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Alors que les défaillances d'entreprises restent à un niveau historiquement élevé en France, les retards de paiement, les tensions de trésorerie et les rapports de force avec les donneurs d'ordre fragilisent de nombreuses PME. Comment identifier les premiers signaux d'alerte et vers qui se tourner avant qu'il ne soit trop tard ? La médiation peut-elle prévenir certaines faillites ? Décryptage avec Pierre Pelouzet, médiateur des entreprises, et Jérôme Coanus, entrepreneur et bénévole au sein de l'association Second Souffle, dans SMART ÉCO.
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00:03La France dirige-t-elle vers un nouveau record de défaillance d'entreprise ?
00:07Selon le cabinet Altares, le nombre de défaillances reste à un niveau historiquement élevé,
00:12avec près de 72 000 procédures collectives recensées sur un an.
00:15Retard de paiement, tensions avec les donneurs d'ordre, difficultés de trésorerie,
00:20autant de facteurs qui peuvent fragiliser les PME jusqu'à menacer leur activité.
00:25Pourtant, des dispositifs existent pour accompagner les dirigeants, résoudre certains conflits avant qu'ils ne soient graves.
00:32Encore faut-il connaître et les solliciter à temps.
00:35Pour en parler, nous accueillons Pierre Pelouzé. Bonjour.
00:37Bonjour.
00:37Vous êtes médiateur des entreprises, donc un dispositif gratuit, public,
00:41qui accompagne les entreprises dans la résolution de leurs différents commerciaux.
00:45Jérôme Cohen, vous êtes toujours avec nous.
00:47Vous êtes entrepreneur, PDG, fondateur d'Axe Énergie.
00:50Vous venez de nous en parler, vous avez traversé d'importantes difficultés,
00:54mais vous avez rebondi en créant une nouvelle structure.
00:57Pierre Pelouzé, je me tourne vers vous tout d'abord.
01:00Est-ce que vous pouvez rapidement redonner des précisions sur le rôle du médiateur des entreprises
01:06et dans quelle disposition, quelle situation se tournent les entrepreneurs qui viennent vous voir ?
01:12Bien sûr, avec plaisir.
01:14Je vais rebondir un peu sur ce qu'a dit Jérôme tout à l'heure, que j'entendais par la
01:17petite porte.
01:18Quand il parlait de difficultés de paiement avec ses clients ou d'autres difficultés contractuelles,
01:22c'est sur ce domaine-là que nous sommes pertinents.
01:25C'est-à-dire que le rôle du médiateur, c'est d'essayer de trouver des solutions
01:28entre les entreprises entre elles ou entre les entreprises et les acteurs publics.
01:32Donc on est actif sur tout ce qui est relation client-fournisseur.
01:35On peut l'être aussi sur des relations entre des commerçants et des bailleurs.
01:38Donc dès qu'il y a une relation contractuelle entre deux acteurs économiques,
01:41on est là pour remettre de la confiance, du dialogue,
01:45et donc trouver des solutions et sortir par le haut de ces difficultés.
01:48Et c'est une solution qui est publique en fait, donc vraiment mise à disposition des entrepreneurs.
01:52J'ai l'honneur effectivement de porter un service public,
01:54ce qui me permet d'offrir gratuitement ce service de médiation
01:58au travers d'une centaine de médiateurs partout sur le territoire,
02:01que ce soit à Lyon, que ce soit à Marseille, à Paris, où que vous soyez,
02:05vous avez des médiatrices et des médiateurs près de chez vous,
02:07qui gratuitement, qui confidentiellement, qui rapidement vont vous écouter,
02:13vont vous aider à aller chercher l'autre partie,
02:15les mettre autour de la table, de la visio, du téléphone,
02:17on a plein d'outils heureusement maintenant,
02:20et restaurer ce dialogue, trouver une solution et vous permettre de sortir par le haut,
02:23tout en gardant la relation commerciale avec le client,
02:26parce que le but ce n'est pas de se fâcher avec le client,
02:28le but c'est de résoudre le problème et en même temps de restaurer la confiance.
02:31Le chiffre que je citais en introduction,
02:35plus de 70 000 défaillances d'entreprise,
02:38ça c'est, vous sentez un contexte en tout cas économique qui est très fragile,
02:42on vous sollicite de plus en plus ?
02:44On nous sollicite de plus en plus, je vais vous donner un seul chiffre,
02:48sur les six premiers mois de l'année,
02:49on a été sollicité 40% de plus que sur les six mois de l'année précédente,
02:54qui était déjà en hausse par rapport à l'année d'avant,
02:56c'est dire que oui, un, il y a une tension économique extrêmement forte,
02:59j'allais dire, ce n'est pas un mystère,
03:01on connaît tous les éléments, que ce soit le contexte international,
03:03le contexte national, tout ça explique qu'il y a une tension forte,
03:07la bonne nouvelle, c'est qu'il y a de plus en plus d'entreprises
03:09qui commencent à nous connaître et se dire,
03:11j'ai une difficulté avec mon client, avec mon fournisseur, avec mon bailleur,
03:14j'ai une solution de dialogue et je vais essayer cette solution de dialogue.
03:17Donc c'est à la fois une forme d'inquiétude de se dire qu'il y a cette tension,
03:21mais elle est intrinsèque à la vie économique.
03:24La bonne nouvelle, encore une fois, c'est que les outils
03:27commencent à être connus par les entreprises
03:28et comme l'a dit Jérôme tout à l'heure,
03:30plus tôt ils connaissent les outils, plus ils les utilisent
03:32et plus on peut les aider et souvent les sortir de la difficulté.
03:35Jérôme, vous ne connaissiez pas tout le dispositif.
03:39Est-ce que vous saviez même que vous n'étiez pas seul,
03:41qu'en fait il y avait aussi des dispositifs autour de vous ?
03:43Non, je ne connaissais pas ni les dispositifs étatiques,
03:47ni les dispositifs de type associatif.
03:50On n'est pas formé à devenir patron,
03:54on devient un patron, dans mon cas de figure,
03:57par l'opérationnel sur le terrain.
03:59On connaît notre métier d'un point de vue opérationnel,
04:02toute la dimension outre l'opérationnel,
04:07ça prend, dans mon cas de figure, sur le terrain.
04:10Est-ce que c'était aussi un aspect psychologique
04:13de demander de l'aide ?
04:14Ce n'est pas forcément le premier truc qu'on aimerait faire
04:17en tant que chef d'entreprise ?
04:19Dans mon cas de figure, ça ne m'aurait pas posé de problème.
04:21Encore aurait-il fallu que je sache
04:24où tourner mon regard pour demander de l'aide.
04:27Et sincèrement, c'est le cas.
04:28J'ai rejoint l'association Second Souffle dont nous avons parlé,
04:32qui aide les entreprises, avant liquidation,
04:36à trouver des solutions.
04:38Et c'est comme ça par lequel nous sommes en lien
04:42avec vous-même, médiateurs des entreprises.
04:46C'est ces associations que j'aurais aimé rencontrer avant.
04:49Je les ai rencontrées à postériori des liquidations
04:52de mes sociétés de travaux.
04:53Le mal était fait, la capacité à redresser la barre,
04:56parce que moi, j'avais la tête dans le guidon.
04:59Je n'ai pas pu trouver ces bras de levier.
05:01J'aurais aimé rencontrer différentes personnes,
05:04ce que je n'ai pas fait avant.
05:05Or, ça fait partie du métier de patron.
05:07Le dirigeant doit s'armer
05:10pour les cas de figure les plus difficiles.
05:12Parce qu'à postériori, même si c'est facile de dire ça,
05:15aujourd'hui, est-ce que vous pensez
05:17qu'il y aurait eu des choses à faire qui auraient été possibles ?
05:19Parce que là, vous nous citiez quand même
05:21des défauts de paiement.
05:22Ça, de toute façon,
05:24tout médiateur d'entreprise que vous êtes
05:26ne pouvait pas forcément...
05:27Sur les défauts, c'est-à-dire
05:28s'il y a une défaillance du client qui disparaît,
05:30effectivement, on n'est pas l'outil privilégié.
05:33Si c'est un retard de paiement,
05:34c'est-à-dire un client qui,
05:36pour une raison ou pour une autre,
05:37retarde les paiements
05:37et ça vous met en difficulté,
05:39là, oui, on est pleinement pertinent.
05:40Donc, vous voyez, suivant les cas,
05:42l'impact est le même.
05:43L'argent n'est pas dans la trésorerie de Jérôme,
05:45mais l'outil peut être différent.
05:47Il faut connaître ces outils et les utiliser.
05:49Alors, vous allez nous dire peut-être
05:50ce qu'on pourrait faire dans ces cas-là.
05:52Mais justement, vous,
05:53en plus de ça,
05:54qu'est-ce qui n'allait pas
05:56et est-ce que vous auriez pu travailler dessus ?
06:00Alors, j'aurais pu travailler dessus, tout à fait.
06:03Quand on parle de défauts de paiement,
06:05on n'arrive pas aux défauts de paiement
06:07d'un client du jour au lendemain.
06:09On a souvent tout un historique.
06:11Ça a commencé par des retards de paiement
06:13sur quasiment plus d'un an
06:15à l'échelle d'un demi-million d'euros,
06:16sur l'échelle de mes entreprises de l'époque.
06:18Ça, plus les petits retards des autres clients.
06:21Je ne parle que du plus gros,
06:22mais pour autant,
06:23le cumul de ces retards
06:25a mis à sec la trésorerie.
06:26J'ai réussi à trouver des aides partielles
06:28au travers des fonds type BPI
06:30qui m'ont aidé et que je remercie.
06:33Pour autant, ça n'a pas suffi
06:34puisque un retard de paiement
06:35qui se transforme en défaut de paiement,
06:38un financement ne peut pas régler
06:40cette particularité-là.
06:43Donc, dans mon cas de figure,
06:44si j'avais pu rencontrer
06:45l'association Second Souffle,
06:47avant, si j'avais pu rencontrer
06:49vous-même ou les personnes
06:50qui sont en relais de vous
06:51sur le territoire national,
06:53je suis sûr que j'aurais pu trouver
06:54des solutions à ce moment-là.
06:56Mais je n'avais pas conscience
06:58de ces différents systèmes
07:01sur lesquels j'aurais pu m'appuyer.
07:03Pierre Pelouzé, le retard ou défaut de paiement,
07:05c'est le majeur, le plus gros ?
07:09C'est le premier sujet.
07:10C'est le premier sujet.
07:10C'est 25 à 30 % de nos saisines.
07:14Soit pour plusieurs raisons.
07:15Il y a plusieurs raisons, en fait,
07:17derrière une facture pas payée.
07:18Ça peut être qu'on n'est pas content du service.
07:20Et auquel cas, ça vaut le coup de se parler,
07:22comprendre ce qui se passe.
07:22Pourquoi vous n'êtes pas content ?
07:24Pourquoi vous considérez que ce service
07:25n'a pas été complètement
07:27ou partiellement rempli ?
07:29La deuxième chose, c'est je fais exprès
07:32de payer en retard.
07:33Là, c'est bien de comprendre
07:34et de savoir pourquoi aussi.
07:35Je peux faire exprès
07:36parce que c'est une stratégie politique
07:39et là, ce n'est pas terrible
07:40et ça relève plus de la DGCRF
07:42que de la médiation.
07:43Mais ça peut être aussi
07:43parce que le client est en difficulté,
07:45ce que décrivait Jérôme.
07:46Et auquel cas, le fournisseur,
07:47c'est bien qu'il le sache.
07:49Qu'on se mette d'accord
07:50sur un échéancier de paiement,
07:51qu'on comprenne la situation du client,
07:53tout ça, c'est important.
07:54Et puis, il y a une troisième typologie,
07:56c'est ceux qui ne font pas exprès
07:57de payer en retard parce qu'ils ont mis
07:59un processus de contrôle
08:01tellement compliqué
08:01qu'avant que les dix personnes
08:03aient validé la facture...
08:04Ah, c'est une grande partie de nos cas.
08:06Ils ne font pas exprès.
08:06C'est ça.
08:07C'est une facture...
08:08Vous savez, il y a une grande entreprise
08:09qui veut faire très attention
08:11à ne payer que les gens
08:12qu'ils doivent payer.
08:13Je peux vous dire qu'il y a le monsieur
08:15qui vérifie qu'on a reçu la facture,
08:16celui qui vérifie qu'on a bien reçu
08:18la marchandise,
08:19celui qui vérifie que la marchandise
08:20est conforme
08:21et celui qui vérifie que la facture
08:22est conforme à la commande.
08:24Alors, ça peut être automatisé
08:25plus ou moins,
08:25mais dès que ça sort du système automatique,
08:27pouf, la facture est perdue,
08:29on ne sait plus où elle est,
08:30elle bloque
08:30et on est en retard de paiement.
08:31Donc, c'est un nombre de cas
08:33non négligeable
08:34et ça fait partie de la vigilance
08:36à laquelle on appelle
08:37toutes les entreprises
08:38et les administrations,
08:39notamment les grandes.
08:40Veillez bien à ce que vos processus
08:42ne créent pas du délai de paiement,
08:43même sans le savoir.
08:44Concrètement, ça se passe comment ?
08:46Si vous avez bien un exemple
08:47à nous donner,
08:48l'entreprise qui se tourne vers vous,
08:50cette communication
08:51entre les différentes parties ?
08:53Alors, Jérôme a une difficulté
08:55avec un de ses clients,
08:56vous avez parlé d'un demi-million,
08:58un million de retard de paiement,
08:59c'est colossal,
09:00mais même pour des petites sommes,
09:02quelques dizaines de milliers d'euros,
09:04vous avez un client,
09:05c'est un client,
09:05donc vous ne voulez pas vous fâcher avec lui,
09:07il est important,
09:08d'un autre côté,
09:09vous n'avez pas de réponse
09:10sur ce paiement,
09:11au bout d'un moment,
09:12vous vous écrivez,
09:13vous saisissez,
09:13vous allez sur le site
09:15médiateurdesentreprises.fr,
09:16vous saisissez en quelques lignes,
09:17ce n'est pas compliqué,
09:19on n'est pas là pour compliquer
09:20la vie des chefs d'entreprise,
09:21voilà mon problème
09:22et voilà avec qui,
09:23vous vous êtes ensuite rappelé
09:24dans la semaine qui suit
09:25par la médiatrice
09:26ou le médiateur
09:27le plus proche de chez vous,
09:28on a une centaine de médiateurs
09:29sur tout le territoire,
09:30j'insiste là-dessus
09:31parce que ce n'est pas
09:32un truc parisien
09:33pour des entreprises régionales,
09:35qui va vous écouter,
09:37peut-être vous donner
09:37un petit conseil,
09:38parce que parfois,
09:39c'est bien d'avoir
09:39un peu de recul et un conseil,
09:41et puis vous allez décider ensemble
09:42si c'est le chef d'entreprise
09:44ou la médiatrice
09:45ou le médiateur
09:45qui va chercher l'autre partie,
09:48l'appeler,
09:48lui dire,
09:49il y a une médiation
09:49qui vous est proposée,
09:50c'est confidentiel,
09:52c'est gratuit,
09:53donc on vous engage
09:53à venir autour de la table.
09:55À partir de là,
09:56le dialogue s'instaure
09:57et c'est le médiateur
09:58qui facilite le dialogue,
10:00c'est son savoir-faire,
10:01c'est sa formation,
10:02c'est son métier,
10:02et donc va faire en sorte
10:04que ce dialogue
10:04soit équilibré,
10:05le plus apaisé possible,
10:07même si parfois au début
10:08ça peut être un peu musclé,
10:09ce qui est normal,
10:10c'est la vie économique
10:11encore une fois,
10:12et puis on passe de,
10:13voilà,
10:14la difficulté,
10:15à tiens,
10:16c'est vrai,
10:16vous avez peut-être raison là-dessus,
10:17à tiens,
10:17on pourrait faire ci et ça,
10:18on trouve des solutions,
10:20si besoin,
10:21on écrit un petit protocole d'accord,
10:22mais ce n'est pas toujours le cas,
10:23et puis on sort par le haut
10:25dans 70% des cas,
10:27c'est-à-dire que dans 7 cas sur 10,
10:29les deux acteurs
10:30qui sont autour de la table
10:31trouvent leur solution.
10:32C'est-à-dire que la communication
10:34évite des faillites d'entreprise ?
10:36Elle évite des faillites,
10:37elle évite des procès,
10:38elle évite des difficultés,
10:40elle évite aussi
10:41un réflexe malheureusement tragique,
10:43qui est la loi du plus fort,
10:44c'est-à-dire,
10:44je ne vais pas écouter mon fournisseur,
10:46il est tout petit,
10:46il ne va pas m'embêter,
10:48alors que finalement,
10:49on va mettre en difficulté
10:50un fournisseur
10:51qui est peut-être quand même important,
10:53même si on a un gros client,
10:55un petit fournisseur
10:56qui dépose le bilan,
10:57ça peut mettre en difficulté,
10:58donc on se met tout seul en difficulté
11:00pour avoir refusé
11:01de parler à son fournisseur,
11:03c'est aberrant,
11:03mais c'est la vie quotidienne
11:05du monde de l'entreprise.
11:06Jérôme, vous avez tout à l'heure
11:08effleuré le sujet,
11:09le côté humain,
11:12comment est-ce que vous avez géré ça
11:13aussi avec vos salariés
11:14en interne de l'entreprise,
11:16au-delà de votre situation,
11:18les personnes qui vous entourent,
11:19vous, en tant que chef d'entreprise,
11:21vraiment les humains
11:22de votre groupe ?
11:24Oui, somme toute,
11:25mon cas de figure était peut-être
11:26un tantinet particulier,
11:28une bonne partie des effectifs
11:29du groupe Multico
11:31que j'avais créé
11:32étaient issus
11:34de relations très proches,
11:36amis,
11:37connaissances historiques,
11:38etc.
11:39Donc, du coup,
11:40quand le Big Bang
11:41est arrivé,
11:44il y a forcément
11:45un sentiment
11:46de l'entrepreneur
11:47de culpabilité
11:49qui est proportionnel
11:51au nombre de personnes
11:52qui l'apprécient
11:52et qui l'entourent.
11:54Donc, ça,
11:55c'est pas évident du tout.
11:56Je ne cache pas
11:58que j'ai pas...
11:59Enfin, il y a eu un an,
12:00on va dire,
12:01très complexe.
12:02Je vous ai cité
12:03tout à l'heure
12:04le cas de figure
12:05qui m'a permis
12:06de me remotiver
12:07à redémarrer.
12:08Avant,
12:08j'ai longtemps réfléchi
12:10à me demander
12:10si c'était pas plus simple
12:11de devenir simplement salarié.
12:13Ou pas forcément
12:14de vous entourer
12:14des mêmes personnes.
12:15Et qui faisait
12:15de ne pas me rentourer
12:16de gens trop proches.
12:19Honnêtement,
12:19avec le recul,
12:20le problème ne vient pas de là.
12:22Quand vous avez des salariés
12:23ou des gens
12:23que vous appréciez
12:24autour de vous,
12:24la problématique est la même,
12:25il y a des fonctions
12:26à remplir,
12:26il y a des problèmes
12:27au quotidien,
12:28ça s'appelle un travail,
12:29ce ne sont pas des vacances.
12:30Donc, il y a une énergie
12:31à dépenser.
12:32Je préfère la dépenser
12:33pour des gens
12:33que j'apprécie
12:34plutôt que des gens
12:35que je ne connais pas.
12:36Ça ne rend pas plus facile
12:37la tâche ou plus compliqué.
12:39C'est la même.
12:40C'est plutôt une vision
12:41d'esprit de l'entrepreneur
12:42de se dire,
12:43est-ce que j'accepte
12:44cette particularité,
12:45cette contrainte
12:45et dans mon cas de figure,
12:46je l'accepte.
12:47Oui.
12:48En tout cas,
12:48c'est encore quelque chose
12:50à gérer
12:50qui est encore presque plus...
12:52Enfin, c'est une tension
12:52qui est très forte,
12:53tu imagines ?
12:54Oui, c'est le cas,
12:55mais malgré tout,
12:56je pense que l'entrepreneur,
12:57quand il se lève le matin,
12:58il faut qu'il ait des motivations.
12:59La motivation financière
13:01n'est pas la bonne motivation.
13:02Elle ne peut pas suffire.
13:04Pour ma part,
13:05j'ai trouvé d'autres
13:06catalyseurs,
13:07vecteurs d'énergie
13:09qui sont le fait
13:09d'essayer de faire
13:10des choses bien,
13:11pas que pour moi-même,
13:12pour aussi les gens
13:12que j'apprécie.
13:13Pierre Pelouzé,
13:14est-ce que la facturation
13:15électronique permet
13:16de faciliter
13:17et justement peut-être
13:18tous les outils
13:19de la digitalisation
13:20des entreprises ?
13:21Peut-être au moins
13:22il y a moins d'émotionnel
13:24derrière.
13:25Il y a moins d'émotionnel
13:26effectivement.
13:27La facturation électronique
13:29va aider.
13:30On n'en est qu'au tout début.
13:31Pour le moment,
13:32il est obligatoire
13:33de facturer
13:35électroniquement
13:35que pour les grandes entreprises.
13:37D'ici un an,
13:38ce sera aussi valable
13:38pour toutes les entreprises.
13:41Évidemment,
13:42comme tout changement,
13:42au début,
13:43ça va être un peu compliqué.
13:44Il y a des systèmes
13:44qui vont bloquer,
13:45on va s'inquiéter,
13:46etc.
13:46Mais en vrai,
13:48quand ce sera bien mis en place,
13:49ça va aider.
13:50Une grande partie,
13:50comme je vous le disais,
13:51des problèmes
13:52de facturation,
13:53c'est la facture
13:54qui n'est pas allée
13:54à la bonne adresse,
13:55où il n'y avait pas
13:56le bon libellé,
13:57où il manquait
13:57le numéro de commande,
13:58où on n'avait pas mis
13:59le bon montant.
14:00Tout ça,
14:00sur la facture électronique,
14:01c'est fini.
14:02C'est-à-dire que vous envoyez
14:03la facture,
14:04si vous ne l'envoyez pas
14:05au bon endroit,
14:05ça bloque.
14:06Donc,
14:06vous saurez tout de suite
14:07qu'il y a un problème.
14:07Donc,
14:08on va déjà résoudre
14:10une partie des problèmes.
14:11Après,
14:11ça ne va pas résoudre le reste.
14:13Celui qui ne veut pas payer,
14:14il bloquera la facture.
14:15Celui qui a un problème
14:16de trésorerie,
14:16il bloque la facture
14:17et celui qui n'appuie pas
14:18sur le bouton,
14:19il bloquera la facture.
14:19Mais au moins,
14:20vous saurez que vous avez
14:21bien envoyé la facture
14:22et vous saurez la suivre.
14:24Donc,
14:24vous aurez cette traçabilité
14:25qui vous permettra
14:26d'intervenir plus tôt
14:27qu'au bout de deux mois,
14:30trois mois,
14:30quatre mois,
14:31en se disant
14:31« Tiens,
14:31il ne m'a toujours pas payé,
14:32qu'est-ce qui se passe ? »
14:33Et parmi les éléments
14:34aussi que vous avez mis en place,
14:35c'est une charte,
14:36des labels dédiés
14:37à des achats responsables.
14:39Absolument.
14:40Ça permet justement
14:41d'essayer de faire en sorte
14:43que tout le monde
14:43se comporte le mieux possible.
14:45Absolument.
14:45C'est bien de venir en pompier,
14:47c'est bien de venir réparer,
14:48c'est mieux s'il n'y a rien de cassé.
14:50Et donc,
14:51on s'est dit,
14:51dès le départ,
14:52faisons de la médiation,
14:53mais essayons aussi
14:54de changer les comportements.
14:55Et c'est là
14:56qu'on est parti
14:56sur les achats responsables.
14:58Les achats responsables,
14:59c'est faire attention
14:59à ses fournisseurs,
15:01c'est aussi d'ailleurs
15:01faire attention à l'environnement,
15:03c'est aussi faire attention
15:04à la société,
15:04travailler avec le monde
15:05du handicap,
15:06de l'insertion,
15:06tout ça,
15:07c'est ce qu'on appelle
15:07les achats responsables.
15:08On a créé ce qu'on appelle
15:09le parcours national
15:10des achats responsables
15:11avec une charte
15:12qui est la première étape
15:13que plus de 3 ou 4 000 entreprises
15:16et administrations
15:16ont signé aujourd'hui.
15:17Et puis,
15:18pour ceux qui veulent aller plus loin,
15:19un label
15:20qui se base
15:21sur les meilleures pratiques mondiales,
15:22j'en profite pour le dire,
15:23puisqu'on a créé
15:24une norme ISO
15:2520 400
15:26sur les achats responsables.
15:28Et donc,
15:28ceux qui sont labellisés
15:29peuvent dire
15:30je suis les meilleures pratiques mondiales
15:32d'achats responsables
15:33et on a plus de 150
15:35labellisés aujourd'hui.
15:36Donc, vous voyez,
15:36la France est plutôt
15:37en avance sur ces sujets-là.
15:39Malheureusement,
15:39pas toutes les entreprises
15:40et pas tous les acteurs.
15:41Donc, il faut en ramener
15:42le plus possible.
15:43Et là,
15:43avec la situation actuelle
15:44et économique,
15:45ce n'est pas forcément
15:47entre la relation fournisseur-entreprise
15:51qui va péger
15:52parce que là,
15:52ça peut toucher directement
15:53la trésorerie en soi.
15:55Et donc,
15:56là,
15:56comment est-ce que la communication
15:58peut aussi...
15:58enfin,
15:58votre rôle
15:59dans cette situation ?
16:02La plus grande partie
16:03de la trésorerie
16:03de l'entreprise,
16:04c'est le client.
16:05Ce n'est pas la banque,
16:05ce n'est pas l'investisseur,
16:07c'est le client.
16:08Le crédit bancaire,
16:09c'est un quart du crédit total.
16:11Les trois autres quarts,
16:12c'est le crédit client.
16:14Et donc,
16:14c'est là où ça se passe.
16:15Si le client est intelligent,
16:17paye en temps et en heure,
16:18voire même
16:19est à l'écoute
16:20de son fournisseur
16:21qui lui dit
16:22« là,
16:22c'est un petit peu compliqué pour moi,
16:23est-ce que tu pourrais m'aider ? »
16:25je dois acheter de la matière première,
16:26les cours ont monté,
16:28donc j'ai besoin d'une avance,
16:29le chantier avance,
16:31j'ai besoin que tu me donnes
16:31un incompte.
16:32S'il y a cette écoute-là,
16:33on peut éviter énormément
16:34de catastrophes.
16:36S'il n'y en a pas
16:36et qu'on se dit
16:37« chacun pour soi,
16:38débrouille-toi »,
16:39ben là,
16:39la trésorerie diminue,
16:40diminue,
16:41diminue,
16:41et le chantier ne sera peut-être
16:42même pas terminé,
16:43ce qui encore une fois
16:44est au détriment des deux.
16:45Jérôme,
16:46maintenant vous êtes investi
16:47dans l'association
16:48Second Souffle,
16:49c'est vous qui donnez
16:50les conseils maintenant,
16:51est-ce qu'il y en a un en tout cas
16:52en particulier du terrain
16:54que vous aimez bien partager ?
16:55Oui,
16:56je redis,
16:57je suis bénévole,
16:59c'est important,
17:00il y a des coachs,
17:01il y a des mentors,
17:03il y a des gens
17:03qui accompagnent
17:05les dirigeants
17:06moyennant finance,
17:08Second Souffle,
17:09c'est gratuit,
17:11donc l'accompagnement
17:12est dénué d'intérêt,
17:13c'est du conseil,
17:15on ne se substitue pas
17:16à l'entrepreneur
17:17en conseil,
17:19et effectivement,
17:20aujourd'hui mon conseil
17:22c'est,
17:24il est facile,
17:25mais c'est ne pas attendre,
17:27mais je voudrais le formuler autrement,
17:29je pense que même développer,
17:32quand on a une baisse de chiffres,
17:34une baisse de rendement,
17:35ça induit de trouver des solutions,
17:37et quand on commence
17:37à avoir une baisse de rendement,
17:39soit on a l'argent
17:40à mettre sur la table
17:41pour embaucher,
17:42trouver des spécialistes,
17:43soit il existe des associations
17:45qui peuvent aider
17:46dès ces phases-là,
17:48pas forcément
17:48quand on est à six mois
17:49de la liquidation,
17:50ce qui rend le champ du possible
17:52beaucoup plus restreint,
17:54mais plutôt de pouvoir intervenir
17:56dans un accompagnement gratuit
17:57avec des spécialistes,
17:58l'association ce n'est pas moi,
17:59c'est des milliers de personnes
18:01en France,
18:02qui peuvent du coup,
18:03en fonction de leur spécialité,
18:04des cas de figure rencontrés,
18:06intervenir en conseil gratuitement.
18:09Je trouve que c'est très important
18:11que l'entrepreneur
18:11en ait conscience au plus tôt,
18:13pour que quand il sente
18:14que le terrain commence
18:15à devenir meuble,
18:16il en profite pour se tourner
18:17vers ce genre d'association.
18:18Merci beaucoup Jérôme Cognis,
18:20je rappelle que vous êtes
18:20PDG fondateur d'Axe Énergie,
18:23Pierre Pelouzet,
18:23vous êtes médiateur des entreprises,
18:24merci à tous les deux
18:25de nous avoir partagé
18:26vos expériences,
18:27retour terrain,
18:28merci à vous toutes et tous
18:29de nous avoir suivis,
18:30c'était Smartéco.