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Mercredi 4 novembre 2026, retrouvez Killian Buffard, (cofondateur et directeur de la stratégie, Najar) et Marco Fiorini (Directeur général exécutif, Filière IA et cancers) dans SMART TECH, une émission présentée par Delphine Sabattier.
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00:03C'est la suite des interviews de l'IA dans Smartech. Aujourd'hui en plateau nous
00:08avons Kylian Buffard qui est le cofondateur et directeur de la stratégie de Najar.
00:12Bonjour Kylian. Avec vous on va parler d'un observatoire, l'observatoire des coûts de
00:18l'IA en entreprise. Parce qu'en ce moment on se dit que ça fait quand même un petit
00:22peu mal l'intelligence artificielle. Ça fait un petit peu mal et on voit aussi
00:26une adoption massive des différents outils, une consommation aussi qui accélère
00:32tous les jours et donc finalement on se rend compte... Avec une difficulté de maîtrise des coûts.
00:36Oui vraiment pour la simple et bonne raison qu'il est très très simple aujourd'hui de
00:41pouvoir souscrire à n'importe quel outil et pour autant derrière d'un point de vue
00:45gouvernance pour une entreprise on a tout de suite 5, 6, 7 mois de retard et donc
00:50finalement l'usage, la consommation, la facture est déjà arrivé avec
00:55potentiellement des coûts qu'on n'avait pas du tout anticipé.
00:57On va regarder ça ensemble, ça intéresse d'autant plus les directions financières
01:01que vous, vous les adressez directement avec votre plateforme Najar. Donc on va en parler
01:05tout à l'heure. On va commencer avec Marco Fiorini qui est avec nous aussi.
01:09Bonjour Marco. Bonjour. Vous êtes le directeur général exécutif de la filière
01:12IA et Cancer, donc FIAC pour le dire vite. Avec vous notre sujet sera plutôt la médecine
01:17du futur. On en est où de cette médecine du futur qu'on nous promet hyper personnalisée
01:22grâce à l'IA ? On en est proche, on en est loin, on est au milieu du chemin ?
01:26Alors je pense qu'on progresse rapidement et que le potentiel est absolument immense.
01:31Oui. Immense parce que l'IA se développe très très vite et l'IA est adoptée de
01:37plus en plus dans les hôpitaux. La conjonction du développement de l'IA et de l'adoption fait
01:43que la médecine personnalisée à mon sens est rapidement une réalité qui va se raffiner.
01:49Bon, alors parlez-nous quand même de cette filière IA et Cancer. Elle est née d'un comité
01:59stratégique de filière, comme il y en a qu'on connaît un petit peu mieux dans Smartech
02:03dans le logiciel et les solutions numériques de confiance. Elle est née d'un même type
02:07de dispositif. Quel est l'objectif avec cette filière, avec ce contrat de filière ? Quel
02:14est le contrat que vous passez finalement avec l'État ? Alors c'est né en 2019 avec
02:19un contrat stratégique de filière qui a eu l'intuition que l'IA allait changer la
02:23donne. Dès 2019, trois ministres, recherche, industrie, santé. Dans le domaine de la
02:27recherche contre le cancer ? Dans le domaine de la recherche contre le cancer. Donc l'IA
02:33avait déjà ce potentiel dans l'esprit de ces trois ministres. Joint avec la Fédération
02:38des industries de la santé, ils ont signé un contrat pour créer un doux tank. Nous sommes
02:45un doux tank, qui sommes une association à but non lucratif, qui fédère des parties
02:49publiques et des parties privées. On est hybride, c'est assez original. Du côté des
02:54parties publiques, vous avez l'Institut National du Cancer, la plateforme de données de santé
02:59qu'on évoquait il y a quelques instants. Juste avant que... Juste avant, pardon, absolument.
03:03On n'a pas su cette conversation, vous savez. Et donc cette polarité publique est également
03:09complémentée par l'Agence d'innovation en santé, qui va aujourd'hui être intégrée
03:12dans une direction générale, la DGR INES du ministère de la Santé. Donc la polarité
03:18publique en regard d'une communauté d'industriels qui défend la place de la France en termes
03:23d'investissement AstraZeneca, Amgen, BMS, Pfizer, Novartis, Pierre Fabre et Roche Diagnostics.
03:30Et j'en ai jamais oublié, donc cette communauté d'industriels qui fait des projets.
03:34On est un doutant qu'on opère par projet pour tester l'IA en vrai sur le territoire.
03:38Alors, quand vous dites doutant, donc effectivement, vous testez des projets, donc des projets
03:42publics-privés, donc l'idée c'est de faire travailler ensemble les deux ?
03:45Exactement. Des projets publics-privés sur quatre thématiques. Est-ce qu'on peut utiliser
03:50l'IA pour automatiser des tâches qui prennent du temps et qui coûtent de l'argent dans
03:54les hôpitaux ? Est-ce qu'on peut utiliser l'IA pour mieux comprendre quels sont les parcours
03:59de santé des gens ? Est-ce qu'on peut utiliser l'IA pour mieux prévenir ? Pour mieux prévenir
04:04les cancers, parce que le cancer c'est une course contre la monte. Est-ce qu'on peut
04:07utiliser l'IA pour créer des données qui manquent aujourd'hui, pour avoir une dimension
04:12totale de ce que vivent les patients ? La qualité de vie, par exemple, c'est des données
04:15qui nous manquent, on peut en produire avec de l'IA. Voilà les thématiques.
04:18Vous dites, est-ce que, derrière vous nous dites, en fait on a la réponse, on pressent
04:22que oui, la question c'est comment ? Comment vous vous y prenez pour adresser ces thématiques ?
04:28Alors, c'est toujours un processus qui est absolument identique. On qualifie un projet
04:33à plusieurs industriels, on en parle en conseil d'administration avec nos partis publics,
04:38et à la fin on fait le projet et on finance des PME, des start-up. Un euro sur deux
04:44de notre
04:44budget retourne vers ces PME et ces start-up nationales pour pouvoir maturer leurs solutions,
04:50pour pouvoir adresser les enjeux qu'on existe. C'est-à-dire qu'il y a un appel d'offres
04:54ou comment est-ce que vous les identifiez ? Exactement. Oui, c'est elles qui doivent se manifester
04:57sur les projets ? Oui, c'est un appel d'offres, pour être très très précis. C'est un appel
05:01d'offres, on qualifie un besoin multilatéral, on le met sur la place publique et ensuite
05:07on sélectionne un, deux, parfois 20 prestataires qui nous servent en même temps pour un sujet.
05:13Un seul exemple, je ne vais pas être trop trop long, aujourd'hui la voix peut être un
05:19marqueur de qualité de vie. Donc on est en train de développer avec une start-up,
05:24un outil d'IA qui nous permet de transformer un dialogue entre une infirmière et son patient
05:32en intuition autour de la qualité de vie perçue. Parce que la qualité de vie, si elle
05:36était facilement produite, pourrait servir à évaluer la valeur réelle d'un médicament.
05:41J'ai pas mal de proches qui ont un cancer malheureusement et cette qualité de vie, il
05:46faut l'objectiver, si vous voulez, pour pouvoir la prendre en compte dans la valeur globale
05:50d'un médicament. Pas juste en termes de survie, mais aussi en termes de qualité de vie. Voilà
05:53un exemple de l'IA très très concret. Donc cette IA, elle se diffuse partout, on en a
05:58énormément besoin. On voit dans la santé quels sont les progrès que cela permet et permettra
06:04et permettraient. Mais ça coûte très cher. Je fasse la main désormais à Kylian,
06:11donc cofondateur directeur de la stratégie de Najar, qui publie un observateur sur les
06:15coûts de l'IA. Alors pas dans la recherche, mais en entreprise. Vous avez sondé quel type
06:19d'entreprise, vous ?
06:20Alors on a sondé sur la base justement de nos clients, un peu plus de 250 aujourd'hui
06:25en Europe. Et on va osciller sur différentes industries des entreprises telles que Deezer,
06:31telles que Nexity ou Boulanger, que vous devez sûrement connaître, et qui vont balayer
06:35toutes les industries au global.
06:37Donc des tailles d'entreprises quand même assez importantes ?
06:39Oui, on va s'adresser surtout, et on a étudié surtout, des entreprises qui vont
06:43dépenser plusieurs centaines de milliers d'euros par an, tant sur les logiciels que
06:46sur les outils IA, en sachant qu'aujourd'hui les deux sont un petit peu aussi mêlés.
06:50Alors quels sont les enseignements de cet observatoire ?
06:53Les gros enseignements, c'est qu'on parlait un petit peu de gouvernance en introduction.
06:59La réalité, c'est qu'aujourd'hui, un peu plus de 93% des nouveaux usages, des
07:03nouveaux outils qui vont pouvoir être utilisés, démarrent hors des processus standards de
07:09l'entreprise. On démarre avec une carte bancaire sans contrat, et puis finalement
07:15on démarre. Et puis, quelques mois plus tard, on se rend compte que tout d'un coup,
07:19c'est des dizaines de milliers d'euros qui sont engagés.
07:23Là, la carte bancaire du directeur financier, ça ne suffit plus là ?
07:25Non, ça ne suffit plus, mais aujourd'hui tout le monde a une carte bancaire dans une
07:30entreprise, potentiellement démarrée en note de frais, et qui est finalement la grosse
07:34divergence par rapport à historiquement le monde du logiciel, où une licence avait
07:38un prix, en tout cas pour une période. Aujourd'hui, on est de plus en plus dans une
07:41consommation à l'usage, usage qui est aussi très mal maîtrisé, c'est ce qui explique
07:47aussi cette explosion des coûts à tout le monde.
07:49Vous avez des chiffres à nous partager ?
07:51Oui, sur vraiment cette explosion des cas, aujourd'hui, dans le monde du logiciel, on
07:58avait historiquement 2 à 3 % d'augmentation tarifaire annuelle. Depuis la période du
08:04Covid, on était plutôt aux alentours des 10 à 12 %. Cette année, on observe plutôt
08:08jusqu'à 25 % d'augmentation.
08:10Sur les dépenses en matière de logiciels ?
08:13Sur les logiciels phares que vous pouvez utiliser, des CRM, gestion de projets, et ce
08:19qu'il faut aussi voir, c'est que ces augmentations sont justifiées sous le spectre de l'innovation,
08:24de ces nouvelles fonctionnalités IA. La réalité, quand on regarde finalement l'usage
08:30réel, c'est que ces nouvelles fonctionnalités sont plutôt utilisées à 2, voire 10 % au maximum
08:36par les utilisateurs. Et donc, on paye finalement le prix fort, plus 25 % sur une base constante
08:42pour quelque chose qu'on n'utilise pas encore ou pas. Et c'est ça aussi qui crée aujourd'hui
08:47beaucoup de difficultés dans les entreprises.
08:49Alors ça, c'est un autre point, effectivement. C'est que les éditeurs surfent sur cette vague
08:53de l'IA, ça que vous nous dites, pour faire quand même peser une charge plus importante
08:57de manière financière sur les entreprises. Qu'en est-il de l'achat pur de modèles, des
09:04cas d'usage de l'intelligence artificielle, est-ce qu'on sait combien ça coûte, combien
09:07dépense en moyenne les entreprises que vous avez sondées ?
09:09Alors, la dépense, pour le coup, elle a dépassé de plus de 2000 %. Si on regarde
09:15Anthropik, par exemple, entre l'année dernière et cette année, Anthropik, c'est l'entreprise
09:19derrière Claude. Et ce qu'on observe, c'est que finalement, à effectif constant aujourd'hui
09:25de personnes, on va dépenser 20 fois plus d'un point de vue annuel, qui s'explique
09:30par de plus en plus d'usages, mais aussi une non-maîtrise de la facturation et notamment
09:35du coût du token. Ce qu'il faut savoir, c'est que finalement, en fonction du modèle
09:39qu'on peut utiliser, le prix, parce que c'est par millions de tokens qu'on les achète,
09:44peut osciller de quelques centimes à plus de 150 dollars. Et finalement, aujourd'hui,
09:48sur la plateforme, ça se résume à choisir un modèle sans vraiment comprendre l'impact
09:53que ça peut avoir derrière pour l'entreprise. Et donc, il y a des vrais enjeux, tant dans
09:57le déploiement, mais que derrière l'optimisation, pour s'assurer qu'on puisse continuer à
10:02innover, parce que c'est important et c'est nécessaire, tout en contrôlant et maîtrisant
10:06les coûts.
10:07Marco, c'est un sujet, le coût de l'intelligence artificielle aujourd'hui dans la santé, est-ce
10:11que ça peut être un frein ?
10:13C'est une question complexe. Et en fait, aujourd'hui, ce que je constate, c'est que
10:20beaucoup d'hôpitaux se dotent de grands modèles de langage. Avec des modèles gratuits,
10:26ils s'en dotent parce que ce que ça leur rapporte au regard de ce que ça leur coûte
10:34est vraiment au profit d'un usage de l'IA, au profit d'une appropriation de l'IA. Donc
10:38les hôpitaux, aujourd'hui, en tout cas, il y a une communauté pilote d'hôpitaux
10:42qui récupère des modèles de langage pour optimiser les flux, pour faire des indicateurs
10:47de performance interne, pour pouvoir mieux servir les patients. Donc, ils l'adoptent
10:53naturellement parce qu'ils font des économies et c'est assez vite prouvé. Ça, c'est
10:58quelque chose que l'on voit et ça, c'est très intéressant pour nous. Il y a une diffusion
11:01de plus en plus massive de ces outils et on peut en faire beaucoup, beaucoup de choses.
11:05C'est assez flexible.
11:07On va vous faire réagir, Kylian, là-dessus parce qu'il y a le coût, mais il y a effectivement
11:10ce que ça rapporte, ce que ça permet de faire.
11:13Et malheureusement, aujourd'hui, pour un certain nombre de cas d'usage, il est difficile de
11:16mesurer le ROI réel, finalement, d'une opération qu'on va pouvoir opérer. Et c'est peut-être
11:21tous les enjeux qu'on peut avoir au quotidien avec nos clients. C'est difficilement de comprendre
11:28qu'est-ce qui a de la valeur, qu'est-ce qui peut vraiment créer et libérer du temps,
11:33parce que c'est aussi ça qu'on va chercher bien souvent, pour pouvoir permettre à l'humain
11:38de se focaliser là où il a vraiment de la plus-value, de la valeur ajoutée sur les
11:42tâches extrêmement complexes et moins, finalement, redondantes qu'on peut rencontrer tous les
11:47jours au quotidien dans notre travail.
11:48Donc, aujourd'hui, on a des outils qui permettent quand même de mieux comprendre ce qu'on
11:51dépense et pourquoi ?
11:52Oui, oui, oui, de plus en plus. Mais tout le monde apprend, finalement, en marchant.
11:57Et je pense que l'enjeu, c'est à quel point on va être capable de s'acculturer rapidement,
12:03à quel point on peut bénéficier, justement, de retours d'expériences de pairs qui font
12:08aussi, comme vous, des erreurs au quotidien. Mais le but du jeu, c'est de les corriger
12:12le plus vite possible pour pouvoir en tirer un maximum de valeur, encore une fois.
12:16Ah oui, partager les expériences, je pense que c'est aussi le but de la filière.
12:21Absolument, exactement.
12:22Merci beaucoup à tous les deux. Merci Kylian Buffard d'avoir été avec nous.
12:25Je rappelle que c'est le cofondateur et directeur de la stratégie de Najar et Marco Fiorini.
12:31Merci également. Directeur général exécutif de la filière IA et Cancer.
12:35Merci à tous de nous avoir suivis. On se retrouve dès demain sur la chaîne Bismarck.
12:39T'as très vite, donc.
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