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00:07Je vais vous présenter ce rapport que j'avais filoté,
00:11qui avait été fait avec Capone Lefebvre et Mathéo Torres.
00:16En effet, c'est assez d'actualité, parce qu'en particulier,
00:21le Conseil européen, mi-octobre, pourrait être empériné des mesures
00:29face à la Chine.
00:31Vous avez probablement vu aussi ce qu'on appelle le non-paper,
00:36la forme d'accord qui a été publié lundi entre la France et l'Allemagne.
00:41J'ai compris que vous étiez plutôt des statisticiens,
00:45donc je vais parler plutôt des chiffres,
00:49même si j'aurais tendance naturelle à parler aussi des politiques économiques.
00:56Je m'excuse par avance si je dérive.
01:00Je vais aller vite sur ça,
01:02mais en fait, on est dans une situation qui est relativement inédite.
01:05Je vais surtout parler de la Chine aujourd'hui,
01:08parce que le rapport portait sur la Chine,
01:13mais juste pour dire en intro que quand même,
01:16on est dans une situation inédite au niveau européen,
01:18parce qu'on est pris en étau par la Chine d'un côté
01:23et puis de l'autre par la puissance de la tech américaine.
01:29La puissance de la tech américaine, ce n'est pas nouveau,
01:32mais avec l'émergence et l'explosion de l'IA,
01:37ça pose une question majeure pour le fond de mon propos
01:45et la question centrale qui se pose quand on parle de la Chine et des États-Unis,
01:51c'est comment nous, Européens,
01:53on peut rester une puissance industrielle,
01:55une puissance économique tout court,
01:58quand aujourd'hui la Chine produit avec des coûts
02:02qui sont très significativement inférieurs,
02:04je vais revenir dessus, avec une qualité au moins égale
02:08dans un très grand nombre de secteurs.
02:11Et ça, juste en introduction, c'est une situation qui est inédite,
02:14parce qu'évidemment, nous, Européens, on a déjà fait face,
02:18et c'est un peu le principe du commerce,
02:20on a commercé avec des pays qui proposaient des coûts de la plus faible,
02:25mais la grosse différence, c'est que ces pays proposaient
02:29des produits à la plus faible valeur ajoutée,
02:31donc il y avait une sorte de complémentarité
02:32entre ce que nous, on produisait et le commerce
02:35avec des pays plus pauvres.
02:37Aujourd'hui, pour la première fois, il semble,
02:40on est face à une puissance qui produit de nouveau
02:44avec une qualité au moins égale, mais avec des coûts très inférieurs.
02:47Et donc ça, ça pose des questions
02:50sur comment on peut préserver notre tissu productif,
02:54nos industries face à une telle concurrence.
02:58Ce qu'on fait dans ce rapport, c'est essayer de mesurer
03:02la part de l'industrie européenne qui est aujourd'hui menacée.
03:07C'est sur ça que je vais revenir plus précisément.
03:10Et donc on a une approche pour documenter cette concurrence chinoise
03:14pour tous les secteurs industriels et pour tous les pays européens.
03:20Et on le fait aussi bien sur les marchés à l'exportation.
03:25Donc dans quelle mesure les Chinois, par exemple,
03:28nous concurrencent en exporte des voitures au Brésil
03:30ou sur notre marché domestique.
03:33Donc il y a les deux dimensions.
03:35Ce qu'on fait de façon complémentaire,
03:37c'est qu'on a construit des estimations,
03:39des écarts de coûts de production
03:42qui existent entre l'Europe et la Chine.
03:45Et donc ça, une fois que vous avez des écarts
03:47de coûts de production et que vous avez des ordres de grandeur,
03:49des niveaux un peu technologiques,
03:52ça nous permet ensuite de dresser un tableau un peu prospectif
03:55et ensuite des préconisations de politique économique.
03:59Et donc ça, je reviendrai.
04:02On peut attendre.
04:05Bon, je vais juste un mot sur les États-Unis
04:09parce que c'est là aussi quelque chose de très important
04:12pour vous regarder aujourd'hui les différentes couches de l'IA
04:16dans le strat de la chaîne de valeur de l'IA.
04:19En fait, malheureusement, l'Europe n'est presque pas présente.
04:25Et donc évidemment, je ne vais pas parler de ça aujourd'hui,
04:27mais c'est quelque chose qu'il faut avoir en tête
04:29quand on pense au devenir de l'Europe,
04:31notamment en termes de puissance économique.
04:33C'est qu'aujourd'hui, on transfère massivement
04:36de la richesse vers les États-Unis
04:39via ces achats de services.
04:41Et si on poursuit les trajectoires actuelles,
04:44ça pourrait être des transferts de l'ordre de presque deux points de PIB
04:47vers les États-Unis dans les années.
04:50Ce ne va pas être le cœur de mon propos,
04:51mais c'est juste pour vous dire qu'on est quand même
04:53véritablement pris en auto entre cette puissance industrielle chinoise
04:57et cette puissance de la tech américaine.
05:05J'ai cliqué trop fortement,
05:07donc ça a mis un bazar total dans les slides.
05:11Je m'excuse.
05:16Ce graphique, vous avez probablement vu ce type de graphique,
05:19mais c'est juste pour vous…
05:21Donc, je fais la slide 4,
05:22c'est juste pour rendre compte un peu de…
05:25Oui, pardon, moi, je vois les slides,
05:28mais il faut que je vous indique les slides que j'indique.
05:31Vous ne voyez pas mon écran, quoi.
05:34Je suis sur, excusez-moi,
05:35je suis sur la slide 4.
05:37Et donc, dans cette slide 4,
05:39c'est juste pour vous montrer le caractère inédit
05:41de cette production chinoise.
05:45Donc, il faut regarder, par exemple,
05:46en part de la production manufacturière mondiale,
05:48aujourd'hui, la Chine, c'est un tiers
05:50de la production manufacturière mondiale.
05:52On a longtemps parlé,
05:54on parle toujours de la puissance industrielle allemande.
05:57Vous voyez, aujourd'hui, l'Allemagne,
05:59c'est 5 % de la production industrielle mondiale.
06:01Donc, 5 versus 105.
06:03C'est juste pour vous donner quelques ordres de grandeur.
06:07Et l'Union européenne, au total,
06:09on est plutôt autour de 15 %
06:11de la production manufacturière mondiale.
06:13Quand on regarde les excédents commerciaux,
06:14donc ça, c'est le graphique de droite,
06:16vous voyez que là aussi,
06:17c'est des excédents qui sont massifs.
06:19On est presque à 3 % du PIB mondial.
06:23Et là aussi, si vous voulez faire un petit parallèle
06:25avec l'Allemagne,
06:26l'Allemagne a son pic,
06:28c'est-à-dire à la fin des années 2000,
06:30on était plutôt à 0,8 point du PIB mondial.
06:34Donc, c'est juste pour vous donner,
06:35c'est presque trois fois plus, aujourd'hui,
06:37l'excédent chinois de ce qu'était le record allemand.
06:41On va prendre l'Allemagne parce qu'on est en France
06:42et qu'on aime bien se comparer avec les Allemagne.
06:46Alors, évidemment, le secteur emblématique
06:49de cette percée chinoise,
06:52c'est le secteur automobile.
06:54Donc, ça, je fais à la slide 5.
06:56Et ce qui, à mon avis, est important de réaliser,
07:00c'est la rapidité du phénomène.
07:04Encore à la fin des années 2010,
07:06donc c'est il y a un peu moins,
07:08enfin, il y a six ans,
07:09la Chine, elle avait un déficit commercial
07:11en matière d'automobiles.
07:13Aujourd'hui, elle est devenue, et de très loin,
07:16le premier exportateur mondial d'automobiles.
07:20Et vous voyez, on compare de nouveau avec l'Allemagne.
07:23Aujourd'hui, en est, c'est-à-dire exportation,
07:26moins importation.
07:27On est entre 7 et 8 millions d'exportations de véhicules.
07:31L'Allemagne fait 1 million,
07:33donc c'est déjà gigantesque.
07:36Vous voyez, c'est 7 fois plus.
07:37Et le recueur allemand, il y a quelques années,
07:39c'était autour de 2 millions de véhicules.
07:42Et surtout, regardez sur ce graphe,
07:44ce qui me semble très spectaculaire,
07:45c'est la percée.
07:47Et donc, c'est là aussi,
07:48c'est ce qu'on va essayer de voir dans ce rapport,
07:50c'est dans quelque mesure,
07:51ce phénomène qu'on peut observer dans l'automobile,
07:56c'est quelque chose qui concerne seulement l'automobile
07:58qui est révélateur de tendances plus systémiques
08:02de l'économie chinoise.
08:04Et on retourne quelques chiffres,
08:07juste pour compléter ce tableau,
08:10quand vous regardez la slide 6,
08:12la slide suivante.
08:13En fait, malheureusement, ce que je peux dire,
08:16c'est une dynamique qui s'accélère.
08:18Quand vous regardez, par exemple,
08:19les six premiers mois de l'année,
08:22les exportations d'hybrides rechargeables,
08:24elles ont augmenté de plus de 100 %.
08:26Et aujourd'hui, enfin, cette année,
08:28les exportations nettes d'automobiles de la Chine,
08:32elles devraient dépasser la somme des exportations nettes
08:35du Japon et de l'Allemagne.
08:37Donc, la Chine, c'est plus que le Japon et l'Allemagne
08:39en termes d'exportation.
08:40C'est là aussi,
08:41et si on avait dit ça il y a cinq ans,
08:43ça nous aurait permis en possible.
08:44Un dernier chiffre sur cette production,
08:47cette fois-ci, automobile.
08:49Cette année, la Chine devrait produire environ 36 millions de véhicules.
08:54Donc, c'est plus que les États-Unis,
08:56le Japon, la Corée, l'Allemagne et la France réunis.
08:59Juste pour vous rendre compte un peu
09:01de cette puissance industrielle
09:03qui, de nouveau, ils ont construit,
09:05enfin, qui a émergé en cinq ou six ans.
09:08Bon, là, évidemment, c'est un peu la même chose,
09:11mais on voit que le déficit commercial bilatéral
09:13avec, ça, c'est la slide suivante,
09:17le déficit commercial bilatéral entre l'Europe et la Chine
09:20sur matière d'automobile ne fait que s'aggraver.
09:24Les Chinois importent de moins en moins de voitures
09:27en provenance d'Europe
09:28et nous exportent de plus en plus.
09:30Bon, je vais m'arrêter là un peu sur l'automobile,
09:33mais c'est malgré tout le secteur le plus emblématique.
09:37Et si aujourd'hui, il y a une réaction allemande,
09:40c'est en particulier parce qu'il y a une hécatombe
09:43dans l'industrie automobile allemande
09:44et que ça les pousse à réagir.
09:47Donc, c'est quand même très important.
09:49L'automobile, aujourd'hui, en Europe,
09:50c'est le taux de 13,5 millions de salariés.
09:53Donc, c'est un enjeu majeur en termes d'emploi
09:56et en termes de devenir de l'économie européenne.
10:00Donc, ce qu'on a fait dans cette étude,
10:03c'est fait trois choses, comme je l'ai déjà dit.
10:05Donc, ça, je fais la slide 8.
10:07C'est de regarder déjà les pressions qu'on observe
10:10sur les marchés à l'exportation.
10:12Comme ça, on a regardé pour tous les marchés
10:14à l'exportation, là où on observe déjà
10:18une très forte augmentation de la concurrence chinoise.
10:22On a regardé aussi l'exposition du marché intérieur européen.
10:27Donc, c'est dans quelle mesure il y a une très forte augmentation
10:29des importations chinoises sur notre marché.
10:35Et on a aussi regardé le type de secteurs
10:38qui sont plus spécifiquement menacés.
10:40Donc, ça, on a regardé notamment dans quelle mesure
10:43les avantages comparatifs, donc je vais revenir dessus,
10:46sont ou pas menacés aujourd'hui par la concurrence chinoise.
10:50Et finalement, il y a une approche plus prospective
10:53pour essayer de mesurer les secteurs les plus vulnérables
10:56à moyen terme.
10:59Je passe à la slide 9.
11:01Donc, ça, c'est la première chose qu'on fait.
11:04C'est déjà de regarder les pressions qui peuvent exister
11:07sur les marchés à l'exportation.
11:11Donc, ce qu'on a fait, c'est d'essayer de détecter
11:15là où on a des dynamiques chinoises
11:17qui sont anormalement agressives
11:21par rapport aux trajectoires passées
11:23sur les marchés à l'exportation.
11:26Ça, on l'a fait pour chaque secteur d'activité,
11:28pour chaque pays européen,
11:31on a fait ça pour les États-Unis, pour le pays,
11:33et pour chaque marché de destination.
11:35Donc, on a regardé pour chaque secteur d'activité
11:38manufacturée en France,
11:39et par exemple, les exportations d'automobiles françaises,
11:42on a regardé pour tous les pays d'exportation,
11:44des exportations d'automobiles françaises.
11:46On a fait la même chose pour les machines-outils en Italie,
11:48on a regardé tous les pays d'Italie
11:49exportent des marchés inoutils
11:51et tous les marchés de destination.
11:54Pour essayer de mesurer ce qu'on appelle
11:57cette dynamique agressive,
12:00d'un point de vue statistique presque,
12:02ce n'est pas un jugement de valeur,
12:05on a regardé quatre indicateurs complémentaires
12:09qui sont assez simples.
12:10C'est dans quelle mesure la Chine gagne
12:13des parts de marché à l'exportation,
12:16dans quelle mesure nous, Européens,
12:18enfin, le pays en question, par exemple la France,
12:21perd des parts de marché sur ce même marché,
12:27et ensuite, on regarde un peu des facteurs
12:29qui cherchent à mesurer la dynamique,
12:32dans quelle mesure il y a une accélération,
12:33en gros, de ce phénomène.
12:35Donc, si on prend l'exemple des exportations françaises
12:38au Brésil, on regarde dans quelle mesure
12:39les Chinois gagnent des parts de marché
12:42sur le marché automobile brésilien,
12:45dans quelle mesure nous, Français,
12:46on perd des parts de marché sur ce même marché,
12:50dans quelle mesure on observe ces dernières années
12:52une accélération de ce process,
12:55et pour mesurer cette accélération,
12:58on mesure tout ça par rapport
13:00à notre propre trajectoire passée.
13:04Donc ça, c'est par exemple sur le secteur automobile.
13:06Ce qu'on fait ensuite,
13:08c'est qu'on va agréger ces différents signaux,
13:10donc là, on a quatre indicateurs,
13:12on les agrège au niveau sectoriel
13:14pour avoir un indicateur de menace sectorielle,
13:16et ensuite, on va agréger
13:19ces différents indicateurs sectoriels
13:23pour construire un indicateur de menace nationale.
13:28Menace nationale, c'est un peu mal choisi comme terme,
13:31mais ça vous donne l'idée.
13:33Et ça, c'est en gros la carte de droite
13:37qui vous donne la part des exportations européennes
13:46qui sont aujourd'hui menacées par l'industrie chinoise,
13:52par les exportations chinoises.
13:54Donc ce que vous voyez,
13:55c'est que quand on prend les grandes économies européennes,
13:59c'est environ un quart de nos exportations
14:01sur les marchés tiers
14:03qui sont aujourd'hui menacées
14:05par des exportations chinoises.
14:08Et vous voyez aussi que l'Allemagne,
14:10par exemple, qui est le pays le plus en rouge foncé,
14:14c'est le pays européen le plus exposé.
14:16Il y a presque un tiers des exportations allemandes
14:19qui sont menacées sur les marchés tiers.
14:23Donc c'est quand même très important
14:25si vous êtes un industriel et qu'en fait,
14:27vous avez un tiers de vos exportations
14:29qui sont menacées,
14:30enfin de votre marché à l'export qui est menacé,
14:32c'est quand même très compliqué.
14:34Le lait pour la haute.
14:37Alors, pardon.
14:39Alors, j'essaye de changer la slide.
14:44C'est un ordinateur super sophistiqué
14:46avec toutes sortes de...
14:51C'est trop compliqué pour moi,
14:54c'est pour ça que j'ai imprimé les slides,
14:55je me retrouve plus.
14:57Là, je vous ai juste donné une illustration
14:59de ce qu'on fait.
15:00Donc là, c'est la menace
15:03sur les exportations françaises
15:04et j'ai repris l'exemple de l'automobile.
15:08Donc ça, en fait,
15:09on fait ça pour tous les pays européens
15:11et on fait ça pour tous les secteurs d'activité.
15:14Donc là, c'est juste une illustration
15:15dans le cas des exportations françaises d'automobiles.
15:19Et donc, ce que vous voyez,
15:20c'est qu'il y a une montée rapide
15:21de la menace sur nos exportations
15:24et qu'aujourd'hui,
15:25il y a plus de 70 % de nos exportations
15:29qui sont dirigées vers des marchés
15:32où elles subissent une pression chinoise élevée,
15:35voire très élevée.
15:36Donc, si ça vous amuse,
15:37ce genre de graphe,
15:37on a un site Internet
15:39où vous pouvez choisir le secteur FPI.
15:42Par exemple,
15:42si vous êtes intéressé
15:43par les exportations roumaines
15:45de...
15:46je cherche un secteur de machines outils,
15:49vous pouvez regarder
15:50dans quelle mesure
15:51les exportations roumaines
15:52de machines outils
15:53sont menacées sur les marchés tiers.
15:57Il n'y a que vous qui avez la main
15:58pour changer les...
16:03Je passe, pardon,
16:04à la slide 11.
16:06Et donc, la slide 11,
16:07là, je vais rapidement,
16:09mais c'est...
16:09Là, on change d'approche.
16:11Jusqu'à présent,
16:12je vous parlais
16:14de la menace
16:15sur les exportations
16:16sur les marchés tiers.
16:18Là, maintenant,
16:19on va regarder
16:19c'est quoi
16:21la menace,
16:22entre guillemets,
16:23sur notre marché intérieur.
16:24Donc, dans quelle mesure
16:25il y a une très forte augmentation
16:27des importations chinoises
16:28sur le marché domestique européen,
16:31enfin,
16:31sur les différents marchés
16:32domestiques européens.
16:34Et là,
16:34ce qu'on essaye de construire,
16:36c'est un peu la même idée,
16:37c'est qu'on va avoir
16:37différents indicateurs
16:39qui vont capter
16:41cette montée en puissance
16:43des importations chinoises
16:45et on va essayer
16:46de mesurer
16:47leur pénétration relative
16:49par rapport
16:50à la production européenne.
16:52Donc, on n'a pas
16:52une mesure très bonne
16:54de la demande domestique,
16:56du marché domestique.
16:57Donc, on est obligé
16:57d'utiliser des proxys
16:58et donc,
16:59comme proxy de ça,
17:01on utilise la production
17:02par secteur européen.
17:05Là encore,
17:06ce qu'on fait,
17:07donc, on a un certain
17:07nombre d'indicateurs
17:08pour mesurer
17:09dans quelle mesure
17:09les importations chinoises
17:11augmentent plus ou moins fortement
17:12par secteur d'activité.
17:14Et on compare ça
17:15avec la production.
17:16Ensuite,
17:17on va agréger
17:18ces différents simiaux
17:19pour construire
17:20un niveau d'alerte sectoriel.
17:23Et on va faire pareil,
17:25on va agréger
17:26ces différents niveaux
17:29sectoriels
17:29pour construire
17:30un indicateur
17:32d'exposition
17:33aux importations chinoises
17:35pour chaque pays européen.
17:36Donc, c'est ce que vous avez
17:37sur la carte de droite
17:38sur la slide 11,
17:40sur la diapo 11.
17:41Vous avez la part
17:42de la production manufacturière
17:44qui est potentiellement menacée
17:46par les importations chinoises.
17:48Et donc, en fait,
17:49par exemple,
17:49je reprends le cas
17:50de l'Allemagne
17:50qui est le cas
17:51le plus emblématique.
17:53Aujourd'hui,
17:53il y a une très forte progression
17:55des importations chinoises
17:57sur des secteurs
17:59qui représentent
18:00près de 70 %
18:01de la production
18:03manufacturière allemande.
18:08Je repasse
18:09à la slide 12.
18:10La slide 12,
18:10c'est un peu
18:12le même type
18:12d'indicateur.
18:16Pardon,
18:17j'ai du bonjour
18:17j'ai de le cas.
18:20Et là,
18:21cette fois-ci,
18:21ce qu'on s'intéresse,
18:22c'est au type
18:23de secteurs
18:24qui sont aujourd'hui
18:26menacés
18:26par
18:28cette industrie
18:29chinoise.
18:30Donc,
18:31pour essayer
18:31de mesurer ça,
18:32ce qu'on a pris
18:33comme proxy,
18:33comme mesure
18:34que les économistes
18:35appellent
18:35les avantages comparatifs
18:37révéler.
18:39Donc,
18:39pour nous,
18:39c'est un peu
18:40un proxy
18:41des bastions
18:42industrielles européennes.
18:43En fait,
18:44c'est là
18:44où vous êtes
18:46relativement
18:46le gris fort.
18:47C'est par rapport
18:48à vous-même.
18:49L'avantage comparatif,
18:50vous pouvez être
18:51mauvais partout,
18:52mais il y a des secteurs
18:54où vous êtes
18:54un peu moins mauvais.
18:55Vous pouvez être
18:55bon partout,
18:56mais des secteurs,
18:57vous êtes relativement
18:58meilleurs.
18:59Donc là,
18:59ce qu'on a pris,
19:00c'est
19:00les 20 principaux
19:03avantages comparatifs
19:04par pays
19:04et on regarde
19:05en quelle mesure
19:05ils sont menacés
19:06par cette concurrence
19:08chinoise.
19:10Et ce qui est intéressant,
19:11c'est de comparer,
19:12donc là,
19:12à gauche,
19:13on résume un peu
19:14l'information,
19:15et ce qui est intéressant,
19:16c'est de comparer
19:16la France et l'Allemagne.
19:18Donc,
19:18en France,
19:19par exemple,
19:19dans les années 2000,
19:20lorsqu'on parlait
19:20du premier choc chinois
19:22qui portait notamment
19:23sur le textile,
19:24ce que vous voyez,
19:25c'est qu'en fait,
19:26aucun de nos avantages
19:28comparatifs,
19:28ce qui était à l'époque
19:29nos avantages comparatifs,
19:30n'étaient menacés
19:31par cette concurrence
19:33chinoise.
19:34Donc,
19:35c'était sur des secteurs
19:37qui n'étaient pas au cœur,
19:39si on peut dire,
19:40de notre tissu productif.
19:44Aujourd'hui,
19:45on est autour de 70%
19:46de ces secteurs
19:48qui sont menacés.
19:49Le plus impressionnant,
19:50c'est l'Allemagne.
19:51Aujourd'hui,
19:52vous voyez,
19:53il y a 100%
19:54des avantages comparatifs
19:56allemands
19:56qui sont menacés.
19:57c'est-à-dire que
19:58la concurrence chinoise,
19:59elle se fait
20:00sur l'ensemble
20:02des bastions
20:04industrielles allemands.
20:05Donc,
20:06je vais revenir sur ça
20:06parce que c'est très important
20:08même quand on pense
20:08à la réponse
20:09de politique économique
20:10et quand on pense
20:11au débat,
20:12c'est que là,
20:14on ne parle pas
20:15des panneaux solaires,
20:17on ne parle pas
20:17d'un textile,
20:18c'est très important,
20:19je ne vais pas prendre
20:19cette image,
20:20mais là,
20:20on parle du cœur
20:22du tissu productif
20:24allemand
20:24qui est menacé.
20:25C'est tout ce qui a fait
20:26la richesse
20:27de l'économie allemande
20:28qui est aujourd'hui
20:30menacée.
20:30Vous voyez sur la carte
20:31que c'est la même chose
20:32en Italie,
20:33il y a beaucoup de pays
20:34en fait où c'est vraiment
20:35le cœur
20:36de leurs avantages comparatifs
20:38qui sont aujourd'hui
20:39menacés
20:40par une concurrence
20:41qui est difficilement
20:41soutenable.
20:44Je passe par là
20:44à la slide suivante.
20:46La slide suivante,
20:47on sort un peu
20:48de l'approche statistique,
20:50purement statistique,
20:52et on passe
20:53à une approche
20:54plus prospective.
20:55Ce qu'on a fait,
20:56c'est d'avoir
20:56des estimations,
20:57des écarts de coûts
20:58de production
20:59dans les grands secteurs
21:01industriels européens
21:02entre les coûts
21:04en Europe
21:05et en Chine.
21:05Vous avez ce tableau
21:06qui donne des ordres
21:07de grandeur
21:09et ce que vous voyez,
21:10c'est qu'en moyenne,
21:12les écarts de coûts
21:13entre l'industrie européenne
21:15et ses concurrents chinois
21:16sont de l'ordre
21:17de 30 à 40 %.
21:20Ce qu'on a fait parallèlement
21:22à ces écarts de coûts,
21:23c'est aussi d'essayer
21:24de mesurer un peu
21:25des écarts technologiques.
21:27C'est un peu plus subjectif,
21:28mais ce qui vous donne
21:29un peu pour chaque secteur,
21:30si vous avez un écart de coûts
21:32et qu'en plus,
21:33vous n'avez plus
21:34d'avance technologique,
21:35là, ça devient
21:36très compliqué pour vous.
21:39À partir de là,
21:40j'arrive à la slide 14,
21:42on a construit
21:44un peu ce tableau
21:45des pays
21:46qui sont les plus exposés
21:48ou les plus menacés
21:50à moyen terme.
21:51Donc ça,
21:51c'est la diapo 14.
21:54Et ce qu'on trouve,
21:55c'est qu'en moyenne,
21:57il y a plus de la moitié
21:58de la production
22:00manufacturière européenne
22:01qui est aujourd'hui
22:03exposée à une concurrence chinoise
22:04qui est difficilement soutenable.
22:06La moitié.
22:08Donc c'est énorme.
22:09Et vous voyez ce tableau
22:10à droite
22:11qui vous donne
22:12les ordres de grandeur
22:13pour les différents
22:15pays européens.
22:16Donc en Allemagne,
22:17vous voyez que c'est
22:17presque 70%
22:18de la production
22:20manif allemande
22:21qui est aujourd'hui
22:22exposée
22:23ou en danger.
22:24À droite,
22:25vous avez ACR,
22:26donc ça,
22:26c'est les avantages
22:28comparatifs révélés.
22:30Donc c'est ce que
22:30je vous ai dit tout à l'heure,
22:31c'est-à-dire en Allemagne,
22:32par exemple,
22:33vous avez 100%
22:33des avantages comparatifs
22:34qui sont menacés.
22:35Donc l'Allemagne
22:36est le grand pays
22:37le plus exposé
22:39à la concurrence chinoise.
22:41Vous avez l'Italie,
22:42c'est aussi très spectaculaire,
22:43c'est autour de 60%
22:45de la production
22:45manif italienne
22:46qui est exposée
22:48à une très forte
22:49pression chinoise.
22:51L'Espagne,
22:51c'est autour de 50%.
22:53Et puis nous,
22:53la France,
22:54on est en bas,
22:54donc on peut s'en féliciter
22:55d'une certaine mesure.
22:57Il n'y a qu'un tiers
22:57de la production
23:00manufacturière française
23:01qui est menacée.
23:04Bon,
23:05c'est une bonne nouvelle
23:07dit comme ça,
23:11mais c'est d'abord
23:13lié à notre désindustrialisation
23:15et lié aussi quand même
23:16dans une certaine mesure
23:17à notre spécialisation sectorielle,
23:19c'est-à-dire qu'on est encore
23:20dans des secteurs
23:21comme l'aéronautique,
23:22on pourra parler ça
23:23d'un point de vue
23:24plus qualitatif,
23:25mais qui sont aujourd'hui
23:28dans les indicateurs statistiques
23:31pas directement menacés
23:33et qui sont relativement
23:34encore protégés,
23:35notamment par un certain
23:36nombre de réglementations.
23:38Il y a aussi le cas
23:39de l'agroalimentaire
23:40qui est un peu un cas à part,
23:41même si elle est en danse.
23:42Le secteur agroalimentaire français
23:44est en danger,
23:44mais peut-être pas
23:45à cause de la Chine,
23:46mais pour d'autres raisons
23:47qu'on n'évoquera pas.
23:54Et la Belgique,
23:55mais qui est aussi
23:56sur un tout en bas
23:57du classement,
23:57ce qui est la Belgique,
23:59mais même,
24:00vous voyez,
24:00la Belgique,
24:0130%,
24:01c'est quand même
24:0230% de la production
24:03manufacturière,
24:03donc c'est quand même
24:04gigantesque.
24:05Ce n'est pas 70%
24:07comme en Allemagne,
24:07mais ça reste énorme.
24:09Et donc là,
24:10je ne sais pas
24:10combien de temps
24:11il me reste.
24:13Pour la fin,
24:13allez-y,
24:14c'est bon,
24:14ça va,
24:14c'est bon.
24:15C'est bon.
24:16C'est bon.
24:17C'est bon.
24:20Je vais passer maintenant
24:21plus à la partie
24:23pour vous inquiéter.
24:27sur le graphe de gauche,
24:28vous voyez ce qui s'est passé
24:30sur les panneaux solaires
24:32dans les années 2000.
24:33Vous voyez en bleu,
24:34pardon,
24:34je suis sur la slide 15,
24:35excusez-moi,
24:36pour une personne en ligne.
24:38Non,
24:39pour vous,
24:40excusez-moi,
24:40je mélange les pédames.
24:44Donc,
24:45vous avez en bleu,
24:46c'était la production,
24:47la part de la production
24:49européenne
24:49dans les panneaux solaires.
24:52Et pour moi,
24:52c'est une métaphore
24:54de ce qui pourrait se passer
24:56dans les années qui viennent.
24:57En fait,
24:58il y avait,
24:58on n'a pas vu,
24:59on n'a pas voulu voir
25:00le fait qu'il y avait
25:01un très fort développement,
25:03justement,
25:03de cette production
25:05en Chine.
25:07On a pris des mesures
25:09avec très grand retard
25:10et des mesures très faibles.
25:13Et le résultat,
25:14c'est qu'évidemment,
25:15ces mesures n'ont pas permis
25:16d'éviter la poussée chinoise
25:20dans le secteur.
25:21Et on a considéré
25:23au bout de quelques années
25:23qu'en fait,
25:24d'une part,
25:25ça n'empêchait pas
25:25les importations chinoises,
25:27d'autre part,
25:27ça les surenchérissait
25:28pour se donner le but.
25:30Mais comme ça ralentissait
25:31la transition écologique,
25:32il valait mieux retirer
25:34toutes ces mesures.
25:36Bon,
25:37le résultat,
25:38je fais un biais
25:39par la transition écologique,
25:40ce n'était pas nécessaire
25:40mais le résultat,
25:42c'est que quelques années après,
25:45en fait,
25:45cette production
25:46de panneaux solaires
25:47au niveau européen
25:48a quasiment disparu.
25:49Et donc,
25:50pourquoi je considère
25:51que c'est une métaphore ?
25:52Parce qu'on peut dire
25:52que les panneaux solaires,
25:53c'est dommage,
25:55mais ce n'est pas l'automobile.
25:56Et aujourd'hui,
25:57justement,
25:57en termes d'ordre de grandeur,
25:59ce dont on parle,
25:59ce n'est pas des panneaux solaires,
26:00c'est de 50 %
26:01de la production
26:03manufacturière européenne,
26:03c'est 70 %
26:05de la production allemande.
26:07c'est pas 70 %.
26:09Et la question,
26:10et je reviens
26:11à ma question de départ,
26:12c'est comment,
26:13aujourd'hui,
26:14comme hier,
26:15dans les panneaux solaires,
26:16on peut faire face
26:17à un appareil productif
26:19qui propose des coûts
26:20qui sont inférieurs
26:21de 30 à 40 %
26:23avec une qualité
26:24au moins égale.
26:26Et donc,
26:27le risque,
26:27je pense que c'est très important
26:30de percevoir ce risque
26:31quand on pense aux solutions.
26:33Le risque,
26:34c'est de voir
26:34des pans entiers
26:35d'industrie
26:36revivre ce qui s'est passé
26:37sur les panneaux solaires,
26:38donc la moitié
26:39de la production européenne
26:40pour simplifier.
26:43Donc là,
26:44j'arrive aux solutions,
26:47entre guillemets,
26:48de la slide 16,
26:49et puis après,
26:49on pourra discuter
26:50de l'aspect statistique
26:51ou d'aspect
26:52de politique économique.
26:56C'est quelle réponse
26:57pour l'Europe ?
26:59Il me semble,
26:59il y a deux grandes options.
27:01La première,
27:02c'est d'essayer
27:03de pousser
27:04les curseurs
27:05qui existent déjà.
27:06Donc ça,
27:06c'est un peu
27:07la tentation européenne.
27:09On a un certain
27:10nombre de dispositifs
27:12qui existent déjà,
27:13mais on peut essayer
27:14d'aller plus loin
27:15dans ces dispositifs.
27:16C'est le cas,
27:16notamment,
27:17on a un arsenal
27:18de défense commerciale,
27:19de protection,
27:21si vous voulez.
27:22Là,
27:23je suis au slide 16.
27:26qui ont été
27:28renforcés
27:28ces dernières années.
27:30Le problème,
27:32c'est que c'est
27:32structurellement limité.
27:34Vous avez
27:35la question aussi
27:36de la préférence européenne.
27:38Donc ça,
27:38c'est quelque chose
27:38qui est porté
27:39depuis des années
27:40par la France.
27:41On voit
27:41qu'il y a
27:43des progrès
27:45dernièrement,
27:46avec notamment
27:46ce qui a été annoncé
27:48par la Commission européenne,
27:49mais qui est encore
27:50en débat au Parlement européen
27:51sur ce qu'on appelle
27:52l'Industrial Accelerator Act.
27:55Donc en gros,
27:55c'est l'idée
27:56d'introduire
27:56une préférence européenne,
27:59notamment
27:59dans la commande publique.
28:01Donc ce qui est,
28:02en gros,
28:02tous les pays ont ça,
28:03ce sont en Europe,
28:04et l'idée,
28:05ce serait d'introduire ça
28:06en Europe.
28:08Je peux juste préciser
28:09que même si ça rentrait
28:10en vigueur,
28:11ce qui est loin d'être sûr,
28:12parce qu'il y a encore
28:13des combats politiques
28:14qui sont très importants,
28:15à l'heure actuelle,
28:17même dans la version
28:18la plus
28:21dure
28:22d'un point de vue français,
28:23qui protège le plus
28:25le marché,
28:26la production européenne,
28:28ça ne couvrirait
28:29que 15%
28:30de l'industrie
28:31manufacturière de l'UE.
28:33Donc moi,
28:33j'ai parlé,
28:34il y a 50%
28:34qui est menacé,
28:35donc on voit bien.
28:36Et quand on regarde
28:37par exemple
28:37le marché automobile,
28:39c'est autour de 20%
28:40du marché automobile
28:41actuel
28:42qui serait couvert.
28:43Donc on est,
28:44quand même,
28:45même si on mettait
28:46en place ça,
28:47et puis il faut voir,
28:47il y a aussi
28:48des discussions
28:49très fortes
28:49avec les constructeurs
28:50automobiles
28:51qui essaient de vider
28:52aussi,
28:52par certains critères,
28:54la substance
28:54de ces dispositifs.
28:56En tout cas,
28:57même si on mettait
28:58en avant
28:59ce dispositif
29:00qui reste très important
29:01et qui serait,
29:02à mes yeux,
29:03très positif,
29:04on ne couvrirait
29:05qu'une petite partie
29:06de l'industrie européenne.
29:07Il y a le débat aussi,
29:08vous avez probablement lu
29:09dans la presse,
29:10entre made in Europe,
29:12made with Europe,
29:13c'est-à-dire
29:14les Allemands,
29:15une partie
29:15des Scandinaves,
29:16ils poussaient
29:17pour que la préférence
29:19européenne soit étendue
29:20à 70 pays
29:21qui ont des accords
29:22commerciaux
29:23avec l'Union européenne.
29:24Donc si vous avez
29:25un accord commercial
29:26avec l'Inde,
29:26la préférence européenne
29:28s'appliquerait
29:28à l'Inde.
29:34Le problème
29:35de toutes ces approches,
29:36même avec la préférence européenne,
29:38c'est que c'est une réponse
29:40qui demeure très fragmentée,
29:43surtout dans les réponses commerciales.
29:46C'est très souvent réactif,
29:48c'est notamment
29:48ce qui s'est passé sur l'acier,
29:49on est sommé à réagir
29:51quand le secteur
29:52est en très,
29:52très grande difficulté.
29:55et les instruments,
29:57surtout,
29:57ils sont très mal calibrés
29:59face à une menace systémique,
30:00c'est-à-dire que souvent,
30:01il y a des enquêtes,
30:01ça dure deux ans,
30:02c'est sur un bien particulier
30:04et en fait,
30:05si vous n'avez pas fait
30:06l'enquête
30:07sur le bien d'à côté
30:08ou sur un produit
30:09en amont
30:09en aval,
30:10il se passerait.
30:11Donc en fait,
30:12évidemment,
30:13ce genre d'approche,
30:14ça ne permet pas
30:14de faire face
30:16à une menace macro,
30:17qui touche
30:18au niveau
30:19des pans entiers
30:20de l'industrie européenne.
30:22C'est pour ça que dans ce rapport,
30:24et ça a été assez commenté,
30:26nous,
30:27ce qu'on propose,
30:28c'est de changer
30:29le logiciel européen
30:31face à cette menace systémique.
30:33Et il y a un point
30:34qui semble très important,
30:35c'est qu'on ne va pas
30:35pouvoir compenser,
30:36en tout cas,
30:37ça ne nous semble pas crédible,
30:39excusez-moi,
30:40je suis au slide 17,
30:41j'ai changé de slide,
30:42on ne va pas pouvoir compenser
30:44à court terme
30:46par des gains de productivité,
30:48par de l'innovation,
30:49par de la simplification,
30:51par des réformes
30:52de la protection parasociale,
30:53par ce que vous voulez,
30:54des écarts de coût
30:55de 30 à 40 %,
30:56ce n'est pas possible,
30:57on ne peut pas compenser
30:58ça à court terme,
30:58ça ne veut pas dire
30:59qu'on ne va pas pouvoir
31:00innover à moyen et à long terme,
31:02mais moyen et à long terme,
31:03le problème,
31:03c'est qu'il faut survivre
31:05toute cette période.
31:07Et donc,
31:08il y a deux grandes options
31:09d'un point de vue macro,
31:12et de nouveau,
31:13quand je parle
31:13de ces options,
31:14il faut avoir en tête
31:15qu'on ne parle pas
31:15d'un secteur,
31:16on ne parle pas
31:16du panneau solaire,
31:17on parle de 70 %
31:19de la production allemande.
31:20Donc,
31:21soit vous pouvez mettre
31:21un droit de loi général,
31:23nous on proposait 30 %,
31:25ça a été pas mal commenté
31:27dans la presse,
31:28on nous a comparé
31:29à Trump et tout,
31:30mais voir que 30 %,
31:31c'est une barrière basse.
31:36Les Américains,
31:37par exemple,
31:37sur l'automobile,
31:38ils ont plus de 130 %,
31:40et juste un point,
31:41parce que l'Europe,
31:44par exemple,
31:45qui a fait face
31:46à la concurrence japonaise
31:47dans les années 70 et 80,
31:49à l'époque,
31:50il y avait des quotas.
31:52De mémoire,
31:53par exemple,
31:53les voitures japonaises,
31:54elles ne pouvaient pas
31:55représenter plus de 3 %
31:56du marché français.
31:59Donc ça,
31:59on a un peu oublié,
32:00mais les quotas,
32:01c'est beaucoup plus dur
32:02que des barrières tarifaires.
32:04Et à l'époque,
32:05on n'a pas hésité,
32:06et tous les pays européens,
32:08y compris l'Allemagne,
32:09ont pris des quotas
32:11sur les voitures japonaises.
32:13Et c'est ce qui explique aussi
32:14qu'on parle souvent
32:16de l'usine en France
32:18de Toyota,
32:19mais il n'y a pas eu
32:20de percée japonaise
32:22en termes de production
32:23en Europe
32:23comme il y a eu
32:24aux États-Unis,
32:24qu'il n'y a pas eu
32:25la même politique
32:26aussi dure,
32:28entre guillemets.
32:28Je fais ce petit paragraphe.
32:30Donc nous,
32:30on proposait
32:31de mettre sur
32:31un droit de douane général,
32:33et c'est une proposition
32:35qui a été en partie reprise
32:37par le président de la République
32:38au printemps,
32:39qui a proposé
32:40une variante,
32:41ce qu'il appelait
32:43une section 301
32:44à l'européenne.
32:45L'idée,
32:45c'est que vous mettez
32:46des droits de douane
32:47sur des secteurs entiers.
32:49Donc on n'est plus
32:50qu'une arrivée
32:51sur les biens,
32:52comme c'est le cas
32:52au niveau européen maintenant,
32:54vous mettez
32:55des droits de douane
32:56sur des secteurs entiers.
32:58On se rapproche
32:59progressivement
32:59de droits de douane
33:01un peu généraux.
33:05Et donc,
33:05ce qui est intéressant,
33:06c'est que dans le document
33:08publié par la coalition allemande
33:09en juillet,
33:10ils ont repris l'idée
33:11d'avoir un instrument
33:13de nature systémique.
33:14Et donc là aussi,
33:15c'est quelque chose
33:15qui est relativement inédit
33:16au niveau européen.
33:17Il y a un an,
33:18ça aurait été inimaginable
33:19de proposer ça.
33:20Et vous avez la proposition
33:22franco-ellemande
33:23qui a été publiée
33:24cette semaine,
33:25on pourra en discuter
33:26à la fin.
33:27Là, l'idée,
33:28c'est de proposer
33:29un nouvel instrument
33:30pour restreindre
33:31l'accès au marché européen.
33:32Et il y a aussi
33:33cette dimension sectorielle.
33:35Donc on passerait
33:35d'une approche,
33:36bien une approche sectorielle,
33:38on pourra discuter
33:39un peu de la mise
33:40en application
33:40tout à l'heure
33:41si ça vous intéresse.
33:42Donc ça,
33:43c'est la première approche.
33:44Et l'autre approche
33:44qu'on proposait
33:45dans le rapport,
33:45et c'est un tout petit peu
33:47équivalent
33:48d'un point de vue macro.
33:50C'est une dépréciation
33:51très forte de l'euro,
33:53de 20 à 30 %.
33:55En vérité,
33:56il faudrait beaucoup plus,
33:57mais pour que ça passe,
33:58on a fait une échelle basse.
34:00Et là aussi,
34:01ce qu'on préconisait,
34:03c'est de s'inspirer
34:03de ce qui avait été fait
34:04lors des accords
34:05du Platza.
34:06En 1985,
34:07il y avait...
34:08Les États-Unis
34:09avaient un peu forcé
34:10la main au Japon
34:11pour avoir
34:12une réévaluation
34:12du Yelp.
34:13C'était les États-Unis,
34:14de l'Allemagne,
34:15et la réforcée
34:16de l'Allemagne.
34:19Et ce qui est intéressant,
34:20c'est que,
34:21en fait,
34:22depuis lors,
34:23il y a,
34:23en fait,
34:23c'est quelque chose
34:24qui a été repris,
34:25notamment par le chancelier
34:26Merz,
34:27qui a plusieurs reprises
34:29à parler du fait
34:30que le yuan
34:31est sous-évalué
34:32de 20 à 30 %
34:33et qui a lui-même
34:34évoqué
34:35de façon prudente
34:36l'idée
34:36du précédent
34:39de l'accord
34:39du Platza.
34:40Si vous regardez
34:41le document franco-allemand
34:43publié
34:44en début de semaine,
34:45ils font aussi référence,
34:46pas directement
34:47à l'accord du Platza,
34:48mais à cette question
34:49du change.
34:52Je vais passer
34:53sur ma dernière slide
34:56pour venir à la discussion.
35:00ce qui nous semble,
35:01en tout cas,
35:02quoi qu'il arrive,
35:02très, très important
35:03et un peu le préalable,
35:05c'est d'arriver
35:06à construire
35:06un rapport de force.
35:08Donc là,
35:08je sors complètement
35:09de l'approche statistique,
35:11mais ce n'est pas grave.
35:13Je m'en excuse.
35:18Je ne remplis pas
35:21le cahier des charges.
35:24C'est ce qui nous semble
35:27indispensable,
35:27en fait,
35:28c'est de construire
35:29un rapport de force
35:30crédible.
35:31Et en fait,
35:31ce rapport de force,
35:32il peut reposer
35:34sur ce qui est
35:35un de nos atouts
35:35principaux,
35:36c'est notre marché intérieur.
35:38Donc aujourd'hui,
35:38en Chine,
35:39il y a une surproduction
35:40massive et ils ont
35:42de plus en plus besoin
35:43de ces marchés
35:44à l'export.
35:45Et en fait,
35:45quand vous regardez
35:45les grands marchés
35:46à l'exportation,
35:47pour vous donner
35:47que les États-Unis
35:48sont en grande partie
35:49fermés,
35:50le marché le plus solvable
35:52aujourd'hui,
35:52ça reste l'Europe.
35:53Donc, il faudrait
35:54y avoir un rapport
35:54de force qui est fondé
35:56sur l'accès
35:56à notre marché intérieur.
35:57Et ça, c'est fondamental,
35:59y compris quand on parle
36:00de transfert de technologies.
36:02Parce que, en fait,
36:04personne ne transfère
36:04volontairement
36:05des technologies.
36:06Donc, si vous voulez
36:07forcer les Chinois
36:09à transférer
36:10des technologies,
36:11à un moment,
36:12il faut avoir
36:12une menace,
36:13une menace crédible
36:15pour...
36:16Enfin, il faut le pistoler
36:17sur la tempe,
36:17sinon personne ne transfère
36:18de technologies.
36:20Donc, il faut évidemment
36:21préparer ce rapport
36:22de force.
36:23Et puis, juste deux mots
36:25pour terminer.
36:27évidemment, là,
36:28j'ai parlé beaucoup
36:28de protection,
36:30mais c'est qu'un des aspects.
36:32Je pense que la stratégie
36:33européenne,
36:34elle doit reposer
36:35sur deux jambes.
36:35Évidemment,
36:37la protection,
36:38parce que sinon,
36:38on va se faire balayer.
36:40Et puis, parallèlement,
36:41il faut un agenda
36:43d'investissement,
36:44de compétitivité,
36:45en gros,
36:46le rapport de rallye.
36:47Mais le rapport de rallye,
36:48ça ne suffit pas.
36:48On se fera balayer.
36:49Et la protection toute seule,
36:53ça ne suffira pas non plus.
36:54Il faut investir.
36:55Donc, il faut véritablement
36:56les deux jambes.
36:57Et un dernier mot,
36:58et ça, ça me semble
36:59en fait le plus important,
37:00c'est que le coût
37:01de l'ajustement,
37:03en fait,
37:03il ne va faire qu'augmenter.
37:05Parce qu'au fur et à mesure,
37:06on ne réagit pas.
37:07En fait,
37:07on va être de plus en plus
37:09dépendant des importations
37:11chinoises.
37:11Et nos chaînes de valeur
37:13vont être de plus en plus
37:14dépendantes
37:16de produits chinois.
37:18Donc, d'ores et déjà,
37:19on nous dit,
37:20ah oui,
37:20mais ce n'est pas possible
37:20de réagir
37:21parce qu'on est déjà
37:22très intégrés.
37:23Les chaînes de valeur
37:24sont déjà très intégrées.
37:25Mais plus on attend,
37:27plus ça va être le cas.
37:30Et là,
37:31c'est vraiment
37:31mon dernier mot.
37:32C'est juste,
37:34on a beaucoup parlé
37:35ces derniers mois
37:36de la destruction créatrice.
37:39Il y a encore
37:39beaucoup d'économistes.
37:41Il y a un prix Nobel,
37:42deux prix Nobel
37:44français récents
37:46qui parlent,
37:47qui en font un peu
37:48leur fonds de commerce,
37:49si je peux me permettre,
37:50Jean Tirol,
37:51à republier
37:52le livre sur le sujet.
37:54Évidemment,
37:55Philippe Aguilou.
37:57Cette destruction créatrice,
38:00elle est évidemment,
38:01on l'observe,
38:02aux États-Unis.
38:03Quand vous regardez
38:04les États-Unis,
38:05rien que depuis 50 ans,
38:07on voit des grands secteurs
38:09d'activité qui apparaissent.
38:10Quand vous regardez
38:11les grandes boîtes américaines,
38:13d'une décennie à l'autre,
38:14ce n'est pas les mêmes.
38:15En Europe,
38:17et en particulier
38:18en Allemagne,
38:19ce n'est pas du tout
38:20la même chose.
38:21Vous regardez
38:21le tissu productif allemand
38:23depuis les années 50,
38:24vous regardez
38:25les grands secteurs
38:25à l'exportation
38:26depuis les années 50,
38:28vous regardez
38:28les grandes boîtes allemandes
38:29depuis les années 50,
38:31ce sont les mêmes.
38:32La machine outil,
38:34l'automobile,
38:35la pharmacie,
38:36la chimie.
38:37Or, aujourd'hui,
38:38ce sont tous ces secteurs
38:40qui sont en très,
38:41très grand danger.
38:43Donc, quand on vous dit
38:44que ce n'est pas grave,
38:46il y a de ces secteurs
38:47qui vont disparaître,
38:48ce n'est pas grave,
38:49c'est du mid-tech,
38:51mais il y aura
38:52de nouveaux secteurs
38:53qui vont émerger,
38:55je ne sais pas
38:55si c'est vrai
38:56que de nouveaux secteurs
38:57vont émerger.
38:57La seule chose
38:58qu'on peut faire,
38:58c'est que depuis 70 ans,
39:00ça n'a pas été le cas.
39:01On n'a aucun secteur
39:03qui n'a émergé
39:04depuis 50 ans.
39:05Ça ne veut pas dire
39:05qu'il n'y a pas
39:06des pépites
39:06comme aujourd'hui
39:07à Mistral.
39:08Ça ne veut pas dire
39:08qu'on n'a pas
39:09des très belles boîtes
39:10dans le secteur de la tech,
39:11évidemment,
39:12le secteur bancaire.
39:14Le luxe,
39:14mais ce n'est pas
39:16un secteur,
39:17disons,
39:18de la tech.
39:23Donc, là aussi,
39:24je pense que
39:26cette conférence chinoise,
39:28elle est d'autant
39:29plus importante
39:29que l'année en Europe.
39:31C'est-à-dire
39:31qu'aux États-Unis,
39:33il y a évidemment
39:33une question
39:34de désindustrialisation
39:35et de réindustrialisation,
39:37mais elle est
39:37beaucoup moins forte
39:39parce qu'ils ont
39:40cette vitalité
39:41du tissu productif
39:42parce qu'ils ont
39:43la tech.
39:44Nous,
39:44on n'a pas ça.
39:45Et donc,
39:45de nouveau,
39:46si on perd
39:47ces secteurs
39:48comme l'automobile,
39:4814 millions de personnes,
39:50la chimie,
39:50la pharmacie,
39:51c'est tout ce qui a fait
39:51notre richesse
39:52depuis 70 ans
39:53et qu'on n'a rien
39:54à mettre à la place,
39:56rien de la même dimension,
39:58étant donné en plus
39:59que tous les secteurs
39:59de la tech
40:00dont on parle,
40:00en général,
40:01c'est des secteurs
40:01où les Chinois
40:02ou les Américains
40:03sont en avance sur nous.
40:04Donc,
40:05ils investissent aussi
40:0710 fois plus,
40:08pour être optimiste.
40:10Donc,
40:10c'est juste pour dire
40:11que ce discours
40:12sur la destruction créatrice,
40:13il est très dangereux.
40:14Les économistes
40:15portent ce discours
40:16depuis très longtemps,
40:18mais on a vu
40:19ce qui s'est passé
40:20depuis les années 70.
40:21On vous l'expliquait
40:22dans les années 70,
40:23ce n'est pas grave,
40:24on va perdre
40:24l'industrie lourde,
40:25il y a de nouvelles industries
40:26qui vont émerger
40:27et dans les années 90,
40:29on a vu la même chose
40:30dans les années 2000,
40:31on va perdre l'industrie,
40:32ce n'est pas grave,
40:33on aura les certes.
40:33On a toujours
40:34ce type de discours
40:35qu'on a regardé juste
40:37en pratique
40:38les secteurs d'activité,
40:39de nouveau,
40:40on n'est pas dans le cadre
40:41de l'économie américaine
40:42ni l'économie coréenne
40:44ou d'autres.
40:45Voilà.
40:45Désolé,
40:45je crois que j'ai beaucoup
40:47dépassé le temps.