pas bien
28:05à l'intérieur de soi
28:06dans la vie de tous les jours
28:07si on ne fait pas toujours les bons choix
28:09qu'on est mal entouré
28:10ou qu'on n'a pas vraiment confiance en soi
28:13dans les choix qu'on fait
28:14en bas la mer va
28:16c'est un peu poétique
28:17mais va vraiment nous révéler
28:20et c'est ça que l'apnée apprend
28:23tout au long du parcours de la profondeur
28:25mais vous parlez de ce relâchement nécessaire
28:28vous dites qu'un mouvement brusque
28:30pourrait éventuellement vous causer des lésions
28:32et en même temps
28:33vous devez fournir un effort physique intense
28:35pour remonter
28:36comment vous cumulez tout ça ?
28:39il y a beaucoup de paradoxes dans l'apnée
28:41c'est prendre du plaisir sans respirer
28:43fournir un effort très important
28:45tout en étant relâché
28:46et cette balance est très intéressante à trouver
28:52comme le disait Frédéric
28:53quand j'arrive en bas
28:54si je ne palme pas
28:55je continue à couler
28:57donc quand je reprends le palmage
28:59les 50 premiers mètres
29:01du retour de 126 mètres
29:03à 50 mètres
29:05j'ai l'impression d'être aspiré
29:07par un trou noir
29:08j'ai l'impression d'être dans le film Interstellar
29:10je palme
29:12et en face de moi
29:13le câble ne bouge presque pas
29:15et petit à petit
29:17mes poumons vont se redévelopper
29:19l'air va reprendre son volume initial
29:22et je vais pouvoir reflotter vers la surface
29:25donc il y a une phase de descente
29:27qui est très agréable
29:29où on va accepter la pression
29:30c'est un effort qui est assez moindre
29:32parce qu'à 30 mètres j'arrête de palmer
29:34donc il y a beaucoup de mental et de relâchement
29:36par contre le retour
29:37il y a un côté très combatif
29:39où il faut se battre avec soi-même
29:40et on n'a aucun repère
29:42ni de temps
29:43ni de profondeur
29:45je ne sais pas si je suis
29:46proche de la surface
29:47ou pas
29:48c'est pas étalonné
29:49et échelonné votre
29:51sans masque
29:52je n'arrive pas vraiment à voir
29:54les repères sur le bout
29:55donc je palme
29:56en me disant
29:58prends ton mal en patience
29:59et à un moment donné
30:01tu vas voir les apnées de sécurité
30:03à un moment
30:04tu vas voir la lumière
30:05qui va revenir
30:06l'eau qui va devenir
30:07de plus en plus chaude
30:08et grâce à ça
30:09j'arrive à peu près
30:10à m'en repérer
30:12j'ai une dernière question
30:13Frédéric à l'ORL
30:14que vous êtes
30:15l'oreille interne
30:16dans ce genre de descente
30:18elle souffre ou pas ?
30:20alors l'oreille interne
30:21en soi ne souffre pas
30:23elle participe
30:23le tympan ?
30:24alors c'est l'oreille moyenne
30:26et l'oreille on va dire externe
30:27puisque le tympan
30:28il est entre l'oreille externe
30:29et l'oreille moyenne
30:29et c'est le tympan
30:31qui reçoit la pression externe
30:32et que l'on compense
30:34par justement
30:35les techniques
30:36qui permettent d'envoyer de l'air
30:37par la trompe de stache
30:38cette terre qui vient
30:39de l'arrière-nez en quelque sorte
30:40et qui va permettre
30:41d'arriver dans l'oreille moyenne
30:42et compenser
30:43voilà
30:43il n'y a pas de risque particulier ?
30:46alors l'oreille interne
30:46non
30:46sauf qu'il peut y avoir
30:47des risques d'accident
30:48de décompression
30:51plusieurs plongées profondes
30:52qui seraient successives
30:53je dirais sur 24 heures
30:56pourraient entraîner
30:56un accident de décompression
30:58et on commence
30:59à en voir quelques-uns
31:00à ces profondeurs là
31:01justement
31:02parce qu'il y a une physiologie
31:04qui est là
31:04il y a une désaturation
31:07qui se produit
31:07qui peut entraîner
31:08un accident
31:08de désaturation
31:10de l'oreille interne
31:11voilà
31:11Nicolas vous travaillez aussi
31:12sur cette partie
31:13évidemment
31:13oreille interne
31:15oui en effet
31:15comme je l'expliquais tout à l'heure
31:17il faut s'assurer
31:18que déjà
31:20notre ami
31:21n'est pas une infection
31:22avant de partir
31:23se mettre la tête sous l'eau
31:24qui n'est pas d'autite sous-jacente
31:26c'est la première chose
31:27qu'on voit
31:28et puis
31:30s'assurer
31:31de la souplesse
31:32donc des muscles
31:32qui vont être en relation
31:33avec cette partie membraneuse
31:34de la tombe de stage
31:35pour qu'il y ait
31:35une bonne compensation
31:36qui se fasse
31:39auquel cas
31:40il y a un arsenal
31:41de techniques
31:43qui sont à disposition
31:44et qui sont relativement
31:46simples à faire
31:46et ce sont des techniques
31:47que je propose
31:48en les décrivant précisément
31:50à mes apnéistes
31:52comme à mes patients
31:52du reste
31:54techniques qui sont très simples
31:55qui peuvent pratiquer tout seul
31:57je pense qu'on peut
31:57à plus dire encore une fois
31:58Arnaud
31:59et après
31:59merci beaucoup
32:06et après
32:07non non
32:08et maintenant
32:09on va parler aussi
32:10de la plongée
32:11pour monsieur tout le monde
32:12parce que
32:12ce qu'il a fait
32:13c'est pas la peine d'essayer
32:15vous n'y arriverez pas
32:15en revanche
32:17on a la chance
32:18d'avoir le président
32:18de la fédération
32:20et d'avoir donc
32:21Arnaud
32:22et un ostéopathe
32:23et on va vous parler
32:25un petit peu justement
32:26de la plongée
32:27de monsieur tout le monde
32:28de ce qu'elle apporte
32:29parce qu'il y a des patients
32:31qui peuvent en bénéficier
32:33Frédéric
32:33la plongée pour monsieur tout le monde
32:34les bénéfices
32:36alors que ça soit
32:37la plongée en apnée
32:38ou la plongée en bouteille
32:40donc la plongée en général
32:42elle va apporter
32:42des bénéfices
32:43sur le plan physique
32:44sur le plan social
32:45et sur le plan mental
32:46en particulier
32:47j'ai oublié de dire
32:48excusez-moi
32:49que Frédéric
32:49est trois fois champion du monde
32:50de photos sous-marines
32:51et que les images
32:53qu'on va voir là
32:53c'est des images
32:54qui l'a prises
32:54et elles sont sublimes
32:55merci Frédéric
33:00alors la première image
33:02elle est intéressante
33:03c'est ma fille
33:03c'était pas Arnaud petit
33:05c'était pas Arnaud tout petit
33:07non
33:07c'est donc ma fille
33:09c'est important
33:10parce que
33:10elle témoigne un peu
33:11du bien-être
33:13que peut avoir
33:13un bébé nageur
33:15elle a à l'époque
33:16huit mois
33:16seulement
33:17dans l'eau
33:18elle a les yeux ouverts
33:19elle trouve sa position
33:20dans l'eau
33:21avec sa main
33:21sans difficulté
33:23je crois que c'est important
33:24à travers cette image
33:25c'est peut-être d'utiliser
33:26une phrase que disait Carl Jung
33:28disait que
33:29l'immersion
33:30et donc l'eau
33:30il y a un facteur symbolique
33:32très important
33:33et qui explique
33:33l'utilité fondamentale
33:35de l'immersion
33:37c'est pas pareil
33:38d'être en surface
33:38que d'être dans l'eau
33:40ce que Arnaud vit
33:41en tant qu'apnéiste
33:43de très haut niveau
33:45quelqu'un qui est
33:46un pratiquement de loisir
33:47peut le vivre
33:48tout simplement
33:48je dirais
33:49en faisant la randonnée subaquatique
33:51et quelques apnées
33:52donc ça c'est important
33:54cette notion
33:55j'insiste vraiment
33:56sur l'importance
33:57de ce bien-être mental
33:58autre élément aussi
33:59sur le plan physique
34:00c'est que ça impose
34:01une cohérence respiratoire
34:03soit en apnée
34:04parce que ça nécessite
34:05une préparation respiratoire
34:08c'est quoi une cohérence respiratoire ?
34:09une cohérence respiratoire
34:10c'est que notre
34:11façon de respirer
34:13ou de préparation
34:14à la respiration
34:15donc à l'arrêt
34:16d'une respiration
34:17si c'est l'apnée
34:18va être cohérente
34:19avec notre vision du monde
34:21notre vision des choses
34:22et c'est important
34:23parce que la cohérence respiratoire
34:25je dirais
34:26la notion d'immersion
34:27de ce bien-être symbolique
34:28que peut représenter l'immersion
34:30ça permet d'être
34:31dans ce qu'on appelle
34:32la pleine conscience
34:32on parle de plus en plus
34:33de plongée de pleine conscience
34:34à travers l'apnée
34:36à travers la plongée bouteille
34:37c'est parce qu'on est
34:38dans l'instant présent
34:39Arnold disait bien
34:40dans ses propos
34:41il est en phase
34:42avec l'élément
34:43on est
34:44comme on est dans l'élément
34:45en phase avec l'élément
34:46on est dans l'instant présent
34:47on n'est pas dans le passé
34:49on n'est pas dans le futur
34:50et c'est quelque chose
34:51qui est très ressourçant
34:52qui est très résilient
34:53et c'est donc une utilité
34:54d'ailleurs
34:54dans certaines maladies
34:55dans certains cancers
34:56on fait de la plongée
34:57pour pouvoir arriver
34:59effectivement
34:59à émerger de son cancer
35:01c'est des réalités
35:02sur le plan de sport santé
35:03des choses importantes
35:04voilà donc
35:05j'insiste beaucoup
35:05sur ces bienfaits psychomantaux
35:07que peut entraîner
35:08donc la pratique
35:10de la plongée
35:10et donc à la fédération
35:11vous promouvez
35:13oh j'ai du mal à le dire
35:14vous faites la promotion
35:16de la plongée santé
35:19alors oui
35:21je dirais le mystère des sports
35:22depuis maintenant
35:23les années 2016
35:23il y a une loi
35:24qui est sortie
35:25sur le sport santé
35:26voire même
35:27le sport sur ordonnance
35:28qui permet d'accompagner
35:29les patients
35:30les pratiquants
35:31qui ont des pathologies chroniques
35:34et donc
35:34les activités subaquatiques
35:36l'apnée en fait partie
35:37la plongée des bouteilles
35:38dans de bonnes conditions
35:39j'entends
35:40c'est pas dans l'eau froide
35:41et c'est pas dans de mauvaises conditions
35:42permet effectivement
35:44je dirais
35:45d'aider les gens
35:45sur le plan
35:46on va dire médical
35:47on le voit
35:47dans des problèmes
35:48comme le diabète
35:49comme des problèmes
35:49comme chez les enfants
35:51en particulier
35:51chez les enfants
35:53qui sont hyperactifs
35:53la pratique de la plongée
35:55est très intéressante
35:56pour ça
35:57donc des tas de domaines
35:58du monde médical
35:59l'importance
36:00je dirais
36:00de cette prise en charge
36:02on parle de plus en plus
36:03de sport santé
36:03parce que
36:04le sport est un médicament
36:07sans les effets secondaires
36:09que peuvent avoir
36:09les médicaments
36:10dans le sport
36:11je parle pas du sport extrême
36:12mais du sport
36:13on va dire
36:13de pratiques sportives
36:15je dirais adaptées
36:16Nicolas
36:16il y a certains de vos patients
36:18qui vont vous conseiller
36:19la plongée
36:19ça pourrait être
36:20faire partie
36:21de leur thérapie
36:22absolument
36:23notamment dans les cas
36:24de
36:25je pense tout de suite
36:25à la poignée de coxarthrose
36:27les problèmes d'arthrose de hanche
36:28on va pouvoir bien travailler
36:29notre articulation
36:30dans tous les plans
36:32les personnes qui souffrent
36:33de façon chronique
36:33au niveau du dos
36:34à moins qu'on ait
36:35des gros problèmes discals
36:37on est hors gravité
36:39lorsqu'on fait de la plongée
36:40donc on a beaucoup moins
36:41de contraintes
36:41qui s'appliquent
36:42sur le rachis
36:45oui et puis surtout
36:46les gens qui sont anxieux
36:48qui sont angoissés
36:49surtout dans un milieu
36:50qui est vraiment
36:51qui est vraiment
36:51très apaisant
36:53je ne vais pas faire
36:54de parallèle
36:55avec la vie en ligne utero
36:56mais on est quand même
36:57sur quelque chose
36:57qui nous rassure
36:59est-ce qu'il y a
37:00des contre-indications
37:01à la plongée
37:01je pense qu'il y a
37:02des risques
37:03il y a de la prudence
37:05on passera à la parole
37:06après Arnaud
37:07parce que tout le monde
37:08ne peut pas faire comme lui
37:08mais déjà au niveau médical
37:10alors oui
37:11il y a des contre-indications
37:13ce qui sont les grandes pathologies
37:14si j'ose dire
37:15sur le plan cardiovasculaire
37:17sur le plan respiratoire
37:18par exemple de l'asthme
37:19on peut pratiquer l'apnée
37:22des problèmes
37:23par contre
37:23en plongée bouteille
37:24il faut à ce moment là
37:25avoir la vie
37:25d'un médecin spécialiste
37:27de plongée
37:29oui il y a donc
37:29c'est pour ça
37:30qu'il y a souvent
37:31besoin d'un examen médical
37:33avant de pratiquer
37:34donc je dirais l'activité
37:36en dehors d'un baptême
37:37pour un baptême
37:37on n'a pas besoin
37:38de certificat médical
37:39mais quelqu'un
37:40qui va pratiquer
37:40plus régulièrement
37:41il y a besoin
37:41d'un certificat médical
37:43ça c'est une réalité
37:44oui Nicolas
37:46je crois que vous
37:46voulez ajouter quelque chose
37:47Arnaud je suis sûr
37:48que les gens vous demandent
37:49des conseils régulièrement
37:50pour commencer la plongée
37:51qu'est-ce que vous leur dites
37:52quand on vient vous dire
37:53j'aimerais bien faire de la plongée
37:55elle est belle cette photo
37:57c'est magnifique
38:01quand on veut découvrir
38:02l'apnée
38:03ou la plonge en bouteille
38:04le tout c'est d'être
38:05bien encadré
38:06être dans un club
38:07où on se sent en sécurité
38:09qui nous fait plonger
38:10dans des conditions de mer
38:11qui sont faciles
38:12la première initiation
38:14est assez importante
38:15parce que c'est ce qui va
38:16nous donner un peu
38:16la base de notre envie
38:18de faire plusieurs plongées
38:21ou d'arrêter
38:21sur cette première initiation
38:22donc plus les conditions
38:24vont être idéales
38:25une eau chaude
38:25une mer calme
38:26pas trop de courant
38:28plus on va avoir envie
38:29d'y retourner
38:30un peu comme tout
38:30c'est comme aller
38:31dans un restaurant
38:32et manger un plat
38:33qu'on n'aime pas trop
38:34on n'a pas forcément
38:35envie d'y retourner
38:35dans ce restaurant
38:37donc chaque découverte
38:39que ce soit dans l'apnée
38:40dans différents sports
38:41ou dans une passion
38:43qu'on a envie de tester
38:44il faut qu'elle se passe
38:46de la meilleure manière possible
38:47c'est aller quelque part
38:49où on va discuter
38:50avec les encadrants
38:51et se sentir en sécurité
38:53ou peut-être pas
38:55et si ce n'est pas le cas
38:56trouver notre structure
38:58aujourd'hui la fédération
39:00nous offre la possibilité
39:01d'avoir plusieurs clubs
39:03dans le sud de la France
39:05et même au-delà
39:06on peut voir
39:07beaucoup de clubs d'apnée
39:08à Paris
39:09ou même de plongée bouteille
39:10ou apnée
39:11dans des fosses
39:12de 20 à 15 mètres
39:14de profondeur
39:14donc on peut tester
39:15l'apnée partout en France
39:17dans le monde bien sûr aussi
39:18mais en France
39:19on a quand même
39:19un pôle assez important
39:22donc c'est être bien entouré
39:24et pas forcément arriver
39:26avec des a priori
39:27se laisser aller
39:28à la discipline
39:30et stresser
39:31parce que l'apnée
39:32ou la plongée bouteille
39:33c'est des sports
39:34faits pour déstresser
39:35avant de vous passer
39:36la parole
39:37une dernière question
39:38ce petit bébé
39:39qu'on a vu là tout à l'heure
39:40elle va toujours sous l'eau
39:42régulièrement
39:42alors oui
39:43elle est plus âgée
39:44c'est une vieille image
39:46ça
39:46elle a 35 ans
39:49et alors c'est une passionnée
39:51de plongée
39:52alors
39:54sa soeur aussi
39:55sa soeur est plus passionnée
39:56de plongée
39:57parce que peut-être
39:57elle en a un peu trop fait
39:58quand elle était plus jeune
40:01Hélène
40:01on prend les questions
40:02merci beaucoup
40:03on peut vous applaudir
40:04tous les quatre
40:05merci infiniment
40:11et nous allons bien sûr
40:13vous passer la parole
40:14pour des questions
40:15ou des réactions
40:16donc n'hésitez pas
40:18à lever la main
40:18voilà il y en a une
40:19de ce côté-ci
40:22on va commencer par la gauche
40:24donc on vous écoute
40:28bonjour madame
40:30bonjour et merci beaucoup
40:32j'ai trouvé ça absolument fascinant
40:34et j'avais plusieurs questions
40:37et monsieur vos photos sont absolument magnifiques
40:40donc bravo à tous les trois
40:42j'avais une question concernant
40:45la préparation de
40:47voilà du record
40:48que vous avez
40:50accompli
40:51et bravo
40:52je voulais savoir
40:53comment ça se prépare
40:54à un événement comme ça
40:55si c'est sur plusieurs semaines
40:57plusieurs mois
40:57voilà
40:58et la deuxième question
41:01ce serait
41:01par rapport à votre parcours
41:03je voulais savoir
41:04si vous aviez eu
41:06des doutes
41:07suite à des frayeurs
41:08ou des expériences
41:10parce que voilà
41:10il peut se passer tellement de choses
41:12et c'est une question de secondes
41:13parfois
41:15si vous aviez eu des doutes
41:16et vos plus grandes joies
41:18dans votre parcours
41:19voilà
41:19ça fait beaucoup de questions
41:20mais
41:21on est pas mal
41:23la préparation
41:24d'un apniste
41:26il n'y a pas vraiment
41:27un entraînement type
41:30on est un sport
41:31où on n'est pas beaucoup
41:32à pratiquer aujourd'hui
41:33à ce niveau là
41:34de plus en plus
41:35à pratiquer la discipline
41:36en elle-même
41:37par passion
41:38mais à ce niveau là
41:40on n'est pas beaucoup
41:41donc chacun va vraiment avoir
41:42une approche
41:43complètement différente
41:45il y en a qui vont faire
41:45de l'apnée toute l'année
41:46partir à l'étranger
41:47pour rester dans des eaux chaudes
41:49s'entraîner beaucoup
41:50en apnée en piscine
41:50et d'autres comme moi
41:53vont faire une coupure
41:54parce que c'est un sport
41:55qui demande tellement
41:56de ressources
41:58au moment
41:58où on va plonger
42:00de gérer ses peurs
42:01la veille d'une plongée
42:02savoir qu'on va prendre
42:03beaucoup de risques
42:05et en même temps
42:06d'y aller quand même
42:06donc gérer cet aspect mental
42:08est très délicat
42:09en fait
42:10je le vois de plus en plus
42:11en gagnant un peu d'âge
42:13qu'il y a
42:14il y a une peur
42:16au début
42:16qui nous aide
42:17à nous motiver
42:18à nous permettre
42:19de prendre conscience
42:20du moment
42:20c'est une peur qui est positive
42:23sinon
42:24si j'avais pas peur
42:24ça serait encore plus dangereux
42:27mais cette peur
42:28il faut pas non plus
42:28la surjouer
42:31pour éviter de tomber
42:32dans un aspect un peu
42:34dépressif
42:34de la performance
42:35donc c'est
42:36c'est cet équilibre là
42:37qui est difficile
42:38des fois à trouver
42:39sur ces sports extrêmes
42:41donc c'est pour ça que je décide
42:42une partie de l'année
42:43d'arrêter l'apnée
42:44ma saison elle va durer
42:45du mois de mars
42:46j'ai commencé il y a quelques semaines
42:48au mois de juin
42:49ou juillet
42:51cette stratégie
42:52elle est assez importante
42:54pour moi
42:54parce que
42:55tout le reste de l'année
42:56je vais pouvoir m'entraîner
42:57à faire du vélo
43:00à faire de la natation
43:01à travailler avec
43:03mon ostéopathe
43:06à préparer mon corps
43:07pour pouvoir plonger
43:09et aussi
43:09à donner à mon cerveau
43:10un peu de pause
43:12un peu de vacances
43:12passer du moment en famille
43:14et éviter de penser
43:15tous les jours
43:16à qu'est-ce que je vais faire
43:17à 126
43:18127
43:18130
43:20donc voilà
43:20c'est ces deux parties
43:21que j'apprécie
43:23bien dans ma saison
43:24néanmoins
43:25je dois repartir à zéro
43:26à chaque fois
43:27ma première plongée de l'année
43:28c'est 30
43:2930 mètres
43:30et petit à petit
43:31pendant 4-5 mois
43:32je vais grappiller
43:33c'est un peu comme
43:34monter sur le mont Everest
43:35le corps ne peut pas
43:36d'un coup replonger
43:38à 126 mètres de profondeur
43:39donc je le réadapte
43:42et sur la deuxième question
43:44est-ce que j'ai eu des peurs
43:45et des frères
43:45oui ça fait partie
43:46de ces sports
43:47qui nous font vivre
43:49des choses
43:49qui sont pas forcément
43:50j'ai envie de dire
43:51de notre âge
43:52mon premier championnat du monde
43:54était à Roatan
43:55en Honduras
43:57et j'étais le plus jeune
43:58à plonger à ces profondeurs
43:59donc il fallait
44:00en même temps
44:01que je me motive
44:02d'essayer d'aller plus bas
44:03et que je me contrôle
44:05parce que la communauté
44:06de l'apnée aussi
44:07voyait un jeune profil
44:08aller à ces profondeurs
44:09donc tout le monde
44:09me poussait
44:10tout le monde me disait
44:11mais Arnaud
44:11putain
44:11125 mètres
44:13130 mètres
44:13alors que j'étais
44:14qu'à 100 mètres
44:15au début
44:15donc j'essayais en même temps
44:17de pas trop écouter
44:18mon égo
44:19dans ces moments-là
44:20de progression
44:22malgré ça
44:24comme dans n'importe quelle
44:26situation de la vie
44:27le risque zéro
44:27n'existe pas
44:29donc je plonge
44:30à 105 mètres
44:31de profondeur
44:31ce jour-là
44:32et au moment
44:33d'arriver en bas
44:34donc vous avez vu
44:34j'ai cette longe
44:36qui est reliée
44:36à mon poignet
44:37que je clipse
44:38sur la ligne
44:38qui me relie
44:39à la surface
44:39sans ça
44:40je suis perdu
44:42et bien cette longe
44:43fait un nœud
44:43en bas
44:45parce qu'à l'époque
44:46l'équipement était
44:46beaucoup moins
44:47à l'époque
44:48il n'y a que quelques années
44:49le sport est très jeune
44:50mais il évolue très vite
44:51l'équipement n'était pas
44:53aussi performant
44:54qu'aujourd'hui
44:54donc cette longe
44:55fait un nœud en bas
44:56et je me retrouve
44:58à palmer au retour
45:00et avec la main
45:01je sens qu'il y a quelque chose
45:02qui me bloque en bas
45:03je sentais que c'était la longe
45:04deux solutions
45:05soit me détacher
45:06mais prendre le risque
45:07de me perdre sous l'eau
45:09parce qu'en bas
45:10on ne sait pas faire la différence
45:11entre la surface
45:12et la profondeur
45:13tout est bleu
45:14et aussi on n'a pas d'apesanteur
45:15on ne sait pas trop
45:17on peut palmer
45:18en se disant
45:19qu'on va vers la surface
45:20alors qu'on est en train
45:20de descendre
45:22donc ce moment-là
45:23était très dur à vivre
45:26donc je décide
45:27de détacher ma longe
45:28et de garder
45:29le contact visuel
45:30avec le boot
45:31en face de moi
45:32parce que sans ce contact
45:33j'aurais pu me perdre
45:34et je remonte
45:35à la surface
45:36en me disant
45:36alors c'est trop bête
45:38c'est trop bête
45:39pour une plongée
45:40pour une passion
45:41on va se mettre
45:42autant en danger
45:43je sors de l'eau
45:44tout va bien
45:46je fais mon protocole
45:47et j'ai passé
45:49peut-être deux semaines
45:50à revivre ce moment
45:53sans pouvoir plonger
45:54en me disant
45:54que j'allais arrêter
45:55l'apnée
45:55et finalement
45:56je suis très content
45:58d'avoir vécu ça
45:59aussi jeune
46:00aussi tôt
46:00dans mes performances
46:01parce que
46:02c'est comme si
46:03le sport m'avait dit
46:05tu veux venir
46:06plonger
46:07dans ce sport
46:08ben voilà les risques
46:09ils sont là
46:10est-ce que tu as envie
46:11de les assumer
46:12est-ce que tu as envie
46:12de construire une équipe
46:13autour de toi
46:14pour faire en sorte
46:16de pallier à ces risques
46:17en tout cas
46:17d'essayer de
46:18de te professionnaliser
46:19ou il vaut mieux
46:20abandonner maintenant
46:21donc voilà
46:22je me suis entouré
46:24d'une équipe
46:24mes partenaires
46:25notamment
46:25Richard Mille
46:26m'ont permis
46:27de financer mon bateau
46:28de m'entraîner
46:29avec des apnises
46:30de sécurité
46:30de m'entourer
46:31de médecins
46:32d'ostéopathes
46:33comme Nicolas
46:34avec qui je travaille
46:35depuis 2-3 ans
46:36et de professionnaliser
46:38ce sport
46:39pour le rééquilibrer
46:42le rééquilibrer
46:43par rapport
46:44aux profondeurs
46:44où on va aujourd'hui
46:45donc c'est
46:47c'est quelque chose
46:48qui est passionnant
46:49et en même temps
46:50qui fait très peur
46:51à la fois
46:51et jusqu'à quand
46:53je serai apte
46:55à accepter
46:56cette prise de risque
46:58par rapport
46:59à mon plaisir
46:59voilà
47:00si je sens
47:01que j'ai plus de peur
47:02que de plaisir
47:02j'arrête le sport
47:04et voilà
47:05c'est un vrai challenge
47:07et une situation
47:08où on s'y met
47:09tout seul
47:10au final
47:11je fais ce sport
47:12parce que j'apprends
47:12de plus en plus
47:13à gérer mes émotions
47:16à apprendre
47:17à me connaître
47:17bien sûr
47:19je suis un athlète
47:20et j'aime la compétition
47:22faire des nouveaux records
47:22par rapport à mon concurrent
47:24c'est agréable
47:25mais la part de risque
47:28fait qu'il faut
47:29que ça aille au-delà
47:30des simples maîtres
47:32qu'on réalise
47:33et la dernière question
47:35donc en quelques mots
47:36votre plus grande joie
47:38oui
47:39on va parler de ça aussi
47:41ma plus grande joie
47:43il y en a eu plusieurs
47:45je pense que
47:46ces derniers records
47:49étaient magnifiques
47:50il y en a eu 10
47:52chacun a eu une histoire
47:53bien spécifique
47:54mais ma plus grande joie
47:56c'est le jour
47:57où je sentais
47:58que ma famille
47:59et mes proches
48:00n'étaient pas forcément
48:02d'accord
48:03pour que j'aille plus bas
48:05j'avais déjà fait
48:06deux records
48:06sur une saison
48:07et je visais un troisième
48:09et personne ne comprenait
48:11pourquoi j'avais envie
48:12d'aller plus bas
48:13il n'y avait pas de sens
48:15parce que pour eux
48:17mon objectif
48:18c'était juste
48:19de faire le record
48:19et c'est là où finalement
48:21ma plus grande joie
48:22ça a été de me révéler
48:24de me dire
48:24j'ai envie d'aller plus bas
48:25parce que
48:26ça me fait plaisir
48:27parce que
48:27c'est pas forcément le chiffre
48:31c'est que j'ai envie
48:31de performer
48:32de faire évoluer
48:33à mon niveau
48:33la condition humaine
48:34de voir à quelle profondeur
48:36on pourra aller
48:38et c'est là où j'ai découvert
48:39que je ne faisais pas ce sport
48:41pour les records
48:41mais pour moi
48:43et mon évolution personnelle
48:45et ce passage là
48:46était vraiment
48:48clé
48:50et m'a aidé
48:50à avoir une autre vision
48:52de mon sport
48:52pour les prochaines années
48:53merci beaucoup
48:54alors nous avons une question
48:55là-haut
48:56on vous écoute
49:00allez-y
49:01ah
49:04parlez proche du micro
49:05madame
49:05peut-être si vous parlez
49:06très près
49:08non
49:09apparemment
49:09le micro ne fonctionne pas
49:10est-ce qu'il y a une question
49:11de ce côté là
49:12ou pas
49:12oui
49:13voilà
49:13alors on va prendre
49:14la question de la dame
49:15et on revient vers vous
49:16dès qu'on a arrivé
49:17le petit souci technique
49:19on vous écoute
49:20bonjour
49:22merci à vous
49:22question
49:23est-ce que vous faites de la méditation en pleine conscience
49:27du yoga
49:28quelles sont vos pulsations cardiaques au départ et pendant et à la fin de la plongée
49:35ça fait encore beaucoup de questions mais
49:37non non ça va
49:39pulsation à la surface comme tout le monde
49:41parce que c'est un sport un peu qu'on pourrait lier comme le sprint
49:45tandis que les athlètes qui font le tour de France ou du biathlon comme Martin Fourcade
49:50peuvent atteindre les 40 pulsations ou 30 pulsations déjà au repos à la surface
49:58ensuite quand je plonge avant de plonger j'ai beaucoup de stress et je pense que le coeur est entre
50:03100 et 95 pulsations
50:06plus je vais descendre plus le corps va avoir ces mécanismes qui vont me protéger
50:11donc le coeur va descendre entre je pense
50:13après tu pourras me confirmer
50:15entre 15 et 20 pulsations
50:18Mayol lui descendait plus bas parce qu'il faisait un sport où il descendait avec un plomb
50:22et remontait avec un ballon gonflé derrière
50:24il n'y avait pas d'effort
50:27à la surface je suis comme tout le monde
50:30et puis j'oublie la première question
50:32la méditation
50:34j'en ai jamais fait parce que pour moi
50:37rien que de se mettre sous l'eau
50:39pratiquer ce sport c'est une forme déjà de méditation
50:42j'ai pas forcément un manque à la surface
50:44beaucoup d'apnéistes en pratiquent
50:46notamment le pranayama sur la respiration ou la pleine conscience
50:50mais c'est vrai que quand je suis arrivé dans ce sport
50:53j'ai pas forcément eu le besoin ou l'envie d'en plus en faire à la surface
51:00merci beaucoup une question madame
51:03bonjour et félicitations
51:05c'est une question excessivement technique
51:07votre cage thoracique, le périmètre thoracique que vous avez peut passer de combien à combien ?
51:14est-ce que vous avez pu changer de chemise ?
51:16est-ce que vous voulez ?
51:16extrêmement technique
51:20je sais pas
51:21on peut le voir des fois sur des vidéos où je plonge
51:24ou une vidéo connue d'un apnèse qui s'appelait Loïc Leferme
51:28qui plongeait en eau limite
51:31on le voit plonger
51:32qui plongeait à plus de 170 mètres
51:35et à un moment la cage thoracique est tellement comprimée
51:38qu'on voit sa combinaison en fait flotter
51:42combien on perd ? je sais pas
51:43je sais pas, ça serait une erreur de vous donner un chiffre
51:47mais on sent que la combinaison commence à flotter en bas
51:53Frédéric, vous avez une idée d'un chiffre de variation de diamètre ?
51:58non, désolé
51:58merci, alors on va prendre une question là-bas
52:01allô ?
52:02oui, on vous écoute
52:03c'est ici ? d'accord
52:05oui, on vous voit Arnaud
52:07à un moment donné, juste avant la plongée
52:09vous ventiler
52:10vous êtes allongé sur le dos
52:13vous êtes aidé par ce petit matelas de rondaine de mousse
52:16la pupille, vous vous immergez
52:17alors c'est une question que je vous pose bien sûr à vous
52:19qui êtes au plus haut niveau
52:20mais également aux intervenants
52:23qu'est-ce que vous faites exactement
52:24lorsque vous vous ventilez ?
52:26et puis deuxième question
52:27pour l'apnéiste moyen
52:29qu'est-ce qu'il faut faire ?
52:30qu'est-ce qu'on peut faire ?
52:31et qu'est-ce qu'il ne faut pas faire ?
52:34on a beaucoup de questions aujourd'hui
52:35c'est super ça
52:36absolument
52:37et des doubles questions
52:38absolument, triple question
52:39ça me fait travailler tout ça
52:42qu'est-ce que je fais à la surface ?
52:44alors je suis allongé sur le dos
52:45ça permet de dégager la cage thoracique et le ventre
52:49de la pression que je peux avoir sous l'eau
52:50on se rend pas compte
52:51mais même si je suis debout à un mètre de profondeur
52:55ça exerce quand même une pression
52:57donc je mets mon corps à la surface
53:00donc les voies thoraciques sont vraiment à l'air
53:03donc il n'y a pas de contrainte
53:05et là j'essaye juste de penser à autre chose que le record
53:09à m'imaginer chez moi avec la famille
53:13avoir quelque chose qui me déconnecte complètement du moment
53:16pour calmer le rythme cardiaque
53:18ensuite je souffle tout mon air
53:20donc je souffle au maximum mon air
53:22puis je commence à gonfler le ventre
53:25et la cage thoracique
53:26ça tout le monde peut le faire
53:28tout le monde peut essayer cette technique
53:30c'est pour avoir le maximum d'air
53:32ce que tout le monde ne peut pas faire au début
53:34sur les apnéistes débutants
53:36ou les personnes qui veulent découvrir ce sport
53:38c'est ce qu'on va faire plus tard
53:39c'est la carpe
53:41la technique de la carpe
53:42parce qu'en fait on ressemble littéralement à une carpe
53:44quand on le fait
53:45donc je vais vous le montrer
53:48j'expire tout mon air
53:52j'inspire par le ventre
53:54et ensuite la cage thoracique
53:57et après je vais faire ce qu'on appelle
53:59le lung packing en anglais
54:01je vais mettre beaucoup plus d'air que la normale dans mes poumons
54:08et là je vais faire un système de pompage
54:11cet air
54:12je vais pouvoir ajouter peut-être en demi-litre
54:15il ne va pas vraiment me servir pour avoir plus d'oxygène
54:18mais pour pouvoir compenser mes oreilles plus profond
54:22donc c'est une technique
54:25qui sollicite tellement les poumons
54:27que je ne la recommande pas pour les débutants
54:29après ce que je recommande sur des personnes
54:31qui découvrent l'apnée en général
54:33c'est d'y aller doucement
54:35on n'est pas pressé
54:36de ne pas oublier que le chiffre
54:38ce n'est pas vraiment important
54:41et juste de prendre le temps
54:43et ne pas oublier que ça sollicite quand même le corps
54:46c'est un sport qui est très calme
54:48quand on se met dans l'eau
54:50généralement l'eau est chaude
54:51on est bien entouré
54:52on n'a pas vraiment l'impression de faire un effort
54:56mais il ne faut pas oublier que ça reste un sport
54:57et que le corps est très sollicité
54:59et derrière ça a besoin de repos
55:02voilà donc c'est
55:04y aller doucement
55:05et ne pas oublier de se reposer
55:07et puis d'écouter ses sensations
55:09et l'apnée
55:09de toute façon on ne peut pas y aller en force
55:11sinon la mère nous impose de suite sa pression
55:14merci beaucoup
55:15alors on va prendre une dernière question
55:17déjà
55:18je sais que vous êtes nombreux à lever la main
55:20mais on prend la dernière
55:21merci beaucoup
55:23j'avais une question par rapport au mental
55:25je sais que ça a été abordé il y a deux ans
55:26mais pour aujourd'hui
55:27vous avez parlé monsieur du fait qu'il avait un grand mental
55:30et quand je vous écoute on a aussi l'impression que vous lâchez le mental
55:35donc c'est à peu paraître paradoxal
55:37et vous parlez aussi beaucoup de gestion de vos émotions
55:40et votre style de vie
55:41moi j'aimerais en savoir un petit peu plus justement
55:44sur vos propres clés à vous
55:49pour mental, pas mental, gestion des émotions
55:52comment vous vous faites et dans votre style de vie
55:54ça ressemble à quoi votre style de vie qui permet tout ça ?
55:57c'est ma première question
55:58et la deuxième c'est par rapport à...
56:00on est pas mal
56:01c'est ça
56:01il y a pas de raison
56:02il y a la troisième qui arrive
56:03exactement
56:03on est sur des double questions là aujourd'hui
56:05et en fait vous avez parlé beaucoup de température de l'eau
56:09qu'est-ce que l'eau froide fait
56:11qui empêche quoi ?
56:13c'est ma deuxième
56:14merci beaucoup madame
56:16Arnaud
56:17j'oublie les questions du coup
56:19c'est un vrai apnéiste
56:21un vrai apnéiste oublie tout
56:22votre mode de vie, le mental
56:24et ensuite la température de l'eau
56:25mon mode de vie a toujours été
56:28c'est un caractère
56:29je suis quelqu'un de plutôt calme
56:32j'ai du mal à stresser
56:34pour des choses plutôt anodines
56:38pourquoi ?
56:39l'apnée m'a appris à vivre des moments
56:41qui étaient très extrêmes
56:43qui m'ont mis en danger
56:43où finalement
56:47ces dix dernières années
56:48dans mon parcours d'apnéiste
56:50dans ma petite carrière
56:52j'ai pu vivre des moments de vie
56:54qui n'étaient pas forcément
56:57de mon âge
56:58ou qu'on peut vivre au bout de
57:00beaucoup plus de temps
57:01je veux dire une personne
57:03qui n'a pas d'apnée ou de sport extrême
57:05à des moments va passer
57:07peut-être à côté de la mort
57:08d'un accident de voiture
57:09d'une chute en vélo
57:11d'un avion qui a un souci
57:14en tout cas on a ces moments de stress
57:16qui peuvent apparaître dans une durée de vie
57:19en pratiquant un sport extrême
57:20ces moments on va les compresser
57:23on va en vivre peut-être
57:24beaucoup plus que la normale
57:25il faut savoir y faire face
57:27et grâce à ça
57:31quand on revient à la surface
57:32dans la vie de tous les jours
57:33les petits soucis du quotidien
57:35deviennent presque
57:37pas vraiment important
57:38et je dirais qu'on n'a pas besoin
57:41de pratiquer un sport extrême
57:43pour essayer de se sentir moins stressé
57:46par des choses qui ne sont pas vraiment stressantes
57:48souvent on vit un moment stressant
57:50et on ne pense qu'à ça
57:52ça peut être une réunion au travail
57:54ça peut être une décision difficile
57:56à prendre dans son travail
57:59dans son couple ou avec ses amis
58:00et on se dit
58:01mais pétard je stresse
58:04et on ne voit plus que ça
58:06et on oublie en fait
58:07toute l'expérience
58:08qu'on a eu dans notre vie
58:09et qu'on oublie que des fois
58:11on a eu des moments
58:11qui étaient beaucoup plus stressants
58:13beaucoup plus importants
58:14des décisions qui étaient
58:15beaucoup plus challengeantes
58:17et le fait d'à chaque fois
58:18arriver à prendre ce recul
58:20dans ces situations extrêmes
58:21nous permet d'être beaucoup plus lucide
58:24dans ce moment là
58:24il faut vivre son émotion
58:26et être stressé
58:27et vivre le moment
58:28mais ne pas oublier que
58:30cette situation n'est pas
58:32la seule et unique
58:33qu'on vit dans notre vie
58:36et la température de l'eau
58:38pour terminer
58:38et la température de l'eau
58:40elle joue beaucoup
58:41parce que effectivement
58:42quand on est dans une eau froide
58:43on va se tendre
58:44le corps a envie de se réchauffer
58:46donc il va trembler
58:48si l'eau au contraire
58:50est trop chaude
58:52on va consommer trop d'oxygène
58:54parce que le coeur va battre très fort
58:55donc s'il y a une température
58:57parfaite pour l'apnée
58:58qui je dirais pour moi
59:00en tout cas
59:00est autour des 28-26 degrés
59:04ça me permet d'être détendu
59:06mais en même temps
59:06de ne pas avoir froid
59:07donc si on est au-delà
59:09de cette température
59:10on ne se sent pas bien
59:11et si on est en dessous
59:12le corps va se sentir stressé
59:14et si on est stressé
59:15le diaphragme est tendu
59:16et voilà
59:17il y a plein de conséquences
59:19qui arrivent après ça
59:22merci beaucoup
59:22alors nous arrivons au terme
59:24de cette conférence déjà
59:26et j'aimerais donc bien sûr
59:27avant que l'on se quitte
59:28qu'on applaudisse
59:29qu'on applaudisse
59:30tous nos invités très fort
59:31et j'aimerais donc bien sûr
59:35que j'aimerais donc bien sûr
59:36merci à tous
59:38merci à tous
59:42merci à tous
59:44merci à tous
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