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Michel Onfray passe en revue l’actualité de la semaine dans #FaceAMichelOnfray. Présenté par Laurence Ferrari.

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Transcription
00:00Bienvenue à tous, bienvenue à toutes, on est dans Face à Michel Onfray sur CNews et sur Europe 1.
00:04Michel, tout va bien ?
00:05Tout va bien.
00:05Prêt pour notre heure de discussion philosophique sur l'actualité de la semaine.
00:09Le mouvement lycéen, Michel, s'essouffle.
00:12Les revendications du début sont noyées dans celle plus vaste de la lutte contre la vie chère
00:16et surtout dans les violences qui émaillent désormais chaque cortège.
00:19On verra que les forces de l'ordre sont systématiquement ciblées,
00:23de même désormais que les journalistes de télévision.
00:25Pourquoi une telle chasse aux journalistes ?
00:28La France insoumise réclame par ailleurs la fermeture de CNews.
00:31La liberté d'expression dérange visiblement l'extrême gauche
00:35qui s'est faite une spécialité de poser des cibles dans le dos de ceux qui ne pensent pas comme
00:39elle.
00:39Comment expliquez-vous cette stratégie qui vise à faire taire ou à faire disparaître de l'espace public
00:44ceux qui s'opposent à vous plutôt que de débattre avec eux ?
00:48Une technique des révolutionnaires qui ont toujours été opposées à la presse libre, allez-vous nous rappeler ?
00:53Le président Emmanuel Macron se révèle dans des messages publiés dans un livre paru cette semaine
01:00intitulé « Vous êtes tous trop durs avec moi ».
01:03Ces échanges privés par messages récryptés sont révélés au grand public par la journaliste Françoise Degoy.
01:08Un président ne devrait pas dire cela.
01:11On va revenir sur les phrases qui vous ont le plus marqué, mon cher Michel.
01:14Et puis vous avez aussi été frappé, Michel, par la multiplication de films sur la période de la Seconde Guerre
01:19mondiale.
01:20« Des rayons et des ombres » qui racontait l'histoire du collaborateur Jean Luchère.
01:24Les deux films exceptionnels sur De Gaulle, bien sûr.
01:26Et cette semaine, l'excellent film sur Jean Moulin.
01:29Qu'est-ce que cela signifie dans la France de 2026 ?
01:32Enfin, le point philo.
01:33Vous avez choisi un livre de Césaré Beccaria, filésof italien, mort en 1793.
01:39Des délits et des peines.
01:41Il y justifie la possibilité pour les citoyens d'être armés.
01:44C'est un écho évidemment au débat lancé sur l'autodéfense.
01:47Et la nécessité pour ceux qui sont attaqués de se protéger si l'État est incapable de le faire.
01:52Voilà pour le menu.
01:53Ça vous va Michel, on démarre ?
01:54Parfait.
01:55On commence par le mouvement lycéen qui s'essouffle.
01:57Une infime minorité de lycées sont bloquées désormais.
02:00Les élèves veulent reprendre les cours.
02:02Ils sont parfois empêchés physiquement par certains de leurs camarades.
02:05Et même parfois par certains professeurs.
02:07On va écouter une étudiante de Nantes qui, elle, souhaite évidemment reprendre les cours.
02:11Et puis une lycéenne qui, au contraire, dit il faut continuer.
02:14On a voté contre les blocages.
02:16On était une petite cinquantaine à avoir levé la main.
02:18Et on s'est fait huer, traiter de nazi et de fasciste.
02:21Et on a dû s'en aller de l'Assemblée générale.
02:23Il y a une grosse inquiétude pour mon diplôme, pour mon avenir.
02:27Je n'ai pas du tout envie de redoubler.
02:30C'est la semaine de la rentrée.
02:31Il faut montrer qu'on est toujours là.
02:33Il faut montrer que le mouvement existe encore, qu'il est même plus fort qu'avant.
02:35Donc ça va être une semaine plutôt chargée.
02:38On a prévu de faire une semaine noire.
02:40Donc il n'y aura pas, on va bloquer au moins toute la semaine.
02:42Et ensuite on verra.
02:44C'est un peu, ça se fait un peu, pas au jour le jour.
02:46Mais l'organisation n'est pas en béton armé.
02:48Parce que c'est un mouvement lycéen.
02:50C'est normal.
02:51Mais l'idée c'est de continuer à se mobiliser.
02:54Continuer à se mobiliser.
02:55Et vous avez vu les mots employés pour ceux qui veulent reprendre les cours.
02:57Pour un nazi fasciste.
02:59C'est désormais absolument systématique.
03:01Michel Onfray.
03:02Oui mais il y a un très beau livre de Jean-François Revelle.
03:05Qui s'appelait Comment les démocraties finissent.
03:06Et qui montrait qu'il fallait que les démocraties soient sévères.
03:09Et qu'elles soient démocrates.
03:11Démocratiques.
03:12Mais sévères également.
03:13Il faut des républiques qui rappelleraient les règles et les lois de la république.
03:17C'est-à-dire que les gens n'ont que le mot république à la bouche.
03:20Mais la république ce n'est pas la tyrannie des minorités.
03:23C'est éventuellement la tyrannie des majorités.
03:25S'il faut utiliser la formule de Tocqueville.
03:26Qui disait oh là là.
03:27Cet aristocrate qui estimait dans la démocratie en Amérique.
03:30Que finalement la démocratie c'était le pouvoir du plus grand nombre.
03:33Mais ce serait tellement formidable si c'était le pouvoir du plus grand nombre.
03:36Ça s'appelle le pouvoir du peuple.
03:37Et c'est très exactement la démocratie.
03:38Là c'est très exactement l'inverse.
03:40On est dans une espèce d'aristocratie.
03:42Qui permet à des minorités d'imposer leur loi à la majorité.
03:45Moi je pense qu'on n'a rien trouvé mieux que le vote.
03:47Même si j'ai appelé à ne pas voter un certain nombre de fois.
03:50Parce que le vote est bricolé pour qu'il ne puisse pas produire ses effets.
03:55Mais quand il produit ses effets c'est ce qu'il y a de mieux.
03:57Le vote.
03:57Quand on vous dit de toute façon c'est déjà joué.
03:59Quoi qu'il arrive ce sera un candidat mastrichien.
04:01Vous pouvez toujours faire semblant.
04:02Aller voter.
04:03Je dis non ça ne m'intéresse pas.
04:04Si la logique n'est plus la même.
04:06Alors là ça peut m'intéresser.
04:07Et je pense que là c'est très facile à faire.
04:09Je suis pour des autogestions locales.
04:12Tout ce qui est local est quand même plus facile à gérer.
04:14Et il n'y a pas plus local qu'une famille ou qu'un collège ou qu'un lycée.
04:18Et là on dit on vote.
04:19Et puis voilà.
04:19Vous votez.
04:20Vous êtes pour.
04:20Vous êtes pour.
04:21Il y a une majorité et une minorité.
04:22Et là d'un seul coup la majorité.
04:23La minorité dit.
04:25Ah ben non on a voté.
04:26Vous n'êtes pas pour.
04:26Donc vous êtes en stigmatisme.
04:28Salauds.
04:28Fumiers.
04:28Ordures.
04:29Nazi.
04:29Fasciste.
04:30Extran-bras.
04:30Un truc habituel.
04:31Les doigts d'honneur.
04:33Les menaces physiques.
04:34La phroséologie scatologique.
04:37On invite à je ne sais pas quoi sa mère.
04:39On invite à manger ses morts.
04:40On invite à ce genre de choses.
04:41Et puis on est violent.
04:42Puis on met le feu.
04:43Puis etc.
04:43Mais la République ne se déshonorerait pas.
04:45Au contraire.
04:46Elle s'honorerait en disant.
04:47Mais non.
04:48Ce n'est pas comme ça que ça se passe.
04:49Vous avez manifesté votre désir de faire ou de ne pas faire grève.
04:53Et ce désir est majoritaire.
04:54Alors on vous écoute.
04:55Vous avez le droit de faire grève.
04:56Il est minoritaire.
04:57Vous n'avez pas le droit de faire grève.
04:58Honnêtement c'est ce qui se passe.
04:59Les lycées ont été débloqués systématiquement par les forces de l'ordre.
05:02Et effectivement les cours ont repris dans 99% des établissements.
05:06Généralement vous avez vu le nombre de manifestations interdites qui ont eu lieu.
05:09Aussi.
05:09Bon ben voilà.
05:10En cas les parcours modifiés.
05:12Manifestations sauvages interdites etc.
05:13On fera quand même cette manifestation.
05:16Les gendarmes ou les CRS.
05:19Compagnie républicaine de sécurité je le rappelle.
05:21On leur dit c'est interdit.
05:23Mais bon on les sait faire quand même.
05:24Évidemment dans ces cas là vous allez pousser le bouchon encore un peu plus loin.
05:27En disant on va voir jusqu'où c'est autorisé.
05:29Et puis jusqu'à ce qu'il y ait un clash.
05:31Mais je pense que la république a cessé d'exister.
05:34La démocratie a cessé d'exister.
05:36Quand on n'a pas un chef d'état qui chef.
05:38D'ailleurs ce chef de l'état qui nous a fait le coup des états généraux.
05:41Et des cahiers de doléances.
05:42Des grands débats.
05:43Jadis au moment des gilets jaunes.
05:45Tout ce que disent les élèves aujourd'hui et les étudiants.
05:47Je mets de côté toute la phrase géologie révolutionnaire.
05:50Mais toutes leurs revendications qui sont légitimes.
05:53Parce qu'il faut aller les chercher mais elles existent.
05:54Les revendications légitimes c'est chez les lycéens.
05:57Voire les collégiens.
05:57C'est déjà assez probablement dans les cahiers de doléances.
06:00Les gens ont dit très précisément.
06:02Macron dit dites moi ce qui ne va pas.
06:03On lui dit ben voilà ce qui ne va pas.
06:04Il dit bon je mets tout ça dans des caves.
06:06Et puis on verra ça un petit peu plus tard.
06:08Et puis il y a aussi on parle du mouvement lycéen.
06:10Mais il a été englobé désormais dans le mouvement contre la vie chère.
06:12Avec les syndicats qui ont manifesté.
06:15Ça peut se fondre comme ça ces deux mouvements ou pas ?
06:17Ça c'est la stratégie de Mélenchon.
06:18Moi je l'ai dénoncé très vite et très tôt.
06:20Et on me disait que j'étais paranoïaque.
06:22Et que j'étais populiste et démagogue etc.
06:24Maintenant tout le monde est à peu près rallié à cette idée qu'il y a eu des gilets jaunes
06:27de province, de campagne sur les ronds-points.
06:30Et qu'ils étaient critiqués par Mélenchon, par Coquerel dans la salle des quatre colonnes.
06:35Je me souviens qu'il n'y avait que mépris pour ces gens-là.
06:37Quand ils ont vu que ça marchait, évidemment ils ont squatté.
06:40Mais donc ce sont des gens qui ont décidé qu'il fallait s'installer dans le mouvement.
06:44Et puis le piloter.
06:45Alors après c'est facile.
06:45Vous dites aux gens venez à Paris.
06:47On va vous aider.
06:48On va vous donner toutes les infrastructures.
06:50Et les mégaphones, l'organisation des manifs.
06:54Et puis on ira jusqu'à l'Elysée.
06:55Et puis d'un seul coup il y a des gens qui disent d'accord on y va.
06:57Et puis la parisianisation du mouvement des gilets jaunes a été la fin du mouvement des gilets jaunes.
07:01Et là c'est la même chose.
07:01Vous pensez sur la Vichère et les remondications.
07:04Exactement la même chose.
07:05D'ailleurs dans ces moments politiques.
07:07Là Mélenchon fait de l'analyse politique en nous expliquant sa stratégie opportuniste.
07:11Je vais arrêter avec le mot parasite.
07:12Mais la stratégie disons opportuniste.
07:14L'occasion faisant le larron pour le coup.
07:16Il nous dit mais oui mais ça a démarré là.
07:19Dans les domaines d'outre-mer.
07:21Au territoire d'outre-mer.
07:22Et puis ça a continué ici etc.
07:23Et puis dans le genre on arrive.
07:25On arrive et puis on squatte le mouvement.
07:26Et puis voilà.
07:27Et puis on dit à des petits jeunes.
07:28Parce que Boyard a bien fait le travail de maillage depuis très longtemps.
07:31Et puis il y a des enfants à qui on a enlevé le cerveau depuis des années.
07:34On leur a dit il ne faut pas penser.
07:35Il ne faut pas écrire.
07:36Il ne faut pas apprendre à lire, à écrire.
07:37Il ne faut pas apprendre à mémoriser.
07:39Il ne faut pas apprendre à faire fonctionner ton intelligence.
07:41En revanche on va te dire.
07:42On va économiser tout le travail.
07:43On va te dire ce qu'il faut penser sur le tri sélectif, sur les poubelles, sur le moteur thermique,
07:47sur le moteur etc.
07:48Sur les éoliennes et puis après sur la Palestine etc.
07:52Et ils sont donc enroulés dans un drapeau palestinien.
07:54Voici ferré des slogans.
07:55Traité de nazi quiconque ne pense pas comme eux.
07:58Et la République laisse faire.
07:59Elle est bonne fille la République en ce sens.
08:01Il y a un petit durcissement du côté quand même du dispositif de maintien de l'ordre.
08:05Pour éviter que le 17 octobre qui est vraiment un jour funeste ne se reproduise.
08:09On va juste écouter un gendarme mobile.
08:10Vous avez sans doute été marqué par cette image.
08:12On en a parlé juste avant le début de l'émission.
08:15Il a pris feu.
08:17Il a été victime d'un cocktail molotov.
08:19Il a continué à faire son métier le soir même.
08:22Écoutez ce qu'il a dit à nos équipes sur le fait que la catastrophe a été évitée.
08:27J'ai été très rapidement soutenu par des camarades de mon unité qui ont cherché à éteindre ce feu qui
08:33persistait sur mes jambes et montait quand même assez haut jusqu'au niveau du torse.
08:38Ce qui est peut-être plus particulier pour nous aujourd'hui sur ce compartiment de terrain sur lequel on était
08:43engagé, c'est que ça a été face à une adversité qui était vraiment intense, spontanée, durable.
08:49Et avec un ensemble d'éléments qui cherchaient évidemment à blesser, voire à blesser très gravement, conséquent des engins incendiaires,
08:59de l'explosif, des projectiles divers et variés, la catastrophe a été évitée.
09:03La catastrophe a été évitée. On est sur ces news et sur Europe 1 en face à Michel Onfray.
09:07Michel, que répondre à ce gendarme qui est très très lucide sur le fait que ça aurait pu lui être
09:12fatal ce qui s'est passé ?
09:13Oui, bien sûr, il a raison. Mais imaginez qu'on interpelle, qu'on découvre qui a jeté le cocktail molotov.
09:19Il va se passer quoi pour ce garçon-là ?
09:21Il dira, c'est pas moi qui l'ai fait, je l'ai ramassé par terre, il était là, j
09:25'étais à l'institut de mon plein gré en présence d'un cocktail molotov.
09:28Et puis je sais pas pourquoi, mais ma main droite l'a envoyé sur un policier. En temps normal, je
09:32suis un gentil garçon, je fais jamais mieux ces choses-là.
09:34J'ai été pris dans le mouvement, mais je sais pas pourquoi, j'ai fait une chose pareille. Je vous
09:37assure que je recommencerai pas.
09:38Et puis on dirait, ah oui, il fait des études, il fait un BTS, je sais pas quoi. Et puis
09:43on dirait, c'est la première fois, donc il aurait quoi ? Un peu de prison avec sursis ?
09:46Dans le genre, un jour de prison avec sursis ? Ça veut dire que si tu recommences, tu feras ton
09:50jour de prison, etc.
09:51Il n'y a pas de justice. Il faut vraiment révolutionner la justice. Ça va dans la perspective de ce
09:55que je disais tout à l'heure sur la radicalisation de la République.
09:57en disant, il faut que la justice devienne populaire. Il faut pas que la justice soit une justice syndicale.
10:02Avec des gens qui, de toute façon, on sait très bien qu'on a encore rien fait, qu'on connaît
10:06très bien la décision de telle ou telle justice ou de tel ou tel magistrat.
10:10On peut imaginer qu'on pourrait faire voter les gens en disant, vous allez voter pour vos juges, comme aux
10:15Etats-Unis.
10:16Et puis après, il y a une espèce de représentation nationale qui se trouve visible dans la justice,
10:21plutôt qu'une justice dont on sait que, elle illustre bien la phrase de La Fontaine, que, suivant qu'on
10:26est puissant ou misérable,
10:27effectivement, la justice est rendue d'une certaine manière. Donc ces gamins-là, ils risquent rien.
10:32Et puis en plus de ça, ils sont dans le mensonge. Et la stratégie aujourd'hui de nombre d'avocats,
10:35c'est de dire, c'est pas moi.
10:36C'est pas moi. C'est une photo, mais c'est peut-être une photo. Regardez, etc.
10:40Et puis après, vous avez des gens qui nient, personne ne dit oui, je l'ai fait. Oui, parce que
10:44j'ai des idées,
10:45parce que je crois qu'il faut mettre le feu à la République, et puis je crois qu'il faut
10:48tuer des policiers.
10:49Personne ne dit ça. C'est-à-dire qu'on n'a jamais vu ça chez les résistants, qui étaient
10:52des gens courageux,
10:53on en a parlé un peu tout à l'heure, qui assumaient et qui allaient jusqu'au bout.
10:56Là, c'est une stratégie du mensonge qui, de toute façon, est une stratégie généralisée.
10:59De Trump jusqu'aux militants de base, en passant par un certain nombre de partis politiques de gauche,
11:04ils sont tous dans le mensonge en permanence. Et puis ils vous regardent en face.
11:06Moi, c'est pour ça que je ne débats plus avec ces gens qui mentent. De toute façon, je ne
11:10suis plus invité, nulle part.
11:12Non, mais ça, vous n'aimez pas débattre avec les politiques, par exemple.
11:14Ce n'est pas que je n'aime pas, c'est qu'on ne peut pas débattre avec des menteurs.
11:16Vous dites à quelqu'un, ce n'est pas vrai, il y a eu ceci, il y a eu cela.
11:19Ils m'ont dit, ce n'est pas vrai, je ne l'ai pas dit. Vous dites n'importe quoi,
11:22de toute façon,
11:22depuis que vous êtes devenu un fasciste, etc. Il n'y a pas de débat.
11:27Dans les derniers temps où j'étais invité sur le service public, c'était une salve de questions.
11:32On le découvre aujourd'hui avec Sarah Knafo, mais je veux dire, il y en a un tas qui ont...
11:36Et c'est bien malheureux pour Sarah Knafo, j'entends bien.
11:38Mais moi, j'avais droit à ça aussi.
11:40C'est l'essentiel de votre temps à vous justifier en disant, vous allez voter pour Jean-Marie Le Pen,
11:45vous allez voter pour le Rassemblement National.
11:48Que pensez-vous du Rassemblement National ? Est-ce que le Rassemblement National est un parti nazi ?
11:51Je suis venu pour un livre.
11:53Une des dernières fois où j'étais invité, c'était sur la chaîne parlementaire.
11:55Ça s'appelait Le Crocodile d'Aristote, mon livre.
11:57Mais c'était sur la peinture et la philosophie, les relations qu'on m'avait mis devant Jean-Louis Bourlange,
12:03qui était écumant dans la haine et qui a commencé sur le terrain politique.
12:07Il y avait cinq personnes qui étaient prévues dans cette émission.
12:09Je lui ai dit, mais je ne suis pas venu pour un débat politique avec cinq personnes.
12:12Je suis venu pour parler d'un livre.
12:14J'ai dit, mais je m'en vais.
12:15Ils m'ont dit, non, bon, d'accord, on laisse juste une personne.
12:17Et en fait, la haine des cinq personnes s'est concentrée en une.
12:20Et ça a été un procès, ça a été un tribunal en permanence.
12:23Donc, soit on y va et puis on se dit, je m'en prends plein les figures et je réponds,
12:26je sais faire.
12:27Et puis, il y a des archives qui montrent que je sais faire.
12:29Mais ça ne m'intéresse pas d'aller sur des rings de boxe parce qu'il n'y a pas
12:34de débat,
12:35parce qu'il n'y a pas d'argument, parce qu'il y a des insultes, parce qu'on vous
12:37méprise,
12:38parce qu'on vous fait tenir des propos que vous n'avez pas tenus.
12:40Michel Monfré, il y a cette violence contre les forces de l'ordre.
12:43Il y a aussi, et ça c'est aussi assez nouveau, la violence contre les journalistes.
12:47Ils sont pourchassés comme des proies désormais dans les manifestations,
12:50notamment les journalistes de télévision, tout simplement,
12:53et je le dis à nos auditeurs et téléspectateurs, parce qu'ils sont très visibles.
12:55Il y a une caméra, il y a un micro, donc forcément, on arrive à très vite les repérer dans
13:00les manifestations.
13:01Il y en a même des petits « rigolos » qui regardent sur leur smartphone d'où viennent les axes
13:08des caméras
13:08et qui s'en prennent à nos équipes, évidemment, mais pas seulement, aux équipes de toutes les chaînes info.
13:13On va écouter le témoignage de Régine Delfour, qui est grand reporter chez nous,
13:17qui a couvert des terrains de guerre, donc ça veut dire qu'elle est allée sur les grands terrains de
13:22guerre,
13:23et qui nous dit que c'est plus dangereux pour elle de couvoir une manifestation à Paris
13:27que d'aller, par exemple, en Ukraine. Écoutez-la.
13:29J'ai décidé de prendre la parole, non pas pour raconter mon histoire,
13:32mais pour raconter le climat dans lequel nous évoluons, nous, les journalistes de terrain.
13:36Déjà rappelez ce qu'est un journaliste de terrain, ce n'est pas un éditorialiste,
13:39il est là sur le terrain pour montrer ce qu'il voit, pour relater ce qu'il voit,
13:44pour dire ce qu'il entend, on ne fait que ce métier-là, on ne prend pas partie.
13:49Là, je sors de mon rôle, exceptionnellement depuis hier, de mon rôle de journaliste,
13:54pour taper du poing sur la table, pour dire « ça suffit ».
13:57On a vu des journalistes, nos journalistes, qui ont été refusés à l'Assemblée nationale,
14:02des journalistes qui ont été pris à partie par des syndicats étudiants,
14:05on a refusé de leur parler, on les a filmés à leur insu,
14:07on les a mis sur les réseaux sociaux, d'autres médias ont reposté ça.
14:12J'ai vu certains de mes confrères liker ça,
14:15donc des confrères que j'ai pu aider, moi, sur des terrains de guerre,
14:18pour qu'ils puissent avoir des reportages, donc ça, c'est quand même assez malaisant.
14:21Plus que malaisant, Michel Onfray, le témoignage de Régine Delfour,
14:24qui dit son incompréhension devant le fait que, un, on pourchasse les journalistes,
14:28deux, l'absence de solidarité absolue des confrères, entre guillemets.
14:32Oui, ce n'est pas étonnant. D'abord, ce n'est pas contre les journalistes,
14:36c'est contre certains journalistes, notamment les journalistes qui font leur travail.
14:39Et qui font le travail, c'est un peu le principe de CNUS, d'une réalité qu'on propose, qu
14:43'on montre,
14:44et on dit, il y a eu ça, on a filmé, on a vu ce qui se passait, etc.
14:48Et puis, vous avez les journalistes du système.
14:50Quand vous allez en Russie, ou quand vous allez en Iran, vous savez bien qu'il y a des journalistes,
14:54et que si vous avez un journaliste de la Corée du Nord, vous n'avez pas grand crédit à accorder
14:58à ces gens-là.
14:59Les vrais journalistes sont des journalistes d'opposition,
15:02et pas des gens qui font le travail, que ne font pas d'ailleurs le service public.
15:07Donc, ce sont des gens que la gauche a estimé être de droite, d'extrême droite,
15:12simplement parce que vous dites, il y a eu des pillages, il ne faut pas montrer des pillages.
15:15C'est vrai pour toutes les chaînes d'info, enfin BFM, LCI et CNUS, qui ont été pourchassés, de la
15:19même façon.
15:20Oui, c'est chacun son tour.
15:21Et puis, maintenant, vous avez même des journalistes du service public,
15:23qui, quand ils n'ont pas été du côté du mensonge de ces gens-là,
15:28c'est-à-dire qui ont été du côté de la vérité,
15:31sont présentés comme des nazis, des gens d'extrême droite, etc.
15:34Comme on en avait parlé, vous et moi, j'ai retrouvé un texte,
15:37parce que, vous savez, la Révolution française est vraiment la matrice de l'histoire de France,
15:41et elle est la matrice de Jean-Luc Mélenchon.
15:42Moi, ça fait des années que je dis que quelqu'un qui fait l'éloge de Robespierre,
15:46il faut s'en méfier, ce n'est pas juste un effet de rhétorique.
15:48On sait qui est Robespierre, enfin, on devrait savoir qui il est,
15:51et on devrait connaître un peu la Révolution française.
15:53Et j'ai retrouvé l'autre jour le texte de l'arrêté du Conseil général de la Commune de Paris
15:58du 12 août 1792.
16:00Donc, c'est pendant la Révolution française,
16:03le comportement des révolutionnaires à l'endroit des journalistes.
16:06Et donc, c'est une citation sur la proposition de l'un de ses membres,
16:09le Conseil général arrête que les empoisonneurs de l'opinion publique,
16:13de l'opinion publique, les empoisonneurs de l'opinion publique,
16:15on est déjà dans la sémantique, le poison, tout ce qui est nauséabond,
16:21les années sombres, etc.
16:22Les empoisonneurs de l'opinion publique,
16:24tels que les auteurs des divers journaux ou contre-révolutionnaires,
16:26comme ça, c'est contre-révolutionnaire,
16:28vous pouvez juste dire la vérité, non, vous êtes contre-révolutionnaire,
16:31donc vous êtes des ennemis,
16:32qui seront arrêtés et que leurs presses, caractères et instruments
16:36seront distribués entre les imprimeurs patriotes
16:38qui seront mandés à cet effet.
16:40C'était une invitation à massacrer les journalistes
16:44qui faisaient leur travail librement
16:45et à massacrer leurs instruments de travail.
16:49On est dans la vandalisation,
16:50dans l'appel à la vandalisation et dans l'appel au massacre.
16:53Je rappelle qu'un certain nombre de révolutionnaires
16:55qui étaient des patrons de presse,
16:57Camille Desmoulins, par exemple,
16:58ou Hébert, avec son père Duchesne,
17:01sont des individus qui vociféraient avec ces gens-là.
17:04Ce sont des gens qui ont fini à la guillotine, tout de même.
17:06C'est-à-dire qu'il faut savoir que la révolution
17:08finit toujours, à un moment donné,
17:09par décapiter celui-ci qui n'est pas assez révolutionnaire.
17:11Je rappelle que dans la loi sur les suspects,
17:14la culpabilité n'était pas dans le fait d'être
17:16ou de ne pas être révolutionnaire,
17:17parce que là, il y a des contre-révolutionnaires,
17:18mais c'était de ne pas montrer assez de zèle dans la révolution.
17:21Donc, vous pouvez toujours en faire des tonnes.
17:24On vous dira, dans la tonne,
17:25ce qui manquait, c'était le gramme qui vous fait condamner.
17:27Vous n'en avez jamais fait assez.
17:29Et donc, c'est une stratégie des révolutionnaires,
17:32et c'est une stratégie, parce que la révolution française
17:34est aussi la matrice de tous les régimes,
17:36je dis bien tous les régimes bruns et rouges du XXe siècle,
17:39de tous les régimes totalitaires.
17:40Ce sont des régimes dans lesquels on interdit la libre expression.
17:43On interdit les livres, on interdit les bibliothèques,
17:46on interdit le savoir libre, la pensée libre, etc.
17:49Donc la presse.
17:50Pardon ?
17:50Donc la presse, bien sûr.
17:52Regardez ce qu'on appelle les dystopies,
17:53c'est-à-dire les livres de science-fiction,
17:54qui sont plus aujourd'hui science que fiction,
17:56mais regardez 1984 d'Orwell, regardez La Ferme des Animaux,
18:00regardez Huxley, Le Meilleur des Mondes,
18:02regardez Fahrenheit 451 de Ray Bradbury,
18:05où on détruit les livres,
18:06où le métier des pompiers,
18:08qui consiste normalement à éteindre le feu,
18:09c'est de mettre le feu.
18:11Eh bien, on détruit les livres,
18:12et puis vous avez des gens qui apprennent par cœur des livres,
18:14en disant, il faudra nous détruire,
18:16parce que là, vous pouvez toujours détruire des bibliothèques,
18:18mais il faudra détruire tel personnage, par exemple,
18:20qui connaît par cœur, disons, les misérables,
18:22ou les contemplations.
18:23Et donc, on commence par s'attaquer à la presse libre,
18:27et puis après, on s'attaque à toutes les presses,
18:29en disant, c'est nous qui allons dire la vérité.
18:31Vous savez que Pravda, ça veut dire la vérité.
18:35Donc, quand vous dites, nous avons la vérité,
18:37nous avons le monopole de la vérité en matière d'information,
18:39c'est comme ça que se lit le réel.
18:41C'est comme ça qu'il faut l'interpréter.
18:43C'est cette image-là qu'il faut montrer.
18:44Cette image-là, il ne faut pas la montrer.
18:46Cet individu, il ne faut pas l'inviter.
18:48Privons-le de service public.
18:49Cet individu, il ne faut pas l'inviter.
18:51Privons-le de conférences partout sur la planète.
18:54Cet individu, il ne faut pas l'inviter.
18:55Donc, privons-le de conférences dans une sous-préfecture
18:58où même vous allez faire le nécessaire.
18:59Moi, c'était récemment dans un salon du livre à Vimoutier,
19:02dans l'Or, 3 000 habitants.
19:04Et donc, les choses sont là, elles sont toutes ramassées.
19:06C'est pourquoi je disais tout à l'heure,
19:07et on file la métaphore de la République qui devrait être sévère,
19:11la République devrait dire que ces choses-là ne sont pas tolérables.
19:14Et si elles ne sont pas tolérables, c'est qu'on doit pouvoir poursuivre des gens.
19:17On est poursuivi pour une virgule mal placée, nous, à CNews.
19:20Vous dites, mais c'est toujours les mêmes qui doivent payer
19:22juste pour dire la vérité,
19:23pendant que ceux qui disent de mensonges sont encensés.
19:25Et ceux qui disent de mensonges, aujourd'hui,
19:27le disent avec l'argent du contribuable.
19:28Je rappelle que l'un des journaux les plus subventionnés aujourd'hui,
19:31c'est l'humanité.
19:32Que Libération et le monde n'existeraient pas
19:34s'ils n'étaient pas subventionnés avec l'argent du contribuable.
19:37Contribuable qui se fait cracher au visage,
19:38du moins pour 50% d'entre eux,
19:40parce que c'est une ligne éditoriale,
19:42qui est la leur d'ailleurs,
19:43mais qui le permet à d'autres d'avoir une ligne éditoriale.
19:45CNews a une ligne éditoriale
19:46qui est plutôt celle du petit peuple,
19:48de la vérité et de la réalité,
19:50qui est contre les élites, d'une certaine manière.
19:52On n'a pas besoin d'un type qui est payé par le CNRS,
19:54donc par l'argent du contribuable encore,
19:56pour nous expliquer la sociologie des manifestations,
19:58en disant que oui, mais cette partie-là,
20:00elle n'est pas violente, c'est la vie chère.
20:02Mais là, non, il y a aussi peut-être des black blocs,
20:04mais ici, ce n'est pas la même chose.
20:06Il y a des gens qui sont peut-être descendus des banlieues,
20:08mais on a entendu leur voix, leur parole.
20:10Oui, mais alors, qu'est-ce que vous voulez nous dire par là, etc.
20:12Et puis, c'est des sociologues bien payés bien chers
20:14pour faire ce genre de commentaires.
20:15Et puis, CNews qui dit, regardez les images.
20:18Vous avez des gens qui hurlent, qui crient,
20:19qui pillent, qui jettent ce qu'ils ont pillé,
20:21et puis les gens regardent en disant,
20:23parce que les gens ne sont pas des crétins,
20:24vous savez, les gens, quand vous leur faites voir des images,
20:26ils comprennent, ils n'ont pas besoin du surtitrage.
20:28Parce que là, vous faites une image,
20:30puis après, sur l'image, vous allez commenter un truc.
20:31Là, vous dites, coupez le son, arrêtez même les commentaires,
20:34regardez le réel et composez avec le réel.
20:36Ces gens-là ne veulent pas du réel,
20:37ils vivent dans l'idéologie, ils vivent dans les idées.
20:39On fait une petite pause, Michel Aufray.
20:41On verra qu'il y a même ceux qui veulent aller plus loin,
20:44fermer CNews.
20:46On entendra ainsi Jean-Luc Mélenchon.
20:49Et c'est intéressant aussi de voir que c'est la suite directe
20:53de ce que vous venez de nous dire.
20:54Les empoisonneurs de l'opinion publique.
20:56Allez, à tout de suite sur CNews et sur Europe 1.
20:58On se retrouve dans Face à Michel Aufray sur CNews et sur Europe 1.
21:01On va parler dans un instant des messages privés d'Emmanuel Macron
21:04qu'il a échangé pendant des mois avec une journaliste
21:06qui, bien sûr, les publie aujourd'hui,
21:08puisque, évidemment, rien ne reste secret aujourd'hui dans notre pays.
21:12Encore un mot de ces menaces contre, on en a parlé, les journalistes,
21:15mais désormais des menaces de fermeture de notre chaîne CNews,
21:19demandées par la France Insoumise.
21:21Une pétition a été mise en ligne sur le site de l'Assemblée nationale.
21:24Il va y avoir un débat à l'Assemblée nationale.
21:27Écoutons juste ce que pense Jean-Luc Mélenchon des chaînes Info.
21:31Alors, il a un discours très général,
21:33mais son parti demande la fermeture de notre chaîne.
21:36Pendant toute la semaine, les chaînes d'information en continu ont diffusé des propos racistes.
21:43Toute la semaine, ces messieurs-dames, les importants, qui ne sortent pas de leur bureau,
21:47étaient là devant des spectacles de flammes.
21:49Même quand on l'interviewait, ça n'avait aucun rapport.
21:52Il y avait des flammes derrière, pour que l'abruti moyen qui regarde en sirotant sa bière
21:58ou en chenouffant sa coque, et qui voit ça, il voit les flammes, il voit Mélenchon.
22:02Tout ça est abject.
22:03Chacun d'entre nous doit assumer sa responsabilité.
22:06Si je me sentais une responsabilité pour avoir appelé au chaos, je pense que je l'assumerais.
22:10Je ne l'ai pas fait, j'ai fait le contraire.
22:13Beaucoup de choses dans ce que dit Jean-Luc Mélenchon, l'abruti moyen qui sirote sa bière ou qui chenouffe
22:17sa coque.
22:18Oui, je crois que chenouffe la coque, il y a un problème de ce côté-là.
22:21Enfin, il y a pas mal de problèmes chez ce monsieur.
22:23Michel Onfra, qu'est-ce que vous en pensez ?
22:24Mais c'est la haine en permanence, quoi.
22:27C'est la haine en permanence.
22:28Ce sont les gens qui invoquent la haine en permanence eux aussi.
22:32C'est assez sidérant de voir que les gens qui ont des rictus haineux, il n'y a pas de
22:36sérénité chez Jean-Luc Mélenchon.
22:37Il n'y a pas de calme, il n'y a pas de possibilité posée de s'exprimer, d'exprimer
22:43une idée, de développer un argument.
22:45On insulte les gens, on méprise les gens, on met en scène.
22:48Puis on voit cette espèce de facièse.
22:50On veut lui dire, mais calmez-vous cher monsieur, allez-y avec des arguments.
22:55On n'est pas obligé d'insulter les gens qui regardent les chaînes de télévision ou de généraliser.
22:59Toutes les chaînes d'info sont racistes.
23:01Toutes les chaînes d'info sont racistes.
23:02Et ce monsieur a encore un crédit.
23:06Il est même en piste pour le second tour de la présidentielle.
23:09Oui, mais en même temps, merci Macron.
23:12Je veux dire, voilà quelqu'un qui depuis 10 ans n'écoute pas ce que les gens lui disent.
23:15Il ne fait rien de ce qu'il faudrait faire.
23:17Il ne réforme rien de ce qu'il faudrait réformer.
23:20Bien sûr qu'il y a des problèmes dans les lycées et dans les collèges.
23:23Bien sûr qu'il y a des profs qui font peu ou mal leur boulot.
23:26Bien sûr qu'il y a un manque de profs parce que plus personne ne veut être prof.
23:29Bien sûr qu'il y a des profs qui prennent des congés ou des arrêts maladie fictifs
23:33simplement parce qu'ils n'en peuvent plus et parce qu'on ne répond pas à la question de la
23:37révolution de l'éducation nationale qu'il faudrait faire.
23:40Il faudrait faire des révolutions dans la justice, des révolutions au vrai sens du terme, pas au sens de faire
23:44couper des têtes.
23:45Mais juste dire ce que fait le général de Gaulle quand il dit on en finit avec le régime des
23:49partis,
23:49on en finit avec la 4ème République, on en finit avec le pouvoir des trusts, etc.
23:53Enfin bon, on connaît la politique du général de Gaulle.
23:55C'est ce genre de proposition qu'il faudrait faire et puis arrêter les gens qui sont dans la haine
24:00et qui estiment que ce sont les autres qui sont haineux quand ils ne pensent pas comme nous.
24:04Mais ils ont leurs médias, que les gens regardent leurs médias, ils ont leur support de presse,
24:09ils ont tout le service public avec eux et là ça ne suffit pas, c'est pas assez.
24:14Si je vous dis que c'est la loi sur les suspects, c'est que vous n'avez pas marqué
24:16assez de zèle
24:17et le zèle c'est d'être à genoux devant lui.
24:19C'est le petit gramme dont vous parlez.
24:20On va juste écouter François-Lége Gisbert qui était notre invité cette semaine
24:23qui mène le même type de réflexion que vous et qui lui évoque la liberté d'expression.
24:28Je vois justement des débats de ce type, c'est l'idée qu'on va s'en sortir justement,
24:34on revient dans le déni de réalité, en éteignant tout ce qui gêne.
24:38Parce que qu'est-ce que c'est la presse ?
24:40La presse c'est d'essayer de chercher les informations qu'on veut vous cacher.
24:43C'est ça, c'est l'enquête, c'est la base même.
24:45Donc la presse forcément, elle gêne.
24:48Et là, l'idée qu'on va s'en sortir, ça ira beaucoup mieux
24:51quand on aura cassé le thermomètre ou qu'on aura éteint l'écran de télévision,
24:57mais enfin c'est idiot.
24:58Et si vous voulez, c'est le problème de la liberté d'expression,
25:01il ne faut pas oublier que c'est l'un des biens les plus précieux que nous avons.
25:05C'était écrit dans la déclaration de l'homme de 1789.
25:09C'est là-dedans, c'est inscrit.
25:10Mais en fait, il y a beaucoup de gens qui veulent en finir avec la liberté d'expression.
25:14Et vous savez, si on enlève la liberté d'expression, c'est pas moi qui disais ça,
25:18c'est George Washington, le premier président des États-Unis, fondateur de la démocratie américaine.
25:25Il disait, si on enlève le droit d'expression, on deviendra tous des personnes, comment dire,
25:33muettes et silencieuses qu'on emmène à l'abattoir.
25:37Michel Onfray, sur ce que vient de dire François-Olivier Gisbert.
25:40Alors il a raison de parler de la déclaration des droits de l'homme.
25:42Simplement, quand vous lisez vraiment très attentivement la déclaration des droits de l'homme,
25:46ça a été fait par des juristes, des constitutionnalistes, donc des gens finaux,
25:49qui disent une chose et qui disent que le contraire peut être dit aussi.
25:53C'est-à-dire qu'on dit, la liberté d'expression est reconnue.
25:57Prenons le texte.
25:58Elle est reconnue si elle ne nuit pas à l'intérêt général, etc.
26:02La propriété est reconnue, oui, sauf si l'intérêt général n'exige pas qu'on la confisque.
26:06Donc vous avez toujours la possibilité de dire, allons jusqu'au bout du texte,
26:09plutôt que de dire, dans le principe, je n'accable pas France,
26:13mais j'entends souvent des gens qui disent, c'est inscrit dans la déclaration des droits de l'homme.
26:17Et là, se regarder dans la déclaration des droits de l'homme,
26:19elle permet au nom de l'intérêt général d'abolir la liberté d'expression, d'abolir la propriété.
26:24Parce que vous pouvez très bien être comme Mélenchon en disant,
26:26nous allons réquisitionner un certain nombre de logements,
26:28parce que vous avez des gens qui n'ont pas les moyens de se loger,
26:31puis vous avez des gens qui ont 3 ou 4 appartements.
26:34Eh bien, la propriété, elle a ses limites,
26:35et les limites de la propriété, c'est la dignité du genre humain.
26:39Et donc, on peut réquisitionner, c'est inscrit dans la déclaration des droits de l'homme.
26:42Et tous ces gens qui nous disent, mais il y a un certain nombre de journaux qui,
26:46d'ailleurs, ils savent bien ce qu'ils font quand ils font ça,
26:48qui poussent à la haine, qui poussent à l'antisémitisme, qui poussent au crime.
26:51Vous avez un cinglé qui est à l'hôpital psychiatrique qui fait un attentat,
26:55et on dit, regardez, c'est armé par CNews,
26:59parce que CNews montre des manifestants dans la rue.
27:01C'est quoi le rapport ?
27:02Les baissies, mais cette incitation à la haine,
27:05elle produit un jour la haine,
27:06donc ces journaux sont dangereux pour l'intérêt général et le bien public,
27:09pour la République, pour la démocratie, il faut arrêter ces gens-là.
27:11Et voilà.
27:12Et vous pouvez, pour le coup, vous réclamer des droits de l'homme
27:16pour empêcher un certain nombre de droits aussi.
27:18C'est plus subtil que ce qu'on veut bien dire.
27:20Ce n'est pas seulement une espèce de beau monument
27:22devant lequel il faudrait faire en permanence une génuflexion.
27:25Moi, je pense simplement que la liberté,
27:27elle devrait être totale et générale, point, à la ligne.
27:30C'est-à-dire qu'on ne devrait pas interdire de tenir un certain nombre de propos.
27:36Alors, il y a la loi, évidemment.
27:37Oui, mais même là, parce qu'après tout, vous avez un principe,
27:40mais je suis bon aussi...
27:42Oui, je sais bien, il y a la loi Guesso-Fabius,
27:45et on se dit, de fait, mais il y a un moment donné où la loi,
27:48elle est là parce que les écoles n'ont pas fait leur boulot
27:50ou parce que d'autres n'ont pas fait leur travail.
27:51Si aujourd'hui, vous posez des questions à des gamins dans la rue
27:54sur ce qu'est la Shoah, ils sont incapables de vous répondre.
27:57Alors, qu'est-ce qu'on a fait en montrant en permanence
27:59nuit et brouillard pendant des années à l'école ?
28:00Qu'est-ce qu'on a fait en permanence en invitant à regarder Shoah
28:05dans les lycées, etc. ?
28:06Ça n'a pas produit d'effet.
28:07Oui, mais la loi est la loi et il faut la respecter.
28:09Sauf que la loi, ça se change.
28:12Et heureusement qu'on a changé la loi.
28:13Jadis, il y avait la peine de mort et aujourd'hui, il n'y a plus la peine de mort.
28:16Jadis, on criminalisait l'avortement, aujourd'hui, etc.
28:18Jadis, l'homosexualité était criminalisée,
28:20aujourd'hui, il y a le mariage homosexuel.
28:22Donc, le droit, c'est quelque chose qui représente la volonté populaire.
28:26La démocratie, c'est ça.
28:27La démocratie, c'est le pouvoir du peuple par le peuple pour le peuple.
28:30Et c'est donc le peuple qui, en assemblée,
28:33décide avec ses représentants directs ou indirects,
28:35et ça aussi, c'est dit dans la Constitution,
28:37de ce qu'est le droit et de ce qu'est la loi.
28:39C'est-à-dire, on peut dire, oui, c'est une règle du jeu, je la change.
28:42Je la change, non pas parce que je suis un dictateur et que je l'abolis,
28:44mais parce que c'est le peuple qui est le souverain.
28:46Et tant que le peuple sera le souverain, il pourra changer les lois.
28:48Un dernier mot là-dessus, Michel Onfray.
28:50Or, le peuple n'est pas souverain.
28:51Le peuple est souverain.
28:52Non, il ne l'est plus depuis 1992.
28:54Ah oui. Maastricht !
28:56Eh bien, on va en parler tout à l'heure.
28:57Vous allez voir, quand on va parler de Mme Degoy, vous verrez que...
29:00Oui, et dans le livre sur Emmanuel Macron, un tout petit mot sur notre sondage,
29:03c'est ça, c'est News Europe 1 pour le JDD.
29:0677% des Français ont le sentiment que certaines opinions ne peuvent plus
29:10être exprimées librement dans le débat public aujourd'hui en France.
29:12Ils ont tout compris, en fait, les Français.
29:14Ils ont bien compris qu'il y a une parole qui n'a plus le droit d'exister.
29:17Mais bien sûr, mais ils ne peuvent pas écouter d'informations
29:19sans savoir que Mme Degoy, l'Intel sont racistes, etc.
29:24C'est-à-dire qu'à une époque, vous ne vous remettiez pas à une insulte comme ça.
29:28Il y a 20 ans, quand on disait que vous étiez raciste, c'était terminé.
29:32Pour votre vie, votre carrière, votre vie politique, sociale.
29:36Mais aujourd'hui, tout le monde y a eu droit.
29:38Tout le monde y a eu droit.
29:39Qui n'a pas été raciste ? Traité de raciste.
29:42Et même certains disent de Mélenchon qu'il l'est aussi.
29:44C'est-à-dire que, bon, voilà, alors Marine Le Pen l'est, Mélenchon l'est aussi.
29:48On découvre que M. Edouard Philippe est aussi raciste.
29:52Enfin, qui ne l'aurait pas été dans sa vie ?
29:54Donc quand tout le monde l'est, plus personne ne l'est.
29:56Et c'est ça le problème.
29:56C'est-à-dire que quand plus personne n'est raciste,
29:58et qu'on voit passer le racisme, c'est celui qui crie au loup, au loup, vous savez.
30:01Et quand il y a du racisme véritable et de l'antisémitisme véritable,
30:04comme on en a vu partout, voilà.
30:05Le jour où un vrai fasciste arrive,
30:07eh bien, on ne le voit pas parce qu'on en a vu plein avant.
30:10On est d'en face à Michel Onfray sur ces news et sur Europe 1.
30:13Emmanuel Macron, vous êtes trop dur avec moi.
30:16Titre du livre de la journaliste Françoise Degoy,
30:18qui révèle tous les échanges qu'elle a eus sur un message récrypté
30:21entre elle et le président de la République, que ça a duré plusieurs mois.
30:25Alors il y a beaucoup de phrases qui vous ont interpellé.
30:28Il dit notamment après la dissolution et les législatives,
30:31dans ces échanges privés, qui d'ailleurs ont été révélés,
30:34ça c'est encore un autre sujet,
30:36il dit vous n'avez pas gagné, c'est le RN qui a gagné,
30:39parce que Françoise Degoy est plutôt de gauche.
30:41Il dit c'est le RN qui a gagné.
30:43Donc en fait, il valide le fait qu'il n'a pas pris en compte le vote du peuple.
30:48Il valide ma thèse.
30:49Oui, évidemment Michel, vous entendez la perche.
30:52Oui, mais quand je l'ai dit à l'époque, c'était
30:53« Ah, tu fais le jeu du Front National, du Rassemblement National, etc. »
30:56J'ai dit « Écoutez, factuellement, il y a quoi ?
30:58Un million d'écarts de voix. »
30:59Donc quand il y a un million d'écarts, ce n'est pas 200 000 voix.
31:03Mélenchon nous fait tout un bince pendant toute sa vie,
31:06parce que 400 000 voix lui auraient permis d'être au second tour des présidentielles,
31:10d'être au second tour, même pas de gagner.
31:12Donc on peut dire que quand il y a plus d'un million de voix,
31:14il y a quand même beaucoup plus que...
31:16Et ça, le président le savait, donc pertinemment.
31:18Mais moi, je vous l'ai dit.
31:19Mais oui, vous, je le sais.
31:22Je l'ai dit et j'ai été insulté pour l'avoir dit.
31:24Et d'un seul coup, Macron dit « Mais oui, bien sûr que c'est le RN qui a gagné.
31:27»
31:27Il dit « Mais je dissous, je fais des élections, le RN gagne.
31:32Donc, qu'est-ce que je fais ?
31:33Si je suis gaulliste ou si je suis gaullien, je nomme Bardella Premier ministre,
31:37puisque c'est le parti qui a gagné.
31:39Non, je reste. Et puis, je vous embrène, comme on disait chez Rabelais.
31:45En kikine.
31:46Oui. Et vous avez un deuxième.
31:48Alors vous pouvez dire « Ah bon, de toute façon, ce ne sera pas le premier, ce sera le deuxième.
31:50»
31:51Qui est le deuxième ?
31:52C'est Mme Casté, c'est Mme Lucie Casté.
31:54C'est ce que, aussi, j'ai dit.
31:55Et on ne pourra pas dire que je ne l'ai pas dit.
31:57Donc, vous dites « Bon, je ne veux pas du premier, je vais prendre le deuxième. »
32:00Non, non, non, il prend le troisième.
32:01Oui, et il dit « Il n'y a qu'elle et vous pour croire qu'elle peut un jour
32:03aller à Matignon. »
32:04En parlant de Lucie Casté.
32:05Sous-entendu, c'est moi et ce n'est pas les autres.
32:08S'il y a un Rassemblement National Premier, ce ne sera pas le premier.
32:11S'il y a des sociétés ou la gauche Deuxième, ce ne sera pas la gauche, ce sera moi.
32:14Et qu'est-ce qu'il fait ?
32:15C'est Bayrou, c'est Barnier et c'est M. Lecornu.
32:18C'est-à-dire qu'il choisit, sur la troisième marche du podium, son premier ministre.
32:22Mais pourquoi il se passe tout ça dans la rue aujourd'hui ?
32:24Ben oui.
32:24Ben oui, ce n'est pas seulement la vie chère.
32:26Les gens, ils ont raison de toute façon de se battre contre la vie chère.
32:31Mais c'est un déni de démocratie depuis le début.
32:34Je le dis depuis le début, je paye assez cher.
32:36Mais c'est un déni de démocratie.
32:38C'est ancien, c'est 2005-2008, vous connaissez ma position là-dessus.
32:41Le jour où on a dit « Ah, le traité de Lisbonne, vous n'avez pas compris,
32:44ce sera le traité de 1905, de 2005, pas de 1905. »
32:50Sur la Constitution.
32:51Mais donc vous aurez le traité de Lisbonne en 2008, ça commence là.
32:54On ne peut pas se dire gaulliste, ou alors on dit « Le général de Gaulle,
32:57on n'en a plus rien à faire, la démocratie, j'en ai rien à faire,
32:59la République, j'en ai rien à faire ».
33:00C'est le cas de Macron.
33:01C'est-à-dire que dans quelques mois, on pourra faire un bilan.
33:04Et le bilan aura été, à chaque fois que le peuple aura été consulté
33:08et qu'il aura dit quelque chose, on lui aura dit « Va te faire voir
33:12et je t'envoie des canons à eau, je t'envoie des LBD,
33:15je t'envoie des CRS, je t'envoie etc. »
33:17C'est comme ça depuis le début.
33:18Que n'a-t-il fait quelque chose des fameux cahiers de doléances
33:22qu'il a lui-même demandé ?
33:23On en avait déjà évoqué.
33:23Donc déni de démocratie du début jusqu'à la fin.
33:25Et là, il le dit lui-même à Mme de Gois.
33:27Merci Mme de Gois de nous faire savoir que sur la fin,
33:30il nous fait savoir qu'il méprise absolument.
33:31Sur la réforme des retraites, moi ça m'a frappé ce qu'il dit.
33:33Il dit « Si moi je veux me refaire la cerise, alors oui je la suspends.
33:37Mais si je pense au pays, je ne le fais pas une seule seconde.
33:41Si on suspend la réforme, je peux vous dire que c'est bien le pays
33:44qu'on met dans la merde. »
33:45Excusez-moi, c'est les mots du Président de la République.
33:47Non, ce monsieur quand il parle du pays, il ne sait pas ce qu'il dit.
33:51Il n'a pas le sens de l'intérêt général, il n'a pas le sens du bien public,
33:54il n'a pas le sens de l'histoire, il n'a pas le sens de la France,
33:57il n'a pas le sens de ce qu'il faut faire pour la France.
33:59On peut faire autre chose et autrement que de dire « Vous allez travailler plus,
34:02parce qu'il n'y a à peu près que ça qui m'intéresse. »
34:04Non, il y a plein de gens qui ne travaillent pas,
34:05il y a plein de gens qui travaillent mal, il y a plein de gens qui travaillent tard.
34:08Mais là, il a retiré la réforme.
34:10De toute façon, il a fini par la retirer la réforme.
34:12Donc c'est le pays qui est dans la mouise.
34:13C'est bien la preuve qu'il se moque, qu'il veut se refaire la cerise,
34:16comme il dit, tant est qu'il ait une cerise.
34:18Mais je pense que cet individu, c'est ce que dit le livre de Catherine Ney,
34:23ce que j'en ai vu, je ne l'ai pas encore lu, mais je le dirai avec passion.
34:26J'avais d'ailleurs adoré le livre qu'elle avait écrit sur Mitterrand jadis,
34:29« Le noir et le rouge », qui était un livre formidable sur Mitterrand.
34:33et elle était très en amont, très en avance.
34:36Elle donnait le numéro de la carte de Francisque, de François Mitterrand.
34:41Je me suis fâché avec des amis socialistes à l'époque
34:43qui me disaient que je donnais de l'écho à ce que le présent national hebdo
34:49disait à l'époque la presse d'extrême droite, etc.
34:51Tout le monde le sait, depuis Pierre Péan, que c'était vraiment le cas.
34:55Et là, quand elle utilise cette formule qu'on trouve dans l'Ancien Testament,
34:57« Malheur à la ville dont le prince est un enfant,
34:59dont le roi est un enfant,
35:00dont le souverain ou dont le gouvernant est un enfant,
35:03elle a raison. »
35:04Et voilà quelqu'un qui n'est intéressé que par lui.
35:06C'est quoi se refaire la cerise ?
35:07C'est quoi cette expression « on n'a pas à se faire ou à se refaire la cerise ?
35:10»
35:10On a à gérer la France, à gouverner la France
35:12dans la perspective de l'histoire de France,
35:14en se disant qu'il y a trop de gens qui travaillent
35:17et dans des conditions qui sont terribles,
35:19qui travaillent dans des conditions terribles,
35:22et puis trop de gens qui ne travaillent pas,
35:24qui travaillent tard ou qui se font entretenir.
35:26C'est ce genre de choses-là qu'il faut rééquilibrer.
35:27Après, ce sont des échanges privés.
35:29Il ne faut pas oublier qu'on peut avoir un langage
35:31quand on échange des messages.
35:33Il n'y a plus d'hommes privés quand on est chef d'État.
35:35C'est votre théorie.
35:36Mais après, on peut avoir un autre ton
35:37que dans un discours officiel.
35:39Non, non, non.
35:40Un chef de l'État, s'il l'est pendant 5 ans,
35:42s'il a la chance de l'être pendant 2 fois 5 ans,
35:44il n'y a plus d'hommes privés.
35:47Donc on doit tout savoir.
35:48Non, non, non.
35:49On peut tout savoir de votre vie privée,
35:51mais vous évitez de dire
35:52« Oui, mais ça, c'est un off, etc. »
35:54Non.
35:56Donc un président ne devrait pas dire ça ?
35:58Il devrait même ne le dire à personne.
36:00Ou alors éventuellement à 2 ou 3
36:02qui font partie de son cabinet
36:03avec lesquels il veut penser et réfléchir.
36:05Et s'il ne veut pas décider tout seul,
36:08il y a peut-être 10 personnes autour de soi
36:09qui sont les vrais fidèles
36:11auxquelles vous pouvez vraiment avoir confiance
36:12et à qui vous pouvez dire ce genre de choses
36:14parce que ça ne sortira jamais.
36:15Et là, on commence à voir
36:17il y a des journalistes courageux
36:18qui, 6 mois avant qu'ils ne s'en aillent,
36:20commencent à lui cracher dessus.
36:21Moi, j'ai l'antériorité.
36:22Je crachais, je disais des choses désagréables
36:24concernant avant même qu'il ne soit élu
36:26et au moment de la campagne présidentielle.
36:28Mais dans le respect républicain, comme toujours.
36:30Michel, vous avez voulu...
36:31J'aurais-je pas respecté la République ?
36:33Pensez bien que je me serais trouvé au tribunal.
36:35Vous avez été marqué par le film
36:37Jean Moulin qui est sorti cette semaine.
36:39Oui, formidable.
36:39Extraordinaire.
36:40Ce qui est intéressant, c'est de voir
36:41qu'il y a beaucoup de films en ce moment
36:42sur la Seconde Guerre mondiale,
36:43sur l'occupation,
36:44sur les héros comme De Gaulle,
36:46comme Jean Moulin.
36:47Qu'est-ce que ça dit ?
36:48On a besoin de ces références-là,
36:50de ces héros-là ?
36:51D'abord, il y a des matrices en France
36:54qui sont les matrices, je disais tout à l'heure,
36:56de la Révolution française.
36:56Mais il y a aussi la matrice occupation, résistance, etc.
36:59On n'en a pas fini avec cette période-là.
37:01On y est toujours ?
37:02Oui.
37:02D'abord parce qu'on a beaucoup menti.
37:04Moi, j'ai dans mon livre sur Mitterrand de Gaulle
37:08classifié un peu l'ordre d'arrivée
37:10de ceux qui sont entrés dans la résistance.
37:12Alors, il y a ceux qui sont entrés dans la résistance
37:14qu'on n'y en avait pas encore.
37:15Et puis il y a ceux qui sont entrés dans la résistance en 1946.
37:18Bon, on laisse de côté ces farceurs.
37:20Mais je veux dire qu'il y a une possibilité,
37:22il y a une date, c'est le 18 juin 1940,
37:23pour entrer dans la résistance.
37:24Vous pouvez.
37:26Il y a des gens qui, les communistes,
37:27pacte germano-soviétique, n'y entre pas
37:29tant que pendant deux ans,
37:30le Parti communiste collabore avec les nazis.
37:33Ça, ça ne l'est jamais dit.
37:34Maintenant, je le dis depuis des années,
37:35ça finit par être entendu.
37:36Et puis voilà.
37:37Et puis après, vous avez des résistants.
37:39Et aujourd'hui, moi, je connais des résistants
37:40qui s'en vient, ceux qui sont encore vivants
37:42et qui s'en vont dans les écoles
37:45ou dans les associations, etc.,
37:46expliquer ce qui se passait.
37:47Je me souviens un jour, ça se passait à Argentan.
37:49Et quelqu'un qui avait le souvenir
37:50des bombes qui s'écrasaient sur Argentan, etc.
37:53Le personnage, il avait six mois
37:54quand les bombes se sont écrasées sur Argentan.
37:57Donc il ne pouvait pas avoir le souvenir
37:58des bombes qui s'écrasaient.
37:59Donc on a réécrit toute cette mythologie.
38:01On est passé de 40 millions de pétinistes
38:04avec Henri Amourou.
38:07Tout le monde était résistant.
38:09Parce qu'à 3h du matin,
38:10on avait avec une croix,
38:11dessiné une croix de Lorraine
38:12sur la porte arrière des toilettes municipales
38:15ou ce genre de choses.
38:16Et puis après, vous aviez des gens
38:17qui faisaient carrière dans les écoles
38:19pour expliquer leur résistance ceci,
38:20leur résistance cela, etc.
38:22Moi, j'ai eu la chance d'avoir un père
38:23très taciturne, très silencieux
38:24dont j'ai découvert par la suite
38:25qu'il avait fait des choses
38:26et il n'en avait jamais parlé.
38:27Et il n'en a pas parlé non plus
38:28quand il s'agissait de dire
38:29machin ou bidule.
38:30Ouais, d'accord, il a peut-être fait carrière là-dessus,
38:32mais finalement, voilà,
38:33ce n'est pas lui qui m'a dit ces choses-là,
38:34je l'ai appris ensuite.
38:36Mais simplement, ces silences dans l'histoire
38:38ont contribué à fabriquer des mythologies,
38:40mythologies dont on ne se défait pas.
38:42Il y a une mythologie sur la guerre d'Algérie,
38:44il y a une mythologie sur la guerre 39-45,
38:47il y a une mythologie sur la révolution française
38:48parce que nous ne faisons pas l'histoire.
38:50Et le retour de ces films,
38:52pour ceux que j'ai vus,
38:53enfin j'ai vu Luchère,
38:54j'ai vu Moulin, j'ai vu De Gaulle,
38:56ils sont tous respectueux.
38:58D'ailleurs, je présente mes excuses
38:59au réalisateur de Luchère.
39:00De Luchère, oui.
39:01Il m'est arrivé de dire des choses pas justes
39:03parce que je les avais lus
39:04et j'avais pris au sérieux
39:05le journal qui rapportait des faits
39:07qui n'étaient pas avérés.
39:09Et donc, j'avais cru ce journal,
39:12hélas pour moi,
39:13hélas pour lui, le réalisateur.
39:15Mais ce sont des films
39:16qui sont extrêmement respectueux
39:17de la vérité historique.
39:19Donc d'un seul coup, on fait de l'histoire.
39:20On n'a pas fait d'histoire
39:21pendant des années à l'école,
39:22on a fait de la mythologie,
39:23on a reproduit les mythologies de gauche
39:25la plupart du temps.
39:26Et là, vous avez des réalisateurs
39:27qui arrivent,
39:27je pense à ce film sur le général De Gaulle
39:29qui est impeccable.
39:30Exceptionnel.
39:31Impeccable, historiquement.
39:32Il est encore en salle,
39:33allez-moi.
39:34Oui, et il y a des gamins aujourd'hui,
39:35des jeunes, je dirais,
39:36des gens qui ont 20 ans
39:37qui disent, ah oui, c'était ça De Gaulle,
39:39c'était ça la résistance.
39:39Et puis c'est ça la France.
39:40C'est ça la France.
39:41C'est ça la France.
39:42Et ça, c'est quand même assez formidable.
39:43Alors le film est très gore,
39:44le film sur Jean-Moulin,
39:45c'est-à-dire qu'il y a des scènes
39:46où il est mort de la torture.
39:48Mais ça s'est pensé à Mel Gibson
39:49et sa dernière Passion du Christ.
39:52Il y a un visage christique,
39:54je ne dis pas la suite
39:55parce que les gens ne savent pas trop
39:55comment il est mort,
39:56où il est mort,
39:56s'il est mort à tel endroit.
39:59Et les dernières secondes,
40:01les dernières minutes de la mort
40:02sont assez magnifiques.
40:03Le film est sublimé.
40:04Je signale quand même
40:05à nos auditeurs
40:06et nos téléspectateurs
40:07votre livre
40:08Nouvelle chevalerie
40:09sur De Gaulle, Malraux
40:10et la civilisation chez Plon.
40:11Évidemment, ça nous fait penser
40:13à tous ces héros
40:15que nous chérissons.
40:16Le point philo,
40:17des délits et des peines.
40:18Il nous reste un peu plus
40:19de 4 minutes, Michel.
40:21Le philosophe italien
40:22Cesare Beccaria.
40:24Alors à l'époque,
40:25il pense qu'il faut justifier
40:26le port d'armes.
40:27Expliquez-nous évidemment
40:28comment ça rentre en résonance
40:29avec ce que nous vivons aujourd'hui.
40:31D'abord, c'est un petit clin d'œil
40:32que j'envoie
40:33à M. Dupond-Moretti
40:34qui, il y a quelque temps,
40:35nous disait qu'il y avait
40:36des scientifiques
40:37comme M. Badinter
40:38et M. Beccaria
40:39qui étaient des abolitionnistes
40:41concernant la peine de mort,
40:42etc.
40:43Je ne sais pas
40:44s'il a lu Beccaria
40:45ou si c'est un souvenir ancien
40:46mais quand il publie ce livre
40:48en 1764
40:50des délits et des peines,
40:52Beccaria ne dit pas
40:53qu'il est contre la peine de mort.
40:54Il dit que pour les gens
40:55qui représentent un danger
40:57pour l'intérêt de l'État
40:57et l'intérêt national,
40:58on peut recourir
40:59à la peine de mort.
41:00Donc les gens
41:00qui sont abolitionnistes,
41:02sauf dans certains cas,
41:02ne sont pas des gens
41:03qui sont abolitionnistes.
41:04En revanche,
41:04il avait fait une critique
41:06d'un certain usage
41:07de la peine de mort
41:07en disant tout le temps
41:08en permanence
41:09pour des gens
41:09qui, je suis allé voir
41:11les misérables aussi,
41:11mais qui volent un pain
41:13et qui peuvent à l'époque
41:15se faire décapiter
41:16parce qu'ils ont volé un pain
41:17parce qu'ils avaient faim.
41:18Ce n'est pas exactement
41:19la même chose.
41:20Donc il faut lire
41:21les textes dont on parle
41:22et ce texte-là
41:23est révolutionnaire
41:24parce que pendant
41:26mille ans,
41:26on a estimé
41:27que la justice des hommes
41:29c'était la justice divine
41:30et qu'au nom de Dieu,
41:31on pouvait punir
41:32et qu'on pouvait
41:33enlever la vie.
41:34Je rappelle que jusque
41:35dans les années 92,
41:36le catéchisme que j'ai
41:37défend la peine de mort.
41:38C'est récent,
41:39l'abolition de la peine de mort
41:40pour les catholiques.
41:41Et Beccaria nous dit
41:42non, non, non,
41:43il faut une justice
41:44un peu comme Montesquieu,
41:45il faut penser les choses
41:46en termes de sociologie,
41:48de société.
41:48C'est un utilitariste,
41:51Beccaria,
41:51il veut le plus grand bonheur
41:52du plus grand nombre possible
41:54à partir du contrat social.
41:55Il estime qu'il faut
41:56créer une société
41:57dans laquelle
41:58on va punir
41:58justement,
42:00fermement,
42:00donc pas de peine de mort
42:02comme ça,
42:02tout va,
42:03mais dans des conditions
42:03particulières,
42:05pas de torture,
42:05abolition de la torture,
42:06ça c'est quand même formidable
42:07parce que l'Inquisition
42:09a beaucoup utilisé la torture,
42:10donc vous torturez,
42:11vous obtenez des aveux,
42:12Foucault a écrit
42:13des très belles pages
42:13sur la question de l'aveu,
42:14et Beccaria disait
42:15non, on teste simplement
42:16la résistance à la souffrance
42:18mais pas la vérité,
42:19donc on supprime
42:21ce genre de choses.
42:22Et il y a un passage
42:23très étonnant,
42:23je ne pense pas
42:24que ça plaire beaucoup
42:24à monsieur Dupond-Moretti,
42:27mais il fait l'éloge
42:28du port d'armes,
42:28parce que le port d'armes
42:30existe avant la Révolution française,
42:32c'est la Révolution française
42:33qui va abolir,
42:33et Beccaria,
42:34qui écrit,
42:34je vous rappelle,
42:35en 64,
42:361764,
42:37c'est-à-dire avant
42:37la Révolution française,
42:39il est contre les lois
42:40qui abolissent le port d'armes,
42:42il dit
42:42de telles lois
42:42ne servent qu'à multiplier
42:43les assassinats.
42:45Elle livre le citoyen
42:47sans défense
42:48au coup du scélérat
42:49qui frappe
42:50avec plus d'audace
42:50un homme désarmé.
42:53Elle favorise
42:53le brigand
42:54qui attaque
42:54au dépens
42:55de l'honnête homme
42:56qui est attaqué.
42:57Voilà l'homme
42:58dont monsieur Dupond-Moretti
43:00nous dit
43:00qu'il est un héros
43:01de la science politique
43:02et de la science juridique.
43:05Je ne sais pas si...
43:05Très intéressant,
43:06la mise en amie
43:07mais très intéressante.
43:08Et c'est un philosophe
43:09qui a rendu possible
43:10tout le droit moderne
43:11et c'est extrêmement intéressant.
43:13Il n'a pas écrit que ça,
43:14il est connu pour ça,
43:15mais il a généré
43:17toute la philosophie
43:17des Lumières
43:18et toute la pensée
43:19juridique de la philosophie
43:20des Lumières
43:20qui s'est dissociée
43:22de Dieu.
43:23Ce n'est plus Dieu
43:24qui fait la loi,
43:24ce ne sont plus les prêtres
43:25qui disent la justice
43:26ou du moins la justice
43:27qui dit la loi
43:29avec le crucifix
43:30derrière elle.
43:31C'est l'intérêt général
43:32et le bien public.
43:33Elle dit
43:33qu'il faut peu de lois,
43:35des lois efficaces,
43:36des punitions
43:37qui ne sont pas violentes
43:38et qui ne sont pas humiliantes
43:40mais en même temps
43:41des punitions
43:41qui soient faites.
43:42Il faut des peines
43:43et des peines
43:43qui soient appliquées.
43:44Une peine qui n'est pas appliquée
43:46n'est plus une peine
43:46et ça dissuade
43:47de dire des peines.
43:49On le voit bien,
43:49tous ces gens
43:50qui ne risquent rien,
43:51qui ont des peines
43:52mais si c'est moins d'un an,
43:53c'est juste un bracelet.
43:54Des peines où on dit
43:55vous avez tel âge
43:56donc vous avez l'excuse
43:57de la minorité
43:57ou telle autre peine
43:58dont on dit
43:59c'est la première fois,
44:00vous aurez du sursis
44:00ou ce genre de choses.
44:01Non, lui il dit
44:02peu de peines
44:03mais il faut que ces peines
44:04soient vraiment appliquées
44:05et qu'elles soient appliquées
44:07sévèrement.
44:07Ce n'est pas un bisounours
44:08César Beccaria
44:09contrairement à ce qu'on peut raconter.
44:10On peut le relire
44:11mais vraiment le relire
44:12véritablement
44:12et ne pas se contenter
44:13d'une vague relecture
44:15de Wikipédia.
44:15D'une vague citation.
44:16Merci Michel Onfray
44:17c'était passionnant.
44:18Merci à vous
44:19on se retrouve la semaine prochaine
44:20sur CNUS et sur Ravop.
44:21Merci à vous.

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