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Mardi 3 novembre 2026, retrouvez Fredrik Brag (Président, Median Technologies) et Véronique Chabourine (Analyste stratégique) dans SMART ÉCO, une émission présentée par Sibylle Aoudjhane.

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Transcription
00:01Générique
00:08Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans la nouvelle émission de Smart Eco,
00:12l'émission qui donne la parole à celles et ceux qui font l'économie à retrouver tous les jours à
00:16l'antenne,
00:17mais aussi sur notre site bismart.fr et puis sur toutes vos plateformes d'écoute.
00:21Et direction les Etats-Unis aujourd'hui, où les Américains sont appelés aux urnes pour les élections de mi-mandat.
00:26Dans l'actu du dirigeant, nous recevons Frédéric Bragg, qui est président de Median Technologies,
00:32une medtech implantée en France, mais aussi à Boston, aux Etats-Unis.
00:36Une medtech qui mise sur l'intelligence artificielle pour améliorer le dépistage des cancers
00:41et qui accélère aujourd'hui son développement commercial.
00:45Et on parle de l'importance de la place des Etats-Unis avec eux dans un instant.
00:48Puis dans le débat éco, nous serons rejoints par Véronique Chabourine, qui est analyste stratégique,
00:53deux ans après le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche.
00:57Quel bilan économique peut-on dresser de sa politique économique ?
01:00Et que pourraient changer les résultats de ces mid-terms pour les entreprises françaises
01:05qui sont implantées aux Etats-Unis ?
01:06Ce sera notre débat éco.
01:08C'est parti pour Smartéco.
01:13Aux Etats-Unis, les Américains sont appelés aux urnes pour les élections de mi-mandat.
01:18Un scrutin décisif pour la suite du mandat de Donald Trump, mais aussi pour les entreprises françaises notamment,
01:25qui pourraient voir évoluer leur environnement économique et réglementaire dans leurs échanges avec les Etats-Unis.
01:30Car malgré les incertitudes politiques, les Etats-Unis restent un marché incontournable
01:34pour de nombreuses entreprises françaises, et notamment dans le secteur de la santé et des nouvelles technologies.
01:40C'est le cas de Median Technologies, qui est une medtech française spécialisée dans l'imagerie médicale,
01:46qui mise sur l'intelligence artificielle pour améliorer le dépistage des cancers,
01:51et qui accélère aujourd'hui son développement commercial.
01:53Et je suis ravie de recevoir Frédéric Braque. Bonjour.
01:56Bonjour.
01:57Vous êtes président de Median Technologies, et vous avez développé une solution d'intelligence artificielle
02:02destinée notamment à faciliter la détection précoce du cancer du poumon.
02:07Est-ce que vous pouvez nous dire concrètement qu'apporte la technologie ?
02:11Ça fait à peu près 5 ans que vous développez vraiment cette technologie spécifique.
02:15Qu'est-ce qu'elle apporte à l'imagerie traditionnelle ?
02:18Alors nous, on va utiliser l'IA, et aussi ce qu'on appelle la vision par ordinateur et le traitement
02:23d'images,
02:24pour aller rechercher des biomarqueurs dans les images qui correspondent à un certain type de maladie.
02:28En fait, c'était des technologies qui, au départ, sont utilisées par les militaires.
02:31C'est typiquement dans l'industrie satellitaire.
02:34On essaie de trouver... On prend des photos satellitaires, on essaie de trouver un tank au sol, au travers des
02:39nuages.
02:39On veut savoir si c'est le science ou celui de l'ennemi, avant de faire une intervention.
02:43Si vous regardez une mammographie, on essaie de repérer la fibre de la tumeur,
02:47on veut savoir si c'est les malignes ou bénignes, avant de commencer une intervention.
02:50Et là, nous, on est les premiers au monde à avoir un dispositif médical,
02:53qui est passé au travers des instances réglementaires, aussi bien aux Etats-Unis qu'en Europe,
02:58où on est capable de trouver un cancer à un stade où c'est curatif.
03:03Bien en amont de ce qu'on retrouve aujourd'hui ?
03:06Aujourd'hui, malheureusement, c'est vrai pour la plupart des cancers, c'est qu'on n'a pas de symptômes.
03:11Le jour où il y a des symptômes, c'est que la maladie est déjà très avancée et c'est
03:14une lutte contre le temps.
03:16Mais pour le cancer du poumon, c'est fatal.
03:20Vous parlez du coup de l'intelligence artificielle dans le secteur médical.
03:24À quel point est-ce qu'aujourd'hui, il s'est adopté dans ce secteur-là ?
03:29Ça va à une vitesse fantastique en ce moment.
03:32C'est-à-dire déjà, simplement, sur ces deux dernières années, on a pu assister à une révolution.
03:36Et ça, ça va continuer.
03:38Ça va fondamentalement changer toute la manière dont on est capable d'appréhender un patient.
03:42Et ça, nous, on est spécialisé en cancer, mais ça va être vrai pour de nombreuses maladies.
03:47Pour mettre ça en perspective, si on prend le cancer du poumon, qui est notre première indication au cancer,
03:52c'est le cancer qui tue le plus de tous les cancers.
03:54Ça tue plus que les trois autres suivants réunis.
03:57D'accord.
03:58Et malheureusement, le taux de survie à 4 ans est très faible,
04:02parce que les patients sont diagnostiqués, comme je disais tout à l'heure,
04:05à un stade où la maladie est déjà avancée.
04:08Un cancer en stade 1, c'est curatif.
04:11Donc là, on va pouvoir passer de 100%, j'exagère un peu, des gens qui sont en train de décéder,
04:17à 100% des gens qui vont pouvoir vivre une vie normale.
04:20Donc l'impact, il est absolument colossal.
04:22Pour mettre ça en perspective, les meilleurs traitements, ils augmentent la durée de vie de 6 mois.
04:26Ça, ça permet de sauver, c'est du curatif, si on le prend en stade.
04:31Donc Median Technologies est né à Sofia Antipolis, et vous êtes développé à l'international,
04:37donc Chine et États-Unis.
04:38On va se concentrer sur les États-Unis aujourd'hui.
04:40C'était fondamental pour vous, très rapidement, c'était en 2002, il me semble que vous avez créé l'entraînement.
04:46Très rapidement, vous êtes allé vers les États-Unis, ça s'est passé comment ?
04:49Moi, je suis Suédois à l'origine, j'ai démarré la société en France aussi,
04:52parce que c'est là où j'ai trouvé quasiment les meilleures technologies au monde dans ce secteur-là.
04:57C'était déjà l'intelligence artificielle, pas avec la même puissance de traitement telle qu'on a aujourd'hui,
05:01mais c'était déjà ça.
05:03Et tout ce qu'on a fait, c'était, au départ, c'était pour aller vers l'international.
05:06Et le plus grand marché pour nous, c'était toujours les États-Unis.
05:09Et d'ailleurs, nos premiers investisseurs, c'était des Français et des Américains.
05:14Dès le début, il y a eu beaucoup d'investisseurs américains qui sont venus investir dans Median.
05:18Et c'est un marché, au contraire de l'Europe, où l'Europe, c'est 27 pays.
05:22Donc c'est 27 réglementations différentes dans la santé.
05:26Il n'y a pas une norme qui gère toute l'Europe, tout est différent,
05:30surtout pour les remboursements, les mises sur le marché, etc.
05:33Aux États-Unis, tout est unifié.
05:35C'est déjà aussi, d'un point de vue marché, plus simple.
05:37Quand on parle vers les États-Unis, même si c'était vos premiers investisseurs,
05:41est-ce que vous avez eu besoin d'aide comme Business France ou des éléments comme ça ?
05:45Qu'est-ce qui vous a aidé pour arriver sur le territoire ?
05:48Alors, déjà, pour moi, c'était assez naturel.
05:51J'ai deux de mes frères qui habitent là-bas depuis longtemps,
05:53qui sont deux entrepreneurs aussi.
05:54Donc j'avais déjà, je me sentais presque à la maison là-bas.
05:58Mais on a reçu beaucoup d'aide en France aussi, oui, à l'époque, de la part de la BPI.
06:04Business France a été très bien dans d'autres domaines, pas nécessairement aux États-Unis.
06:08En Chine, ils nous ont beaucoup aidés aussi.
06:09Oui, il y a peut-être des barrières aussi culturelles qui peuvent être très différentes.
06:13Aux États-Unis, vous ne l'avez pas particulièrement senti, du coup, si votre famille était déjà présente ?
06:18Voilà. Non, non, je me suis senti presque à la maison là-bas aussi.
06:21Et à Sofia Antipolis, du coup, c'est vrai que c'est un technopole qui est quand même important,
06:25un très gros technopole européen.
06:27Vous avez senti que c'était un vivier qui vous a porté dans le développement de votre entreprise ?
06:33C'est un vivier assez extraordinaire.
06:35La qualité des gens que j'ai réussi à recruter sur Sofia Antipolis, c'est tout juste extraordinaire.
06:39J'ai 27 nationalités différentes au bureau, j'en suis très fier, très fier.
06:44Une majorité de femmes, j'en suis très fier aussi.
06:46Et avec une qualité de vie qui est telle que d'attirer des très fortes compétences se passe assez simplement.
06:55Mais il y a tout un vivier entre les universités, les labos de recherche et les sociétés qui fonctionnent très
07:02bien.
07:02La grande différence, et ce qui manque beaucoup par rapport aux États-Unis, c'est l'accès à l'argent.
07:09Dans l'innovation, on a besoin de financer à risque.
07:12Et ça, c'est toujours compliqué en France par rapport aux États-Unis.
07:15Et vos deux implantations pour France-États-Unis, ça se fait partie comment en termes d'employés, de présence sur
07:22le territoire ?
07:23Aujourd'hui, on n'est plus nombreux en France parce que ce dispositif médical pour le diagnostic du cancer du
07:29poumon vient d'être homologué aux États-Unis.
07:31Donc là, on est dans toute la phase de lancement.
07:33Donc là, cet été, on a mis en place une équipe commerciale.
07:36On travaille avec des partenaires pour la distribution.
07:38C'est des géants de l'industrie aussi là-bas qui vont distribuer nos solutions.
07:42Donc la partie française, c'est toute une partie R&D qui va devenir une partie commerciale aussi sur la
07:50partie diagnostique dans peu de temps.
07:52Parce que l'Allemagne a commencé son programme de dépistage.
07:54La France va le commencer d'ici deux ans.
07:56Il y a déjà un pilote.
07:58Mais pour le moment, c'est beaucoup de R&D.
08:00Et aux États-Unis, c'est toute la partie commerciale.
08:03Mais on a une autre activité aussi basée à Sophie Antipolis où là, on travaille avec les grands labos pharma
08:07pour les aider à développer des nouveaux médicaments.
08:10Là aussi, c'est des technologies basées sur l'IA.
08:12Mais pour essayer de mieux comprendre qui va répondre, qui ne va pas répondre à un traitement d'oncologie.
08:17Parmi les actualités fortes aussi de votre stratégie d'entreprise, vous avez levé 50 millions d'euros en juin dernier.
08:23À quoi va servir cette levée de fonds, ce développement commercial ?
08:27Beaucoup le développement commercial.
08:29Alors en fait, aussi, on a un deuxième apport qui va arriver.
08:32Parce qu'il y a des varants qui ont été mis sur le marché et qui sont profitables aujourd'hui.
08:36Donc, ils vont naturellement être exercés normalement dans les 14 prochains mois.
08:40C'est pour le lancement commercial aux États-Unis.
08:42Alors là, il ne faut pas être naïf.
08:43Dans le médical, ça coûte très cher.
08:45Et ça prend du temps.
08:46Et tout est basé sur des codes de remboursement.
08:49Parce que nous, comme dispositif médical, c'est un coût à l'axe.
08:52Même si c'est un algorithme qui tourne dans le cloud, qui va analyser une image et donner un rapport.
08:57C'est facturé à l'acte.
08:58Maintenant, il y a un remboursement qui existe aux États-Unis.
09:00En Europe, par exemple, il n'existe pas.
09:05Et il y a aussi l'idée, c'est que nos technologies qu'on a développées pour le cancer du
09:09poumon,
09:09on sait qu'elles marchent très bien pour le foie, pour le pancréas, pour la prostate, pour le côlon.
09:14Et vous voulez développer tout ça ?
09:16Parce que pour l'instant, c'est au point pour le poumon, mais ce n'est pas encore...
09:19Alors, on a pris le cancer le plus dangereux au monde, qui est le cancer du poumon.
09:23Mais nos technologies s'adaptent très bien aux autres.
09:27À terme, c'est là aussi où toute la partie santé change avec l'IA.
09:31C'est qu'on fera un scanner par an, on va regarder tous les organes.
09:34Et on va pouvoir essayer de traiter ça de manière préventive et curative.
09:39Frédéric Braque, vous restez avec nous, bien entendu.
09:41On va tout de suite ouvrir le débat sur, justement, ces enjeux des mid-terms,
09:45et savoir à quel point ces résultats de mid-terms peuvent affecter ou pas les entreprises françaises.
09:51C'est le débat éco.
09:57Les Américains votent pour renouveler une partie du Congrès,
10:00un scrutin qui intervient dans un contexte de forte tension commerciale,
10:03alors que les entreprises doivent composer avec des droits de douane,
10:06des incertitudes réglementaires, des choix économiques du président Donald Trump.
10:11Donc déterminer si les Républicains conserveront le rôle du Congrès
10:15ou si les démocrates reprendront la majorité dans l'une des deux chambres,
10:18c'est quand même un enjeu de taille pour ces entreprises.
10:21Quelles conséquences sur l'économie américaine
10:24et puis pour les entreprises qui sont implantées aux États-Unis ?
10:27Pour en parler, je suis ravie de recevoir Véronique Chabourine.
10:31Bonjour.
10:31Bonjour.
10:32Vous êtes analyse stratégique.
10:34Et puis Frédéric Braque, vous êtes toujours avec nous.
10:35Vous êtes président de Médian Technologies qui a donc une implantation à Sofia Antipolis
10:40et aussi à Boston, en plus de la Chine, mais on se concentrera plutôt sur les États-Unis.
10:44Aujourd'hui, Véronique, je me tourne tout d'abord vers vous,
10:47parce que c'est vrai que deux ans après le retour de Donald Trump à la Maison Blanche,
10:51ces élections de mi-mandat, pour vous déjà c'est un vrai test politique.
10:56Est-ce que sur le plan économique, est-ce que ça pourrait vraiment changer quelque chose
11:00en fait que les démocrates reprennent plus de place au Congrès ?
11:05Écoutez, c'est un enjeu majeur, évidemment, pour Donald Trump, déjà, parce qu'évidemment,
11:11ça pourrait constituer un vote sanction à l'égard de sa politique qu'il a menée pendant deux ans.
11:18Évidemment, si les démocrates obtenaient les deux chambres, il y aurait davantage de contre-pouvoirs
11:24et ça permettrait d'engager à la fois des enquêtes parlementaires, de multiplier des blocages
11:30de certaines lois aux initiatives, en tout cas de l'exécutif, donc il y aurait davantage de contre-pouvoirs.
11:35Mais il y a un sujet qui est assez important, c'est que constitutionnellement,
11:39le pouvoir commercial appartient au Congrès, mais qu'il y a ce Congrès à déléguer en fait deux sections à
11:48l'exécutif,
11:49et donc au Président, qui sont la section 232, qui est invoquée en cas de sécurité nationale
11:56et qui est la section 301, qui est invoquée en cas de politique étrangère commerciale déloyale,
12:03enfin jugée déloyale.
12:04Et donc c'est ce qui a permis effectivement à Donald Trump d'activer l'un des deux
12:11et de pouvoir activer des droits de douane, à hauteur qu'on connaît,
12:16qui sont complètement évidemment délirants pour les entreprises françaises.
12:21Et donc évidemment, alors ce Congrès démocrate, il pourrait évidemment, on va dire,
12:27faire un contre-pouvoir et essayer de modifier ces deux, on va dire,
12:33ces deux législations, actes, qui ont été posés, enfin délégués au Président.
12:39Mais ça serait compliqué d'une part parce que le Président a un droit de veto
12:43et que pour contre-balancer ce droit de veto, il faudrait obtenir les deux tiers des deux chambres.
12:48Ce qui me paraît un peu compliqué.
12:51Alors évidemment, il faut attendre les résultats des mid-terms qu'on va avoir très bientôt,
12:55mais ça me paraît compliqué.
12:56Et il y a un autre élément qui est assez important, qu'il faut rappeler,
13:01c'est que pendant deux mois, le Congrès sortant va rester en exercice.
13:06C'est-à-dire qu'entre le 3 novembre, donc entre demain et le 3 janvier 2027,
13:13il va y avoir une marge de manœuvre très facile, on va dire, pour Donald Trump,
13:19de pouvoir multiplier beaucoup d'initiatives pour faire passer des choses.
13:25si jamais, évidemment, en prévision du fait qu'il aurait perdu les deux chambres.
13:29Quel est votre regard aujourd'hui sur la politique économique, en tout cas le bilan économique de ces deux premières
13:34années,
13:35peut-être en termes macro-micro, c'est peut-être deux angles différents ?
13:39Ce qu'on peut dire, c'est que le marché américain reste un marché extrêmement attractif et dynamique.
13:45La croissance, en fait, elle est à 3,4% en rythme annualisé.
13:52Alors si on compare avec la même méthode, ça représente 0,8% de croissance au trimestre à fin septembre.
14:02Et en France, si on compare, on est à moins 0,1% de croissance.
14:07Et sur la base de l'Union européenne, 0,5%.
14:10Donc évidemment, ça reste un marché qui est dynamique.
14:13Ça reste également un marché qui est intéressant en termes de pouvoir d'achat,
14:17puisque on sait que le pouvoir d'achat par habitant est le double de ce qu'on observe en France.
14:24Donc c'est un marché qui est considérable aussi, évidemment, en termes de nombre de consommateurs.
14:28On est à 343 millions de consommateurs américains versus un marché européen qui, au total, est à 450 millions.
14:38Donc évidemment, c'est colossal.
14:41Maintenant, il y a une tendance inflationniste qui est, je crois, à 3,8% actuellement.
14:47Là où nous, en France, on est à 3,1%.
14:49Après, c'est vrai que si on regarde à l'année précédente, sur le mois de septembre,
14:54l'inflation a moins augmenté aux États-Unis qu'elle a augmenté en France.
14:57Donc la tendance est, entre guillemets, peut-être un peu moins compliquée.
15:00Donc un bilan plutôt positif pour les États-Unis, dans le sens où c'est dynamique.
15:04Exactement. Ça reste un marché qui est dynamique.
15:06Et pour les entreprises, ça reste un marché dynamique.
15:07Et c'est un marché qui est extrêmement important pour les entreprises françaises,
15:11si elles veulent se développer, parce qu'il y a des capacités extrêmement importantes
15:16en matière de recherche, de technologies qui sont disponibles.
15:19Et puis également, au niveau des marchés publics et de l'investissement,
15:23il y a des capacités, il y a un marché qui est vraiment extrêmement profond
15:27et moins fragmenté que ce que l'on peut trouver en Europe.
15:30Donc à ce regard-là, évidemment, c'est extrêmement intéressant.
15:34Et ça reste un marché dont les entreprises françaises ne peuvent pas nécessairement se passer.
15:39Frédéric, qu'est-ce que vous ressentez par rapport à ces élections ?
15:43Est-ce que ça vous inquiète des changements ou vous rassurent des potentiels changements ?
15:48Comment est-ce que vous voyez ça en tant que chef d'entreprise ?
15:52Les marchés détestent l'incertitude.
15:54Donc en fait, la plus importante, ça va être de voir, parce qu'il va perdre visiblement les élections,
16:00en tout cas c'est tous les sondages qu'il dit.
16:01C'est les sondages qu'il dit.
16:02Si on part sur une politique de revanche et on essaie d'attaquer tout simplement
16:06parce qu'on veut se venger de Trump, ça ne sera pas terrible.
16:09Maintenant, moi je crois que pour nous, ça ne va rien changer du tout.
16:11Entre nous dans le médical, tout le monde veut que ces technologies avancent,
16:15soient mises à disposition des patients.
16:17Et au contraire, les Américains sont très avancés, même par rapport à nous, à l'Europe,
16:21sur les programmes de dépistage.
16:22Il y en a déjà un aux États-Unis, il y a 15 millions de personnes qui sont éligibles.
16:26En France, zéro.
16:27Oui, parce que pour revenir sur ce point de dépistage, effectivement, aux États-Unis,
16:30c'est pas forcément obligatoire ou pas ?
16:32Mais en tout cas, en France, en Europe, c'est vraiment pas très développé,
16:35c'est pas incité pour l'instant.
16:36Voilà, aux États-Unis, si on prend toute personne au-dessus de 50 ans,
16:40qui a un certain historique de tabagisme,
16:42peut aller se faire faire un scanner payé par le gouvernement ou les assureurs privés.
16:47On dévisage du cancer du poumon.
16:48Voilà, donc tout le monde peut le faire.
16:49C'est 15 millions de personnes qui sont éligibles.
16:51En France, on lance un pilote qui va se mettre en place,
16:53mais on a encore à 2-3 ans avant qu'il soit mis en place.
16:56L'Allemagne a commencé, donc ça commence à s'étendre.
16:58Il y a une très forte tendance dans le monde entier.
17:02Toute la médecine se penche maintenant, aujourd'hui,
17:05vers le dépistage précoce et le préventif.
17:07Oui, parce que finalement, que ce soit démocrate ou républicain,
17:10pour vous, on est toujours dans cette...
17:12Ça restera un pays dont la dynamique technologique,
17:15les investissements sur l'IA et aussi cet axe de volonté de dépistage et médical,
17:22il sera toujours là, quoi qu'il arrive.
17:24Je crois qu'en fait, le médical fait l'unanimité partout, vous avez l'IA.
17:28C'est-à-dire qu'il y a le côté anxiogène de l'IA dont tout le monde a peur,
17:31qu'est-ce que ça va avoir comme impact pour l'emploi, etc.
17:35des gens au quotidien, alors que là, ça va sauver des vies.
17:37Donc, je crois que ce n'est pas un sujet politique.
17:42Il ne divise pas d'un point de vue politique.
17:45Et au contraire, Biden avait commencé, c'est lui qui avait lancé un programme de dépistage
17:49qui a été renforcé encore par l'équipe de Trump.
17:52Parce que vous êtes à la tête de votre entreprise depuis 2002.
17:55Vous avez quand même vu la différence, la pluralité de présidents.
17:59Est-ce que finalement, ça a changé beaucoup de choses ?
18:02Au moins, l'arrivée de Donald Trump au pouvoir, ça a changé quelque chose pour vous ?
18:06Ou vous êtes resté dans cette dynamique ?
18:08Il a accéléré cette dynamique, oui.
18:10En tout cas, lui, il a vraiment accéléré.
18:13La partie de l'administration actuelle, ils ont accéléré toute la partie préventive.
18:16Mais ça, c'est ce qu'on voit aussi.
18:18C'est une tendance qu'on voit dans le monde entier.
18:19Les Chinois le font, les Japonais, les Coréens, toute l'Asie.
18:22Et l'Europe s'y met aussi.
18:24Mais ils ont quand même, aux États-Unis, je crois qu'ils en ont pris une très forte conscience.
18:27On peut voir, le coût de la santé aux États-Unis, c'est 20% du PNB.
18:32En France, on est à 10%.
18:34D'accord.
18:34Donc, c'est la plus grande industrie des États-Unis, c'est la santé.
18:39Et la santé coûte beaucoup plus cher aux États-Unis qu'en Europe.
18:43Véronique, pour prendre un peu de recul sur d'autres secteurs,
18:47est-ce que, par rapport aux entreprises françaises,
18:49ce seraient les droits de douane qui nous pénalisent le plus
18:54dans nos échanges avec les États-Unis ?
18:56Oui, effectivement.
18:57Pour le moment, c'est vraiment les droits de douane
18:59qui sont les plus, je pense, compliqués pour les entreprises françaises.
19:02Et c'est précisément, entre guillemets, ce que cherche à faire Washington,
19:07c'est-à-dire encourager, finalement, la production locale.
19:11Ça fait partie de cette politique industrielle qu'il mène depuis longtemps.
19:17Effectivement, Trump a renforcé le volet coercitif de cette politique industrielle.
19:22Mais sous Biden, elle était déjà présente.
19:26Il faut rappeler qu'en 2022, il avait mis en place deux lois fédérales,
19:32le CHIPS Act et l'Inflation Reduction Act,
19:36qui, en fait, sont toutes deux pour encourager la délocalisation, les subventions.
19:42Il y a également les crédits d'impôt pour des industriels
19:46qui développent leurs activités aux États-Unis.
19:49Donc, il n'y aura pas, à mon sens, de changement vraiment de politique commerciale,
19:54même si on arrive avec un congrès qui devenait totalement démocrate,
19:59enfin, totalement, en tout cas, majorité démocrate.
20:01Mais voilà, ça fait partie.
20:03Je pense qu'aujourd'hui, les enjeux pour les entreprises françaises,
20:06c'est des enjeux d'accès, en fait, au marché américain,
20:12et de voir de quelle manière ils peuvent absorber ces surcoûts
20:17de taxes de douane, qui sont très importantes,
20:19puisque sur l'automobile, c'est maintenant 15%.
20:23Sur l'alimentaire, les vins, c'est aussi des taxes importantes.
20:28Sur l'acier et l'aluminium, c'est 50%.
20:31Donc, est-ce que, voilà, ces entreprises peuvent continuer à supporter ces coûts ?
20:36Ou est-ce qu'effectivement, elles sont prêtes à délocaliser ?
20:40Et ce qui est, évidemment, une mauvaise nouvelle pour la France et pour l'Europe.
20:44Et, évidemment, l'enjeu est aussi au niveau européen.
20:48De quelle manière l'Union européenne ?
20:50Parce que la politique commerciale, ça reste la prérogative de l'Union européenne.
20:55De quelle manière elle pèse dans ce rapport de force ?
20:57Elle a un marché qui, évidemment, compte énormément,
21:00déjà ne serait-ce que par son nombre de consommateurs.
21:03De quelle manière elle arrive à peser dans le rapport de force ?
21:07En développement aussi, quelque part, en retour,
21:10certaines interdépendances avec le marché américain,
21:13de manière à pouvoir négocier.
21:15On a aussi, bon, des instruments qui sont comme l'instrument anti-coercition.
21:22Et l'année dernière avait été évoqué l'Union européenne,
21:26lorsqu'il y a eu les taxes, les hausses qui avaient été mises.
21:32Il y avait été évoqué l'idée d'à un moment donné,
21:34si ça allait un peu trop loin, de pouvoir utiliser cet instrument.
21:38Et ça n'a pas été fait.
21:39Et je crois qu'aujourd'hui, peut-être qu'à un moment donné,
21:42si la politique de Trump continue comme ça,
21:45à un moment donné, il faudra peut-être que l'Union européenne réenvisage cela.
21:49Juste pour résumer, s'il y a un changement de majorité,
21:54ces droits de douane pourront quand même rester en place, en fait ?
21:58Parce que ça ne va pas changer quelque chose sur ces...
22:00Oui, effectivement, il y a très peu de probabilités, à mon sens,
22:04que même s'il y avait un congrès démocrate, qu'ils arrivent.
22:08Il faudrait vraiment que ce soit les deux chambres qui soient, aux deux tiers,
22:12complètement démocrates, pour essayer d'éventuellement contrer un potentiel veto du président,
22:18qui ne voudrait évidemment pas les retirer.
22:20Et il faudrait aussi, ça sous-entendrait,
22:22que les démocrates voudraient retirer ces taxes de douane.
22:25Et ce qu'on explique, c'est qu'effectivement,
22:28aujourd'hui, la politique que mène Trump,
22:30elle est plus radicale et plus coercitive,
22:33mais qu'elle n'est pas tellement éloignée de la politique industrielle commerciale
22:37que menaient Joe Biden, et même les présidents démocrates précédents.
22:41Vous, vous fabriquez aux États-Unis, comment ça se passe alors ?
22:44Nous, c'est un algorithme qui tourne dans le cloud,
22:48donc on n'est pas touché par un besoin d'implémentation d'usines locales là-bas.
22:55Mais par contre, on va devenir de plus en plus présent sur le marché américain,
22:58et donc se développer en termes d'emplois là-bas, etc.
23:01Parce que le marché, c'est un marché uni,
23:03ce que nous, on n'a pas en Europe aujourd'hui.
23:05Oui, c'est ça.
23:06Parce que vous, qu'est-ce qui, pour le coup,
23:08en termes de différence de réglementation, etc.,
23:11comment est-ce que ça vous impacte,
23:14le fait que vous ayez un pied aux États-Unis, un pied en France ?
23:17Alors, pour la partie réglementaire...
23:20Pour le médical, c'est quand même assez...
23:22C'est unifié, en fait.
23:23Nous, on a fait un marque HCE qui est valable dans tous les pays de l'Union européenne.
23:27Donc ça, ça a été couvert pour tout le monde.
23:29Par contre, pour la mise sur le marché,
23:31pour obtenir des remboursements,
23:32il faut aller négocier avec chaque instance,
23:34dans chaque pays.
23:35Et donc, c'est beaucoup, beaucoup plus complexe
23:37que d'aller faire ça aux États-Unis, quoi.
23:40C'est ça.
23:40Et aux États-Unis, ils acceptent l'innovation assez rapidement.
23:46Ce qu'on fait toujours en Europe, on est un peu...
23:48C'est plus dynamique.
23:48Oui, c'est beaucoup plus dynamique.
23:50On est un peu plus frileux.
23:51Et donc, ça se...
23:53Le marché va être, pour nous, sur les 3, 4, peut-être 5 années à venir,
23:57surtout américains.
23:58Oui.
23:59Pour les implantations locales, ce qui est voulu par cette politique de douane,
24:03est-ce que vous avez remarqué qu'il y a eu des nouvelles implantations,
24:06un développement industriel sur le territoire américain,
24:08provenant d'entreprises peut-être étrangères, dynamiques ?
24:11Alors, effectivement, quand il y a eu les annonces l'année dernière, en 2025,
24:17je me rappelle qu'il y a eu, évidemment, des dirigeants français du CAC 40
24:21qui se sont exprimés et qui ont dit qu'ils allaient peut-être devoir,
24:25effectivement, délocaliser leur production aux États-Unis.
24:29Je crois qu'aujourd'hui, il n'y a pas d'études qui montrent
24:32qu'il y a eu une vague de départ et de délocalisation des entreprises en France.
24:37Donc, je pense qu'il faut séparer l'intention
24:39de vraiment la réalité et de ce qui s'est passé.
24:42Je crois qu'aussi, derrière ces déclarations-là,
24:45il y avait une manière d'alerter aussi les pouvoirs publics,
24:48puisque, évidemment, même si la France dispose d'éléments législatifs
24:55dans la politique commerciale, mais ça reste de manière large
24:59la prérogative de l'Union européenne.
25:01Et je pense que c'était probablement aussi une manière d'interpeller les pouvoirs publics
25:05et tout l'enjeu pour eux, effectivement, de pouvoir conserver
25:09un accès au marché américain qui reste facile à gérer.
25:15Et puis, Donald Trump, il est quand même conscient
25:17qu'en fait, les États-Unis, pour la moitié,
25:19en tout cas pour des entreprises, que ce soit la santé ou énormément d'entreprises,
25:22le marché américain, il est fondamental
25:24et il peut augmenter finalement les coûts autant qu'il le veut presque.
25:28En fait, ça reste un territoire dans lequel il faut s'implanter.
25:31Oui, je crois que toute société qui voit l'international, le marché américain est absolument au prix mondial.
25:37Ça, c'est clair.
25:38Les capacités de développement, enfin, je rejoins ce que monsieur dit,
25:42les capacités de développement pour une entreprise qui veut grandir,
25:45elles sont évidemment importantes et peut-être, évidemment, avec des avantages différents
25:51des avantages qu'on peut trouver en Europe.
25:54Non, moi, je pense qu'un des grands enjeux aussi pour l'Europe, c'est l'innovation.
25:58On voit bien que la plupart de l'innovation aujourd'hui, elle vient des États-Unis
26:01parce qu'il y a des capacités de financement qui sont sans aucune commune mesure
26:06par rapport à ce que nous on fait.
26:07Et donc, l'Europe, tous les jours, elle perd du terrain dans l'innovation
26:10par rapport aux États-Unis, tous les jours.
26:13Et tant qu'on n'a pas, même au niveau européen,
26:16pu créer un écosystème de financement pour des entreprises,
26:19les jeunes sociétés de technologie, elles partent presque tout de suite aux États-Unis.
26:25Et très jeunes, et souvent, soit elles se font racheter par des plus grands aux États-Unis,
26:29soit elles trouvent des financements aux États-Unis,
26:30et elles continuent à se développer aux États-Unis.
26:32Ça, c'est catastrophique pour l'Europe, à terme.
26:34Mais ça, qu'est-ce que...
26:36En fait, c'est des grandes politiques, du coup, de...
26:40Enfin, les pays, c'est des grandes directions qu'il faudrait choisir au sein de chaque pays
26:44pour pouvoir stimuler ensuite, soit le pouvoir d'achat,
26:47les investissements, énormément d'acteurs.
26:50Peut-être que c'est là où on doit se remuer un peu.
26:52C'est-à-dire qu'il faut qu'il y ait une politique commune, économique, européenne,
26:55qui n'existe pas réellement aujourd'hui,
26:57et qu'on puisse miser sur l'innovation et sur le futur, ce qu'on ne fait pas.
27:02Et vous qui êtes aussi, on a une heure et une minute,
27:05mais vous qui avez aussi une vue sur la Chine,
27:08est-ce que ce ne serait pas la Chine, du coup, finalement,
27:09le plus grand concurrent des États-Unis ?
27:11Et peut-être que dans quelques années, finalement,
27:14de France, on va aller directement en Chine, plutôt que les États-Unis.
27:17Ce ne l'est déjà, c'est-à-dire que les Chinois travaillent...
27:19Alors, non seulement c'est unifié, mais c'est étatisé.
27:22Ça veut dire qu'ils mettent des moyens colossaux.
27:24Quand ils décident d'aller dans un marché,
27:27ils y vont à fond, quoi.
27:29Donc, la Chine, on le voit.
27:31L'impact que ça a déjà pour l'Europe est colossal.
27:33L'impact que ça a aux États-Unis, c'est déjà colossal.
27:36Donc, c'est vraiment le plus grand contre-pouvoir américain,
27:40mais économique aujourd'hui, c'est plus la Chine que l'Europe,
27:42parce que l'Europe, on est divisée.
27:45Frédéric Bragg, merci beaucoup d'avoir été avec nous.
27:47Vous êtes le président de Médian Technologies.
27:49Véronique Chabourine, analyste stratégique.
27:51Merci beaucoup à tous les deux pour vos regards sur ces mid-terms
27:54et l'impact que ça peut avoir sur les entreprises françaises et européennes.
27:58Et merci à vous toutes et tous de nous avoir suivis.
28:00C'était Smartéco.
28:02Smartéco.

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