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  • il y a 8 minutes
Retrouvez le replay de Fauvelle Week-end sur BFMTV.

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Transcription
00:00Bonsoir Gérard Languet.
00:01Bonsoir.
00:01Merci d'être avec nous, ancien ministre de la Défense, ancien sénateur également.
00:05Un mot peut-être d'abord sur ce climat social, ces manifestations à répétition.
00:09C'est la neuvième journée de manifestation en l'espace d'un mois et demi en France.
00:13Comment faire pour que ça s'arrête ? Que peut faire le gouvernement ?
00:16Pas grand-chose en vérité.
00:19Pas grand-chose parce qu'il n'a plus le contrôle de la situation budgétaire du pays.
00:25Donc vis-à-vis de l'enseignement, l'école publique, les lycées, l'université, il est quand même à peu
00:34près à court de moyens.
00:35Pour la partie économie d'entreprise, puisque s'il y a une politique salariale, c'est les entreprises qui paieront.
00:44Elles sont en mesure d'expliquer que compte tenu de la situation de la compétitivité française, il faudrait mieux ne
00:51pas charger la barque maintenant.
00:52Donc votre réponse à ces visages qui manifestent aujourd'hui pour réclamer un peu plus, c'est « on ne
01:00peut pas ? »
01:01Ce n'est pas la même, c'est une observation qui naît des réalités.
01:07Regardez le budget, aucune voie pour le soutenir et aucune marge de manœuvre.
01:12Et une contrainte forte qui est de maintenir à 5,4%, le gouvernement l'espère encore,
01:17malgré la conjoncture économique française qui est décourageante.
01:22Je ne vois pas qu'elle soit… Alors, je veux bien croire que Sébastien Lecornu est un magicien, mais je
01:29ne vois pas.
01:29– Mais il n'a rien dans son chapeau.
01:30– Il n'a rien dans son chapeau.
01:32– Qu'est-ce qu'il peut annoncer lundi à l'issue de cette conférence sociale qu'il a convoquée
01:37à Matignon avec les syndicats ?
01:39– Il annoncera à coup sûr le dialogue, l'approfondissement, un plan de plusieurs années qui commencera plus tard.
01:48Ça marche de manœuvre effective.
01:50D'ailleurs, très honnêtement, en ce qui concerne les lycées, revenons à l'essentiel.
01:55Il y a un problème global de l'éducation dans notre beau pays,
01:59avec un baccalauréat dont on ne sait pas exactement quelle est aujourd'hui sa signification.
02:05Donc, de toute façon, je vais vous dire, c'est bien que la crise s'ouvre avant la présidentielle
02:11pour que cette question de la formation des jeunes Français soit à l'ordre du jour
02:16dans la campagne présidentielle, ce qui n'a pas été le cas aux deux dernières élections.
02:20– Thierry Arnault.
02:20– On a bien compris que l'augmentation des salaires, l'augmentation du SPIC en particulier,
02:24du point de vue du gouvernement, ça présente un avantage,
02:26c'est que l'argent ne sort pas de sa poche ou de la poche du contribuable.
02:31On peut s'attendre donc à une pression forte sur les entreprises,
02:35à l'occasion de cette conférence sociale, avec l'argument que,
02:38s'agissant d'un certain nombre d'entre elles, les petits commerces,
02:41les petites entreprises, elles sont dans une situation compliquée.
02:43Il y a de très grandes entreprises qui vont très bien et qui ont peut-être,
02:47en tout cas c'est un discours qu'on entend beaucoup,
02:49les moyens d'être un peu plus généreuses avec leurs salariés.
02:52– Elles vont très bien pour leurs activités hors de France.
02:55C'est en fait toute l'ambiguïté française.
02:58Le CAC 40, je vais regarder un petit peu.
03:01Oui, les entreprises gagnent de l'argent,
03:03elles le gagnent sur les marchés qu'elles ont conquis à l'extérieur
03:06et pas en France.
03:07Donc là, le risque, c'est qu'il y ait en effet une pression
03:10et elles accepteront, je dirais, par civisme,
03:14et qu'elles continuent d'investir ailleurs, pas chez nous.
03:18– L'autre actualité du jour, Gérard Languès,
03:21c'est le meeting de Jean-Luc Mélenchon.
03:22Ça se passait au Bourget, près de Paris,
03:2515 à 20 000 personnes d'après les Insoumis.
03:27C'est le troisième gros meeting de Jean-Luc Mélenchon
03:29depuis qu'il s'est lancé dans cette campagne.
03:33Ça vous impressionne ou pas ?
03:35– Incontestablement, il y a un courant.
03:38Et incontestablement, Mélenchon est une bête de scène.
03:41– Je vais regarder son… grâce à vous d'ailleurs,
03:45et grâce à BFM, je vais regarder une bonne partie de son meeting.
03:49Oui, il sait parler.
03:50– Il sait parler mais il ne sait pas compter.
03:52– Pardon, est-ce que vous voyez sur l'image…
03:54– En France, le problème, c'est d'avoir des hommes politiques
03:56qui sachent compter.
03:57– Est-ce que vous voyez sur cette image
03:59le prochain locataire de l'Élysée ?
04:00– Non.
04:01– Pourquoi ?
04:02– Un isolement, un excès et une gêne, y compris à gauche.
04:08La façon dont ses amis traitent Glucksmann
04:13est profondément choquante et assez évocatrice
04:16d'un espèce de triomphalisme
04:20et d'une revendication de pouvoir qui est lourde.
04:24– C'est-à-dire qu'à un moment,
04:25il aura forcément besoin de ces voix-là ?
04:28– Il aurait forcément besoin de ces voix-là,
04:30on n'a pas l'impression qu'il cherche à les séduire.
04:33– Donc il veut quoi ?
04:35– Exister, il le fait.
04:38mobiliser, il le fait.
04:39Laissez une trace, sans doute la laissera-t-il,
04:42non pas dans ses réalisations,
04:43mais dans sa personnalité d'orateur.
04:47Peut-il réussir ?
04:52Honnêtement, je ne le vois pas par ses excès.
04:55– Plus les semaines passent, plus les sondages nous disent
04:58que Jean-Luc Mélenchon est en capacité d'être présent
05:00au deuxième tour de l'élection présidentielle.
05:02Est-ce que vous y croyez ?
05:03– Oui, c'est tout à fait possible.
05:05Si les candidats de centre-gauche, de centre-droit
05:08ne s'organisent pas pour rassembler leurs efforts,
05:13c'est tout à fait plausible.
05:15– Donc c'est plus l'insuffisance, l'incapacité des autres
05:18à s'organiser que la capacité de...
05:23– Il y a les deux, il y a les deux.
05:26Il faut bien voir qu'aux dernières européennes,
05:28moi je les ai suivies avec beaucoup d'intérêt,
05:30celles qui ont entraîné la dissolution,
05:32la majorité des électeurs français ont voté
05:34contre l'économie de marché,
05:36telle que l'Union européenne l'a organisée
05:38et telle qu'elle est acceptée
05:39chez la quasi-totalité de nos partenaires.
05:42– C'est-à-dire ?
05:42– Les voies du RN, plus les voies de LFI,
05:47plus les voies écolo qui sont décroissantistes,
05:50entre guillemets, c'est une majorité en France.
05:54– On ne peut pas dire que tous les électeurs
05:55de ces trois parties sont contre l'économie de marché ?
05:57– Si.
05:58– Ah bon ?
05:59– Ah ben si, parce que quand vous déclarez
06:00que vous pouvez faire six semaines comme ça,
06:03quand vous déclarez que vous pouvez faire...
06:05– Six semaines de congés payés.
06:05– Oui, six semaines de congés payés,
06:06il y a 1700 euros net demain matin,
06:08cela veut dire que vous imaginez que votre économie,
06:11que vous êtes seul à produire,
06:14est seul à vendre.
06:15Ce qui est totalement faux.
06:17L'économie de marché, c'est une économie
06:19où nous Français sommes en concurrence
06:21avec le monde entier.
06:23Et donc il faut tenir compte du monde entier,
06:25sinon nous serons balayés.
06:26– Vous mettez le projet économique du RN
06:27dans le même sac ?
06:28– Pour l'instant oui,
06:30parce que le discours du RN
06:33est un discours extraordinairement social-démocrate,
06:37l'État, la solidarité traditionnelle sécurisée, prolongée,
06:43et en particulier cette ambiguïté sur les retraites.
06:45On n'arrive toujours pas à comprendre comment ça marche.
06:48– Quand vous voyez ces répétitions
06:49de samedi de manifestation aujourd'hui en France,
06:52cette colère des Français qui s'exprime aussi dans la rue,
06:56souvent pacifiquement, mais pas uniquement.
06:58Est-ce que vous êtes inquiet pour la campagne électorale
07:00qui va se dérouler là, dans les mois qui viennent ?
07:03– Pour la campagne électorale, oui.
07:06– Oui, je suis inquiet en même temps,
07:07je crois qu'il faut raison garder.
07:09Combien de lycées sont-ils effectivement bloqués aujourd'hui ?
07:13On a, les chiffres sont heureusement faibles.
07:18Que les gens protestent contre la vie chère,
07:21on peut parfaitement le comprendre.
07:23Nous avons en France un coût de l'énergie,
07:24enfin en France, en Europe et dans le monde,
07:26un coût de l'énergie qui nous rappelle
07:28à des moments extrêmement dévisés,
07:30et on ne sait pas comment faire face immédiatement.
07:33Nous avons en France un coût du logement
07:35qui est plus élevé que partout ailleurs en Europe,
07:38parce que nous avons une offre de logement
07:41qui est insuffisante pour des raisons nombreuses,
07:44et qui sont liées notamment au financement
07:46et au découragement des investisseurs.
07:49Je prends ces deux exemples-là.
07:51Vous avez ce qui apparaît aussi quelque chose comme nouveau,
07:55la consommation numérique est une vraie charge pour les foyers,
08:00et tout le monde veut y avoir accès, on le comprend,
08:03parce que c'est extraordinairement créateur de satisfaction.
08:08Mais je reviens à ma question,
08:08est-ce que vous imaginez une campagne présidentielle
08:11qui se déroulerait au rythme des cortèges ?
08:13Non, je ne l'imagine pas, je ne le souhaite pas,
08:15et je crois que si le chef de l'État doit dire quelque chose,
08:19c'est de dire aux électeurs,
08:22respectez ce droit collectif qui vous permet de choisir votre président,
08:25et il faut une campagne de conviction,
08:29avec, à la limite, oui, en effet,
08:31des positions très différentes les unes des autres,
08:35mais que ces positions puissent s'exprimer
08:39et que les Français puissent choisir au moins les lignes de force.
08:43Mais ceux qui sont dans la rue aujourd'hui,
08:44Gérard Longuet, ils savent bien qu'il y a une élection présidentielle
08:46qui s'approche, ils ont décidé de descendre aujourd'hui
08:48parce que le message qu'ils souhaitent envoyer,
08:51c'est qu'ils ne veulent pas attendre,
08:52ils veulent des décisions et des réponses maintenant.
08:54Et pour eux, il faut que ça arrive avant cette élection présidentielle.
08:58– Il faut accepter les lois de la République.
08:59Le Président est élu pour cinq ans,
09:02son mandat vient en avril prochain,
09:06en mai, disons,
09:08et il faut accepter les règles du jeu.
09:10On ne peut pas être républicain sans accepter les règles républicaines.
09:13– Si Emmanuel Macron va à la télévision demain pour dire ça,
09:15il va en réalité remettre de l'huile sur le feu, vous ne pensez pas ?
09:18– Je ne suis pas lui de le dire,
09:20et j'espère qu'il a encore suffisamment des amis pour le rappeler.
09:22– Vous nous avez dit tout à l'heure
09:26que le projet économique du RN et le projet économique de la France insoumise
09:29vous semblaient inquiétants.
09:30– Ce ne sont pas des projets d'économie de marché ouverte
09:34avec l'objectif d'adapter la France à la concurrence.
09:37– Mais s'il fallait choisir entre les deux ?
09:41Au second tour, il n'y a que deux bulletins.
09:43– Oui, il n'y a en effet que deux bulletins.
09:45– Qu'est-ce que vous faites ?
09:46– Si ce sont ces deux-là,
09:49je ne vois pas voter pour Mélenchon.
09:52– Alors il reste le vote de la candidate ou du candidat à RN
10:00et le vote blanc.
10:02Le voter blanc, je trouve que ce n'est pas un truc qu'on a envie de faire
10:07quand on a la chance de pouvoir choisir.
10:09Mais là, franchement, caribécile là.
10:12– Là, vous êtes en train de nous dire que vous votez Marine Le Pen.
10:15– Caribécile là.
10:16– Hors de question de voter Jean-Luc Mélenchon.
10:19Voter blanc, ce n'est pas votre choix.
10:21Donc Marine Le Pen.
10:23– Le moment venu, je verrai ce qu'elle y aura dit.
10:26C'est l'intérêt des campagnes d'ailleurs.
10:28C'est l'intérêt des campagnes.
10:29– Mais ça veut dire que vous, le libéral,
10:31vous qui avez soutenu François Fillon il y a quelques années,
10:35n'êtes pas très loin de voter Marine Le Pen ?
10:38Ou que ce serait un choix par défaut ?
10:39– Pour l'instant, moi j'attends des hommes,
10:43je n'ai plus de responsabilité politique,
10:45j'attends des hommes de ma famille au sens large,
10:48et ça va du centre-gauche à la droite établi,
10:52qu'ils soient intelligents.
10:54Et cette intelligence devrait éviter ce choix.
10:56– Et concrètement, qu'est-ce que ça veut dire être intelligent ?
10:58Comment s'organise-t-il ?
11:00– Par exemple, accepter le principe de la primaire.
11:02Vous avez évoqué François Fillon à cet instant.
11:04Je suis resté fidèle jusqu'au bout à François Fillon
11:06parce qu'il avait été choisi par 4 millions de Français,
11:08ce qui mérite le respect.
11:10Je pense qu'Édouard Philippe n'a pas raison de refuser la primaire
11:14et que l'on est en mesure de l'organiser
11:18dans un calendrier acceptable pour le libre choix des Français.
11:23– Comment vous faites pour imposer une primaire
11:24à quelqu'un qui n'en veut pas ?
11:25Édouard Philippe dit « attendons le mois de janvier,
11:29le mois de février ».
11:30Comment vous lui tordez le bras ?
11:32– Je pense qu'il faut préparer l'organisation
11:35pour le tout début janvier
11:37et voter vers le 15 février
11:39pour mon anniversaire, par exemple, le 24.
11:41– Vous voteriez à cette primaire, donc ?
11:43– Moi, oui.
11:44– Oui.
11:45Avec qui, à l'intérieur ?
11:47Qui vous mettez dans cette primaire ?
11:49Personne n'est d'accord.
11:50Certains disent « il faut même aller jusqu'à Raphaël Glucksmann,
11:52pourquoi pas ? »
11:53D'autres disent « il faut aller jusqu'à David Wisnard ».
11:55– La tragédie française, c'est qu'on a accepté l'élection présidentielle
12:00sans en organiser à l'origine.
12:03En 1962, quand le principe a été voté,
12:07et à partir de 1965, pour la première élection,
12:11on ne s'est pas posé les bonnes questions.
12:13Et la bonne question, c'est qu'à partir du moment
12:16où la sélection des candidats est quand même très ouverte,
12:20c'est-à-dire que beaucoup se disaient « ah oui, au début,
12:22il y a eu une centaine de signatures seulement, maintenant on est à 500 ».
12:26C'est absolument, ce n'est pas une barrière pour avoir un choix responsable.
12:31Les États-Unis nous donnent un exemple.
12:33D'ailleurs, avec Charles Pascot, on avait présenté quelque chose de comparable en 1992.
12:39C'est-à-dire une primaire étalée dans le temps.
12:43Parce que la force du système américain, c'est que la primaire est étalée dans le temps.
12:47Ce n'est pas terrible.
12:48– Ça dure des mois, chaque État, l'un après l'autre.
12:49– Ça permet une sélection, c'est un peu comme autour de France,
12:52vous avez d'étape en étape, on s'aperçoit qu'il y a un coureur qui peut gagner
12:56et d'autres qui n'ont strictement aucune chance.
12:59Eh bien, cette primaire étalée dans le temps que nous n'avons pas su
13:04organiser dans notre famille de droite et du centre,
13:07qui nous manque aujourd'hui et qui font qu'on est tributaire de l'humeur de l'un ou de
13:12l'autre.
13:12– Avec qui dedans ? Édouard Philippe, vous le souhaitez ?
13:14Gabriel Attal ?
13:15– Naturellement.
13:16– Bruno Retailleau ?
13:17– Naturellement.
13:18– David Lissnard ?
13:19– Naturellement.
13:20– J'ai oublié qui, Thierry, aidez-moi.
13:23– Eh bien, Raphaël Glucksmann ?
13:24– Raphaël Glucksmann, à mon avis, n'accepterait pas d'être mesuré.
13:31Mais si vous voulez, si la primaire existait, les candidats ne seraient plus les mêmes.
13:36Et si la primaire était étalée dans le temps,
13:38il y aurait la possibilité pour les uns et pour les autres de faire un galop d'essai
13:42et puis de se rendre compte, honorablement, que la France ne les attend pas.
13:46– Mais la primaire américaine, elle oppose les candidats qui appartiennent aux mêmes partis.
13:50– À deux partis, oui, différents démocrates.
13:52– Qui ont parfois des divergences, mais qui sont au sein de la même famille.
13:55– Vous avez tout à fait raison.
13:56– Là, ce qu'on envisage, c'est quelque chose de différent par nature.
13:58– Par nature, parce qu'on fait des primaires sur mesure, ce qui est une très mauvaise façon.
14:04primaires sur mesure en fonction de chaque rendez-vous présidentiel.
14:09Nous n'avons pas fait de primaires en 22,
14:11enfin des primaires internes limitées aux seuls adhérents d'un parti politique
14:16qui n'étaient pas d'un nombre représentatif de l'ensemble de leur camp.
14:21Moi, je serais pour un système de primaires,
14:26avec vraiment préparé, institutionnalisé et étalé dans le temps
14:30pour que chacun puisse tenter sa chance et pouvoir se retirer honorablement.
14:35– On en vient à ce qui vous a…
14:36– Enfin, maintenant, c'est trop tard.
14:37– Bon, à ce qui vous a intéressé et passionné pendant des années, Gérard Longuet,
14:40c'est-à-dire les questions de défense.
14:42– Oui.
14:42– Et peut-être d'abord, Thierry Arnault, à ce qui s'est passé cette semaine
14:45dans des avions et dans des médias, c'est-à-dire ces alertes à la bombe à répétition.
14:49Qu'est-ce qu'on sait de ce qui s'est passé ?
14:50– Plus d'une trentaine d'avions, effectivement, menacés par des alertes à la bombe,
14:55dont effectivement ce fameux vol Dublin-Rome
14:57qui a dû atterrir en catastrophe dans des circonstances assez rocambolesques
15:01sur l'aéroport d'Evreux en France.
15:03Et depuis, évidemment, des enquêtes qui sont ouvertes,
15:07notamment par le Parc de Paris, pour savoir quelle est l'origine de ces menaces,
15:10à quel point il faut les prendre au sérieux ou pas,
15:13et surtout, Marc, bien sûr, d'où viennent-elles ?
15:16– Qui peut être derrière ça ?
15:18– C'est toute la difficulté de l'ANSI,
15:25vous savez, l'Agence nationale pour la sécurité des systèmes informatiques,
15:27c'est qu'on voit assez bien le hacker,
15:30on ne voit pas nécessairement celui qui lui a donné les moyens.
15:35Et la localisation n'est pas en elle-même suffisante,
15:38parce que vous pouvez avoir quelqu'un qui est installé en Autriche,
15:42ou au Guatemala, faire quelque chose qui vise justement cet avion
15:49qui allait de Londres à Naples…
15:51– Dublin-Rome.
15:53– Dublin-Rome, Dublin-Rome.
15:55Donc, ce qu'il faut accepter comme idée,
15:59c'est que les sociétés numériques sont des sociétés fragiles,
16:02et que nous n'avons pas encore aujourd'hui la certitude
16:05d'être capables de donner la paternité de chaque offensive.
16:08– Mais on l'a vu récemment, dans d'autres domaines,
16:12les attaques contre les congélateurs,
16:14des attaques également contre l'établissement français du sang,
16:17ou des poches de sang qui sont censées rester au froid, bien sûr.
16:20– Évidemment.
16:21– Les réfrigérateurs ont été programmés d'un coup
16:23pour monter à plus de 100 degrés.
16:26Est-ce que l'objectif de tout ça, plus que de nous faire mal,
16:29c'est de nous faire peur ?
16:30– C'est de nous faire peur, et accessoirement de faire mal,
16:33parce que la peur fait du mal.
16:35Je veux dire par là que la confiance que les citoyens ont dans leur État
16:41s'érode ou disparaît,
16:43et peut aboutir à des tensions internes dans l'opinion.
16:47Vous êtes, nous sommes l'objet d'une attaque,
16:51vous n'êtes pas capables de nous protéger,
16:53et vous voulez en plus qu'on donne des leçons au monde entier
16:56sur telle ou telle situation.
16:58– C'est-à-dire, c'est la politique de l'allumette.
16:59– Voilà, exactement.
17:00– C'est de se dire, quel que soit le mal ou la peur qu'on insuffle,
17:05il en sortira, vu de l'étranger, quelque chose de bon pour nous.
17:08– Il en sortira quelque chose, et c'est en ce sens que
17:12on a besoin de l'OTAN, contrairement à ce que pense M. Mélenchon.
17:15– J'allais vous interroger là-dessus, vous avez lu dans mes pensées,
17:18Jean-Luc Mélenchon a rappelé aujourd'hui son programme,
17:20sorti de l'OTAN, et il précise, ça ne veut pas dire
17:23qu'on ne cèdera pas les uns les autres, s'il le faut.
17:26– C'est grotesque, il faut, pour monter en sérieux,
17:31en compétence, en qualification sur les questions numériques,
17:35il faut une solidarité, une coopération de tous les instants.
17:38J'ajoute une autre, parce que apparemment Mélenchon ne sait pas,
17:42c'est que dans la vie, c'est de non, non, non,
17:44si vous êtes capable d'avoir des renseignements,
17:47d'autres pays qui en ont, vous donneront les leurs pour vous aider.
17:52Si vous n'avez pas, et donc la coopération institutionnelle permanente
17:56est un devoir absolu en termes de sécurité.
17:59– Mais est-ce que l'OTAN n'est pas déjà, d'une certaine manière,
18:03non pas en train de disparaître, mais de se disloquer,
18:05notamment sous la pression de Donald Trump ?
18:08– Non, au contraire, je pense qu'il y aura un après-Trump
18:13qui va être formidable pour nous.
18:15Le besoin d'OTAN apparaît avec force.
18:18J'ai envie de dire, lorsque Nicolas Sarkozy m'avait confié la défense,
18:23je regardais l'OTAN avec évidemment un œil favorable,
18:26mais j'étais quand même un peu gêné par cette direction
18:31strictement nord-américaine qui nous donnait le sentiment
18:35d'être un petit peu des passagers supportés,
18:39mais pas désirés à tout prix.
18:42Aujourd'hui, on a le sentiment, en Europe en tous les cas,
18:45que les pays européens acceptent l'OTAN, avec le Canada naturellement,
18:50et font bloc pour rappeler aux États-Unis l'intérêt qu'ils ont
18:56à avoir de bonnes relations avec des gens responsables
18:58comme les démocraties européennes.
19:00– Et vous pensez que de ce point de vue,
19:02ce qui s'est passé aux États-Unis avec la victoire des démocrates au Congrès
19:05peut changer la donne ?
19:06– Plutôt favorable à une OTAN équilibrée que nous, Européens, souhaitons.
19:10Enfin, on souhaite et ce qu'on essaye d'obtenir.
19:13Aujourd'hui, je ne suis pas un grand supporter du président Macron,
19:18mais je crois que l'idée d'une coopération des volontaires,
19:21c'est une façon de forcer l'OTAN à accepter son engagement en Europe.
19:28Il rappelait aux États-Unis en particulier qu'ils ne sont pas seuls au monde.
19:32– Dire que l'OTAN doit s'engager davantage et se consolider,
19:35ça veut dire que l'OTAN doit le faire parce que, évidemment,
19:38elle est confrontée à une menace.
19:39Et cette menace, tout le monde l'identifie comme étant la Russie.
19:44Quel est le degré de cette menace aujourd'hui ?
19:46Quelle est la nature, quelle est, j'allais dire, l'immédiateté de cette menace russe
19:52pour nous en France et dans le reste de l'Europe ?
19:54– Pour être très honnête, je n'ai pas d'informations,
19:56et comme beaucoup d'entre nous dans la vie politique,
20:00nous sommes un petit peu trompés.
20:01Moi, je suis très partisan d'une bonne entente depuis toujours
20:06entre l'Europe et la Russie.
20:08Nous avons tellement d'intérêts en commun et je suis consterné,
20:12j'ai présidé le groupe d'amitié France-Russie au Sénat,
20:14je suis consterné par l'attitude de Poutine
20:16qui se met dans un corner dont il n'est pas capable de sortir.
20:20– À quel moment, pour vous, il faudra lui serrer à nouveau la main ?
20:25– À quel moment ou à quelles conditions ?
20:28– Quand il aura retiré ses troupes d'Ukraine.
20:30– Donc peut-être jamais ?
20:32– Peut-être jamais, avec lui.
20:37Mais le peuple russe continuera d'exister.
20:39Et les 17 millions de kilomètres carrés continueront d'exister
20:43en faisant l'articulation entre le Pacifique, la Chine, l'Asie,
20:47l'Asie centrale et l'Europe.
20:49– Vous avez peut-être vu les réactions des places financières
20:54à la claque qu'a reçue Donald Trump aux États-Unis.
20:57Dans un premier temps, les marchés ont bondi en se disant
20:59ça y est, le pétrole va pouvoir à nouveau circuler comme avant,
21:02le gaz va reprendre sa circulation.
21:05Est-ce que ça va être aussi simple que ça ?
21:07Est-ce que ce qui se passe au Congrès américain,
21:10c'est-à-dire la minorité désormais républicaine derrière Donald Trump,
21:14peut ramener le calme au Moyen-Orient ?
21:16– Au Moyen-Orient, c'est le moins qu'on puisse dire,
21:22c'est que c'est beaucoup plus compliqué aujourd'hui,
21:24après les deux premières années du second mandat de Donald Trump,
21:30qu'il n'était auparavant.
21:31Nous avons un pays comme l'Arabie saoudite,
21:34qui était un élément de stabilité,
21:36qui aujourd'hui est complètement perplexe,
21:39face à cette offensive outil d'aspiration chiite iranienne.
21:47Et puis nous avons un désordre complet.
21:50On ne sait pas jusqu'où ira Netanyahou.
21:52D'abord, premièrement, qu'en est-il du gouvernement israélien ?
21:55– Et restera-t-il Premier ministre ?
21:57– Et restera-t-il Premier ministre ?
21:58Je crois qu'il y a encore beaucoup de questions qui sont ouvertes.
22:02Vous avez beaucoup de matière en relations internationales à travailler.
22:05– Merci à vous, je crois effectivement que ça va continuer à nous intéresser, évidemment.
22:09Merci beaucoup Thierry Arnaud, merci beaucoup.
22:11Gérard Longuel est devenu ce soir sur ce plateau.

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