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00:06D'abord merci d'être présent à ce café de la statistique et merci pour l'invitation
00:12Antoine, je suis ravie effectivement de partager avec vous un travail de recherche qui a maintenant
00:19une vingtaine d'années, parce que j'ai consacré ma thèse et mon invitation à la
00:23énergie de la recherche à ce sujet qui est les implications économiques des migrations.
00:28Juste pour situer les choses, je suis une macroéconomiste appliquée et comme choix de thème
00:33j'ai choisi de travailler sur les impacts économiques des migrations.
00:38Et ce que je vais partager avec vous ce soir, c'est on va partir un petit peu du contexte,
00:43ça veut dire les évolutions des flux sur une longue période, donc placer un petit peu
00:46la situation aujourd'hui par rapport au passé et aussi dans l'espace par rapport aux autres
00:51pays, notamment européens, et ensuite en fait rentrer dans le corps du sujet, c'est-à-dire
00:57effectivement vous présenter rapidement, j'ai vingt minutes, c'est ça ?
01:03Vingt minutes, une demi-heure.
01:04Comme ça on laisse plus de temps aux questions.
01:09Alors, pour commencer, ce que je vous présente là, comme je l'ai dit, la France est un pays
01:13d'immigration de longue date, comparé à d'autres pays européens, la France a toujours
01:18été un pays d'accueil.
01:19Que ce soit pour des personnes qui sont venues effectivement pour répondre aux besoins
01:24du marché du travail, surtout en fait dans la période en fait des Trente Glorieuses et
01:32de l'après-guerre, mais également la France a toujours été une terre d'accueil pour des
01:36personnes qui recherchaient aussi une protection internationale.
01:39Et ce que j'ai représenté dans ce premier graphique, pour que vous ayez un petit peu en
01:44tête un petit peu les flux migratoires, on va dire historiques en France, c'est l'évolution
01:52effectivement des flux sur cette période de 1947 jusqu'à 1996.
01:57Une période sur laquelle les données sont issues plutôt de ce qu'on appelait les visites
02:02médicales, donc c'était effectivement lorsque les étrangers arrivaient en France,
02:05ils avaient une visite médicale et le traitement de ces données-là, notamment par l'ancêtre
02:10des OFI, permettait en fait d'avoir ces séries.
02:14Quand on représente cette évolution du flux migratoire sur longue période et qu'on...
02:19Donc cette série s'arrête en 2004, date à laquelle il y a la dernière publication de
02:26ces annuières statistiques qui étaient publiées par l'ancêtre de l'OFI qui permettait en fait
02:31de mesurer les flux. Donc ça vous permet de situer un petit peu les flux récents.
02:38Les flux récents sont plutôt mesurés par l'INSEE. C'est les enquêtes du recensement
02:45de l'INSEE qui permettent en fait, grâce à une question qui est l'année d'arrivée
02:48en France et aussi le pays de résidence l'année précédente, qui leur permettent en fait
02:55d'avoir une estimation des flux d'entrée des immigrés. Et c'est une série qui est produite
02:59à partir de 2006. Pourquoi je vous représente cela ?
03:04Pour déjà, vous voyez bien que les flux récents sont... là les flux sont représentés
03:09pour 1000 habitants. C'est ça le graphique en fait qui est représenté sur longue période.
03:14Ça permet en fait de représenter les flux migratoires par rapport à la taille de la population.
03:19Ça vous permet en fait d'apprécier les flux sur la période récente.
03:28Il y a un sujet effectivement qui se pose, effectivement la question de la mesure des flux migratoires
03:33est un sujet important. Pourquoi les économistes s'y intéressent ? Parce que pour évaluer
03:36les implications économiques de ces flux migratoires, on a besoin de relativement bien les mesurer.
03:42Bien les mesurer, ça ne veut pas dire nécessairement les compter avec précision, les compter avec
03:47un certain intervalle de confiance nous suffit pour les économistes. Mais en revanche, ce qui est important,
03:52c'est de disposer de séries qui soient cohérentes dans le temps et comparables.
03:58Donc la construction des séries est un élément important pour pouvoir les mesurer.
04:04Ces estimations des flux concernant les visites médicales, c'était ça. C'était principalement
04:11les personnes qui sont en situation régulière, puisqu'au moment où ils sont régularisés,
04:14ils vont passer la visite médicale. Pour les estimations qui sont issues du ressourcement,
04:19ça couvre par définition tout le monde, sachant que bien sûr, on ne couvre pas très bien
04:24les personnes qui sont en situation irrégulière. Donc premier point, c'est que lorsqu'on regarde
04:28les flux dans la durée, on voit bien que les flux récents, certes, ils sont sur une tendance
04:32à la hausse. C'est le cas en France comme c'est le cas dans les autres pays. Mais ils
04:36sont
04:36relativement plus faibles qu'à ceux qu'a connus la France dans des périodes précédentes.
04:42En 2024, en fait, ce qu'on... Donc au 1er janvier 2024, les données vont être probablement
04:50actualisées par l'INSEE dans les mois à venir. On voit bien que ce soit lorsqu'on mesure
04:57les immigrations par le nombre de personnes immigrées, c'est-à-dire les personnes qui sont
05:01nées étrangères à l'étranger, ou qu'on regarde la part des personnes étrangères
05:09en France. On est sur des proportions en proportion de la population qui sont soit
05:14de l'ordre de 11% lorsqu'on prend l'ensemble des immigrés, soit c'est de l'ordre de
05:188,8%
05:19lorsqu'on prend simplement les étrangers. Donc la France, par rapport aux autres pays,
05:25a une population immigrée qui est relativement plus faible par rapport à la moyenne des pays
05:30de l'Européen, ou que ce soit par rapport à l'Allemagne, l'Espagne ou le Québec.
05:37Donc les flux migratoires couvrent à la fois l'immigration extra communautaire, donc
05:42les personnes qui ont besoin d'un titre de séjour pour s'installer, pour travailler
05:46dans le pays, et ça couvre également la libre circulation des Européens. Lorsqu'on
05:52regarde la migration extra communautaire, c'est-à-dire les personnes qui sont soumises
05:55à l'obligation de titre de séjour, le graphique qui est représenté ici représente
06:00ces flux pour la France et pour l'Allemagne. Vous voyez bien, dans le cadre de ce graphique,
06:06que les flux sont toujours en proportion de la population. Les flux, effectivement,
06:12sont relativement comparables entre les pays. Sur les dernières années, on a plutôt
06:17une forte hausse en Allemagne qui est principalement liée à l'accueil des personnes,
06:22effectivement, à la recherche d'une protection internationale, par rapport à la France
06:26qui est restée sur une dynamique qui est relativement comparable aux années précédentes
06:31lorsqu'on la rapporte en proportion de la population.
06:37La principale différence entre l'Allemagne et la France concerne que l'Allemagne accueille
06:42beaucoup plus de ressortissants de l'Union européenne, comme vous pouvez le voir sur le graphique
06:50qui représente la libre circulation. Donc l'Allemagne, elle est plutôt, effectivement,
06:55elle a quatre fois plus de ressortissants européens que la France. Elle accueille plus
06:59de demandeurs d'asile par rapport à la France. Mais lorsqu'on regarde pour l'immigration
07:03extra-communautaire dans le cadre du travail, études, famille ou humanitaire, on est sur
07:08des proportions qui sont comparables. La principale différence est que la France va accueillir
07:12beaucoup plus d'étudiants, alors que l'Allemagne va accueillir beaucoup plus de personnes
07:17à la recherche d'une protection internationale, donc dans le cadre humanitaire.
07:22Voilà le cadre global dans lequel s'inscrivent, effectivement, les travaux qu'on mène en économie
07:29sur les implications de l'immigration sur l'économie.
07:37Donc, depuis, en fait, depuis toujours, en fait, depuis le premier article que j'ai pu trouver
07:44concernant les implications économiques d'immigration en France, je crois qu'il date
07:49des années 30, et ça doit être, je ne sais pas si c'est, c'est peut-être la revue
07:54d'économie politique. Donc les craintes qui sont exprimées par rapport à l'immigration,
07:58on les retrouve, en fait, d'une époque à une autre. C'est principalement, d'abord,
08:02c'est lié à la question du marché du travail. C'était ça un petit peu traditionnellement
08:06les craintes qui étaient exprimées à l'arrivée, effectivement, des immigrés sur le marché
08:11du travail. Et donc, généralement, le raisonnement à taille donnée, on va considérer que lorsqu'on
08:17a des personnes qui vont venir, soit on s'attend à une augmentation du chômage, soit à une
08:23baisse des salaires. L'autre crainte, donc la question du marché du travail, ça s'est
08:29un petit peu desserré sur les dernières années. Lorsqu'on regarde les enquêtes européennes,
08:32on voit bien que la préoccupation des Européens, c'est devenu plus les questions des finances
08:37publiques que le marché du travail. Surtout que, voilà, depuis les années 90, les années
08:4280, les besoins sur le marché du travail, effectivement, sont perceptibles de la population.
08:47Et la question, effectivement, du besoin de la main-d'œuvre immigrée dans certains
08:54secteurs est plutôt, finalement, moins posée que dans les années précédentes.
09:02Sur les finances publiques, ce qui est intéressant lorsqu'on regarde l'enquête sociale européenne,
09:09que même pour les personnes qui sont favorables à l'accueil des émigrés venant des pays
09:13en développement, même chez ces personnes-là, une proportion importante exprime une crainte
09:20par rapport à l'impact de l'immigration sur les finances publiques. Donc la question
09:23des finances publiques, surtout dans des pays européens où la part de l'État social est
09:27de plus en plus importante, se pose de plus en plus sur les dernières années. Il y a
09:33également la question du niveau de vie. Si on part du principe, effectivement, que la
09:37taille d'économie est un gâteau à taille donnée, le fait qu'on augmente le nombre
09:40d'habitants, il peut se poser, effectivement, la part de gâteau de chacun pourrait diminuer.
09:45Donc ça, c'est un petit peu les trois questions qui s'opposent à l'échelle macroéconomique
09:50dans le débat. Et l'objectif, effectivement, de cette présentation, c'est de vous faire
09:55un petit peu un état des travaux de recherche sur le sujet en faisant référence aussi à
10:00des travaux que j'ai pu mener sur les 20 dernières années. Ça commence à dater.
10:06Donc le principal point, on peut analyser la question de la migration, le lien entre
10:12immigration et économie de plusieurs manières. Les travaux que je vais vous présenter sont
10:17principalement des travaux qui adoptent une approche macroéconomique, c'est-à-dire
10:20qu'on va considérer l'ensemble du pays dans son ensemble, et on va s'intéresser
10:24plus principalement aux interactions qui peuvent exister, à la fois entre les différents
10:27agents économiques et aussi à la fois entre les différents secteurs de l'économie.
10:33Et donc, les travaux reposent sur à la fois des analyses théoriques et empiriques,
10:38elles reposent aussi sur des données disponibles, soit des données administratives, notamment
10:43en ce qui concerne la mesure des flux migratoires, soit des données, effectivement, de comptabilité
10:49nationale que vous connaissez sûrement très bien, voire peut-être mieux que moi.
10:54Et le principal point, c'est comment on va arriver à identifier un lien causal entre
11:03l'immigration et l'économie. Comme vous le savez, l'économie, c'est quelque chose
11:06de très complexe. Ça dépend de plein de facteurs. Et l'enjeu, effectivement, du travail
11:13de recherche, c'est d'isoler, dans l'ensemble des facteurs qui sont susceptibles, effectivement,
11:18d'influencer la dynamique de l'économie, ce qu'on peut attribuer à l'immigration.
11:32Donc, j'ai fait référence à la fois à des travaux qui considèrent l'économie
11:36dans son ensemble, donc principalement des travaux qui ont été menés sur des données
11:40qui concernent, effectivement, un ensemble des pays dans la France. Et il y a des travaux
11:44plus spécifiques sur la France. On va commencer par l'effet sur le PIB, et plus précisément
11:51l'effet sur le PIB par tête. Lorsqu'on considère, effectivement, l'impact de l'immigration
11:56sur le PIB par tête, ce qui était intéressant, c'était d'isoler, en fait, assez rapidement
12:11un effet positif entre l'immigration et le PIB par tête. Ce qui allait un petit peu, pas
12:17nécessairement d'une manière naturelle contre même ce qu'on pouvait supposer si
12:22on croyait à un modèle dans lequel, effectivement, on avait un facteur de travail qui était homogène.
12:30Cet impact sur le PIB par tête est une mesure du niveau de vie moyen. Et ce qui était assez
12:38intéressant, c'était lorsqu'on regardait plus précisément l'effet de l'immigration
12:43dans son ensemble sur cet agrégat, en essayant, effectivement, d'isoler correctement cet effet.
12:51Ce qu'on constatait, c'est qu'on avait un effet positif. Cet effet positif, il s'explique...
12:58Pardon. Cet effet positif, d'abord, on le retrouve dans plusieurs pays. Ça veut dire que ce soit
13:03lorsque l'analyse est menée à l'échelle des données pour la France. Des collègues l'ont aussi
13:11établi pour le cas de la Norvège pour l'Allemagne. Et aussi, on le retrouve, en fait, lorsqu'on
13:16regarde des données plutôt sur un panel de pays. Et il repose principalement cet effet
13:25sur le fait, effectivement, il passe peut-être... Il passe par les effets qu'on peut détecter
13:32sur l'emploi total. Donc ça, c'est le premier résultat. Donc le premier résultat qui est agrégé,
13:42c'est qu'effectivement, à l'échelle globale, on a une augmentation de la production totale de l'économie
13:48qui est plus importante que l'augmentation de la population. Et le canal par lequel ça passe,
13:53c'est que lorsque les émigrés arrivent dans une économie, et ça, on le retrouve toujours dans une analyse agrégée,
13:59ce qu'on constate, c'est une augmentation de l'emploi total. Donc l'emploi total augmente.
14:06Et donc, on a d'abord une augmentation du taux d'emploi qu'on arrive à identifier,
14:12notamment, effectivement, dans l'analyse empirique, et qui s'explique d'un point de vue théorique
14:17par le fait que la relation entre les travailleurs n'est pas parfaitement substituable
14:24à l'échelle macroéconomique. Ça peut exister des relations de substitution
14:29à une échelle plus micro. Mais lorsque vous prenez le facteur travail dans son ensemble,
14:35et contrairement, en fait, à une analyse ex poste, c'est-à-dire lorsque vous arrivez
14:40dans les données de compte à NAT, vous arrivez à diviser les travailleurs
14:43selon différentes catégories, par sexe, par âge, ce qu'on veut. Mais cette addition
14:48qu'on opère en compte à NAT ex poste ne dit pas quelle est la relation qui peut exister
14:54entre les différentes catégories de travailleurs. Et donc, quand vous regardez l'équilibre
14:58économique, et ça ne concerne pas que l'immigration, c'est pour ça que ce résultat-là,
15:02il est assez intéressant quand on passe à l'échelle macroéconomique. Dès que vous
15:07divisez le facteur travail, que vous considérez des hommes et des femmes, vous considérez des
15:12jeunes ou des moins jeunes, la question théorique qui se pose, à l'échelle macro d'un
15:17pays, quelle est la relation que vous allez supposer entre les différents groupes de travailleurs.
15:23Et là, lorsqu'on suppose que c'est une addition, l'hypothèse implicite, elle est extrêmement
15:28forte d'un point de vue théorique. C'est la parfaite substiabilité. Ça veut dire
15:32qu'au moyenne, on remplace un facteur par un autre. Ce raisonnement-là, même théorique,
15:40il peut s'appliquer effectivement à une échelle micro, mais à l'échelle macro, c'est
15:47extrêmement, c'est une hypothèse qui est extrêmement forte. Et c'est pour ça que
15:52ce raisonnement-là, il ne s'applique pas que lorsqu'on regarde les travaux qui sont
15:56menés en fait sur le marché du travail, ces discussions-là théoriques sur la complémentarité
16:01entre les différents facteurs de travail, elles se sont posées lorsque les femmes sont
16:05arrivées sur le marché du travail, donc lorsqu'on distinguait les hommes et les femmes
16:09en fait dans le facteur de production agrégée, elles se sont posées également
16:15historiquement lorsque les jeunes étaient très nombreux à investir le marché du travail
16:21et se posent aujourd'hui avec l'augmentation du taux d'activité des seniors. Et ils se sont
16:28posés d'abord aux États-Unis lorsqu'ils ont commencé effectivement à distinguer les
16:36travailleurs selon les origines raciales. Lorsqu'on regarde la littérature théorique
16:40sur la complémentarité du facteur travail, c'était cela. Et donc ce résultat-là sur
16:46le PIB, finalement, lorsqu'on essaye de le comprendre théoriquement, il ne dépend pas
16:51d'une hypothèse extrêmement forte théoriquement, en fait on peut l'expliquer par la simple
16:55complémentarité entre les facteurs de travail. À cela s'ajoutent d'autres éléments
17:00qu'on peut documenter empiriquement. Une analyse qui a été menée par Dominique
17:08Gross, une économiste canadienne qui a travaillé effectivement sur les flux migratoires en France
17:14dans les années 50, 60 et 70 jusqu'à 90, donc la période un peu plus ancienne, elle,
17:20ce qu'elle retrouvait, c'est qu'elle retrouvait plutôt un effet positif de l'immigration
17:26familiale des personnes qui venaient des pays autres que les pays européens. Et elle
17:32n'arrivait pas à détecter ce même effet-là, donc un effet positif sur l'emploi et plutôt
17:37une baisse du chômage liée à l'arrivée de ces personnes-là, même dans les années
17:4280 où on avait plutôt des taux de chômage qui étaient élevés. Et cet effet-là qu'elle
17:47retrouvait pour une immigration familiale venant des pays en développement, elle ne le retrouvait
17:51pas nécessairement pour une migration européenne. Et elle l'explique aussi par le fait
17:55que cette immigration familiale venant des pays en développement présentait en fait
18:01une structure de qualification qui était plus complémentaire à celle des Français
18:05que la migration européenne. Les Européens commençaient effectivement à avoir des structures
18:11de qualification qui étaient plus proches des Français alors qu'on ne retrouvait pas
18:16effectivement, on retrouvait plus de complémentarité avec les personnes qui venaient effectivement
18:21des pays en développement. L'autre élément qui a été documenté sur cette complémentarité
18:26sur le marché du travail français, c'est aussi le travail qui a été mené sur les
18:30rapatriés d'Algérie. Les rapatriés d'Algérie, c'est quasiment un million de personnes qui
18:34sont arrivées sur le marché du travail, tous en âge de travailler, donc c'était un
18:38choc important sur le marché du travail. Mais ce sont des personnes qu'il fallait insérer,
18:43certes on était en une période de forte croissance, mais les métiers qui étaient présents
18:49dans l'économie française étaient principalement des métiers d'industrie, relativement faiblement
18:55qualifiés, et c'était des personnes plutôt qualifiées avec des métiers dans les services.
19:00Et donc à court terme, les rapatriés, c'était que à court terme, parce qu'il suffit après
19:05de bien s'insérer, il y a toujours des relations de complémentarité qui se mettent en marche.
19:13Là, c'était un travail, en fait c'était un article qui a été réalisé par Jennifer
19:17Hunt, qui est aussi une économiste canadienne qui a travaillé effectivement sur ces flux
19:22de rapatriés d'Algérie en France, et à ce qu'elle démontre effectivement que certes
19:26à court terme, il y avait un petit effet négatif, mais pas si important que ça en vue des masses
19:32des personnes qui sont arrivées, mais à échelle à moyen terme, finalement, elle ne trouve
19:38pas l'effet pour l'économie est neutre. Donc ces effets positifs qu'on capture à
19:48l'échelle vraiment très agrégée, donc du PIB par tête, s'expliquent principalement
19:53par cette complémentarité. Cette complémentarité, on peut la documenter à la fois par la structure
19:59de qualification qui n'est pas la même, entre les personnes qui arrivent sur le marché
20:03du travail, les immigrés qui arrivent sur le marché du travail, et les personnes
20:08qui sont déjà présentes sur le marché du travail, et aussi, ils n'ont même pas
20:12la même structure par âge. Donc même lorsque vous regardez, en fait, avec plus de précision,
20:16c'est pour ça qu'on a plusieurs arguments empiriques pour la complémentarité, la structure
20:21par âge des immigrés et des personnes qui sont présentes sur le marché du travail,
20:24elle n'est pas la même. Les immigrés ont toujours eu une structure par âge qui est
20:29beaucoup plus jeune. Et la différence, elle est encore plus marquée pour les années
20:33récentes. Puisque là, on va avoir plus de 80% des immigrés qui arrivent qui sont âgés
20:37de moins de 45 ans. Et donc, on est vraiment sur une structure par âge extrêmement active.
20:44Je parle bien des flux. Je ne parle pas du stock parce qu'on est dans un pays assez
20:47vieillissant avec aussi des immigrés qui ne sont plus vieillissants. Même si la structure
20:51de la population immigrée est un peu moins favorable, la structure du flux, elle est
20:57particulièrement favorable en matière de structure par âge. Et un autre canal qui est identifié
21:04dans la littérature et il passe par l'innovation et par la productivité. Ce qu'on oublie beaucoup
21:11dans le débat public, c'est que les flux migratoires des années récentes sont relativement plus qualifiés.
21:18Pourquoi ? Parce que depuis les années 90, dans tous les pays européens, retour un peu
21:24rapide dans l'histoire, les pays européens comme la France, on avait beaucoup recruté des
21:31travailleurs à l'étranger en période où on avait vraiment besoin des besoins sur le marché du travail
21:36qui étaient extrêmement importants. Et donc là, il y avait vraiment les entreprises accompagnées par
21:41l'État qui allaient chercher des travailleurs. Donc on recrutait des travailleurs étrangers pour
21:46les faire venir. Et donc on était dans une politique très active de recrutement à l'étranger
21:52des travailleurs. Et c'est ça qui explique le flux important de travailleurs que vous avez vu,
21:59en fait, qui est représenté dans le premier graphique. Peut-être que vous ne l'avez pas tous vu
22:02parce que vous n'avez pas tous les supports. Les années 70, de choc pétrolier, retournement
22:12conjoncturel, il n'y a plus aucune raison, que ce soit pour la France comme pour les autres pays,
22:16d'aller continuer à aller chercher des travailleurs. Donc on a commencé déjà à avoir une augmentation du chômage
22:22et ça s'est arrêté, en fait, le recrutement des travailleurs à l'étranger. Il restait des faibles flux
22:27de travailleurs, mais la plus grande partie qui était les recrutements à l'étranger se sont
22:32complètement arrêtés. Et ce qui s'est passé, c'est que les travailleurs étrangers recrutés en période,
22:39effectivement, de boum économique se sont établis dans les pays. Et les flux qui sont arrivés dans les années 90,
22:47en fait, on ne les voyait pas très bien sur le graphique parce qu'ils étaient encore très faibles.
22:51C'était le premier graphique, en fait, qui est représenté. C'était plutôt des personnes qui
22:55arrivaient dans le cadre familial et donc c'était les familles de ces travailleurs qui se sont établis
22:59en France. Donc on a un arrêt de l'immigration économique qui a été très clair avec le retournement
23:05conjoncturel. Dans les années 90, dans tous les pays européens, on a pris conscience que le nombre
23:12de diplômés qui arrivaient sur le marché du travail était insuffisant pour répondre aux besoins
23:18de l'économie de demain. C'est comme ça qu'on l'appelait dans les années 90 et qu'on
23:22avait besoin de plus de
23:24travailleurs qualifiés avec un niveau d'éduc supérieur. Et donc dans tous les pays, on a mis en place des
23:32politiques pour encourager une immigration de travail qualifiée. Donc en France, on a créé l'ancêtre du
23:38passeport talent dans lequel il y avait des... c'était censé être des cartes de séjour plus
23:45favorables pour attirer des scientifiques, des artistes, pour attirer des salariés à haute valeur
23:53ajoutée. Et dans le même moment, on a également pris conscience que le fait que des personnes soient
23:59formées à l'étranger, ça pose un problème sur la reconnaissance des qualifications dans le pays,
24:04puisqu'on ne sait pas ce que vaut un diplôme d'ingénieur effectivement dans un autre pays. Et donc
24:10parallèlement au développement de voies professionnelles ciblées sur des travailleurs
24:14qualifiés, on a également encouragé l'immigration des étudiants internationaux et notamment à des niveaux
24:21master. Et comme ça, c'est aux universités et aux écoles d'ingénieurs de faire entre guillemets le travail
24:27de vérification des compétences. Et c'est des personnes qui arriveraient sur les marchés du travail
24:32locaux avec un diplôme qui serait donné par un établissement d'enseignement supérieur du pays
24:40d'accueil. Et donc on a commencé, en France ça ne se voyait pas beaucoup, mais on a commencé à
24:45mettre
24:45en place effectivement des politiques encourageant l'immigration des travailleurs qualifiés, même si
24:53ça n'a pas pris exactement les mêmes proportions. Pourquoi je dis tout cela ? C'est que simplement pour
25:00vous expliquer, c'est que lorsqu'on regarde les données à partir des années 90, même si l'immigration
25:05de travail n'a pas beaucoup augmenté en France, on constate que d'une année à une autre, on avait
25:11quand même
25:11la part des personnes diplômées du supérieur qui arrivaient dans les flux était de plus en plus
25:15importante. Et même pour les personnes qui arrivaient dans le cadre familial ou dans le cadre
25:23humanitaire. Pourquoi ? Parce qu'au-delà de la politique d'immigration qui était plus sublée sur des
25:28personnes avec des niveaux d'éducation supérieure, dans le même temps il y a une tendance mondiale dans
25:33laquelle le niveau d'éducation a augmenté. Donc lorsqu'on regarde la part des personnes diplômées
25:41des supérieurs dans les flux, je parle bien des flux, migratoires, on constate que dans tous les pays
25:48européens, cette part est plus importante que celle qu'on observe dans la population en moyenne.
25:53Et ça s'est renforcé sur les dernières années. Lorsqu'on regarde le stock, l'ensemble de la
25:57population, il faut contrôler par la durée de résidence pour pouvoir l'observer. Et donc cette
26:02augmentation de la part des personnes diplômées des supérieurs nous permet d'identifier un autre
26:06canal qui expliquerait cet effet positif sur le PIB qui passe par l'innovation et la productivité.
26:14Et là on retrouve qu'il est plus présent dans des pays anglo-saxons qui ont vraiment une politique
26:20d'immigration de travail volontariste avec des flux importants d'immigrés qui arrivent dans le cadre
26:26du travail avec hautement diplômés, mais qu'on arrive aussi à observer dans des pays européens tels que
26:31la France et l'Allemagne qui n'ont pas nécessairement cette politique volontariste qui a tardé à arriver
26:36en matière d'immigration de travail.
26:42Donc l'effet sur le PIB n'est pas nécessairement, il y a vraiment un consensus au niveau des travaux
26:48des économistes sur cet impact positif qu'on arrive à mesurer sur le PIB.
26:53L'effet sur les finances publiques est plus difficile.
27:01Et je vais vous expliquer pourquoi, parce que là ça va vous intéresser, parce que l'effet sur les finances
27:04publiques
27:05c'est vraiment la question de la mesure en fait, qui intervient, qui ne permet pas à ce stade,
27:12on ne peut pas parler d'un consensus.
27:14Le consensus sur l'effet sur les finances, autant qu'il y a un consensus sur l'effet positif sur
27:20le PIB par tête,
27:21ça tous les travaux convergent, et il y a aujourd'hui, il n'y a plus de discussion.
27:25Il y a 10 ans c'était encore discuté, mais aujourd'hui il n'y a plus de discussion en
27:28fait dans la communauté.
27:31L'effet sur le marché du travail, il y a aussi une convergence.
27:34Sur les finances publiques, le consensus c'est que l'effet est faible.
27:40Et on va avoir effectivement des partisans d'un effet faible négatif, ou faible positif.
27:51Et là la discussion ne prend pas en compte les intervalles de confiance, ça va vous parler.
27:57Pourquoi alors, pourquoi il n'y a pas de consensus sur les faibles positifs et les faibles négatifs ?
28:04Donc l'effet sur les finances publiques, il peut être abordé, en fait la littérature se partage en deux catégories,
28:09si je schématise un peu rapidement, il y a des travaux qui s'inspirent plutôt du travail de la comptabilité.
28:19Donc comme dans la comptabilité nationale, on va essayer de distinguer dans les comptes
28:25les dépenses qu'on peut attribuer aux émigrés, des dépenses qu'on peut attribuer aux nationaux, ainsi que les recettes.
28:34Donc on va essayer vraiment d'une manière comptable.
28:36Ces comptes-là n'existent pas, parce que dans la comptabilité nationale,
28:41que ce soit les dépenses publiques telles qu'ils sont remontés à l'INSEE,
28:45ils ne distinguent pas les personnes ni par le sexe, ni par l'âge, ni selon leurs caractéristiques,
28:50c'est des données qui sont agrégées.
28:52Mais dans une tradition qui s'était installée, notamment ce qu'on appelle la comptabilité générationnelle,
28:57où on a déjà commencé à regarder ces données-là par structure par âge,
29:00pour construire effectivement des comptes générationnels,
29:03pour voir effectivement à chaque cycle de vie qui consomme plus de dépenses publiques que de recettes publiques.
29:13Donc il y a toute une littérature qui le faisait.
29:15Et dans le même esprit de cette littérature-là,
29:18il y a une comptabilité qui permet de distinguer les immigrés des nationaux.
29:29La distinction immigrés-nationaux, en fait, en plus, elle dépend des...
29:35En France, de toute façon, la notion d'immigrés, il n'y aura plus de notion d'immigrés,
29:38on va être comme les autres pays européens, on va avoir étrangers, nés à l'étranger,
29:42il n'y aura plus de sujet sur les définitions.
29:45Alors, dans cette littérature-là, on a des données agrégées, vous êtes d'accord ?
29:50Mais pour certaines données agrégées, notamment les dépenses,
29:53les dépenses d'éducation, les dépenses de santé,
29:55on a un ensemble de dépenses publiques qu'on peut ventiler
30:03selon les caractéristiques des personnes.
30:06Ce sont toutes les dépenses publiques individualisables.
30:09Je vois que madame est sceptique.
30:11Je vous l'accorde parce qu'on va utiliser les enquêtes,
30:15parce qu'on va utiliser...
30:16C'est pour ça que j'ai parlé tout à l'heure de l'intervalle de confiance.
30:19Parce qu'effectivement, elles n'existent pas.
30:20On ne va pas récupérer ces données-là, en fait, dans les administrations.
30:24Ça veut dire qu'on va prendre, effectivement, les agrégats
30:26et on va essayer de les...
30:28On va dire, on va les ventiler selon les caractéristiques des personnes,
30:31selon les enquêtes qui sont disponibles.
30:34Et dans les enquêtes disponibles, ça ne vous a pas échappé,
30:37que généralement, les 10% d'immigrés qu'on considère,
30:40ou les 11% des immigrés qu'on va considérer dans la population,
30:43généralement, effectivement, les enquêtes ne sont pas calibrées
30:46pour qu'elles correspondent exactement aux caractéristiques des personnes.
30:49Ça reste des dépenses individualisables
30:52qu'on peut répartir selon les personnes.
30:55Ce n'est pas les plus compliqués à répartir.
30:56Donc, tout ce qui est dépenses de protection sociale,
30:58ça ne pose aucun sujet, ça veut dire qu'on peut les repartir.
31:01Il y a un consensus sur la façon de les répartir comptablement
31:03selon les enquêtes.
31:05Les dépenses d'éducation, pareil.
31:08La difficulté concerne les dépenses publiques
31:11qui ne sont pas individualisables.
31:14Et donc là, on a deux catégories de dépenses,
31:16généralement, qu'on distingue.
31:18Les dépenses qui peuvent être congestionnées selon l'usage.
31:21La justice.
31:24Je ne sais pas, qu'est-ce que...
31:25La police.
31:26Donc, il y a un ensemble de dépenses.
31:28Plus les personnes sont nombreuses,
31:30et plus, effectivement, ils risquent d'avoir des effets d'engorgement.
31:33Et donc, celle-là, effectivement,
31:36l'hypothèse qui est retenue,
31:37c'est de les répartir selon les proportions dans la population.
31:40Et l'élément de divergence qui est resté,
31:43c'est comment on ventile les dépenses publiques pures.
31:49En dépenses publiques pures,
31:51c'est principalement les dépenses de la défense.
31:55Et maintenant, de plus en plus,
31:57et notamment pour les pays comme la France, l'Espagne et l'Italie,
32:00les intérêts de la dette.
32:03Donc, ça, c'est les plus gros blocs des dépenses
32:06qu'on appelle classe dans les dépenses publiques pures.
32:09Et il y a les services généraux.
32:12Et donc, ça,
32:14l'éventiler selon la part de la population
32:20fait qu'on part de l'hypothèse implicite
32:23qu'un immigré qui arrive,
32:24quelle que soit sa période d'arrivée,
32:26est responsable autant que le reste de la population
32:31de ces biens publics.
32:32Et du coup, il y a une discussion.
32:33Pourquoi je rentre dans ce détail-là ?
32:36Parce qu'en fait, l'impact, il est positif ou négatif
32:38selon le périmètre
32:40qu'on va retenir sur ces dépenses publiques.
32:43Donc, lorsqu'on prend les dépenses publiques
32:45de protection sociale que tout le monde a en tête,
32:47là, la balance, elle est très claire.
32:49En fait, il y a un travail qui a été fait par l'OCDE
32:52récemment, en moyenne,
32:53en faisant le calcul, en fait,
32:55sur une dizaine d'années,
32:56en faisant la moyenne pour tous les pays de l'OCDE,
32:58y compris de la France.
32:59Et là, sur les dépenses individualisables,
33:06les recettes couvrent la dépense,
33:09même en prenant le stock,
33:10même en ayant cette approche comptable.
33:12Lorsqu'on rajoute les dépenses
33:14qui peuvent être sujets à congestion,
33:18on est toujours dans un effet positif.
33:20On passe à un effet négatif
33:22lorsqu'on rajoute les dépenses publiques pures.
33:26Et là,
33:28on est sur des données comptables
33:29qui restent de la comptabilité,
33:32mais qui ne sont pas la comptabilité,
33:33donc on n'a pas les intervalles de confiance.
33:35Donc, en fait, c'est généralement très faible.
33:37Pourquoi ?
33:37Parce que les immigrés,
33:39ça reste une part de la population
33:41qui est faible dans les pays de l'OCDE.
33:44Et le curseur de positif-négatif
33:47va dépendre de l'hypothèse
33:51qu'on va retenir sur la ventilation des dépenses.
33:53Donc, quand la discussion est à l'échelle
33:55des travaux des recherches,
33:56il n'y a pas de sujet.
33:57Parce que, vous voyez bien,
33:57on discute selon les hypothèses.
34:00En revanche, effectivement,
34:01sur la question des finances publiques,
34:02vous allez aussi trouver
34:03une multitude d'études
34:05avec des calculs de cooptables,
34:06avec des hypothèses
34:07qui ne sont pas nécessairement discutées
34:08dans le monde des chercheurs.
34:10Alors, sur cela,
34:10je ne peux pas vous prononcer
34:11parce que je ne les connais pas.
34:12Je n'ai pas la liste exhaustive.
34:18Et voilà.
34:20Toujours sur la comptabilité.
34:22Après, il y a des travaux
34:23qui sont plus élaborés,
34:24qui vont considérer plutôt
34:25des hypothèses plus complexes.
34:27Mais là, on rentre sur des résultats
34:29qui vont dépendre, en fait,
34:31des hypothèses qu'on va retenir.
34:33Donc, nous, avec mes co-auteurs,
34:34ce qu'on avait choisi de faire
34:36pour analyser les faits
34:37sur les finances publiques,
34:39c'est qu'on avait dit,
34:40bon, il y a tous des travaux
34:41de macroéconomistes
34:42qui analysent les impacts
34:45en fait des politiques publiques,
34:47l'impact des politiques budgétaires,
34:49des politiques fiscales.
34:50Il y a des méthodes
34:50qui sont mises en œuvre.
34:52Nous, on va faire la même chose
34:53avec la migration.
34:54Donc, on a pris ces modèles-là,
34:56on a utilisé les données
34:57et on a regardé.
34:59Donc là, on est plutôt
35:00sur une analyse
35:01de l'impact économique.
35:03On n'est plus sur un impact comptable.
35:05Et on a pris des données
35:07sur 30 ans, sur 40 ans.
35:09Et on regarde, effectivement,
35:11quel est l'impact
35:11sur les 10 années
35:13qui suivent leur arrivée
35:14d'une augmentation
35:15d'un flux migratoire
35:16de 1 pour 1 000.
35:18Et c'est là où on établit,
35:20en fait,
35:20on trouve des résultats
35:21qui sont assez intéressants
35:22lorsqu'on prend les immigrés
35:23dans leur ensemble.
35:25Ce qu'on établit,
35:26c'est qu'on a une augmentation
35:28et on va considérer,
35:29donc si on prend
35:30les dépenses publiques
35:31dans leur ensemble
35:31et les recettes publiques
35:32dans leur ensemble,
35:33on voit bien
35:34qu'il y a une augmentation
35:34des dépenses publiques.
35:36Mais on a également
35:37une augmentation
35:38des recettes par tête
35:39et en pourcentage
35:40du PIB
35:42et que l'augmentation
35:43des recettes
35:44est plus importante
35:44que l'augmentation
35:45des dépenses.
35:46Les effets restent faibles,
35:48ils sont significatifs
35:49statistiquement,
35:51à 95%,
35:5290%,
35:53pardon,
35:5490% les intervalles
35:55de confiance.
35:56Et ça dure,
35:57effectivement,
35:58c'est un effet temporaire.
35:59Au bout de quelques années,
36:00on voit bien
36:00que l'effet devient
36:01non significatif.
36:03Et quand on a regardé
36:04un petit peu plus en détail,
36:05ce qui était intéressant,
36:06c'est que là,
36:07on considère bien
36:08les dépenses soit
36:09en pourcentage du PIB
36:10soit par tête.
36:11Pourquoi ?
36:11Parce que c'est très bien
36:12que les immigrés,
36:13il y a toujours un effet taille
36:15puisque vous avez
36:15plus de personnes.
36:16Donc quand vous prenez
36:17que la dépense en soi,
36:19ça n'a pas trop de sens,
36:20en fait.
36:20Ce qui est important,
36:21c'est regarder
36:21est-ce que l'augmentation
36:23de la dépense
36:23est plus ou moins importante
36:24que l'augmentation du PIB.
36:26Sachant que le premier résultat,
36:27c'est qu'on a une augmentation
36:28du PIB liée à la migration.
36:30Et ce qui était assez intéressant,
36:31c'est que lorsqu'on a décomposé
36:34un peu ces dépenses-là,
36:35c'est que lorsqu'on prend
36:36les dépenses
36:40pour tout ce qui est
36:40politique familiale
36:41ou politique
36:42pour les jeunes enfants,
36:43on prend cet agrégat-là,
36:45en pourcentage du PIB
36:46ou par tête,
36:47on voit bien
36:48que l'arrivée des immigrés
36:49va augmenter,
36:51va avoir un effet
36:52d'augmentation
36:52sur la dépense.
36:55Ils sont jeunes,
36:56ce que j'ai dit tout à l'heure,
36:58ils sont en moyenne
36:59plus en âge de procréé,
37:00donc effectivement,
37:02relativement à l'impact
37:03qu'ils peuvent avoir
37:03sur la taille de l'économie,
37:05il y a un effet
37:07positif
37:08sur la dépense,
37:09les dépenses familiales,
37:10toutes dépenses en fait
37:11en faveur des jeunes enfants,
37:13proportionnellement
37:13au PIB
37:14ou à la taille
37:15de la population.
37:16En revanche,
37:16lorsqu'on regarde
37:19l'effet sur les dépenses
37:20de retraite
37:21et les dépenses
37:22qui profitent
37:23effectivement aux personnes âgées,
37:24là on a l'effet,
37:25on a plutôt un effet baisse.
37:26Pourquoi ?
37:27Parce que l'effet sur le PIB
37:28est plus important
37:28que l'effet sur la dépense.
37:31Lorsqu'on regarde
37:32les dépenses
37:32qui sont liées
37:33au marché du travail,
37:34ça c'est un résultat
37:35extrêmement intéressant
37:36parce que dans les dépenses
37:37qui sont liées
37:37au marché du travail,
37:38il y a à la fois
37:38les dépenses actives
37:40pour les politiques
37:40d'emploi actives,
37:42il y a à la fois
37:42les dépenses
37:43pour les prestations
37:44de chômage.
37:46Donc lorsqu'on regarde
37:47l'effet sur les prestations
37:48de chômage,
37:49là je suis sur les flux,
37:50donc dans les années
37:51qui suivent leur arrivée,
37:51on a plutôt effectivement
37:52un effet négatif.
37:54Ils arrivent,
37:54ils vont travailler
37:55pour avoir déjà droit
37:56à des prestations de chômage,
37:58il faut avoir
37:58une certaine durée de travail.
37:59Donc on a vraiment
38:00un effet baisse
38:01en proportion
38:02toujours du PIB
38:03ou par tête.
38:04Alors que lorsqu'on regarde
38:06sur les politiques actives
38:07sur le marché du travail,
38:08et donc là tout ce qui est
38:09accompagnement
38:10pour la recherche d'emploi,
38:11là on a un effet positif.
38:13Mais lorsqu'on prend
38:14vraiment le total
38:14des dépenses
38:15et le total de recettes,
38:16on est plutôt
38:17sur un effet positif
38:18à court terme
38:19et plutôt neutre
38:23à long terme.
38:25Donc là,
38:25c'est lorsqu'on regarde
38:26l'ensemble des immigrés
38:27permanents
38:27qui arrivent dans le pays.
38:29On s'était intéressé
38:30avec mes co-auteurs,
38:31puisqu'en 2015,
38:32il y a eu ce flux
38:32de demandeurs d'asile
38:33et le sujet
38:34de l'impact économique
38:35s'est posé.
38:36On a regardé
38:37plus précisément
38:38les implications
38:39de l'arrivée
38:40des demandeurs d'asile,
38:42toujours en moyenne
38:43pour les pays européens.
38:44Et on a essayé
38:45de voir effectivement,
38:46c'est une population particulière,
38:47les demandeurs d'asile,
38:48ils arrivent,
38:49ils sont en situation régulière
38:51le temps de l'instruction
38:52de leur demande d'asile
38:54et à l'issue
38:55de l'instruction
38:55de leur demande d'asile,
38:56soit ils ont en fait
38:59un statut de protection
39:01internationale
39:02qui leur est accordé
39:02et dans ce cas,
39:04ils rejoignent
39:05les immigrés
39:06en situation régulière
39:08par maintenant,
39:08soit le statut
39:10leur est refusé
39:11et ils sont supposés
39:12quitter le territoire.
39:14Et donc,
39:15c'est une population
39:15aussi particulière
39:17parce qu'effectivement,
39:18ils enfuient des persécutions,
39:19généralement,
39:19effectivement,
39:20c'est des parcours
39:21qui sont plus compliqués,
39:22ils ont des problématiques
39:24d'insertion
39:24sur le marché du travail
39:25qui ne sont absolument
39:27pas les mêmes
39:28pour que des personnes
39:29qui arrivent dans le cadre
39:30familial
39:30ou des personnes
39:31qui arrivent dans le cadre
39:32du travail.
39:33Et donc,
39:33lorsqu'on a regardé
39:34plus précisément
39:34cette catégorie-là,
39:36ce qu'on avait trouvé
39:36que c'était plutôt,
39:37nous-mêmes,
39:38on était surpris,
39:39c'est qu'on avait trouvé
39:39plutôt des effets
39:40non significatifs.
39:41et donc,
39:42on ne détectait pas
39:43un effet négatif
39:44lié à la prise en charge,
39:47notamment sur les finances publiques.
39:49On a des effets à court terme
39:51qui sont plutôt neutres,
39:52voire au bout
39:52d'un certain nombre d'années,
39:53on commence à détecter
39:54plutôt des effets positifs
39:56qui passent par l'insertion
39:57sur le marché du travail.
39:59Et dernier point
40:01avant de conclure,
40:03parce que j'ai l'impression
40:04d'avoir été...
40:05Ça va,
40:05je suis dans les temps.
40:07L'autre aussi interrogation
40:08qu'on avait eue
40:12avec mes co-auteurs,
40:14c'était aussi
40:15de considérer
40:16plus précisément
40:17l'immigration familiale.
40:21Généralement,
40:21en fait,
40:22on a en tête
40:22que l'immigration familiale,
40:23c'est plutôt des personnes
40:24qui arrivent,
40:25qui ne sont pas nécessairement
40:27insérées sur le marché du travail
40:28et qui présenterait
40:30peut-être pas
40:32un effet aussi positif
40:35que la migration de travail.
40:36Et on était étonnés
40:38par nous-mêmes.
40:39Donc là,
40:39on utilise plutôt
40:40les données de titre de séjour
40:41qui permettent en fait
40:42de distinguer
40:43dans les personnes
40:44extra communautaires
40:45celles qui sont admises
40:46au séjour
40:47pour des raisons familiales
40:48de celles qui sont admises
40:49au séjour
40:50pour des raisons de travail.
40:52Et ce qu'on trouve,
40:54c'est que l'effet positif
40:57qu'on détecte
40:57pour l'ensemble
40:58de l'immigration,
40:59il passe plutôt en France
41:00par l'immigration familiale.
41:03Et donc,
41:04les personnes qui arrivent
41:05dans le cadre familial,
41:07même s'il y a une majorité
41:08des femmes,
41:09c'est aussi des hommes,
41:11la structure de qualification
41:12sur les dernières années
41:13s'est améliorée
41:14parce que comme tout le reste
41:15des immigrés,
41:16ils ont des taux d'emploi
41:17qui sont plus faibles
41:18que les personnes
41:19qui arrivent dans le cadre
41:19du travail
41:20lorsqu'on les regarde
41:21une photo,
41:22mais une partie travaille.
41:24Et donc,
41:25lorsqu'on regarde
41:25l'effet sur le PIB,
41:26l'effet sur le marché du travail,
41:28on a plutôt des effets
41:29en fait plutôt positifs
41:30de l'immigration familiale
41:31qui rejoint le résultat
41:33que j'ai cité tout à l'heure
41:34de Dominique Grosse
41:35qui l'avait trouvé aussi.
41:37Nous,
41:37on travaille sur l'immigration
41:38qui est arrivée en France
41:39dans les années 2000,
41:40en fait à partir
41:41de la fin des années 90.
41:44Dominique Grosse
41:45avait travaillé
41:46sur 60, 70, 80
41:47et début 90.
41:48Finalement,
41:49on a des résultats
41:49qui convergent
41:50alors que ce n'est pas du tout
41:51les mêmes populations,
41:52ce n'est pas du tout
41:53les mêmes métiers
41:53qu'ils occupent,
41:54mais cet effet
41:55de complémentarité
41:56semble jouer,
41:58d'autant plus
41:58qu'il faut avoir en tête aussi
41:59que tel que le système
42:01de séjour en France
42:02est mis en place,
42:03les titres de séjour
42:03pour motifs familial
42:04sont plus protecteurs,
42:07donnent plus de garanties
42:08que les titres de séjour
42:09pour travail.
42:11Le titre de séjour
42:11pour travail
42:12généralement effectivement
42:13pose des problèmes
42:14au moment de renouvellement
42:15alors que le titre de séjour
42:16pour raison familiale
42:17est plus protecteur
42:18même pour les employeurs
42:19en fait qui emploient
42:20les personnes
42:21qui sont en situation
42:23régulière.
42:24Et la dernière question
42:26qu'on a considérée
42:26c'était les effets
42:27sur les inégalités.
42:28On avait dit
42:29voilà,
42:29la taille du gâteau
42:30augmente,
42:31le sujet c'est
42:32est-ce que
42:34l'immigration
42:35finalement
42:36creuserait
42:36les inégalités ?
42:38Et
42:40donc
42:41il y a
42:42Anthony Hedot
42:43et Farid Toubal
42:44qui ont travaillé,
42:45qui ont beaucoup travaillé
42:45sur le sujet,
42:46sur les questions
42:47des inégalités salariales
42:48et eux
42:49leurs résultats
42:51vont plutôt dans un sens
42:52où on a plutôt
42:53un effet
42:54de baisse
42:56des inégalités salariales
42:58puisque
42:58le mécanisme
42:59qu'ils mettent en oeuvre
43:00en fait
43:00c'est que les personnes
43:02les natifs
43:03en fait
43:03lorsque les immigrés
43:04arrivent
43:05à leur échelle
43:05généralement
43:06en fait
43:06ce qui va se passer
43:07c'est qu'ils vont
43:09aller sur l'échelon
43:11supérieur.
43:12Donc on voit
43:13une mobilité professionnelle
43:14qui s'opère
43:15c'est-à-dire que
43:16même lorsque les immigrés
43:17arrivent
43:18ils sont plus en concurrence
43:19avec les autres immigrés
43:20mais pour les natifs
43:21généralement
43:21on a plutôt
43:22une progression salariale
43:23pour ceux
43:23qui sont effectivement
43:25les moins qualifiés.
43:27L'effet négatif
43:28on le détecte
43:29pour le plus haut
43:29de la distribution
43:30en fait
43:31c'est principalement
43:31sur plutôt
43:32les traits qualifiés
43:33où on peut détecter
43:34des effets négatifs.
43:36Cet effet
43:37sur les inégalités salariales
43:38est retrouvé aussi
43:39par des chercheurs
43:40dans le cas de l'Allemagne
43:43où ils observent
43:44effectivement
43:45les mêmes résultats.
43:46Avec mes co-auteurs
43:47nous on a regardé
43:48sur la répartition
43:49du revenu national
43:51entre travail
43:52et capital
43:53et notamment
43:54en regardant aussi
43:56la distribution
43:56de revenus
43:57selon effectivement
43:58les différentes catégories
44:00et ce qu'on avait trouvé
44:01aussi
44:01c'est plutôt un effet
44:02plutôt négatif
44:04sur les inégalités.
44:06Après voilà
44:06pour le moment
44:07effectivement
44:07c'est un canal
44:08des inégalités
44:09sur lequel
44:09il n'y a pas autant
44:11de travaux de recherche
44:12que ceux
44:13que je vous ai cités
44:14par ailleurs
44:14c'est un petit peu
44:16une continuité
44:17des travaux précédents
44:18mais on doit être
44:20à 4-5 articles
44:21pour le moment
44:22sur le sujet
44:23donc je ne pourrais pas dire
44:24qu'on a des évidences
44:25très claires
44:26sur la question
44:27des inégalités.
44:29Donc pour conclure
44:35le consensus
44:36des travaux de recherche
44:37on est plutôt
44:37sur un effet positif
44:38sur le niveau
44:39de vie moyen
44:40donc sur la croissance
44:41économique
44:42et sur le niveau
44:42de vie
44:43on est plutôt aussi
44:44sur un effet positif
44:45sur le marché du travail
44:46surtout en fait
44:47dans les années
44:48plus récentes
44:49là où on commence
44:50en fait aussi
44:50à ressentir aussi
44:51des besoins
44:51qui sont importants
44:52sur le marché du travail
44:54le sujet des inégalités
44:55ne s'oppose pas
44:56pour le moment
44:57et le sujet
44:57des finances publiques
44:59s'il y a un consensus
45:01ça sera que l'effet
45:02est plutôt faible.
45:07Tous ces résultats
45:10sont obtenus
45:11compte tenu
45:12des flux migratoires
45:12tels qu'on les observe
45:13avec toutes les difficultés
45:15d'intégration
45:15que vous pouvez avoir
45:16en tête
45:17ça veut dire
45:17avec des taux d'emploi
45:18des immigrés
45:18qui ne sont pas aussi
45:19favorables
45:19que ceux des natifs
45:20et donc s'il y a
45:21un seul message
45:22effectivement
45:23qu'on peut porter
45:24c'est que
45:24toute politique
45:26d'intégration
45:27toute politique
45:28qui a amélioré
45:28effectivement
45:29l'intégration
45:29sur le marché du travail
45:30des catégories
45:31les plus éloignées
45:32et ce qu'on a en tête
45:33c'est généralement
45:34les personnes
45:34qui arrivent
45:35dans le cadre humanitaire
45:36qui sont de plus en plus
45:36nombreuses
45:37sur les dernières années
45:41on a un sujet
45:42aussi avec les femmes
45:43immigrées
45:43qui arrivent
45:44dans le cadre familial
45:45pour les années récentes
45:46qui sont diplômées
45:47des supérieurs
45:48et qui sont qualifiées
45:49et qui ont un problème
45:50de reconnaissance
45:51de qualification
45:51sur le marché du travail
45:52et du coup
45:53effectivement
45:53leur participation
45:54sur le marché du travail
45:55est relativement faible
45:57à niveau de diplôme
45:58égal par rapport aux natifs
45:59et donc toute politique
46:00qui a amélioré
46:01l'intégration
46:02elle est susceptible
46:03effectivement
46:03de maximiser
46:06les effets positifs
46:07qu'on pourrait tirer
46:08effectivement
46:09de l'immigration
46:09et notamment en France
46:10je vous remercie
46:11pour votre attention
46:12et je vais m'arrêter là
46:13pour les éléments
46:14d'introduction
46:15qui est assez longue
46:16merci beaucoup
46:17et parlement
46:17merci à vous
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