00:00Good Morning Market sur BFM Business.
00:04Depuis Genève, Jacques Lemoisson, fondateur de Gay Capital Management.
00:07Bonjour Jacques, merci de nous accompagner ce matin.
00:09On le disait au début de cette émission, c'est compliqué pour la tech américaine
00:13et malheureusement la tech chinoise ne prend pas le relais de ces dernières séances.
00:17Le Star Market de Shanghai perd 45% depuis 3 mois.
00:22Et quand vous regardez depuis le début de l'année, on est sur un repli significatif à Shenzhen, moins 20%.
00:27Quand vous regardez Hang Seng, vous êtes sur un repli de 8,5%.
00:31C'est en devise locale, bien sûr, après il faut le retraiter en euros, en dollars, en tout ce que
00:34vous voulez.
00:35Mais en tout cas, la performance organique de ces indices n'est pas au rendez-vous.
00:38Alors qu'on pourrait se dire, oui, la tech chinoise va profiter de l'IA.
00:41Non, ce n'est pas le cas.
00:43Non, exactement, pour l'instant, on ne peut pas cacher que c'est un peu décevant à ce niveau concernant
00:49la décorrélation, très clairement.
00:50Maintenant, selon nous, la bulle d'IA a déjà explosé en Chine, alors qu'aux États-Unis, on ne la
00:56voit pas encore.
00:58Vous le rappelez tout à l'heure, le marché chinois a perdu, le CSI 300 ou 500, je ne sais
01:04plus, a perdu en octobre, a été le pire mois depuis 2006, en mensuel.
01:08Donc, très clairement, ça n'a été pas bon.
01:12Il y a eu un délai bridging de pas mal d'investisseurs locaux sur le marché actions.
01:18Cependant, la journée de vendredi, par exemple, où Intel a perdu quasiment 30%, le cas web, l'indice chinois, l
01:28'ETF chinois à côté aux États-Unis était positif.
01:30Et on avait le IAN, qui était un ETF bear, qui monte quand les indices baissent, était en baisse, c
01:40'est-à-dire que le sous-jacent montait.
01:41Donc, globalement, il y avait une décorrélation vendredi.
01:43Hier, les marchés chinois ont très, très bien performé, mais très, très bien.
01:48Et il faut dire qu'il y a cinq actions qui ont été annoncées par le gouvernement,
01:53qui nous rendent plutôt confortables à pousser, à revenir sur ces niveaux-là,
01:58sachant que quand on voit Intel, qui perd plus de 30%, ou même Alstom, qui perd 30% en une
02:04séance, quasiment,
02:06ou en deux séances, on voit que les indices chinois ont perdu, certes, 20, 30 ou 40% même pour
02:12certains sur trois mois.
02:13Des actions américaines peuvent perdre l'équivalent en une journée.
02:18Oui, enfin là, on parle d'un indice quand même.
02:20On n'est pas sur un repli de 45% en trois mois sur le Nasdaq aux États-Unis, Jacques
02:24Lemoisson.
02:25On est entièrement d'accord, et c'est pour ça que c'est assez décevant, la performance en Chine cette
02:32année, très clairement.
02:33On ne va pas dire le contraire.
02:35Alors que du côté fondamental, il y a plein de choses qui s'améliorent.
02:38Les sociétés dépassent les attentes dans nos portefeuilles.
02:4380% des sociétés dépassent les attentes en termes de résultats.
02:47On a une consommation qui est certes faible, mais qui se tient.
02:50Les exportations se tiennent.
02:52Et globalement, on a des chiffres macroéconomiques qui sont plutôt, on va dire, corrects.
02:56Mais qu'est-ce qui explique alors cette décollecte ?
02:58Au mois d'octobre, c'était la plus forte décollecte depuis 2021.
03:01Donc depuis cinq ans, c'est quand même assez significatif.
03:04Qu'est-ce qui fait que d'un seul coup, vous avez des grosses mains qui se disent
03:06« Non, mais là, c'est bon, on jette l'éponge. »
03:09Alors, jettez l'éponge, oui et non.
03:11Maintenant, après, en effet, en termes de délabringing, on a eu pas mal d'acteurs chinois
03:17qui ont acheté avec du levier.
03:19Et en octobre, peut-être que limite terme, sachant que Trump est peut-être un peu, je dirais,
03:27désagréable avec la Chine, mais globalement constructif parce que c'est un dealmaker.
03:32Alors que peut-être que s'il a moins les coups d'effranche et que les démocrates prennent le pouvoir,
03:39la relation sino-américaine pourrait être peut-être éventuellement plus tendue, à voir.
03:43Donc c'est l'une des rares explications, et la seule explication que l'on ait,
03:46c'est les craintes des mid-termes qui arrivent et le fait qu'on ait, je dirais,
03:51une vision un peu brouillée du futur des États-Unis de relations sino-américaines.
03:57Et peut-être des flux qui vont vers Hong Kong.
04:00Quand vous regardez le Hang Seng, il surperforme.
04:02On est sur un repli de pour ça, là, en l'espace d'un mois, là où Shanghai est à
04:06moins 6.
04:07Shenzhen Composite, moins 15.
04:10Absolument, on suit le spread A versus H en termes de société.
04:14Et ce point est très juste.
04:16On a même, voire même, un retour de flux sur des ETF à Hong Kong.
04:22Donc très clairement, on a une dichotomie.
04:24Pour nous, très clairement, la performance de l'année a été décevante.
04:30Maintenant, on estime qu'à ces niveaux de valorisation et les annonces qui ont été faites par la banque centrale
04:36chinoise hier,
04:38notamment avec la baisse des prêts, la baisse des taux pour les prêts, pour les share buy-back.
04:46Il y a Guangzhou qui a aussi motivé les grosses sociétés de la province à augmenter les dividendes et les
04:56salaires.
04:56Donc on a un push vraiment relativement important de l'État chinois.
04:59Il y a eu cinq mesures qui ont été annoncées hier de façon à apporter, je dirais, un flore au
05:03marché.
05:04C'est ce qu'on estime.
05:05Et pour l'instant, on a des thématiques plutôt industrielles, comme la décarbonisation par exemple,
05:11qui tiennent le flore et qui nous rendent assez optimistes sur la suite,
05:17sachant qu'on va voir ce soir à quelle sauce vont être mangées les Américains.
05:21Oui, avec les mid-terms.
05:22Et d'ailleurs, la matinale, BFM Business sera en édition spéciale demain toute la journée
05:27pour vous faire vivre ces mid-terms et ces résultats.
05:29Alors historiquement, c'est une période très favorable pour le S&P 500.
05:33C'est-à-dire que quand vous regardez la performance du S&P 500 après les mid-terms,
05:37c'est quasiment un 20 sur 20.
05:39C'est-à-dire que vous avez un marché qui est haussier après ces élections.
05:42Oui, en moyenne, c'est 16% de gains.
05:45Maintenant, ça, c'est un fait historique.
05:48Maintenant, évidemment, plus on a une statistique qui grossit,
05:50plus les chances de déception sont grandes.
05:52C'est mathématique.
05:54Et après, derrière, on n'avait pas la dépense de l'IA.
06:01Et l'un des points qu'on a relevé, nous, pour les investisseurs ce matin,
06:04c'est la relation qu'il peut y avoir entre un résultat, on va dire un red sweep,
06:08c'est-à-dire les deux chambres gagnées par la démocrate,
06:11et éventuellement la suspension, le ralentissement d'à peu près,
06:14d'après les études, de 60 gigawatts d'installation de data centers aux États-Unis.
06:19Parce que les démocrates se sont fait un peu les chantres d'une croissance raisonnée,
06:25on va dire, sur les data centers.
06:28On parle de 60 gigawatts pour les téléspectateurs.
06:3160 gigawatts, c'est à peu près l'équivalent de la capacité nucléaire française.
06:37À peu près.
06:38Donc aujourd'hui, vous êtes prudent.
06:39En un mot, aujourd'hui, sur les US, vous dites,
06:41oui, OK, les statistiques sont favorables, mais il faut rester prudent.
06:44Oui, on va voir en effet quelle est magnitude.
06:47On a vu que Polymarket peut se tromper sur l'élection de Lula.
06:51Et Polymarket est relativement suivi par les intervenants financiers.
06:55Donc en effet, pour l'instant, on a 66 à 70 % de chances ou de risques,
07:01suivant dans quelle partie vous voulez être, d'un red sweep.
07:05Merci.
07:05Et donc, évidemment, Trump pourrait avoir des difficultés.
07:08On est au bout.
07:09Merci Jacques Lemoisson.
07:10Merci de nous avoir accompagnés ce matin depuis Genève.
07:13Je rappelle que vous êtes fondateur de Gay Capital Management.