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00:00Alors ce soir, nous recevons un intervenant qui est un professionnel de l'assurance et des risques naturels.
00:21Donc Charles Dumartinet.
00:24Donc Charles Dumartinet, je vais vous présenter son parcours et ensuite il va intervenir sur les sujets de modélisation des risques naturels et de l'intervention de la CCR.
00:42Alors j'ai bien en tête que la plupart d'entre vous n'êtes peut-être pas très familiers du fonctionnement, mais justement Charles Dumartinet pourra nous expliquer un peu comment trouve sa architecture, cette intervention de la CCR.
00:58Alors pour vous présenter Charles Dumartinet, il est diplômé d'une maîtrise de droit de l'université de Paris X, qui a l'air d'un master de l'INSEC Paris, de l'université de Berkeley et d'un MBA de l'ENAS, l'école nationale d'assurance.
01:16Il a commencé son parcours professionnel à la direction de l'indemnisation de Covea, l'un des plus grands groupes d'assurance en France, où il a développé des solutions d'investissement sinistre et des systèmes d'anticipation de l'événement climatique.
01:27Dans ce groupe d'assurance, il a aussi travaillé au sein de la direction des sessions de l'éassurance, notamment sur la modélisation des risques majeurs, et aussi dans la direction d'actuariat non-vie, où il a développé le programme de maîtrise des risques pour l'ensemble du groupe.
01:43Ceci aussi en lien avec la tarification, la souscription et la modélisation de l'impact du changement climatique et des actions innovantes de prévention.
01:52On retrouve là des thèmes que Charles va aborder dans sa présentation.
01:58Charles Dumartinet a rejoint la CCR, la Caisse Centrale de Réassurance, en 2024, au poste de directeur actuarial et modélisation, qui est la fonction qu'il a aujourd'hui, et c'est à ce titre qu'il intervient.
02:10Et par ailleurs, précisons que Charles Dumartinet a été pendant 13 ans administrateur et membre du bureau à la Mission des Risques Naturels de France Assureurs, qui est la Fédération des Assureurs en France.
02:23Voilà, donc je vais lui passer la parole. Il y a une intervention de l'ordre de 30 à 40 minutes, et ensuite on aura comme d'usage une séance de questions-réponses avec les auditeurs dans la salle ou les auditeurs à distance.
02:39Bonsoir, merci Jair pour cette introduction. Bonsoir à tous et toutes. Je suis très content d'être parmi vous ce soir pour parler dans un cadre assez original, qui me forme du bureau, sur un métier qui est passionnant, qui est la maîtrise du risque.
02:53Peut-être deux mots sur la Caisse Centrale de Réassurance. La CCR, c'est le réassureur de l'État. Vous êtes assuré, et votre assuré est bien assuré par les réassureurs publics, CCR, et par les réassureurs privés.
03:06Voilà. Donc la CCR, c'est une vieille dame qui a été créée après-hier, qui a fêté ses 80 ans. La particularité de la CCR, c'est d'intervenir sur tout ce qui est inassurable.
03:19Lorsque le marché privé est autonome, suffisant, eh bien on laisse faire les préassurances et les réassureurs privés.
03:25Il y a alors qu'il y a un risque systémique, que le marché risque de faire défaut. Dans ce cas, la Caisse Centrale de Réassurance bénéficie à une garantie illimité de l'État
03:34pour absorber des chocs que les fonds proches de CCR ne pouvaient pas absorber, il y a une toute autre acteur du marché.
03:42Donc on a une activité un peu centrale qui est autour des catastrophes naturelles, c'est notre pratique historique.
03:48Mais ça ne s'arrête pas en fait au 4NAT. La CCR travaille également sur le risque nucléaire.
03:54Donc on réassure EDF, Areva. Et puis on intervient également sur le risque théoriste, avec Gariat.
04:02C'est un fonds, une place en fait, que nous gérons et que nous tarifons.
04:07Et puis notre mission, dès lors que les risques ne sont plus maîtrisés, ça sert à l'occasion d'intervenir sur de nouveaux risques.
04:15Les risques émergents.
04:16Là, on travaille actuellement sur le risque des émeutes. On a connu des émeutes en 2005-2023, on a elle.
04:22La Nouvelle-Calédonie, les donnes sont également sujets aux émeutes.
04:26Et ce qu'on constate, c'est qu'il y a des retraits d'assureurs ou des risques de retrait
04:29qui risquent de rendre inassurables certains de nos territoires.
04:34Donc notre métier, c'est de modéliser un risque, de tarifer, de poser une garantie publique de réassurance
04:41pour inciter ou obliger, en fonction des acteurs, à rester présents et à jouer leur job.
04:48Et puis nous, au final, être certains d'apporter une garantie, même en cas de défaut de la plupart des acteurs du marché.
04:58Donc c'est le rôle de CCR, donc un pilier réassurance.
05:00Et un pilier conseil, c'est qu'on a développé, je vous parlais un peu de mon métier,
05:04on a développé des expertises assez uniques sur le marché,
05:07que l'État français, en fait, nous demande, nous sollicite, pour être un éclairage technique.
05:16Je prends différents exemples.
05:19Lorsque nous avons des projets de loi qui touchent à nos métiers,
05:22la sécheresse ou le retrait au fond dans les argiles,
05:25les équipés, en fait, sont très sollicités par les administrés
05:29pour, effectivement, trouver des meilleures solutions pour couvrir ce risque.
05:34Et enfin, on a, effectivement, des projets de loi qui risquent de mettre en péril
05:37le régime à trop couvrir, finalement, on aurait effectivement un déséquilibre
05:43et donc le régime ne serait plus pérenne.
05:46Autre sujet, on va intervenir sur les projets d'allègement au territoire.
05:50Donc là, c'est pareil.
05:51Savoir si on met des bassins de rétention en place, si on investit sur des digues,
05:55eh bien, tout cela fait partie de nos travaux.
05:58On fait tourner nos modèles, on réalise des études techniques
06:01pour montrer, finalement, que si on fait un bassin de rétention,
06:05si on diminue, on contient de 70 cm la scène,
06:09eh bien, on va économiser X milliards d'euros sur une crue de 40 années 70.
06:15On intervient vraiment en sachant technique pour le compte de l'état et de la collectivité.
06:21Aujourd'hui, le régime CCR est quasi unique dans le monde.
06:25L'Espagne a mis en place un régime, c'est Gouraud,
06:29qui est un peu différent parce que, pour le coup, il est vraiment public.
06:32Nous, en France, on est sur un partenariat public-privé.
06:36Il n'y a pas d'obligation de se réassurer chez CCR.
06:40Chacun peut, effectivement, se réassurer
06:41ou intervenir en tant que réassureur privé.
06:44Naturellement, la garantie de l'État fait qu'on va apporter plus de sécurité aux acteurs du marché.
06:49Donc, on a une part de marché de 98% aujourd'hui en France.
06:54Voilà. Donc, le système, il est effectivement... Il est solide.
06:58On est là. On a fait une seule fois appel à la garantie d'État.
07:01C'est en 99.
07:0499. Et on a remonté à l'État près de 8 milliards de dividendes
07:08depuis la création de CCR.
07:10En tout cas, il y a des régimes capitales en 82.
07:12C'est un système qui est marge, qui est résilient,
07:15qui doit aujourd'hui être adapté.
07:16On le sait, les risques ne cessent d'augmenter en intensité en fréquence.
07:21Donc, ça, c'est vraiment notre défi aujourd'hui.
07:23C'est toujours de rester sur les fondamentaux techniques.
07:27Un, de traiter sur l'ADA.
07:28Quand il n'y a pas d'ADA, il ne peut pas y avoir d'assurance.
07:31On joue au considérable de l'ADA, il est quand même présent.
07:35Il y a une traite côte, un risque très spécifique.
07:38Mais globalement, tout est rassurable.
07:39C'est une question de prime et c'est une question de mutualisation.
07:44Alors, la prime, elle est importante.
07:48Au départ du régime en 82, la prime d'assurance,
07:52donc le régime capital, est financé par 6% de votre prime,
07:55mutualisation et 6% de la prime auto.
07:57Et puis, on a vu que c'était plus suffisant.
08:00Donc, on est passé à 12 pendant 15 ans.
08:03Et puis, le régime commençait à être très déséquilibré.
08:06C'est ça et puis, dans ses fonds propres, pour les dix dernières années.
08:10Et là, on est passé, en fait, à 20% pour financer ce régime.
08:15Donc, il y a l'équilibre technique des assureurs, mais également la CCR.
08:19Et puis, il y a une mutualisation du risque.
08:21C'est ce dont je vais vous parler ce soir.
08:23Pour que l'assurance fonctionne, il faut que chacun prenne sa part de risque.
08:28Nous, le contre-exemple absolu, c'est ce qui se passe actuellement aux Etats-Unis,
08:31en Floride, en Californie,
08:33où cyclone après cyclone, feu de forêt après feu de forêt,
08:37le retrait d'un acteur, puis d'un seconde, on amène un troisième.
08:40Et au final, quand les acteurs se désengagent des zones
08:44qui ne sont pas intéressantes financièrement,
08:48la charge du mauvais risque va toujours peser de plus en plus sur ce qui reste.
08:52Et au final, quand un assureur, un congéosèque qui est très déséquilibré,
08:57il finit par se retirer de son territoire.
09:00Et on arrive à la solution d'inassurabilité.
09:02Aujourd'hui, on n'en est pas là du tout.
09:05On a été missionnés il y a un an et demi par deux ministres,
09:09Christophe Béchut et Bruno Le Maire,
09:12pour mobiliser notre expertise et apporter un regard un peu objectif
09:16sur où on est-on en matière d'inassurabilité en France
09:19et mettre en place un observatoire qui est un pilotage
09:22où on va attendre aujourd'hui que chaque assureur
09:26prenne sa part de risque dans les zones les plus exposées.
09:30Voilà.
09:30Donc c'est ce que je voulais un peu vous raconter là dans les prochaines minutes.
09:35Écoute, j'ai cru comprendre qu'effectivement,
09:38on parle de statistiques en fait dans vos réunions.
09:42Pendant très longtemps, les assureurs ont travaillé sur l'approche
09:46qui était actuarielle, c'est-à-dire vraiment uniquement
09:49balanée sur la statistique.
09:51Nous, on a un métier en fait qui est très géographique.
09:54une crue, un cyclone, des habitations, bref,
10:00tout ça s'inscrit dans un territoire.
10:02Et quand j'ai commencé en fait il y a 20 ans chez Covea,
10:05on avait une vision qui était évidemment actuarielle,
10:07ce qui fait que cette matière assurable,
10:11ces données nouvelles, qui sont données géographiques,
10:15n'étaient pas en fait appréhendées par les acteurs d'assurance.
10:18Parce qu'on n'avait pas les compétences,
10:20on n'avait pas les logiciels pour le faire.
10:22Et puis on a entamé une vraie révolution.
10:24C'est qu'on n'ait pas assez une culture actuarielle,
10:25une culture mixte, une culture statistique,
10:28mais également géographique.
10:31Et ce que je vais finalement vous raconter ce soir,
10:33aujourd'hui, c'est réapproprier pour les 20 dernières années
10:36notre métier en intégrant en marge de l'assurance
10:40et de la réassurance de nouvelles compétences
10:41pour effectivement avoir une vision approfondie du risque.
10:46Alors dans nos équipes, j'ai des acteurs naturellement,
10:49j'ai des statisticiens, j'ai des climatologues, des météorologues,
10:52des géomaticiens.
10:54Les géomaticiens, ce sont des gens qui font des cartes,
10:57bonjour, avec des systèmes d'information géographique.
11:01Bref, j'ai beaucoup de profils
11:02qui permettent d'avoir en fait de multiples compétences.
11:07Et plus on a de compétences, plus on a de données,
11:09plus on va enrichir un modèle
11:11et essayer d'avoir une vision la plus précise possible.
11:14Si vous avez des questions, vous pouvez m'interrompre,
11:17n'hésitez surtout pas.
11:19Peut-être de l'eau sur ce qu'est la modélisation.
11:23Je vais les mis à jour sur mon modélateur.
11:27Je vais simplement vous donner une définition
11:29de qu'est-ce qu'un modèle 4.
11:31Un modèle 4, c'est un système informatique
11:33qui est là pour estimer des impacts financiers
11:36de catastrophe naturelle.
11:38en catastrophe naturelle.
11:41Mais également, on se rappelle main-main.
11:43Quand on a un attentat,
11:44quand on a une attaque nucléaire, par exemple,
11:49tout ça, c'est de la main de l'homme.
11:50La nature n'a pas toujours d'un époux.
11:53Et le modèle, en fait, a pour vocation
11:56de faire des estimations
12:00à partir du modèle déterministe et stochastique.
12:05Alors, le modèle, il est en fait curieux.
12:07On a un premier type de modèle.
12:09Ce sont des modèles d'aléas, de zonniers.
12:13Je veux un exemple, celui-ci d'inondation.
12:15J'ai un modèle lumineux de terrain.
12:17C'est une carte de graphie en 3D
12:18avec une très fine résolution à 1 m.
12:22Et je vais prendre la nature du sol.
12:25Je vais prendre le lit du fleuve.
12:27Et je vais, par des meules hydrologiques,
12:30prendre des précipitations
12:32pour faire monter les eaux
12:33pour simuler, par exemple, les crues de la Seine.
12:35Donc ça, c'est un zonnier d'aléas.
12:39On peut s'amuser avec des modèles atmosphériques,
12:42à simuler des orages de grêle
12:44et à estimer, par exemple,
12:46des chutes de grêle,
12:47donc des tailles de grêlon
12:49sur un secteur donné.
12:53On a un second type de modèle.
12:54Il va s'appuyer sur le modèle détailniste.
12:56C'est une modèle...
12:57qui va s'appuyer sur le zonnier,
12:59qui est le modèle détailniste.
13:01Le modèle détailniste,
13:02c'est que vous prenez une boîte,
13:04un modèle,
13:05vous allez y mettre un input,
13:07ce sont des vitesses de l'eau,
13:08ce sont des hauteurs d'eau,
13:09peu importe,
13:11et on va en fait sortir
13:12une estimation de qu'est-ce que va coûter cette alléa.
13:16Donc ça peut être en nombre de l'eau sinistre
13:18ou en charge financière.
13:20Si demain, on a eu cru de la Seine
13:21et des hauteurs d'eau équivalent à 2010,
13:25eh bien...
13:261910.
13:281910.
13:281910.
13:33Eh bien, on va dire,
13:34effectivement, par rapport aux enjeux exposés,
13:36par rapport à la population actuelle,
13:37à tout ce qu'on a pu construire
13:38depuis plus d'un siècle,
13:41eh bien, on va s'attendre
13:42à 400 000 dossiers
13:44et ça coûtera
13:4525, 30, 40 milliards d'euros
13:48en intégrant les dommages
13:50physiques
13:51et pas à l'exploitation.
13:53Donc le modèle d'état ministre
13:54va vous donner en fait
13:55la photo
13:56des conséquences
13:57de l'événement naturel.
14:00Et puis on a enfin
14:00un dernier titre de modèle
14:01qui est très intéressant,
14:02c'est le modèle stochastique,
14:04la partie probabiliste.
14:06Quelle est la probabilité
14:08chaque année
14:09d'avoir une crue d'Asena ?
14:10Chaque année,
14:11on fait retourner les compteurs
14:12et la crue de 1910,
14:14on l'appelle crue centenales,
14:16ce serait bien être
14:1750 ou 200 mals
14:18par rapport à nos estimations.
14:21Donc là, pour ce faire,
14:22on va simuler
14:23des dizaines de milliers
14:24d'événements possibles.
14:26Chaque événement
14:27va être qualifié
14:28par l'œil d'état ministre
14:29et avoir une distribution
14:31des pertes possibles.
14:33Et on va effectivement
14:34prendre une période de retour
14:35en disant,
14:36ben voilà,
14:36si j'ai 22 milliards d'euros,
14:38quelle est la probabilité
14:39de survenance
14:40de cet événement ?
14:42Donc notre métier
14:43pour essayer
14:43de quantifier le risque,
14:45c'est de développer
14:46des modèles,
14:47travailler la donnée,
14:49mettre autour de la table
14:50diverses compétences,
14:52actuarielles,
14:53ingénieurs,
14:54climatologues,
14:55météorologues,
14:55et puis d'améliorer
14:57le modèle.
14:59Alors ces modèles,
15:01on va les travailler
15:02sur le périmètre 4 NAT.
15:04Donc ces serres
15:04interviennent
15:05sur sécheresse,
15:08l'ion de l'ation,
15:09le cyclone
15:10et le tremblement de terre,
15:11principalement.
15:13Il y a des périls
15:14comme la tempête,
15:15la grêle,
15:16qui aujourd'hui
15:16sont assurables
15:17par les compagnies d'assurance
15:18et par les réassureurs.
15:20Par contre,
15:21si elles ne sont plus
15:22à terme,
15:24si on observe
15:24des retraits,
15:25dans ce cas,
15:26la grêle,
15:26par exemple,
15:26a vocation
15:27à intégrer
15:28l'origine 4 NAT.
15:29C'est une carence de marché.
15:31Ça commence à être le cas.
15:33On a eu
15:33de très grosses grêles
15:34en 2022
15:35qui ont coûté
15:355 milliards d'euros
15:36au marché.
15:38Et on voit
15:38qu'aujourd'hui,
15:39sur les contrats auto
15:40au tiers,
15:42on n'a quasiment
15:43plus de garantie grêle.
15:44Si vous voulez
15:44être garantie grêle
15:46en auto,
15:47on prend un contrat
15:48tout récit.
15:50Voilà.
15:51Donc on voit déjà
15:52qu'on a quand même
15:53certains retraits assurants.
15:54Donc nous,
15:55on va modéliser la grêle
15:56pour le jour
15:57où l'État nous dit
15:58« Écoute,
15:58là, on a un problème.
15:59Sans nous,
16:00un schéma de réassurance publique,
16:02on puisse être prêt. »
16:03C'est ce qui s'est passé
16:04en émeute.
16:05L'émeute,
16:06on a sorti
16:07de contenir
16:07avec Éloi Vieffon
16:08qui m'a dit
16:08et on a sorti
16:10un modèle
16:11au moment
16:12de la Nouvelle-Calédonie.
16:14C'est un modèle
16:14qui intègre
16:17les populations,
16:18qui intègre
16:18les enjeux.
16:20On va travailler
16:20sur les habitations,
16:21les autos,
16:22les collectivités.
16:23Malheureusement,
16:23les biens publics
16:24sont une cible prioritaire
16:25pour les émeutiers.
16:28Et puis également,
16:29certains commerces
16:30sont en pro-pillage.
16:32Il y a des différences
16:32notables
16:33entre ce qui se passe
16:33au Nouvelle-Calédonie
16:34et ce qui se passe
16:35aux métropoles.
16:37Donc notre modèle
16:37était prêt
16:38et là,
16:38on travaille sur une couverture
16:39de réassurance publique.
16:41L'idée,
16:41c'est l'assureur
16:42qui ne veut plus couvrir
16:43le risque d'émeute
16:43qu'il y soit contraint
16:45mais que la contrepartie
16:47soit une couverture publique
16:48offerte par ses serres
16:49et par l'État.
16:52Donc ces modèles,
16:53les modèles de feu de forêt,
16:54on utilise les tempêtes,
16:55la grêle,
16:56les tsunamis,
16:57le terrorisme,
16:59la conflagration,
16:59la rupture de barrages
17:00ou les émeutes,
17:03de ce que je veux dire
17:03effectivement d'émeute.
17:05Donc les risques
17:05sont plurielles
17:06et contre-travail
17:07d'un léa à l'autre
17:09on va faire appel
17:10en fait
17:10à différentes compétences.
17:12On va avoir
17:12des hydrologues,
17:14des sismologues.
17:16Alors naturellement,
17:17on n'a pas du tout
17:17les mêmes données,
17:19les mêmes approches
17:19à une granularité
17:20des modèles.
17:21À chaque fois,
17:22on fait du sur-mesure.
17:26Comment fonctionne
17:26un modèle 4 ?
17:27On a dans un modèle
17:28différents modules.
17:30Le premier module,
17:31c'est l'aléa.
17:31Si je dois sortir
17:33un modèle
17:33sur l'inondation,
17:35eh bien,
17:36il faut d'abord
17:37que je puisse estimer
17:38où se situe
17:39la zone inondable.
17:41Là, on voit
17:41que derrière nous,
17:42on a des quais de Seine.
17:44Donc la Seine
17:45est quand même
17:45relativement bien
17:46dandillée.
17:47Il faut qu'on attaille
17:48à un certain niveau
17:49pour que ça commence
17:50effectivement à déborder.
17:52Sauf qu'en amont,
17:54on a depuis 1910
17:55installé 5 bassins
17:56de rétention
17:57qui ont un effet.
17:59On peut contenir
17:591m10
18:00par rapport
18:01à la crue de la Seine
18:02si on compare
18:03effectivement
18:04ce qui est arrivé
18:05il y a plus d'un siècle.
18:07On dirait 1m12,
18:08c'est pas grand chose.
18:09En fait,
18:09ça fait vraiment
18:09la différence
18:10parce que l'eau
18:11va se propager
18:11et on a pu effectivement
18:13mesurer
18:14qu'on peut utiliser
18:14aujourd'hui 30%
18:16de ce qui aurait été
18:17payé à l'époque
18:18à un modèle identique.
18:21Donc c'est quand même
18:21important.
18:22L'aménagement du territoire
18:23fait partie
18:24du modèle.
18:25Donc une fois qu'on sait
18:27ce qui va être endommagé,
18:29où est-ce que ça va déborder,
18:31on va intégrer
18:32donc tous les biens.
18:33Tous les biens,
18:34c'est de la géo-localisation.
18:35Vous habitez
18:36à un immeuble à Paris,
18:37vous avez une boutique,
18:38une usine,
18:38peu importe.
18:40On sait exactement
18:41où est-ce que vous êtes situé,
18:43quelles sont les valeurs assurées
18:44de votre bien.
18:47On peut même
18:47effectivement intégrer
18:48les flux auto réels
18:50via Google Drive
18:51sur les flux automobiles,
18:52pas sur les crulents
18:54parce qu'on a le temps
18:55effectivement de gérer trafic
18:56et qu'on a donné
18:58des biens de Cédenol,
18:59les voitures se font
19:00régulièrement embarquer.
19:01Donc ça est partie
19:01de la charge.
19:03Et puis une fois
19:04qu'on a donc tous les enjeux
19:05qu'on sait
19:05ce qui va effectivement
19:06être dans l'eau,
19:07qu'on a les hauteurs d'eau
19:08de le cas
19:09de chacun des biens,
19:10on a un troisième
19:11type de module,
19:12c'est le module
19:12d'endommagement.
19:15On a des fonctions
19:16d'endommagement.
19:17Je vais prendre le vent,
19:18c'est comme les trois
19:19petits cochons,
19:19excusez-moi
19:19de l'analogie.
19:23Quand on a
19:24120 km heure
19:25sur un qu'on a construit
19:26en paille,
19:26en bois ou en briques,
19:28les dommages
19:28ne sont pas les mêmes.
19:30C'est pareil
19:30pour tous les aléas,
19:31c'est que les normes
19:32de construction en France
19:33sont intégrées
19:34dans le modèle.
19:35Je prends un autre exemple,
19:36la sécheresse,
19:37le retrait et confinement
19:38de l'argile.
19:40Quand le sol bouge,
19:41les maisons fissurent.
19:43Et toutes les maisons
19:44ne sont pas en fait
19:45ce même pied d'égalité.
19:47Si vous avez une maison
19:48en meillière
19:48qui a plus d'un siècle,
19:49qui a deux étages
19:50et qui est en forme
19:52de carré,
19:53il y a peu de chance
19:54pour que vous ayez
19:55un dommage.
19:55Pourquoi ?
19:56Parce que les matériaux
19:57sont nobles.
19:59Du fait qu'il y ait
20:00plusieurs étages,
20:00ça pèse sur les fondations.
20:02Le sol à vous bouger,
20:04ça ne fissurera pas
20:05ou très peu.
20:06Si vous avez en revanche
20:07une maison qui est phénix,
20:08type années 70,
20:09des plampiers,
20:11des matériaux très légers,
20:12construits dans des zones
20:13argileuses,
20:15sans précocement l'usage,
20:16c'est-à-dire
20:16sans confortement,
20:17les fondations,
20:18là, la fréquence
20:19de la sinistralité
20:20va être très importante.
20:22Donc, le travail
20:22d'un modélisateur,
20:23c'est non seulement
20:25de connaître l'aléa,
20:26savoir ce qu'on assure,
20:28mais savoir
20:28qu'est-ce qui compose
20:30cette matière assurable
20:31en allant à intégrer
20:33jusqu'à ce moment
20:33de construction.
20:35Autres raisons
20:35que l'on date,
20:36et là,
20:36je diversifie les aléas,
20:38on a eu un site
20:38au lieu d'un an
20:39à Mayotte,
20:39Chido,
20:40et on a cru
20:42de l'affaire
20:42à l'époque,
20:43vous savez que Mayotte
20:44est départementalisé
20:45depuis l'an 14,
20:47l'État a beaucoup investi
20:48et on a construit
20:49des superbes bâtiments,
20:50des aéroports,
20:51des préfectures,
20:52des SDIS,
20:54avec les normes
20:54de construction actuelles.
20:56Le risque principal
20:58à Mayotte,
20:59ce n'est pas le cyclone,
21:00c'est le risque
21:00de séisme.
21:02Donc on a voulu
21:03éviter de construire
21:04en béton,
21:05pour éviter que
21:06les couches de béton
21:07ne s'effondrent
21:07lors d'un séisme,
21:08donc on a construit
21:09en mode extrêmement léger,
21:10pour qu'en cas de séisme,
21:12le bâtiment puisse tomber
21:14et limiter effectivement
21:15les pertes humaines.
21:17Simplement,
21:18ça n'avait pas du tout
21:18été pensé pour atteindre
21:19le risque cyclonique,
21:21ce qui fait que
21:21tous les bâtiments
21:22qui avaient moins de 10 ans
21:22sont littéralement
21:24envolés,
21:25dans notre passage
21:26du cyclone.
21:27Donc quand on construit
21:28un modèle cyclone,
21:30on doit effectivement
21:30savoir que la norme
21:31de construction à Mayotte
21:32n'est pas celle
21:33qui avait été retenue
21:34en face à la réunion.
21:36C'est aussi notre métier.
21:38Et puis une fois
21:39que nous avons construit
21:41le modèle,
21:42naturellement,
21:43c'est pour sortir
21:43des estimations.
21:45Et là,
21:45on a un certain nombre
21:46d'indicateurs
21:47que je vais vous donner.
21:51Donc on a,
21:53hop ça,
21:54ce qu'on appelle
21:54les AEP,
21:56il y a
21:56Aggregate
21:57Exceedance Probability.
21:59C'est chaque année,
21:59en fait,
22:00quelle est la probabilité
22:01d'avoir effectivement
22:02ce type de perte.
22:02Donc ce sont
22:03des périodes de retour
22:04annuelles.
22:06Dans une année,
22:07on peut avoir
22:07plusieurs événements.
22:09Et là,
22:09on est à fait
22:09sur un OEP,
22:10c'est un
22:11Occurrence
22:11Exceedance Probability.
22:13Donc c'est par exemple,
22:14j'ai deux cyclones,
22:16j'en ai un
22:17qui a une période
22:18de retour de 20 ans,
22:19l'autre qui a une période
22:20de retour de 80 ans.
22:21annuelle,
22:23on peut avoir une période
22:23de retour de 20 ans
22:24quand on prend
22:25les pertes totales
22:25de l'année.
22:28On a ce qu'on appelle
22:28également les AEL,
22:30les pertes annuelles.
22:32En moyenne,
22:33en sécheresse en France,
22:34au cours des 10 dernières années,
22:38la sécheresse nous coûte
22:391 milliard d'euros
22:39CCR.
22:41Donc avant la réassurance,
22:42nous on en retient
22:43environ la moitié.
22:45Donc là,
22:45on a eu une année
22:46de 24 extrêmement plueuse.
22:49Donc il n'y a quasiment
22:50pas eu de sécheresse,
22:51pas eu d'arrêter
22:514 heures de sécheresse.
22:53Cette année,
22:53ce serait plus important.
22:54Puis on a eu
22:54de 2018
22:56à 2020
22:57et 2022,
22:58des pertes
22:59annuellement
23:00autour des 3,5 milliards
23:01en 2022.
23:02Donc la perte annuelle
23:04est également
23:05un indicateur
23:06qui est issu
23:06de la modélisation.
23:08Donc les périodes de retour,
23:10j'en ai parlé.
23:11Et puis on a effectivement
23:12ensuite
23:13tout ce qui est net
23:13de réassurance.
23:15Je prenais l'exemple
23:16du milliard d'euros
23:17de sécheresse.
23:18C'est ce que ça
23:19avait coûté au marché.
23:21On a,
23:21je sais,
23:22en fait deux mécanismes.
23:23On a le code part.
23:24Le code part,
23:25c'est si à la surmise
23:26voilà,
23:26moi j'ai un 6
23:27à 100 millions d'euros,
23:29on va déjà
23:29lui en prendre la moitié.
23:31En échange
23:31de la prise de 20%
23:33qu'on a perçue
23:34dans le cadre
23:35du régime 4 mat.
23:37Et puis il y a
23:37le stop loss.
23:38Le stop loss,
23:39c'est que sur les 5 %
23:40qui restent,
23:42on va mettre
23:42des mécanismes
23:43qui vont nous permettre
23:44de prendre en charge
23:46un certain niveau
23:48de perte
23:49équivalent à la prise
23:51prenant en caissée.
23:52C'est la protection
23:53qu'apporte CCR
23:55dans le cadre du régime,
23:56mais également
23:57sur un mécanisme
23:58de stop loss
23:58que peuvent
23:59et qui vont faire
24:00d'autres réassures.
24:04Voilà pour l'analysation.
24:06Il y a effectivement
24:07des garanties
24:08en assurance
24:09faciles à travailler,
24:10le prix de vitre,
24:12le dégât des eaux.
24:14Là,
24:14on a péteur de data
24:15et c'est facile.
24:18Exactement.
24:19Sur des noms majeurs
24:20qui concernent CCR,
24:22on a beaucoup
24:22d'immondations.
24:23Là,
24:24une grosse matière,
24:25chaque année,
24:25on a en moyenne
24:265 à 6 éléments,
24:28des mineurs,
24:29des moyens,
24:29parfois des majeurs.
24:31La dernière cru importante,
24:32c'est 2016.
24:33Et avant,
24:34sur Paris,
24:342016.
24:35Ah, 2016.
24:36Et puis,
24:37il faut monter
24:37effectivement à 1910.
24:39Parfois,
24:40la donnée
24:40nous fait des flouettes.
24:43Et puis,
24:43effectivement,
24:44sur certains périls,
24:46on n'a pas de données.
24:48Très peu.
24:49Je prends l'exemple
24:50des émeutes.
24:51Les émeutes,
24:52il faut déjà
24:53être bien distingué,
24:54mouvement populaire
24:55des émeutes.
24:57Mouvement populaire
24:58sur tout ce qui est
24:58gilets jaunes,
24:59volets rouges,
25:01ce type de mouvements sociaux
25:03qui ne sont pas
25:05très sinistres,
25:06j'ai le savoir.
25:08Et d'accase
25:08sur l'échangéliser,
25:09malheureusement,
25:10mais la France
25:11ne sera pas affleurée à ça.
25:13Ce qui fait que
25:14des épisodes
25:16comme ce qu'on a connu
25:17en 2023
25:18ou la Nouvelle Académie,
25:20on n'a quasiment pas
25:20des démoires.
25:21On a eu
25:22mai 68,
25:24on a monté quand même
25:25assez loin
25:25et encore,
25:26ce n'était pas non plus
25:27un moment extraordinaire,
25:29on a eu 2005
25:30à l'époque,
25:32plutôt cantonné
25:32à Saint-Saint-Denis
25:33et on a eu
25:35donc 2023.
25:37Moi,
25:37j'avais fait en fait
25:38un modèle
25:38à la sortie du Covid.
25:40À l'époque,
25:41j'étais chez le Covea
25:41et la direction générale
25:42m'avait demandé
25:42mais on a eu
25:44les attentats,
25:46on a eu les gilets jaunes
25:47dans la pandémie,
25:48c'est quoi le prochain péril ?
25:50Et spontanément,
25:51j'avais pensé en fait
25:52au risque des meutes.
25:54Ce que l'on constate,
25:55c'est que quand il y a
25:56un choc important,
25:58je pense au cyclone
25:59Shido,
26:00pas,
26:01Irma en 2017
26:02à Saint-Martin-Saint-Barthes,
26:04il y a tout de suite
26:05en fait
26:05ce qui entraîne
26:07un choc,
26:08c'est le risque des meutes,
26:10pillage,
26:11tension,
26:12peur dans les populations.
26:12Et en fait,
26:14ça ne va pas manquer.
26:15Et on s'est plié à l'époque,
26:18si effectivement
26:19on a un 2005,
26:21les réactions sont
26:22un peu plus rapides
26:23en cas de nouvel événement.
26:24Pourquoi ?
26:25Parce que un,
26:25la tension sociale
26:26est bien plus forte
26:27qu'en 2005
26:27et deuxièmement,
26:29les réseaux sociaux
26:30aujourd'hui
26:31sont une caisse de résonance
26:33et une sorte de mimétisme
26:34et une coordination
26:36des émotifs
26:36qui vient en fait
26:39faire ta juste
26:40sur tout un territoire.
26:42Et en,
26:43comme vous le savez,
26:44fin mai,
26:45début juin,
26:46non,
26:46fin juin,
26:47début juillet 2023,
26:49lorsque,
26:51effectivement,
26:52Nel
26:52a été abattu,
26:56c'est parti tout de suite
26:56en fait.
26:57La formation s'est propagée,
26:59c'est parti de l'enterre,
27:01la région parisienne
27:01a été touchée,
27:02les grandes villes,
27:03Lyon, Vénition,
27:03etc.
27:04Et en 24 heures,
27:05la France entière
27:06a été conservée.
27:08Alors ça,
27:09c'est,
27:09pour revenir sur la question,
27:10on a très peu de données.
27:12Donc,
27:12qu'est-ce qu'on va faire ?
27:12C'est qu'on va s'appuyer
27:14sur les luttes
27:15socio-économiques,
27:16économiques,
27:17démographiques,
27:18et on va poser
27:19des hypothèses.
27:22Quand on travaille
27:23sur les émeutes
27:23en Nouvelle-Calédonie,
27:25on sait que l'État
27:26va dépêcher,
27:27effectivement,
27:27des forces
27:28en maintien de l'ordre.
27:29C'est peu en faux.
27:3010 jours
27:31pour commencer
27:32ce que les dispositifs
27:32soient un peu renforcés.
27:34C'est-à-dire qu'on a
27:3410 jours de battement
27:35où on ne va pas pouvoir
27:37stopper des émeutes.
27:39Nouvelle-Calédonie,
27:39c'est un peu particulier.
27:40Les canaques
27:42veulent pousser
27:43les caldoches
27:44à la mer
27:44pour revenir
27:45majoritaire
27:46sur le corps
27:46à l'électorat
27:46qui a été gelé.
27:48Et eux,
27:49on peut étudier
27:49de tabouer.
27:50C'est qu'ils ont
27:51incendié des biens
27:52qui n'étaient pas
27:53incendiés
27:54en métropole.
27:55celui qui est fleuriste
27:56à Paris.
27:57Il y a peu de chance
27:57pour qu'en 2023,
27:58votre bien soit pillé
28:00et incendié.
28:01C'était le cas
28:01de l'Écadonie.
28:03Vous avez un niveau
28:05d'intensité
28:05qui est bien plus grave
28:06parce que c'est
28:08plus politique
28:09et plus un procès
28:10de décalisation.
28:12Donc,
28:13on va poser des hypothèses
28:14en en bas.
28:14Moi,
28:15mon modèle,
28:16si je suis en métropole,
28:18dans les DOM
28:19ou en l'Écadonie,
28:20j'aurai effectivement
28:21des délais
28:22de force d'invention.
28:23j'ai des politiques
28:24de maintien de l'ordre
28:24qui ne sont pas les mêmes.
28:26On a revu,
28:27en fait,
28:28après 2005,
28:29les politiques
28:29de maintien de l'ordre
28:30en s'inspirant
28:30de ce qu'ont fait
28:31les Anglais.
28:32Les Anglais,
28:32en fait,
28:32réagissent maintenant
28:33très vite
28:33et c'est ce qu'on a fait
28:34en 2023
28:35et ça a apporté ses fruits.
28:37Il y a une corrélation
28:38entre l'augmentation
28:39des interpellations
28:40et la diminution
28:43des incendies de voiture.
28:45Donc,
28:46plus l'État est réactif,
28:47plus réagit,
28:48plus on rétablit
28:49le maintien de l'ordre.
28:50Ça,
28:50c'est très important
28:51parce qu'en 2005,
28:53on voulait ne pas faire de vagues.
28:55Donc,
28:55on a laissé,
28:55en fait,
28:56pendant 4-5 semaines
28:57à feu doux,
28:59laissé ces éveux
29:00dans une sainte de nuit.
29:01La fréquence était faible
29:03mais la durée était longue.
29:05Et quand on crée un modèle,
29:07on se dit
29:07OK,
29:07le 2005,
29:08ça ne marche pas plus.
29:10Par contre,
29:10si on part sur la durée de 2005,
29:12si on part sur l'intensité
29:13qu'on peut observer
29:16sur d'autres événements,
29:19j'avais pris Amsterdam,
29:21Oslo,
29:22Malmö,
29:23Londres,
29:24et j'ai pris des éveux
29:25de 92 dans Los Angeles
29:26où on sentait que potentiellement
29:29ça pouvait taper.
29:31Eh bien,
29:32on s'est très aperçu
29:32que le retour d'expérience
29:34de Naël,
29:35on avait raison sur l'intensité,
29:37on s'est planté sur la fréquence.
29:39Pardon,
29:40c'est inverse.
29:40On avait raison sur la fréquence,
29:42on s'est planté sur la durée.
29:43Parce que la politique
29:44du maintien de l'ordre
29:44a été plus efficace.
29:45On pensait que,
29:46on ne serait pas sur 4 semaines,
29:47mais sur 2 semaines,
29:49en fait,
29:49heureusement,
29:49ça a duré 4 jours.
29:51Par contre,
29:52le taux de destruction
29:53journalier
29:53a été extrêmement important.
29:57Et quand on imagine
29:58un modèle,
29:59on se dit,
29:59voilà,
30:00on arrive sur le niveau
30:00d'intensité,
30:02entre l'émeute
30:03et les guerres civiles,
30:05parfois,
30:05il n'y a qu'un pas.
30:06on peut se poser
30:07légitimement la question
30:08est-ce que le niveau
30:09économique est assurable ?
30:10Un petit personnel,
30:13je ne gâche pas CCR,
30:14mais clairement,
30:15on n'est pas sur les vôtres,
30:16on est sur autre chose.
30:18Par contre,
30:19on est assez convaincu
30:20qu'il y a un certain moment donné
30:22où,
30:23quand on atteint
30:24un niveau d'intensité
30:25de trop relevé,
30:25l'État va réagir
30:26de façon très ferme.
30:28Non seulement par
30:29une politique
30:29du maintien de l'ordre,
30:31mais par une politique
30:32de couvre-feu.
30:32et c'est ce qui va
30:35finalement
30:35caper la sinistralité.
30:38Et là,
30:38on a eu en fait
30:38une double approche
30:39qu'on estime
30:40que le sinistre
30:40est au maximum possible.
30:42Donc,
30:42elle est nôtre.
30:43C'est basé
30:43à partir de l'hypothèse toujours.
30:45Heureusement,
30:46ce n'est jamais arrivé.
30:48On s'est dit,
30:48ben voilà,
30:49on pose l'hypothèse,
30:50prenons 92
30:51à San Angeles.
30:53On va ramener
30:54en fait le PIB
30:54de la Californie
30:55détruit de l'époque
30:56au PIB
30:56de la France actuelle.
30:58On est en vie
30:59sur 3,5 milliards.
31:01Autre approche,
31:02c'est de se dire
31:02qu'on va prendre
31:03la durée de 2005
31:044 semaines
31:05en mettant
31:06l'intensité
31:06journalière
31:07de 2023.
31:09On est à 3,6 milliards.
31:11Donc,
31:12ce qu'on a été
31:13raconter à l'État,
31:14c'est de dire,
31:15ok,
31:16Naël,
31:16aujourd'hui,
31:17il n'a pas eu de retour,
31:18ça va être 5 ans.
31:19Parce qu'on a reconstruit
31:20des courbes
31:20de distribution
31:21probabilistes
31:23de perte totale.
31:25Par contre,
31:25au-delà
31:26des 3,5 milliards,
31:28soit on n'est plus
31:29sur quelque chose
31:29qui est assurable,
31:30soit l'État
31:31a pris sa responsabilité
31:32et en ce cas,
31:32on basute sur autre chose,
31:34mais on considère
31:35qu'on n'est plus
31:36dans le régime
31:37qu'on met en place.
31:39Ce sont des hypothèses
31:40étayées par
31:41des études,
31:43combien coûte
31:45une perte d'exploitation.
31:46j'ai mon supermarché
31:49qui est incendiés,
31:50parce qu'on a effectivement
31:51des fonctions
31:51d'endommagement.
31:53On a, par exemple,
31:54par code NAF,
31:55par code activité,
31:56si vous êtes buraliste,
31:58la probabilité
31:58pour que vous soyez
31:59pillés et incendiés
32:00est extrêmement forte,
32:01parce que ça va
32:02intéresser en premier
32:03les pilleurs.
32:04Idem si vous appelez
32:05la FNAC,
32:06vous risquez
32:06d'être incendié.
32:08Par contre,
32:08si vous appelez
32:09plombier
32:11ou une profession libérale,
32:14le risque est quand même
32:15beaucoup moins important
32:16parce que ça intéresse
32:17moins l'argent.
32:17Donc,
32:19chaque code NAF
32:21a sa fonction d'endommagement.
32:22On calcule également
32:23des pertes d'exploitation.
32:25J'ai mon commerce incendié,
32:27combien ça va coûter
32:27à l'assureur
32:28de m'anonymiser
32:29et de faire repartir
32:30l'activité ?
32:32Donc,
32:32il y a le dommage,
32:33les stocks,
32:35la réalisation
32:35des fonds de commerce,
32:37la perte d'exploitation
32:37et on met ça
32:40dans nos logiciels.
32:42Idem sur
32:43les politiques
32:44de maintien de l'ordre,
32:45sur les biens publics.
32:45Les biens publics,
32:46c'est un vrai problème.
32:47Vrai problème
32:48parce qu'on l'a vu
32:49en 2023,
32:51en Nouvelle-Caille-de-Venir,
32:52les mairies,
32:53les écoles
32:54sont les cibles privilégiées
32:55des émeutiers.
32:57Et ce que nous disent
32:57en fait
32:58les services de renseignement,
32:59la police,
32:59la gendarmerie,
33:01c'est qu'ils n'ont pas
33:01les moyens
33:02de protéger tous les biens.
33:04Donc,
33:04ils vont mettre
33:05en fait des patrouilles,
33:06des forces de l'ordre
33:06devant certains bâtiments
33:07et on sait
33:09qu'on aura effectivement
33:09un certain nombre
33:10de taux de perte
33:11sur des bâtiments
33:12qui ne pourront pas
33:13être sécurisés.
33:14Tout ça,
33:15on l'intègre
33:15tout ce que peut nous raconter
33:17la DGSI ou autre
33:18fait partie
33:19des hypothèses de l'ordre.
33:23Et je t'améliorerai
33:23sur l'assurabilité,
33:25c'est l'un des enjeux
33:26importants.
33:29Donc,
33:29je faisais référence
33:30à ce qui s'est passé
33:31aux Etats-Unis.
33:32Aujourd'hui,
33:33on a des craintes
33:35mais que je voulais,
33:36il fallait objectifier
33:37finalement
33:37la pénurie
33:38d'assurance en force.
33:41On a travaillé
33:42pendant 9 mois
33:43avec des assureurs,
33:43l'État,
33:44pour essayer de poser
33:45en fait des indicateurs
33:47et essayer de quantifier
33:49où sont les territoires
33:50assurables
33:51et qu'est le niveau
33:51de criticité.
33:53Je donne le résultat,
33:54le rapport sera publié
33:56la prochaine semaine
33:57à Bercy.
33:59Aujourd'hui,
34:00sur le risque
34:01de maison,
34:02qui est le principal risque
34:03parce que
34:04les maisons individuelles,
34:09c'est 50% des risques
34:10en utilisation
34:11de l'éducation,
34:12c'est 90%
34:13de la charge du sinistre.
34:15Pourquoi ?
34:15Parce que quand on est
34:15dans une maison,
34:16le toit est vulnérable,
34:18on n'est pas en hauteur,
34:20donc qu'on soit
34:20en sécheresse,
34:21en tempête
34:22ou en dénordation,
34:23c'est la maison qui prend.
34:24Et du coup,
34:25les assureurs,
34:25de plus en plus,
34:26quand vous allez en agence
34:27ou sur internet
34:28pour vous protéger
34:30et assurer votre invitation,
34:32vous donnez votre adresse,
34:33naturellement,
34:34le lieu de résidence
34:34et l'assureur va savoir
34:36que c'est une maison
34:38individuelle
34:39en tel quartier,
34:40en zone illondable
34:41ou pas en zone illondable
34:41et l'assureur commence
34:43à faire des refus
34:44de garantie.
34:47Et ça,
34:47ça se dévite
34:48de plus en plus.
34:50Simplement,
34:50c'est le phénomène américain
34:51où quand on a effectivement
34:53un tiers des acteurs
34:53qui commence
34:54à refuser maintenant
34:55d'assurer,
34:56c'est-à-dire que le poids
34:57de la sinistralité
34:58va reposer
34:59de plus en plus
35:00sur certains acteurs.
35:02Et là,
35:02on dit
35:03attention,
35:03stop.
35:03on va effectivement
35:05regarder aujourd'hui
35:06qui joue le jeu.
35:07Alors,
35:07c'est de façon
35:08très anonyme
35:08à ce jour,
35:09c'est l'engagement
35:10qu'on a eu
35:11auprès de France Assureur.
35:13Mais,
35:14il se prouve
35:15que tous les territoires
35:17aujourd'hui
35:17sont assurables
35:18mais que suivant
35:20les endroits
35:20où on habite,
35:21on a moins de choix
35:22d'assurance.
35:23Alors,
35:24c'est surtout valable
35:25dans les territoires
35:25d'outre-mer.
35:26En moyenne,
35:27on a 40 assureurs
35:29sur les communes
35:30de France métropolitaine.
35:31Si on est effectivement
35:34dans des zones
35:34qui ont été fortement
35:35sinistrées,
35:35le Nord-Pas-de-Calais,
35:36par exemple,
35:37qui ont été touchés
35:38par les crues
35:38en 2023-2024,
35:40il y a eu des retraits
35:41d'assurance massifs.
35:42Donc,
35:42on n'est pas à 40,
35:43on est passé à 30.
35:45Déjà,
35:45il y a 10 acteurs
35:46qui se sont retirés
35:46localement,
35:47ce qui est beaucoup.
35:50Structurellement,
35:50dans les territoires
35:51d'outre-mer,
35:52on a entre 15
35:53et 20 acteurs.
35:55Ce qui veut dire
35:55qu'on n'est pas
35:56à la merci,
35:57enfin,
35:57nous sommes à la merci
35:58justement des prochains
35:58événements,
35:59notamment les cyclones.
36:01de nouveau un Shido,
36:03de nouveau un Garance
36:04ou un Irma.
36:06Si on a
36:072-3 gros acteurs
36:09qui sont en plus
36:09détenus
36:10par les maisons-mères
36:10étrangères,
36:12eh bien,
36:13le retrait de ces acteurs
36:13ferait qu'on aurait
36:14pour le coup
36:15un vrai problème
36:15d'assurabilité
36:16parce que la charge
36:17serait tellement
36:18défavorable aux restants
36:19que les clés
36:21ou les techniques
36:22de l'assurance
36:22ne seraient plus grandes.
36:25L'action CCRS 1,
36:26c'est de mesurer,
36:27faire un rapport,
36:28prendre une photo
36:29chaque année,
36:30mettre la pression
36:31sur les acteurs
36:32via le gouvernement
36:33et puis,
36:35dans nos traités
36:35de réassurance,
36:37on revert chaque année
36:37ce qu'on appelle
36:38un commissionnement.
36:40La commission,
36:41c'est qu'on partage
36:41finalement les frais fixes
36:43supportés par l'assurant
36:44en cadre de son activité
36:44d'assurant.
36:46Et en fait,
36:47nous,
36:47on a conditionné
36:48ce commissionnement
36:49à l'effort
36:50d'assurabilité
36:51opéré par un acteur.
36:53Je suis l'assurance X,
36:55je me retire
36:56depuis quelques années
36:57des territoires
36:58dans une zone à risque.
36:59J'ai 7% de part de marché
37:00mais je n'ai que 3%
37:02dans une zone à risque.
37:03Je suis sous ma part de marché
37:04donc je ne joue pas
37:05le jeu d'assurabilité.
37:06Eh bien,
37:08à partir de l'an prochain,
37:09on va ne plus payer
37:11en fait cette prime,
37:13ce commissionnement
37:14aux assureurs
37:15qui ne joueraient plus le jeu.
37:17C'est un paramètre
37:18qui est nouveau,
37:19qui n'est pas
37:19complètement dissuasif
37:20mais si ça ne suffit pas,
37:22l'État ne s'interdit pas
37:24de faire du parafiscar
37:25en disant,
37:25vous êtes retiré
37:27des oignons-là,
37:28vous faites beaucoup
37:28de bénéfices.
37:29On impose un bon bénéfice
37:30si vous ne jouez pas
37:31le jeu d'assurance.
37:33C'est ce qui est en train
37:34de se mettre en place.
37:37On est un peu
37:37au début de l'histoire,
37:38pour l'instant,
37:39la carte n'est pas rouge,
37:41elle est plutôt verte,
37:42une verte orante,
37:43on a quelques points
37:44en jaune
37:45et on sent quand même
37:47qu'on a un durcissement
37:48qui va s'opérer
37:49si on ne fait rien.
37:52Tout cela est agréable
37:53à partir de tous les modèles
37:54et les données
37:55dont je vous ai parlé
37:56et cette accélération
37:58de changement climatique
37:58est prégnant.
38:00On a sorti une étude
38:01en 2023,
38:03quels que soient
38:03finalement les scénarios
38:05du GIEC,
38:05on a un climat
38:06à 2 ou 4 degrés
38:07à l'heure de 2050,
38:09il n'y a pas de différence,
38:11on a plus de 60%
38:12de sinistre en plus
38:14par rapport à 2020.
38:16Donc,
38:16ça va extrêmement vite.
38:17une sécheresse
38:18qui coûte aujourd'hui
38:19chaque année
38:20un milliard d'euros
38:20en moyenne
38:21peut coûter 250 millions d'euros
38:23au cours des 20 dernières années.
38:32Je vais finir
38:33sur l'assurabilité
38:34et la modélisation.
38:35D'accord.
38:36Donc,
38:37on peut entamer
38:37la séance de 4 heures et 10.
38:39sans besoin d'être
38:40d'accord.
38:41Donc,
38:41on arrête
38:42l'enregistrement,
38:43c'est ça ?
38:43Merci beaucoup.
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